- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans, pour toutes ces bonnes raisons, le premier et le seul podcast qui traite de merchandising, retail design et de business. Il y a un sujet dont on parle beaucoup moins, celui qui conditionne pourtant plein de choses, c'est les travaux et la réussite des travaux sur l'exécution. Parce que finalement, entre une bonne idée papier, un magasin qui fonctionne plutôt sur le quotidien et le terrain, à côté de ça, il y a plein de décisions, il y a plein de points de friction. et il y a plein d'arbitrages qui doivent être faits. Je suis Adrien Bernard, expert en merchandising et fondateur d'AB Merchandising. Dans ce podcast, on revient et on donne la parole aux experts du retail, à ceux qui font là où ça ne se voit pas, mais là où ça se voit vraiment. Aujourd'hui, j'ai le plaisir et je suis très fier d'accueillir Nicolas.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Nicolas, du coup, qui est notre sponsor pour toutes ces bonnes raisons et qui est directeur associé chez Moduo.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc Moduo qui est en tout cas une structure qui accompagne les enseignes dans des projets d'aménagement, de transformation et de déploiement de concepts retail.
- Speaker #1
Et Moduo qui est un bureau d'études qui est basé à Lille et qui travaille autour de trois métiers, les métiers de l'ingénierie du bâtiment, les métiers du conseil aussi, assistance à maîtrise d'ouvrage et la contractance générale dont on va parler plus spécifiquement aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci beaucoup et en tout cas ravi de t'accueillir dans le podcast. On a plein de choses à voir ensemble.
- Speaker #1
On a des choses à voir.
- Speaker #0
Bon, tu as vu, je te reçois dans un cadre plutôt sympa. Donc aujourd'hui, on va parler vraiment projet magasin. On va aussi parler de décision. On va parler aussi de retail. Mais avant de rentrer un peu plus dans le cœur du sujet, tu disais que Moduo se présentait comme un contractant général. ça veut dire quoi pour une agence retail et puis si en même temps tu veux rebondir et nous en dire un peu plus sur Moduo avec grand plaisir.
- Speaker #1
Aujourd'hui un retailer il a beaucoup de sujets à gérer, des sujets de commerce principalement. Il y a tout un volet qui est lié au bâtiment qui prend un temps fou, qui nécessite des compétences, une expertise. Nous, notre boulot en tant que contracteur général, c'est justement d'apporter cette expertise, cette connaissance du monde du bâtiment, de manière à pouvoir accompagner tous les projets qui sont liés à l'enveloppe, pour des projets d'amélioration, mais aussi, on va en parler, pour des projets de mise en conformité réglementaire, qui peuvent parfois être assez chronophages, et qui peuvent amener à se perdre un petit peu dans les méandres de la réglementation.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui quand tu parles d'accompagnement, c'est essentiellement des projets neufs, beaucoup de rénovation, de remodeling ?
- Speaker #1
Vraiment tout type, ça va effectivement des petites interventions, des petits travaux assez simples dans des cellules commerciales, ça peut être du déploiement de concepts, on a des franchises par exemple qui vont déployer des concepts, ça peut être de la rénovation énergétique, ça peut être aussi de la construction neuve. On a vraiment toute typologie et toute taille de projet. Ça peut être des locaux commerciaux, ça peut être aussi des bâtiments logistiques ou les parties bureaux des magasins. C'est vraiment très vaste.
- Speaker #0
Je pense que tu vas avoir plein de réponses à nous donner, mais quel est l'intérêt pour un retailer de faire appel à un contractant général ?
- Speaker #1
Comme je disais tout à l'heure, la partie bâtiment nécessite une expertise, ça nécessite d'avoir des ressources en interne. C'est assez chronophage. Toutes les structures n'ont pas forcément cette ressource interne. On parlait juste avant de déploiement de concept, on peut aussi être avec une ressource interne disponible, mais des phases de développement très intenses qui vont nécessiter de pouvoir gérer simultanément 10, 15 projets. Nous, on arrive avec cette connaissance du bâtiment, cette connaissance du retail, on a aussi une habitude à travailler avec le monde du commerce. Et on vient en fait sécuriser les projets. C'est-à-dire qu'on environne la totalité du processus, des demandes administratives qui doivent être faites en temps et en heure, éventuellement des demandes de diagnostic, la consultation des entreprises, la planification des travaux. Voilà, tout ce travail qui nécessite vraiment d'être dessus à plein temps, nous on l'assure pour sécuriser les projets.
- Speaker #0
Ok, très clair. Du coup je rebondis tout de suite parce que dans ma vie d'avant et encore celle d'aujourd'hui je vois beaucoup de choses, beaucoup de travaux sur magasins fermés et du coup je me dis bon c'est quand même parfois un peu touchy de mettre de côté le commerce, à l'inverse du coup garder le magasin ouvert mais faire des travaux. J'ai en tête de l'électricification et de la peinture à côté, voire même de la structure en plein milieu que des équipes en train d'implanter. Donc, point de vue sécu, ce n'était pas l'idéal. C'est quoi ton avis dessus ? Comment vous vous positionnez ? Qu'est-ce qui est le mieux ?
- Speaker #1
Alors, le mieux, c'est de se mettre au service de nos clients. et notre philosophie, c'est que c'est que le projet doit être au service du client, et ce n'est pas le client qui doit se mettre sous contrainte pour les projets partiments. En l'occurrence, on est parfaitement conscient, et c'est vraiment la priorité dans le retail, de pouvoir permettre à la vente de se faire. On sait très bien que les jours de fermeture ne sont pas envisageables, et donc nous, on a une approche où on va construire nos programmations de travaux pour permettre cette continuité d'exploitation. Alors évidemment, ce n'est jamais sans effet, Mais disons qu'on va plutôt chercher à confiner des zones, éventuellement à faire du travail de nuit, faire en sorte de pouvoir assurer une continuité de l'activité en planifiant. Ça, c'est vraiment le maître mot quand on parle de bâtiment, c'est l'anticipation, la planification qui vont permettre justement d'éviter ces situations de blocage qui sont souhaitables pour personne.
- Speaker #0
et aujourd'hui où en est le retail parce qu'on parle Déploiement, on parle de nouveaux concepts, on parle aussi forcément de merchandising. C'est quoi ton constat aujourd'hui, les grands sujets, en tout cas les grands défis qui sont à venir à côté retail ? Et je pense que tu as des choses à dire.
- Speaker #1
Oui, alors les grands défis, c'est des défis réglementaires. C'est-à-dire que là, on se retrouve avec une sorte de goulot d'étranglement où on a simultanément, je dirais, quatre grands textes qui viennent un peu chambouler l'activité dans le retail et de manière générale dans le bâtiment. On a le décret tertiaire. on a le décret bach on a la loi à pair on a la f gaz et c'est ces quatre textes finalement ils font peser énormément de contraintes en particulier financière sur sur les retailers et d'où l'importance que j'ai juste avant c'est c'est de
- Speaker #0
Visualiser ça à l'avance de manière à pouvoir planifier et anticiper ok alors il me semble que tu avais un chiffre à nous partager je sais pas si tu veux ouais tu as fait en gros il ya une
- Speaker #1
des études qui montrent que dans le monde de la distribution, là où le budget d'investissement se situe autour de 11 milliards par an, ces quatre textes représentent à peu près 9 milliards de dépenses à programmer. Donc on voit bien qu'à un moment, il y a un... contrainte budgétaire et que ça ne s'improvise pas au dernier moment.
- Speaker #0
Il n'y a pas que de l'IA en plus haut ?
- Speaker #1
Clairement pas, non.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, le parc retail français, tu trouves qu'il est plutôt en avance sur ces sujets, plutôt très en retard ou plutôt dans le bon schéma ?
- Speaker #1
Globalement, le parc est plutôt vieillissant. On a des bâtiments pour la plupart qui ont été construits sur d'anciennes réglementations thermiques. Merci. Donc je dirais qu'il y a plutôt du chemin à faire. Alors la bonne nouvelle, c'est qu'il y a vraiment des gains à aller chercher au niveau de la performance des bâtiments. Mais ce qui est certain de toute façon, c'est qu'avec la loi zéro artificialisation nette, on va devoir travailler avec le patrimoine déjà existant et on pourra de moins en moins construire de bâtiments neufs.
- Speaker #0
Alors je voudrais qu'on fasse un petit temps d'arrêt si tu le permets. Est-ce que tu pourrais nous redire très rapidement les... les infos importantes sur le décret BATS, sur les quelques décrets, et nous expliquer ce qu'il faut retenir essentiellement.
- Speaker #1
Alors, le premier, le décret tertiaire. Donc, de son petit nom, décret éco-énergie tertiaire, il concerne tous les bâtiments tertiaires de plus de 1000 m². Alors, quand on dit tertiaire, c'est très simple. C'est ni primaire ni secondaire. J'enfonce une porte ouverte. Mais ça veut dire que le commerce est concerné. Dès lors qu'il fait plus de 1000 m². et le texte est très simple, il dit ceci il faudra que à l'horizon 2030 toutes ces surfaces tertiaires fassent 40% de réduction de consommation d'énergie par rapport à une situation de référence pas trop dans le détail aujourd'hui mais 40% en 2030 50% en 2040 et 60% en 2050 donc on voit que la marche est quand même significative, et j'ai coutume de dire que c'est pas juste en remplaçant les fenêtres qu'on y arrive. Le deuxième texte, c'est le décret Bax, qui lui, finalement, est assez cohérent avec le décret tertiaire, puisqu'il demande à ce que on mette en place des systèmes de pilotage et de suivi des installations techniques dans les bâtiments. Alors, pareil, il y a une temporalité, depuis le 1er janvier 2025, donc ça fait un an, c'est toutes les installations qui a une production supérieure à 290 kilowatts et à partir de 2030 du 1er janvier 2030 ce sera toutes les installations supérieures à 70 kilowatts et dans l'intervalle je précise s'il ya un remplacement de l'installation le décret bach se s'applique donc demain vous remplacer une production de chaleur et vous mettez des pompes à chaleur de 100 kg le décret bach se s'applique ensuite j'ai parlé de la loi à pair ça c'est sur l'obligation de solarisation des surfaces de stationnement. Là encore il y a des règles en fonction des surfaces, mais globalement il y a beaucoup de retailers qui sont concernés par ces surfaces de stationnement extérieur, et là l'obligation est d'aller couvrir une partie des stationnements avec des ombrières photovoltaïques. Et le dernier sujet c'est la FGaz, là l'objectif de ce texte c'est de réduire les émissions de gaz à effet de serre des fluides frigorégènes, Il y a un certain nombre d'installations dont les fluides vont progressivement disparaître. Ça s'anticipe aussi. Il y a un remplacement à prévoir dans les années à venir.
- Speaker #0
Très clair. C'est hyper intéressant puisque là, ce qu'on est en train de se dire, c'est que finalement, moi, retailer, si je pilote un réseau de magasins, je dois avoir en tout cas une vraie vision bâtiment et une vraie vision énergétique dans ma stratégie et dans ma vision future.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Aujourd'hui, typiquement, c'est quoi les erreurs que tu vois qui sont un peu récurrentes ou à l'inverse, enfin pas l'inverse, mais en tout cas aussi des idées reçues ?
- Speaker #1
Oui, alors les idées reçues sur le décret tertiaire, par exemple, ça va être de dire la responsabilité à un combo propriétaire. En fait, la réalité du texte, c'est que la responsabilité est partagée entre le propriétaire bailleur et le preneur à bail. ça ça se définit dans le cadre du contrat de bail c'est pas toujours très clair donc la première invitation recommandations que je fais c'est de bien lire les baux et de s'assurer de la responsabilité de qui fait quoi souvent on va dire que le propriétaire est responsable de l'enveloppe et le preneur à bail lui va être responsable des systèmes et la deuxième je je l'ai déjà dit, c'est de penser que on obtiendra 40% de réduction de consommation juste en changeant les fenêtres. Ce n'est pas le cas. Non, mais ça veut bien dire que les travaux sont assez significatifs et donc qu'ils s'anticipent.
- Speaker #0
Ok, très clair. Tu en as parlé juste avant, mais tout ce qui est décret Bax, je pense que c'est encore très flou pour beaucoup d'enseignes. Est-ce que tu peux rentrer un peu plus dans le détail ? nous dire exactement ce que ça peut changer pour le retailer.
- Speaker #1
Le décret BACS, en bon anglais, c'est Building Automation Control System. En bon français, l'idée c'est de venir mesurer et permettre le contrôle des installations énergétiques d'un bâtiment. Je disais que c'était très cohérent avec le décret tertiaire, parce que moi, ce que je dis souvent à mes clients, C'est que la première chose à faire quand on veut mener des plans d'action énergétique, c'est de savoir sur quoi on agit. Et pour ça, il faut nécessairement mesurer. Moi, souvent, ce que je dis, c'est que le décret BAC, ce n'est pas vraiment une contrainte, parce que de toute façon, si on veut mener des plans d'action qui soient cohérents et pertinents, il faut mesurer avant. Et donc, voilà, cette obligation, finalement, elle permet de visualiser un petit peu ce sur quoi on travaille. Souvent, moi c'est la première recommandation que je fais quand j'arrive quelque part, c'est de demander est-ce que vous connaissez vos consommations énergétiques, si vous ne les connaissez pas, mettez en place du comptage. Parce qu'il est évident que selon les typologies de sites qu'on va traiter, il y en a certains, c'est l'éclairage qui va être prépondérant, pour d'autres ça va être éventuellement la production de froid, des éventuels process, et donc on voit bien que en mesurant les consommations énergétiques,
- Speaker #0
par usage à la source on peut ensuite cibler les plans d'action finalement c'est un peu comme sur le perso tu regardes un peu là où tu consommes le plus et tu as juste exactement et du coup là concrètement est ce que tu as des leviers qui sont très identifiés qui marche tout de suite est ce que c'est souvent la même on va dire la même méthodologie d'accompagnement alors
- Speaker #1
La méthodologie, oui. Après, je n'aime pas parler de recettes toutes faites parce que les contextes sont toujours différents. Globalement, on peut identifier quatre grands leviers. Le premier, souvent celui que je mets en avant, c'est la régulation. J'ai tendance à dire que la régulation, c'est l'action qu'on peut mener tout de suite et qui va avoir le meilleur rapport kWh économisé par euro investi. C'est assez vite rentable. Et finalement, l'autre avantage, c'est que c'est assez peu intrusif, ça veut dire qu'on peut continuer à exploiter le bâtiment normalement. Deuxième levier, c'est de travailler sur les systèmes. Le premier système dans un magasin, ça va être l'éclairage. Là, j'enfonce une porte ouverte, mais c'est vrai que les relampings LED sont largement déployés, encore qu'il y a encore des bâtiments qui n'ont pas été traités. Et ça, on voit que les retours sur investissement sont faciles à identifier, ils sont assez rapides. Mais ça peut être aussi sur la production de chaleur, sur la production de froid. Et là, on voit qu'il y a eu quand même des progrès qui ont été faits. et que le remplacement amène un gain significatif. Remplacement qui peut être fait parce qu'on veut faire des économies d'énergie, mais parfois qui peut être fait aussi parce qu'on a un équipement qui est vêtu, ce qu'il faut le remplacer. Et donc là, je parlais d'anticipation, c'est bien de savoir ce qu'on va faire demain. Troisième sujet qui est peut-être le plus lourd, c'est de travailler sur l'enveloppe. Donc là, on parle d'isoler les façades, d'isoler les toitures. Ce que j'ai tendance à dire, c'est que ces travaux-là peuvent aussi s'accompagner d'un travail sur l'image, sur la visibilité du site. L'idée, c'est de pouvoir faire d'une pierre deux coups. Mais c'est sûr que si on est parti pour remplacer le bardage, évidemment, il faut se poser la question de l'isolation et bien isoler. Et le dernier levier, qui n'est pas vraiment lié aux besoins, mais on en a un peu parlé tout à l'heure, c'est sur la production photovoltaïque. Parce que dans le cadre du décret tertiaire... Toutes les productions électricité photovoltaïque qui sont autoconsommées par le site, elles viennent naturellement en déduction des factures énergétiques, et donc elles sont valorisées dans le cadre du décret tertiaire. Donc le fait de répondre à la loi APER, c'est aussi une manière d'aller chercher des gains sur le décret tertiaire.
- Speaker #0
Très clair. Aujourd'hui, est-ce que tu dirais que les équipes au sens large, elles sont plutôt prêtes à ces transformations ? Est-ce que c'est plutôt un sentiment que c'est subi ou est-ce que justement ils sont plutôt dans une démarche proactive et ils sont très appétants sur le sujet ?
- Speaker #1
Question pas facile parce que je pense que ça dépend vraiment des enseignes, ça dépend aussi de la sensibilité individuelle des gens. Je n'ai pas vraiment de réponse à ça. En revanche, la réponse que moi je peux faire, c'est que nous on est très attentifs à la question de la pédagogie. d'expliquer pourquoi on fait les choses, de communiquer en amont, d'expliquer. Parce que finalement, si on veut que ça se passe bien sur le terrain, on sait qu'à un moment, il y aura des interfaces entre les travaux et l'exploitation. Et donc, on a besoin que tout le monde se parle. Et donc, vraiment, là, nous, on met vraiment un point de vigilance important, c'est de faire en sorte que cette communication, elle soit fluide entre les exploitants et les travaux, de manière à éviter les points de friction.
- Speaker #0
Très clair. En tout cas, c'est hyper intéressant puisque depuis le départ, tu parles beaucoup de performance énergétique. Côté marchandise, on parle quasiment que performance et optimisation de surface et performance linéaire. Donc je trouve que le pareil et le lien doit être fait aussi et d'avoir en tout cas cette vision aussi plus globale. Au quotidien, en tout cas, il y a des sujets qui sont de l'ordre du CAPEX et de l'OPEX. Comment un retailer aujourd'hui peut intégrer ces éléments ? Comment finalement il fait au quotidien pour maintenir son parc immobilier et le tenir dans le temps ?
- Speaker #1
Ça, c'est vraiment des visions stratégiques. Moi, souvent, ce que je dis, c'est que le... La performance énergétique des bâtiments, même si elle est guidée d'un point de vue réglementaire, elle vient aussi au service de la performance. Et que faire des travaux de performance énergétique, c'est non seulement réduire sa consommation à l'instant T, mais surtout c'est réduire sa dépendance aux fluctuations énergétiques. On l'a vu il n'y a pas très longtemps, et ça se reproduira très vraisemblablement dans le futur. Dès lors qu'on a un coût de l'énergie qui fluctue, ça vient fragiliser les modèles économiques et donc finalement en travaillant sur sa réduction de besoin, on vient réduire sa vulnérabilité et donc in fine on consolide son modèle. Et je pense que c'est vraiment ça qu'il faut avoir en tête, c'est plutôt cette notion de pérennité.
- Speaker #0
Très clair. Tu parles aussi, il me semble que tu l'as dit tout à l'heure, de schéma directeur énergétique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi finalement pour un réseau et un retailer ?
- Speaker #1
Alors, pour moi c'est vraiment la première étape quand on se pose ces questions. Enfin, on l'a vu, il y a beaucoup de contraintes qui rentrent en compte, des contraintes réglementaires, des contraintes d'exploitation. On ne l'a pas dit, mais il y a aussi des contraintes budgétaires, évidemment. Ça coûte de l'argent tout ça, et donc il faut pouvoir le planifier. Nous, l'approche qu'on préconise, elle passe par ce schéma directeur. L'idée, c'est en amont de tous les travaux ou quoi que ce soit, c'est d'avoir une vision claire de là où on veut atterrir. J'ai un objectif de moins 60% de consommation d'énergie, comment mon bâtiment, je l'amène à ce niveau-là. J'ai une obligation de décret Bax, quel type de GTB je vais mettre dans mon bâtiment. J'ai une obligation photovoltaïque, quelle surface je mets, à quel endroit. L'idée, c'est d'avoir cette vision d'ensemble au début, et ensuite, de planifier les travaux. Parce qu'avoir la vision tout de suite, ça ne veut pas dire on va faire les travaux demain. Ça veut dire qu'on peut planifier les choses dans le temps. Et pourquoi je dis que c'est important de faire ce schéma directeur ? Parce que quand on sait là où on veut arriver, on évite... Ces travaux qu'on va faire une fois et qu'on va défaire parce qu'on avait oublié d'eux. L'exemple que je donne tout le temps, c'est qu'on intervient sur les façades parce qu'il faut intervenir sur les façades, la toiture est encore bonne, on n'y touche pas, et cinq ans plus tard, quand on veut intervenir sur la toiture, on s'aperçoit qu'on n'a pas monté les façades assez haut et donc on ne peut pas sur-isoler. Voilà, exemple tout bête, mais le fait d'avoir une vision de là où on veut aboutir demain, ça permet de ne pas faire les choses deux fois. Et l'autre avantage, c'est qu'en faisant ça, on ne subit pas les aléas. Un autre exemple très classique aussi, c'est un appareil qui est défaillant et qui tourne en panne. Si on n'a rien planifié, le réflexe naturel, ça va être de le remplacer à l'identique. Si on sait vers quoi on tend, le jour où on a un appareil qui est défaillant, on a anticipé, on sait quelle installation on veut mettre, et donc on ne subit pas les aléas.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant et ça fait vraiment écho à mes accompagnants parce que je défends en tout cas une vision globale du merchandising plutôt que par à-coups ou petites actions un peu parsemées. Et en tout cas, ce que tu dis, c'est vraiment avoir ce schéma directeur, cette vision à long terme pour ensuite actionner comme il faut. Hyper intéressant. Est-ce que du coup, Modulo accompagne ce schéma directeur et est-ce que vous accompagnez justement ces points un peu stratégiques ?
- Speaker #1
Tout à fait. Comme je l'ai dit, avec nos différents métiers, on a vraiment vocation à accompagner ces projets-là sur toute leur durée de vie. On a ce métier et on vient de là, de l'ingénierie, donc cette capacité à faire de la conception, à vraiment être dans le détail de la performance énergétique. Ça, c'est d'autre côté ingénieur. Et puis à côté de ça, il y a notre côté contracte en général, on a une vraie maîtrise des contraintes travaux. Nous, ce qu'on aime dire, c'est qu'on est vraiment partie prenante des challenges de nos clients. Si nos clients nous disent qu'on a besoin de faire des travaux en un mois parce qu'on a une date butoir, on va se mettre en quatre pour tenir le temps. Tu rigoles, mais n'empêche que j'ai regardé nos stats depuis la création de Moduo Contract. Zéro chantier livré en retard.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Ça fait plus de 10 ans. Zéro chantier livré en retard. De la même manière, zéro chantier où on n'a pas eu la commission de sécurité. Ça veut dire qu'on a vraiment cette culture de faire partie de l'équipe du client. On ne vient pas en confrontation, mais vraiment en appui. Et en fait, le fait de travailler depuis longtemps dans le monde de la distri, fait qu'on est aussi très conscient de toutes ces contraintes-là. Les contraintes de logistique, les contraintes clients, tout ça, on a une bonne maîtrise. Et à côté de ça, forcément une bonne connaissance aussi du monde du bâtiment. Donc solliciter les bonnes personnes au bon moment, on sait faire. Anticiper les problèmes avant qu'ils deviennent vraiment bloquants. on sait faire et je pense que c'est un peu notre marque de fabrique.
- Speaker #0
À quel moment on doit se dire c'est trop tard et il faut... En tout cas, à quel moment je dois m'alerter et vous contacter ? Vous savez quand les murs commencent un peu à vibrer ?
- Speaker #1
J'ai dit souvent en rigolant que le meilleur moment pour avoir ces réflexions-là, c'était il y a 10 ans. Le deuxième meilleur moment, c'est maintenant, c'est tout. Et comme je le disais tout à l'heure, avec cette approche de chez mes directeurs, le fait de commencer à réfléchir à ça aujourd'hui, ça veut pas dire qu'on fera les travaux demain. Ça veut dire qu'on commence à planifier, et ça je pense qu'il y a une chose à retenir sur cette thématique-là, c'est vraiment la question de l'anticipation. On commence à planifier les choses. Je parlais tout à l'heure dans le cadre du décret tertiaire de cet échéance à 2030, Dans le cas du décret Bax, échéance à 2030, on voit qu'il y a une année un peu compliquée. Là, on est en 2026, donc ça va se rapprocher. Au plus on va se rapprocher 2030, au plus on va commencer à avoir de sollicitations. Et donc c'est important d'anticiper ces sujets-là pour ne pas se retrouver en 2029 à vouloir lancer des travaux et à ne pas avoir d'entreprise disponible pour les faire.
- Speaker #0
Il y a le pied du mur.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est quoi derrière l'ambition de Moduo ? C'est quoi en tout cas vos principes fondamentaux ?
- Speaker #1
Je l'ai dit, nous, notre principe c'est vraiment être partie prenante des challenges de nos clients, les accompagner et complètement s'approprier leurs contraintes. Je parlais d'un délai court, on peut parler d'un site très contraint, on peut parler de mille problématiques. que nous, on a vraiment Dans notre ADN, cette capacité à comprendre les problématiques et à se mettre au service de nos clients. Donc nous, notre ambition c'est de pouvoir rayonner. On travaille déjà partout en France et on a vocation vraiment à le faire, à accompagner des déploiements. On le constate quand on accompagne un client sur un concept. Il y a forcément la phase de rodage sur le premier site et puis ensuite les choses se mettent en place et on gagne en efficacité, en fluidité. Et donc je pense que c'est une de nos forces, c'est de pouvoir accompagner des développements qui sont parfois très rapides, avec des enjeux qui sont assez forts en termes de commerce et vraiment faire partie de l'équipe.
- Speaker #0
Très clair. Pour aller un petit peu plus loin, est-ce que tu vois des nouvelles technologies ? Est-ce que tu as des choses à nous partager là-dessus ? Ou des innovations que tu vois arriver ou surveiller de près ?
- Speaker #1
Oui, on peut parler de ce qu'on entend pas mal sur les cool roofs. Donc c'est les toitures blanches qui permettent de réduire les besoins de climatisation. On le voit. Les épisodes caniculaires vont faire que s'intensifier, donc la question du confort d'été dans les magasins est centrale, et la conso de climat qui va avec est aussi importante, donc travailler vraiment sur la gestion des apports solaires, c'est pour moi un sujet important. On voit sortir là aussi des innovations sur la récupération de chaleur au niveau des bardages. qui permettent d'avoir des efficacités énergétiques dans le fonctionnement des pompageurs qui sont assez remarquables. On est en train d'étudier ça.
- Speaker #0
Et côté luminaire, tu vois des choses... Parce que c'est un vrai sujet aussi, côté merch, sur tout ce qui est éclairage.
- Speaker #1
Aujourd'hui, les fabricants ont vraiment très fortement progressé. Alors, ce qu'on... Ce qu'on a, nous, eu l'occasion de mettre en place, mais plutôt dans des parties logistiques, c'est vraiment des systèmes d'éclairage intelligents qui se modulent en fonction de l'occupation. Ce sont des grands entrepôts, on a tout le temps des personnes dans toutes les travées, donc ça permet vraiment de cibler les éclairages. Dans les magasins, on voit qu'aujourd'hui, on a des luminaires qui sont extrêmement efficaces. plutôt adeptes de l'éclairage naturel, mais ça je ne sais pas si ça se dit dans le monde du retail, mais je pense que travailler aussi sur des coques avec de l'éclairage naturel, et donc une manière aussi de moduler l'éclairage artificiel, c'est des bons leviers de performance énergétique.
- Speaker #0
Pourquoi Nicolas, c'est important d'avoir une réflexion sur l'ensemble du parc ? et pas forcément d'être cluster et magasin par magasin.
- Speaker #1
Est-ce que les moyens ne sont pas extensibles ? Et donc à un moment, ça vaut aussi le coup de se poser la question de où est-ce que mes euros investis seront le plus efficaces ? Le fait de raisonner à l'échelle d'un parc, ça permet d'avoir cette vision. On revient à la question du schéma directeur. C'est vrai qu'on l'a parlé à l'échelle d'un bâtiment, mais en fait, il faut le voir vraiment à l'échelle de tout un patrimoine. Où est-ce que je décide de mettre mes moyens ? et comment j'organise des choses. Ça permet de planifier, ça permet aussi de faire appel aux bons partenaires au bon moment pour aller déployer des solutions et puis également d'avoir des conditions d'achat plus intéressantes. C'est sûr que quand on raisonne à l'échelle d'un parc et qu'on passe des accords cadres sur tel ou tel équipement, c'est tout de suite plus intéressant plutôt que de le raisonner au coup par coup avec en plus toute cette complexité de gestion qui est nécessairement plus chronophage.
- Speaker #0
C'est clair, du coup j'imagine que Moduo accompagne les enseignes sur ces trajectoires et sur les visites.
- Speaker #1
Oui tout à fait, nous on a vraiment vocation, comme je disais tout à l'heure, à accompagner sur le volet technique avec nos compétences en ingénierie et puis sur le volet organisation travaux avec le volet contracte en général. Déployer les travaux en s'assurant, je l'ai dit, de la tenue des délais, de la tenue du budget, c'est important. On a aussi cette vision budgétaire qui est hyper importante. On a également la capacité à travailler encore plus en amont sur la construction de cahiers des charges. Si je prends le cas d'une enseigne avec beaucoup de magasins ou des franchises par exemple, À un moment, c'est important de structurer la démarche et de définir les standards qui doivent être respectés. Et nous, on peut faire ce travail avec notre œil d'ingénieur et de contractant, de construire les cahiers des charges qui ensuite seront mis à disposition des différents acteurs du réseau pour assurer la cohérence d'ensemble à l'échelle de tout le parc.
- Speaker #0
J'aimerais te redonner la main Nicolas, pour que tu puisses nous en dire encore un petit peu plus sur Moduo, et aussi parler des équipes, des personnes qui font vivre Moduo depuis 22 ans je crois, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui c'est ça, on va fêter cette année nos 22 ans. Donc je disais, Moduo, 80 collaborateurs, globalement vraiment un sens de l'engagement, si je dirais qu'il y a quelque chose à retenir, c'est ça. C'est un sens de l'engagement, un professionnalisme, une vraie expertise technique. Nous, on a vraiment ces deux piliers. C'est le côté expertise technique qui, pour nous, est fondamental, qui permet de piloter des projets complexes. Et ce sens de la pédagogie, parce qu'on sait très bien qu'on ne s'adresse pas toujours à des gens qui sont très experts du bâtiment. Et nous, le but, c'est pas de jargonner, le but c'est au contraire de réussir à rendre compréhensibles des sujets qui sont parfois pas simples à aborder. Et donc, vraiment, je dirais, un plaisir qu'on prend à être à l'écoute de nos clients et à rendre simples des situations parfois complexes.
- Speaker #0
Nicolas, merci beaucoup, c'était extrêmement intéressant. On a pu rendre les choses un peu plus concrètes sur tout ça. Je veux bien te redonner la parole, peut-être pas forcément faire la conclusion, mais ton mot de la fin. Si tu as encore des éléments à nous partager, c'est le moment ou jamais.
- Speaker #1
Déjà, merci de m'avoir invité et donné l'occasion de parler de ces sujets-là. On le voit. passionnant et assez assez colossaux les enjeux sont importants peut-être dire bah oui que nous chez moduo on a vraiment vocation à accompagner ces sujets là et j'ai envie de dire au plus c'est compliqué au plus on sera à l'aise et au plus on aura de valeur ajoutée dans l'accompagnement des clients parce que on connaît bien le monde du bâtiment et on connaît bien le monde de la distribution deuxième sujet je pensais c'est vraiment avoir en tête que ces échéances qui peuvent paraître lointaines, en fait elles vont arriver très très vite, et donc ça s'anticipe, et je l'ai déjà dit, je le répète, anticiper ça ne veut pas dire tout faire tout de suite, ça veut dire savoir maintenant ce qu'on veut faire demain. on veut arriver et ça ça permet de construire des trajectoires de pas subir les aléas et d'avancer à son rythme à son rythme en termes de contraintes techniques en termes d'engagement des équipes en termes de capacités financières voilà l'idée c'est vraiment de tracer ce chemin pour faire les choses sereinement et en tout cas c'est nous la vocation qu'on a chez Mauduo c'est de sécuriser les projets et d'amener de la sérénité
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup de nous avoir partagé tout ça et puis surtout d'avoir parlé de Moduo. Pour ma part, je me suis noté trois choses et devine quoi, c'est plutôt aligné à ce que tu viens de dire,
- Speaker #1
c'est à vous dire qu'on s'est compris.
- Speaker #0
Mais en effet, en tout cas, l'importance d'avoir une vision globale et pas quelque chose de séquencé et de dispersé. L'urgence d'actionner et de ne pas attendre 2029 et d'être entre guillemets au pied du mur. Et puis je voudrais aussi valoriser Mooduo avec votre engagement, votre pédagogie et puis surtout votre expertise. Nicolas, c'était un vrai plaisir de parler de ces sujets avec toi.
- Speaker #1
Plaisir partagé, merci Adrien.
- Speaker #0
Et à très bientôt.
- Speaker #1
A bientôt.