Speaker #0Vous savez ce qui me bouleverse le plus ? Ce ne sont pas les femmes les moins compétentes qui restent invisibles. Ce sont souvent les plus sensibles, celles qui ont le plus de conscience, les plus humaines, celles qui se donnent le plus de peine, celles qui doutent aussi le plus d'elles, qui réfléchissent trop, qui veulent... tellement bien faire, qui sont hyper perfectionnistes, qu'elles finissent par ne plus oser prendre leur place. Et aujourd'hui, j'avais envie qu'on parle de ça. Pas du syndrome de l'imposteur version citation Pinterest, non non, le vrai. Ce truc silencieux, subtil, cette espèce d'impression permanente de « je ne suis pas encore assez » . Peut-être que vous vous reconnaissez dans cette définition. Vous êtes tout à fait compétente, vous êtes présente pour tout le monde, vous écoutez, vous soutenez, vous conseillez, vous donnez énormément de votre personne. mais quand vient le temps de parler de vous, de vous montrer vous et de prendre votre place et bien c'est comme si quelque chose se bloquait, comme si les autres voyaient votre valeur plus facilement que vous, vous arrivez à voir la propre valeur que vous avez alors vous continuez, vous travaillez fort mais vous êtes discrète aussi et vous attendez le bon moment vous attendez d'avoir confiance, vous attendez d'avoir cette bonne version de vous même mais intérieurement vous sentez que vous êtes faite pour plus et peut-être que ce plus Ça vous fait peur aussi, parce qu'être visible, ça veut aussi dire qu'on va vous voir. Et être vu, ça veut aussi dire que vous risquez d'être jugé. Et honnêtement, je crois qu'on passe presque toutes par là à un moment donné ou à un autre. Moi j'en fais partie aussi, bien sûr. Il y a quelque chose que je n'ai pas beaucoup raconté. Depuis plusieurs années, j'écris un bouquin. Un projet qui traîne. Depuis longtemps, ça fait 8 ans que je le laisse traîner ce projet. C'est un projet que j'ai repris, que j'ai relaissé de côté, que j'ai repris encore. Et puis, il y a quelques semaines, j'ai enfin réussi à le terminer. Alors, j'étais toute contente, soulagée, fière aussi quand même, quelque part, de me dire que j'avais terminé ce projet. Mais dans ma tête, ce n'était pas sérieux. Je me suis dit, c'était cool, un chouette projet, un petit challenge. J'ai réussi à le terminer, point barre. Mais je ne suis pas auteur. Je voulais aller jusqu'au bout. C'était pour moi. Je suis contente, je l'ai fait. Ça s'arrête là. Comme si j'avais immédiatement besoin de minimiser ce que je venais de faire. Et puis, ma fille, qui a bientôt 18 ans, elle m'a regardée et elle m'a dit, quelque chose qui m'a quand même un petit peu interpellée, c'est que tu ne peux pas accompagner toutes ces personnes à oser prendre leur place, à lancer leur podcast, à croire en leur voix, etc. et toi-même, continuer à dire que tu n'es pas légitime. Et honnêtement, ça m'a un petit peu bouleversée quand même parce que j'ai réalisé à quel point, même quand on accompagne les autres, même quand on aide, même quand on encourage, parce que j'ai cette tendance à vouloir aider tout le monde autour de moi à réaliser leur projet, on peut continuer à minimiser profondément nos propres projets. Et je crois qu'il y a encore énormément de choses qui viennent de vieux dictates, qui sont quand même profondément ancrées dans notre société. On parle d'égalité, bien sûr, de liberté. Mais il y a tellement de femmes, encore, qui ont grandi avec l'idée qu'il fallait être discrète, pas prendre trop de place, pas déranger, pas être de trop. Alors forcément, prendre sa voix, se montrer, oser être visible, ça demande de déconstruire des années de conditionnement. Et je pense vraiment qu'il nous appartient aujourd'hui de casser ces idées qui sont devenues complètement... obsolète. Parce qu'il faut se l'avouer, il y a des phrases qu'on finit parfois par se répéter tellement souvent qu'on va finir par croire que c'est la vérité en fait. Des petites phrases invisibles comme « je suis pas assez » , « mais je suis qui moi finalement pour parler de ça ? » « Ah, puis il y a déjà tellement de monde qui le fait ! » Et le problème, c'est que ces phrases-là, ça devient un petit peu des cages invisibles. Elles nous empêchent de publier, de parler, de créer ou tout simplement d'oser, oser passer le pas. Alors qu'en réalité... La plupart des femmes qui doutent autant que ça, souvent ce sont celles qui auraient le plus de choses à transmettre. Il y a quelque chose d'important qu'on doit vraiment déconstruire ensemble. Prendre sa place, ça ne veut pas dire être arrogante. Être visible, ça ne veut pas dire qu'on a un égo surdimensionné. Et je pense qu'on a encore beaucoup associé la visibilité à cet aspect négatif de se mettre en avant, se croire meilleur que les autres. Vouloir attirer l'attention, parce que c'est aussi peut-être des choses qu'on a entendues dans notre enfance. Alors que parfois, prendre sa place, c'est juste arrêter de disparaître soi-même. C'est aussi arrêter de diminuer sa propre lumière pour que les autres soient confortables. Parce qu'au fond, une femme qui ose être visible, elle donne aussi inconsciemment la permission à d'autres femmes de faire pareil. Et ça, c'est super puissant. Donc arrêtez de vous effacer vous-même, ça va aussi permettre à d'autres personnes d'oser se montrer. Je crois qu'il y a énormément de femmes qui vivent un petit peu comme des lumières qu'on a mis en veilleuse. Pas parce qu'elles n'ont rien à offrir et pas parce qu'elles ne brillent pas, au contraire, mais parce qu'en fait on leur a appris à baisser l'intensité, à ne pas prendre trop de place encore une fois, à ne pas trop déranger, il ne faut pas être trop visible. Alors elles éclairent discrètement la vie des autres, puis elles, elles restent dans l'ombre. Et bien mince, en fait prendre sa place, c'est pas devenir quelqu'un d'autre, c'est simplement arrêter de diminuer sa propre lumière, arrêter d'être une veilleuse et devenir une... grosse lampe de salon qu'on vous voit bien. Aujourd'hui j'avais vraiment envie de vous proposer quelque chose de très simple. Il n'y a rien de révolutionnaire, rien de compliqué, par contre c'est assez puissant. Première chose, essayez de dire tout haut quelque chose que vous minimisiez d'habitude. Quelque chose comme par exemple, oui, dans ce que je fais, je suis vraiment bonne. Et peut-être que rien qu'en entendant cette phrase de votre propre bouche en plus, vous allez sentir un petit inconfort déjà. Parce qu'on a rarement appris à connaître cette valeur et surtout à la connaître sans culpabilité. Parce qu'on nous a toujours dit, non mais enfin, c'est bon, arrête de crâner, arrête de te la péter. Ben non en fait, c'est pas quelque chose de négatif de reconnaître qu'on a de la valeur. Deuxième chose, arrêtez de vous excuser avant de parler. On dit souvent au début d'une phrase, ah c'est peut-être bête mais j'avais une question, ou je suis pas experte mais j'aimerais dire, je sais pas si c'est intéressant, ce genre de petites phrases en fait qui vous rabaissent continuellement. Essayez de remarquer à quel point on s'excuse parfois d'exister avant même d'avoir commencé une phrase. Commencez par, je m'excuse j'ai juste une question, ça c'est ma phrase favorite, j'ai juste une petite question, je disais ça tout le temps, mais tout le temps. et c'est mon mari qui me l'a fait remarquer, dire arrête, pose ta question, t'es pas obligé de me dire, j'ai juste une petite question. Et imaginez juste un instant ce que votre vie pourrait devenir si vous arrêtiez enfin d'attendre d'être assez. Si vous arrêtiez d'attendre cette fameuse perfection ou la validation des autres ou la permission de faire quelque chose. Imaginez la place que vous pourriez prendre, les personnes que vous pourriez aider ou tout simplement l'impact que votre voix pourrait avoir sur les autres. Parce que je suis sûre qu'au fond de vous, vous passez beaucoup de temps à attendre de vous sentir légitime. Mais en fait, vous l'êtes déjà. Ça, c'est sûr. Je fais un mini lien avec quelque chose qui s'est passé dans ma vie privée. J'adore danser. Mon mari déteste ça. Je suis sortie danser un soir et j'ai dansé avec un homme qui était là. Et ensuite, on a discuté. Et quand il a compris que j'étais mariée et que mon mari n'était pas là, il l'a très mal pris. En disant, ah bah, si c'était moi... moi je laisserai pas ma femme partir comme ça toute seule danser j'ai dit bah attends je suis pas en prison quoi je fais rien de mal, je sors danser il aime pas ça, il va pas se forcer à le faire et pour lui c'était complètement inadmissible que je sorte et que je m'amuse alors que mon mari n'était pas là mais en fait aujourd'hui on est en 2026 les gars si on a envie de sortir, on sort, ça veut pas dire que parce qu'on sort on va coucher avec quelqu'un et ça veut pas dire que parce que vous vous faites voir et que vous vous faites entendre ce que vous avez à dire, que c'est quelque chose de mal. Ok ? On a le droit de dire ce qu'on pense, on est des êtres humains à part entière, et nous aussi, on a notre place. Alors peut-être que votre petit premier pas aujourd'hui, ça va pas être de tout révolutionner, ça sera simplement d'oser en parler. Oser réserver un appel, par exemple, juste pour discuter de votre idée, de votre envie, de ce projet qui est là quelque part depuis longtemps, même si ça va pas plus loin. aucune obligation, des fois juste le fait d'appeler quelqu'un, de neutre d'échanger, de dire à voix haute les choses, et bien c'est déjà le début d'un changement et ça ne vous engage absolument à rien, mais surtout j'aimerais que vous n'oubliez jamais ça votre voix mérite d'exister bien avant que vous vous sentiez prête, allez-y, osez foncez, vous verrez que ce sera une belle aventure je vous remercie d'avoir écouté jusque là Abonnez-vous à ce podcast pour qu'il puisse rayonner. Vous aussi, vous serez avertis à chaque fois qu'il y a un nouvel épisode, chaque semaine. Et puis, si vous avez le temps encore, rajoutez des petites étoiles à l'épisode, si vous le pouvez, sur la plateforme sur laquelle vous écoutez. Parce que ça permet aussi à cette émission d'être connue et de pouvoir potentiellement aider d'autres personnes qui en auraient besoin. Merci à vous et prenez soin de vous !