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Pour toutes ces bonnes raisons : Accompagner votre Business par le Merchandising

[Hors série] Entreprendre entre exigence et design avec Estelle LAGARDE

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39min |24/06/2024
Play
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[Hors série] Entreprendre entre exigence et design avec Estelle LAGARDE

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39min |24/06/2024
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Description

Dans cet épisode, nous accueillons Estelle Lagarde, artiste reconnue dans le domaine du gouaché de bijoux et fondatrice deLagarde Jewelry Drawing.


Elle réalise des projets pour de prestigieuses maisons de joaillerie et d'horlogerie, adaptant son art aux garde-temps, et s'exprime désormais sur de grandes toiles tout en lançant sa propre collection. Estelle partage son parcours entrepreneurial, alliant exigence et créativité, et nous offre un aperçu unique de l'industrie du luxe et du design.

Dans cet épisode, elle partage avec nous son expertise et son expérience dans ce domaine.

Au cours de cet épisode, nous avons discuté de :

👉 L'importance de l'équilibre entre exigence, créativité et esprit d'entreprendre,

👉 L'impact des réseaux sociaux sur son image de marque,

👉 Sa confiance en l'avenir des métiers de l'artisanat d'arts VS l'IA

👉 Les précédentes expériences professionnelles d'Estelle et ses difficultés

👉 Le parcours entrepreneurial d'Estelle et ses projets à venir


Citation d'Estelle :
"Le joaillier va prendre le gouacher et va mesurer toutes les parties du bijou.

Il va pouvoir savoir quelles sont les dimensions de n’importe quelle partie de la pièce. Ça lui permet aussi de lire les volumes, de savoir les matériaux utilisés."



Pour aller plus loin :

Instagram d'Estelle Lagarde
Linkedin d'Estelle Lagarde

Site web Lagardejewelerydrawing

AB merchandising


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Bonne découverte 🎧



C'est le podcast qu'il vous faut si vous vous posez ces questions : Qu’est-ce que le merchandising et pourquoi est-il essentiel ? Comment optimiser l'agencement d'un magasin pour booster les ventes ? Quelles sont les meilleures stratégies de merchandising pour un commerce local ? Merchandising digital vs. physique : quelles différences et complémentarités ? Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle le merchandising ? Vous écoutez je bosse en grand distribution et vous vous allez plus loin sur le merchandising ?  Vous aimez le podcast du retail et vous avez des questions sur le merchandising ?  Vous aimez sans filtres ajoutés et avez envie de connaitre le merchandising ?




Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Et si la léon... plus tu travailles à de la valeur, et bien, toi croisé, on m'appellera. Plus tu dis des choses sur toi, et plus tu te rends vulnérable en fait. Et ça, je me rends compte. Et chaque fois, on me dit, vas-y, c'est courage, mais toi, tu me dis, là aujourd'hui, j'ai conscience, et ouais, en vrai, j'ai tout dévoilé de moi quoi.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arim Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, non, vas-y, c'est ça. Et donc, là,

  • Speaker #1

    Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. Mais je suis surtout ravi de vous accueillir sur mon podcast qui va vous faire plonger dans l'univers de l'entrepreneuriat, du merchandising et du retail. Le tout dans un esprit pro, simple et sympa. Après des mois de préparation, j'avais envie de créer un podcast pour être plus proche de ma communauté, pour partager, pour échanger sur des sujets qui m'intéressent à travers un canal créatif. Mais surtout, et ce qui m'intéressait, c'était donner la parole à des gens qui font au quotidien, qui mettent les mains dans le moteur et qui font des choses incroyables en entreprise. A travers ce podcast, nous allons donc découvrir des histoires inspirantes de personnes dont l'univers est dans le secteur du retail, du merchandising, mais aussi pour échanger des conseils pratiques. et mettre en lumière des entrepreneurs avec des actions concrètes. Estelle, moi je suis ravi en tout cas de t'accueillir sur le podcast parce qu'au-delà que tu sois une experte sur le domaine du gouacher de bijoux et que tu travailles avec de belles marques, moi j'ai toujours plaisir à te suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur... LinkedIn et c'est plutôt comme ça aussi que je t'ai connu, c'est avec tes premières, enfin pas tes premières mais en tout cas avec tes réalisations et puis aussi parce qu'à travers mon métier, mon fournisseur, tu travailles avec eux donc finalement je te connais sans te coller et donc c'est pour ça que je suis ravi de pouvoir te poser toutes ces questions et plein de questions. Donc Estelle, bonjour et encore merci de ta participation.

  • Speaker #0

    Et bien salut à toi Adrien, merci surtout à toi de m'avoir invité pour ça. ce podcast, comme dis-moi, qu'il s'agit de parler de mes métiers, de tout ce que je fais, ça me fait toujours plaisir de pouvoir partager, donc merci.

  • Speaker #1

    Bon, du coup, j'ai plein de questions. Je pense que la première question est celle qui est la plus naturelle et qui s'impose, c'est sur toi. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours et surtout ton métier de gouacheuse ?

  • Speaker #0

    Ouais, bien sûr. Et bien alors, pour t'expliquer un petit peu, donc moi, j'ai commencé par faire une école de de bijouterie à la base, qui était à Valence, qui s'appelait Amblard. Et donc j'ai fait un CAP bijouterie et un brevet des métiers d'art pendant 4 ans. Et à la suite de ces 4 années, après je suis partie travailler au studio de création de Van Cleef en Arpels. Et je dois dire que c'est là-bas qu'on m'a transmis la majorité de mon savoir-faire. Je crois que j'ai une formatrice incroyable. qui avait un savoir-faire de dingue et qui m'a franchement tout transmis donc voilà je suis partie un an et demi là-bas, j'ai fait mes armes dans le boitier et moi c'est vrai que j'avais toute ma famille qui était en Haute-Savoie, mes amis et tout et du coup je faisais énormément d'aller-retour et en fait j'adorais mon métier enfin vraiment j'avais le métier de mes rêves mais ma vie était pas du tout à Paris et du coup c'était un peu compliqué donc comme je disais, je faisais souvent les aller-retours et tout et j'ai eu envie de revenir en Haute-Savoie donc j'ai posé ma démission Et puis ensuite, je suis partie travailler en Suisse, dans les cadres d'art, pour faire de l'émail sur cadres de montres, ce qui était quelque chose que je ne connaissais absolument pas, qui était totalement différent de ce qu'on avait là. En tant que...

  • Speaker #1

    Excuse-moi, je te coupe. En tant que... Enfin, tu travailles dans l'entreprise ou tu avais déjà montré ta structure entreprise ?

  • Speaker #0

    Là, c'était une entreprise qui était déjà existante et... ce n'était pas encore mais bref et donc du coup je suis partie travailler là-bas et j'ai fait 4 ans dans cette entreprise je suis en burnout à cette période et c'était une période hyper compliquée dans ma vie c'est pour ça que j'ai créé une entreprise d'accord,

  • Speaker #1

    t'es vraiment partie de quelque chose de sombre et de négatif pour te lancer c'est de l'énergie

  • Speaker #0

    J'en avais pas mais j'avais pas le choix.

  • Speaker #1

    Ok, et alors pourquoi le métier de gouacheuse ? Qu'est-ce qui a fait que tu as été attirée par ce métier et surtout pourquoi tu t'es épanouie ?

  • Speaker #0

    Et bien pourquoi le métier de gouacheuse c'est vraiment une question. En fait quand j'ai commencé à faire mes études en bijouterie, à la base je devais initialement apprendre l'atelier, donc la mise en forme du métal. Et j'étais pas mauvaise, mais je sentais que c'était pas ça quoi, c'était pas le truc qui me plaisait. Donc en vrai, le cours, je vais pas m'en montrer, c'était catastrophique. C'était catastrophique pour moi, je suivais absolument rien à l'école. Et par contre, j'ai découvert le dessin à cette période-là, et je crois que ça, ça m'a sauvée. Genre en fait, j'ai eu l'impression de me découvrir un truc que je savais absolument pas que j'avais des facilités dedans. J'ai été bien entourée. hyper soutenu et je dirais que c'est ce qui m'a fait tenir en fait sur cette formation parce que moi en fait j'avais envie d'arrêter quoi. Donc, et mon prof m'a dit écoute Estelle, il y a en fait des bouchées aussi dans le dessin, le bijouterie, continue je pense que tu vas arriver à faire un truc. Et je l'ai écouté, il m'a trouvé un stage pendant le BMA chez Van Cleef & Arthos et c'est comme ça en fait que j'ai réussi à s'y concentrer. Mais c'est vrai que moi je connaissais pas. Du coup, j'aimais le dessin, c'était pas mon domaine non plus de prédilection. La peinture, j'en pesais un petit peu, mais pareil, j'avais jamais testé la gouache, ni j'avais jamais fait une peinture un petit peu aussi précise. Et là, je tombe sur un truc où, quand j'essaie, je vois direct que ça fonctionne. Alors que le prof m'avait dit, tu vas voir, ça va être galère, les étudiants, c'est difficile pour eux d'y arriver. Quand j'essaie, je me dis, c'est bizarre. Tu vois, genre...

  • Speaker #1

    Ça se passe bien ! Les planètes sont alignées, il n'y a plus qu'à, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Ouais, c'était cool et du coup, c'est vrai que je pense aussi que dans l'art, il y a un côté hyper thérapeutique et je crois que j'avais besoin à cette période de l'adolescence qui était compliquée et en fait, je me souviens là-dedans.

  • Speaker #1

    Au quotidien, ton métier consiste en quoi ? Comment tu travailles avec les marques ? C'est quoi finalement le quotidien d'Estelle ?

  • Speaker #0

    Mon quotidien il évolue depuis ces 4 années, je dirais qu'au départ, moi en fait je travaille vraiment en tant que sous-traitante pour les marques d'horlogerie et de joaillerie en tant que gouacheuse. Donc le but c'était de mettre en peinture un design de manière hyper réaliste de façon à présenter à des clients les designs sans qu'ils soient encore réalisés. Et c'est une manière en fait aux clients de se projeter assez rapidement sur un bijou et c'est aussi un bien. le temps et l'argent énorme pour les entreprises parce qu'ils n'ont pas de maquettes à fabriquer et c'est surtout grâce à ce dessin qu'on sait exactement ce qui se passe sur une caisse. Donc voilà, j'ai commencé comme ça et petit à petit, j'ai senti aussi des besoins de m'exprimer en termes de design, de création, donc j'ai commencé à faire mes créations et c'est aussi parce que j'arrivais difficilement à lisser mon travail sur la main en tant que gouacheuse. en vivant juste de la gouache. Et je me suis dit, là, il faut que je m'expose un petit peu en design pour voir ce que je suis capable de faire et proposer ça en plus aux marques pour vivre à l'année dessus. Parce qu'en fait, j'étais hyper contrainte des sorties de collections et tout ça. Et il y a des moments où j'avais énormément de travail et après, tout rien pendant deux mois. Et je me suis dit, waouh, c'est chaud. Je veux que je puisse avoir un équilibre sur l'année. Donc, après la gouache, je me suis mis au design. J'ai travaillé aussi pour les marques en tant que designer, parfois en tant que designer et gouacheuse, parfois juste gouacheuse, parfois juste designer, ça dépendait. Et depuis l'année dernière, je crois que j'explore quelque chose d'artistique, dans le sens où je réalise des toiles de très grand format, où je retranspose mon travail de gouacher sur des énormes dimensions. Et du coup j'ai pas mal de commandes. Surtout cette année, je crois que la majorité de mon travail c'est ça, c'est justement ce travail d'art, de réaliser des toiles dans un très grand format, de montres. Et ça permet aux marques de présenter un modèle nouveau. Je vais dans les événements, je peins sur place, tout ça, c'est un peu du show painting. Et c'est une manière de présenter aux clients, aux personnes qui sont dans un événement, la pièce en même temps.

  • Speaker #1

    J'ai deux questions. Depuis tout à l'heure, tu parles de la gouache. Pourquoi la gouache ? Est-ce que le travail que tu fais avec les marques, ça t'a obligé à traiter avec les caractéristiques de la gouache ? Tu ne peux pas le faire avec de l'aquarelle ou avec de l'huile. Pourquoi la gouache ?

  • Speaker #0

    Pour te dire un petit peu, pour moi, la gouache, c'est ce qui te permet de peindre de manière la plus précise. sans perdre de l'opacité, de l'intensité dans les couleurs. Si tu peins avec de l'aquarelle, tu as quelque chose de moins précis, de plus fluide, de plus liquide, et en fait, tu perds en réalisme. Et moi c'était le style de peinture que je voulais, je voulais faire des peintures hyper réalistes, surtout que j'avais appris avec la peinture miniature et l'émail, la précision dans l'horlogerie. Et je m'étais dit, là je commence à avoir au niveau de la précision un œil assez affûté et je me suis dit, ouais là c'est le style que moi j'ai envie de donner dans mes peintures, c'est que quand tu reçois ta peinture, tu la vois et tu as l'impression que tu peux la choper avec tes mains. Donc la gouache c'était la technique la plus appropriée pour ça. et ensuite quand j'ai peint sur les grands formats, j'ai changé de technique maintenant je peins avec de la flash, c'est une sorte d'acrylique qui se peint un peu comme la gouache avec de l'eau et ça c'est la marque Le Front Bourgeois qui m'accompagne dans toutes mes démarches créatives je suis devenue remassadrice pour eux il y a 3-4 ans au début ça a commencé avec la gouache et ensuite maintenant sur des supports et des techniques différentes Et en fait, pour t'expliquer, moi j'aimais bien peindre à l'huile en dehors de mon travail, sauf que le truc c'est que c'était un chantier monumental à chaque fois que je peignais à l'huile. Et en fait j'avais abandonné l'idée de peindre sur des grands formats parce que ça prenait 10 tombes, et qu'à chaque fois je mettais un bis de fou, et je me disais non mais ça c'est pas pour moi et tout. Et donc là le franc-bourgeois m'a dit écoute, on a des peintures qui sont adaptées à ce que tu recherches, vas-y essaye-toi. Du coup j'ai essayé ça et là j'ai fait wow, ça m'a réconcilié et du coup maintenant j'adore.

  • Speaker #1

    Alors du coup tu as un vrai partenariat avec Lefranc, j'imagine qu'ils font aussi appel à toi pour développer ou ajuster des produits ou avoir ton retour ?

  • Speaker #0

    Ça dépend, oui, ça arrive de temps en temps. Ça arrive de temps en temps, des fois on fait des événements ensemble, la dernière fois on a fait une exposition avec eux. Ils m'envoient des produits pour aller tester et tout ça. Et la dernière chose qu'on a fait... fait ensemble c'était avec le Ballon d'Or justement que j'ai fait en octobre 2022 et là c'est la première fois que je faisais un énorme format avec une technique différente et tout et pour le coup ils ont été vraiment derrière moi parce que je me suis perdue

  • Speaker #1

    quoi. Justement tu veux bien nous en parler de ça parce que ça devait être un projet énorme, mal de pression, c'était quoi du coup les contours du projet ?

  • Speaker #0

    Et bien en fait il fallait réaliser la montre qui allait être... présenté pour l'événement du Ballon d'Or et il disait que c'était de faire une poêle en très grand format pour l'événement et qu'elle allait être dévoilée au public là-bas sur place. Et vraiment il m'avait laissé les cartes blanches pour le projet et moi j'avais toujours rêvé de faire un énorme format parce que c'est ce que je dis, j'ai la bouche de peintre infiniment petit et pour moi de voir l'infiniment grand c'était aussi un challenge. Et du coup quand il m'a dit vas-y tu fais ce que tu veux, on te laisse carte libre, j'ai fait ok, vas-y, je te remercie. et quand j'ai reçu le cadre j'étais mais waouh en fait je vais faire comment si n'importe quoi arrive sous cette technique la dimension était énorme comment je fais pour redessiner cette montre sous cette toile enfin tout était énorme quoi et bref et du coup on a fait quand même le projet qui était incroyable vraiment moi ça en fait c'est fou parce que j'étais hyper contente de ce que j'allais réaliser mais le pendant que je l'ai fait c'était une horreur c'était une horreur parce que c'était nouveau la technique, que je la maîtrisais pas que j'avais conscience de l'importance de l'événement et de ce que j'étais en train de faire, de la chance que j'avais et en fait j'ai eu une pression de fou pendant 3 mois c'était ma question,

  • Speaker #1

    3 mois pour réaliser la montre

  • Speaker #0

    3 mois pour réaliser la montre et le final j'ai adoré, mais tout le pendant avec cette pression pression avec cette nouveauté, nouvelle technique et tout, je me suis dit c'était trop quoi. Et donc on a fait l'événement, j'ai adoré et quand je suis revenue, j'ai eu une espèce de redescente d'adrénaline qui m'a couché pendant deux semaines. Mais maintenant je suis super contente de l'avoir fait, mais c'est vrai que c'était nouveau.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arine Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, pas du tout, non. Non mais c'était chouette, c'était trop chouette de voir tout ça. Surtout que c'est un milieu qui... moi, c'est pas mon délire le flou, mais je voyais vraiment dans les yeux des gens que j'allais dans un truc de flou. En fait, c'est grâce à eux que j'ai vraiment vu l'importance du truc dans lequel j'allais. Mais moi, dans ma tête, je faisais juste ma peinture. Et quand j'étais là-bas, je me suis dit « Ouais, c'est ça, la peinture, il y a pas juste la peinture, il y a tout un délire quand même qui est fou. »

  • Speaker #1

    Et comment tu as géré la relation avec... D'ailleurs, c'était quoi la marque de la montre ?

  • Speaker #0

    Alors, la marque, c'était Pure Nail. C'était Pure Nail. et qui sont un sponsor du Ballet d'Or.

  • Speaker #1

    Alors du coup j'imagine, ça touche quand même à une certaine image du luxe, donc beaucoup d'exigence. Toi comment tu as géré ça pour ton projet ?

  • Speaker #0

    Bah écoute, moi ça allait dans le sens où en fait je suis déjà hyper exigeante avec moi-même. Donc en fait l'exigence que les gens me portent, j'ai l'impression qu'elles ne savent jamais que celle que j'ai avec moi. donc en soi ça s'est bien passé la seule pression que j'ai eu en fait elle était de moi et aujourd'hui au delà de tous les projets que tu fais comment tu travailles un peu cette image un

  • Speaker #1

    peu Estelle Lagarde comment tu communiques au quotidien c'est quoi tes canaux de partage de tes oeuvres alors moi je communique sur ...

  • Speaker #0

    presque tout, je vais dire donc LinkedIn, Facebook, Insta, Youtube, là j'ai envie de commencer à Tik Tok mais en vrai c'est tellement, enfin j'ai du mal à le comprendre encore pour l'instant et à comprendre ma site tout ça donc j'ai un peu laissé le tour de l'autre côté, mais bref en tout cas celui qui m'intéresse le plus aujourd'hui c'est LinkedIn sincèrement, ce qui me pousse c'est que j'entends énormément de gens qui me disent ouais mais LinkedIn mais moi j'aime pas, je coupe, c'est ça. à quoi ça sert et l'utilité de ce réseau parce que moi tout se passe dessus quoi autant Instagram c'est cool, c'est une vitrine où tu montres mais il se passe rien du tout moi les dix, il se passe des choses, ça bouge je rencontre des gens, je parle avec des gens, je concrétise des choses vraiment il y a quelque chose d'hyper concret dans ce réseau là et moi c'est celui que je préfère après comment est-ce que je gère l'image en vrai c'est hyper difficile Je t'avoue que je crois que c'est le sujet que je me pose le plus de questions en ce moment et qui est hyper dur pour moi parce qu'au début où j'ai commencé à partager sur les réseaux sociaux, en fait, il n'y avait personne qui le connaissait, tu vois. Et moi, je l'ai fait de manière totalement thérapeutique, en fait, comme je disais au début du podcast. J'ai fait un burn-out à cette époque-là, j'ai vécu du harcèlement au travail et tout. Et en fait... j'avais envie de raconter des choses, de comment est-ce que j'allais me relever. C'était la manière pour moi de dire des trucs à un endroit sans connaître personne en fait. Et c'est pour ça que j'ai fait. Et en fait, il y a des gens qui se sont intéressés à ce que je racontais à ce moment-là. Moi, j'étais un peu en mode post-trauma, où je me lance sur les réseaux dans le sens où je vois encore personne, pendant un an je me dis « tu vas me remettre tout » . Ensuite, il y a le Covid, deux ans. qui nous enferment, donc en fait c'est pendant 3 ans où je ne vois personne et moi je continue mes délires quoi, mes peintures, raconter ma vie, machin tout. Après ça, ça va mieux, je ressors, je sors dans les salons d'horlogerie, de jarillerie, tout ça et en fait, en fait ce qui me fout c'est que je me rends compte que dans les salons que les gens me regardent, me connaissent et tout et en fait je me tape une cuisse de panique de malade et j'en fais même un malaise dans un salon parce qu'en fait je me rends compte de l'importance des réseaux sociaux. de l'impact sur tout et je me suis dit je vais trouver mon boulot ce que j'ai à raconter donc pour moi c'était hyper rigolo c'était personnel j'avais besoin de ça mais en fait les gens ils ont pas oublié et ils m'en parlent et ça je t'avoue que ça m'a fait hyper bizarre et depuis l'année dernière tu vois là je commence à rencontrer énormément de gens et tous ces gens ont écouté et vu ce que j'ai dit et aujourd'hui c'est hyper dur pour moi parce que j'ai une relation avec les gens de mon réseau Et avant je ne l'avais pas et ça me permettait d'avoir cette distance et de faire tout ce que j'ai fait, tout simplement. Et aujourd'hui, j'ai du mal à communiquer parce que je vous vois en fait. Et ça c'est hyper dur. Et en même temps, je me dis, moi j'avais ce besoin, c'est aussi pour ça que j'aime les réseaux, c'est que ça me permet de dire des choses, de communiquer des choses à un endroit. Mais c'est terrorisant en même temps, il y a de plus en plus de gens et ce n'est pas facile. Et comment gérer ça ? je me suis dit peut-être qu'il faudrait que je mette un cadre à tout ça et le truc c'est que j'ai pas non plus envie de me travestir pour le regard des gens mais comment trouver l'équilibre là-dedans, d'être le vrai soi tout en se protégeant parce que les réseaux c'est hyper flippant, franchement je vous le dis sincèrement moi ça se passe bien, mais quand je vois ce qui se passe ailleurs avec des gens et tout je me dis que ça fait peur quand même donc franchement je sais pas comment je le gère, j'essaie de manière le plus naturelle tout simplement de faire quand même attention à moi, mais comme je dis,

  • Speaker #1

    d'être le plus authentique possible. Et du coup, le fait que tu aies pris cette prise de parole, que ça a été un peu salvateur aussi pour toi, tu as eu des retours, tu as eu des gens qui t'ont contacté sur LinkedIn en disant « Je me suis reconnu dans ton parcours, tes difficultés, merci d'avoir partagé ça. »

  • Speaker #0

    mais tellement tellement et je crois que c'est ce qui m'a soutenu et c'est ce qui m'a donné envie de dire encore plus de choses et en même temps du coup de me rendre plus vulnérable plus tu dis des choses sur toi et plus tu te rends vulnérable en fait et ça je me rends compte et chaque fois on me dit vas-y c'est courageux et tout je me dis là aujourd'hui j'ai conscience et je me dis ouais en vrai j'ai tout dévoilé de moi quoi mais force m'est faible assez tout et ça me rend vulnérable donc voilà mais je me rends compte quand même que ça aide des gens et ça me fait plaisir franchement c'est comme je dis aujourd'hui je Je ne suis pas sûre que je communiquerais encore longtemps comme ça, longtemps de cette manière et tout, parce qu'il y a beaucoup de choses qui changent autour de moi. Mais je l'ai fait au moment où j'en avais besoin. Et voilà, c'est ce qui m'a...

  • Speaker #1

    Et ça t'a aidée, oui. Alors, du coup, tu fais ton burn-out. Il y a un peu de temps qui se passe. Et ensuite, tu lances ton entreprise, c'est ça ? Oui. Alors, ça s'est passé comment, du coup ?

  • Speaker #0

    Bah, dur. C'était dur parce que... Moi, j'étais en arrêt maladie un peu ce moment où... On me licencie parce que je l'avais demandé et tout. Et donc là, c'est le moment où je suis au plus bas de ma vie. Je me dis, mais en fait, j'ai eu certainement des affaires de toute ma vie. Et physiquement, j'avais des gros problèmes de santé aussi. Et je me suis dit, il faut que je me soigne. Il faut que je lance une boîte. Il faut que psychologiquement, je me remette sur pied. Mais ça va être chaud. Et donc, bref, du coup, tout ça pour dire qu'au moment où je lançais ma boîte... En plus, j'avais perdu totalement confiance en moi par rapport à l'expérience que j'avais eue. Et c'était impossible pour moi de prendre un téléphone pour expliquer ce que je voulais faire. Le contact avec les gens était devenu impossible pour moi.

  • Speaker #1

    Ça te prenait trop d'énergie.

  • Speaker #0

    Oui, et puis comme je dis, par rapport au manque de confiance qu'on m'avait fait, le rapport avec les gens, je n'y arrivais plus. Et je me suis dit, comment je vais faire ? Là, je suis au pied du mur de fou. Et en fait, c'est pour ça que je me suis lancée sur LinkedIn. en montrant mes représentations de peinture parce que je me suis dit tu sais quoi je ne suis pas capable de prendre un numéro de téléphone je vais faire des peintures et s'il y a des gens qui trouvent que mon travail a de la valeur et ben doigts croisés on m'appellera et dans le cas où j'y reprends je me dis mais c'est des tarés de lancer son business comme ça et ça a fonctionné genre ça a fonctionné comme ça on m'a appelé parce qu'on a vu mon travail et petit à petit tu vois depuis le début j'ai réussi à reprendre prendre confiance et tout. Et maintenant, je sais prendre un téléphone, je démarque bien sûr, mais au début, c'était chouette.

  • Speaker #1

    Ça a mis combien de temps pour que ça décolle bien comme tu le voulais ?

  • Speaker #0

    Ça a été hyper rapide. Je crois qu'en six mois, ça a été hyper rapide. C'était même fou, genre, limite un an et demi. Je me suis dit, c'est trop. Je crois que j'ai mis cramé, quoi. Mais c'était chouette.

  • Speaker #1

    Et aujourd'hui, ta boîte, ça fonctionne comment ? Donc tu fais des prestats pour des marques, tu fais aussi des formations, tu accompagnes...

  • Speaker #0

    Exactement. Exactement, donc je continue pour travailler pour les marques dans le design dans la gouache, je fais aussi de la formation, et là, je suis en train de créer ma marque de Jo, au Joeri. Donc c'est vrai que du coup, je fais énormément de trucs dans tous les sens. Mais c'est ce qui m'a permis aussi de lisser mon activité à l'année, parce que comme je disais, c'est beaucoup de haut, de bas, dépendant des sorties de collections, aussi des marques. et c'est pas évident et du coup c'est aussi pour ça que j'ai fait la formation de manière à pouvoir pareil avoir des revenus meilleurs pour moi et aussi de façon à transmettre parce que j'en avais envie mais il fallait que je trouve plusieurs activités pour vivre à l'année vraiment de ce que je voulais et comme j'avais en plus dans le but de développer ma marque J'ai commencé à m'intéresser un peu à la partie financière de tout ça. Je me suis dit, waouh, cocotte, là, il va falloir qu'on voit un peu plus, parce que sinon, il va se passer du tout quoi. Donc, voilà.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, tu entreprends toute seule ou tu es accompagnée ? Vous êtes plusieurs ou tu es vraiment seule à la barre ?

  • Speaker #0

    Je suis accompagnée avec le projet de formation avec mon frère. Ça, c'est un projet qu'on a réalisé vraiment tous les deux. Pendant le colibre, on a fait des formations physiques, et comme le colibre a dû laisser parler le projet, on a fait les vidéos en ligne. Et ensuite, pour tout le reste, je suis vraiment toute seule.

  • Speaker #1

    J'ai une autre question, parce que depuis tout à l'heure, on parle de créativité, etc. Si tu as un conseil à donner à quelqu'un de créatif, qui veut se lancer en tant qu'entrepreneur ? Allez, si t'as une bonne astuce, un petit tips, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    C'est une très bonne question, je sais pas, je dirais que la réponse elle est tellement bateau, mais tellement vrai, je dirais juste que c'est de s'écouter quoi. d'y aller parce qu'en fait, il n'y a rien de plus dur que d'avoir des regrets dans la vie. Et moi, j'ai l'impression que c'est ça que j'avais aussi quand j'étais mon burn-out, c'est que je faisais un truc totalement à côté de mes godasses et ça m'a fait tellement souffrir qu'il fallait que je fasse ce que j'avais à faire. Donc je dirais qu'il y a toujours plein de jugements des gens et en fait, souvent, les gens projettent juste leur propre peur sur toi-même et ce n'est pas parce qu'il y a certaines personnes qui n'ont pas été capables de faire le pas que ça ne sera pas valable pour toi.

  • Speaker #1

    et par rapport à forcément un titre avec des grandes marques etc tu as une petite histoire amusante,

  • Speaker #0

    une petite anecdote à nous dire et bien figure-toi que je n'en ai pas de spécial ou en tout cas pas que je peux dire

  • Speaker #1

    tu as rencontré Karim Benzema ?

  • Speaker #0

    Non, mais même pas, je ne l'ai même pas... Ah ouais, c'était un peu dingue parce qu'il est passé en mode 10-15 minutes. Non, mais vraiment, c'est... Ça, c'était impressionnant aussi de voir tout ça. Je me suis dit, cette machine qu'avait fait de cet événement pour une soirée, ça représentait une soirée. Et c'était fou, mais en même temps, c'était tellement cool. Et je me dis, j'ai vu toute l'organisation, tout ce qu'on a préparé autour pour juste ces quelques heures. Je me suis dit, c'est l'une des erreurs. Pour moi, c'était... C'était dingue. Mais non, j'ai pas d'anecdotes spéciales, vraiment. Je crois pas.

  • Speaker #1

    Bon. Et du coup, là, entre faire des bijoux et faire des montres, tu t'éclates plus dans quoi ?

  • Speaker #0

    Dans les deux. Je trouve mon équilibre, mon intérêt vraiment dans les deux. Ce qui est fou, c'est que là d'où je viens, c'est la joaillerie. J'ai découvert l'horlogerie parce que j'ai dû commencer à peindre un peu des choses horlogères. Parce que quand je me suis lancée à mon compte, j'étais en Haute-Savoie, et je me suis dit, wow, mais là c'est lancé dans la Génie-Rue alors que c'est en Haute-Savoie, ça va être chaud. Il y avait Genève à côté, je venais des montres, et je me suis dit peut-être que ce serait cool que j'essaie de faire du gouachis pour l'horlogerie. Et c'est comme ça que l'horlogerie est venue dans mon parcours. Et j'y ai trouvé énormément d'intérêt en les peignant, en m'y intéressant aussi par les métiers d'art. Et de fil en aiguille, j'ai aussi dû apprendre... à savoir ce qui se passe à l'intérieur d'une montre parce que pour les peindre, il faut savoir ce qui se passe dedans. Et quand j'ai commencé à les peindre, ce qui se passe, en fait, je ne sais même pas ce que je peins. Et donc, j'ai dû apprendre. Là, maintenant, j'essaie de démonter un peu de loin tout ça pour savoir tout ce qui se passe dedans, ouvrir des livres de CAP et tout pour apprendre. Mais c'est vrai que je commence à trouver vraiment l'intérêt dans l'horlogerie. Et j'ai découvert aussi des horlogers passionnés qui me transmettent un peu leur passion. Comme je dis, en fait, plus tu rencontres des gens passionnés par ce qu'il faut, plus tu te transmets de cerveau. Là, j'avoue que je commence à trouver un peu mes penchons dans l'horloge-lune et je crois même que j'aimerais en faire.

  • Speaker #1

    Du coup, c'est quoi ta montre préférée ou celle que tu aimerais bien faire bientôt ? Peut-être qu'ils nous écoutent.

  • Speaker #0

    Ma montre préférée, j'en ai plein une spéciale. Je les aime toutes. Enfin, il y en a beaucoup que j'aime de manière différente. Soit par les mécanismes qu'il y a à l'intérieur, soit pour... technicité, soit pour l'artisanat qu'il y a derrière, les métiers d'art. Je pense que si je faisais une montre à menuage, ce serait un truc hyper coloré avec un petit côté joaillier dedans. Les métiers d'art, c'est sûr parce que j'aime trop, j'aime trop les artisans. Et voilà, mais c'est vrai que l'égout dépend de... de l'entrée.

  • Speaker #1

    J'ai une dernière question pour ton métier, elle est un peu plus piquante, mais comment tu vois les choses par rapport à tout ce qui est intelligence artificielle ou aussi avec tout ce qui est dessin sur ordinateur ? Est-ce que tu vois comme une concurrence ou finalement tu dis que ce côté un peu d'art, il apporte quelque chose d'autre aux marques qu'elles ne vont pas retrouver avec les ordis ?

  • Speaker #0

    Alors, je t'avoue qu'il y a… Quelques temps de ça et quelques années de ça, ça ne me plaisait pas du tout ce que j'étais en train de voir et si j'avais peur, quoi moi en fait. Vraiment, je me suis dit, putain, les artisans, c'est terrible ce qu'on pense passer. Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une révélation il y a ces derniers temps, et je me suis dit, mais en fait, l'intelligence artificielle, c'est juste l'intelligence d'une connaissance, et ce n'est absolument pas l'intelligence émotionnelle. et l'artisan apporte l'intelligence émotionnelle d'un humain à un humain. Et je me suis dit, ça pour l'instant, c'est la distance encore qu'on a avec l'intelligence artificielle, elle n'existe pas cette intelligence-là, et du coup je me suis dit, vas-y c'est bon, on a encore de la vie en devant nous, on ne représente pas sûrement pas une majorité dans ces travaux-là. la main mais je pense que pour le luxe on va être hyper important parce que le luxe c'est l'émotion c'est la transmission émotionnelle, le coeur tout ça et ça je suis désolée mais vraiment il n'y a que le vin qui fait ça c'est vrai, d'ailleurs j'ai déjà vendu des pièces à des centaines de milliers d'euros, des millions d'euros grâce à un dessin j'ai jamais vu une pièce à des centaines de milliers ou des millions d'euros se vendre en se présentant juste sur un 3D CAO d'ordinateur. Jamais. Quand tu vas dépenser autant d'argent, tu n'en as plus. Tu as une attente. Et si l'attente, elle est la même que pour des produits que tu vas payer 10 balles, tu n'as pas envie d'acheter.

  • Speaker #1

    Et du coup, les marques, elles arrivent à te dire, bon, ben voilà, ton travail, Estelle, ça rentre dans un plan de com ou de marketing autour de notre... notre montre, ils arrivent à identifier une accélération des ventes ou des retours ?

  • Speaker #0

    Alors, si ça existe toujours dans les grandes maisons, c'est qu'ils ont bien compris l'intérêt. À un moment donné, je pense qu'on a eu envie de se séparer de ce savoir-faire qui était très coûteux, parce que ça prend du temps, sauf qu'on se rend compte à quel point l'intelligence émotionnelle, l'émotion qui est transmise par un métier d'art, elle est hyper importante. hyper important pour nous, donc en fait ils sont revenus et maintenant ben voilà, il y a du travail il y a du travail parce qu'il faut toucher comme ça, c'est tout,

  • Speaker #1

    il faut le toucher pour aller plus loin tu vois On est quoi ? On est au mois de juin. C'est quoi tes défis encore de l'année ? Et ça serait quoi les bonnes raisons qui vont te dire je vais être à 100% sur les prochains mois ?

  • Speaker #0

    Alors, on est déjà au mois de juin. C'est hyper flippant. Début juin. Oui, on est début juin. Ce que j'aimerais, c'est vraiment être à fond dans le développement de la marque. Vraiment là pour moi c'est vraiment ce que j'ai envie, j'aimerais finir par vivre que de ça, que de la marque. J'ai énormément de boulot à faire encore, là j'ai produit pour l'instant. C'est pas évident mais j'ai besoin de proposer un univers, donc j'aimerais que pour 2025 on comprenne l'univers, l'image aussi de la marque, c'est quoi la garde. Ça j'aimerais arriver à le définir, à l'expliquer. Et ça pour moi aussi, j'ai l'impression que c'est quand même un véritable accouchement personnel, parce que pour arriver à avoir un univers créatif, c'est plutôt que je me ponde moi-même en fait, tu vois. Donc je crois que je suis en train de me trouver, que ça sorte tranquille, ça va prendre un petit peu de temps, mais j'aimerais que ça soit installé, qu'on le comprenne, et puis voilà.

  • Speaker #1

    Et tu t'es déjà posé des objectifs à 5, 10 ans, tu vois un peu où tu veux être à moyen long terme ?

  • Speaker #0

    Oui, je ne l'ai pas fait avant mais je l'ai fait là il n'y a pas longtemps. Je me suis dit, depuis le début de cette aventure, c'est tellement de travail. Je travaille tout le temps, je ne m'arrête jamais, même le week-end, je suis toujours en train de travailler. Je dois prendre trois semaines de vacances par an, 100 week-ends. Je me dis, je ne fais que ça et en fait, je n'ai pas l'impression que ça me fait tant souffrir parce que j'adore ce que je fais. Juste par contre, je suis en train de voir tout ce que je loue quand même. Et je me dis, c'est beaucoup. Je ne le vis pas comme un sacrifice, mais il y a quand même beaucoup de choses à côté qui sont passées à la trappe. Et je pense que je ne serai pas capable de faire ça très longtemps encore. C'est-à-dire que là, je sais que je me laisse encore 5 ans, 5 ans pour switcher sur la marque. Vraiment, je vais bosser dur là-dessus. Mais si dans 5 ans, je ne vis pas de la marque, j'arrête. J'arrête, je passe à autre chose. Je... voilà, c'est vraiment le truc que je me suis dit il y a pas longtemps. Pourtant j'ai toujours eu ce discours en me disant, ouais toute ma vie je vais me... Et en fait non, parce que sérieux c'est des sacrifices, c'est des choses que tu loues. Tu vois, je pars pas en vacances, j'en ai pas qui part, je vais pas au resto, je fais rien, je parle. Donc je veux pas faire ça plus longtemps que jusqu'à mes 35 ans. 35 ans après c'est... c'est fini.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Après si ça marche, ça continue hein.

  • Speaker #1

    mais si ça marche pas c'est bon j'ai fait ce que j'avais à faire bon on arrive à la fin du podcast c'est passé hyper vite mais c'était hyper intéressant je te laisse le mot de la fin je sais pas si tu veux nous partager quelque chose ou revenir sur un point je te laisse conclure ce podcast et bah écoute j'ai un petit truc à dire

  • Speaker #0

    En fait, là je vais lancer une pièce assez importante pour moi qui s'appelle la bague Espoir. Donc ça fait un an et demi que je suis sur le projet et en fait cette bague elle est méga importante parce que c'est la bague que j'ai imaginé pendant que j'étais en arrêt maladie. Et donc quand je l'ai imaginé, je lui ai donné ce nom d'espoir parce que j'avais espoir de vivre ce que je suis en train de vivre aujourd'hui en fait. De vivre de mes points de peinture, de peut-être vivre de la marque. Et quand il a été question de créer la marque, je me suis dit bon là il faut que je trouve une pièce symbolique, qu'est-ce que je fais ? Et j'ai dit en fait c'est évident, la pièce qui doit sortir c'est celle-là. c'est l'histoire de tout depuis le début quoi. Donc du coup cette pièce va sortir la semaine prochaine et ce que je voulais faire autour de ce projet c'était vraiment une campagne autour de l'espoir, d'avoir un message positif. Et au début je voulais vraiment accentuer cette communication sur mon histoire, je me suis dit bon là c'est un peu une descourcentée que sur soi et aussi c'est juste que j'ai tellement raconté. de raconter mon histoire en long, en large, en travers, sur les réseaux, sur les médias, tout ça. Des fois, j'ai besoin de prendre une distance avec ça aussi pour me protéger. Et je ne suis pas toujours capable de le faire et je me suis dit, je ne suis pas sûre que j'arrive à le faire toujours. Et donc, j'ai eu envie d'être accompagnée dans ce projet du Nigeria que j'ai trouvé l'année dernière et qui va faire partie du projet, qui va porter cette bague d'espoir. et qui va véhiculer son propre message à elle. C'est aussi une femme qui est tombée dans sa vie, qui a une histoire de fou qu'on ne peut même pas imaginer, je pense que personne ne peut vivre dans sa vie, et qui s'est revue et qui est tellement belle et tellement positive. Quand je l'ai vue, je me suis dit, peut-être voilà, c'est ça que je cherche, c'est ça que j'ai envie de faire passer comme message, c'est tombe et relève-toi. Il y a de l'espoir dans la vie. Donc en gros, c'est ça le message que je voulais dire. Et donc, elle va m'accompagner sur cette partie. Et après ça, je me suis dit, tiens, peut-être que ce serait cool d'avoir différents égéries encore. J'avais lancé un message sur les réseaux sociaux en disant que je cherchais d'autres égéries, que je voulais qu'ils partagent leurs propres messages d'espoir à eux. Et j'avais reçu plein de messages après cette recherche. Et je me suis dit, comment est-ce que je vais choisir pour tous ces gens ? Je ne peux pas dire que mon histoire est plus valable que celle du nôtre. Ce n'est pas possible, elles sont toutes malades. En fait, on a tout simplement donné dans notre vie l'impression de se péter la gueule et de devoir se relever. elles sont différentes les histoires, mais elles se valent toutes et du coup je me suis dit en fait je vais choisir personne, c'est impossible je ne peux pas choisir quelqu'un. Donc ce que je vais faire, et c'est là où j'ai commencé à penser à cette idée, je me suis dit ce qui serait trop cool c'est que j'arrive à faire poser toutes ces personnes, mais comment je vais faire ? Et du coup je me suis dit, tu sais quoi, quand la bague sera faite, à un moment donné je vais balancer sur les réseaux sociaux que je serai présente à une certaine heure, à un certain endroit, avec la bague, avec un photographe, un vidéaste. de la sécurité et on fera poser les gens qui le veulent avec la bague on leur transmettra les photos et par eux-mêmes ils véhiculeront leur propre message d'espoir et du coup ça va se passer là le 15 juin à Genève on va laisser passer derrière l'horloge ferrari, j'ai pris un super photographe, un super vidéaste et tous les gens qui voudront venir poseront avec la bague soit sur la main, soit dans l'écran parce que tout le monde peut, enfin elle est pas au numéro de voix de tout le monde, à la tête de tout le monde mais c'est surtout symbolique, c'est surtout pour se concentrer sur le message. Et souvent on m'a dit « tiens mais pourquoi tu fais pas ça dans une boutique, dans un truc un peu plus luxe tout ça » et en fait c'est justement le truc que je voulais pas, c'est que je voulais pas que les gens soient crinés. Vraiment ce que je voulais c'était qu'on se concentre sur ce message là, et pour moi la rue c'est l'endroit où on voit les gens, tous les gens en fait. Et du coup c'est ce que je voulais, c'est que je voulais être à un endroit où on puisse voir tous ces gens et que ceux qui ont envie de faire un peu, on se voient. donc voilà là c'est la dernière actu il va falloir que je communique cette semaine là sur le projet il va falloir que j'envoie la sauce parce que c'est possible que ce projet tombe à l'eau aussi là pour le coup c'est qu'en fait on gère tellement pas le nombre de personnes qu'il pourrait y avoir sur cet événement on verra tu te laisses porter ouais écoute en fait comme je dis c'est possible que ce soit un échec mais en fait c'est tellement la manière dont ça me parlait le plus que je veux le faire de cette manière c'est voilà

  • Speaker #1

    Ok, si j'essaie de résumer, en gros, ton mot de la fin, c'est il faut s'écouter et espoir.

  • Speaker #0

    Mais ouais, totalement, écouter nous, c'est trop bien. Il faut lâcher prise. Je dis ça, mais je suis encore quelqu'un d'hyper stressée, mais j'apprends à faire ça, à sentir ce que j'ai au fond de moi. Et quand tu fais les choses que tu ressens, c'est trop bien de marcher dans tes propres Ausha et de ne pas voir tes Ausha marcher à côté de toi.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Estelle.

  • Speaker #0

    Merci à toi Adrien.

Description

Dans cet épisode, nous accueillons Estelle Lagarde, artiste reconnue dans le domaine du gouaché de bijoux et fondatrice deLagarde Jewelry Drawing.


Elle réalise des projets pour de prestigieuses maisons de joaillerie et d'horlogerie, adaptant son art aux garde-temps, et s'exprime désormais sur de grandes toiles tout en lançant sa propre collection. Estelle partage son parcours entrepreneurial, alliant exigence et créativité, et nous offre un aperçu unique de l'industrie du luxe et du design.

Dans cet épisode, elle partage avec nous son expertise et son expérience dans ce domaine.

Au cours de cet épisode, nous avons discuté de :

👉 L'importance de l'équilibre entre exigence, créativité et esprit d'entreprendre,

👉 L'impact des réseaux sociaux sur son image de marque,

👉 Sa confiance en l'avenir des métiers de l'artisanat d'arts VS l'IA

👉 Les précédentes expériences professionnelles d'Estelle et ses difficultés

👉 Le parcours entrepreneurial d'Estelle et ses projets à venir


Citation d'Estelle :
"Le joaillier va prendre le gouacher et va mesurer toutes les parties du bijou.

Il va pouvoir savoir quelles sont les dimensions de n’importe quelle partie de la pièce. Ça lui permet aussi de lire les volumes, de savoir les matériaux utilisés."



Pour aller plus loin :

Instagram d'Estelle Lagarde
Linkedin d'Estelle Lagarde

Site web Lagardejewelerydrawing

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Bonne découverte 🎧



C'est le podcast qu'il vous faut si vous vous posez ces questions : Qu’est-ce que le merchandising et pourquoi est-il essentiel ? Comment optimiser l'agencement d'un magasin pour booster les ventes ? Quelles sont les meilleures stratégies de merchandising pour un commerce local ? Merchandising digital vs. physique : quelles différences et complémentarités ? Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle le merchandising ? Vous écoutez je bosse en grand distribution et vous vous allez plus loin sur le merchandising ?  Vous aimez le podcast du retail et vous avez des questions sur le merchandising ?  Vous aimez sans filtres ajoutés et avez envie de connaitre le merchandising ?




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Transcription

  • Speaker #0

    Et si la léon... plus tu travailles à de la valeur, et bien, toi croisé, on m'appellera. Plus tu dis des choses sur toi, et plus tu te rends vulnérable en fait. Et ça, je me rends compte. Et chaque fois, on me dit, vas-y, c'est courage, mais toi, tu me dis, là aujourd'hui, j'ai conscience, et ouais, en vrai, j'ai tout dévoilé de moi quoi.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arim Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, non, vas-y, c'est ça. Et donc, là,

  • Speaker #1

    Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. Mais je suis surtout ravi de vous accueillir sur mon podcast qui va vous faire plonger dans l'univers de l'entrepreneuriat, du merchandising et du retail. Le tout dans un esprit pro, simple et sympa. Après des mois de préparation, j'avais envie de créer un podcast pour être plus proche de ma communauté, pour partager, pour échanger sur des sujets qui m'intéressent à travers un canal créatif. Mais surtout, et ce qui m'intéressait, c'était donner la parole à des gens qui font au quotidien, qui mettent les mains dans le moteur et qui font des choses incroyables en entreprise. A travers ce podcast, nous allons donc découvrir des histoires inspirantes de personnes dont l'univers est dans le secteur du retail, du merchandising, mais aussi pour échanger des conseils pratiques. et mettre en lumière des entrepreneurs avec des actions concrètes. Estelle, moi je suis ravi en tout cas de t'accueillir sur le podcast parce qu'au-delà que tu sois une experte sur le domaine du gouacher de bijoux et que tu travailles avec de belles marques, moi j'ai toujours plaisir à te suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur... LinkedIn et c'est plutôt comme ça aussi que je t'ai connu, c'est avec tes premières, enfin pas tes premières mais en tout cas avec tes réalisations et puis aussi parce qu'à travers mon métier, mon fournisseur, tu travailles avec eux donc finalement je te connais sans te coller et donc c'est pour ça que je suis ravi de pouvoir te poser toutes ces questions et plein de questions. Donc Estelle, bonjour et encore merci de ta participation.

  • Speaker #0

    Et bien salut à toi Adrien, merci surtout à toi de m'avoir invité pour ça. ce podcast, comme dis-moi, qu'il s'agit de parler de mes métiers, de tout ce que je fais, ça me fait toujours plaisir de pouvoir partager, donc merci.

  • Speaker #1

    Bon, du coup, j'ai plein de questions. Je pense que la première question est celle qui est la plus naturelle et qui s'impose, c'est sur toi. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours et surtout ton métier de gouacheuse ?

  • Speaker #0

    Ouais, bien sûr. Et bien alors, pour t'expliquer un petit peu, donc moi, j'ai commencé par faire une école de de bijouterie à la base, qui était à Valence, qui s'appelait Amblard. Et donc j'ai fait un CAP bijouterie et un brevet des métiers d'art pendant 4 ans. Et à la suite de ces 4 années, après je suis partie travailler au studio de création de Van Cleef en Arpels. Et je dois dire que c'est là-bas qu'on m'a transmis la majorité de mon savoir-faire. Je crois que j'ai une formatrice incroyable. qui avait un savoir-faire de dingue et qui m'a franchement tout transmis donc voilà je suis partie un an et demi là-bas, j'ai fait mes armes dans le boitier et moi c'est vrai que j'avais toute ma famille qui était en Haute-Savoie, mes amis et tout et du coup je faisais énormément d'aller-retour et en fait j'adorais mon métier enfin vraiment j'avais le métier de mes rêves mais ma vie était pas du tout à Paris et du coup c'était un peu compliqué donc comme je disais, je faisais souvent les aller-retours et tout et j'ai eu envie de revenir en Haute-Savoie donc j'ai posé ma démission Et puis ensuite, je suis partie travailler en Suisse, dans les cadres d'art, pour faire de l'émail sur cadres de montres, ce qui était quelque chose que je ne connaissais absolument pas, qui était totalement différent de ce qu'on avait là. En tant que...

  • Speaker #1

    Excuse-moi, je te coupe. En tant que... Enfin, tu travailles dans l'entreprise ou tu avais déjà montré ta structure entreprise ?

  • Speaker #0

    Là, c'était une entreprise qui était déjà existante et... ce n'était pas encore mais bref et donc du coup je suis partie travailler là-bas et j'ai fait 4 ans dans cette entreprise je suis en burnout à cette période et c'était une période hyper compliquée dans ma vie c'est pour ça que j'ai créé une entreprise d'accord,

  • Speaker #1

    t'es vraiment partie de quelque chose de sombre et de négatif pour te lancer c'est de l'énergie

  • Speaker #0

    J'en avais pas mais j'avais pas le choix.

  • Speaker #1

    Ok, et alors pourquoi le métier de gouacheuse ? Qu'est-ce qui a fait que tu as été attirée par ce métier et surtout pourquoi tu t'es épanouie ?

  • Speaker #0

    Et bien pourquoi le métier de gouacheuse c'est vraiment une question. En fait quand j'ai commencé à faire mes études en bijouterie, à la base je devais initialement apprendre l'atelier, donc la mise en forme du métal. Et j'étais pas mauvaise, mais je sentais que c'était pas ça quoi, c'était pas le truc qui me plaisait. Donc en vrai, le cours, je vais pas m'en montrer, c'était catastrophique. C'était catastrophique pour moi, je suivais absolument rien à l'école. Et par contre, j'ai découvert le dessin à cette période-là, et je crois que ça, ça m'a sauvée. Genre en fait, j'ai eu l'impression de me découvrir un truc que je savais absolument pas que j'avais des facilités dedans. J'ai été bien entourée. hyper soutenu et je dirais que c'est ce qui m'a fait tenir en fait sur cette formation parce que moi en fait j'avais envie d'arrêter quoi. Donc, et mon prof m'a dit écoute Estelle, il y a en fait des bouchées aussi dans le dessin, le bijouterie, continue je pense que tu vas arriver à faire un truc. Et je l'ai écouté, il m'a trouvé un stage pendant le BMA chez Van Cleef & Arthos et c'est comme ça en fait que j'ai réussi à s'y concentrer. Mais c'est vrai que moi je connaissais pas. Du coup, j'aimais le dessin, c'était pas mon domaine non plus de prédilection. La peinture, j'en pesais un petit peu, mais pareil, j'avais jamais testé la gouache, ni j'avais jamais fait une peinture un petit peu aussi précise. Et là, je tombe sur un truc où, quand j'essaie, je vois direct que ça fonctionne. Alors que le prof m'avait dit, tu vas voir, ça va être galère, les étudiants, c'est difficile pour eux d'y arriver. Quand j'essaie, je me dis, c'est bizarre. Tu vois, genre...

  • Speaker #1

    Ça se passe bien ! Les planètes sont alignées, il n'y a plus qu'à, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Ouais, c'était cool et du coup, c'est vrai que je pense aussi que dans l'art, il y a un côté hyper thérapeutique et je crois que j'avais besoin à cette période de l'adolescence qui était compliquée et en fait, je me souviens là-dedans.

  • Speaker #1

    Au quotidien, ton métier consiste en quoi ? Comment tu travailles avec les marques ? C'est quoi finalement le quotidien d'Estelle ?

  • Speaker #0

    Mon quotidien il évolue depuis ces 4 années, je dirais qu'au départ, moi en fait je travaille vraiment en tant que sous-traitante pour les marques d'horlogerie et de joaillerie en tant que gouacheuse. Donc le but c'était de mettre en peinture un design de manière hyper réaliste de façon à présenter à des clients les designs sans qu'ils soient encore réalisés. Et c'est une manière en fait aux clients de se projeter assez rapidement sur un bijou et c'est aussi un bien. le temps et l'argent énorme pour les entreprises parce qu'ils n'ont pas de maquettes à fabriquer et c'est surtout grâce à ce dessin qu'on sait exactement ce qui se passe sur une caisse. Donc voilà, j'ai commencé comme ça et petit à petit, j'ai senti aussi des besoins de m'exprimer en termes de design, de création, donc j'ai commencé à faire mes créations et c'est aussi parce que j'arrivais difficilement à lisser mon travail sur la main en tant que gouacheuse. en vivant juste de la gouache. Et je me suis dit, là, il faut que je m'expose un petit peu en design pour voir ce que je suis capable de faire et proposer ça en plus aux marques pour vivre à l'année dessus. Parce qu'en fait, j'étais hyper contrainte des sorties de collections et tout ça. Et il y a des moments où j'avais énormément de travail et après, tout rien pendant deux mois. Et je me suis dit, waouh, c'est chaud. Je veux que je puisse avoir un équilibre sur l'année. Donc, après la gouache, je me suis mis au design. J'ai travaillé aussi pour les marques en tant que designer, parfois en tant que designer et gouacheuse, parfois juste gouacheuse, parfois juste designer, ça dépendait. Et depuis l'année dernière, je crois que j'explore quelque chose d'artistique, dans le sens où je réalise des toiles de très grand format, où je retranspose mon travail de gouacher sur des énormes dimensions. Et du coup j'ai pas mal de commandes. Surtout cette année, je crois que la majorité de mon travail c'est ça, c'est justement ce travail d'art, de réaliser des toiles dans un très grand format, de montres. Et ça permet aux marques de présenter un modèle nouveau. Je vais dans les événements, je peins sur place, tout ça, c'est un peu du show painting. Et c'est une manière de présenter aux clients, aux personnes qui sont dans un événement, la pièce en même temps.

  • Speaker #1

    J'ai deux questions. Depuis tout à l'heure, tu parles de la gouache. Pourquoi la gouache ? Est-ce que le travail que tu fais avec les marques, ça t'a obligé à traiter avec les caractéristiques de la gouache ? Tu ne peux pas le faire avec de l'aquarelle ou avec de l'huile. Pourquoi la gouache ?

  • Speaker #0

    Pour te dire un petit peu, pour moi, la gouache, c'est ce qui te permet de peindre de manière la plus précise. sans perdre de l'opacité, de l'intensité dans les couleurs. Si tu peins avec de l'aquarelle, tu as quelque chose de moins précis, de plus fluide, de plus liquide, et en fait, tu perds en réalisme. Et moi c'était le style de peinture que je voulais, je voulais faire des peintures hyper réalistes, surtout que j'avais appris avec la peinture miniature et l'émail, la précision dans l'horlogerie. Et je m'étais dit, là je commence à avoir au niveau de la précision un œil assez affûté et je me suis dit, ouais là c'est le style que moi j'ai envie de donner dans mes peintures, c'est que quand tu reçois ta peinture, tu la vois et tu as l'impression que tu peux la choper avec tes mains. Donc la gouache c'était la technique la plus appropriée pour ça. et ensuite quand j'ai peint sur les grands formats, j'ai changé de technique maintenant je peins avec de la flash, c'est une sorte d'acrylique qui se peint un peu comme la gouache avec de l'eau et ça c'est la marque Le Front Bourgeois qui m'accompagne dans toutes mes démarches créatives je suis devenue remassadrice pour eux il y a 3-4 ans au début ça a commencé avec la gouache et ensuite maintenant sur des supports et des techniques différentes Et en fait, pour t'expliquer, moi j'aimais bien peindre à l'huile en dehors de mon travail, sauf que le truc c'est que c'était un chantier monumental à chaque fois que je peignais à l'huile. Et en fait j'avais abandonné l'idée de peindre sur des grands formats parce que ça prenait 10 tombes, et qu'à chaque fois je mettais un bis de fou, et je me disais non mais ça c'est pas pour moi et tout. Et donc là le franc-bourgeois m'a dit écoute, on a des peintures qui sont adaptées à ce que tu recherches, vas-y essaye-toi. Du coup j'ai essayé ça et là j'ai fait wow, ça m'a réconcilié et du coup maintenant j'adore.

  • Speaker #1

    Alors du coup tu as un vrai partenariat avec Lefranc, j'imagine qu'ils font aussi appel à toi pour développer ou ajuster des produits ou avoir ton retour ?

  • Speaker #0

    Ça dépend, oui, ça arrive de temps en temps. Ça arrive de temps en temps, des fois on fait des événements ensemble, la dernière fois on a fait une exposition avec eux. Ils m'envoient des produits pour aller tester et tout ça. Et la dernière chose qu'on a fait... fait ensemble c'était avec le Ballon d'Or justement que j'ai fait en octobre 2022 et là c'est la première fois que je faisais un énorme format avec une technique différente et tout et pour le coup ils ont été vraiment derrière moi parce que je me suis perdue

  • Speaker #1

    quoi. Justement tu veux bien nous en parler de ça parce que ça devait être un projet énorme, mal de pression, c'était quoi du coup les contours du projet ?

  • Speaker #0

    Et bien en fait il fallait réaliser la montre qui allait être... présenté pour l'événement du Ballon d'Or et il disait que c'était de faire une poêle en très grand format pour l'événement et qu'elle allait être dévoilée au public là-bas sur place. Et vraiment il m'avait laissé les cartes blanches pour le projet et moi j'avais toujours rêvé de faire un énorme format parce que c'est ce que je dis, j'ai la bouche de peintre infiniment petit et pour moi de voir l'infiniment grand c'était aussi un challenge. Et du coup quand il m'a dit vas-y tu fais ce que tu veux, on te laisse carte libre, j'ai fait ok, vas-y, je te remercie. et quand j'ai reçu le cadre j'étais mais waouh en fait je vais faire comment si n'importe quoi arrive sous cette technique la dimension était énorme comment je fais pour redessiner cette montre sous cette toile enfin tout était énorme quoi et bref et du coup on a fait quand même le projet qui était incroyable vraiment moi ça en fait c'est fou parce que j'étais hyper contente de ce que j'allais réaliser mais le pendant que je l'ai fait c'était une horreur c'était une horreur parce que c'était nouveau la technique, que je la maîtrisais pas que j'avais conscience de l'importance de l'événement et de ce que j'étais en train de faire, de la chance que j'avais et en fait j'ai eu une pression de fou pendant 3 mois c'était ma question,

  • Speaker #1

    3 mois pour réaliser la montre

  • Speaker #0

    3 mois pour réaliser la montre et le final j'ai adoré, mais tout le pendant avec cette pression pression avec cette nouveauté, nouvelle technique et tout, je me suis dit c'était trop quoi. Et donc on a fait l'événement, j'ai adoré et quand je suis revenue, j'ai eu une espèce de redescente d'adrénaline qui m'a couché pendant deux semaines. Mais maintenant je suis super contente de l'avoir fait, mais c'est vrai que c'était nouveau.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arine Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, pas du tout, non. Non mais c'était chouette, c'était trop chouette de voir tout ça. Surtout que c'est un milieu qui... moi, c'est pas mon délire le flou, mais je voyais vraiment dans les yeux des gens que j'allais dans un truc de flou. En fait, c'est grâce à eux que j'ai vraiment vu l'importance du truc dans lequel j'allais. Mais moi, dans ma tête, je faisais juste ma peinture. Et quand j'étais là-bas, je me suis dit « Ouais, c'est ça, la peinture, il y a pas juste la peinture, il y a tout un délire quand même qui est fou. »

  • Speaker #1

    Et comment tu as géré la relation avec... D'ailleurs, c'était quoi la marque de la montre ?

  • Speaker #0

    Alors, la marque, c'était Pure Nail. C'était Pure Nail. et qui sont un sponsor du Ballet d'Or.

  • Speaker #1

    Alors du coup j'imagine, ça touche quand même à une certaine image du luxe, donc beaucoup d'exigence. Toi comment tu as géré ça pour ton projet ?

  • Speaker #0

    Bah écoute, moi ça allait dans le sens où en fait je suis déjà hyper exigeante avec moi-même. Donc en fait l'exigence que les gens me portent, j'ai l'impression qu'elles ne savent jamais que celle que j'ai avec moi. donc en soi ça s'est bien passé la seule pression que j'ai eu en fait elle était de moi et aujourd'hui au delà de tous les projets que tu fais comment tu travailles un peu cette image un

  • Speaker #1

    peu Estelle Lagarde comment tu communiques au quotidien c'est quoi tes canaux de partage de tes oeuvres alors moi je communique sur ...

  • Speaker #0

    presque tout, je vais dire donc LinkedIn, Facebook, Insta, Youtube, là j'ai envie de commencer à Tik Tok mais en vrai c'est tellement, enfin j'ai du mal à le comprendre encore pour l'instant et à comprendre ma site tout ça donc j'ai un peu laissé le tour de l'autre côté, mais bref en tout cas celui qui m'intéresse le plus aujourd'hui c'est LinkedIn sincèrement, ce qui me pousse c'est que j'entends énormément de gens qui me disent ouais mais LinkedIn mais moi j'aime pas, je coupe, c'est ça. à quoi ça sert et l'utilité de ce réseau parce que moi tout se passe dessus quoi autant Instagram c'est cool, c'est une vitrine où tu montres mais il se passe rien du tout moi les dix, il se passe des choses, ça bouge je rencontre des gens, je parle avec des gens, je concrétise des choses vraiment il y a quelque chose d'hyper concret dans ce réseau là et moi c'est celui que je préfère après comment est-ce que je gère l'image en vrai c'est hyper difficile Je t'avoue que je crois que c'est le sujet que je me pose le plus de questions en ce moment et qui est hyper dur pour moi parce qu'au début où j'ai commencé à partager sur les réseaux sociaux, en fait, il n'y avait personne qui le connaissait, tu vois. Et moi, je l'ai fait de manière totalement thérapeutique, en fait, comme je disais au début du podcast. J'ai fait un burn-out à cette époque-là, j'ai vécu du harcèlement au travail et tout. Et en fait... j'avais envie de raconter des choses, de comment est-ce que j'allais me relever. C'était la manière pour moi de dire des trucs à un endroit sans connaître personne en fait. Et c'est pour ça que j'ai fait. Et en fait, il y a des gens qui se sont intéressés à ce que je racontais à ce moment-là. Moi, j'étais un peu en mode post-trauma, où je me lance sur les réseaux dans le sens où je vois encore personne, pendant un an je me dis « tu vas me remettre tout » . Ensuite, il y a le Covid, deux ans. qui nous enferment, donc en fait c'est pendant 3 ans où je ne vois personne et moi je continue mes délires quoi, mes peintures, raconter ma vie, machin tout. Après ça, ça va mieux, je ressors, je sors dans les salons d'horlogerie, de jarillerie, tout ça et en fait, en fait ce qui me fout c'est que je me rends compte que dans les salons que les gens me regardent, me connaissent et tout et en fait je me tape une cuisse de panique de malade et j'en fais même un malaise dans un salon parce qu'en fait je me rends compte de l'importance des réseaux sociaux. de l'impact sur tout et je me suis dit je vais trouver mon boulot ce que j'ai à raconter donc pour moi c'était hyper rigolo c'était personnel j'avais besoin de ça mais en fait les gens ils ont pas oublié et ils m'en parlent et ça je t'avoue que ça m'a fait hyper bizarre et depuis l'année dernière tu vois là je commence à rencontrer énormément de gens et tous ces gens ont écouté et vu ce que j'ai dit et aujourd'hui c'est hyper dur pour moi parce que j'ai une relation avec les gens de mon réseau Et avant je ne l'avais pas et ça me permettait d'avoir cette distance et de faire tout ce que j'ai fait, tout simplement. Et aujourd'hui, j'ai du mal à communiquer parce que je vous vois en fait. Et ça c'est hyper dur. Et en même temps, je me dis, moi j'avais ce besoin, c'est aussi pour ça que j'aime les réseaux, c'est que ça me permet de dire des choses, de communiquer des choses à un endroit. Mais c'est terrorisant en même temps, il y a de plus en plus de gens et ce n'est pas facile. Et comment gérer ça ? je me suis dit peut-être qu'il faudrait que je mette un cadre à tout ça et le truc c'est que j'ai pas non plus envie de me travestir pour le regard des gens mais comment trouver l'équilibre là-dedans, d'être le vrai soi tout en se protégeant parce que les réseaux c'est hyper flippant, franchement je vous le dis sincèrement moi ça se passe bien, mais quand je vois ce qui se passe ailleurs avec des gens et tout je me dis que ça fait peur quand même donc franchement je sais pas comment je le gère, j'essaie de manière le plus naturelle tout simplement de faire quand même attention à moi, mais comme je dis,

  • Speaker #1

    d'être le plus authentique possible. Et du coup, le fait que tu aies pris cette prise de parole, que ça a été un peu salvateur aussi pour toi, tu as eu des retours, tu as eu des gens qui t'ont contacté sur LinkedIn en disant « Je me suis reconnu dans ton parcours, tes difficultés, merci d'avoir partagé ça. »

  • Speaker #0

    mais tellement tellement et je crois que c'est ce qui m'a soutenu et c'est ce qui m'a donné envie de dire encore plus de choses et en même temps du coup de me rendre plus vulnérable plus tu dis des choses sur toi et plus tu te rends vulnérable en fait et ça je me rends compte et chaque fois on me dit vas-y c'est courageux et tout je me dis là aujourd'hui j'ai conscience et je me dis ouais en vrai j'ai tout dévoilé de moi quoi mais force m'est faible assez tout et ça me rend vulnérable donc voilà mais je me rends compte quand même que ça aide des gens et ça me fait plaisir franchement c'est comme je dis aujourd'hui je Je ne suis pas sûre que je communiquerais encore longtemps comme ça, longtemps de cette manière et tout, parce qu'il y a beaucoup de choses qui changent autour de moi. Mais je l'ai fait au moment où j'en avais besoin. Et voilà, c'est ce qui m'a...

  • Speaker #1

    Et ça t'a aidée, oui. Alors, du coup, tu fais ton burn-out. Il y a un peu de temps qui se passe. Et ensuite, tu lances ton entreprise, c'est ça ? Oui. Alors, ça s'est passé comment, du coup ?

  • Speaker #0

    Bah, dur. C'était dur parce que... Moi, j'étais en arrêt maladie un peu ce moment où... On me licencie parce que je l'avais demandé et tout. Et donc là, c'est le moment où je suis au plus bas de ma vie. Je me dis, mais en fait, j'ai eu certainement des affaires de toute ma vie. Et physiquement, j'avais des gros problèmes de santé aussi. Et je me suis dit, il faut que je me soigne. Il faut que je lance une boîte. Il faut que psychologiquement, je me remette sur pied. Mais ça va être chaud. Et donc, bref, du coup, tout ça pour dire qu'au moment où je lançais ma boîte... En plus, j'avais perdu totalement confiance en moi par rapport à l'expérience que j'avais eue. Et c'était impossible pour moi de prendre un téléphone pour expliquer ce que je voulais faire. Le contact avec les gens était devenu impossible pour moi.

  • Speaker #1

    Ça te prenait trop d'énergie.

  • Speaker #0

    Oui, et puis comme je dis, par rapport au manque de confiance qu'on m'avait fait, le rapport avec les gens, je n'y arrivais plus. Et je me suis dit, comment je vais faire ? Là, je suis au pied du mur de fou. Et en fait, c'est pour ça que je me suis lancée sur LinkedIn. en montrant mes représentations de peinture parce que je me suis dit tu sais quoi je ne suis pas capable de prendre un numéro de téléphone je vais faire des peintures et s'il y a des gens qui trouvent que mon travail a de la valeur et ben doigts croisés on m'appellera et dans le cas où j'y reprends je me dis mais c'est des tarés de lancer son business comme ça et ça a fonctionné genre ça a fonctionné comme ça on m'a appelé parce qu'on a vu mon travail et petit à petit tu vois depuis le début j'ai réussi à reprendre prendre confiance et tout. Et maintenant, je sais prendre un téléphone, je démarque bien sûr, mais au début, c'était chouette.

  • Speaker #1

    Ça a mis combien de temps pour que ça décolle bien comme tu le voulais ?

  • Speaker #0

    Ça a été hyper rapide. Je crois qu'en six mois, ça a été hyper rapide. C'était même fou, genre, limite un an et demi. Je me suis dit, c'est trop. Je crois que j'ai mis cramé, quoi. Mais c'était chouette.

  • Speaker #1

    Et aujourd'hui, ta boîte, ça fonctionne comment ? Donc tu fais des prestats pour des marques, tu fais aussi des formations, tu accompagnes...

  • Speaker #0

    Exactement. Exactement, donc je continue pour travailler pour les marques dans le design dans la gouache, je fais aussi de la formation, et là, je suis en train de créer ma marque de Jo, au Joeri. Donc c'est vrai que du coup, je fais énormément de trucs dans tous les sens. Mais c'est ce qui m'a permis aussi de lisser mon activité à l'année, parce que comme je disais, c'est beaucoup de haut, de bas, dépendant des sorties de collections, aussi des marques. et c'est pas évident et du coup c'est aussi pour ça que j'ai fait la formation de manière à pouvoir pareil avoir des revenus meilleurs pour moi et aussi de façon à transmettre parce que j'en avais envie mais il fallait que je trouve plusieurs activités pour vivre à l'année vraiment de ce que je voulais et comme j'avais en plus dans le but de développer ma marque J'ai commencé à m'intéresser un peu à la partie financière de tout ça. Je me suis dit, waouh, cocotte, là, il va falloir qu'on voit un peu plus, parce que sinon, il va se passer du tout quoi. Donc, voilà.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, tu entreprends toute seule ou tu es accompagnée ? Vous êtes plusieurs ou tu es vraiment seule à la barre ?

  • Speaker #0

    Je suis accompagnée avec le projet de formation avec mon frère. Ça, c'est un projet qu'on a réalisé vraiment tous les deux. Pendant le colibre, on a fait des formations physiques, et comme le colibre a dû laisser parler le projet, on a fait les vidéos en ligne. Et ensuite, pour tout le reste, je suis vraiment toute seule.

  • Speaker #1

    J'ai une autre question, parce que depuis tout à l'heure, on parle de créativité, etc. Si tu as un conseil à donner à quelqu'un de créatif, qui veut se lancer en tant qu'entrepreneur ? Allez, si t'as une bonne astuce, un petit tips, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    C'est une très bonne question, je sais pas, je dirais que la réponse elle est tellement bateau, mais tellement vrai, je dirais juste que c'est de s'écouter quoi. d'y aller parce qu'en fait, il n'y a rien de plus dur que d'avoir des regrets dans la vie. Et moi, j'ai l'impression que c'est ça que j'avais aussi quand j'étais mon burn-out, c'est que je faisais un truc totalement à côté de mes godasses et ça m'a fait tellement souffrir qu'il fallait que je fasse ce que j'avais à faire. Donc je dirais qu'il y a toujours plein de jugements des gens et en fait, souvent, les gens projettent juste leur propre peur sur toi-même et ce n'est pas parce qu'il y a certaines personnes qui n'ont pas été capables de faire le pas que ça ne sera pas valable pour toi.

  • Speaker #1

    et par rapport à forcément un titre avec des grandes marques etc tu as une petite histoire amusante,

  • Speaker #0

    une petite anecdote à nous dire et bien figure-toi que je n'en ai pas de spécial ou en tout cas pas que je peux dire

  • Speaker #1

    tu as rencontré Karim Benzema ?

  • Speaker #0

    Non, mais même pas, je ne l'ai même pas... Ah ouais, c'était un peu dingue parce qu'il est passé en mode 10-15 minutes. Non, mais vraiment, c'est... Ça, c'était impressionnant aussi de voir tout ça. Je me suis dit, cette machine qu'avait fait de cet événement pour une soirée, ça représentait une soirée. Et c'était fou, mais en même temps, c'était tellement cool. Et je me dis, j'ai vu toute l'organisation, tout ce qu'on a préparé autour pour juste ces quelques heures. Je me suis dit, c'est l'une des erreurs. Pour moi, c'était... C'était dingue. Mais non, j'ai pas d'anecdotes spéciales, vraiment. Je crois pas.

  • Speaker #1

    Bon. Et du coup, là, entre faire des bijoux et faire des montres, tu t'éclates plus dans quoi ?

  • Speaker #0

    Dans les deux. Je trouve mon équilibre, mon intérêt vraiment dans les deux. Ce qui est fou, c'est que là d'où je viens, c'est la joaillerie. J'ai découvert l'horlogerie parce que j'ai dû commencer à peindre un peu des choses horlogères. Parce que quand je me suis lancée à mon compte, j'étais en Haute-Savoie, et je me suis dit, wow, mais là c'est lancé dans la Génie-Rue alors que c'est en Haute-Savoie, ça va être chaud. Il y avait Genève à côté, je venais des montres, et je me suis dit peut-être que ce serait cool que j'essaie de faire du gouachis pour l'horlogerie. Et c'est comme ça que l'horlogerie est venue dans mon parcours. Et j'y ai trouvé énormément d'intérêt en les peignant, en m'y intéressant aussi par les métiers d'art. Et de fil en aiguille, j'ai aussi dû apprendre... à savoir ce qui se passe à l'intérieur d'une montre parce que pour les peindre, il faut savoir ce qui se passe dedans. Et quand j'ai commencé à les peindre, ce qui se passe, en fait, je ne sais même pas ce que je peins. Et donc, j'ai dû apprendre. Là, maintenant, j'essaie de démonter un peu de loin tout ça pour savoir tout ce qui se passe dedans, ouvrir des livres de CAP et tout pour apprendre. Mais c'est vrai que je commence à trouver vraiment l'intérêt dans l'horlogerie. Et j'ai découvert aussi des horlogers passionnés qui me transmettent un peu leur passion. Comme je dis, en fait, plus tu rencontres des gens passionnés par ce qu'il faut, plus tu te transmets de cerveau. Là, j'avoue que je commence à trouver un peu mes penchons dans l'horloge-lune et je crois même que j'aimerais en faire.

  • Speaker #1

    Du coup, c'est quoi ta montre préférée ou celle que tu aimerais bien faire bientôt ? Peut-être qu'ils nous écoutent.

  • Speaker #0

    Ma montre préférée, j'en ai plein une spéciale. Je les aime toutes. Enfin, il y en a beaucoup que j'aime de manière différente. Soit par les mécanismes qu'il y a à l'intérieur, soit pour... technicité, soit pour l'artisanat qu'il y a derrière, les métiers d'art. Je pense que si je faisais une montre à menuage, ce serait un truc hyper coloré avec un petit côté joaillier dedans. Les métiers d'art, c'est sûr parce que j'aime trop, j'aime trop les artisans. Et voilà, mais c'est vrai que l'égout dépend de... de l'entrée.

  • Speaker #1

    J'ai une dernière question pour ton métier, elle est un peu plus piquante, mais comment tu vois les choses par rapport à tout ce qui est intelligence artificielle ou aussi avec tout ce qui est dessin sur ordinateur ? Est-ce que tu vois comme une concurrence ou finalement tu dis que ce côté un peu d'art, il apporte quelque chose d'autre aux marques qu'elles ne vont pas retrouver avec les ordis ?

  • Speaker #0

    Alors, je t'avoue qu'il y a… Quelques temps de ça et quelques années de ça, ça ne me plaisait pas du tout ce que j'étais en train de voir et si j'avais peur, quoi moi en fait. Vraiment, je me suis dit, putain, les artisans, c'est terrible ce qu'on pense passer. Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une révélation il y a ces derniers temps, et je me suis dit, mais en fait, l'intelligence artificielle, c'est juste l'intelligence d'une connaissance, et ce n'est absolument pas l'intelligence émotionnelle. et l'artisan apporte l'intelligence émotionnelle d'un humain à un humain. Et je me suis dit, ça pour l'instant, c'est la distance encore qu'on a avec l'intelligence artificielle, elle n'existe pas cette intelligence-là, et du coup je me suis dit, vas-y c'est bon, on a encore de la vie en devant nous, on ne représente pas sûrement pas une majorité dans ces travaux-là. la main mais je pense que pour le luxe on va être hyper important parce que le luxe c'est l'émotion c'est la transmission émotionnelle, le coeur tout ça et ça je suis désolée mais vraiment il n'y a que le vin qui fait ça c'est vrai, d'ailleurs j'ai déjà vendu des pièces à des centaines de milliers d'euros, des millions d'euros grâce à un dessin j'ai jamais vu une pièce à des centaines de milliers ou des millions d'euros se vendre en se présentant juste sur un 3D CAO d'ordinateur. Jamais. Quand tu vas dépenser autant d'argent, tu n'en as plus. Tu as une attente. Et si l'attente, elle est la même que pour des produits que tu vas payer 10 balles, tu n'as pas envie d'acheter.

  • Speaker #1

    Et du coup, les marques, elles arrivent à te dire, bon, ben voilà, ton travail, Estelle, ça rentre dans un plan de com ou de marketing autour de notre... notre montre, ils arrivent à identifier une accélération des ventes ou des retours ?

  • Speaker #0

    Alors, si ça existe toujours dans les grandes maisons, c'est qu'ils ont bien compris l'intérêt. À un moment donné, je pense qu'on a eu envie de se séparer de ce savoir-faire qui était très coûteux, parce que ça prend du temps, sauf qu'on se rend compte à quel point l'intelligence émotionnelle, l'émotion qui est transmise par un métier d'art, elle est hyper importante. hyper important pour nous, donc en fait ils sont revenus et maintenant ben voilà, il y a du travail il y a du travail parce qu'il faut toucher comme ça, c'est tout,

  • Speaker #1

    il faut le toucher pour aller plus loin tu vois On est quoi ? On est au mois de juin. C'est quoi tes défis encore de l'année ? Et ça serait quoi les bonnes raisons qui vont te dire je vais être à 100% sur les prochains mois ?

  • Speaker #0

    Alors, on est déjà au mois de juin. C'est hyper flippant. Début juin. Oui, on est début juin. Ce que j'aimerais, c'est vraiment être à fond dans le développement de la marque. Vraiment là pour moi c'est vraiment ce que j'ai envie, j'aimerais finir par vivre que de ça, que de la marque. J'ai énormément de boulot à faire encore, là j'ai produit pour l'instant. C'est pas évident mais j'ai besoin de proposer un univers, donc j'aimerais que pour 2025 on comprenne l'univers, l'image aussi de la marque, c'est quoi la garde. Ça j'aimerais arriver à le définir, à l'expliquer. Et ça pour moi aussi, j'ai l'impression que c'est quand même un véritable accouchement personnel, parce que pour arriver à avoir un univers créatif, c'est plutôt que je me ponde moi-même en fait, tu vois. Donc je crois que je suis en train de me trouver, que ça sorte tranquille, ça va prendre un petit peu de temps, mais j'aimerais que ça soit installé, qu'on le comprenne, et puis voilà.

  • Speaker #1

    Et tu t'es déjà posé des objectifs à 5, 10 ans, tu vois un peu où tu veux être à moyen long terme ?

  • Speaker #0

    Oui, je ne l'ai pas fait avant mais je l'ai fait là il n'y a pas longtemps. Je me suis dit, depuis le début de cette aventure, c'est tellement de travail. Je travaille tout le temps, je ne m'arrête jamais, même le week-end, je suis toujours en train de travailler. Je dois prendre trois semaines de vacances par an, 100 week-ends. Je me dis, je ne fais que ça et en fait, je n'ai pas l'impression que ça me fait tant souffrir parce que j'adore ce que je fais. Juste par contre, je suis en train de voir tout ce que je loue quand même. Et je me dis, c'est beaucoup. Je ne le vis pas comme un sacrifice, mais il y a quand même beaucoup de choses à côté qui sont passées à la trappe. Et je pense que je ne serai pas capable de faire ça très longtemps encore. C'est-à-dire que là, je sais que je me laisse encore 5 ans, 5 ans pour switcher sur la marque. Vraiment, je vais bosser dur là-dessus. Mais si dans 5 ans, je ne vis pas de la marque, j'arrête. J'arrête, je passe à autre chose. Je... voilà, c'est vraiment le truc que je me suis dit il y a pas longtemps. Pourtant j'ai toujours eu ce discours en me disant, ouais toute ma vie je vais me... Et en fait non, parce que sérieux c'est des sacrifices, c'est des choses que tu loues. Tu vois, je pars pas en vacances, j'en ai pas qui part, je vais pas au resto, je fais rien, je parle. Donc je veux pas faire ça plus longtemps que jusqu'à mes 35 ans. 35 ans après c'est... c'est fini.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Après si ça marche, ça continue hein.

  • Speaker #1

    mais si ça marche pas c'est bon j'ai fait ce que j'avais à faire bon on arrive à la fin du podcast c'est passé hyper vite mais c'était hyper intéressant je te laisse le mot de la fin je sais pas si tu veux nous partager quelque chose ou revenir sur un point je te laisse conclure ce podcast et bah écoute j'ai un petit truc à dire

  • Speaker #0

    En fait, là je vais lancer une pièce assez importante pour moi qui s'appelle la bague Espoir. Donc ça fait un an et demi que je suis sur le projet et en fait cette bague elle est méga importante parce que c'est la bague que j'ai imaginé pendant que j'étais en arrêt maladie. Et donc quand je l'ai imaginé, je lui ai donné ce nom d'espoir parce que j'avais espoir de vivre ce que je suis en train de vivre aujourd'hui en fait. De vivre de mes points de peinture, de peut-être vivre de la marque. Et quand il a été question de créer la marque, je me suis dit bon là il faut que je trouve une pièce symbolique, qu'est-ce que je fais ? Et j'ai dit en fait c'est évident, la pièce qui doit sortir c'est celle-là. c'est l'histoire de tout depuis le début quoi. Donc du coup cette pièce va sortir la semaine prochaine et ce que je voulais faire autour de ce projet c'était vraiment une campagne autour de l'espoir, d'avoir un message positif. Et au début je voulais vraiment accentuer cette communication sur mon histoire, je me suis dit bon là c'est un peu une descourcentée que sur soi et aussi c'est juste que j'ai tellement raconté. de raconter mon histoire en long, en large, en travers, sur les réseaux, sur les médias, tout ça. Des fois, j'ai besoin de prendre une distance avec ça aussi pour me protéger. Et je ne suis pas toujours capable de le faire et je me suis dit, je ne suis pas sûre que j'arrive à le faire toujours. Et donc, j'ai eu envie d'être accompagnée dans ce projet du Nigeria que j'ai trouvé l'année dernière et qui va faire partie du projet, qui va porter cette bague d'espoir. et qui va véhiculer son propre message à elle. C'est aussi une femme qui est tombée dans sa vie, qui a une histoire de fou qu'on ne peut même pas imaginer, je pense que personne ne peut vivre dans sa vie, et qui s'est revue et qui est tellement belle et tellement positive. Quand je l'ai vue, je me suis dit, peut-être voilà, c'est ça que je cherche, c'est ça que j'ai envie de faire passer comme message, c'est tombe et relève-toi. Il y a de l'espoir dans la vie. Donc en gros, c'est ça le message que je voulais dire. Et donc, elle va m'accompagner sur cette partie. Et après ça, je me suis dit, tiens, peut-être que ce serait cool d'avoir différents égéries encore. J'avais lancé un message sur les réseaux sociaux en disant que je cherchais d'autres égéries, que je voulais qu'ils partagent leurs propres messages d'espoir à eux. Et j'avais reçu plein de messages après cette recherche. Et je me suis dit, comment est-ce que je vais choisir pour tous ces gens ? Je ne peux pas dire que mon histoire est plus valable que celle du nôtre. Ce n'est pas possible, elles sont toutes malades. En fait, on a tout simplement donné dans notre vie l'impression de se péter la gueule et de devoir se relever. elles sont différentes les histoires, mais elles se valent toutes et du coup je me suis dit en fait je vais choisir personne, c'est impossible je ne peux pas choisir quelqu'un. Donc ce que je vais faire, et c'est là où j'ai commencé à penser à cette idée, je me suis dit ce qui serait trop cool c'est que j'arrive à faire poser toutes ces personnes, mais comment je vais faire ? Et du coup je me suis dit, tu sais quoi, quand la bague sera faite, à un moment donné je vais balancer sur les réseaux sociaux que je serai présente à une certaine heure, à un certain endroit, avec la bague, avec un photographe, un vidéaste. de la sécurité et on fera poser les gens qui le veulent avec la bague on leur transmettra les photos et par eux-mêmes ils véhiculeront leur propre message d'espoir et du coup ça va se passer là le 15 juin à Genève on va laisser passer derrière l'horloge ferrari, j'ai pris un super photographe, un super vidéaste et tous les gens qui voudront venir poseront avec la bague soit sur la main, soit dans l'écran parce que tout le monde peut, enfin elle est pas au numéro de voix de tout le monde, à la tête de tout le monde mais c'est surtout symbolique, c'est surtout pour se concentrer sur le message. Et souvent on m'a dit « tiens mais pourquoi tu fais pas ça dans une boutique, dans un truc un peu plus luxe tout ça » et en fait c'est justement le truc que je voulais pas, c'est que je voulais pas que les gens soient crinés. Vraiment ce que je voulais c'était qu'on se concentre sur ce message là, et pour moi la rue c'est l'endroit où on voit les gens, tous les gens en fait. Et du coup c'est ce que je voulais, c'est que je voulais être à un endroit où on puisse voir tous ces gens et que ceux qui ont envie de faire un peu, on se voient. donc voilà là c'est la dernière actu il va falloir que je communique cette semaine là sur le projet il va falloir que j'envoie la sauce parce que c'est possible que ce projet tombe à l'eau aussi là pour le coup c'est qu'en fait on gère tellement pas le nombre de personnes qu'il pourrait y avoir sur cet événement on verra tu te laisses porter ouais écoute en fait comme je dis c'est possible que ce soit un échec mais en fait c'est tellement la manière dont ça me parlait le plus que je veux le faire de cette manière c'est voilà

  • Speaker #1

    Ok, si j'essaie de résumer, en gros, ton mot de la fin, c'est il faut s'écouter et espoir.

  • Speaker #0

    Mais ouais, totalement, écouter nous, c'est trop bien. Il faut lâcher prise. Je dis ça, mais je suis encore quelqu'un d'hyper stressée, mais j'apprends à faire ça, à sentir ce que j'ai au fond de moi. Et quand tu fais les choses que tu ressens, c'est trop bien de marcher dans tes propres Ausha et de ne pas voir tes Ausha marcher à côté de toi.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Estelle.

  • Speaker #0

    Merci à toi Adrien.

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Description

Dans cet épisode, nous accueillons Estelle Lagarde, artiste reconnue dans le domaine du gouaché de bijoux et fondatrice deLagarde Jewelry Drawing.


Elle réalise des projets pour de prestigieuses maisons de joaillerie et d'horlogerie, adaptant son art aux garde-temps, et s'exprime désormais sur de grandes toiles tout en lançant sa propre collection. Estelle partage son parcours entrepreneurial, alliant exigence et créativité, et nous offre un aperçu unique de l'industrie du luxe et du design.

Dans cet épisode, elle partage avec nous son expertise et son expérience dans ce domaine.

Au cours de cet épisode, nous avons discuté de :

👉 L'importance de l'équilibre entre exigence, créativité et esprit d'entreprendre,

👉 L'impact des réseaux sociaux sur son image de marque,

👉 Sa confiance en l'avenir des métiers de l'artisanat d'arts VS l'IA

👉 Les précédentes expériences professionnelles d'Estelle et ses difficultés

👉 Le parcours entrepreneurial d'Estelle et ses projets à venir


Citation d'Estelle :
"Le joaillier va prendre le gouacher et va mesurer toutes les parties du bijou.

Il va pouvoir savoir quelles sont les dimensions de n’importe quelle partie de la pièce. Ça lui permet aussi de lire les volumes, de savoir les matériaux utilisés."



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C'est le podcast qu'il vous faut si vous vous posez ces questions : Qu’est-ce que le merchandising et pourquoi est-il essentiel ? Comment optimiser l'agencement d'un magasin pour booster les ventes ? Quelles sont les meilleures stratégies de merchandising pour un commerce local ? Merchandising digital vs. physique : quelles différences et complémentarités ? Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle le merchandising ? Vous écoutez je bosse en grand distribution et vous vous allez plus loin sur le merchandising ?  Vous aimez le podcast du retail et vous avez des questions sur le merchandising ?  Vous aimez sans filtres ajoutés et avez envie de connaitre le merchandising ?




Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Et si la léon... plus tu travailles à de la valeur, et bien, toi croisé, on m'appellera. Plus tu dis des choses sur toi, et plus tu te rends vulnérable en fait. Et ça, je me rends compte. Et chaque fois, on me dit, vas-y, c'est courage, mais toi, tu me dis, là aujourd'hui, j'ai conscience, et ouais, en vrai, j'ai tout dévoilé de moi quoi.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arim Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, non, vas-y, c'est ça. Et donc, là,

  • Speaker #1

    Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. Mais je suis surtout ravi de vous accueillir sur mon podcast qui va vous faire plonger dans l'univers de l'entrepreneuriat, du merchandising et du retail. Le tout dans un esprit pro, simple et sympa. Après des mois de préparation, j'avais envie de créer un podcast pour être plus proche de ma communauté, pour partager, pour échanger sur des sujets qui m'intéressent à travers un canal créatif. Mais surtout, et ce qui m'intéressait, c'était donner la parole à des gens qui font au quotidien, qui mettent les mains dans le moteur et qui font des choses incroyables en entreprise. A travers ce podcast, nous allons donc découvrir des histoires inspirantes de personnes dont l'univers est dans le secteur du retail, du merchandising, mais aussi pour échanger des conseils pratiques. et mettre en lumière des entrepreneurs avec des actions concrètes. Estelle, moi je suis ravi en tout cas de t'accueillir sur le podcast parce qu'au-delà que tu sois une experte sur le domaine du gouacher de bijoux et que tu travailles avec de belles marques, moi j'ai toujours plaisir à te suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur... LinkedIn et c'est plutôt comme ça aussi que je t'ai connu, c'est avec tes premières, enfin pas tes premières mais en tout cas avec tes réalisations et puis aussi parce qu'à travers mon métier, mon fournisseur, tu travailles avec eux donc finalement je te connais sans te coller et donc c'est pour ça que je suis ravi de pouvoir te poser toutes ces questions et plein de questions. Donc Estelle, bonjour et encore merci de ta participation.

  • Speaker #0

    Et bien salut à toi Adrien, merci surtout à toi de m'avoir invité pour ça. ce podcast, comme dis-moi, qu'il s'agit de parler de mes métiers, de tout ce que je fais, ça me fait toujours plaisir de pouvoir partager, donc merci.

  • Speaker #1

    Bon, du coup, j'ai plein de questions. Je pense que la première question est celle qui est la plus naturelle et qui s'impose, c'est sur toi. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours et surtout ton métier de gouacheuse ?

  • Speaker #0

    Ouais, bien sûr. Et bien alors, pour t'expliquer un petit peu, donc moi, j'ai commencé par faire une école de de bijouterie à la base, qui était à Valence, qui s'appelait Amblard. Et donc j'ai fait un CAP bijouterie et un brevet des métiers d'art pendant 4 ans. Et à la suite de ces 4 années, après je suis partie travailler au studio de création de Van Cleef en Arpels. Et je dois dire que c'est là-bas qu'on m'a transmis la majorité de mon savoir-faire. Je crois que j'ai une formatrice incroyable. qui avait un savoir-faire de dingue et qui m'a franchement tout transmis donc voilà je suis partie un an et demi là-bas, j'ai fait mes armes dans le boitier et moi c'est vrai que j'avais toute ma famille qui était en Haute-Savoie, mes amis et tout et du coup je faisais énormément d'aller-retour et en fait j'adorais mon métier enfin vraiment j'avais le métier de mes rêves mais ma vie était pas du tout à Paris et du coup c'était un peu compliqué donc comme je disais, je faisais souvent les aller-retours et tout et j'ai eu envie de revenir en Haute-Savoie donc j'ai posé ma démission Et puis ensuite, je suis partie travailler en Suisse, dans les cadres d'art, pour faire de l'émail sur cadres de montres, ce qui était quelque chose que je ne connaissais absolument pas, qui était totalement différent de ce qu'on avait là. En tant que...

  • Speaker #1

    Excuse-moi, je te coupe. En tant que... Enfin, tu travailles dans l'entreprise ou tu avais déjà montré ta structure entreprise ?

  • Speaker #0

    Là, c'était une entreprise qui était déjà existante et... ce n'était pas encore mais bref et donc du coup je suis partie travailler là-bas et j'ai fait 4 ans dans cette entreprise je suis en burnout à cette période et c'était une période hyper compliquée dans ma vie c'est pour ça que j'ai créé une entreprise d'accord,

  • Speaker #1

    t'es vraiment partie de quelque chose de sombre et de négatif pour te lancer c'est de l'énergie

  • Speaker #0

    J'en avais pas mais j'avais pas le choix.

  • Speaker #1

    Ok, et alors pourquoi le métier de gouacheuse ? Qu'est-ce qui a fait que tu as été attirée par ce métier et surtout pourquoi tu t'es épanouie ?

  • Speaker #0

    Et bien pourquoi le métier de gouacheuse c'est vraiment une question. En fait quand j'ai commencé à faire mes études en bijouterie, à la base je devais initialement apprendre l'atelier, donc la mise en forme du métal. Et j'étais pas mauvaise, mais je sentais que c'était pas ça quoi, c'était pas le truc qui me plaisait. Donc en vrai, le cours, je vais pas m'en montrer, c'était catastrophique. C'était catastrophique pour moi, je suivais absolument rien à l'école. Et par contre, j'ai découvert le dessin à cette période-là, et je crois que ça, ça m'a sauvée. Genre en fait, j'ai eu l'impression de me découvrir un truc que je savais absolument pas que j'avais des facilités dedans. J'ai été bien entourée. hyper soutenu et je dirais que c'est ce qui m'a fait tenir en fait sur cette formation parce que moi en fait j'avais envie d'arrêter quoi. Donc, et mon prof m'a dit écoute Estelle, il y a en fait des bouchées aussi dans le dessin, le bijouterie, continue je pense que tu vas arriver à faire un truc. Et je l'ai écouté, il m'a trouvé un stage pendant le BMA chez Van Cleef & Arthos et c'est comme ça en fait que j'ai réussi à s'y concentrer. Mais c'est vrai que moi je connaissais pas. Du coup, j'aimais le dessin, c'était pas mon domaine non plus de prédilection. La peinture, j'en pesais un petit peu, mais pareil, j'avais jamais testé la gouache, ni j'avais jamais fait une peinture un petit peu aussi précise. Et là, je tombe sur un truc où, quand j'essaie, je vois direct que ça fonctionne. Alors que le prof m'avait dit, tu vas voir, ça va être galère, les étudiants, c'est difficile pour eux d'y arriver. Quand j'essaie, je me dis, c'est bizarre. Tu vois, genre...

  • Speaker #1

    Ça se passe bien ! Les planètes sont alignées, il n'y a plus qu'à, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Ouais, c'était cool et du coup, c'est vrai que je pense aussi que dans l'art, il y a un côté hyper thérapeutique et je crois que j'avais besoin à cette période de l'adolescence qui était compliquée et en fait, je me souviens là-dedans.

  • Speaker #1

    Au quotidien, ton métier consiste en quoi ? Comment tu travailles avec les marques ? C'est quoi finalement le quotidien d'Estelle ?

  • Speaker #0

    Mon quotidien il évolue depuis ces 4 années, je dirais qu'au départ, moi en fait je travaille vraiment en tant que sous-traitante pour les marques d'horlogerie et de joaillerie en tant que gouacheuse. Donc le but c'était de mettre en peinture un design de manière hyper réaliste de façon à présenter à des clients les designs sans qu'ils soient encore réalisés. Et c'est une manière en fait aux clients de se projeter assez rapidement sur un bijou et c'est aussi un bien. le temps et l'argent énorme pour les entreprises parce qu'ils n'ont pas de maquettes à fabriquer et c'est surtout grâce à ce dessin qu'on sait exactement ce qui se passe sur une caisse. Donc voilà, j'ai commencé comme ça et petit à petit, j'ai senti aussi des besoins de m'exprimer en termes de design, de création, donc j'ai commencé à faire mes créations et c'est aussi parce que j'arrivais difficilement à lisser mon travail sur la main en tant que gouacheuse. en vivant juste de la gouache. Et je me suis dit, là, il faut que je m'expose un petit peu en design pour voir ce que je suis capable de faire et proposer ça en plus aux marques pour vivre à l'année dessus. Parce qu'en fait, j'étais hyper contrainte des sorties de collections et tout ça. Et il y a des moments où j'avais énormément de travail et après, tout rien pendant deux mois. Et je me suis dit, waouh, c'est chaud. Je veux que je puisse avoir un équilibre sur l'année. Donc, après la gouache, je me suis mis au design. J'ai travaillé aussi pour les marques en tant que designer, parfois en tant que designer et gouacheuse, parfois juste gouacheuse, parfois juste designer, ça dépendait. Et depuis l'année dernière, je crois que j'explore quelque chose d'artistique, dans le sens où je réalise des toiles de très grand format, où je retranspose mon travail de gouacher sur des énormes dimensions. Et du coup j'ai pas mal de commandes. Surtout cette année, je crois que la majorité de mon travail c'est ça, c'est justement ce travail d'art, de réaliser des toiles dans un très grand format, de montres. Et ça permet aux marques de présenter un modèle nouveau. Je vais dans les événements, je peins sur place, tout ça, c'est un peu du show painting. Et c'est une manière de présenter aux clients, aux personnes qui sont dans un événement, la pièce en même temps.

  • Speaker #1

    J'ai deux questions. Depuis tout à l'heure, tu parles de la gouache. Pourquoi la gouache ? Est-ce que le travail que tu fais avec les marques, ça t'a obligé à traiter avec les caractéristiques de la gouache ? Tu ne peux pas le faire avec de l'aquarelle ou avec de l'huile. Pourquoi la gouache ?

  • Speaker #0

    Pour te dire un petit peu, pour moi, la gouache, c'est ce qui te permet de peindre de manière la plus précise. sans perdre de l'opacité, de l'intensité dans les couleurs. Si tu peins avec de l'aquarelle, tu as quelque chose de moins précis, de plus fluide, de plus liquide, et en fait, tu perds en réalisme. Et moi c'était le style de peinture que je voulais, je voulais faire des peintures hyper réalistes, surtout que j'avais appris avec la peinture miniature et l'émail, la précision dans l'horlogerie. Et je m'étais dit, là je commence à avoir au niveau de la précision un œil assez affûté et je me suis dit, ouais là c'est le style que moi j'ai envie de donner dans mes peintures, c'est que quand tu reçois ta peinture, tu la vois et tu as l'impression que tu peux la choper avec tes mains. Donc la gouache c'était la technique la plus appropriée pour ça. et ensuite quand j'ai peint sur les grands formats, j'ai changé de technique maintenant je peins avec de la flash, c'est une sorte d'acrylique qui se peint un peu comme la gouache avec de l'eau et ça c'est la marque Le Front Bourgeois qui m'accompagne dans toutes mes démarches créatives je suis devenue remassadrice pour eux il y a 3-4 ans au début ça a commencé avec la gouache et ensuite maintenant sur des supports et des techniques différentes Et en fait, pour t'expliquer, moi j'aimais bien peindre à l'huile en dehors de mon travail, sauf que le truc c'est que c'était un chantier monumental à chaque fois que je peignais à l'huile. Et en fait j'avais abandonné l'idée de peindre sur des grands formats parce que ça prenait 10 tombes, et qu'à chaque fois je mettais un bis de fou, et je me disais non mais ça c'est pas pour moi et tout. Et donc là le franc-bourgeois m'a dit écoute, on a des peintures qui sont adaptées à ce que tu recherches, vas-y essaye-toi. Du coup j'ai essayé ça et là j'ai fait wow, ça m'a réconcilié et du coup maintenant j'adore.

  • Speaker #1

    Alors du coup tu as un vrai partenariat avec Lefranc, j'imagine qu'ils font aussi appel à toi pour développer ou ajuster des produits ou avoir ton retour ?

  • Speaker #0

    Ça dépend, oui, ça arrive de temps en temps. Ça arrive de temps en temps, des fois on fait des événements ensemble, la dernière fois on a fait une exposition avec eux. Ils m'envoient des produits pour aller tester et tout ça. Et la dernière chose qu'on a fait... fait ensemble c'était avec le Ballon d'Or justement que j'ai fait en octobre 2022 et là c'est la première fois que je faisais un énorme format avec une technique différente et tout et pour le coup ils ont été vraiment derrière moi parce que je me suis perdue

  • Speaker #1

    quoi. Justement tu veux bien nous en parler de ça parce que ça devait être un projet énorme, mal de pression, c'était quoi du coup les contours du projet ?

  • Speaker #0

    Et bien en fait il fallait réaliser la montre qui allait être... présenté pour l'événement du Ballon d'Or et il disait que c'était de faire une poêle en très grand format pour l'événement et qu'elle allait être dévoilée au public là-bas sur place. Et vraiment il m'avait laissé les cartes blanches pour le projet et moi j'avais toujours rêvé de faire un énorme format parce que c'est ce que je dis, j'ai la bouche de peintre infiniment petit et pour moi de voir l'infiniment grand c'était aussi un challenge. Et du coup quand il m'a dit vas-y tu fais ce que tu veux, on te laisse carte libre, j'ai fait ok, vas-y, je te remercie. et quand j'ai reçu le cadre j'étais mais waouh en fait je vais faire comment si n'importe quoi arrive sous cette technique la dimension était énorme comment je fais pour redessiner cette montre sous cette toile enfin tout était énorme quoi et bref et du coup on a fait quand même le projet qui était incroyable vraiment moi ça en fait c'est fou parce que j'étais hyper contente de ce que j'allais réaliser mais le pendant que je l'ai fait c'était une horreur c'était une horreur parce que c'était nouveau la technique, que je la maîtrisais pas que j'avais conscience de l'importance de l'événement et de ce que j'étais en train de faire, de la chance que j'avais et en fait j'ai eu une pression de fou pendant 3 mois c'était ma question,

  • Speaker #1

    3 mois pour réaliser la montre

  • Speaker #0

    3 mois pour réaliser la montre et le final j'ai adoré, mais tout le pendant avec cette pression pression avec cette nouveauté, nouvelle technique et tout, je me suis dit c'était trop quoi. Et donc on a fait l'événement, j'ai adoré et quand je suis revenue, j'ai eu une espèce de redescente d'adrénaline qui m'a couché pendant deux semaines. Mais maintenant je suis super contente de l'avoir fait, mais c'est vrai que c'était nouveau.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arine Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, pas du tout, non. Non mais c'était chouette, c'était trop chouette de voir tout ça. Surtout que c'est un milieu qui... moi, c'est pas mon délire le flou, mais je voyais vraiment dans les yeux des gens que j'allais dans un truc de flou. En fait, c'est grâce à eux que j'ai vraiment vu l'importance du truc dans lequel j'allais. Mais moi, dans ma tête, je faisais juste ma peinture. Et quand j'étais là-bas, je me suis dit « Ouais, c'est ça, la peinture, il y a pas juste la peinture, il y a tout un délire quand même qui est fou. »

  • Speaker #1

    Et comment tu as géré la relation avec... D'ailleurs, c'était quoi la marque de la montre ?

  • Speaker #0

    Alors, la marque, c'était Pure Nail. C'était Pure Nail. et qui sont un sponsor du Ballet d'Or.

  • Speaker #1

    Alors du coup j'imagine, ça touche quand même à une certaine image du luxe, donc beaucoup d'exigence. Toi comment tu as géré ça pour ton projet ?

  • Speaker #0

    Bah écoute, moi ça allait dans le sens où en fait je suis déjà hyper exigeante avec moi-même. Donc en fait l'exigence que les gens me portent, j'ai l'impression qu'elles ne savent jamais que celle que j'ai avec moi. donc en soi ça s'est bien passé la seule pression que j'ai eu en fait elle était de moi et aujourd'hui au delà de tous les projets que tu fais comment tu travailles un peu cette image un

  • Speaker #1

    peu Estelle Lagarde comment tu communiques au quotidien c'est quoi tes canaux de partage de tes oeuvres alors moi je communique sur ...

  • Speaker #0

    presque tout, je vais dire donc LinkedIn, Facebook, Insta, Youtube, là j'ai envie de commencer à Tik Tok mais en vrai c'est tellement, enfin j'ai du mal à le comprendre encore pour l'instant et à comprendre ma site tout ça donc j'ai un peu laissé le tour de l'autre côté, mais bref en tout cas celui qui m'intéresse le plus aujourd'hui c'est LinkedIn sincèrement, ce qui me pousse c'est que j'entends énormément de gens qui me disent ouais mais LinkedIn mais moi j'aime pas, je coupe, c'est ça. à quoi ça sert et l'utilité de ce réseau parce que moi tout se passe dessus quoi autant Instagram c'est cool, c'est une vitrine où tu montres mais il se passe rien du tout moi les dix, il se passe des choses, ça bouge je rencontre des gens, je parle avec des gens, je concrétise des choses vraiment il y a quelque chose d'hyper concret dans ce réseau là et moi c'est celui que je préfère après comment est-ce que je gère l'image en vrai c'est hyper difficile Je t'avoue que je crois que c'est le sujet que je me pose le plus de questions en ce moment et qui est hyper dur pour moi parce qu'au début où j'ai commencé à partager sur les réseaux sociaux, en fait, il n'y avait personne qui le connaissait, tu vois. Et moi, je l'ai fait de manière totalement thérapeutique, en fait, comme je disais au début du podcast. J'ai fait un burn-out à cette époque-là, j'ai vécu du harcèlement au travail et tout. Et en fait... j'avais envie de raconter des choses, de comment est-ce que j'allais me relever. C'était la manière pour moi de dire des trucs à un endroit sans connaître personne en fait. Et c'est pour ça que j'ai fait. Et en fait, il y a des gens qui se sont intéressés à ce que je racontais à ce moment-là. Moi, j'étais un peu en mode post-trauma, où je me lance sur les réseaux dans le sens où je vois encore personne, pendant un an je me dis « tu vas me remettre tout » . Ensuite, il y a le Covid, deux ans. qui nous enferment, donc en fait c'est pendant 3 ans où je ne vois personne et moi je continue mes délires quoi, mes peintures, raconter ma vie, machin tout. Après ça, ça va mieux, je ressors, je sors dans les salons d'horlogerie, de jarillerie, tout ça et en fait, en fait ce qui me fout c'est que je me rends compte que dans les salons que les gens me regardent, me connaissent et tout et en fait je me tape une cuisse de panique de malade et j'en fais même un malaise dans un salon parce qu'en fait je me rends compte de l'importance des réseaux sociaux. de l'impact sur tout et je me suis dit je vais trouver mon boulot ce que j'ai à raconter donc pour moi c'était hyper rigolo c'était personnel j'avais besoin de ça mais en fait les gens ils ont pas oublié et ils m'en parlent et ça je t'avoue que ça m'a fait hyper bizarre et depuis l'année dernière tu vois là je commence à rencontrer énormément de gens et tous ces gens ont écouté et vu ce que j'ai dit et aujourd'hui c'est hyper dur pour moi parce que j'ai une relation avec les gens de mon réseau Et avant je ne l'avais pas et ça me permettait d'avoir cette distance et de faire tout ce que j'ai fait, tout simplement. Et aujourd'hui, j'ai du mal à communiquer parce que je vous vois en fait. Et ça c'est hyper dur. Et en même temps, je me dis, moi j'avais ce besoin, c'est aussi pour ça que j'aime les réseaux, c'est que ça me permet de dire des choses, de communiquer des choses à un endroit. Mais c'est terrorisant en même temps, il y a de plus en plus de gens et ce n'est pas facile. Et comment gérer ça ? je me suis dit peut-être qu'il faudrait que je mette un cadre à tout ça et le truc c'est que j'ai pas non plus envie de me travestir pour le regard des gens mais comment trouver l'équilibre là-dedans, d'être le vrai soi tout en se protégeant parce que les réseaux c'est hyper flippant, franchement je vous le dis sincèrement moi ça se passe bien, mais quand je vois ce qui se passe ailleurs avec des gens et tout je me dis que ça fait peur quand même donc franchement je sais pas comment je le gère, j'essaie de manière le plus naturelle tout simplement de faire quand même attention à moi, mais comme je dis,

  • Speaker #1

    d'être le plus authentique possible. Et du coup, le fait que tu aies pris cette prise de parole, que ça a été un peu salvateur aussi pour toi, tu as eu des retours, tu as eu des gens qui t'ont contacté sur LinkedIn en disant « Je me suis reconnu dans ton parcours, tes difficultés, merci d'avoir partagé ça. »

  • Speaker #0

    mais tellement tellement et je crois que c'est ce qui m'a soutenu et c'est ce qui m'a donné envie de dire encore plus de choses et en même temps du coup de me rendre plus vulnérable plus tu dis des choses sur toi et plus tu te rends vulnérable en fait et ça je me rends compte et chaque fois on me dit vas-y c'est courageux et tout je me dis là aujourd'hui j'ai conscience et je me dis ouais en vrai j'ai tout dévoilé de moi quoi mais force m'est faible assez tout et ça me rend vulnérable donc voilà mais je me rends compte quand même que ça aide des gens et ça me fait plaisir franchement c'est comme je dis aujourd'hui je Je ne suis pas sûre que je communiquerais encore longtemps comme ça, longtemps de cette manière et tout, parce qu'il y a beaucoup de choses qui changent autour de moi. Mais je l'ai fait au moment où j'en avais besoin. Et voilà, c'est ce qui m'a...

  • Speaker #1

    Et ça t'a aidée, oui. Alors, du coup, tu fais ton burn-out. Il y a un peu de temps qui se passe. Et ensuite, tu lances ton entreprise, c'est ça ? Oui. Alors, ça s'est passé comment, du coup ?

  • Speaker #0

    Bah, dur. C'était dur parce que... Moi, j'étais en arrêt maladie un peu ce moment où... On me licencie parce que je l'avais demandé et tout. Et donc là, c'est le moment où je suis au plus bas de ma vie. Je me dis, mais en fait, j'ai eu certainement des affaires de toute ma vie. Et physiquement, j'avais des gros problèmes de santé aussi. Et je me suis dit, il faut que je me soigne. Il faut que je lance une boîte. Il faut que psychologiquement, je me remette sur pied. Mais ça va être chaud. Et donc, bref, du coup, tout ça pour dire qu'au moment où je lançais ma boîte... En plus, j'avais perdu totalement confiance en moi par rapport à l'expérience que j'avais eue. Et c'était impossible pour moi de prendre un téléphone pour expliquer ce que je voulais faire. Le contact avec les gens était devenu impossible pour moi.

  • Speaker #1

    Ça te prenait trop d'énergie.

  • Speaker #0

    Oui, et puis comme je dis, par rapport au manque de confiance qu'on m'avait fait, le rapport avec les gens, je n'y arrivais plus. Et je me suis dit, comment je vais faire ? Là, je suis au pied du mur de fou. Et en fait, c'est pour ça que je me suis lancée sur LinkedIn. en montrant mes représentations de peinture parce que je me suis dit tu sais quoi je ne suis pas capable de prendre un numéro de téléphone je vais faire des peintures et s'il y a des gens qui trouvent que mon travail a de la valeur et ben doigts croisés on m'appellera et dans le cas où j'y reprends je me dis mais c'est des tarés de lancer son business comme ça et ça a fonctionné genre ça a fonctionné comme ça on m'a appelé parce qu'on a vu mon travail et petit à petit tu vois depuis le début j'ai réussi à reprendre prendre confiance et tout. Et maintenant, je sais prendre un téléphone, je démarque bien sûr, mais au début, c'était chouette.

  • Speaker #1

    Ça a mis combien de temps pour que ça décolle bien comme tu le voulais ?

  • Speaker #0

    Ça a été hyper rapide. Je crois qu'en six mois, ça a été hyper rapide. C'était même fou, genre, limite un an et demi. Je me suis dit, c'est trop. Je crois que j'ai mis cramé, quoi. Mais c'était chouette.

  • Speaker #1

    Et aujourd'hui, ta boîte, ça fonctionne comment ? Donc tu fais des prestats pour des marques, tu fais aussi des formations, tu accompagnes...

  • Speaker #0

    Exactement. Exactement, donc je continue pour travailler pour les marques dans le design dans la gouache, je fais aussi de la formation, et là, je suis en train de créer ma marque de Jo, au Joeri. Donc c'est vrai que du coup, je fais énormément de trucs dans tous les sens. Mais c'est ce qui m'a permis aussi de lisser mon activité à l'année, parce que comme je disais, c'est beaucoup de haut, de bas, dépendant des sorties de collections, aussi des marques. et c'est pas évident et du coup c'est aussi pour ça que j'ai fait la formation de manière à pouvoir pareil avoir des revenus meilleurs pour moi et aussi de façon à transmettre parce que j'en avais envie mais il fallait que je trouve plusieurs activités pour vivre à l'année vraiment de ce que je voulais et comme j'avais en plus dans le but de développer ma marque J'ai commencé à m'intéresser un peu à la partie financière de tout ça. Je me suis dit, waouh, cocotte, là, il va falloir qu'on voit un peu plus, parce que sinon, il va se passer du tout quoi. Donc, voilà.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, tu entreprends toute seule ou tu es accompagnée ? Vous êtes plusieurs ou tu es vraiment seule à la barre ?

  • Speaker #0

    Je suis accompagnée avec le projet de formation avec mon frère. Ça, c'est un projet qu'on a réalisé vraiment tous les deux. Pendant le colibre, on a fait des formations physiques, et comme le colibre a dû laisser parler le projet, on a fait les vidéos en ligne. Et ensuite, pour tout le reste, je suis vraiment toute seule.

  • Speaker #1

    J'ai une autre question, parce que depuis tout à l'heure, on parle de créativité, etc. Si tu as un conseil à donner à quelqu'un de créatif, qui veut se lancer en tant qu'entrepreneur ? Allez, si t'as une bonne astuce, un petit tips, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    C'est une très bonne question, je sais pas, je dirais que la réponse elle est tellement bateau, mais tellement vrai, je dirais juste que c'est de s'écouter quoi. d'y aller parce qu'en fait, il n'y a rien de plus dur que d'avoir des regrets dans la vie. Et moi, j'ai l'impression que c'est ça que j'avais aussi quand j'étais mon burn-out, c'est que je faisais un truc totalement à côté de mes godasses et ça m'a fait tellement souffrir qu'il fallait que je fasse ce que j'avais à faire. Donc je dirais qu'il y a toujours plein de jugements des gens et en fait, souvent, les gens projettent juste leur propre peur sur toi-même et ce n'est pas parce qu'il y a certaines personnes qui n'ont pas été capables de faire le pas que ça ne sera pas valable pour toi.

  • Speaker #1

    et par rapport à forcément un titre avec des grandes marques etc tu as une petite histoire amusante,

  • Speaker #0

    une petite anecdote à nous dire et bien figure-toi que je n'en ai pas de spécial ou en tout cas pas que je peux dire

  • Speaker #1

    tu as rencontré Karim Benzema ?

  • Speaker #0

    Non, mais même pas, je ne l'ai même pas... Ah ouais, c'était un peu dingue parce qu'il est passé en mode 10-15 minutes. Non, mais vraiment, c'est... Ça, c'était impressionnant aussi de voir tout ça. Je me suis dit, cette machine qu'avait fait de cet événement pour une soirée, ça représentait une soirée. Et c'était fou, mais en même temps, c'était tellement cool. Et je me dis, j'ai vu toute l'organisation, tout ce qu'on a préparé autour pour juste ces quelques heures. Je me suis dit, c'est l'une des erreurs. Pour moi, c'était... C'était dingue. Mais non, j'ai pas d'anecdotes spéciales, vraiment. Je crois pas.

  • Speaker #1

    Bon. Et du coup, là, entre faire des bijoux et faire des montres, tu t'éclates plus dans quoi ?

  • Speaker #0

    Dans les deux. Je trouve mon équilibre, mon intérêt vraiment dans les deux. Ce qui est fou, c'est que là d'où je viens, c'est la joaillerie. J'ai découvert l'horlogerie parce que j'ai dû commencer à peindre un peu des choses horlogères. Parce que quand je me suis lancée à mon compte, j'étais en Haute-Savoie, et je me suis dit, wow, mais là c'est lancé dans la Génie-Rue alors que c'est en Haute-Savoie, ça va être chaud. Il y avait Genève à côté, je venais des montres, et je me suis dit peut-être que ce serait cool que j'essaie de faire du gouachis pour l'horlogerie. Et c'est comme ça que l'horlogerie est venue dans mon parcours. Et j'y ai trouvé énormément d'intérêt en les peignant, en m'y intéressant aussi par les métiers d'art. Et de fil en aiguille, j'ai aussi dû apprendre... à savoir ce qui se passe à l'intérieur d'une montre parce que pour les peindre, il faut savoir ce qui se passe dedans. Et quand j'ai commencé à les peindre, ce qui se passe, en fait, je ne sais même pas ce que je peins. Et donc, j'ai dû apprendre. Là, maintenant, j'essaie de démonter un peu de loin tout ça pour savoir tout ce qui se passe dedans, ouvrir des livres de CAP et tout pour apprendre. Mais c'est vrai que je commence à trouver vraiment l'intérêt dans l'horlogerie. Et j'ai découvert aussi des horlogers passionnés qui me transmettent un peu leur passion. Comme je dis, en fait, plus tu rencontres des gens passionnés par ce qu'il faut, plus tu te transmets de cerveau. Là, j'avoue que je commence à trouver un peu mes penchons dans l'horloge-lune et je crois même que j'aimerais en faire.

  • Speaker #1

    Du coup, c'est quoi ta montre préférée ou celle que tu aimerais bien faire bientôt ? Peut-être qu'ils nous écoutent.

  • Speaker #0

    Ma montre préférée, j'en ai plein une spéciale. Je les aime toutes. Enfin, il y en a beaucoup que j'aime de manière différente. Soit par les mécanismes qu'il y a à l'intérieur, soit pour... technicité, soit pour l'artisanat qu'il y a derrière, les métiers d'art. Je pense que si je faisais une montre à menuage, ce serait un truc hyper coloré avec un petit côté joaillier dedans. Les métiers d'art, c'est sûr parce que j'aime trop, j'aime trop les artisans. Et voilà, mais c'est vrai que l'égout dépend de... de l'entrée.

  • Speaker #1

    J'ai une dernière question pour ton métier, elle est un peu plus piquante, mais comment tu vois les choses par rapport à tout ce qui est intelligence artificielle ou aussi avec tout ce qui est dessin sur ordinateur ? Est-ce que tu vois comme une concurrence ou finalement tu dis que ce côté un peu d'art, il apporte quelque chose d'autre aux marques qu'elles ne vont pas retrouver avec les ordis ?

  • Speaker #0

    Alors, je t'avoue qu'il y a… Quelques temps de ça et quelques années de ça, ça ne me plaisait pas du tout ce que j'étais en train de voir et si j'avais peur, quoi moi en fait. Vraiment, je me suis dit, putain, les artisans, c'est terrible ce qu'on pense passer. Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une révélation il y a ces derniers temps, et je me suis dit, mais en fait, l'intelligence artificielle, c'est juste l'intelligence d'une connaissance, et ce n'est absolument pas l'intelligence émotionnelle. et l'artisan apporte l'intelligence émotionnelle d'un humain à un humain. Et je me suis dit, ça pour l'instant, c'est la distance encore qu'on a avec l'intelligence artificielle, elle n'existe pas cette intelligence-là, et du coup je me suis dit, vas-y c'est bon, on a encore de la vie en devant nous, on ne représente pas sûrement pas une majorité dans ces travaux-là. la main mais je pense que pour le luxe on va être hyper important parce que le luxe c'est l'émotion c'est la transmission émotionnelle, le coeur tout ça et ça je suis désolée mais vraiment il n'y a que le vin qui fait ça c'est vrai, d'ailleurs j'ai déjà vendu des pièces à des centaines de milliers d'euros, des millions d'euros grâce à un dessin j'ai jamais vu une pièce à des centaines de milliers ou des millions d'euros se vendre en se présentant juste sur un 3D CAO d'ordinateur. Jamais. Quand tu vas dépenser autant d'argent, tu n'en as plus. Tu as une attente. Et si l'attente, elle est la même que pour des produits que tu vas payer 10 balles, tu n'as pas envie d'acheter.

  • Speaker #1

    Et du coup, les marques, elles arrivent à te dire, bon, ben voilà, ton travail, Estelle, ça rentre dans un plan de com ou de marketing autour de notre... notre montre, ils arrivent à identifier une accélération des ventes ou des retours ?

  • Speaker #0

    Alors, si ça existe toujours dans les grandes maisons, c'est qu'ils ont bien compris l'intérêt. À un moment donné, je pense qu'on a eu envie de se séparer de ce savoir-faire qui était très coûteux, parce que ça prend du temps, sauf qu'on se rend compte à quel point l'intelligence émotionnelle, l'émotion qui est transmise par un métier d'art, elle est hyper importante. hyper important pour nous, donc en fait ils sont revenus et maintenant ben voilà, il y a du travail il y a du travail parce qu'il faut toucher comme ça, c'est tout,

  • Speaker #1

    il faut le toucher pour aller plus loin tu vois On est quoi ? On est au mois de juin. C'est quoi tes défis encore de l'année ? Et ça serait quoi les bonnes raisons qui vont te dire je vais être à 100% sur les prochains mois ?

  • Speaker #0

    Alors, on est déjà au mois de juin. C'est hyper flippant. Début juin. Oui, on est début juin. Ce que j'aimerais, c'est vraiment être à fond dans le développement de la marque. Vraiment là pour moi c'est vraiment ce que j'ai envie, j'aimerais finir par vivre que de ça, que de la marque. J'ai énormément de boulot à faire encore, là j'ai produit pour l'instant. C'est pas évident mais j'ai besoin de proposer un univers, donc j'aimerais que pour 2025 on comprenne l'univers, l'image aussi de la marque, c'est quoi la garde. Ça j'aimerais arriver à le définir, à l'expliquer. Et ça pour moi aussi, j'ai l'impression que c'est quand même un véritable accouchement personnel, parce que pour arriver à avoir un univers créatif, c'est plutôt que je me ponde moi-même en fait, tu vois. Donc je crois que je suis en train de me trouver, que ça sorte tranquille, ça va prendre un petit peu de temps, mais j'aimerais que ça soit installé, qu'on le comprenne, et puis voilà.

  • Speaker #1

    Et tu t'es déjà posé des objectifs à 5, 10 ans, tu vois un peu où tu veux être à moyen long terme ?

  • Speaker #0

    Oui, je ne l'ai pas fait avant mais je l'ai fait là il n'y a pas longtemps. Je me suis dit, depuis le début de cette aventure, c'est tellement de travail. Je travaille tout le temps, je ne m'arrête jamais, même le week-end, je suis toujours en train de travailler. Je dois prendre trois semaines de vacances par an, 100 week-ends. Je me dis, je ne fais que ça et en fait, je n'ai pas l'impression que ça me fait tant souffrir parce que j'adore ce que je fais. Juste par contre, je suis en train de voir tout ce que je loue quand même. Et je me dis, c'est beaucoup. Je ne le vis pas comme un sacrifice, mais il y a quand même beaucoup de choses à côté qui sont passées à la trappe. Et je pense que je ne serai pas capable de faire ça très longtemps encore. C'est-à-dire que là, je sais que je me laisse encore 5 ans, 5 ans pour switcher sur la marque. Vraiment, je vais bosser dur là-dessus. Mais si dans 5 ans, je ne vis pas de la marque, j'arrête. J'arrête, je passe à autre chose. Je... voilà, c'est vraiment le truc que je me suis dit il y a pas longtemps. Pourtant j'ai toujours eu ce discours en me disant, ouais toute ma vie je vais me... Et en fait non, parce que sérieux c'est des sacrifices, c'est des choses que tu loues. Tu vois, je pars pas en vacances, j'en ai pas qui part, je vais pas au resto, je fais rien, je parle. Donc je veux pas faire ça plus longtemps que jusqu'à mes 35 ans. 35 ans après c'est... c'est fini.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Après si ça marche, ça continue hein.

  • Speaker #1

    mais si ça marche pas c'est bon j'ai fait ce que j'avais à faire bon on arrive à la fin du podcast c'est passé hyper vite mais c'était hyper intéressant je te laisse le mot de la fin je sais pas si tu veux nous partager quelque chose ou revenir sur un point je te laisse conclure ce podcast et bah écoute j'ai un petit truc à dire

  • Speaker #0

    En fait, là je vais lancer une pièce assez importante pour moi qui s'appelle la bague Espoir. Donc ça fait un an et demi que je suis sur le projet et en fait cette bague elle est méga importante parce que c'est la bague que j'ai imaginé pendant que j'étais en arrêt maladie. Et donc quand je l'ai imaginé, je lui ai donné ce nom d'espoir parce que j'avais espoir de vivre ce que je suis en train de vivre aujourd'hui en fait. De vivre de mes points de peinture, de peut-être vivre de la marque. Et quand il a été question de créer la marque, je me suis dit bon là il faut que je trouve une pièce symbolique, qu'est-ce que je fais ? Et j'ai dit en fait c'est évident, la pièce qui doit sortir c'est celle-là. c'est l'histoire de tout depuis le début quoi. Donc du coup cette pièce va sortir la semaine prochaine et ce que je voulais faire autour de ce projet c'était vraiment une campagne autour de l'espoir, d'avoir un message positif. Et au début je voulais vraiment accentuer cette communication sur mon histoire, je me suis dit bon là c'est un peu une descourcentée que sur soi et aussi c'est juste que j'ai tellement raconté. de raconter mon histoire en long, en large, en travers, sur les réseaux, sur les médias, tout ça. Des fois, j'ai besoin de prendre une distance avec ça aussi pour me protéger. Et je ne suis pas toujours capable de le faire et je me suis dit, je ne suis pas sûre que j'arrive à le faire toujours. Et donc, j'ai eu envie d'être accompagnée dans ce projet du Nigeria que j'ai trouvé l'année dernière et qui va faire partie du projet, qui va porter cette bague d'espoir. et qui va véhiculer son propre message à elle. C'est aussi une femme qui est tombée dans sa vie, qui a une histoire de fou qu'on ne peut même pas imaginer, je pense que personne ne peut vivre dans sa vie, et qui s'est revue et qui est tellement belle et tellement positive. Quand je l'ai vue, je me suis dit, peut-être voilà, c'est ça que je cherche, c'est ça que j'ai envie de faire passer comme message, c'est tombe et relève-toi. Il y a de l'espoir dans la vie. Donc en gros, c'est ça le message que je voulais dire. Et donc, elle va m'accompagner sur cette partie. Et après ça, je me suis dit, tiens, peut-être que ce serait cool d'avoir différents égéries encore. J'avais lancé un message sur les réseaux sociaux en disant que je cherchais d'autres égéries, que je voulais qu'ils partagent leurs propres messages d'espoir à eux. Et j'avais reçu plein de messages après cette recherche. Et je me suis dit, comment est-ce que je vais choisir pour tous ces gens ? Je ne peux pas dire que mon histoire est plus valable que celle du nôtre. Ce n'est pas possible, elles sont toutes malades. En fait, on a tout simplement donné dans notre vie l'impression de se péter la gueule et de devoir se relever. elles sont différentes les histoires, mais elles se valent toutes et du coup je me suis dit en fait je vais choisir personne, c'est impossible je ne peux pas choisir quelqu'un. Donc ce que je vais faire, et c'est là où j'ai commencé à penser à cette idée, je me suis dit ce qui serait trop cool c'est que j'arrive à faire poser toutes ces personnes, mais comment je vais faire ? Et du coup je me suis dit, tu sais quoi, quand la bague sera faite, à un moment donné je vais balancer sur les réseaux sociaux que je serai présente à une certaine heure, à un certain endroit, avec la bague, avec un photographe, un vidéaste. de la sécurité et on fera poser les gens qui le veulent avec la bague on leur transmettra les photos et par eux-mêmes ils véhiculeront leur propre message d'espoir et du coup ça va se passer là le 15 juin à Genève on va laisser passer derrière l'horloge ferrari, j'ai pris un super photographe, un super vidéaste et tous les gens qui voudront venir poseront avec la bague soit sur la main, soit dans l'écran parce que tout le monde peut, enfin elle est pas au numéro de voix de tout le monde, à la tête de tout le monde mais c'est surtout symbolique, c'est surtout pour se concentrer sur le message. Et souvent on m'a dit « tiens mais pourquoi tu fais pas ça dans une boutique, dans un truc un peu plus luxe tout ça » et en fait c'est justement le truc que je voulais pas, c'est que je voulais pas que les gens soient crinés. Vraiment ce que je voulais c'était qu'on se concentre sur ce message là, et pour moi la rue c'est l'endroit où on voit les gens, tous les gens en fait. Et du coup c'est ce que je voulais, c'est que je voulais être à un endroit où on puisse voir tous ces gens et que ceux qui ont envie de faire un peu, on se voient. donc voilà là c'est la dernière actu il va falloir que je communique cette semaine là sur le projet il va falloir que j'envoie la sauce parce que c'est possible que ce projet tombe à l'eau aussi là pour le coup c'est qu'en fait on gère tellement pas le nombre de personnes qu'il pourrait y avoir sur cet événement on verra tu te laisses porter ouais écoute en fait comme je dis c'est possible que ce soit un échec mais en fait c'est tellement la manière dont ça me parlait le plus que je veux le faire de cette manière c'est voilà

  • Speaker #1

    Ok, si j'essaie de résumer, en gros, ton mot de la fin, c'est il faut s'écouter et espoir.

  • Speaker #0

    Mais ouais, totalement, écouter nous, c'est trop bien. Il faut lâcher prise. Je dis ça, mais je suis encore quelqu'un d'hyper stressée, mais j'apprends à faire ça, à sentir ce que j'ai au fond de moi. Et quand tu fais les choses que tu ressens, c'est trop bien de marcher dans tes propres Ausha et de ne pas voir tes Ausha marcher à côté de toi.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Estelle.

  • Speaker #0

    Merci à toi Adrien.

Description

Dans cet épisode, nous accueillons Estelle Lagarde, artiste reconnue dans le domaine du gouaché de bijoux et fondatrice deLagarde Jewelry Drawing.


Elle réalise des projets pour de prestigieuses maisons de joaillerie et d'horlogerie, adaptant son art aux garde-temps, et s'exprime désormais sur de grandes toiles tout en lançant sa propre collection. Estelle partage son parcours entrepreneurial, alliant exigence et créativité, et nous offre un aperçu unique de l'industrie du luxe et du design.

Dans cet épisode, elle partage avec nous son expertise et son expérience dans ce domaine.

Au cours de cet épisode, nous avons discuté de :

👉 L'importance de l'équilibre entre exigence, créativité et esprit d'entreprendre,

👉 L'impact des réseaux sociaux sur son image de marque,

👉 Sa confiance en l'avenir des métiers de l'artisanat d'arts VS l'IA

👉 Les précédentes expériences professionnelles d'Estelle et ses difficultés

👉 Le parcours entrepreneurial d'Estelle et ses projets à venir


Citation d'Estelle :
"Le joaillier va prendre le gouacher et va mesurer toutes les parties du bijou.

Il va pouvoir savoir quelles sont les dimensions de n’importe quelle partie de la pièce. Ça lui permet aussi de lire les volumes, de savoir les matériaux utilisés."



Pour aller plus loin :

Instagram d'Estelle Lagarde
Linkedin d'Estelle Lagarde

Site web Lagardejewelerydrawing

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Bonne découverte 🎧



C'est le podcast qu'il vous faut si vous vous posez ces questions : Qu’est-ce que le merchandising et pourquoi est-il essentiel ? Comment optimiser l'agencement d'un magasin pour booster les ventes ? Quelles sont les meilleures stratégies de merchandising pour un commerce local ? Merchandising digital vs. physique : quelles différences et complémentarités ? Comment l’intelligence artificielle révolutionne-t-elle le merchandising ? Vous écoutez je bosse en grand distribution et vous vous allez plus loin sur le merchandising ?  Vous aimez le podcast du retail et vous avez des questions sur le merchandising ?  Vous aimez sans filtres ajoutés et avez envie de connaitre le merchandising ?




Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Et si la léon... plus tu travailles à de la valeur, et bien, toi croisé, on m'appellera. Plus tu dis des choses sur toi, et plus tu te rends vulnérable en fait. Et ça, je me rends compte. Et chaque fois, on me dit, vas-y, c'est courage, mais toi, tu me dis, là aujourd'hui, j'ai conscience, et ouais, en vrai, j'ai tout dévoilé de moi quoi.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arim Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, non, vas-y, c'est ça. Et donc, là,

  • Speaker #1

    Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. Mais je suis surtout ravi de vous accueillir sur mon podcast qui va vous faire plonger dans l'univers de l'entrepreneuriat, du merchandising et du retail. Le tout dans un esprit pro, simple et sympa. Après des mois de préparation, j'avais envie de créer un podcast pour être plus proche de ma communauté, pour partager, pour échanger sur des sujets qui m'intéressent à travers un canal créatif. Mais surtout, et ce qui m'intéressait, c'était donner la parole à des gens qui font au quotidien, qui mettent les mains dans le moteur et qui font des choses incroyables en entreprise. A travers ce podcast, nous allons donc découvrir des histoires inspirantes de personnes dont l'univers est dans le secteur du retail, du merchandising, mais aussi pour échanger des conseils pratiques. et mettre en lumière des entrepreneurs avec des actions concrètes. Estelle, moi je suis ravi en tout cas de t'accueillir sur le podcast parce qu'au-delà que tu sois une experte sur le domaine du gouacher de bijoux et que tu travailles avec de belles marques, moi j'ai toujours plaisir à te suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur... LinkedIn et c'est plutôt comme ça aussi que je t'ai connu, c'est avec tes premières, enfin pas tes premières mais en tout cas avec tes réalisations et puis aussi parce qu'à travers mon métier, mon fournisseur, tu travailles avec eux donc finalement je te connais sans te coller et donc c'est pour ça que je suis ravi de pouvoir te poser toutes ces questions et plein de questions. Donc Estelle, bonjour et encore merci de ta participation.

  • Speaker #0

    Et bien salut à toi Adrien, merci surtout à toi de m'avoir invité pour ça. ce podcast, comme dis-moi, qu'il s'agit de parler de mes métiers, de tout ce que je fais, ça me fait toujours plaisir de pouvoir partager, donc merci.

  • Speaker #1

    Bon, du coup, j'ai plein de questions. Je pense que la première question est celle qui est la plus naturelle et qui s'impose, c'est sur toi. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, ton parcours et surtout ton métier de gouacheuse ?

  • Speaker #0

    Ouais, bien sûr. Et bien alors, pour t'expliquer un petit peu, donc moi, j'ai commencé par faire une école de de bijouterie à la base, qui était à Valence, qui s'appelait Amblard. Et donc j'ai fait un CAP bijouterie et un brevet des métiers d'art pendant 4 ans. Et à la suite de ces 4 années, après je suis partie travailler au studio de création de Van Cleef en Arpels. Et je dois dire que c'est là-bas qu'on m'a transmis la majorité de mon savoir-faire. Je crois que j'ai une formatrice incroyable. qui avait un savoir-faire de dingue et qui m'a franchement tout transmis donc voilà je suis partie un an et demi là-bas, j'ai fait mes armes dans le boitier et moi c'est vrai que j'avais toute ma famille qui était en Haute-Savoie, mes amis et tout et du coup je faisais énormément d'aller-retour et en fait j'adorais mon métier enfin vraiment j'avais le métier de mes rêves mais ma vie était pas du tout à Paris et du coup c'était un peu compliqué donc comme je disais, je faisais souvent les aller-retours et tout et j'ai eu envie de revenir en Haute-Savoie donc j'ai posé ma démission Et puis ensuite, je suis partie travailler en Suisse, dans les cadres d'art, pour faire de l'émail sur cadres de montres, ce qui était quelque chose que je ne connaissais absolument pas, qui était totalement différent de ce qu'on avait là. En tant que...

  • Speaker #1

    Excuse-moi, je te coupe. En tant que... Enfin, tu travailles dans l'entreprise ou tu avais déjà montré ta structure entreprise ?

  • Speaker #0

    Là, c'était une entreprise qui était déjà existante et... ce n'était pas encore mais bref et donc du coup je suis partie travailler là-bas et j'ai fait 4 ans dans cette entreprise je suis en burnout à cette période et c'était une période hyper compliquée dans ma vie c'est pour ça que j'ai créé une entreprise d'accord,

  • Speaker #1

    t'es vraiment partie de quelque chose de sombre et de négatif pour te lancer c'est de l'énergie

  • Speaker #0

    J'en avais pas mais j'avais pas le choix.

  • Speaker #1

    Ok, et alors pourquoi le métier de gouacheuse ? Qu'est-ce qui a fait que tu as été attirée par ce métier et surtout pourquoi tu t'es épanouie ?

  • Speaker #0

    Et bien pourquoi le métier de gouacheuse c'est vraiment une question. En fait quand j'ai commencé à faire mes études en bijouterie, à la base je devais initialement apprendre l'atelier, donc la mise en forme du métal. Et j'étais pas mauvaise, mais je sentais que c'était pas ça quoi, c'était pas le truc qui me plaisait. Donc en vrai, le cours, je vais pas m'en montrer, c'était catastrophique. C'était catastrophique pour moi, je suivais absolument rien à l'école. Et par contre, j'ai découvert le dessin à cette période-là, et je crois que ça, ça m'a sauvée. Genre en fait, j'ai eu l'impression de me découvrir un truc que je savais absolument pas que j'avais des facilités dedans. J'ai été bien entourée. hyper soutenu et je dirais que c'est ce qui m'a fait tenir en fait sur cette formation parce que moi en fait j'avais envie d'arrêter quoi. Donc, et mon prof m'a dit écoute Estelle, il y a en fait des bouchées aussi dans le dessin, le bijouterie, continue je pense que tu vas arriver à faire un truc. Et je l'ai écouté, il m'a trouvé un stage pendant le BMA chez Van Cleef & Arthos et c'est comme ça en fait que j'ai réussi à s'y concentrer. Mais c'est vrai que moi je connaissais pas. Du coup, j'aimais le dessin, c'était pas mon domaine non plus de prédilection. La peinture, j'en pesais un petit peu, mais pareil, j'avais jamais testé la gouache, ni j'avais jamais fait une peinture un petit peu aussi précise. Et là, je tombe sur un truc où, quand j'essaie, je vois direct que ça fonctionne. Alors que le prof m'avait dit, tu vas voir, ça va être galère, les étudiants, c'est difficile pour eux d'y arriver. Quand j'essaie, je me dis, c'est bizarre. Tu vois, genre...

  • Speaker #1

    Ça se passe bien ! Les planètes sont alignées, il n'y a plus qu'à, c'est ça ?

  • Speaker #0

    Ouais, c'était cool et du coup, c'est vrai que je pense aussi que dans l'art, il y a un côté hyper thérapeutique et je crois que j'avais besoin à cette période de l'adolescence qui était compliquée et en fait, je me souviens là-dedans.

  • Speaker #1

    Au quotidien, ton métier consiste en quoi ? Comment tu travailles avec les marques ? C'est quoi finalement le quotidien d'Estelle ?

  • Speaker #0

    Mon quotidien il évolue depuis ces 4 années, je dirais qu'au départ, moi en fait je travaille vraiment en tant que sous-traitante pour les marques d'horlogerie et de joaillerie en tant que gouacheuse. Donc le but c'était de mettre en peinture un design de manière hyper réaliste de façon à présenter à des clients les designs sans qu'ils soient encore réalisés. Et c'est une manière en fait aux clients de se projeter assez rapidement sur un bijou et c'est aussi un bien. le temps et l'argent énorme pour les entreprises parce qu'ils n'ont pas de maquettes à fabriquer et c'est surtout grâce à ce dessin qu'on sait exactement ce qui se passe sur une caisse. Donc voilà, j'ai commencé comme ça et petit à petit, j'ai senti aussi des besoins de m'exprimer en termes de design, de création, donc j'ai commencé à faire mes créations et c'est aussi parce que j'arrivais difficilement à lisser mon travail sur la main en tant que gouacheuse. en vivant juste de la gouache. Et je me suis dit, là, il faut que je m'expose un petit peu en design pour voir ce que je suis capable de faire et proposer ça en plus aux marques pour vivre à l'année dessus. Parce qu'en fait, j'étais hyper contrainte des sorties de collections et tout ça. Et il y a des moments où j'avais énormément de travail et après, tout rien pendant deux mois. Et je me suis dit, waouh, c'est chaud. Je veux que je puisse avoir un équilibre sur l'année. Donc, après la gouache, je me suis mis au design. J'ai travaillé aussi pour les marques en tant que designer, parfois en tant que designer et gouacheuse, parfois juste gouacheuse, parfois juste designer, ça dépendait. Et depuis l'année dernière, je crois que j'explore quelque chose d'artistique, dans le sens où je réalise des toiles de très grand format, où je retranspose mon travail de gouacher sur des énormes dimensions. Et du coup j'ai pas mal de commandes. Surtout cette année, je crois que la majorité de mon travail c'est ça, c'est justement ce travail d'art, de réaliser des toiles dans un très grand format, de montres. Et ça permet aux marques de présenter un modèle nouveau. Je vais dans les événements, je peins sur place, tout ça, c'est un peu du show painting. Et c'est une manière de présenter aux clients, aux personnes qui sont dans un événement, la pièce en même temps.

  • Speaker #1

    J'ai deux questions. Depuis tout à l'heure, tu parles de la gouache. Pourquoi la gouache ? Est-ce que le travail que tu fais avec les marques, ça t'a obligé à traiter avec les caractéristiques de la gouache ? Tu ne peux pas le faire avec de l'aquarelle ou avec de l'huile. Pourquoi la gouache ?

  • Speaker #0

    Pour te dire un petit peu, pour moi, la gouache, c'est ce qui te permet de peindre de manière la plus précise. sans perdre de l'opacité, de l'intensité dans les couleurs. Si tu peins avec de l'aquarelle, tu as quelque chose de moins précis, de plus fluide, de plus liquide, et en fait, tu perds en réalisme. Et moi c'était le style de peinture que je voulais, je voulais faire des peintures hyper réalistes, surtout que j'avais appris avec la peinture miniature et l'émail, la précision dans l'horlogerie. Et je m'étais dit, là je commence à avoir au niveau de la précision un œil assez affûté et je me suis dit, ouais là c'est le style que moi j'ai envie de donner dans mes peintures, c'est que quand tu reçois ta peinture, tu la vois et tu as l'impression que tu peux la choper avec tes mains. Donc la gouache c'était la technique la plus appropriée pour ça. et ensuite quand j'ai peint sur les grands formats, j'ai changé de technique maintenant je peins avec de la flash, c'est une sorte d'acrylique qui se peint un peu comme la gouache avec de l'eau et ça c'est la marque Le Front Bourgeois qui m'accompagne dans toutes mes démarches créatives je suis devenue remassadrice pour eux il y a 3-4 ans au début ça a commencé avec la gouache et ensuite maintenant sur des supports et des techniques différentes Et en fait, pour t'expliquer, moi j'aimais bien peindre à l'huile en dehors de mon travail, sauf que le truc c'est que c'était un chantier monumental à chaque fois que je peignais à l'huile. Et en fait j'avais abandonné l'idée de peindre sur des grands formats parce que ça prenait 10 tombes, et qu'à chaque fois je mettais un bis de fou, et je me disais non mais ça c'est pas pour moi et tout. Et donc là le franc-bourgeois m'a dit écoute, on a des peintures qui sont adaptées à ce que tu recherches, vas-y essaye-toi. Du coup j'ai essayé ça et là j'ai fait wow, ça m'a réconcilié et du coup maintenant j'adore.

  • Speaker #1

    Alors du coup tu as un vrai partenariat avec Lefranc, j'imagine qu'ils font aussi appel à toi pour développer ou ajuster des produits ou avoir ton retour ?

  • Speaker #0

    Ça dépend, oui, ça arrive de temps en temps. Ça arrive de temps en temps, des fois on fait des événements ensemble, la dernière fois on a fait une exposition avec eux. Ils m'envoient des produits pour aller tester et tout ça. Et la dernière chose qu'on a fait... fait ensemble c'était avec le Ballon d'Or justement que j'ai fait en octobre 2022 et là c'est la première fois que je faisais un énorme format avec une technique différente et tout et pour le coup ils ont été vraiment derrière moi parce que je me suis perdue

  • Speaker #1

    quoi. Justement tu veux bien nous en parler de ça parce que ça devait être un projet énorme, mal de pression, c'était quoi du coup les contours du projet ?

  • Speaker #0

    Et bien en fait il fallait réaliser la montre qui allait être... présenté pour l'événement du Ballon d'Or et il disait que c'était de faire une poêle en très grand format pour l'événement et qu'elle allait être dévoilée au public là-bas sur place. Et vraiment il m'avait laissé les cartes blanches pour le projet et moi j'avais toujours rêvé de faire un énorme format parce que c'est ce que je dis, j'ai la bouche de peintre infiniment petit et pour moi de voir l'infiniment grand c'était aussi un challenge. Et du coup quand il m'a dit vas-y tu fais ce que tu veux, on te laisse carte libre, j'ai fait ok, vas-y, je te remercie. et quand j'ai reçu le cadre j'étais mais waouh en fait je vais faire comment si n'importe quoi arrive sous cette technique la dimension était énorme comment je fais pour redessiner cette montre sous cette toile enfin tout était énorme quoi et bref et du coup on a fait quand même le projet qui était incroyable vraiment moi ça en fait c'est fou parce que j'étais hyper contente de ce que j'allais réaliser mais le pendant que je l'ai fait c'était une horreur c'était une horreur parce que c'était nouveau la technique, que je la maîtrisais pas que j'avais conscience de l'importance de l'événement et de ce que j'étais en train de faire, de la chance que j'avais et en fait j'ai eu une pression de fou pendant 3 mois c'était ma question,

  • Speaker #1

    3 mois pour réaliser la montre

  • Speaker #0

    3 mois pour réaliser la montre et le final j'ai adoré, mais tout le pendant avec cette pression pression avec cette nouveauté, nouvelle technique et tout, je me suis dit c'était trop quoi. Et donc on a fait l'événement, j'ai adoré et quand je suis revenue, j'ai eu une espèce de redescente d'adrénaline qui m'a couché pendant deux semaines. Mais maintenant je suis super contente de l'avoir fait, mais c'est vrai que c'était nouveau.

  • Speaker #1

    Bon, est-ce que c'est grâce à toi qu'Arine Benzema a gagné le ballon d'or cette année-là ?

  • Speaker #0

    Evidemment ! Non, non, pas du tout, non. Non mais c'était chouette, c'était trop chouette de voir tout ça. Surtout que c'est un milieu qui... moi, c'est pas mon délire le flou, mais je voyais vraiment dans les yeux des gens que j'allais dans un truc de flou. En fait, c'est grâce à eux que j'ai vraiment vu l'importance du truc dans lequel j'allais. Mais moi, dans ma tête, je faisais juste ma peinture. Et quand j'étais là-bas, je me suis dit « Ouais, c'est ça, la peinture, il y a pas juste la peinture, il y a tout un délire quand même qui est fou. »

  • Speaker #1

    Et comment tu as géré la relation avec... D'ailleurs, c'était quoi la marque de la montre ?

  • Speaker #0

    Alors, la marque, c'était Pure Nail. C'était Pure Nail. et qui sont un sponsor du Ballet d'Or.

  • Speaker #1

    Alors du coup j'imagine, ça touche quand même à une certaine image du luxe, donc beaucoup d'exigence. Toi comment tu as géré ça pour ton projet ?

  • Speaker #0

    Bah écoute, moi ça allait dans le sens où en fait je suis déjà hyper exigeante avec moi-même. Donc en fait l'exigence que les gens me portent, j'ai l'impression qu'elles ne savent jamais que celle que j'ai avec moi. donc en soi ça s'est bien passé la seule pression que j'ai eu en fait elle était de moi et aujourd'hui au delà de tous les projets que tu fais comment tu travailles un peu cette image un

  • Speaker #1

    peu Estelle Lagarde comment tu communiques au quotidien c'est quoi tes canaux de partage de tes oeuvres alors moi je communique sur ...

  • Speaker #0

    presque tout, je vais dire donc LinkedIn, Facebook, Insta, Youtube, là j'ai envie de commencer à Tik Tok mais en vrai c'est tellement, enfin j'ai du mal à le comprendre encore pour l'instant et à comprendre ma site tout ça donc j'ai un peu laissé le tour de l'autre côté, mais bref en tout cas celui qui m'intéresse le plus aujourd'hui c'est LinkedIn sincèrement, ce qui me pousse c'est que j'entends énormément de gens qui me disent ouais mais LinkedIn mais moi j'aime pas, je coupe, c'est ça. à quoi ça sert et l'utilité de ce réseau parce que moi tout se passe dessus quoi autant Instagram c'est cool, c'est une vitrine où tu montres mais il se passe rien du tout moi les dix, il se passe des choses, ça bouge je rencontre des gens, je parle avec des gens, je concrétise des choses vraiment il y a quelque chose d'hyper concret dans ce réseau là et moi c'est celui que je préfère après comment est-ce que je gère l'image en vrai c'est hyper difficile Je t'avoue que je crois que c'est le sujet que je me pose le plus de questions en ce moment et qui est hyper dur pour moi parce qu'au début où j'ai commencé à partager sur les réseaux sociaux, en fait, il n'y avait personne qui le connaissait, tu vois. Et moi, je l'ai fait de manière totalement thérapeutique, en fait, comme je disais au début du podcast. J'ai fait un burn-out à cette époque-là, j'ai vécu du harcèlement au travail et tout. Et en fait... j'avais envie de raconter des choses, de comment est-ce que j'allais me relever. C'était la manière pour moi de dire des trucs à un endroit sans connaître personne en fait. Et c'est pour ça que j'ai fait. Et en fait, il y a des gens qui se sont intéressés à ce que je racontais à ce moment-là. Moi, j'étais un peu en mode post-trauma, où je me lance sur les réseaux dans le sens où je vois encore personne, pendant un an je me dis « tu vas me remettre tout » . Ensuite, il y a le Covid, deux ans. qui nous enferment, donc en fait c'est pendant 3 ans où je ne vois personne et moi je continue mes délires quoi, mes peintures, raconter ma vie, machin tout. Après ça, ça va mieux, je ressors, je sors dans les salons d'horlogerie, de jarillerie, tout ça et en fait, en fait ce qui me fout c'est que je me rends compte que dans les salons que les gens me regardent, me connaissent et tout et en fait je me tape une cuisse de panique de malade et j'en fais même un malaise dans un salon parce qu'en fait je me rends compte de l'importance des réseaux sociaux. de l'impact sur tout et je me suis dit je vais trouver mon boulot ce que j'ai à raconter donc pour moi c'était hyper rigolo c'était personnel j'avais besoin de ça mais en fait les gens ils ont pas oublié et ils m'en parlent et ça je t'avoue que ça m'a fait hyper bizarre et depuis l'année dernière tu vois là je commence à rencontrer énormément de gens et tous ces gens ont écouté et vu ce que j'ai dit et aujourd'hui c'est hyper dur pour moi parce que j'ai une relation avec les gens de mon réseau Et avant je ne l'avais pas et ça me permettait d'avoir cette distance et de faire tout ce que j'ai fait, tout simplement. Et aujourd'hui, j'ai du mal à communiquer parce que je vous vois en fait. Et ça c'est hyper dur. Et en même temps, je me dis, moi j'avais ce besoin, c'est aussi pour ça que j'aime les réseaux, c'est que ça me permet de dire des choses, de communiquer des choses à un endroit. Mais c'est terrorisant en même temps, il y a de plus en plus de gens et ce n'est pas facile. Et comment gérer ça ? je me suis dit peut-être qu'il faudrait que je mette un cadre à tout ça et le truc c'est que j'ai pas non plus envie de me travestir pour le regard des gens mais comment trouver l'équilibre là-dedans, d'être le vrai soi tout en se protégeant parce que les réseaux c'est hyper flippant, franchement je vous le dis sincèrement moi ça se passe bien, mais quand je vois ce qui se passe ailleurs avec des gens et tout je me dis que ça fait peur quand même donc franchement je sais pas comment je le gère, j'essaie de manière le plus naturelle tout simplement de faire quand même attention à moi, mais comme je dis,

  • Speaker #1

    d'être le plus authentique possible. Et du coup, le fait que tu aies pris cette prise de parole, que ça a été un peu salvateur aussi pour toi, tu as eu des retours, tu as eu des gens qui t'ont contacté sur LinkedIn en disant « Je me suis reconnu dans ton parcours, tes difficultés, merci d'avoir partagé ça. »

  • Speaker #0

    mais tellement tellement et je crois que c'est ce qui m'a soutenu et c'est ce qui m'a donné envie de dire encore plus de choses et en même temps du coup de me rendre plus vulnérable plus tu dis des choses sur toi et plus tu te rends vulnérable en fait et ça je me rends compte et chaque fois on me dit vas-y c'est courageux et tout je me dis là aujourd'hui j'ai conscience et je me dis ouais en vrai j'ai tout dévoilé de moi quoi mais force m'est faible assez tout et ça me rend vulnérable donc voilà mais je me rends compte quand même que ça aide des gens et ça me fait plaisir franchement c'est comme je dis aujourd'hui je Je ne suis pas sûre que je communiquerais encore longtemps comme ça, longtemps de cette manière et tout, parce qu'il y a beaucoup de choses qui changent autour de moi. Mais je l'ai fait au moment où j'en avais besoin. Et voilà, c'est ce qui m'a...

  • Speaker #1

    Et ça t'a aidée, oui. Alors, du coup, tu fais ton burn-out. Il y a un peu de temps qui se passe. Et ensuite, tu lances ton entreprise, c'est ça ? Oui. Alors, ça s'est passé comment, du coup ?

  • Speaker #0

    Bah, dur. C'était dur parce que... Moi, j'étais en arrêt maladie un peu ce moment où... On me licencie parce que je l'avais demandé et tout. Et donc là, c'est le moment où je suis au plus bas de ma vie. Je me dis, mais en fait, j'ai eu certainement des affaires de toute ma vie. Et physiquement, j'avais des gros problèmes de santé aussi. Et je me suis dit, il faut que je me soigne. Il faut que je lance une boîte. Il faut que psychologiquement, je me remette sur pied. Mais ça va être chaud. Et donc, bref, du coup, tout ça pour dire qu'au moment où je lançais ma boîte... En plus, j'avais perdu totalement confiance en moi par rapport à l'expérience que j'avais eue. Et c'était impossible pour moi de prendre un téléphone pour expliquer ce que je voulais faire. Le contact avec les gens était devenu impossible pour moi.

  • Speaker #1

    Ça te prenait trop d'énergie.

  • Speaker #0

    Oui, et puis comme je dis, par rapport au manque de confiance qu'on m'avait fait, le rapport avec les gens, je n'y arrivais plus. Et je me suis dit, comment je vais faire ? Là, je suis au pied du mur de fou. Et en fait, c'est pour ça que je me suis lancée sur LinkedIn. en montrant mes représentations de peinture parce que je me suis dit tu sais quoi je ne suis pas capable de prendre un numéro de téléphone je vais faire des peintures et s'il y a des gens qui trouvent que mon travail a de la valeur et ben doigts croisés on m'appellera et dans le cas où j'y reprends je me dis mais c'est des tarés de lancer son business comme ça et ça a fonctionné genre ça a fonctionné comme ça on m'a appelé parce qu'on a vu mon travail et petit à petit tu vois depuis le début j'ai réussi à reprendre prendre confiance et tout. Et maintenant, je sais prendre un téléphone, je démarque bien sûr, mais au début, c'était chouette.

  • Speaker #1

    Ça a mis combien de temps pour que ça décolle bien comme tu le voulais ?

  • Speaker #0

    Ça a été hyper rapide. Je crois qu'en six mois, ça a été hyper rapide. C'était même fou, genre, limite un an et demi. Je me suis dit, c'est trop. Je crois que j'ai mis cramé, quoi. Mais c'était chouette.

  • Speaker #1

    Et aujourd'hui, ta boîte, ça fonctionne comment ? Donc tu fais des prestats pour des marques, tu fais aussi des formations, tu accompagnes...

  • Speaker #0

    Exactement. Exactement, donc je continue pour travailler pour les marques dans le design dans la gouache, je fais aussi de la formation, et là, je suis en train de créer ma marque de Jo, au Joeri. Donc c'est vrai que du coup, je fais énormément de trucs dans tous les sens. Mais c'est ce qui m'a permis aussi de lisser mon activité à l'année, parce que comme je disais, c'est beaucoup de haut, de bas, dépendant des sorties de collections, aussi des marques. et c'est pas évident et du coup c'est aussi pour ça que j'ai fait la formation de manière à pouvoir pareil avoir des revenus meilleurs pour moi et aussi de façon à transmettre parce que j'en avais envie mais il fallait que je trouve plusieurs activités pour vivre à l'année vraiment de ce que je voulais et comme j'avais en plus dans le but de développer ma marque J'ai commencé à m'intéresser un peu à la partie financière de tout ça. Je me suis dit, waouh, cocotte, là, il va falloir qu'on voit un peu plus, parce que sinon, il va se passer du tout quoi. Donc, voilà.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, tu entreprends toute seule ou tu es accompagnée ? Vous êtes plusieurs ou tu es vraiment seule à la barre ?

  • Speaker #0

    Je suis accompagnée avec le projet de formation avec mon frère. Ça, c'est un projet qu'on a réalisé vraiment tous les deux. Pendant le colibre, on a fait des formations physiques, et comme le colibre a dû laisser parler le projet, on a fait les vidéos en ligne. Et ensuite, pour tout le reste, je suis vraiment toute seule.

  • Speaker #1

    J'ai une autre question, parce que depuis tout à l'heure, on parle de créativité, etc. Si tu as un conseil à donner à quelqu'un de créatif, qui veut se lancer en tant qu'entrepreneur ? Allez, si t'as une bonne astuce, un petit tips, ça serait quoi ?

  • Speaker #0

    C'est une très bonne question, je sais pas, je dirais que la réponse elle est tellement bateau, mais tellement vrai, je dirais juste que c'est de s'écouter quoi. d'y aller parce qu'en fait, il n'y a rien de plus dur que d'avoir des regrets dans la vie. Et moi, j'ai l'impression que c'est ça que j'avais aussi quand j'étais mon burn-out, c'est que je faisais un truc totalement à côté de mes godasses et ça m'a fait tellement souffrir qu'il fallait que je fasse ce que j'avais à faire. Donc je dirais qu'il y a toujours plein de jugements des gens et en fait, souvent, les gens projettent juste leur propre peur sur toi-même et ce n'est pas parce qu'il y a certaines personnes qui n'ont pas été capables de faire le pas que ça ne sera pas valable pour toi.

  • Speaker #1

    et par rapport à forcément un titre avec des grandes marques etc tu as une petite histoire amusante,

  • Speaker #0

    une petite anecdote à nous dire et bien figure-toi que je n'en ai pas de spécial ou en tout cas pas que je peux dire

  • Speaker #1

    tu as rencontré Karim Benzema ?

  • Speaker #0

    Non, mais même pas, je ne l'ai même pas... Ah ouais, c'était un peu dingue parce qu'il est passé en mode 10-15 minutes. Non, mais vraiment, c'est... Ça, c'était impressionnant aussi de voir tout ça. Je me suis dit, cette machine qu'avait fait de cet événement pour une soirée, ça représentait une soirée. Et c'était fou, mais en même temps, c'était tellement cool. Et je me dis, j'ai vu toute l'organisation, tout ce qu'on a préparé autour pour juste ces quelques heures. Je me suis dit, c'est l'une des erreurs. Pour moi, c'était... C'était dingue. Mais non, j'ai pas d'anecdotes spéciales, vraiment. Je crois pas.

  • Speaker #1

    Bon. Et du coup, là, entre faire des bijoux et faire des montres, tu t'éclates plus dans quoi ?

  • Speaker #0

    Dans les deux. Je trouve mon équilibre, mon intérêt vraiment dans les deux. Ce qui est fou, c'est que là d'où je viens, c'est la joaillerie. J'ai découvert l'horlogerie parce que j'ai dû commencer à peindre un peu des choses horlogères. Parce que quand je me suis lancée à mon compte, j'étais en Haute-Savoie, et je me suis dit, wow, mais là c'est lancé dans la Génie-Rue alors que c'est en Haute-Savoie, ça va être chaud. Il y avait Genève à côté, je venais des montres, et je me suis dit peut-être que ce serait cool que j'essaie de faire du gouachis pour l'horlogerie. Et c'est comme ça que l'horlogerie est venue dans mon parcours. Et j'y ai trouvé énormément d'intérêt en les peignant, en m'y intéressant aussi par les métiers d'art. Et de fil en aiguille, j'ai aussi dû apprendre... à savoir ce qui se passe à l'intérieur d'une montre parce que pour les peindre, il faut savoir ce qui se passe dedans. Et quand j'ai commencé à les peindre, ce qui se passe, en fait, je ne sais même pas ce que je peins. Et donc, j'ai dû apprendre. Là, maintenant, j'essaie de démonter un peu de loin tout ça pour savoir tout ce qui se passe dedans, ouvrir des livres de CAP et tout pour apprendre. Mais c'est vrai que je commence à trouver vraiment l'intérêt dans l'horlogerie. Et j'ai découvert aussi des horlogers passionnés qui me transmettent un peu leur passion. Comme je dis, en fait, plus tu rencontres des gens passionnés par ce qu'il faut, plus tu te transmets de cerveau. Là, j'avoue que je commence à trouver un peu mes penchons dans l'horloge-lune et je crois même que j'aimerais en faire.

  • Speaker #1

    Du coup, c'est quoi ta montre préférée ou celle que tu aimerais bien faire bientôt ? Peut-être qu'ils nous écoutent.

  • Speaker #0

    Ma montre préférée, j'en ai plein une spéciale. Je les aime toutes. Enfin, il y en a beaucoup que j'aime de manière différente. Soit par les mécanismes qu'il y a à l'intérieur, soit pour... technicité, soit pour l'artisanat qu'il y a derrière, les métiers d'art. Je pense que si je faisais une montre à menuage, ce serait un truc hyper coloré avec un petit côté joaillier dedans. Les métiers d'art, c'est sûr parce que j'aime trop, j'aime trop les artisans. Et voilà, mais c'est vrai que l'égout dépend de... de l'entrée.

  • Speaker #1

    J'ai une dernière question pour ton métier, elle est un peu plus piquante, mais comment tu vois les choses par rapport à tout ce qui est intelligence artificielle ou aussi avec tout ce qui est dessin sur ordinateur ? Est-ce que tu vois comme une concurrence ou finalement tu dis que ce côté un peu d'art, il apporte quelque chose d'autre aux marques qu'elles ne vont pas retrouver avec les ordis ?

  • Speaker #0

    Alors, je t'avoue qu'il y a… Quelques temps de ça et quelques années de ça, ça ne me plaisait pas du tout ce que j'étais en train de voir et si j'avais peur, quoi moi en fait. Vraiment, je me suis dit, putain, les artisans, c'est terrible ce qu'on pense passer. Et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une révélation il y a ces derniers temps, et je me suis dit, mais en fait, l'intelligence artificielle, c'est juste l'intelligence d'une connaissance, et ce n'est absolument pas l'intelligence émotionnelle. et l'artisan apporte l'intelligence émotionnelle d'un humain à un humain. Et je me suis dit, ça pour l'instant, c'est la distance encore qu'on a avec l'intelligence artificielle, elle n'existe pas cette intelligence-là, et du coup je me suis dit, vas-y c'est bon, on a encore de la vie en devant nous, on ne représente pas sûrement pas une majorité dans ces travaux-là. la main mais je pense que pour le luxe on va être hyper important parce que le luxe c'est l'émotion c'est la transmission émotionnelle, le coeur tout ça et ça je suis désolée mais vraiment il n'y a que le vin qui fait ça c'est vrai, d'ailleurs j'ai déjà vendu des pièces à des centaines de milliers d'euros, des millions d'euros grâce à un dessin j'ai jamais vu une pièce à des centaines de milliers ou des millions d'euros se vendre en se présentant juste sur un 3D CAO d'ordinateur. Jamais. Quand tu vas dépenser autant d'argent, tu n'en as plus. Tu as une attente. Et si l'attente, elle est la même que pour des produits que tu vas payer 10 balles, tu n'as pas envie d'acheter.

  • Speaker #1

    Et du coup, les marques, elles arrivent à te dire, bon, ben voilà, ton travail, Estelle, ça rentre dans un plan de com ou de marketing autour de notre... notre montre, ils arrivent à identifier une accélération des ventes ou des retours ?

  • Speaker #0

    Alors, si ça existe toujours dans les grandes maisons, c'est qu'ils ont bien compris l'intérêt. À un moment donné, je pense qu'on a eu envie de se séparer de ce savoir-faire qui était très coûteux, parce que ça prend du temps, sauf qu'on se rend compte à quel point l'intelligence émotionnelle, l'émotion qui est transmise par un métier d'art, elle est hyper importante. hyper important pour nous, donc en fait ils sont revenus et maintenant ben voilà, il y a du travail il y a du travail parce qu'il faut toucher comme ça, c'est tout,

  • Speaker #1

    il faut le toucher pour aller plus loin tu vois On est quoi ? On est au mois de juin. C'est quoi tes défis encore de l'année ? Et ça serait quoi les bonnes raisons qui vont te dire je vais être à 100% sur les prochains mois ?

  • Speaker #0

    Alors, on est déjà au mois de juin. C'est hyper flippant. Début juin. Oui, on est début juin. Ce que j'aimerais, c'est vraiment être à fond dans le développement de la marque. Vraiment là pour moi c'est vraiment ce que j'ai envie, j'aimerais finir par vivre que de ça, que de la marque. J'ai énormément de boulot à faire encore, là j'ai produit pour l'instant. C'est pas évident mais j'ai besoin de proposer un univers, donc j'aimerais que pour 2025 on comprenne l'univers, l'image aussi de la marque, c'est quoi la garde. Ça j'aimerais arriver à le définir, à l'expliquer. Et ça pour moi aussi, j'ai l'impression que c'est quand même un véritable accouchement personnel, parce que pour arriver à avoir un univers créatif, c'est plutôt que je me ponde moi-même en fait, tu vois. Donc je crois que je suis en train de me trouver, que ça sorte tranquille, ça va prendre un petit peu de temps, mais j'aimerais que ça soit installé, qu'on le comprenne, et puis voilà.

  • Speaker #1

    Et tu t'es déjà posé des objectifs à 5, 10 ans, tu vois un peu où tu veux être à moyen long terme ?

  • Speaker #0

    Oui, je ne l'ai pas fait avant mais je l'ai fait là il n'y a pas longtemps. Je me suis dit, depuis le début de cette aventure, c'est tellement de travail. Je travaille tout le temps, je ne m'arrête jamais, même le week-end, je suis toujours en train de travailler. Je dois prendre trois semaines de vacances par an, 100 week-ends. Je me dis, je ne fais que ça et en fait, je n'ai pas l'impression que ça me fait tant souffrir parce que j'adore ce que je fais. Juste par contre, je suis en train de voir tout ce que je loue quand même. Et je me dis, c'est beaucoup. Je ne le vis pas comme un sacrifice, mais il y a quand même beaucoup de choses à côté qui sont passées à la trappe. Et je pense que je ne serai pas capable de faire ça très longtemps encore. C'est-à-dire que là, je sais que je me laisse encore 5 ans, 5 ans pour switcher sur la marque. Vraiment, je vais bosser dur là-dessus. Mais si dans 5 ans, je ne vis pas de la marque, j'arrête. J'arrête, je passe à autre chose. Je... voilà, c'est vraiment le truc que je me suis dit il y a pas longtemps. Pourtant j'ai toujours eu ce discours en me disant, ouais toute ma vie je vais me... Et en fait non, parce que sérieux c'est des sacrifices, c'est des choses que tu loues. Tu vois, je pars pas en vacances, j'en ai pas qui part, je vais pas au resto, je fais rien, je parle. Donc je veux pas faire ça plus longtemps que jusqu'à mes 35 ans. 35 ans après c'est... c'est fini.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Après si ça marche, ça continue hein.

  • Speaker #1

    mais si ça marche pas c'est bon j'ai fait ce que j'avais à faire bon on arrive à la fin du podcast c'est passé hyper vite mais c'était hyper intéressant je te laisse le mot de la fin je sais pas si tu veux nous partager quelque chose ou revenir sur un point je te laisse conclure ce podcast et bah écoute j'ai un petit truc à dire

  • Speaker #0

    En fait, là je vais lancer une pièce assez importante pour moi qui s'appelle la bague Espoir. Donc ça fait un an et demi que je suis sur le projet et en fait cette bague elle est méga importante parce que c'est la bague que j'ai imaginé pendant que j'étais en arrêt maladie. Et donc quand je l'ai imaginé, je lui ai donné ce nom d'espoir parce que j'avais espoir de vivre ce que je suis en train de vivre aujourd'hui en fait. De vivre de mes points de peinture, de peut-être vivre de la marque. Et quand il a été question de créer la marque, je me suis dit bon là il faut que je trouve une pièce symbolique, qu'est-ce que je fais ? Et j'ai dit en fait c'est évident, la pièce qui doit sortir c'est celle-là. c'est l'histoire de tout depuis le début quoi. Donc du coup cette pièce va sortir la semaine prochaine et ce que je voulais faire autour de ce projet c'était vraiment une campagne autour de l'espoir, d'avoir un message positif. Et au début je voulais vraiment accentuer cette communication sur mon histoire, je me suis dit bon là c'est un peu une descourcentée que sur soi et aussi c'est juste que j'ai tellement raconté. de raconter mon histoire en long, en large, en travers, sur les réseaux, sur les médias, tout ça. Des fois, j'ai besoin de prendre une distance avec ça aussi pour me protéger. Et je ne suis pas toujours capable de le faire et je me suis dit, je ne suis pas sûre que j'arrive à le faire toujours. Et donc, j'ai eu envie d'être accompagnée dans ce projet du Nigeria que j'ai trouvé l'année dernière et qui va faire partie du projet, qui va porter cette bague d'espoir. et qui va véhiculer son propre message à elle. C'est aussi une femme qui est tombée dans sa vie, qui a une histoire de fou qu'on ne peut même pas imaginer, je pense que personne ne peut vivre dans sa vie, et qui s'est revue et qui est tellement belle et tellement positive. Quand je l'ai vue, je me suis dit, peut-être voilà, c'est ça que je cherche, c'est ça que j'ai envie de faire passer comme message, c'est tombe et relève-toi. Il y a de l'espoir dans la vie. Donc en gros, c'est ça le message que je voulais dire. Et donc, elle va m'accompagner sur cette partie. Et après ça, je me suis dit, tiens, peut-être que ce serait cool d'avoir différents égéries encore. J'avais lancé un message sur les réseaux sociaux en disant que je cherchais d'autres égéries, que je voulais qu'ils partagent leurs propres messages d'espoir à eux. Et j'avais reçu plein de messages après cette recherche. Et je me suis dit, comment est-ce que je vais choisir pour tous ces gens ? Je ne peux pas dire que mon histoire est plus valable que celle du nôtre. Ce n'est pas possible, elles sont toutes malades. En fait, on a tout simplement donné dans notre vie l'impression de se péter la gueule et de devoir se relever. elles sont différentes les histoires, mais elles se valent toutes et du coup je me suis dit en fait je vais choisir personne, c'est impossible je ne peux pas choisir quelqu'un. Donc ce que je vais faire, et c'est là où j'ai commencé à penser à cette idée, je me suis dit ce qui serait trop cool c'est que j'arrive à faire poser toutes ces personnes, mais comment je vais faire ? Et du coup je me suis dit, tu sais quoi, quand la bague sera faite, à un moment donné je vais balancer sur les réseaux sociaux que je serai présente à une certaine heure, à un certain endroit, avec la bague, avec un photographe, un vidéaste. de la sécurité et on fera poser les gens qui le veulent avec la bague on leur transmettra les photos et par eux-mêmes ils véhiculeront leur propre message d'espoir et du coup ça va se passer là le 15 juin à Genève on va laisser passer derrière l'horloge ferrari, j'ai pris un super photographe, un super vidéaste et tous les gens qui voudront venir poseront avec la bague soit sur la main, soit dans l'écran parce que tout le monde peut, enfin elle est pas au numéro de voix de tout le monde, à la tête de tout le monde mais c'est surtout symbolique, c'est surtout pour se concentrer sur le message. Et souvent on m'a dit « tiens mais pourquoi tu fais pas ça dans une boutique, dans un truc un peu plus luxe tout ça » et en fait c'est justement le truc que je voulais pas, c'est que je voulais pas que les gens soient crinés. Vraiment ce que je voulais c'était qu'on se concentre sur ce message là, et pour moi la rue c'est l'endroit où on voit les gens, tous les gens en fait. Et du coup c'est ce que je voulais, c'est que je voulais être à un endroit où on puisse voir tous ces gens et que ceux qui ont envie de faire un peu, on se voient. donc voilà là c'est la dernière actu il va falloir que je communique cette semaine là sur le projet il va falloir que j'envoie la sauce parce que c'est possible que ce projet tombe à l'eau aussi là pour le coup c'est qu'en fait on gère tellement pas le nombre de personnes qu'il pourrait y avoir sur cet événement on verra tu te laisses porter ouais écoute en fait comme je dis c'est possible que ce soit un échec mais en fait c'est tellement la manière dont ça me parlait le plus que je veux le faire de cette manière c'est voilà

  • Speaker #1

    Ok, si j'essaie de résumer, en gros, ton mot de la fin, c'est il faut s'écouter et espoir.

  • Speaker #0

    Mais ouais, totalement, écouter nous, c'est trop bien. Il faut lâcher prise. Je dis ça, mais je suis encore quelqu'un d'hyper stressée, mais j'apprends à faire ça, à sentir ce que j'ai au fond de moi. Et quand tu fais les choses que tu ressens, c'est trop bien de marcher dans tes propres Ausha et de ne pas voir tes Ausha marcher à côté de toi.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Estelle.

  • Speaker #0

    Merci à toi Adrien.

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