- Speaker #0
Nous sommes allés à la rencontre d'anciens patients et de professionnels du centre de rééducation fonctionnelle de la Fondation Ellen Poidatz à Saint-Fargeau-Ponthierry, dans le sud de la Seine-et-Marne, lors d'une journée de retrouvailles organisée pour raviver les souvenirs et partager les moments de vie passés au sein de l'établissement. Au fil des échanges, nous avons recueilli de précieux témoignages sur leur enfance et leur adolescence au CRF et à l'IUM de la Fondation. Une journée empreinte d'émotions, de partage et de mémoire collective. Je vous invite à écouter ces récits sincères, chargés d'humanité et de sens. Bonjour, je m'appelle Aline Dufour, je suis infirmière coordinatrice de santé et aujourd'hui je vous présente le podcast de la Fondation Poidatz. Je te laisse te présenter et me dire durant quelle période tu étais à la Fondation.
- Speaker #1
Je m'appelle Jérôme, je suis arrivé en septembre 2002 à la Fondation Poitat, j'ai 28 ans. Je suis arrivé déjà en fauteuil manuel, donc pour moi c'est quand même important de préciser, c'était assez atypique. Des personnes qui avaient des physiques complètement différentes, des capacités différentes. Et pour moi, j'ai eu toute une évolution. Parce que c'est ici que j'ai appris à conduire mon fauteuil électrique. J'ai eu mon fauteuil électrique. C'est ici que j'ai marché. Au tout début, je me déplaçais avec une flèche, en fait. Donc, je marchais dans les couloirs, etc. J'ai passé plein d'étapes. La première copine. C'était, on peut dire, toutes les premières fois, entre guillemets. Donc, oui, c'est toujours un plaisir de revenir aux sources.
- Speaker #0
As-tu un souvenir marquant ou un moment fort à partager ?
- Speaker #1
Il y en a beaucoup, mais je pense que celui qui m'a le plus marqué aujourd'hui, je dirais, je pense que c'était avec mon kiné, avec Laurentin, qui avait toujours des idées un peu folles et qui m'a dit non, non, il faut que tu sois déterminé, donc on se faisait tout le tour de la fondation, donc lui me portait en dessous des bras et donc je devais marcher. Et un jour il m'a dit écoute, là je te mets sur le mur et c'est simple, tu vas travailler ton équilibre. Il n'y a pas le choix en fait si tu... Je suis à côté, mais en fait là, si tu perds l'équilibre, tu tombes par terre. Donc en fait, dans ta vie de tous les genres, c'est exactement ça. Tu tombes et voilà, c'était très centralisé sur le scolaire, sur l'école. Moi, j'étais plutôt sport. Mais les deux aussi se mariaient, donc je suis plutôt content d'avoir eu, je dirais, et cette rééducation et ce parcours d'études pour faire ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #0
Et maintenant, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Après la fondation, moi j'ai toujours voulu jouer au foot fauteuil, donc je suis allé au lycée Toulouse-Lautrec de Vaucresson, et c'est là où j'ai pu faire du foot fauteuil, c'était mon rêve. Et à Vaucresson, ici, ce n'était pas possible. Donc voilà, j'ai fait des études, je fais un DUT en animation sociale, et puis j'ai fait un master en management du sport. Et aujourd'hui, je travaille dans une association qui s'appelle Nouveau Sport, et je suis fondateur de cette structure qui mélange des personnes. qui sont porteuses de handicaps multiples et des personnes qui n'ont pas de handicap. Donc forcément, je pense que le passage à la Fondation a été aussi un tremplin pour pas mal d'idées que d'autres n'ont pas.
- Speaker #0
Selon toi, qu'est-ce qu'il faudrait garder à la Fondation ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui devrait être gardé ? Je dirais l'histoire déjà. Ça c'est une chose, les parcours de vie des gens. Et puis surtout, que les anciens. viennent auprès des éducateurs, auprès des aides-soignants, auprès de professionnels. Parce que je pense qu'il y a la sécurité qui est importante, mais il y a aussi l'âme, l'esprit. Et en fait, avec la sécurité, on bride ça. Et c'est hyper important de garder conscience que ce sont des enfants avant tout, et de ne pas perdre cette âme-là.
- Speaker #0
Comment perçois-tu le handicap ?
- Speaker #1
C'est quoi le handicap ? Pour moi, le handicap, c'est tout simplement une situation, une difficulté. à un moment donné dans sa vie dans lesquels voilà... la personne n'est pas adaptée soit à la société, soit à la situation. Donc voilà, c'est très vaste. Ça peut être dans la cuisine, comme ça peut être dans les transports, comme ça peut être dans plein de choses de la vie. Donc c'est une difficulté à un moment T.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté ce podcast et à très bientôt pour la suite.