- Speaker #0
Bienvenue dans Trouver sa place, le podcast où chaque aventure humaine est une invitation à cheminer vers soi-même. Je m'appelle Claire Grévedon, je suis coach professionnel spécialisé en reconnexion à soi, et une fois par mois, je vais à la rencontre d'êtres humains qui m'inspirent pour partager des conversations qui font grandir.
- Speaker #1
Qu'il s'agisse de leur mode de vie, de leur carrière ou encore de leur identité, tous ont fait des choix conscients et courageux pour vivre une vie alignée avec eux-mêmes. Cette vie, elle est aussi à ta portée. Alors je t'invite à prendre place et te laisser inspirer.
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, on se retrouve à Troyes pour un épisode vraiment spécial à l'occasion du Podcaston. Le Podcaston, c'est une initiative à but non lucratif qui existe dans le monde entier, qui rassemble des podcasteurs et podcastrices du monde entier pour créer un gros momentum et mettre en lumière des associations ou des OBNL. Et pour cette occasion, c'était vraiment important pour moi et pour l'équipe. de trouver sa place, de mettre en lumière l'Association des Trans du Québec, l'ATQ. Et pour l'occasion, j'ai l'immense honneur de vous accueillir toutes les deux. Deux invités très spéciales, Victoria Legault, qui est nul autre que la directrice générale de l'ATQ. Et puis Dupré Latour, une entrepreneur militante pour les communautés BIPOC, LGBTQIA+, mais aussi une alliée de l'ATQ. Je crois même que vous vous êtes rencontré à l'ATQ il y a quelques années.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Très heureuse de vous accueillir. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation.
- Speaker #2
Merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Merci à vous. Merci de nous inviter.
- Speaker #0
C'était d'autant plus important pour moi, avec le contexte actuel de radicalisation, de montée des extrêmes, des reculs sociaux aussi, qu'on peut constater partout dans le monde, de vraiment... mettre en lumière et donner la parole à des voix qui sont plus marginalisées et qui sont souvent les premières à souffrir de ces reculs-là. Donc oui, on a mis beaucoup de cœur et d'intention dans cet épisode et l'enthousiasme avec lequel vous avez accepté l'invitation m'a beaucoup touchée aussi.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Et j'en profite aussi pour dire que pour les personnes qui sont habituées de nous écouter en audio que cet épisode, il est tourné en vidéo, donc il est disponible sur Youtube notamment parce qu'on a la chance d'être accueillis aujourd'hui dans les studios de Alatra Media qui est le partenaire de cet épisode et qui est la boîte de production qui m'accompagne depuis plus de deux ans maintenant. Gros love à Alatra Media aussi ! Alors voilà, maintenant que le contexte est émis, j'aimerais juste vous demander à chacune comment vous aimeriez vous présenter ? aux personnes qui nous écoutent ou nous regardent.
- Speaker #1
Je peux commencer ? Donc moi, mon nom est Dupré Latour. Je suis activiste et militante, comme tu l'as dit tantôt, pour les communautés LGBTQ, mais aussi des communautés BIPOC. Je suis aussi agent féministe de défense des droits pour les personnes en condition féminine à la ville de Laval, pour une table de concertation. Entrepreneur aussi. puis Oui, je pense que c'est plusieurs facettes aussi, make-up artist, etc. Mais je trouve que c'est important la visibilité qu'on offre actuellement dans le monde où on vit en 2026. Des fois, on ne se rend pas compte qu'on est toujours en train de se battre pour des droits qui étaient censés être acquis depuis tellement longtemps. Donc, c'est vraiment un honneur et c'est vraiment aussi important d'être au-devant de la scène. puis de pouvoir prendre la voix, puis de pouvoir aussi donner un exemple pour les générations futures à venir, puis aussi celles qui se battent en silence ou celles qu'on ne voit pas toujours.
- Speaker #0
Merci de le faire. Victoria ?
- Speaker #2
Oui, de mon côté, comme Dupré, je pense que je suis une personne multifacette, mais je suis maintenant depuis trois ans directrice générale de l'organisme Aide aux trans du Québec, ATQ. qui est un organisme qui donne des services, principalement d'aide directe partout au Québec aux personnes trans et non-binaires. On fait aussi beaucoup de sensibilisation, de la représentation, on informe le public, on va former en entreprise notamment sur les réalités des personnes trans et tout ça. Je suis aussi coprésidente d'ÉGID, qui est l'organisation internationale francophone de promotion de l'égalité et de la diversité. Donc on a plus de 200 organisations qui sont membres d'ÉGID un peu partout dans la francophonie dans le monde. Et je m'implique dans cette organisation internationale depuis... environ trois ans aussi maintenant. Depuis moins d'un an que je suis coprésidente du Conseil d'administration, mais avant ça, j'étais sur le Conseil d'administration, j'occupais le siège personne de moins de 30 ans, donc le siège jeunesse. Et j'ai fait plein d'autres choses avant ça aussi, malgré tout. J'ai un parcours qui est plus juridique, mais donc aujourd'hui, je m'intéresse beaucoup à tout ce qui est la gouvernance. La représentation, en fait, aussi des personnes trans dans les sphères de pouvoir et d'influence. On remarque que c'est très peu développé encore. Il y a encore une sous-représentation totale de nos communautés dans ces sphères-là. Et j'aime donc me positionner comme quelqu'un qui essaie de faire cheminer, en fait, nos voies dans ces espaces-là. Parce que je pense qu'on a besoin d'être, et surtout dans le contexte actuel, comme tu le disais en ouverture, mais... Je pense vraiment qu'on a besoin d'être autour de la table partout, en fait. Où se prennent les décisions, on a besoin d'être dans ses pièces.
- Speaker #0
Oui, ce qui m'a frappée de toutes les deux, c'est combien vous êtes actives, combien aujourd'hui vous êtes des modèles et que vous portez une mission chacune à votre manière. Mais j'imagine que c'est le résultat de tout un chemin. Et puis, ce podcast, c'est ça sa mission, à ce podcast, de mettre en lumière des chemins de vie, des quêtes personnelles, identitaires, des choix aussi courageux. Parfois très courageux pour vraiment prendre sa place, trouver sa place et prendre sa place. Et Dieu sait que c'est loin d'être évident. Déjà, je peux le constater avec des personnes cisgenres. Combien c'est déjà difficile de sortir des sentiers battus, de se choisir. Alors, en tant que personne trans, comment vous avez vécu ce chemin et comment ça s'est passé pour vous de trouver votre place ?
- Speaker #1
Moi, je pense que je suis originaire de l'Afrique de l'Ouest, j'ai grandi là-bas. Puis, je pense que j'ai toujours su très jeune que j'étais... différentes de la société, des coutumes, de la religion, etc. Donc, tous les choix que j'ai faits dans ma vie quand j'ai réalisé que je ne fitais pas dans la moule de la société, c'était vraiment en guise d'être libre. Tous les choix que j'ai faits, c'est les choix qui m'ont poussé à quitter mon pays d'origine, qui m'ont quitté à aller dans un autre pays, qui m'ont coûté à trouver, à me donner les moyens pour avoir un visa pour venir ici au Canada. Et je pense que... Je ne voulais pas être une personne, je ne voulais pas être comme ceux de chez moi qui avaient peur. Je ne voulais pas que la peur soit au devant de mes choix. Je voulais vivre tout en étant moi, tout en me respectant dans cela. Et je savais aussi que ça venait avec un prix, parce que genre comme je viens d'une famille quand même très conservatrice, religieuse et tout. Je savais aussi que c'était... C'était un choix à faire, c'était un choix difficile, mais à la fin de la journée, je me suis dit que c'était important de me choisir parce que c'est ma vie, parce que je ne voulais pas dire comme « Ah, c'est à cause de mes parents, c'est à cause de la société. » Non. Et c'est cette voie-là que je porte jusqu'à présent, c'est-à-dire qui veut peu. On se donne les moyens. Oui, c'est difficile. Oui, ce n'est pas évident. Et la vie en elle-même n'est pas évidente. Donc, je me suis donné juste les moyens, je me suis donné le courage de m'accepter. plus de mémé, puis c'est un grand cheminement. Mais je pense que ce cheminement-là de mémé, je l'ai vraiment, je me suis vraiment baigné dedans quand je suis arrivé ici, quand je suis arrivé, que j'étais genre comme je suis dans un pays libre, sky is the limit, je peux vraiment faire une différence dans ma vie et réaliser mes rêves.
- Speaker #0
Puis, si tu me permets la question, je... J'étais entendue dans une interview dire en anglais « After all of the running, I'm finally home » . Mais tu as aussi nommé le fait que tu as découvert qu'en arrivant au Canada, que « every finish line is a new beginning » . Oh,
- Speaker #1
tu as fait tes devoirs ?
- Speaker #0
Absolument ! Moi, j'aime les quotes là. Mais de fait, ma question derrière ça, c'est… comment tu as vécu l'arrivée au Canada ? Est-ce que ça a été aussi libérateur que tu l'espérais ? Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
En fait, c'est-à-dire que j'ai toujours eu une oppression au niveau de mon identité, de ma sexualité. Mais il y a des nouvelles réalités. Je venais au Québec, il y avait une manière de voir, de percevoir, de faire les choses. Donc, je devais aussi m'adapter à une société qui est différente. des nouvelles valeurs et je devais trouver un juste milieu pour pouvoir aussi garder celle que je suis. Parce que je trouve que c'est important d'avoir une base, puis d'avoir des valeurs, puis que ça te définisse. Parce que j'ai eu la chance aussi d'avoir, malgré tout cela, une grand-maman qui m'a beaucoup aimée, puis qui m'a beaucoup soutenue, donc qui fait en sorte que les valeurs que j'ai eues, Ma culture, je ne voulais pas que ça se perde, mais je voulais aussi, genre, comme m'ouvrir à cette nouvelle réalité, à cette nouvelle société. Donc, ce qui fait que ce n'était pas évident parce que je me suis rendu compte qu'il y avait comme ce défi d'intersectionnalité. C'est-à-dire que je n'étais pas seulement issue d'une communauté LGBTQ, mais aussi j'étais noire. Et en plus de cela, quand j'ai décidé de sortir la femme que j'ai toujours eu en moi, c'était aussi une autre oppression de plus, c'est-à-dire d'être une femme. Donc, je pense que c'est vraiment toutes ces choses-là qui m'ont fait dire que, OK, le combat n'est pas fini. Et aussi, c'était compliqué aussi de prendre sa place, puisque ça reste toujours un défi. Puis là, je me lasse dans l'entrepreneuriat, qui est aussi un autre défi, parce que des personnes comme moi, avec la mission de ma marque et tout, on ne le voit pas tout le temps. Beaucoup de marques vont faire du marketing autour de l'inclusion, mais dans les pratiques, dans... La réflexion des produits dans leur marketing, ce n'est pas ancré. Donc, c'était aussi une approche différente. C'est-à-dire que je sais, en tant que personne noire, c'est quoi les défis pour me maquiller. Je sais qu'en tant que personne trans, c'est quoi les défis pour me maquiller. Et c'est la raison pour laquelle s'est née cette mission-là de vouloir vraiment porter ce chapeau de représentation. Puis aussi que les gens se disent, ça se peut, c'est possible. malgré que je suis ci, je suis ci, je suis ça, on se dit que comme...
- Speaker #0
Il y a trop de barrières.
- Speaker #1
Il y a trop de barrières et tout.
- Speaker #2
C'est tellement important ce que tu dis. Puis c'est là qu'on voit que la représentation, elle est importante. C'est d'avoir des modèles, justement, auxquels on est capable de s'identifier. Puis tout ça, on a beau être des personnes trans, on a des parcours qui sont hyper différents. Et une personne qui a ton parcours... ne sera pas nécessairement capable de s'identifier aux miens et vice-versa. Et d'avoir des modèles comme toi, c'est absolument nécessaire.
- Speaker #1
Puis, je trouve que c'est tellement important qu'on arrête aussi de généraliser, parce que j'entends beaucoup les personnes trans. On est tellement différents. C'est comme si on disait tous les hétérosexuels, ils sont différents. Toutes les femmes, non, elles sont différentes aussi. Je pense que c'est important des fois. Je pense que c'est facile pour certaines personnes qui ne comprennent pas. ou qui ne veulent pas voir notre existence, qui ne l'acceptent pas, de prendre un modèle négatif, puis de l'associer à tout le monde. Et c'est ça qui est problématique.
- Speaker #0
Je pourrais rebondir sur tellement de choses, mais j'aimerais laisser la place à Victoria de répondre à cette question du chemin qui t'a amené à être la femme, la personne que tu es aujourd'hui.
- Speaker #2
J'ai un parcours qui est quand même atypique aussi. Évidemment, je pense quand même avec moins de rebondissements que c'est Luc Dupré, qui est absolument... En tout cas, moi, à chaque fois que j'entends Dupré parler de son parcours, ça me jette à terre, vraiment. Mais je suis né en région, donc en Abitibi, au Québec. Et moi aussi, en fait, depuis très très jeune, je ne fitais absolument pas dans le moule. En région, à ce moment-là... Il y avait déjà très peu de personnes, je pense, qui étaient plus visiblement, je dirais, queer, qui sortaient des normes, qui étaient plus affichées. Je suis né dans une petite ville qui s'appelle Amos, qui compte environ 10 000 habitants. Donc c'est... et dans ce contexte-là, en fait, moi, c'est ça, j'ai tout le temps refusé d'essayer de me fondre un peu dans la masse, en fait, je dirais. À l'âge de 7 ans, temps, j'avais dit à ma mère que je voulais être une fille. Et tout ça a pris du sens, évidemment, quelques années plus tard, quand j'ai débuté ma transition. Mais même après ça, en grandissant dans cette communauté-là, en n'étant pas, à ce moment-là, visiblement une personne trans, mais j'ai tout le temps été, je pense, visiblement queer. J'étais une personne qui était extrêmement féminine déjà. Je dis tout le temps à la rigolade un peu qu'à l'école secondaire, je portais plus de maquillage que les féicisses de l'école. Parce que je refusais en fait de mettre de côté ce volet-là de ma personnalité, les intérêts que j'avais et tout ça, pour justement me fondre dans la masse. Et évidemment, c'est venu avec son lot de défis, bien sûr. J'ai débuté ma transition à l'âge d'environ 15 ans. Et j'ai été la première personne trans à faire ce coming out à mon école secondaire en région. C'est venu avec aussi toute une responsabilité, je pense, d'éducation, en fait, du personnel, du milieu scolaire, autant de la direction pour savoir comment m'accompagner là-dedans, parce que ces gens-là n'avaient aucune idée. Alors, c'est moi qui leur arrivais avec les outils nécessaires. Donc, j'ai eu rapidement, je pense, ce devoir-là, ce rôle-là que j'ai pris. que j'ai pris, je pense, par le fait que j'étais vraiment porté par ça et c'était naturel pour moi, mais je pense que c'était aussi une obligation pour moi de prendre ce rôle-là, c'est-à-dire de vraiment tracer le terrain, si je peux dire. Et j'ai commencé à m'impliquer, en fait, bénévolement dans des initiatives. communautaire, assez large. Ce n'était pas nécessairement des initiatives LGBTQ+. Je me suis impliqué aussi bénévolement dans des regroupements de femmes, même à l'âge de 15-16 ans, dans ma petite ville. Et c'était très drôle parce qu'il y a beaucoup de personnes qui me voyaient dans ces événements-là, qui ne comprenaient pas nécessairement ce que je faisais là au début, je pense. Mais j'avais tout le temps cette... J'ai tout le temps eu cette volonté-là d'être engagé, en fait, de m'engager pour la communauté en général, de aussi m'assurer qu'il y ait une représentation, je pense, des personnes queer dans tout type d'espace. Et donc, c'est ça, je m'implique aujourd'hui, finalement, je m'implique dans le milieu communautaire associatif au Québec depuis une dizaine d'années quand même, étant donné que j'ai commencé très tôt à faire du bénévolat, notamment. Et je pense que pour moi, en fait, de prendre ce poste-là éventuellement de directrice générale à ATQ, qui est quand même l'une des plus vieilles organisations aussi par rapport aux personnes trans à l'échelle du Canada, c'était finalement une façon de poursuivre mon engagement puis de professionnaliser aussi, je dirais, mon engagement pour la communauté et en l'occurrence pour la communauté trans dans ce cas-là, qui a toujours été ma mission première et qui me tenait énormément à cœur. Je me souviens, en fait, quand j'étais plus jeune, justement à l'âge de 15-16 ans, quand j'ai débuté ce parcours de transition-là, je voyais des modèles de femmes cis qui réussissaient, entre guillemets, ou je dirais des femmes d'affaires, des femmes qui occupaient justement des postes décisionnels importants et tout ça. J'ai tout le temps eu une admiration sans borne pour ces femmes-là qui occupaient des postes d'importance avec des responsabilités. Mais je n'en voyais pas à ce moment-là qu'ils étaient trans. Puis je pense que d'avoir eu cette représentation-là, peut-être que ça aurait été plus simple. En même temps, j'ai eu vraiment cette volonté-là de me dire, nous aussi, on a le droit à ça. Nous aussi, on a le droit d'être là, d'aspirer à occuper ces fonctions-là. Et pourquoi ce ne serait pas moi ? Et pourquoi ce ne sera pas les personnes trans de ma génération qui fait ça, en fait ?
- Speaker #0
Oui, briser les plafonds de verre, c'est ce qui vous représente bien cette expression, toutes les deux. Et je précise, je me permets de le préciser parce que tu le nommes toi-même, tu as 24 ans Victoria, je crois que ça fait trois ans que tu es à la tête de directrice générale de l'ATQ.
- Speaker #2
Qui est très atypique. Atypique, tu sais, j'étais aussi... Avec une âme d'être dégé d'un organisme.
- Speaker #0
D'ailleurs, tu étais finaliste au Grand Prix de la relève d'affaires du Québec en 2025, dans la catégorie jeune gestionnaire. Ça fait quoi d'en être là, aussi jeune ?
- Speaker #2
En fait, et je pense que je dois le dire, il faut que je le précise aussi, parce que je dis évidemment et je pense certainement qu'on a contribué, en fait, nous deux, à briser des plafonds de verre déjà. Puis en même temps, si j'ai pu aspirer à ça aussi, c'est clairement parce qu'il y a eu plein d'autres personnes trans avant moi qui se sont battues pour nos droits aussi, évidemment. C'est à souligner absolument. Et jamais, je pense qu'on ne peut absolument pas prendre le crédit d'un mouvement qui est collectif. Et encore à ce jour, il y a des dizaines et des centaines de personnes qui sont derrière nous pour porter aussi les intérêts de nos communautés. Je pense à Marie-Marcelle Godbout, par exemple, qui est justement la fondatrice d'ATQ. qui a été une réelle pionnière au Québec, qui était carrément décrite comme la mère Thérésa des trans au Québec. Donc, c'est une figure qui m'inspire encore énormément à ce jour. Je pense que dans le contexte actuel d'être, effectivement d'occuper cette place-là à 24 ans, comme jeune femme trans qui vient d'un milieu, encore là où tout n'était absolument pas, je n'étais absolument pas prédestinée à occuper ces fonctions-là non plus, je pense. Ça me rend très fier, c'est certain. Puis en même temps, ça vient définitivement avec une certaine pression de bien faire aussi. C'est vrai que par moments, comme en fait, je pense, toute personne qui va prendre les règles, soit d'une organisation ou qui va arriver en fait dans un poste décisionnel de gestion, peu importe, évidemment, il y a un syndrome d'imposteur qui vient avec ça. En fait, c'est très commun. Je pense que, tu sais, de se dire en fait, pourquoi moi, je suis là ? Qu'est-ce qui fait de moi la meilleure personne pour occuper ces fonctions-là ? Évidemment, encore là, ce n'est pas un vécu personnel. Je pense que c'est des questions que beaucoup de personnes se posent en début de carrière ou dans ce genre de fonctions-là. Mais ça m'a habité, ça m'a beaucoup habité pendant un très long moment, surtout par le fait qu'effectivement, je me disais que je suis très jeune. En plus de ça, je suis une personne trans et j'arrivais en fait dans des événements. où il y avait un rassemblement des organisations LGBTQ+, québécois, et j'étais... Très souvent, la seule personne trans, en fait, à être même dans ces événements LGBT, là. Donc, je me disais, évidemment, c'est ça. En fait, c'est vraiment... Même au sein de notre communauté, il y avait là des barrières à briser, je pense, déjà. D'être... Non seulement j'étais la plus jeune, mais c'est ça. J'étais souvent entourée de femmes lesbiennes, d'hommes gays. C'est le genre qui occupait ces fonctions-là depuis plusieurs années et c'est parfait. Nous, je pense qu'on en est encore, je dis souvent, je pense qu'à ce jour même, on en est encore au début de notre émancipation, en fait. C'est ça la différence. Pour ce qui est des personnes trans, on a quand même quelques années de retard par rapport au cheminement social qu'on a fait au Québec depuis les dernières années sur les enjeux, par exemple, des femmes lesbiennes, des hommes gays, ce genre.
- Speaker #1
Puis c'est extrêmement inspirant aussi parce que je pense que des fois, la société veut tout le temps nous mettre des cases. Mais à la fin de la journée, tu as eu l'expérience. Ce n'est pas anodin, puis ce n'est pas par hasard. Tu travailles fort, puis on travaille extrêmement fort pour être là où on est. Genre comme, ce n'est pas un cadeau. Ça arrive avec un lot de pression, de travail, de nuit blanche et tout. Je trouve que l'âge, genre comme à la fin de la journée, même si on a 40 ans et tout, ce qui est important, c'est le vécu, c'est l'expérience, c'est le bagage, c'est la volonté et c'est ce qu'on peut mettre. Parce que genre comme je t'ai vu au début et tout, puis quand je vois ces années-là, je suis genre comme « wow » . Puis c'est tellement inspirant parce que oui, on n'a pas de représentation, mais je suis contente. d'être chez moi, puis de voir, d'être sur mon téléphone, puis de voir que comme, oh, elle est dans des espaces que des personnes comme nous n'ont pas l'habitude d'être, mais aussi que tu le fasses avec les bonnes valeurs. Parce que quand on parle de la transidentité, il y a énormément de personnes trans, mais je pense que c'est important que des personnes trans qui ont des bonnes valeurs, qui ont un savoir-être, un savoir-vivre, qui puisse... Être à cette table-là, être écouté, c'est aussi quelque chose de plus important que son identité. Puis genre, je t'applaudis pour cela. Puis « You are doing amazing » , tu le fais super bien. Puis aussi, on a parlé aussi des personnes trans qui nous ont montré la voie, mais aussi je voulais faire un clin d'œil aussi aux personnes alliées. Parce que moi, il faut savoir que beaucoup de personnes alliées m'ont soutenu quand je suis arrivé à Québec. Je me rappelle, c'était une femme cis, hétéro, qui m'a poussée à m'assumer. Je me rappelle, je lui disais, elle me disait, oh, en fait, elle était française en plus. Je lui disais, elle me dit, oh, je l'ai rencontrée à l'hôtel parce que je travaillais en tant que réceptionniste. Puis, je me cachais, je venais d'arriver d'Afrique et tout. C'était une pression parce que c'était... 20 ans de déconstruction sociale, de ma manière de voir, ma manière de perception des choses. Mais elle, elle a su. Puis j'ai été à l'aise de lui faire mon coming out. Puis elle était genre comme, « Girl, really ? » Mais c'était une des femmes qui m'a tellement inspirée. Je me rappelle, elle me disait, « Oh, on fait un... » Je lui ai dit, « Ah, je me suis maquillée. Regarde, je lui envoie des vidéos. » Elle me disait, « Oh my God, t'es tellement belle et tout. » Puis j'ai dit genre comme, ah, j'ai envie de venir te voir. Elle m'a dit, oui, tu peux venir, mais j'ai un appareil avec mes amis. Je lui ai dit, ah, mais est-ce que c'est correct ? Genre comme, oui. Je suis maquillée. Elle me dit, on s'en fout. Tu es au Canada. Viens. Puis je venais, je me démaquillais. Puis quand je venais, ça lui faisait tellement mal. Elle me disait, oh, tu n'es tellement pas drôle. Assume-toi. Elle me poussait de façon genre comme, OK, on s'en fout. Puis la façon dont elle me présentait aussi, elle me présentait comme, c'était une fierté quand elle parlait de moi. Quand elle parlait de mon maquillage, quand elle parlait de mes vêtements, de mon style et tout, c'est une... Puis personne n'a jamais parlé de moi avec autant de fierté. Genre comme c'était toujours quelque chose que je devais cacher, c'était une facette de moi que je devais toujours cacher. Puis c'est elle qui m'a poussée à aller sur scène, à acheter mes premiers talents et tout. Puis elle m'a énormément accompagnée. Puis c'était une personne alliée qui ne comprenait pas forcément les réalités de la communauté LGBTQ. Puis jusqu'à présent, sur ma marque de maquillage, c'est des personnes. alliés qui sont toujours là qui sont beaucoup aussi derrière moi et qui me pousse vraiment à donner le meilleur de moi même donc je pense que le combat oui c'est Notre communauté, on a un combat à faire entre nous, mais aussi, c'est que c'est important que les personnes qui ne font pas partie de cette communauté sachent aussi qu'elles font partie du changement. Comme je dis tout le temps, on n'a pas besoin d'être une femme pour être féministe, parce que les droits des femmes, ça ne s'est pas acquis seulement avec les femmes, ça s'est acquis aussi avec certains hommes qui ont cru à l'égalité des genres. Puis je trouve que c'est important aussi qu'on arrive et qu'on se tienne la main en unité. Quand on dit qu'on va éduquer certaines personnes, des fois, c'est nos alliés qui éduquent les leurs. Parce qu'on ne va jamais parler de nous ou genre comme des blagues racistes, sexistes, homophobes, transphobes. Les gens ne vont jamais le faire devant les personnes concernées.
- Speaker #2
Ils vont toujours le faire entre eux.
- Speaker #1
Donc, c'est là que le rôle des alliés est tellement important parce que c'est eux qui vont pouvoir amener une manière de voir, une manière de perception différente. que les stéréotypes ou les biais qu'on entend sur une certaine communauté.
- Speaker #2
Récemment, je lisais une statistique qui disait qu'au Canada, c'est trois personnes sur quatre qui ne connaissent pas une personne trans. Et ça m'a frappé parce que je me disais, moi, je pense qu'il y a là le problème, en fait. Je pense que le problème, c'est le fait, justement, que les gens qui ont une idée préconçue, des idées préconçues sur les personnes trans, se fient peut-être à ce qu'on voit en ligne, les nouvelles terribles qu'on voit. Je pense que de connaître une personne trans, ça vient vraiment briser tous ces stéréotypes-là, ces idées préconçues, parce que je pense que quand il y a un contact vraiment d'humain à humain comme ça, en fait, on se rend compte qu'on est beaucoup plus similaire que différent qu'on le pense.
- Speaker #0
Absolument. Mais merci tellement de partager ça, parce que c'est... C'est une valeur en laquelle je crois profondément le lien, le lien humain connecté. C'est même une des missions de ce podcast, de montrer qu'en allant à la rencontre, on s'ouvre, on s'inspire les uns les autres, on crée du lien. On est tous et toutes sur la même planète. On est tous et toutes interconnectés. Puis ce qui touche notre voisin va nous toucher nous ultimement. et effectivement de C'est ça, d'aller à la rencontre. Pour moi, c'est vraiment comme ça qu'on grandit ensemble. Et je trouve ça important de le nommer, d'autant plus que... Parfois, effectivement, la majorité des personnes, j'y crois profondément, sont bienveillantes, sont dans une démarche d'inclusion. On a tous et toutes le droit d'être sur cette planète, de vivre pleinement et on est pluriel. Mais quand on ne fait pas partie d'une certaine représentation, d'une certaine communauté, on ne se sent pas forcément... la raison d'être alliée ou on ne se sent pas forcément à l'aise ou on ne sait pas comment s'y prendre. Juste un rappel de genre, ça fait une différence d'être alliée, d'être soutenue, d'avoir le bon mot au bon moment, le bon support au bon moment. Ça peut faire toute une différence. Je trouve que c'est un super rappel pour la majorité silencieuse finalement. C'est comme ça que je la vois. C'est comme ça que je vois le monde en... En ce moment, on entend tellement, tellement de choses difficiles dans les médias. Pour moi, c'est la minorité bocale, visible. Mais il y a une majorité silencieuse de gens qui ont juste envie qu'on aille tous dans la même direction, mais qui parfois ne savent pas comment s'y prendre. Donc, merci de ce rappel. On a parlé de l'importance des alliés. Mais un peu plus tôt, on parlait aussi de l'importance de la représentativité, d'avoir des modèles. Et vous avez eu vos propres modèles pour vous inspirer sur vos chemins respectifs. Mais aujourd'hui, on en parlait, vous êtes toutes les deux des modèles vers qui les personnes de votre communauté se tournent. Comment vous vivez le fait de devoir, j'imagine, montrer l'exemple un peu, 24 heures sur 24 quasiment ? Comment vous le vivez ?
- Speaker #1
Moi, je pense que ce que je me dis dans ma tête, c'est qu'à la fin de la journée aussi, c'est important. Je pense que le Canada m'a énormément appris sur l'individualité. C'est de se mettre en avant. Je pense que je viens d'une communauté extrêmement sociale où, genre, comme on prend soin l'un de l'autre, on fait attention à ce qu'on fait parce qu'il y a les voisins, il y a la famille, etc. Mais je pense que... Mon mindset actuellement, c'est vraiment qu'à la fin de la journée, c'est moi avec toutes mes identités. Puis s'il y a d'autres personnes qui se voient en moi, tant mieux qu'ils puissent se dire que tout n'est pas perdu et qu'ils peuvent se donner les moyens pour atteindre leur but, qu'ils peuvent se donner les moyens pour réaliser leurs rêves. Mais c'est sûr que moi, en arrivant à Québec, je n'ai pas vu de femmes trans noires. Je n'en ai pas vu au devant de la scène. Puis, les femmes qui m'ont inspiré, c'est les femmes de chez moi, c'est les femmes d'Afrique, les femmes qui se battent, qui se donnaient à 100%. Je dis ça, je pense à ma grand-mère, je pense à ma mère aussi, malgré qu'on a une non-perception, la façon dont on voit les vies sont extrêmement différentes. Mais c'est une femme forte qui s'est battue pour sa famille, qui s'est battue pour ses enfants, ma grand-mère aussi. Donc ça, c'est des personnes qui m'ont beaucoup inspiré. influencé à être la femme que je suis aujourd'hui. Puis en arrivant ici aussi, je pense que même, mis à part en arrivant ici, en regardant les réseaux sociaux, en regardant la télé, les femmes comme Beyoncé, genre comme des femmes noires qui se sont battues, qui se sont mises au devant de la scène, malgré que la société n'était pas faite pour des femmes comme elles. Ça, ça m'a beaucoup inspirée. Puis je pense que je ne vais pas m'autoproclamer genre comme, oh, je suis... regarder ce que je fais puis faites-le. Mais je suis genre comme à la fin de la journée, je veux juste que les gens puissent se dire que c'est possible, que les gens qui sont immigrants, qui sont des femmes trans, qui sont noires, que se disent que comme, oui, on peut rêver, puis on peut aspirer à de grandes choses, peu importe ce que l'on représente, peu importe ce que l'on est. Donc moi, qu'est-ce que je fais, c'est que je fais ce que j'ai à faire pour que mes rêves se réalisent. Puis si au bout de mon chemin, d'autres se sentent inspirés, d'autres pensent que c'est possible, puis d'autres prennent exemple sur moi, tant mieux.
- Speaker #0
C'est presque comme passer le relais. Des femmes, des personnes t'ont inspiré sur ton chemin. Maintenant, tu redonnes aussi à celles et ceux, toutes les personnes qui ont besoin de ça sur leur chemin à leur tour. Et toi, Victoria ?
- Speaker #2
Moi, de mon côté, comme Dupré le mentionnait plus tôt, la position dans laquelle je suis aujourd'hui, je considère qu'effectivement, c'est venu avec énormément de travail et des sacrifices. D'une autre part, j'ai vraiment conscience que de prendre la parole pour une communauté, entre guillemets, ça vient avec une grosse responsabilité aussi. C'est un privilège, en fait. C'est aussi un privilège de se retrouver dans cette posture-là où est-ce qu'on peut... peut prendre la parole et qu'on est entendu. Il y a plein de personnes qui n'ont pas les moyens effectivement de se faire entendre pour toutes sortes de raisons. Alors, sans dire que je me mets cette pression-là sur les épaules d'être parfaite, c'est sûr que pour moi, je mets quand même tout un point d'honneur à bien représenter les personnes trans puis surtout dans les espaces où on est entouré justement, ou je suis entouré de personnes qui ne sont pas trans et qui n'ont pas ma réalité, parce que je sais que ma présence dans certains espaces va laisser une trace, une impression sur ces gens-là. Et je me dis, je veux en fait que ces gens-là, évidemment, gardent une bonne impression de ce que c'est de côtoyer une personne trans, parce que c'est comme ça, je pense en fait, qu'à terme, je ne serai pas la seule dans ces espaces-là non plus. Il y a plus de portes qui vont s'ouvrir à nous. On va arrêter de, justement, inviter une personne trans pour cocher une case, puis on va se dire, bien, c'est naturel d'en inviter parce qu'on veut avoir leur point de vue, on veut avoir leur opinion. Alors, moi, c'est vraiment ça que je pense tout le temps. Puis encore là, évidemment, même en tant que personne trans, il prédisait, mais on est toutes différentes, là, en tant que femme trans, par exemple. Et c'est sûr que ma façon de faire ne correspondra pas à toutes les personnes trans. Donc, je fais du mieux que je peux, évidemment, avec les outils que j'ai, les capacités que j'ai. Mais j'ai aussi conscience qu'il y a certaines personnes trans qui vont peut-être se dire, « Moi, je ne suis pas d'accord avec la façon dont elle fait ça et ça et ça. » D'un autre côté, c'est ça, sans essayer de plaire à tout le monde, je pense que quand on se retrouve à prendre la parole pour une communauté qui est stigmatisée et encore marginalisée, Il y a vraiment cette responsabilité-là. En fait, je pense qu'on doit être consciente de la portée ou de l'impact de notre voix.
- Speaker #1
Puis aussi, tout en... Je pense que c'est important aussi d'être authentique parce que je n'ai pas envie d'être une autre personne pour plaire à un tiers de personnes. Et c'est pourquoi je disais tantôt que c'est important que je sois moi, que je garde mes bases. C'est ma perception des choses. Comment est-ce que j'analyse ? Comment est-ce que je vois les choses ? Et c'est la raison pour laquelle des fois, c'est dur d'être au devant de la scène parce que ça vient avec son lot de pression. Comment est-ce que les gens vont le percevoir ? Est-ce que je vais être jugé ? Je dois travailler plus ou je dois me donner encore plus pour éviter de tomber parce que je n'ai pas envie que les gens se disent comme, OK, another one. Parce qu'il y a déjà des stéréotypes, des biais qui sont présents. On le sait, on le voit. Puis on fait de notre possible pour pouvoir les déconstruire par rapport à nous, qu'on se dise que comme, oh, mais il y a des nuances envers les personnes trans. Puis des fois aussi, je pense que d'être visible, ça vient aussi avec son lot, même quand on ne parle pas d'identité, même quand tu es une personne lambda et que tu es privilégié et tout le fait que... d'être au-devant de la scène, ça vient avec son lot d'effets négatifs. C'est juste que la nature est différente par rapport à nous, ou genre comme la pression, on commence avec vraiment énormément de freins, mais à la fin de la journée, le résultat est littéralement la même chose. Ça veut dire que tu ne peux pas plaire à tout le monde, tu vas être critiqué, tu vas... On va t'insulter sur les réseaux sociaux, on va te DM. Et c'est le lot de choses qui viennent avec le fait d'être visible. Parce qu'on s'en rappelle, puis on en parlait avec une de nos sœurs trans, et disait, oh, ça me manque le temps où on ne connaissait rien des personnes trans. Genre comme auparavant, je marchais dans la rue, on m'appelait Madame. Maintenant, les gens m'appellent Monsieur parce qu'ils le font exprès, parce qu'ils savent c'est quoi être trans, parce qu'il y a une visibilité. Donc, cette visibilité des personnes trans qu'on veut, et c'est la raison pour laquelle on se met en avant, ça vient aussi avec son lot parce que beaucoup de personnes maintenant savent c'est quoi être une personne trans. Et ça attise aussi beaucoup de haine le fait qu'on soit visible. Puis, c'est les risques qui viennent avec la visibilité. Puis, moi, personnellement. Je l'accepte. C'est le chemin que j'ai choisi. Puis je vais dealer avec tous les aspects qui viennent avec cette visibilité-là. Tout en essayant d'être authentique et d'être moi, puis de faire ce que j'ai à faire. Aussi longtemps que quand je dors la nuit, j'ai la conscience tranquille. C'est juste ça qui est important pour moi. Je sais que je ne peux pas faire l'unanimité. Et l'unanimité, c'est dans tout. Je suis personne noire, mais je ne fais pas l'unanimité pour faire des personnes noires. Les personnes noires vont ne pas m'accepter dans la communauté noire parce que je suis une personne trans. Ça peut aussi faire pour les personnes trans, genre comme des fois c'est difficile parce que je suis noire. Donc c'est-à-dire qu'il y a plusieurs facettes de notre personnalité, de nos identités qui font en sorte que ça peut être problématique pour un tiers de personnes et c'est correct.
- Speaker #2
J'ai... Elle a totalement raison, Dupré. En fait, je pense qu'au cours des dernières années, je vais parler vraiment dans le contexte du Québec, parce qu'évidemment, c'est celui que je connais le mieux, mais les personnes trans, pendant des années, ont vécu dans l'ombre de la société, vraiment en marge de la société. Et je pense que ce besoin-là, justement, d'émancipation, d'être davantage visible, entendu, reconnu, on veut prendre la parole, on veut être entendu sur nos réalités. nos enjeux, nos besoins, on se bat pour nos droits. C'était hyper important. Donc, il y a eu cette première vague-là où est-ce que vraiment l'objectif, c'était de sortir de la marge. Je pense qu'au cours des dernières années, il y a vraiment eu, justement, beaucoup plus de visibilité des personnes trans, des enjeux qu'on vit. On est davantage entendus, les médias nous tendent le micro plus facilement qu'avant aussi pour parler de nos réalités. Et ça, c'est hyper précieux. Je pense que c'était vraiment nécessaire. Après ça, c'est sûr qu'il y a une grande période de transition, pas pour faire des jeux de mots, mais il y a une grande période d'adaptation du reste de la société, en fait, où c'est un couteau à double tranchant. Cette visibilité-là vient évidemment avec aussi son lot d'inconvénients, notamment une recrudescence de la haine, de la violence, de la stigmatisation. parce que, effectivement, les gens ont conscience qu'on existe et donc se disent, il y a certaines personnes qui se disent, moi, je ne veux pas que ça existe, et là, on voit ce que ça donne. Donc, je pense qu'on est dans cette période-là, à l'heure actuelle, de stabilisation, j'ai envie de dire, en tout cas, moi, c'est comme ça que j'aime le voir, mais de transition où les gens s'adaptent à nous voir dans l'œil public, en fait, à notre présence, justement, pas juste dans l'ombre. On est là, on existe et nous, en fait, même dans le contexte actuel, on ne veut pas retourner dans la marge de la société. C'est hors de question de retourner en arrière. Je pense aussi qu'au Québec, en fait, il y a eu des avancées, évidemment, sur le plan légal au cours des dernières années. Il y a certaines choses qui restent à aller chercher. C'est évident. Par contre, je pense que ce qui contribue à cette espèce de sentiment-là que nous, on a en ce moment, où ce qu'on vit, c'est qu'il y a eu une acceptation légale beaucoup plus précoce que l'acceptation sociale. Et donc, il y a un décalage en ce moment entre les droits qu'on a comme personnes trans au Québec et l'acceptation, l'acceptabilité sociale de notre existence. Donc, on doit essayer de rapprocher, en fait, je pense, ces deux, ce creux-là, finalement. Et vraiment amener les gens à comprendre qu'on a le droit, nous aussi, d'exister. On a des droits, en fait. On a des droits qui sont protégés par nos chartes, notamment, par diverses lois. Et donc, on a toute la légitimité, nous aussi, d'exister dans le public.
- Speaker #0
On a parlé encore une fois de l'importance des alliés, on a parlé de l'importance de la représentativité. Tu parlais aussi, toi, du prix de... de comment tu ne peux pas faire l'unanimité, puis tu es OK avec ça, puis tu avances. Quoi d'autre vous aide à continuer de marcher ce chemin que vous marchez ?
- Speaker #1
Je pense l'espoir. Je pense que c'est ce qui nous anime le plus. C'est-à-dire que moi, à la fin de la journée, je suis genre comme, tout ce que je fais a du sens parce que j'aspire à voir la lumière au bout du tunnel. J'aspire à réaliser mes rêves. Je pense que c'est l'espoir, mais c'est aussi la résilience. Puis, il y avait une phrase que j'avais dit, c'est que des fois, on a fait tellement de chemin que retrousser nous est impossible. Parce que des sacrifices ont été faits. Je ne peux plus revenir en arrière. Il y a eu un pont qui s'est créé avec ma famille, avec des personnes que j'ai aimées, avec des personnes avec qui j'ai grandi. Au nom de ma liberté, au nom de ma personne, c'est impossible de repartir ou de retrousser le chemin parce que ça ne va jamais revenir comme c'était auparavant. Donc, tout ce qui m'anime, tout ce qui... Tout ce qui me fait vivre, c'est l'espoir. C'est-à-dire que oui, je travaille fort. Oui, ce n'est pas évident. Oui, c'est difficile. Mais je suis optimiste et je me donne les moyens de dire que j'ai envie d'être cette personne-là. Puis j'ai conscience de comment ça peut être difficile. Mais aussi, j'ai conscience qu'à la fin de la journée, ce sera une satisfaction personnelle. Puis je pourrais dire que comme... OK, le jeu a envalué la chandelle. Oui, ça n'a pas été évident, mais je me suis donné les moyens, je me suis battue. Je n'ai pas retroussé chemin. J'ai été persévérante et j'espère qu'un jour, je pourrai me regarder dans le miroir et regarder derrière moi. Puis, je le fais même actuellement. Je me répète tout le temps que je suis fière de moi. Des fois, je fais des rétrospections avec ma personne, puis je me dis, oh God. Puis je suis genre comme, je suis fière de moi, je suis fière de la femme que je suis devenue. Parce qu'il y a des événements de ma vie qui se sont passés, qui ont pu, qui auraient pu m'enterrer. Des moments où j'étais à terre, des moments qui étaient vraiment extrêmement compliqués. Et je n'ai jamais lâché. Je me suis donné les moyens, je me suis relevé. Parce qu'à la fin de la journée, je me suis rendu compte que je n'ai pas de plan B. Je suis mon plan A et je suis mon plan B. Donc, il n'y a personne derrière moi qui peut me rattraper si je tombe vraiment. Je n'ai pas le droit de me faire ça à moi-même après tout ce que j'ai enduré. Et je n'ai pas aussi, je pense aussi quand on parle de représentation, je n'ai pas envie aussi que des personnes qui m'envoient leurs DM, qui me soutiennent et tout, je n'ai pas envie aussi qu'ils sentent que comme, elle a laissé tomber. Je ne peux pas leur faire ça à, je ne peux pas me faire ça à moi, mais je ne peux pas aussi leur faire ça à. À ces personnes-là, je pense que c'est un lot de plein de choses, plein d'aspects, plein de décisions de ma vie qui font en sorte que je tiens, puis je continue, puis je persévère. Puis à la fin de la journée, que ça peut prendre autant de temps, 5 ans, 10 ans, 20 ans, j'y crois. Puis je sais qu'un jour, je vais m'asseoir, puis je vais genre comme, OK, we did it. Et quand je dis we did it, c'est moi, ma personne. Voilà.
- Speaker #0
Puis c'est quoi ton rêve ? C'est quoi que tu vois devant qui te permettra de dire, c'est quoi que tu vises ?
- Speaker #1
Le bonheur. Je pense que ça résume tout. Le bonheur d'avoir une carrière. En tant qu'entrepreneur, j'ai envie d'avoir une entreprise qui roule, qui marche super bien. J'ai envie d'être heureux. J'ai envie d'avoir des belles personnes autour de moi, des amis. J'ai envie de fonder une vie de couple. J'ai envie peut-être de fonder une famille. Je pense que j'aspire tout. Ce que j'aspire, c'est vraiment tout le commun des mortels. C'est de vivre heureux, d'avoir le bonheur, de réussir. Je pense que des fois, c'est genre comme, les gens sont comme, oh my God, mais c'est tellement à la portée. J'aspire tout ce que personne qui naît, qui grandit dans une société aspire. Le bonheur, la réussite.
- Speaker #0
Victoria ?
- Speaker #2
Dans mon cas, ce qui me porte le plus, ce qui me motive, ce qui me donne la volonté, je pense que c'est vraiment le sentiment de collectivité. On le mentionnait un peu plus tôt, mais en occupant une posture justement où est-ce qu'on est plus visible peut-être que le reste des personnes de nos communautés, on peut s'exposer à de l'haine, à de la violence davantage. je pense que de me sentir soutenu et porté en fait par le monde. Un mouvement qui est plus grand que moi, une communauté, ça m'aide vraiment à faire face à ça. Je ne vais pas dire que je me sens invincible face à ça, mais ce n'est vraiment pas quelque chose qui m'empêche d'avancer. Je l'accepte, en fait, ce qui est peut-être triste à dire, mais je l'accepte parce que je vois, en fait, justement tout ce qu'on a à donner. Les gens, en fait, qui nous soutiennent aussi ont vraiment, je pense, espoir en nous. Et ça, ça me porte.
- Speaker #0
En parlant de force du collectif et de la collectivité, tu es donc à DG de l'Association des trans du Québec. Est-ce que tu veux nous en parler un petit peu de ce que c'est, de sa mission ?
- Speaker #2
Avec plaisir, oui. Donc, Aide aux trans du Québec, ATQ, c'est un organisme qui célébrait son 45e anniversaire d'activité en 2025. C'est l'une des plus vieilles organisations par et pour les personnes trans au Canada, à notre connaissance. L'une des premières au Québec. Évidemment, pendant des années, ça a été soutenu uniquement par des personnes bénévoles de la communauté. Il n'y avait pas de fonds, il n'y avait pas une équipe comme on est aujourd'hui avec toute la gamme de services qu'on a. Mais donc c'est Marie-Marcelle Godbout, comme je le disais précédemment, qui a lancé cette initiative parce que, et je vais la rencontrer rapidement, cette anecdote qui me fait toujours sourire, Marie-Marcelle, ça a été l'une des premières personnes trans à prendre la parole dans les médias au Québec. pour parler de nos réalités, puis finalement sensibiliser la population générale. Et dans une entrevue qu'elle donnait dans les années 70-80, justement, il y a une personne qui lui a demandé, est-ce qu'il existe des ressources pour les personnes comme vous, en fait, au Québec ? Et à ce moment-là, il n'y en avait pas. Et Marie-Marcelle, sur un coup de tête, a donné son numéro de téléphone. Ce qui est devenu, en fait, notre ligne d'écoute avec le temps. Pendant des années, c'était vraiment quelque chose qui était porté par elle, puis d'autres personnes trans à ses côtés, mais c'est-à-dire qu'elle répondait à des appels dans sa cuisine, à toute heure du jour et de la nuit. Et éventuellement, avec le temps, ça s'est professionnalisé comme service, évidemment. L'année dernière, aujourd'hui, en fait, on a une chargée de la ligne d'écoute et des bénévoles. Donc c'est un service qui est maintenu par des bénévoles de nos communautés qui sont formés. et qui ont cette volonté-là, finalement, d'offrir une écoute active à toutes les personnes trans non-binaires. Mais aussi, on a des appels de plein de personnes, en fait, de la population générale. Parfois, c'est des professionnels de la santé qui nous téléphonent. Parfois, c'est des membres de l'entourage d'une personne trans parce que ces gens-là souhaitent mieux comprendre, justement, ce que vivent, par exemple, leurs enfants. Donc, c'est un service qui est disponible de 9h à 21h, 7 jours sur 7. On a plusieurs services aussi d'aide directe à nos communautés, donc des rencontres d'aide psychosociale. On a lancé l'année dernière un premier programme d'aide à l'emploi spécifiquement dédié aux personnes trans. On organise aussi des événements en personne, on a des collaborations, on a des partenariats. Donc on a vraiment beaucoup de services comme petite organisation.
- Speaker #0
Oui, puis évidemment, on mettra... le lien vers le site web de l'association, puis le numéro de la ligne directe aussi, pour que chaque personne puisse vous contacter facilement. Et je suis curieuse de savoir peut-être, qu'est-ce qui attend la TQ prochainement ? C'est quoi les actualités qu'on peut suivre ?
- Speaker #2
En fait, on entre dans une grande période pour nous, puisque le 31 mars souligne la Journée internationale de la visibilité trans. qui est une journée qui est observée un peu partout à travers le monde par les communautés trans. C'est une journée qui a vraiment pour objectif de mettre en lumière, en fait, notre existence, nos acquis, puis en même temps de mettre en lumière aussi ce qu'il reste à faire. On organise tout le temps des initiatives lors de cette journée, tant pour notre communauté que prendre la parole aussi, en fait, pour mettre de l'avant nos revendications et tout ça. Puis c'est à suivre, mais en avril-mai, il y a plus d'informations qui s'en viennent là-dessus. On va tenir la 20e édition du Festival Fierté Trans, qui est aussi un événement incontournable pour nos communautés qui a lieu à Montréal depuis plusieurs années.
- Speaker #0
Et pour les personnes qui nous écoutent actuellement, qui ont l'élan de faire plus, peut-être, on parlait encore une fois de l'importance d'être alliés, mais qui ne sauraient pas par où commencer. Vous leur conseilleriez quoi de commencer comment ? pour soutenir la cause de la communauté trans.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a plusieurs façons de soutenir. C'est-à-dire que je pense qu'ATQ a aussi sur leur site un lien pour des dons, pour les personnes qui veulent faire des dons. Est-ce que tu veux en parler ?
- Speaker #2
Absolument. Évidemment, on va prendre tous les dons. C'est vrai, en fait, que les dons individuels des gens qui veulent contribuer à notre cause et soutenir notre travail, ça fait toute une différence, surtout dans le contexte économique actuel qu'on connaît. Vraiment, c'est des dons qui servent à... à financer directement notre intervention auprès de personnes qui en ont vraiment besoin. Il y a vraiment une hausse des demandes, notamment depuis les deux dernières années, pour tout ce qui est du soutien individuel. Il y a beaucoup de personnes trans, malheureusement, qui vivent de l'isolement, de la discrimination en milieu de travail, par exemple, ou qui viennent nous voir et qui ont vraiment besoin de parler. Alors, ces dons-là font une réelle différence.
- Speaker #1
Puis moi, en tant qu'entrepreneur, je dirais aussi que Merci. Oui, j'ai lancé depuis deux ans maintenant ma marque de maquillage. Je suis la première femme trans noire à avoir sa marque de cosmétique ici au Québec, au Canada aussi. Puis la façon de me soutenir, c'est vraiment, je fais des événements. Il y a un événement qui s'en vient en avril. Je fais aussi un événement d'été. Cette année, on avait fait Noël chez du Prélateur Cosmétique avec ATQ. Donc, j'ai comme trois événements annuels que je fais tout le temps avec du Prélateur Cosmétique. Je propose des maquillages personnalisés. Je donne des cours de maquillage, que ce soit en perso ou en groupe. J'ai aussi une option dans mon maquillage qui s'appelle la beauté identitaire, dédiée vraiment aux personnes trans qui veulent utiliser le maquillage comme outil d'expression personnelle, artistique, confiance en soi. Parce que ma marque aussi, le maquillage aussi, je voudrais mettre en avant l'importance de la santé mentale. qui vient directement avec la confiance en soi que peut procurer le maquillage. Et c'est pourquoi le maquillage est catégorisé dans bien-être, parce que ça procure, et il y a beaucoup de personnes qui vont me dire comme, « Oh, on n'est pas à l'aise d'aller à Sephora parce que peut-être que des gens ne vont pas comprendre nos réalités en tant que personnes trans, les techniques, nos besoins aussi. » Puis j'offre aussi ce service-là au sein de mon entreprise. Puis c'est ça, genre comme, allez-y sur le site du Prédateur cosmétique, Les produits sont là et ils sont disponibles pour toutes les teintes. Puis si vous avez besoin de conseils, d'aide, d'accompagnement pour le maquillage aussi, je suis là. Puis j'ai des amis qui sont bénévoles, des personnes qui sont bénévoles, qui me soutiennent et qui m'aident aussi à travers tout l'aspect de l'entreprise.
- Speaker #0
Oui, on mettra évidemment tous les liens dans la description du podcast aussi pour te retrouver. Puis suivre aussi les actualités, les événements dont tu parlais. Vous êtes aussi toutes les deux actives sur Instagram pour une belle source d'inspiration et de motivation quotidienne.
- Speaker #2
J'ajouterais aussi que dans le contexte actuel, pour être un allié, une alliée, je pense que ça commence vraiment dans les actions qu'on peut le plus sous-estimer. Notamment quand on entend des propos qui peuvent être douteux, en fait, sur les personnes trans. C'est de dire « Ah ben non » Moi, j'ai lu la semaine dernière que telle personne, et je pense que de prendre la parole sans confronter nécessairement, mais parfois juste de dire « Ah, bien moi, je connais une personne trans et pourtant, c'est une personne super aimable. » Mais je pense que vraiment de miser sur ce genre de... sur notre humanité commune, j'ai envie de dire, ça déstabilise plus que la confrontation. Et je pense que de ne pas rester silencieux, c'est super important pour contrer... le mouvement notamment des désinformations qu'on voit en ce moment sur les personnes trans.
- Speaker #0
Absolument, absolument. Et comme on le disait tout à l'heure, c'est souvent dans l'intimité que ça se joue. En tout cas, oui, c'est souvent dans l'intimité que ça se joue. Et donc, de prendre la parole en premier lieu dans l'intimité de nos propres communautés et de remettre les choses à leur place à chaque fois qu'on peut le faire. Pour conclure cette belle conversation, j'ai peut-être une dernière question pour chacune d'entre vous. S'il y avait un conseil ou un message que vous aimeriez passer, que ce soit aux personnes qui nous écoutent et qui ne se sentiraient pas à leur place aujourd'hui dans leur vie, en elles-mêmes, ce serait quel message que vous aimeriez leur passer ?
- Speaker #1
Je pense que le message que j'aimerais passer, je pense que tout est question d'amour propre, c'est-à-dire aimez-vous. C'est la base de tout et confiance en votre personne. Quand on s'aime, quand on connaît nos valeurs personnelles, c'est une bonne base pour pouvoir sortir et affronter le monde. Donc aimez-vous si... Puis persévérer, la vie n'est pas facile, puis personne n'a dit que ça l'était. Donc c'est sûr qu'on va rencontrer des péripéties, on va faire face à plusieurs obstacles dans nos vies, mais
- Speaker #0
Ne lâchez pas, donnez-vous les moyens, allez trouver de l'aide, cherchez de l'aide. Actuellement, il y a énormément d'organismes, mais il y a aussi énormément de personnes qui sont, qui prennent la parole des organismes qui sont là, des lignes d'écoute qui sont là. Allez-y, approchez-vous de ces ressources-là, puis aimez-vous. Je pense que c'est la base de tout, genre comme, regardez, prenez le temps de vous regarder dans le miroir. puis apprécier ce que vous voyez.
- Speaker #1
Moi, je me suis retrouvé dans cette situation où je ne me sentais pas à ma place et j'avais le sentiment, au début de ma transition, en me lançant dans le vide, que ma vie allait être insoutenable, vraiment. Je pensais que ça allait être une vie parsemée de lutte et finalement, évidemment, ça en fait partie, mais il y a aussi beaucoup de beauté. Et le bonheur existe pour les personnes trans. Et en ce moment, on a vraiment le vent de face, les personnes trans. Mais j'ai envie de dire à toutes les personnes qui seraient en questionnement ou qui se reconnaîtraient là-dedans, de ne pas se fier à tout ce qu'on entend, justement. Il faut s'écouter de nous. Et souvent, ce qu'on entend, c'est les personnes qui parlent le plus fort. Mais les personnes qui parlent le plus fort ne font pas toujours partie des... plus grands groupes. En ce moment, il y a des groupes qui véhiculent effectivement des messages haineux envers les personnes trans et tout ça. Ils sont très vocales, mais ils ne sont pas nombreux. Donc, on ne doit pas s'imaginer que toute la société est contre nous et qu'effectivement, on s'expose juste à une vie par somme et de lutte quand on débute une transition. Ce n'est pas vrai.
- Speaker #2
Merci tellement à toutes les deux pour... votre présence et votre engagement à porter haut et fort vos valeurs personnelles et montrer la voix à tellement de gens. On parlait de beauté, vous êtes toutes les deux belles, autant de l'intérieur que de l'extérieur. Je me sens privilégiée d'avoir passé ce moment avec vous. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #2
Merci infiniment d'avoir passé ce moment avec nous. Si cet épisode t'a inspiré, dis-moi pourquoi en commentaire ou en message privé. Partage-le autour de toi et laisse un avis et des étoiles sur ta plateforme de podcast préférée. Grâce à ces simples gestes, tu permettras au podcast et à mes invités de rayonner et d'inspirer plus de monde. Pour ne manquer aucun épisode, abonne-toi sur la plateforme de ton choix. Et si tu veux en savoir plus sur moi et mon parcours, toutes les informations sont en description du podcast. On se retrouve chaque premier jeudi du mois. Et d'ici là... Je te souhaite de rester à l'écoute d'autrement.