- Speaker #0
Et moi, je replace souvent la citation du fondateur de Walmart, que tout le monde connaît dans le métier, qui est de dire qu'il y a une personne qui peut virer tout le monde dans l'entreprise, depuis le patron jusqu'au dernier opérationnel, c'est le client. Quand on se lance, il ne faut pas rester tout seul. Et on ne le sera pas si dès que tu pointes un peu le nez dehors, tu vas rencontrer des gens, c'est génial. comprendre les leviers de la catégorie pour mieux les adresser, pour mieux aller revendre auprès des distributeurs, même influencer une stratégie marketing, là c'est bingo, c'est génial.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Pour toutes ces bonnes raisons. Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. À travers ce podcast, je partage mes connaissances et celles de mes invités pour vous offrir un contenu riche et inspirant. Dans un commerce en constante évolution, je voulais à travers ce podcast aller au cœur du merchandising, du retail et de l'entrepreneuriat, le tout avec une touche de décontraction. Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de recevoir Emmanuel Ansour. Emmanuel, vous allez voir et vous allez le découvrir, c'est un véritable spécialiste du catégorie management. Surtout, il a une grosse expertise sur la partie industrielle et j'ai eu le privilège de travailler avec lui sur divers projets. notamment sur la revendication de marques et d'usages en linéaire. Donc je suis vraiment ravi qu'il soit avec nous aujourd'hui pour partager son expertise et son expérience. Écoute Emmanuel, je suis ravi de te recevoir sur le podcast pour toutes ces bonnes raisons.
- Speaker #0
Bonjour Adrien.
- Speaker #1
Souvent, ce que j'aime bien faire avant de se lancer dans le dur, c'est poser une question ouverte. Et j'ai envie d'attaquer avec toi avec cette question. Et j'aimerais que tu nous racontes... ta dernière expérience d'achat ou ton dernier acte d'achat qui a été mémorable et pourquoi ça l'a été ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Souvent, ça nous marque ces petits passages en magasin. J'en ai un, mais il n'est pas positif. Alors, ce n'est pas grave, tu ne le verras pas.
- Speaker #1
Ça passe.
- Speaker #0
Mais voilà, il est plutôt négatif. Et il est sur une marque qui est accessoirement une des premières capitalisations mondiales et qui s'appelle Apple. Alors, c'est ma dernière expérience Apple Store. Donc je suis pas Apple, je suis Android, donc j'ai pas trop l'habitude d'y traîner. Et je me suis rendu dans un Apple Store il n'y a pas longtemps pour acheter, pour ma petite femme, elle a perdu son chargeur d'AirPod. Donc autant dire un besoin hyper spécifique, un truc qui coûte pas très cher par rapport à tout le reste chez Apple. Mais ça faisait une éternité que je ne l'ai pas allé dans ses magasins, j'en avais gardé l'image d'une expérience assez incroyable. un lieu épuré, des gens à ton service, bref, l'expérience client que tu attends optimum. Et en fait, ça a été exécrable, tout simplement, pour faire un mot dire simple. C'est qu'en fait, j'ai détesté le côté « tu dois expliquer ton problème une première fois, on t'oriente vers une autre personne » . Encore une fois, je voulais acheter un truc, vraiment. « On t'oriente vers une deuxième personne à qui tu dois expliquer à nouveau ton problème, disant « j'aimerais acheter ce produit-là, est-ce que vous l'avez ? » Je suis pas sûr, faut aller voir une troisième personne.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et là on te dit qu'il faut revenir, parce qu'en fait c'est pas tout à fait encore la bonne personne. Donc ce serait bien de prendre rendez-vous. Et là tu te dis, ok, je peux revenir dans un quart d'heure. Tu prends rendez-vous, tu reviens, tu réexpliques ton problème une fois, tu réexpliques ton problème deux fois. Et là finalement t'arrives à tomber sur la personne, qui très gentiment avec son pad te dit, ouais c'est bon je peux aller vous le trouver. Et donc pour un acte d'achat d'un truc qui coûte je crois 60 euros ou quelque chose comme ça. dans un magasin où la moyenne est plutôt à 1000, en fait, tu as perdu une demi-heure. Et je trouve que d'avoir voulu, au-delà de ça, ce que ça dit, c'est que c'est bien d'avoir des gens en magasin, c'est bien d'avoir des magasins physiques. Toi comme moi, on ne va pas s'en plaindre, au contraire. Mais je trouve que cette sur-segmentation des missions, c'est presque du taylorisme appliqué au retail. Et dans une marque comme ça, j'ai trouvé ça absolument pas confortable du tout. Pas confortable. C'était... Voilà. Donc, elle est mémorable. Ça ne m'a toujours pas convaincu de passer à Apple. Je vais rester avec Android au moins, comme ça, tout est... Mais voilà, mais ça qui est malheureux, c'est que du coup, je reste Android, alors que tout est dématérialisé et que je ne mettrai jamais les pieds dans ces magasins. J'ai trouvé ça vraiment très, très... En fait, ce que ça m'a dit, c'est que ça avait vieilli. Ça avait pris un coup de vieux. monstrueux et c'est une vraie question qu'on doit se poser dans le métier c'est c'est quoi du retail moderne et le retail moderne d'apple il ya plus de dix ans maintenant dix quinze ans quand ils ont lancé apple store c'était moderne c'est incroyable c'est incroyable c'était hyper novateur peu de produits plein de gens voilà des de l'argent donc des lieux fantastiques mais maintenant ça a pris une claque monumentale monumentale donc voilà donc apple si vous entendez
- Speaker #1
rien que moi on est prêt à vous aider à réfléchir vos nouveaux concepts y'a pas de problème mais pour l'instant c'est pas ça écoute en plus ce qui est hyper drôle c'est que pareil ça fait extrêmement longtemps que j'ai pas mis les pieds dans un apple store et j'ai prévu d'y aller cet après midi pour régler un truc donc donc je vais voir ça je vais prendre ta place cet après m bon en tout cas voilà Emmanuel je suis je te le redis je suis ravi de t'accueillir sur sur le podcast Ce qu'on va voir ensemble aujourd'hui, je vais plutôt le faire en trois parties. J'aimerais qu'on puisse revenir en tout cas sur ton parcours et puis sur ton cabinet de conseils. Revenir aussi sur ce qu'est, et nous expliquer un peu plus en détail ce qu'est le catégorie management. Et puis après, une troisième partie un peu plus ouverte pour revenir sur d'autres choses, aller plus loin. Écoute, pour commencer, je te redonne à nouveau la parole et j'aimerais bien que tu puisses nous parler de ton parcours. ta vie avant ton cabinet ton cabinet de conseil ?
- Speaker #0
En fait, c'est assez simple. Ça fait maintenant 3-4 ans que j'ai monté ce cabinet. On y reviendra. Mais avant ça, j'ai passé une vingtaine d'années déjà. Une vingtaine d'années en corporate dans des grands groupes agroalimentaires. Donc toujours côté industriel, exactement. Avec des marques. D'abord en marketing et puis après très vite en commerce. et toujours avec un gros axe catégorie management qui est donc ma spécialité aujourd'hui, mais toujours avec cet axe Catman, toujours hyper important. J'étais chez Pernod Ricard, j'étais chez Lou Danone, devenu après Moult Rebond, Mondelaise aujourd'hui. Et puis j'étais chez Bonduelle dans mon dernier job salarié en fait simplement. Et voilà, j'ai lancé ça. Et c'est vraiment un parcours assez classique finalement, market et commerce, avec quand même cette spécialisation au fil des années sur le catman qui m'a toujours attiré.
- Speaker #1
Ok, et du coup, qu'est-ce qui t'a fait glisser pour te lancer sur la création de ta boîte ?
- Speaker #0
Bon, alors c'est jamais un seul déclencheur, moi il y en avait plusieurs, il y avait le côté entrepreneuriat qui me chatouillait depuis quelques temps, là je suis installé dans le nord de la France à côté de Lille, et avant en région parisienne, donc au moment du mouvement... Je ne savais pas ce que j'allais retrouver comme job, donc je m'étais déjà posé la question de me lancer. Il se trouve que j'ai eu une belle proposition chez Bonduelle, que j'ai rejoint avec grand plaisir, mais ça commençait déjà à monter. Il y avait un moment donné, après, le deuxième déclencheur, c'est qu'en fait, montant chez Bonduelle, je me suis rendu compte que j'arrivais un peu au bout du modèle corporate pour moi, perso. Ça m'intéressait un peu moins. Et surtout... j'allais de moins en moins pouvoir faire de Catman parce qu'en fait il y a un plafond de verre du catégorie management où au-dessus tu passes à d'autres fonctions des fonctions de direction générale ou direction commerciale peu importe, mais du coup ça s'arrête là et je me suis dit avec quelques petits points de rupture perso un peu de crise de la quarantaine une grosse quarantaine des différents sujets tu dis bah allez j'y vais, je me lance, c'est le moment dernier petit coup sur les fesses pour se lancer et puis se dire je me mets à mon compte et puis je vais faire du fun j'ai testé plein de modèles au moment de me lancer depuis le lancement de startup jusqu'à l'accompagnement d'autres entreprises etc et puis finalement je dis bon allez, je vais faire ce que j'aime tout seul, indépendant du Catman pour les autres en revanche et puis voilà, on y va quoi, on se lance
- Speaker #1
Mais alors, du coup là, c'est quoi ? Il y a 3-4 ans, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, 3 ans à plein. L'entreprise a 3 ans et demi, et moi ça fait 3 ans que je suis concentré à fond sur cette activité.
- Speaker #1
Ok, et donc quand tu t'es lancé, ça a été entre guillemets quoi tes freins et tes accélérateurs pour le cabinet ?
- Speaker #0
En fait, les freins, il n'y en a pas eu tant que ça. Très honnêtement, j'ai eu la chance de... Allez, c'est vraiment, je mesure cette chance. d'avoir assez vite pas mal de répondants. Accélérateur, c'est la chance d'avoir un réseau constitué qui était déjà assez solide avec des gens dans le métier de la grande conso au sens large et potentiellement avec des besoins sur le catman en particulier. forcément, bah voilà, le réseau, le réseau, le réseau, de toute façon, il revient. Non, les freins que j'avais, c'était au début, c'était plus des freins individuels, personnels, c'est du syndrome de l'imposteur, tu dis en fait, j'ai fait ça en corporate, dans des boîtes, mais tu te remets en cause, qu'est-ce que je vais pouvoir apporter aux autres ? Est-ce que je vais pouvoir apporter quelque chose aux autres ? Donc, les seuls freins, finalement, les seules barrières que j'avais, c'était les miennes. Et après, en toute honnêteté, c'était aussi simple que ça. C'était de me dire comment je constitue une offre, comment je constitue un positionnement. Tout ça, j'étais assez clair parce que j'ai un background marketing et commercial qui est quand même assez costaud. Donc, je n'avais pas sans arrogance, mais ça, je savais. Très vite, je me suis dit quand j'ai fait ça, il faut que j'ai un positionnement que je revendique encore aujourd'hui, hyper serré d'un point de vue marketing. Le catégorie management, c'est une micro-niche. Donc, je me suis dit je veux faire ça, que ça. Et en revanche, sur toute la profondeur du métier, depuis le plus opérationnel jusqu'au plus stratégique. Ça, c'était hyper clair. Après, c'est ça, comment je le mets en musique à travers une offre, à travers de la valeur ajoutée auprès de clients. Waouh ! Là, c'est le grand saut. Là, c'est le grand saut. Mais bon, j'étais entouré de plein de gens bienveillants. Encore une fois, un réseau hyper solidaire. Donc, ça s'est fait. Ça ne s'est pas fait sans douleur, mais ça s'est fait quand même de manière assez souple. Oui,
- Speaker #1
j'imagine. Ouais c'est vrai qu'il est pas évident ce syndrome de l'imposteur. Je suis un peu en plein dedans pour être honnête. Du coup pour revenir sur Growing Ideas, t'as écrit une mission, t'as écrit une vision sur ça ?
- Speaker #0
Non j'en ai pas vraiment écrit parce que, au sens vraiment by the book de ça. En revanche ce qui est très clair c'est que la vision pour moi de Growing Ideas c'est vraiment... de mettre la puissance du côté management, de mettre ce formidable outil au service de choses dans les entreprises, la croissance, évidemment, et aussi la transformation. Donc, en fait, c'est un métier que j'adore, que j'aime promouvoir et j'aime discuter. C'est pour ça que j'adore discuter dans les podcasts, comme ça, pour pouvoir en parler. Mon profil LinkedIn, je m'appelle catégorie manager évangéliste. Catering Management évangéliste, parce qu'il y a ce côté évangéliste américain, c'est un petit clin d'œil, du côté je diffuse une forme de bonne parole autour du métier. Ça fait un peu peur des fois des gens qui se demandent si j'ai pas viré le mauvais côté de la religion. Non, non, je vous rassure, tout va bien. Donc voilà, il y a ce côté vraiment parler du métier et au service vraiment de la croissance, oui, mais aussi de la transfo, parce que c'est un métier qui est vraiment au cœur de... Cœur de système dans les entreprises, chez les industriels, et qui peut vraiment apporter une vision un peu différente à chaque fois. Donc voilà, c'est le plus proche de ce qui serait une vision pour Green Idea. Il faut que je le réécoute après, mais ça devrait être ça.
- Speaker #1
Ok. Bon, là, du coup, en quatre ans, tu as eu, j'imagine, pas mal de clients. C'est quoi ta fierté ? C'est quoi peut-être ton premier succès ? Ou le truc où tu dis, bon, allez, quand je fais un petit coup de rétro, ouais, c'était pas mal, ça.
- Speaker #0
Si tu veux, moi, vraiment la plus grande fierté, elle est forcément en miroir de ce que je te disais sur le syndrome de l'imposteur. C'est se dire, j'arrive à convaincre des gens de bosser avec moi, leur apporter de la valeur et leur apporter satisfaction. Et quand tu as réussi cette chaîne de valeur complète, en fait, là, tu as une fierté qui est juste, on te le dit, tu vois, tu deviens entrepreneur, tu deviens à ton compte. Donc voilà, gagner ses clients, avoir ses succès, tout ça, c'est super. Mais en fait, tant que tu ne l'as pas vécu, tu ne te rends pas vraiment compte. Parce que finalement, avoir des succès, on va dire d'un point de vue commercial, quand tu es dans une entreprise, tu vends les produits de ton entreprise, tu as une grosse fierté, tu as plein de succès, il faut les célébrer, ok. Mais quand c'est pour toi que c'est toi le produit que tu as réussi à te vendre et à en faire une réussite avec des gens qui sont contents, qui te font rebosser, bah C'est quand même très jouissif, super agréable. Donc là, tu te dis. Et le deuxième sujet, c'est qu'au fil des années, c'est vraiment d'avoir réussi à construire aussi cette... Toujours pareil par rapport au syndrome d'imposteur, mais se dire, en fait, je construis une forme de légitimité, une forme de reconnaissance sur le métier, sur l'expertise, sur la valeur que ton nom commence un petit peu à circuler, encore une fois, sans arrogance, juste simplement, de se dire, en fait, oui, c'est bien, les gens viennent te voir, ils savent pourquoi ils viennent te voir. Et ça, c'est pareil, c'est des choses qui se construisent et qui représentent des grandes fiertés.
- Speaker #1
C'est clair. Je te propose maintenant de passer plutôt à la partie 2 et qu'on mette les mains dans le moteur, qu'on parle catégorie management, qu'on parle chopper. Je pense que la question qu'on doit tout de suite se poser, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est le catégorie management ? Et surtout, aujourd'hui, pourquoi dans le retail ? Selon toi, c'est extrêmement important. Là, je donne la parole à l'évangéliste.
- Speaker #0
À fond, c'est ça, merci. L'évangéliste va parler. Bon, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs. Donc, le category management, pour faire simple, c'est effectivement une discipline qui est assez méconnue. Dès que tu sors de la grande conso, dès que tu sors du retail, en fait, ma mère n'a toujours pas idée de ce que je fais, forcément. Mais en fait, c'est un métier qui s'intéresse, et tu l'as un peu mentionné, qui s'intéresse aux consommateurs en situation d'achat. Et le consommateur en situation d'achat, on va l'appeler le shopper. Ça va être une grosse différence, parce que pour... pour faire dans la caricature tarte à la crème, maman qui achète les céréales pour ses enfants, elle n'est pas consommatrice. Mais en revanche, elle va être le shoppeur, la chopeuse des céréales pour des consommateurs qui sont les enfants. C'est la grosse différence qu'on fait avec le marketing qui, lui, va s'intéresser aux enfants qui sont des consommateurs. Dire, voilà, de quoi, qu'est-ce qu'ils attendent comme goût, comme texture, comme nouveauté, etc. Comme personnage sur la boîte si on est dans les céréales. Qu'est-ce que les enfants attendent, ça, c'est le consommateur. Moi, je vais m'intéresser à la personne qui achète les produits. Le category management, son enjeu, c'est d'utiliser des leviers, je vais y revenir, mais des leviers qui permettent d'orienter cet achat. De dire, je préfère que tu achètes ce produit-là plutôt qu'un autre. J'essaye d'orienter ta consommation. Et pour faire ça, il y a trois leviers. Il y a l'assortiment, quels sont les produits que je mets à disposition. Et ça, c'est dans tous les business de retail, tu passes par, c'est quoi les produits, c'est quoi mon offre ? Le 2, c'est le merchandising, que tu connais bien, qui est comment j'organise ces produits, comment je fais en sorte que ce soit le plus vendeur possible. Et puis enfin, la promotion. C'est comment j'anime ces produits pour essayer d'en vendre plus ou d'orienter un choix. Donc c'est un métier qui est aujourd'hui hyper important parce qu'on est à l'intersection de deux choses. On est au cœur de la relation entre un fournisseur et un distributeur. Et donc... Dans une chaîne de valeur retail, c'est le moment où il y a un acheteur, un vendeur qui se parle. Et donc, on est là, dans cette stratégie-là. Et le deuxième point important, c'est qu'on est vraiment au point de rencontre entre justement le consommateur, le shopper, et le produit. Donc, on est vraiment à deux moments, on s'intéresse à deux moments charnières d'une relation, d'une relation commerciale d'un côté, d'une relation produit-achat de l'autre. C'est ça qui en fait aujourd'hui son côté un peu forcément très structurant dans nos métiers du retail.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Alors, je rebondis sur ce que tu viens de dire. D'un côté, tu as, on va dire, un distributeur ou une enseigne de grand distri, donc plutôt orienté client, orienté achat. Et de l'autre côté, tu as la marque, l'induce, qui lui, plutôt a une vision marketing, marque, etc.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Du coup... Toi comme moi, on a déjà vu ces différences de vision, c'est marqué, c'est fort j'imagine ?
- Speaker #0
Oui, c'est très marqué.
- Speaker #1
Et tu vois vraiment des différences entre vision produit marque et une vision plutôt orientée shopper ?
- Speaker #0
Complètement, aujourd'hui le gros de mon activité c'est vraiment de passer de l'un à l'autre. En fait une vision marque, tu vas parler effectivement que de ton produit, tu vas chercher à développer des... part de marché, tu vas chercher à te battre contre des concurrents. Mais en fait, ce sujet-là, il est critique, bien sûr, pour un industriel, pour un fournisseur dans notre cas. Mais pour un distributeur, je ne dis pas qu'il n'est pas important parce qu'il le regarde, il regarde les jeux de concurrence, bien sûr, entre différentes offres sur le marché. Mais en même temps, lui, son intérêt, c'est de faire croître l'intégralité de son business. Donc finalement, l'axe catégoriel qui est... qui est d'abord un outil pour les distributeurs, avant que ce soit approprié par les marques telles que moi je l'utilise aujourd'hui, mais c'est d'abord un outil pour les distributeurs pour se dire « je regroupe les produits qui sont substituables, qui sont comparables, qui ont un sens ensemble, et puis je regarde comment je fais croître l'ensemble de ça » . Donc l'objectif du Catman, il est là, il est vraiment de réfléchir à faire croître l'entièreté d'une catégorie, et pas juste des produits, pas juste sa marque. Parce que sinon, pour le distributeur, c'est un jeu à somme nulle. Et ça, ça intéresse moyen. C'est aussi simple que ça, finalement.
- Speaker #1
Bon, du coup, tu as déjà eu le cas où tu es sur une entreprise qui n'est pas du tout orientée shopper, qui est très marque, qui est très, on va dire, vision hot marketing. Tu as déjà réussi à les embarquer, à casser un peu ces codes ?
- Speaker #0
Ouais, ouais. En fait, c'est vraiment, on en revient à ce côté vraiment pédagogique, en fait. C'est du quotidien. Pour moi, c'est un enjeu quotidien. Et c'est bizarrement pas forcément... Les plus petites boîtes qui ne pensent pas catégorie, ce n'est pas forcément les plus grosses qui sont les plus fortes en catégorie. Il n'y a pas de règle en fait. C'est vraiment une... Moi je parle souvent d'attitude en fait pour le catégorie management. C'est d'abord une attitude. Je vais comprendre des entreprises, et je l'ai été, qui vont se battre pour leurs marques. C'est les marques qui les payent, c'est le revenu des marques qui les rémunère. Donc il n'y a pas de débat là-dessus, c'est normal, il y a une fierté. liés aux produits. En revanche, moi, ce que je leur fais faire, c'est réfléchir un peu différemment. Et en fait, le meilleur moyen, c'est de se mettre dans les chaussures du distributeur. C'est-à-dire de quoi le distributeur a besoin. Le distributeur a besoin, pour entendre le discours des marques, il a besoin de valeur ajoutée. Cette valeur ajoutée, elle ne va pas être sur les produits intrinsèquement. Il a besoin de comprendre pourquoi tu lances le énième shampoing pomme ananas. ça ok, mais Plus fondamentalement, il a besoin de comprendre qu'est-ce que ce shampoing pomme ananas va apporter à l'ensemble du marché des shampoings. Est-ce qu'il va vraiment contribuer à développer le marché des shampoings ou est-ce qu'il va juste prendre sur pomme, noix de coco d'avant ? Comment ça se situe ? Donc c'est ça qui est intéressant. Et à partir du moment où, avec pas mal de pédagogie, tu arrives à faire comprendre que finalement, il faut se mettre dans les chaussures du distributeur, se mettre un peu à sa place et réfléchir vraiment, changer d'angle et réfléchir à ce dont lui a besoin pour développer la catégorie. En fait, petit à petit, c'est là. Et oui, le plus difficile, c'est de faire ravaler un petit peu de fierté et d'ego de la part des marques. De leur dire, en fait, ta marque, elle est super, c'est une grosse boîte, il n'y a pas de problème, tout va bien. Mais en fait, tu n'es qu'un fournisseur parmi des centaines pour un distributeur. Toi, tu vis matin, midi et soir, tu vis pour ta marque. Super. Mais le distributeur, en fait, lui, non. Il va te recevoir une fois tous les trois mois si tu as de la chance. pour parler de la marque, oui, mais pour lui, c'est pas son quotidien. Donc, il y a vraiment ce changement d'axe. Donc, c'est en prenant des images un peu comme ça, des trucs assez triviales, que t'arrives à faire comprendre que, ah ouais, en fait, ok, ça enlève rien à toute la valeur, mais ok, faut changer un peu d'axe. Tout ça, parce qu'on a, sans oublier qu'on a un objectif commun, en revanche, c'est ça le plus important, et on en revient au chopper, c'est le chopper. Et moi, je replace souvent... La citation du fondateur de Walmart, que tout le monde connaît dans nos métiers, qui est de dire qu'il y a une personne qui peut virer tout le monde dans l'entreprise, depuis le patron jusqu'aux derniers opérationnels, c'est le client. S'il choisit d'aller mettre son argent ailleurs. Et à partir du moment où on a compris ça et qu'on revient à ces fondamentaux-là en se disant, en fait, tant qu'on cherche ensemble à comprendre le shopper et du coup à travailler sur ce sujet-là et à travailler un peu plus en collaboration, un vilain mot, Euh... Quand on parle de négociation, maintenant on va aussi parler de collaboration, en fait, on fait avancer les choses, et oui, les gens arrivent quand même, parce que les gens sont moins d'être idiots, changent un peu d'axe et se disent « Ok, je prends un peu de hauteur, je regarde mon marché dans son entièreté, et là, j'adopte une vision un peu différente. »
- Speaker #1
C'est clair. Écoute, moi, tu vois, j'avais aussi ma citation, c'était celle d'Olivier Devers, qui dit toujours « Pensez client » , que ça rejoint un peu ce que tu disais. Tout à l'heure, tu vois, tu... Enfin, comment tu... Tu as dit le category management, c'est plusieurs leviers, il y a l'assortiment, il y a la promotion et il y a le merchandising. Et je voudrais revenir dessus et pourquoi c'est si incontournable pour le category management de faire appel et de s'appuyer sur une démarche merch ?
- Speaker #0
En fait, la démarche merch, c'est effectivement super important parce que c'est le réceptacle. de tout le reste, de toute ta stratégie. Je mets à part un peu la promotion, parce qu'après, tu vas te dire « Ok, si je mets mes produits en promotion, mis en avant, en tête de gondole, dans la haie centrale, etc. » Ok, je mets ça de côté. Mais le merchandising, c'est là où aujourd'hui, sur le parti de ce qu'on appelle le fondrillon, c'est-à-dire les linéaires classiques devant lesquels tu poses ton caddie, ou l'intégralité des produits sur un site Internet, ça marche aussi sur le web, en fait, c'est l'organisation de tous ces produits. Et l'organisation de tous ces produits, elle est hyper importante, parce que... Elle veut dire que déjà, tu as choisi les produits, donc l'assortiment est inclus dans le fundraising. Et en plus, c'est là où tu crées ce fameux point de rencontre. C'est un des moments de vérité, comme disait, comme théorisait historiquement un Procter & Gamble par exemple, c'est un moment de vérité, c'est la rencontre entre ton consommateur et son produit. C'est le moment de choix. C'est pour ça que c'est important d'avoir une organisation qui soit juste, qui soit facilitante pour le shopper, qui soit vendeuse, qu'on n'insiste jamais assez sur l'importance du packaging, mais dans un objectif d'émergence en linéaire. marketing parfois, parfois pas tous, aime bien un peu se faire plaisir sur un joli packaging, un truc un peu sympa, etc. Mon job en tant que catering manager, c'est de leur faire comprendre qu'il faut aussi que ce soit vendeur, que ce soit aussi, que ça permette l'émergence, la compréhension de l'offre, mais dans une fraction de seconde. Parce que ce moment de rencontre, il est hyper rapide, c'est hyper fugace. Je passe devant, je dois être convaincu dans la seconde que ce produit-là... et le bon pour moi, et que du coup je passe à l'acte d'achat. Donc c'est vraiment super important de s'intéresser à la démarche merchandising, parce qu'elle crée cet espace de rencontre. C'est bizarre dit comme ça, mais c'est vraiment ça, je crée cet espace de rencontre entre mes consoles et les produits. Et pour ça, il y a un outil qui permet de faire ça, c'est la création d'un plan merchandising. C'est vraiment de se dire, Je... Je pose à plat mes produits et je fais en sorte que ma stratégie soit rendue concrète sur un outil, il y a des outils pour ça, qui permettent de vraiment poser la représentation visuelle des produits, l'enchaînement des segments, on organise les marques par segment, est-ce que c'est plutôt des produits sucrés, est-ce que c'est chocolat, fraises, j'organise ensemble, puis après les marques, et puis après, etc. Tout ça en lien avec un truc qui est structurant au départ, qui est l'arbre de décision chopper. Je reviens au chopper. C'est lui. En gros, l'arbre de décision chopper, c'est toutes les étapes qu'il fait pour dire, j'ai un besoin général qui est, tiens, je mangerais bien un truc sucré cet après-midi. Vous goûtez. Et A, j'achète spécifiquement un Kinder Bueno par 12. C'est quoi toutes les étapes de réflexion que j'ai faites pour en arriver là ? Je veux plutôt un truc de confiserie, un peu chocolaté avec du sucre et du gras. Super. Puis après, Kinder, j'aime bien leur chocolat. Donc, je vais y aller. Puis après, le prix le plus attractif, c'est le par 12. Et donc, toutes ces étapes-là, dans cet ordre-là, ou pas, je ne le connais pas pour la confiserie, mais peu importe, dans un ordre, c'est ce qui détermine, c'est ce que tu revois physiquement, en fait, dans un planogramme.
- Speaker #1
Carrément. Alors attends, tu m'as parlé d'art de décision. Ouais. Ça me fait du bien de réentendre ces mots-là. Tu m'as parlé aussi de planogramme. Bon, j'imagine que tu passes beaucoup de temps sur Excel, mais grosso modo, c'est quoi tes critères d'analyse ? Tu brasses quand même pas mal de data, tu t'appuies sur des panels pour appuyer ta démarche ?
- Speaker #0
Oui, en fait, on est sur un métier qui est par définition hyper analytique, évidemment. On a deux à trois grandes sources principales d'informations. La première source, la principale, ça va être, effectivement, tu l'as mentionné, toute la donnée panel, ce qu'on appelle panel, c'est toutes les ventes sorties caisse des distributeurs. Dans la grande conso, tous les distributeurs remontent leurs ventes. et tu sais exactement ce qui passe par leur caisse au quotidien. Donc ça, on analyse cette information-là, on a les données de vente, les données par région, par format, dans ce cas-là, etc. On peut trier tout ça, et ça nous donne la réalité de ce qui sort des magasins. Ça, c'est forcément la partie la plus intéressante. Enfin, la plus importante, pardon. Deuxième élément, ça va être pas mal de données consommateurs. Donc les données consommateurs, c'est plutôt de comprendre qui sont les gens qui achètent. Là on a vu ce qu'ils achetaient, mais on ne sait pas encore forcément qui c'est. Donc est-ce que c'est des jeunes, des vieux, des femmes, des hommes, etc. On n'en sait fichtrement pas grand chose. Quels sont leurs revenus ? Enfin tous ces critères-là, on ne les a pas. Donc on croise ça avec une information qu'on appelle consommateur, qui est de dire, en fait, moi mes produits sont principalement achetés par des hommes de 40 à 50 ans qui vivent en banlieue. Ah bah tiens, c'est moi ça. Bon, mais on en revient à mieux identifier sa cible. Donc ça, c'est la deuxième brique. On va avoir des critères de danger, pour finir, des critères de pénétration. Combien de foyers achètent mon produit ? On va avoir des critères de fréquence. Tous les combien ils achètent mon produit ? Et enfin, on va avoir des critères de quantité. Combien ? Quelle quantité ils en achètent ? Et tout ça, ça nous donne forcément les ventes totales finalement. On arrive à reconstituer ça. Et la troisième brique, qui est hyper intéressante et qui est plus spécifique au category management, parce que tous les indicateurs précédents, on les partage avec le reste des métiers, c'est vraiment toutes les informations qui vont être spécifiques au shopper. Et là, il y a deux pôles. Il y a un pôle qui est le plus important pour moi, sur lequel je m'appuie énormément, qui est le pôle qualitatif. C'est là que tu suis, tu stalk des shoppers en magasin. Tu les suis et tu regardes comment ils achètent. Et tu te dis, en fait, c'est quoi leur comportement ? Est-ce qu'ils vont vite ? Est-ce qu'ils ne vont pas vite ? Est-ce qu'ils savent ce qu'ils achètent ? Est-ce qu'ils avaient listé un produit et qu'ils achètent vraiment ce produit-là, quitte à ne pas le prendre s'il n'est pas présent ? Ou est-ce qu'ils vont changer ? C'est hyper important de savoir. Est-ce que ma marque est suffisamment forte ? Parce que je m'appelle Coca, parce que je m'appelle Ricard, parce que je m'appelle Nutella. Est-ce que ma marque est suffisamment forte pour que les gens changent de magasin s'ils ne trouvent pas mon produit ? Attention. Donc ça, tout ça, c'est des critères qui sont choppeurs. Et en même temps que tu analyses d'un point de vue qualitatif pour essayer de comprendre un peu les ressorts de ça. Et tu fais la même chose en quantitative shopper, c'est de se dire combien de temps il passe, objectivement. Alors j'ai passé, en général, c'est 30 secondes dans un rayon. On parlait de choses qui vont très très vite. Imagine, 30 secondes dans un rayon, t'as pas le temps de scanner l'intégralité du rayon, donc faut que ça saute aux yeux, faut que ça émerge, faut que ton produit y vient, et c'est là où derrière t'arrives à transformer ça en stratégie merchandising tout simplement, parce qu'en fait tu te dis en fait, ouais, mon enjeu c'est que les gens y passent trop de temps, pas assez de temps. Donc il faut que j'organise pour essayer de faire bouger ça, pour les faire rester plus longtemps, pour les faire découvrir des innovations, parce qu'en fait, les innovations, en fait, je ne les vois pas. Ça m'est arrivé de travailler sur des catégories, les gens, ils disent, ah, mais ça, c'est une innovation, je ne l'avais jamais vue. Ça fait un an que le produit, il a sous les yeux, il achète toujours celui d'à côté parce qu'il est hyper fidèle à son produit. Là, tu dis, ah, j'ai peut-être un problème sur la visibilité de mon innovation. C'est hyper important à savoir. Donc c'est plein de petites choses comme ça qui permettent de comprendre, et c'est la somme de ces trois briques. de données au sens large et d'informations, d'insights qui te permettent de construire ton analyse qu'à te remettre.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant. Du coup, c'est hyper analytique. Pour mettre un peu de concret, sans forcément dévoiler des noms de marques, tu as des exemples concrets de stratégies ou des choses qui ont été travaillées avec toi, qui ont bien fonctionné et qui ont été impactantes ?
- Speaker #0
Oui, en fait, moi... On va en revenir aux fiertés, mais en fait la première fierté, elle est quand, je m'écarte un peu de ta question volontairement, mais ma première fierté elle revient quand finalement, on parlait de posture tout à l'heure, on parlait de pédagogie, quand j'arrive à avoir un impact avec les gens avec qui je travaille sur la posture qui a été au management dans l'entreprise. Ça commence vraiment de l'interne. Pour moi, ça vient du cœur, c'est de se dire, en fait, est-ce que le catégorie de management dans l'organisation était souvent, parfois, ça arrive encore beaucoup sur un job un peu d'exécution, de dire, le marketing arrive en disant, j'ai un plan, c'est super, j'ai des innovations, j'ai plein de trucs, vas-y, mets-le dans les magasins, pour faire simple, vas-y, pousse dans les magasins. Et le catman, il est là, il dit, ok, il va vendre les produits, etc. Il n'y a pas vraiment de stratégie catégorielle, parce qu'il n'y a pas eu ce filtre de compréhension du marché. Quand j'arrive à faire monter en compétences, en faire monter en impact des équipes catégorielles, catégorie management, pour dire, en fait, arriver à justement ouvrir un dialogue hyper constructif et hyper riche, en fait, avec le marketing typiquement, ou même avec des key account managers, les ventes derrière, au milieu, pour se dire, écoute les gars, comment est-ce qu'on fait pour mieux comprendre les leviers de la catégorie, pour mieux les adresser, pour mieux aller revendre auprès des distributeurs ? Et dans un deuxième temps ? Même influencer une stratégie marketing, là c'est bingo, c'est génial. Parce que du coup, le job est fait. C'est-à-dire que tu l'as fait de l'interne, tu as réussi à influencer une stratégie marketing. Et derrière, ce qu'on voit, c'est que derrière, ça a un véritable impact auprès des distributeurs parce qu'il y a une écoute qui est beaucoup plus forte. Parce qu'en face, tu as des gens qui disent « Ah, ils m'ont compris. Ils ont compris le marché. Ils ne me parlent pas juste de leur marque. Ils ont compris le marché et ils m'apportent. » quelque chose en plus, ils m'ont compris moi en tant que distributeur, et là, ok là on peut avancer, et donc vraiment moi la plus grosse fierté, parce que finalement C'est là où se crée le succès après. C'est ça. C'est cette mutation en interne d'arriver à vraiment mettre sur le devant de la scène les leviers catégoriels finalement.
- Speaker #1
Tu arrives quand même à avoir du feedback et du retour de clients final ou pas trop ? Tu vois, finalement, dans ton accompagnement, ça reste très... c'est pas péjoratif mais toi vu de l'esprit très catégorique t'arrives quand même à un moment donné à avoir du vrai retour quali,
- Speaker #0
quanti de la part des clients quand tu dis client tu dis les distributeurs ou les consommateurs ? shopper en fait le seul retour le seul retour shopper qu'on peut avoir c'est quand ça bouge dans les ventes c'est ce qu'on disait tout à l'heure sur les citations c'est s'ils ont bien choisi de placer l'argent ou on avait essayé d'orienter qu'ils le placent c'est un peu cynique de le dire comme ça mais c'est comme ça et finalement donc ça c'est la manière de le voir il y a deux feedbacks pour moi moi j'en ai même trois si tu veux j'en ai un c'est est-ce que mon client direct qui est en général industriel il est content bon ok très bien il me le dit c'est déjà pas mal c'est mon interlocuteur direct c'est celui qui me rémunère donc heureusement que j'ai son feedback après c'est à travers lui est-ce que par rapport au travail qu'on a fait Il a réussi à engager, ouvrir des discussions avec des distributeurs. Et là, ça m'est arrivé d'intervenir pour des clients qui avaient des problèmes de référencement de produits chez certains distributeurs, chez lesquels il fallait construire, re-réfléchir la stratégie parce qu'elle n'était pas suffisamment solide pour convaincre les distributeurs. Il fallait trouver les bons leviers d'engagement avec les distributeurs. Et à travers le travail qu'on a fait ensemble, ils ont réussi à référencer les produits. Donc là, tu dis, OK, c'est... Son entre-ébuchant, j'ai réussi à rentrer mes produits parce que justement, j'ai justement apporté cette valeur supplémentaire sur l'axe catégoriel, j'ai redonné de la valeur à ça, donc ça, ça marche. Et finalement, le shopper, oui, tu peux le voir dans les ventes si ça a fonctionné, donc là, tu dis, ma stratégie, elle a pris, mais finalement, la nature du catégorisation est de ne pas être visible presque. En fait, on est... Moi, je dis aussi, et on revient au merchandising, le merchandising, c'est beaucoup de nudge. Tu sais, le nudge marketing, c'est cette... C'est cette théorie, enfin théorie pratique, qui essaye d'orienter sans vraiment dire son nom. On essaye d'influencer les comportements. L'histoire fondatrice du nudge, c'est l'histoire de la petite mouche imprimée sur les urinoirs de l'aéroport d'Amsterdam. Parce que pour éviter que les gens fassent pipi partout, je vise la mouche. Bah oui, parce que quand t'es en train d'uriner, t'as envie de viser la mouche, forcément. Et donc là, t'évites d'en mettre partout. ça c'est du nudge, c'était un peu la première image désolé c'est pas la plus sexy mais c'est vrai, c'est ça mais donc on est vachement dans ça c'est à dire que moins on est visible et plus on est sur le comportemental plus finalement on réussit tu vas en parler du merchandising,
- Speaker #1
c'est un des secrets quelque part du merchandising je ne m'attendais pas à cet exemple là mais je pense qu'il va parler à tout le monde l'histoire de la petite nudge J'aimerais qu'on aille un peu plus loin et qu'on revienne sur toi, mais toi aussi l'entrepreneur. Avec du recul, est-ce que tu aurais fait des choses un peu différemment ? Tu aurais changé des choses ?
- Speaker #0
En fait, pas tant que ça. Parce que finalement, sur l'approche, aujourd'hui ça fonctionne. Je ne boot pas mon plaisir, le plaisir que j'ai à travailler. J'ai un vrai moteur qui est la nouveauté, la nouveauté des sujets, la nouveauté des clients, toutes les rencontres. Et en fait, du coup, la conséquence de ça, c'est que moi, la principale chose que je dirais à mon moi d'il y a quelques années, c'est « vas-y plus vite » . Vas-y plus tôt, vas-y plus vite. Donc, ça ne m'est pas venu parce que j'ai toujours travaillé dans des grands groupes où on t'offre une opportunité après l'autre. Tu progresses, tu as tout le temps des nouveaux sujets. Donc finalement, dans ces grands groupes, l'entrepreneuriat n'apparaît pas comme une évidence. Mais en revanche, moi, je me dirais, en fait, il y a d'autres moments dans ma carrière, sans aucun regret, en revanche, je le dis évidemment. Mais voilà, je me dis juste si je devais me dire, en fait, il faut y aller, il n'y a pas de problème. Il y a plein de choses, on a plein de facilités pour se lancer. Voilà, faut pas trop réfléchir finalement. Moi je réfléchis un peu trop parfois, donc voilà, je dirais, allez réfléchis pas, vas-y, et puis tout va bien. Le monde évolue, le monde tourne, il y a de plus en plus de chances pour ce type d'aventure, et puis il faut y aller.
- Speaker #1
C'est un super retour en tout cas. À part écouter mon podcast, comment tu t'inspires Emmanuel ?
- Speaker #0
Évidemment, Pierre Angulaire de mon inspiration. Alors moi je suis hyper curieux, donc forcément je me noie même un peu trop sous l'information. Évidemment beaucoup de lectures, beaucoup de lectures métiers, donc les fondamentaux, tu parlais de ce cher Olivier Dauverse tout à l'heure, forcément qui remonte pas mal d'informations, qui est toujours intéressant à suivre. LSA comme magazine clé pour bien être au courant de tout ce qui s'y passe et puis le métier, finalement les sources ne sont pas hyper nombreuses il y a quelques podcasts, grandes consoles au-delà du tien qui sont aussi très intéressants à suivre, je ne leur ferai pas de pub chez toi mais il y en a des très sympas en revanche après euh... Moi, ce que j'aime bien, c'est sortir en revanche du cadre. Ce que je viens de dire là est très métier, mais après, il y a tout ce qui est en dehors. Et pour ça, je fais énormément de rencontres dans plein de domaines, des gens qui ont des parcours qui ne sont pas forcément les mêmes. Je travaille avec des incubateurs de startups, pour les rencontres de startups qui ne sont pas du tout dans les domaines du retail. Donc, des choses qui sont complètement hors cadre, mais qui t'apportent des modèles, des réflexions, des axes, des angles, toujours un peu différents. Donc moi, je... J'adore travailler sur des problématiques un peu périphériques comme ça, voire périphériques très éloignées, mais en tout cas, aller à la rencontre de projets, à la rencontre de gens qui sont... J'ai besoin forcément de nourrir mon propre écosystème, très métier, mais après surtout aller très très loin parfois, pour mieux comprendre, pour mieux s'aérer les neurones. C'est le plus important, je dis toujours, depuis que je suis tout seul, parce qu'aujourd'hui je suis dans... c'est essentiellement moi, j'ai un écosystème constitué autour, mais c'est essentiellement moi. En fait, j'ai jamais été aussi en contact de plein de gens, j'ai jamais rencontré autant de personnes que depuis que je suis passé tout seul. Parce que la liberté que tu gagnes en étant à ton compte fait que tu passes ton temps à contacter des gens et plus ou moins de succès, peu importe, mais en tout cas, sur le volume, tu rencontres énormément de personnes, t'es jamais tout seul. C'est ça aussi. On disait tout à l'heure, qu'est-ce qu'il faut se dire quand on se lance ? il ne faut pas rester tout seul et on ne le sera pas si dès que tu pointes un peu le nez dehors tu vas rencontrer des gens,
- Speaker #1
c'est génial je te rejoins parce que moi il y avait deux choses en tout cas que je trouvais compliquées quand tu lançais ta boîte, c'était le risque d'être tout seul et la perte de rituel la perte de rythme je ne sais pas si toi tu as ressenti ça mais est-ce que tu as quand même réussi à retrouver un certain nombre de rituels et à mettre en place des rituels Merci.
- Speaker #0
C'est hyper important. Le fait d'être tout seul, on l'a évoqué et ça, je te rassure à fond. Vraiment, il faut faire la démarche. Il faut se bouger un tout petit peu, mais à partir de là, des contacts, il y en a. Les rituels, c'est un vrai sujet. Moi, je suis plutôt du genre à procrastiner, je suis plutôt du genre à un peu traîner. Et puis comme je disais, je suis curieux, donc tout m'intéresse, donc je papillonne un peu. Et le fait de se retrouver du jour au lendemain, tout seul chez... Toi, en général, ça devient hyper risqué parce que la tentation d'allumer Netflix, d'ouvrir un bouquin ou de faire autre chose, elle est là, elle est sous le coude. Il faut être honnête avec ça. Donc moi, au début, ce que j'ai fait, c'est que je suis pas mal allé bosser en coworking pour essayer d'avoir un environnement tiers, mais quand même sympa, mais quand même pro. Donc ça, c'est hyper... Puis ça favorise les rencontres, je m'en reviens au premier point. Donc ça, c'était vachement bien. Et maintenant, je me suis un peu affranchi de ça, parce que ça va beaucoup mieux, j'ai gagné mon rythme, j'ai pris mon rythme de croisière en tant que répandant. Donc maintenant, c'est plutôt... Moi, j'ai un vrai rituel, c'est la marche, vraiment, tous les jours, d'essayer de marcher un peu pour clarifier les idées, ou vider un peu la tête. Et puis après, j'ai appris, t'apprends à mieux te connaître sur ton propre rythme. Moi je sais... Je dis souvent, je sais que le lundi matin, je ne sers à rien. Le lundi matin, je suis très mauvais le lundi matin. Donc, j'ai deux réponses à ça. Soit je mets des trucs hyper contraignants, genre des réunions, et là je suis obligé d'être là, et ça me met en jambe, et c'est très bien. Soit je ne mets rien, mais ce que tu apprends à faire aussi en tant qu'indépendant, c'est à assumer ce rien. En revanche, il ne faut pas s'en vouloir. Il faut juste se dire, ouais, de toute façon, cette demi-journée, foutu pour foutu, autant que je fasse autre chose. Et puis voilà, point, c'est pas grave, chacun son rythme. Donc ça, t'as plus ce côté un peu, ça sonne un peu creux, comme conseil de coach influenceur, mais... Il faut s'écouter. Il y a une réalité là-dedans. Il faut s'écouter, il faut reconnaître son rythme. Et le fait de passer dans ces... Ce n'est pas tant des rituels pour moi que justement de savoir un petit peu faire la part des choses. Ta situation, comment tu te sens.
- Speaker #1
Maintenant, je comprends pourquoi on n'arrive jamais à synchroniser nos agendas le lundi matin. Mais c'est bon, maintenant j'ai les clés. Du coup, tu vois, ça touche un petit peu aussi à ton bien-être, à ton équilibre perso. Tu arrives à bien le gérer, ça ? Tu arrives à jongler entre les deux ?
- Speaker #0
Oui. Moi, la bascule, elle s'est vraiment bien faite là-dessus. C'est un point de vigilance. Il faut savoir que quand tu te lances dans ce cadre-là, surtout après un parcours salarié, en fonction de l'activité de ton épouse, de ton conjoint, de ta famille, Quand tu te lances... J'ajoute juste un petit point là-dessus, c'est qu'en fait, c'est un projet familial. C'est qu'il faut que tout le monde soit d'accord parce que c'est un peu remuant, comme le nouveau rythme, l'activité, potentiellement les impacts sur les revenus aussi, au début notamment. Enfin bref, il y a plein de choses qui font que quand tu te lances, il faut juste que tout le monde soit d'accord. Voilà, à partir de là, tout va bien, il n'y a pas de problème. Ce n'est pas hyper difficile, mais c'est mieux s'il y a un alignement. Et puis, après... Moi, perso, ça a plutôt été une bonne nouvelle. C'était plutôt quelque chose de salvateur de passer indépendant parce que, comme je te disais, je n'ai pas des rythmes hyper serrés, hyper établis. Et donc finalement, cette liberté, moi, ça m'a enlevé pas mal de charge mentale parce que du coup, je n'avais plus la contrainte d'aller au bureau à 9h s'il fallait que j'y sois à 9h. Si je n'ai pas d'endez-vous avant 10h, j'ai envie de commencer à 10h. Tant pis, si j'ai envie de bosser jusqu'à 2h du mat, parce que mon rythme est là, je bosserai jusqu'à 2h du mat. C'est vraiment beaucoup plus en ligne avec ton propre rythme, finalement. Et donc, l'impact sur la vie perso, c'est que des fois, tu es un peu sous contrainte parce qu'il y a des échéances clients, des choses comme ça, mais finalement, comme tu l'avais en salariat. Mais bon, finalement, ça permet de mieux équilibrer les agendas, de mieux gérer, d'avoir un peu plus de temps pour toi. Donc, au global, moi, c'était plutôt... J'ai pas de... Je n'ai pas rencontré de problème par rapport à ça.
- Speaker #1
Ok. Cette fois, on ne va pas regarder dans le rétro, mais on va plutôt regarder devant. C'est quoi les objectifs ? Qu'est-ce qui fait que tu te dis en ce moment « je sens bien les choses et les prochains mois vont être plutôt pas mal » ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voire même les prochaines années.
- Speaker #0
Écoute, moi, forcément, j'ai beaucoup confiance Merci. en ce que je propose et ce que propose Réunions Ideas aujourd'hui. Je pense qu'il y a toujours de la place, beaucoup de place pour des métiers de conseil sur des expertises précises comme celle-ci, parce qu'en fait, aujourd'hui, c'est un métier qui, malheureusement, par ailleurs, a tendance à être un peu, parfois, un peu juniorisé quand ce n'est pas carrément coupé en effectif dans les entreprises. Avec un peu de cynisme, je ne dis pas que ça m'arrange, mais ça va dans le bon sens pour moi, parce que forcément, pour les boîtes, ils font appel à des expertises extérieures qui vont être plus précises, potentiellement moins chères sur un sujet donné, plus efficaces, plus rapides. Donc moi, forcément, je m'inscris là-dedans. Et c'est juste un équilibre qui se crée, c'est rien de mal. Et ramener à l'agro-analyse, moi, ça veut dire que je pense qu'il y a du potentiel pour continuer. Il y a deux choses que je vois. La première, c'est sur le fonctionnement. C'est de continuer à développer ce business-là en mode écosystème, en faisant bosser toujours plus en plus de gens autour, en fonction des projets, en fonction des besoins, en fonction des expertises. Ça, c'est un premier point. C'est que moi, j'adore, je le fais de plus en plus, faire bosser d'autres gens, arriver à faire monter des gens à bord de projets, etc. Ce n'est pas forcément recruter, mais vraiment créer cette notion d'écosystème qui est super à la mode, mais qui est assez intéressant à construire. Et le deuxième sujet, il est un peu plus fondamental sur une orientation du métier, qui est d'utiliser, comme je le disais en intro, la puissance un peu transformatrice du catégorie management dans notre métier, dans le retail, pour aller toujours plus loin sur les sujets RSE. Je suis en train de bosser sur des offres un peu plus fortes sur ce sujet-là, pour mieux accompagner dans la relation commerciale cette charnière RSE orientée. Essayer de trouver et de mettre en place et de construire des projets autour de tous les sujets, RSE, climat, etc. pour essayer d'avancer là-dessus. Je pense que c'est un des sujets d'avenir et forcément, nécessairement, et le catering management en plus a plein de choses à revendre. parce qu'encore une fois, au cœur des organisations, au cœur des métiers, pour accompagner ce changement.
- Speaker #1
Ok, hyper intéressant. Mais en tout cas, c'est clair que cette notion RSE, ça va devenir un intangible de toutes les stratégies. Complètement. C'est sûr.
- Speaker #0
Il faut l'intégrer.
- Speaker #1
Emmanuel, c'est un peu délicat parce que je peux t'écouter pendant des heures, c'est hyper intéressant de parler. catégorie management je vois le temps défiler donc ce que je te propose parce que d'habitude je fais les conclusions mais j'aime bien aussi la laisser à ceux qui interviennent sur le podcast je t'envoie un peu la patate chaude et ce que ça te dit de faire la conclusion et de poser le mot de la fin du podcast ah c'est un piège là ah ouais de fou mais t'as le droit de refuser non je veux pas refuser
- Speaker #0
Moi, le mot de la fin, il est vraiment sur l'ouverture. Ouverture. On est, ça résonne un peu avec l'actualité, mais voilà, cette notion d'ouverture, d'intérêt, de croiser les expertises, mixer. Moi, je veux finir là-dessus. Je pense que le métier du capman, c'est très petit, c'est très humble. mais en même temps c'est un creuset pour discuter, pour échanger pour collaborer, pour s'ouvrir aux autres et au business donc voilà,
- Speaker #1
si ça te va je suis là dessus c'est parfait Emmanuel j'aurais pas mieux fait écoute j'espère que les personnes qui vont écouter le podcast vont prendre autant de plaisir que moi à t'avoir écouté et interviewé Donc, Je te remercie à nouveau. Merci à toi pour l'invitation. C'était un chouette moment.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour l'invitation. A bientôt.
- Speaker #1
Je vous dis encore merci pour votre écoute et surtout à très bientôt pour un nouveau rendez-vous dans Pour toutes ces bonnes raisons. D'ici là, prenez soin de vous, prenez soin de vos linéaires et continuez à nourrir votre passion. Et je vous fais un petit rappel, chaque épisode sort un jeudi sur deux. Alors n'oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes.