- Speaker #0
Très tiens audacieux,
- Speaker #1
un podcast proposé par Portes Ouvertes. Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de notre podcast. Exceptionnellement aujourd'hui, je ne suis pas accompagnée d'Aline, ma co-animatrice. Je suis toute seule, mais pas vraiment parce que j'ai une invitée, Loïs, qui est aussi ma collègue au sein de Portes Ouvertes. Salut Loïs, je suis contente de t'accueillir dans le podcast.
- Speaker #0
Bonjour Rebecca, je me réjouis de passer ces moments avec toi et de partager quelques souvenirs de... Cette semaine inoubliable qui m'a beaucoup marquée l'année dernière.
- Speaker #1
C'est vrai que tu as été invitée dans le podcast pour partager des souvenirs de voyage. C'était une semaine que tu as passée la semaine dernière quelque part du côté de l'Asie centrale. Les auditeurs, je ne sais pas si ça vous parle, l'Asie centrale, c'est ces pays comme Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kyrgyzstan, j'en oublie ?
- Speaker #0
Oui, effectivement. T'as oublié, par exemple, le Turkménistan. Et malheureusement, c'est devenu un pays très difficile d'accès. On avait pensé aller là-bas et puis on a dû reculer parce que c'était devenu trop dangereux pour les gens qu'on aurait visités. Et puis on l'appelle même la Corée du Nord d'Asie centrale. Donc, ce n'est pas là qu'on est allé, c'est dans un autre pays, mais en Asie centrale.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai qu'actuellement, tous les pays d'Asie centrale apparaissent. Sur l'index mondial de persécution que Portes Ouvertes publie, ça veut dire que c'est vraiment une région dans laquelle les chrétiens sont discriminés, mis sous pression, persécutés. On va en parler un petit peu avec toi. Par exemple, au Kyrgyzstan, ce pays-là est classé 40e, le Tadjikistan, 27e, le Turkmenistan, 35e, l'Ouzbékistan, 25e, le Kazakhstan, 45e. Et puis avec Loïs aujourd'hui, on va se laisser interpeller sur la manière dont nous, on vit notre attachement à Jésus au quotidien, sachant que ces chrétiens-là qu'elle a visités, eux, sont mis sous pression pour leur foi. Alors Loïs, je voulais te poser une première question. Quand tu repenses à ce voyage, quel visage, quelle scène ou quelle rencontre te reviennent en mémoire en premier ?
- Speaker #0
En tout premier, je vois... toujours les premières personnes qu'on a rencontrées là-bas. C'était en particulier ce monsieur qu'on a pris en voiture pour qu'il nous raconte son témoignage dans la voiture, pour que ça ne soit pas dangereux ni pour lui, ni pour notre chauffeur. Et il nous a raconté comment il a rencontré Dieu dans une prison grâce à son co-détenu qui priait pour lui. Et c'est un homme, mais il n'arrêtait pas de sourire. C'était impressionnant la joie. Et il avait... J'avais tout envie de parler de Jésus, c'était vraiment sa raison de vivre, sa raison d'exister, parler de Dieu aux autres, partager l'Évangile. Il avait même guéri des malades en prison, il avait eu un grand ministère avec cet autre, co-détenu de guérison. Et ce qui m'a beaucoup frappée, c'est cette joie. Un monsieur, il était tout le temps en train de sourire, toujours en train de dire du bien, toujours en train de remercier Dieu. C'est vraiment impressionnant l'amour de Dieu qui l'a transformé.
- Speaker #1
C'est impressionnant que vous ayez eu affaire avec des personnes qui avaient vécu des miracles aussi, et qui étaient remplies de joie et d'envie d'évangéliser, d'envie de témoigner tout le temps. J'essaie d'imaginer tout ça. Et puis, qu'est-ce qui t'a surpris peut-être ou marqué, au-delà peut-être de ce premier témoignage ou de cette première personne-là ? Plus généralement, dans la manière dont les chrétiens vivent leur foi là-bas. Est-ce que ça ressemble à ce qu'on a ici, ou est-ce que quand même le contexte est marqué par la persécution, ou ce qu'on appelle justement ces pressions, ces discriminations ? Comment c'est ?
- Speaker #0
Je trouve ce qui était frappant, c'est de les voir vivre leur foi. Alors ils nous disent que c'est dangereux, qu'ils font attention, qu'ils se méfient, qu'ils... Mais ça ne les empêche pas de parler, ça ne les empêche pas d'être joyeux. Et c'est cette balance entre prendre des risques pour l'évangile et être sage quand même, être prudent, qui m'a beaucoup impressionnée. Ils ne veulent pas arrêter de parler de Dieu. Pourtant, ils savent, ils savent qu'ils vont aller là, ça va être dangereux, il faut faire attention. Mais ce n'est pas grave, ils y vont, ils parlent de Dieu, ils répandent l'évangile. Ils font du bien, ils chantent, ils prient ouvertement. Bien sûr, ils ont fait attention, je pense. C'est vrai que notre guide a vérifié souvent s'il n'y avait pas des caméras, suivant où on était, s'ils pouvaient prier. Il y a plein de petites choses, on sent qu'ils sont toujours sur le qui-vive. On était aussi dans un grand groupe et il nous a dit « Alors la moitié sont des chrétiens, mais on ne sait pas lesquels, donc attention. » Les autres, ils sont peut-être là pour nous surveiller, peut-être certains sont malveillants. Alors voilà, on a parlé de la foi avec lui, il a donné son témoignage, on a rencontré d'autres personnes, il leur a raconté des miracles. Alors, ils racontent ce que Dieu fait pour eux, ils parlent de Jésus, ils parlent de l'amour, etc. Mais on sent quand même qu'ils sont prudents, mais ça n'enlève jamais leur joie. Moi, ça m'a touchée profondément. Cet amour et cette joie qu'ils ont, malgré le... Voilà, le fait de faire attention, d'être prudent.
- Speaker #1
Oui, mais tu dis que c'était plus un peu en filigrane. On fait attention, il y a peut-être des caméras, il y a peut-être des gens infiltrés dans le groupe. Mais est-ce qu'eux-mêmes parlaient ouvertement de persécution ? Parce que moi, dans d'autres récits que j'ai entendus d'Asie centrale, ils disaient que les gens ne parlaient pas forcément du fait qu'ils étaient persécutés. Toi, pendant le voyage, tu te souviens qu'ils parlaient beaucoup de ça ?
- Speaker #0
Alors, eux-mêmes, pas vraiment. un peu discriminés. Ils parlaient plutôt des réfugiés, qui étaient eux vraiment discriminés, qui payaient des loyers plus chers parce qu'ils étaient chrétiens, qui n'avaient pas accès au travail de la même façon parce qu'ils étaient chrétiens, qui étaient rejetés à l'école parce qu'ils étaient chrétiens. Mais plutôt les personnes réfugiées dans ce pays-là.
- Speaker #1
Donc ils voyaient encore des personnes plus touchées qu'eux-mêmes. Ah oui,
- Speaker #0
vraiment.
- Speaker #1
Et c'était le cas. Oui, oui,
- Speaker #0
oui, tout à fait.
- Speaker #1
Et sinon, Alain, Tu as l'air d'avoir rencontré pas mal de monde pendant ta semaine. Est-ce que tu pourrais nous raconter une rencontre qui t'aurait particulièrement touchée ?
- Speaker #0
Je peux dire que c'est la rencontre qui m'a le plus marquée, qui nous a tous marqués, le groupe. Vraiment, quand on est rentrés le soir, on était vraiment marqués. On est allés dans un tout petit appartement, dans un quartier assez... populaire de cette grande ville où on était et on est rentré en deux fois le groupe parce qu'on voulait être assez discret on a tourné dans le quartier en voiture avant de se garer c'était là on a vraiment essayé d'être très discret et les papas d'un de la famille nous a raconté comment il a rencontré dieu commençait à transformer sa vie c'était un homme qui battait sa femme qui était pas gentil avec ses enfants il avait vraiment mauvais caractère s'était reconnu Et puis grâce à son employé qui lui a fait découvrir l'amour de Dieu, il a été complètement transformé et sa femme ne le reconnaissait plus tellement il était gentil avec lui. Et il nous a raconté toute son histoire et comment ils ont monté trois églises depuis qu'ils sont installés là où ils sont maintenant. Et c'est un homme qui était rayonnant et qui était tellement gentil avec sa femme, tellement attentionné, j'avais rarement vu ça. Ils ont trois enfants, cette famille, dont deux jeunes. L'aînée, qui a 18 ans, nous a chanté deux chants qu'elle avait composés, alors que ce sont des enfants qui ne peuvent pas sortir de chez eux parce que c'est beaucoup trop dangereux. Ils prendraient beaucoup trop de risques, donc ils ne vont plus à l'école. Mais c'était une famille rayonnante, avec peu de moyens, qui nous ont reçus comme des rois. On a chanté avec eux, on a prié avec eux. On s'est senti tellement proche d'eux, mais c'était vraiment touchant, cette jeune fille. Les deux jeunes filles de 15 et 17 ans, elles sont actives sur les réseaux sociaux, tout ce qu'elles peuvent pour parler de Dieu là où elles ne peuvent pas y aller physiquement. Donc elles témoignent de leur foi sur Facebook, sur TikTok, sur Instagram. Elles savent très bien qu'elles prennent des risques, qu'elles reçoivent des menaces de mort, mais ça les arrête. pas du tout. Mais je trouvais impressionnant à cet âge-là d'avoir une telle conviction de faire ce qui est juste aux yeux de Dieu. Alors oui, ça les met en danger, mais c'est pas grave. C'était pas le plus important pour elle. Elle compose des quantiques, elle chante avec sa guitare, c'était tellement touchant. On a été complètement pétrifiés à l'écouter, c'était magnifique.
- Speaker #1
Et puis peut-être, par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, la question des réfugiés afghans. Est-ce que vous, vous en avez rencontré vous-même des réfugiés ?
- Speaker #0
Alors cette famille dont je parle, c'est une famille réfugiée. C'est pour ça qu'ils ne pouvaient pas sortir de chez eux, parce qu'ils risquaient d'être expulsés à tout moment. Et puis rentrer chez eux, c'était vraiment prendre un risque énorme. condamné à mort surtout pour le papa Donc ça, c'est pour ça qu'on a pris tellement de précautions. Après, les autres, c'est plutôt, on a rencontré des dames qui travaillaient avec les réfugiés afghans. Une dame et puis sa nièce qui s'occupait de donner des soins post-traumatiques à des enfants et des femmes qui étaient justement réfugiées.
- Speaker #1
Et puis c'est vrai que leur situation à elles ou à eux... et encore beaucoup plus difficiles que celles des chrétiens eux-mêmes. Qu'est-ce qui risque en fait ? Est-ce qu'ils vous ont expliqué un peu ? Alors, ils ne pouvaient pas sortir de chez eux. Le risque, c'est d'être arrêtés, c'est d'être expulsés. Est-ce qu'il y a d'autres risques, au fait, par rapport à vivre dans la société de ce pays d'accueil ?
- Speaker #0
Alors, pour cette famille-là, c'était vraiment l'expulsion en Afghanistan, parce que là, c'était vraiment... surtout pour le papa, il était fiché parce qu'il avait été déjà arrêté par la police. Donc pour cette famille-là, c'était ça. Pour les autres, ils sont persécutés parce qu'ils ont beaucoup plus de mal de vivre. Elle nous a expliqué que tout est plus cher pour eux. Les loyers, même ce qu'ils achètent sur le marché, parfois on leur a dit que c'était plus cher parce qu'ils sont afghans. Donc il y a le fait, et je pense aussi qu'ils sont chrétiens. Réfugiés et chrétiens, ils ont encore moins de droits, on leur met encore plus la pression.
- Speaker #1
C'est une sorte de mélange entre la discrimination anti-étranger, et puis aussi de la discrimination parce que c'est en plus une religion minoritaire dans le pays, donc difficilement assimilable pour les gens qui habitent là. Oui,
- Speaker #0
et puis du coup, les femmes qui s'en occupaient, qui elles n'étaient pas des réfugiés, mais elles prenaient des risques parce qu'elles s'occupaient des réfugiés. Et elles étaient discriminées parce qu'elles s'occupaient bien sûr, parce qu'elles perdaient leur temps et leur énergie à s'occuper de gens qui n'étaient pas du pays.
- Speaker #1
Qu'on aurait mieux voulu voir être de retour chez eux.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est vrai qu'à travers ces histoires, on voit un peu cette tension qu'il y a entre vivre sa foi, susciter l'opposition, être discriminée, être persécutée. Est-ce que toi, avant de te rendre sur place, Tu avais déjà une idée assez claire de cette réalité de la persécution de l'Église en Asie centrale ? Comment tu t'imaginais les choses ?
- Speaker #0
Alors, je n'avais pas vraiment une idée aussi précise, parce que j'avais entendu pas mal de témoignages, mais différents. Et suivant les personnes, ce n'est justement pas le même type de persécution. Et là, les chrétiens du pays même qu'on a visité... La persécution, c'était plus cette surveillance qui se sentait sur eux. Faire attention, est-ce qu'il n'y a pas de caméra, est-ce qu'on n'est pas suivi, toujours avoir une bonne excuse, avoir des alibis. Je ne sais pas si on a le droit de parler de KGB dans notre podcast, mais il nous l'a cité plusieurs fois en parlant de ça. Je ne me rendais pas compte de ce poids encore de l'ex-URSS. qui est encore présent en Asie centrale et qui affecte spécialement les chrétiens. Nous en avons parlé plusieurs fois. Et du coup, j'avais pas conscience de cette opposition à la foi qui n'est pas forcément par rapport à une autre religion, mais par rapport à l'État. Et qu'il faut toujours se méfier quand même parce qu'un tel, il est très sympa, mais en fait, on sait pas s'il travaille pas pour l'État. Ce qui surveille tes allées et venues, dimanche, tes allées là. Et voilà, ça, je n'avais pas discerné. Je ne savais pas que ça existait encore comme ça. Mais pour autant, on était très proches de ces gens qu'on a visités. On a pu chanter avec eux, on a pu faire des choses. Oui, on a pu vivre la communion fraternelle.
- Speaker #1
Tu n'as pas senti des barrières culturelles ?
- Speaker #0
Pas pour ça, non. Alors j'imagine qu'il y a d'autres pays d'Asie centrale, ou peut-être même en Asie centrale, ou même dans ce pays d'autres, personnes qui sont persécutées différemment. Mais celle qu'on a rencontrée, c'était plus pas de front. Ce n'était pas une arrestation parce que tu es chrétien, alors on va te mettre en prison. Mais on va chercher à te piéger. trouver une excuse. Ah, du coup, voilà, t'es chrétien, alors ça va passer comme ça.
- Speaker #1
C'était plutôt diffus ou justement dépression, de la surveillance, des choses comme ça.
- Speaker #0
Oui, voilà. Parce que souvent, on entend plutôt par rapport à l'islam. C'est très violent. On vient, on t'arrête, on te dit t'es pas musulman, et voilà, on t'arrête. Je me suis rendu compte que c'était une persécution beaucoup plus subtile, beaucoup plus diffuse. moins tranchée, moins frontale. Mais que c'était certainement très lourd à porter aussi et très lourd à vivre tous les jours pour ceux qui sont tout le temps là.
- Speaker #1
Et comment tu expliquerais maintenant les choses à un chrétien qui ne connaît pas du tout la situation ? Tu lui dirais que les différences entre une église là-bas et une église ici, c'est quoi principalement ? Est-ce qu'il y avait des rencontres de grands groupes ou bien vous avez vécu les choses toutes ? tout en église de maison par exemple. Ça, je ne me rends pas bien compte. Est-ce qu'il y a vraiment des grands rassemblements ? Est-ce que c'est ça la norme ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, je crois que dans ce pays, il y a plusieurs types d'églises et de rassemblements. On a visité les gens qui nous ont... Notre guide, il avait un baptême prévu le lendemain de notre départ. Il nous a montré les locaux où ils se réunissaient le dimanche. Assez grand, je pense qu'il pouvait y avoir une centaine de personnes où ils se réunissaient tous les dimanches. Ils avaient acheté une maison à côté pour faire les groupes de jeunes, mais c'était bien clôturé. Il y avait un grand portail, on ne voyait rien de l'extérieur.
- Speaker #1
Et vous, ils ne vous auraient pas emmenés là ? Ça aurait été trop dangereux de mélanger des étrangers avec eux ?
- Speaker #0
Probablement qu'ils ne venaient pas d'étrangers dans cette église. Je pense que c'était vraiment qu'eux. On a su qu'il y a d'autres églises beaucoup plus officielles, beaucoup plus ouvertes, certainement avec des expatriés, parce qu'il y a beaucoup de chrétiens qui vont... en Asie centrale, et les églises de maison que ce pasteur afghan nous a montré des photos parce qu'il baptisait aussi beaucoup de gens. Et alors là, c'est vraiment, ils changent de maison à chaque fois, d'horaire. Donc ça, c'est vraiment des églises très clandestines où ils sont une quinzaine maximum. Ils chantent quand même, même s'ils prennent des risques, ils le savent, parce que les immeubles sont quand même soviétiques, donc avec une architecture un peu poreuse. Mais là, il nous a bien dit, c'est toutes les semaines, un autre horaire, un autre lieu, et puis une quinzaine de personnes. Donc je pense, suivant, on a vraiment tous les types d'églises dans ce pays.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
donc tout dépend où tu vas,
- Speaker #1
tu pourrais te retrouver. Alors si tu es du pays même, dans une configuration assez proche d'un culte suisse, et puis si tu es réfugié afghan, pas du tout.
- Speaker #0
Voilà, une église secrète de maison, avec un culte le samedi à... À une heure et demie, à trois heures du matin. Ça dépend vraiment de ton arrière-plan, de ton origine, si tu es réfugié ou pas. Mais je pense qu'ils font quand même tous un petit peu attention.
- Speaker #1
C'est vrai que dans des témoignages que j'ai lus par rapport à ces pays, j'ai souvent été frappée de constater à quel point, et tu le disais aussi dans les gens que tu as rencontrés, À quel point les chrétiens se mettent au service des gens qui vivent autour d'eux, alors que la société en général est assez pauvre. C'est comme s'ils mettaient en pratique ce verset, c'est dans Matthieu 25, 40, je vous le dis en vérité, « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un des plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. » Ce service aux plus pauvres, cette action sociale qui est menée par les chrétiens, alors pas uniquement, mais... où eux, ils ont vraiment ça extrêmement à cœur. Est-ce que toi, tu as observé ça sur place ?
- Speaker #0
Alors oui, tout à fait. Ce premier monsieur qu'on a rencontré là, qui a rencontré Dieu en prison, il a monté son petit business. Et 90% de ce qu'il gagne, il le redistribue aux plus pauvres. Donc c'est vraiment là, son objectif, c'est d'aider les autres. Tout ce qui travaille, c'est pour le Seigneur. C'est vraiment l'objectif de sa vie. Et puis ces deux femmes qui travaillent avec les réfugiés, les enfants et les femmes traumatisées, c'est pareil, elles donnent tout ce qu'elles ont, tout ce qu'elles gagnent. Parce que je crois qu'elles travaillaient à côté, en plus de s'occuper, parce qu'il fallait bien qu'elles gagnent de l'argent. Mais elles passent toute leur journée à faire des jeux avec ces enfants pour leur redonner de la joie. pour les faire sourire, pour les sortir de ce marasme dans lequel elles sont tombées, dans la peur, dans l'angoisse. Et elles se dévouent, mais corps et âme, elles donnent tout ce qu'elles ont. C'est vraiment ce verset qui a mis en application complètement. Et à l'un de ces plus petits, parce que non seulement c'est des enfants ou des femmes souvent qui ont été abusés ou maltraités et complètement traumatisés, et en plus c'est des réfugiés. Ce sont des réfugiés, donc ils sont discriminés. Et elles, elles donnent tout. Elles sont venues nous voir en cachette, pour ne pas être vues. Elles ont vite sorti leur ordinateur, nous montré des photos, puis elles sont reparties discrètement.
- Speaker #1
Ce n'est pas pour la gloire. Ah non, vraiment pas.
- Speaker #0
C'était impressionnant. C'était touchant parce qu'elles n'ont même pas mangé. Elles avaient fait un grand repas au restaurant pour que nous mangeons. Puis elles nous disaient « Allez, mangez, mangez » . Puis elles nous racontaient tout ça. Et puis hop, elles sont reparties incognito. Elles ne font que ça. Elles se donnent vraiment à 3000%. Juste pour, comme tu dis, pas pour la gloire.
- Speaker #1
Oui, animées par l'amour de Jésus. Ça se transpose vraiment en actes. concret, puis en choses qui restent très invisibles, mais qui changent la vie de plein de gens autour d'eux.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ça, c'est l'évangile.
- Speaker #0
Parce qu'à part les gens qui font du bien, personne ne le sait qu'elles font tout ça. On est très peu à les voir, à entendre leurs témoignages. Donc, elles le font vraiment parce qu'elles aiment Dieu.
- Speaker #1
Dans ce podcast, c'est vrai qu'on aime partager des histoires de chrétiens persécutés, puis dire... comment est-ce que ça nourrit aussi notre propre foi ou comment ça la défie. Est-ce que ça a été le cas pour toi au retour de ce voyage ? Comment est-ce que tout ce que tu as entendu t'a impacté ou t'a peut-être transformé dans ton regard, dans ta manière de vivre ta foi ?
- Speaker #0
Je ne pense pas que je puisse dire que j'ai vraiment été, j'ai changé ma façon de vivre ma foi, mais elle a été vraiment... J'ai été touchée quand même, j'ai été bouleversée et ça rend beaucoup plus palpable cette famille spirituelle qu'on est. Je trouve d'avoir rencontré ces gens, ces frères et sœurs, avoir prié avec eux, avoir chanté avec eux, avoir mangé, avoir rigolé, on a fait plein de choses. Et c'était fou quand même parce qu'on ne parle pas exactement leur langue, alors on se comprenait parce qu'on parlait anglais ensemble. être si loin, avoir une vie si différente et avoir une chose en commun tellement forte. Je trouvais que ça rendait très concret, ma foi. Très palpable, du vécu du vrai, vivant. Pas transformé dans le sens, c'est complètement autre chose. J'ai découvert quelque chose que je ne connaissais pas du tout, mais ça m'a ancrée dans quelque chose de vivant.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Loïs, d'être venu partager un peu de ton voyage, de tes impressions, d'avoir raconté les rencontres que tu as pu faire là-bas. En tout cas, nous, c'est comme si on ouvrait une fenêtre en direction de l'Est, de l'Asie centrale, avec tout ce que tu nous as partagé. Peut-être que vous aussi, chers auditeurs, ça vous interpelle d'une façon ou d'une autre ce que Loïs a pu partager. En tout cas, n'hésitez pas à nous le rédiger en commentaire. On sera contents de... de lire vos réactions, d'échanger avec vous. Peut-être que vous avez aussi voyagé en Asie centrale ou ailleurs et que ces voyages sont précieux et importants pour vous. Et puis, pour le mot de la fin, j'avais envie de souligner deux actions en lien avec l'Asie centrale et Portes ouvertes aujourd'hui. Alors, au mois d'avril, Portes ouvertes va parler beaucoup de l'Asie centrale. dans son magazine, sur son site internet, et aussi de ce que nos partenaires mettent en place pour soutenir l'Église en Asie centrale. Alors si vous souhaitez vous informer sur ce sujet-là, si vous souhaitez faire un don, allez faire un petit tour sur www.portesouvertes.ch et puis vous trouverez sur la page d'accueil déjà toutes les informations sur les projets qui sont soutenus. C'est souvent des projets de soutien, de développement économique. Parce que les chrétiens, comme toute la population, sont régulièrement assez pauvres. Et puis, avec un petit microcrédit, souvent, on peut développer toute une entreprise qui est après bénissante plus largement que pour les chrétiens impactés. Donc, il ne faut souvent qu'une petite impulsion pour transformer une famille, une petite communauté. Donc, n'hésitez pas à vous renseigner et puis à voir la dynamique que nos partenaires proposent dans ces pays. et puis aussi Si vous avez envie de voyager, si Loïs et ses récits de voyage vous ont donné envie de voyager, allez faire un petit tour aussi sur le site internet parce que cette année, on propose des voyages en Asie centrale mais aussi ailleurs. Et puis voyager avec Portes Ouvertes, c'est aller à la rencontre des frères et sœurs persécutés mais aussi se rendre compte qu'on fait partie de la même famille et qu'il y a quelque chose de vivant à partager, la foi au-delà de... des cultures qui sont différentes. En tout cas, merci beaucoup de nous avoir écoutés. Et puis, moi, je vous redonne rendez-vous dans un prochain épisode. Et puis, merci beaucoup, Loïs.
- Speaker #0
Avec plaisir. Je t'aime.