Speaker #0Vous avez une idée, vous avez quelque chose à dire, vous avez même ouvert votre logiciel d'enregistrement, et puis rien. La peur s'installe, et si je sonne amateur ? Et si les gens se moquent ? Et si je ne suis pas la hauteur ? Cette petite voix là au fond de votre tête, je la connais très bien. Moi aussi je suis passée par là, mais j'ai appris quelque chose que j'ai envie de vous transmettre aujourd'hui. La peur du micro, elle ne disparaît pas tout de suite, mais on finit par l'apprivoiser, et ça... Ça, ça prend. Bienvenue dans Podcast Mode d'Emploi, je vous parle donc aujourd'hui de la peur. Et cette peur elle a un nom, ce n'est pas de l'incompétence, c'est pas un manque de talent, c'est la peur du regard des autres. Et elle s'installe précisément parce que vous tenez à ce que vous faites, donc c'est plutôt positif. Dans cet épisode, je vous accompagne étape par étape. D'abord on va essayer de comprendre d'où elle vient cette peur, où est-ce qu'elle se situe. Et puis ensuite on va la traverser et enfin... vous allez être capable d'appuyer sur enregistrer même quand cette petite peur est encore là au creux de votre ventre. Parce que c'est possible et surtout parce que votre voix, elle mérite d'être entendue. Je vois tout à fait comment ça se passe. Votre sujet, il est prêt. Les notes aussi, peut-être. Et pourtant, dès que le micro, il est là devant vous, il y a quelque chose qui change. Votre cœur s'accélère, vous avez les mains qui commencent à devenir moites, les mots... ils se bloquent dans votre bouche et ils n'arrivent pas à sortir. Et là, il y a vraiment une question qui pop dans votre tête, comme une bulle dans une bande de dessin animé. Et si les gens me jugeaient ? Pas les inconnus, parce que ceux-là, finalement, vous ne les connaissez pas, et puis il y a peu de chances qu'ils vous appellent pour vous dire quelque chose. Par contre, les gens que vous connaissez, eux, vos collègues, vos amis, votre famille, c'est eux qui vous stressent. Cette peur-là, elle est particulièrement silencieuse. parce qu'on ne la dit pas à voix haute. À la place, on annule l'enregistrement, ou on le repousse, on reporte. On attend d'être plus près, plus prête, plus près. Et bien vous savez quoi ? Vous êtes loin d'être la seule. Ça s'appelle la glossophobie. En fait, la glossophobie, c'est la peur de parler en public. Et ça toucherait quand même 75% de la population mondiale. C'est énorme. Trois quarts des gens sur Terre ont peur de parler en public. Trois personnes sur quatre, c'est énorme. Donc vraiment, ce n'est pas une fragilité rare, c'est la norme. C'est tout à fait normal d'avoir peur de vous exprimer devant un micro, puisque vous savez que ça va être diffusé en public. Et pourtant, presque personne n'en parle de cette peur-là. Parce que comme vous, on attend d'être plus prête pour appuyer sur enregistrer. Donc on attend que les gens soient plus prêts pour parler en se disant qu'on ne va pas avoir besoin d'en parler. Je vais vous raconter mon histoire. En janvier 2007, ça remonte, presque 20 ans d'arrière, j'ai commencé la radio. Et là, on m'a demandé d'enregistrer une démonstration. C'est la première fois de ma vie que je suis devant un micro. La peur, elle était là, mais je me disais, bon, c'est enregistré, on peut corriger, on peut recommencer, on peut faire du montage. Ça allait encore. Et puis est venu le direct. Alors le direct, c'est une autre planète. Là, il n'y a pas de filet, il n'y a pas de retour possible en arrière. Et c'est le moment, il faut y aller. Quand la chanson s'est terminée, il faut parler. Il n'y a pas le choix, c'est là maintenant. Et j'avais vraiment la boule au ventre, les mains qui tremblaient. Et puis j'avais vraiment des espèces de sueurs froides qui montaient comme ça, le cœur qui se serrait. Du coup, je respirais très très mal. Et pour être sûre de ne pas perdre mes moyens, j'écrivais tout. Tout sur un papier. Mais quand je vous dis tout, j'écrivais même l'heure que je devais dire. Je vous jure que j'écrivais sur ma feuille. Il est 8h. Alors que j'avais une immense horloge en face de ma tête où c'était noté l'heure. Mais voilà, j'étais tellement dans le stress et la panique que je n'arrivais même pas à me concentrer là-dessus. Donc je devais écrire sur un papier, mot pour mot, il est 8h. Parce que sans ça, vraiment, j'étais convaincue que j'allais l'oublier. Et ça m'est arrivé d'avoir un journaliste en face de moi que je connais, avec qui je travaille tous les jours. Et le blanc total, j'étais tellement dans le stress que je n'arrivais pas à me rappeler de son prénom. Donc je l'écrivais et j'écrivais tout. Cette peur-là, elle a mis du temps à partir. Je vous jure que ça prend plusieurs années. Et parfois même, encore aujourd'hui, ça fait 20 ans, mais parfois même... Quand j'ai des émissions spéciales, des trucs que je dois faire, que je n'ai pas l'habitude, que je ne suis pas tout à fait dans ma zone de confort, j'ai encore ce petit trac qui monte juste avant de parler. Alors oui, c'est beaucoup plus rare aujourd'hui, mais il existe encore. Et ce que j'ai appris, c'est qu'il ne va pas disparaître complètement, jamais. Et finalement, c'est plutôt bien, parce que ça veut dire, comme je vous l'ai dit au début, que je tiens à ce que je fais et j'ai envie de faire bien. Donc je vois ça comme quelque chose de positif. Mais ce qui change, au bout d'un moment, c'est que ce trac... ne nous arrête plus. Et pour l'enregistrement, celui que vous faites vous pour votre podcast, il y a un piège qu'il faut éviter. C'est celui de recommencer six fois la même phrase. Parce que, oui, on se dit, c'est pas grave, c'est enregistré, je peux recommencer. Et du coup, on recommence six fois. On cherche la perfection. Mais à force, le problème, c'est que quand vous reprenez, vous allez finir par ne pas poster. Et si vous ne postez pas, vous ne vous donnez pas la chance de vous améliorer. Parce que les bafouilles, les imperfections, c'est ça qui va rendre votre voix humaine. Donc il faut les laisser, c'est pas grave. Elles travaillent pour vous en fait, elles montrent à quel point vous êtes humain. C'est ça que j'ai compris en fait après ces 20 années passées derrière un micro, c'est qu'on n'attend pas que ça passe pour commencer. On commence et c'est comme ça que ça passe. A force de faire, on va s'habituer. Appuyez sur enregistrer malgré l'inconfort. C'est exactement ça la compétence qu'il faut que vous développiez. C'est pas une voix. parfaite, c'est pas une voix sans bafouille, c'est pas une voix qui n'a aucune problématique, comme je viens d'en avoir une là parce que je trouve pas le mot que je veux vous dire. C'est pas grave. C'est pas une confiance absolue qu'il faut, c'est juste faire ce geste-là de manière répétée pour qu'il devienne de plus en plus simple à effectuer. J'ai accompagné une cliente, c'était ma toute première cliente que j'ai formée à faire du podcast. Ça fait un peu plus d'un an maintenant. Et puis elle, alors elle était typiquement là-dedans, à vouloir bien faire, elle a... enregistré son premier épisode je ne sais pas combien de fois, on va dire 5, peut-être c'était plus, mais 5 fois le même contenu pour à chaque fois essayer de le rendre meilleur. Et au bout de la cinquième, elle a enfin lâché prise et elle a posté. Aujourd'hui, ça fait un an qu'elle publie un épisode toutes les deux semaines sans exception. Et chaque épisode, à chaque fois, il est meilleur que le précédent. Alors c'est pas parce qu'elle a attendu d'être prête, mais justement parce qu'elle a arrêté d'attendre. Elle a même fait un épisode entier dernièrement sur les coulisses de son podcast, sur ce stress du début, sur ces cinq enregistrements qu'elle faisait pour essayer d'avoir l'épisode parfait. Et puis en fait, cette histoire, elle est incroyable parce que je trouve que c'est exactement ça le parcours qu'on attend de vous en fait, qui allez vous lancer dans votre podcast. C'est savoir que oui, ça va être compliqué au début. Oui, on aura l'impression que c'est pas top, que ce qu'on dit c'est pas bien, pas assez bien, que notre contenu il est perfectibles, etc. Mais finalement, la perfection, elle vous empêche d'avancer. C'est le lâcher prise qui va faire qu'enfin vous allez vous lancer et donc vous allez pouvoir être de mieux en mieux et de plus en plus à l'aise et puis peut-être de plus en plus vous apprécier vous-même. Je vous invite à aller écouter cet épisode parce qu'il est vraiment chouette. Son podcast, ça s'appelle Autour de soi. Il parle de relations, de couples et de familles, donc hyper intéressant et ça s'adresse vraiment à tout le monde, je pense. Le lien, je vous le mets dans la description de cet épisode, comme ça vous pouvez aller l'écouter assez facilement. Ça vous donnera une idée un petit peu du parcours qu'a suivi Sabrina, à qui je fais un petit clin d'œil. Et vous verrez que c'est tout à fait normal et aujourd'hui, une année après, elle est tellement contente d'avoir osé passer ce pas et puis ça lui apporte beaucoup. Personne n'apprend non plus à faire du vélo en lisant simplement un livre. On lit le mode d'emploi, comment faire. Il faut monter sur le vélo, il faut commencer à pédaler. Non, ça ne marche pas. On monte sur le vélo, on tombe, on remonte, on retombe. Puis un jour, on arrive à pédaler sans y penser. Et en plus, le truc merveilleux, c'est qu'on n'oublie jamais. Eh bien, le micro, c'est pareil. La théorie, elle ne va jamais remplacer votre geste. Vous pouvez lire tous les conseils du monde. Vous pouvez écouter tous les podcasts du monde sur comment bien parler dans un podcast, comment faire un podcast, etc. Là, moi, vous tenir des théories pendant... Deux heures si vous voulez, mais tant que vous, vous n'avez pas appuyé sur enregistrer, vous n'avez pas commencé à apprendre. Donc ce n'est pas le talent qui fait que les podcasteurs durent, c'est vraiment cette répétition d'oser lancer ce premier épisode qui n'est pas parfait, mais qui existe et qui vous permet de commencer quelque part. Je vais vous donner quatre clés pour passer à travers cette peur, pour quand même vous donner des outils assez concrets. Première chose, préparez, mais pas trop. Qu'est-ce que je veux dire par là ? En fait, c'est bien d'avoir les idées claires sur ce que vous voulez dire, évidemment. Écrire son épisode mot pour mot comme j'écrivais « Il est 8h » , ça je pense pas que ce soit une bonne idée par contre. Parce qu'un script qui est trop écrit, trop serré, ça va sonner comme si vous lisiez un livre. Quand c'est trop lu, c'est pas très intéressant à écouter. Alors mettez-vous des repères, des mots-clés, des bouts de phrases, un espèce de fil rouge qui vous permet d'avoir une histoire qui tient la route, mais qui vous laisse quand même la liberté de sonner. avec vos mots. Et ça aussi, vous verrez avec le temps, ça va s'améliorer. Vous pouvez vous amuser à faire des petits exercices d'improvisation. Vous choisissez, je ne sais pas, trois mots quand vous êtes en voiture et puis vous essayez de raconter une histoire autour de ces trois mots. Et plus vous l'entraînez, ça, plus ça devient facile et donc plus après vous arriverez aussi à tourner autour de votre texte. N'oubliez pas aussi que si vous faites un podcast sur un sujet qui vous passionne ou sur votre entreprise, normalement c'est des choses que vous répétez souvent. Quand vous parlez à vos clients, quand vous parlez à quelqu'un qui s'intéresse à ce que vous faites dans votre entourage, etc. Parlez comme ça, parlez comme si vous expliquiez quelque chose à votre client, ça c'est super important aussi. Donc, préparez, mais pas trop écrit. Deuxième chose, accordez-vous le droit à cette imperfection. Les bafouilles, les silences, les « e » ! Tout ça, ça fait partie de votre voix. Ça fait partie de votre manière de parler et c'est eux qui vous rendent complètement humain. Donc laissez-les. Vous verrez, ça travaille pour vous. Laissez ces petites imperfections, elles ne sont pas graves. Troisième point, écoutez-vous et faites confiance au processus. Parce que vous verrez, vous allez vous écouter et de toute façon, vous ne pourrez pas y échapper, vous n'allez pas aimer ce que vous allez entendre. Vous aurez l'impression que ce que vous dites, ce n'est pas structuré. Vous allez entendre toutes les petites bafouilles à vous dire « on n'en comprend rien » . Vous avez l'impression que votre voix, elle sonne bizarre. Et ça, c'est tout à fait normal. Il y a très peu de gens sur cette planète qui aiment leur voix quand elles l'écoutent par après. Ce n'est pas grave. Vraiment, faites confiance à ce process. Laissez votre texte tel quel. Promis, ce sera assez bien. Et ce n'est pas grave si ce n'est pas parfait. Mais avancez. Parce que de toute façon, si vous voulez écouter et vous dire que vous attendez à vous dire « c'est génial » , ça n'arrivera pas. Et ça n'arrivera pas avant longtemps. Et quatrième chose, donc la quatrième clé, c'est de publier avant d'être prête. Vous ne serez jamais assez prête avant de publier. Jamais. Le seul moment où vous êtes prête, c'est quand vous appuyez sur publier. De toute façon, il faut passer le cap. Il faut sauter dans le vide à un moment donné. Et puis vous verrez qu'il n'y a pas mort d'homme. Il n'y a rien qui va s'effondrer. Tout va très très bien se passer. Donc ces quatre clés, je les répète. Préparez. Mais. pas trop écrit. Deuxième chose, accordez-vous le droit à l'imperfection. Écoutez-vous et faites confiance au process, même si vous n'aimez pas ce que vous entendez. Et quatrième chose, publiez avant d'être prêt. La peur du micro, elle ne va pas disparaître comme ça du jour au lendemain. Vous l'avez entendu aujourd'hui, ni pour moi, ni pour ma cliente Sabrina, ni pour les trois personnes sur quatre qui vivent cette glossophobie en silence, mais c'est une peur qui s'apprivoise. Un enregistrement après l'autre, un épisode posté malgré le track, c'est comme ça que vous allez avancer et vous verrez que petit à petit ce track qui va disparaître, vous serez de plus en plus à l'aise face à votre micro. Votre voix, elle mérite d'être entendue, elle a sa place, même si elle est imparfaite, même si elle est tremblante et même avant que vous soyez prêts, encore une fois, parce qu'on n'est jamais prêts qu'au moment où on l'a lancé. Si cet épisode vous a parlé... Venez me le dire sur Insta, vous retrouverez mon compte sous malyce, M-A-L-Y-C-E. C'est là que je partage les coulisses et les conseils du quotidien. Je réponds aussi à toutes vos questions, là n'hésitez pas à m'écrire. Et racontez-moi comment ça s'est passé votre premier enregistrement. S'il est déjà passé et puis que vous avez passé cette peur-là, ou au contraire si vous êtes encore dans cette crainte, je suis curieuse de savoir où vous en êtes dans votre processus. Et puis qui sait, votre question pourrait peut-être devenir le sujet d'un prochain épisode. C'est aussi comme ça que ça marche. Moi je vous dis à très vite, passez une très belle semaine et d'ici là,