Speaker #0Que vous soyez entrepreneur, passionné par ce que vous faites, ou indépendante slash indépendant, ou même simplement curieux du monde du podcasting, vous êtes au bon endroit. Dans Podcast Mode d'Emploi, je vous dévoile tous les secrets du podcast. Comment l'utiliser pour booster votre entreprise, capter l'attention de votre audience ou tout simplement faire passer votre message de manière authentique et impactante ? Vous n'imaginez pas tout ce que l'on peut faire avec un peu de malice. Je vais revenir quelques années en arrière, un petit peu avant 2020. On va dire 2018, je dirais, plus ou moins. À ce moment-là, je faisais vraiment plein de trucs. Je bossais dans une radio, j'avais pas mal de projets en cours. Et puis, mon mari a fait un gros burn-out à l'été 2019. Et ça a été vraiment assez puissant. Et puis, il y avait des priorités à gérer. Donc, c'est devenu la priorité. J'ai géré beaucoup de choses pendant plusieurs mois. Le fait qu'on ait deux enfants aussi, ça a demandé pas mal d'énergie quand même pour combler tout ce qu'il n'y avait plus de l'autre côté, le temps qu'ils puissent se reprendre et se remettre debout. On avait le même travail, on travaillait pour le même employeur et en fait comme il a fait un burn-out et que ça s'est mal passé, j'ai été un peu le dommage collatéral et je me suis fait licencier. Donc j'ai aussi perdu mon boulot en plus de tout ça, donc c'était une phase de ma vie un petit peu compliquée quand même. Suite à ça, j'ai retrouvé d'autres jobs et en fait j'en avais plusieurs. Je cumulais quatre petits jobs en parallèle avec un équilibre assez précaire. Puis il y avait pas mal d'énergie qui partait un petit peu dans tous les sens, mais j'aimais bien en fait. J'aimais bien parce que mon quotidien était très varié et ça c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Donc ça m'allait bien, je vivais ma petite vie comme ça, mais j'ai vraiment porté beaucoup de choses à bout de bras pendant à peu près trois ans quand même. Donc c'est vrai que ça fatigue, il y a de l'épuisement physique, il y a de l'épuisement émotionnel, et puis à un moment donné une réalité qui fait qu'on a la tête qui explose un petit peu, et à un moment donné ça n'est plus été possible. Et tout le monde autour de moi me disait, oh là là, c'est de la folie ce que tu fais, tu vas péter un plomb, il faut que tu changes de stratégie, il faut que tu trouves un job, un vrai job. Ça j'adore ce terme, il faut que tu trouves un vrai job, comme si jusque là je faisais des faux jobs. Et en fait j'ai fini par écouter ce qu'on me disait et faire ce qu'on me disait de faire. Ce qui semblait raisonnable sur le moment. Donc j'ai décidé de prendre un travail dans un bureau à 80%. Tout le monde appelait ça donc la bonne décision. Et en fait, c'est vrai que quand j'ai trouvé ce travail, j'étais contente de me dire « Ok, je ressens du soulagement. » Finalement, je me demande si ce n'était pas le soulagement des autres et pas vraiment le mien. Et voilà. Mais bon, j'ai trouvé ce job, j'ai été contente. Je me suis installée dans ce truc-là. Comme à chaque fois, je me suis donnée à 250% parce que j'ai envie de bien faire. Et puis, ça fait partie de moi. La passion, elle est tout le temps là. Quoi que je fasse, quand je le fais, je m'investis. Et dans les 15 mois qui ont suivi, en fait, j'ai travaillé, cravaché. comme Plein de gens le font. J'ai fait des trajets, beaucoup, parce que c'était assez loin de ma maison. Et j'ai travaillé surtout dans un cadre qui n'était pas aligné à ce dont j'avais besoin. Donc au bout de 15 mois, ce qui est assez court, je vous l'accorde, c'est mon tour de partir dans un burn-out. Donc en fait, mon corps m'a dit stop. À un moment donné, ce n'était plus possible. La tête ne suivait plus. J'ai poussé, poussé, poussé. Pourtant, j'ai senti. j'ai senti que je m'épuisais, j'ai senti que ça allait pas je sentais au fond de moi qu'il y a un truc qui jouait pas mais à ce moment là tout ce que j'avais dans ma tête c'est bon bah vas-y continue tu peux le faire, de toute façon pas le choix, il faut y aller maintenant t'as trouvé ce boulot, faut que tu sois digne de la confiance qu'on t'a donnée en ce travail, toutes ces jolies petites phrases avec plein de pression là derrière qu'on calcule pas vraiment sur le moment mais qui font partie de ce qui se passait dans ma tête mais en fait il y avait énormément de dissonance entre Ma réalité est ce que j'avais vraiment envie. J'étais dans la frustration constante et puis surtout pas alignée avec ce que j'avais envie de faire. Donc, été 2024, mon cerveau s'arrête de fonctionner. Il y a un gros blanc qui me dit maintenant, ça suffit, stop. Et puis, assez rapidement après, au mois d'octobre, la décision est prise que ça s'arrête là. Nos chemins professionnels se séparent. Alors, j'étais dans une équipe extrêmement bienveillante avec un chef très compréhensif. Et donc, il n'y a eu aucune rancœur à la fin de ce contrat-là. Au contraire, on est toujours en contact et ça se passe très bien. Et donc ça, c'est plutôt chouette. C'est la bonne nouvelle aussi, sortir d'un contexte de travail d'une autre manière que le précédent. Donc c'est plus intéressant. Et là, par contre, il y a une espèce de vide qui s'installe en fait. Je me retrouve au chômage. Je ne sais pas trop ce que j'ai envie de faire. Tout le monde me dit repose-toi, prends le temps, attends, fais tes recherches d'emploi tranquille et puis prends du temps pour te reposer. Et en fait, c'est tellement pas moi de faire ça. J'arrive pas en fait moi à me dire, ok, bah j'attends, et puis je profite un peu, en guillemets, du système. Et tout le monde me disait, mais tu profites pas, t'as payé pour ça. Alors oui, peut-être, mais c'est pas ma façon de fonctionner. Et puis j'étais pas du tout à l'aise avec ça. Et en fait, il y a un moment où je me dis, ok, maintenant ça suffit en fait, d'écouter tout le temps les autres, et puis de subir un petit peu les décisions que les autres me soufflent de prendre, alors qu'elles ne résonnent pas en moi. Et donc j'ai décidé assez rapidement, parce que d'une fois que j'ai décidé, je fonce tête baissée. Donc je me suis retrouvée au chômage début janvier. Et mi-janvier, je vois ma conseillère et je lui dis « Ok, je veux devenir indépendante, je n'ai plus envie de travailler pour un employeur. Donc je ne veux pas chercher de travail, je veux faire un pas vers l'indépendance. » Et j'ai eu le droit de suivre une mesure organisée par le chômage justement pour lancer son entreprise. Je dois être honnête, j'avais une petite idée quand j'ai commencé au mois de février, donc c'était assez vite. J'avais une petite idée de ce que je voulais faire, mais rien n'était clair. Et justement, ce mois de cours et de préparation était fait pour ça, pour clarifier notre projet. Et ça a été donc assez rapide, parce qu'un mois après avoir commencé le chômage, j'étais dans cette mesure. J'avais un mois de cours, ensuite deux mois pour mettre en place les choses et départ. Donc tout s'est fait assez rapidement, mais finalement je me sentais... prête parce que c'était pas raisonnable peut-être comme décision mais en tout cas c'était aligné et enfin juste par rapport à ce que j'avais envie de faire donc là j'ai eu un sentiment très mélangé entre du soulagement de me dire enfin je suis la voie que j'ai envie de suivre et quand même la peur de me dire bah je sais pas trop où je vais, je saute dans le vide et je sais pas si je vais atterrir, comment je vais atterrir avec quelle force je vais atterrir donc le ventre noué La tête pleine d'espoir, mais en même temps de peur. C'était assez particulier, en fait. Moi, j'appelle ça respirer autrement. Parce que j'avais vraiment l'impression de enfin pouvoir respirer librement. Mais d'un autre côté, il y a quand même toutes ces peurs qui font qu'on ne respire pas si bien. Donc, c'est un gros mélange. Un vertige, vraiment, de se dire, OK, je prends une grosse décision contre la vie de tout le monde. Mais avec la certitude étrange que j'ai au fond de moi, qui me dit, allez, c'est la bonne voie, vas-y, fonce. Et en fait, quand on arrête d'écouter ceux qui ne sont pas nous-mêmes, eh bien là, on respire clairement autrement. Et ce jour-là, j'ai respiré différemment pour la première fois. Et en fait, tout ce parcours-là, alors là, je vous ai raconté assez rapidement quelques années de ma vie, il y a plein d'autres choses évidemment, mais en fait, on ne peut pas me le retirer. Tout ce que j'ai appris de ces différentes expériences, c'est ce qui fait que je suis moi aujourd'hui. Et c'est ce qui fait aussi aujourd'hui que j'ai décidé de lancer des accompagnements parce que je me rends compte qu'énormément de gens, qui comme moi je l'ai été aussi, sont coincés dans une réalité qu'ils n'ont pas envie d'avoir. Dans une vie qu'ils n'ont pas envie de vivre. Dans un job qu'ils n'ont pas envie de faire. Mais qu'ils se disent qu'il n'y a pas le choix. Parce que c'est comme ça, il faut que je paye mes factures, je n'ai pas le choix, je n'ai pas le choix. Jusqu'au jour où la vie te dit, si en fait, tu as le choix. Alors je vous souhaite... de tout mon cœur de ne pas en arriver au stade où la vie vous force à prendre cette décision, que vous puissiez la prendre vous avant que la vie ne vous l'impose. Mais finalement, c'est aussi dans ces moments-là qu'on se rend compte qu'on est plein de force, plein de ressources et que quand il n'y a pas le choix, on trouve des solutions. Et puis en fait, quand il n'y a pas le choix et qu'on s'écoute, on prend en plus la bonne décision. Et souvent, on doute aussi de sa légitimité. Et j'en doute aussi, c'est bien clair. À un moment, je me suis dit, mais... Qu'est-ce que tu vas lancer ce truc-là ? Est-ce que vraiment ça va servir à quelqu'un ? Et puis qui suis-je moi au fond pour proposer un service comme celui-là, qui en plus en Suisse romande n'existe pas beaucoup. Au moment où j'ai décidé de lancer ça, j'ai fait une étude de marché, il n'y avait vraiment rien. Vraiment pas grand-chose. Ça se développe maintenant de petit à petit, il y a des choses qui arrivent sur le marché. Il y a des studios de podcast qui ouvrent, mais qui proposent principalement leurs espaces pour aller enregistrer, mais pas forcément de l'accompagnement. Donc c'est quand même un peu novateur ce principe-là. Et en fait, il faut quand même arriver derrière à se dire « Ok, je veux lancer ça, je suis convaincue de mon projet. En plus, j'ai eu de la chance parce que l'équipe avec qui j'ai suivi ces cours dans le cadre du chômage, ils ont été à fond derrière moi. On est sûr que ça va marcher, il y a du potentiel, c'est réfléchi. » Donc ça donne aussi un petit peu de force. Mais on a quand même toujours cette petite question de légitimité. Et finalement, c'est à ça aussi que j'en suis venue de me dire « Mais mon parcours, il est unique. » Comme le parcours de chaque personne, en fait. Chacun qui décide de lancer un projet, il a une raison profonde de l'avoir lancé ce projet. C'est pas arrivé comme ça au milieu de rien. Il y a toute son histoire, son origine, tout ce qu'il a vécu, toutes les blessures qu'il a eues, il met tout ça ensemble, et puis ça va faire qu'il crée quelque chose. Et en fait, si on reste aligné sur ça, on va forcément partager des valeurs qui nous sont proches et des valeurs qui nous tiennent à cœur et qu'on a envie justement de partager avec les autres et ça nous donne cette légitimité. qu'on attend tellement de je ne sais quel diplôme. Mais en fait, les diplômes, ils nous apportent rarement la légitimité. Parce que même quand on a des gros diplômes, j'ai croisé le chemin de certaines personnes qui ont des doctorats qui ne sont toujours pas dans cette légitimité, ils ne se pensent pas capables d'eux. Donc essayez peut-être aussi de ramener votre légitimité à votre parcours, à vos cicatrices, à tout ce que vous avez appris et qui fait qu'aujourd'hui vous êtes là où vous en êtes et que vous pouvez donc aider. grâce à ce que vous, vous avez appris. Donc si vous m'écoutez, c'est peut-être aussi que vous êtes dans un moment d'après ou que vous êtes en train de vous dire j'aurais envie peut-être de prendre une décision, vous êtes peut-être sur le point de la faire, peut-être pas du tout, peut-être que c'est un truc qui germe gentiment mais qui est encore vraiment très très enterré profondément et de loin pas en train de sortir. Mais en fait, j'avais envie de partager avec vous que cette peur et ce soulagement mélangé C'est vraiment une impression qui est stressante. C'est sûr, passer le pas, c'est toujours le plus difficile. Oser, c'est l'étape à franchir qui est la plus compliquée. Mais des fois, on n'est pas forcément prêt. Là, c'est vraiment ce qui m'est arrivé avec ce burn-out. Je n'étais absolument pas prête à ça. Je n'étais absolument pas prête à changer de vie. À ce moment-là, en tout cas, je me disais que j'avais qu'à m'accrocher finalement. Tu n'as qu'à être assez forte. Et ce n'est pas une question de force. Ça aussi, c'est quelque chose que j'ai appris. Je pense que ce n'était vraiment pas une question de force. C'était une question d'alignement. J'étais pas au bon endroit pour moi, j'étais à l'encontre de toutes mes valeurs, de tout ce que j'avais envie de faire, de tout ce qui me nourrit aussi au niveau professionnel. Moi j'ai besoin de pouvoir exprimer ma créativité quand je travaille. Dans ce travail de bureau, je n'avais pas du tout de créativité. Je devais faire des tableaux Excel quoi. Alors c'est cool, j'ai rien contre les tableaux Excel, mais c'est pas ça qui me nourrit. En tout cas pas que ça, j'avais besoin d'autre chose. Et je pense que c'est important en fait que vous vous penchiez aussi sur qu'est-ce qui vous nourrit, qu'est-ce qui est important pour vous, qu'est-ce qui vous fait du bien. Qu'est-ce qui vous fait vibrer ? Quelle est la passion qu'il y a au fond de vous ? D'où elle vient ? Et réfléchir un petit peu à l'origine de vos idées. Et en fait, souvent, quand on réfléchit au parcours, à l'origine, ça rend la chose plus légitime ou plus explicable, si tout à coup vous avez besoin de l'expliquer aussi. C'est vrai que c'était assez intéressant de faire cette réflexion pour la préparation de cet épisode, de me dire, OK, mais cette volonté de créer ma liste, elle vient d'où ? C'était quoi, au fond, le départ ? Alors, j'ai pris un point de départ quand même bien des années avant, mais parce que vraiment, à mon avis, c'est là que ça a commencé. Enfin, le parcours a commencé à ce moment-là, avec ce burn-out de mon mari qui a un peu chamboulé nos vies pour la première fois et qui a eu une suite, en fait, un peu comme quand vous jouez au bowling, ça a fait tomber toutes les quilles derrière, qui ont fait qu'aujourd'hui, j'ai pris cette décision et qu'est-ce que je suis hyper contente de l'avoir fait, parce que Aujourd'hui j'ai vraiment l'impression d'être alignée avec mes valeurs, je fais quelque chose que j'adore, ce qui fait que la plupart du temps j'ai pas l'impression de travailler, donc ça c'est incroyable. Il y a une citation d'ailleurs de je ne sais plus qui, maintenant ça m'échappe, mais qui dit que si on décide de faire ce qu'on aime dans la vie, on ne travaillera pas un seul jour de sa vie. Alors j'ai un peu l'impression d'être dans cette case là aujourd'hui, ce qui est plutôt chanceux, même si, et je l'avoue aussi, c'est pas tous les jours évident, parce qu'il y a beaucoup de... questionnements tout le temps, beaucoup de remises en question, beaucoup de réflexions. On doit gérer un peu tout quand on est entrepreneur solo. Comme ça, il y a plein de choses. Le marketing, la comptabilité, les réflexions, les décisions, l'administratif, la création, le contact des clients, etc. Donc il y a énormément de compétences à développer. Et on apprend, en fait, on apprend sur le tas comme tout le reste. C'est les cicatrices, c'est les échecs qui nous font avancer, de se dire ok, j'ai lancé un truc, celui-là il n'a pas marché comme ça, mais je vais le modifier, puis ça avance, etc. Et c'est comme ça qu'on avance en fait, pas après pas, pierre après pierre. Et si on peut éviter de se lyncher au passage, je pense que c'est pas mal, parce qu'on a besoin aussi de se voir bien. Et puis la semaine passée, j'ai une amie qui m'a dit « Essaye de te voir comme si tu étais ta meilleure amie. » Et cette phrase-là, j'ai beaucoup aimé parce qu'on le fait rarement en fait, de regarder son propre parcours, ses propres succès, comme si on regardait ceux d'un ami. Souvent, quand on regarde un ami évoluer, on va être fier de lui et on va lui dire, c'est super ce que tu fais, bravo, c'est génial, continue, je suis à fond derrière toi, je crois en toi, je crois en ton projet. Des choses qu'on ne se dit pas à soi-même, jamais. Et pourtant, c'est important. Donc c'est un petit peu le message que j'avais envie de vous laisser aujourd'hui. Pas grand chose à voir avec le podcast, mais comme ça, vous avez un petit peu une idée quand même d'où je viens. Et j'avais envie de partager ça avec vous parce que j'aimerais vraiment aussi que vous puissiez vous dire que votre crédibilité, ce n'est pas vos diplômes, mais c'est vos cicatrices. Voilà, c'est la phrase du jour que vous pouvez retenir. Peut-être que ce témoignage va aussi vous aider à prendre confiance en vous. Ou alors, si vous connaissez quelqu'un que ça pourrait aider, n'hésitez pas à le partager. Et puis, je compte aussi sur vous. Si vous avez deux petites minutes pour mettre une étoile sur la plateforme sur laquelle vous écoutez ce podcast, histoire de le faire connaître, c'est aussi comme ça que ça pourra évoluer et aider un maximum de personnes, je l'espère. Merci d'être là, merci de votre fidélité, prenez soin de vous et à la semaine prochaine.