Speaker #0Coucou ma douce, bienvenue dans ta safe place. Ici c'est le podcast Présence douce, spécifique pour les neuroatypiques. Le podcast où on parle sans filtre de ce qui se passe vraiment et de ce que c'est vraiment de vivre avec un cerveau qui fonctionne différemment. Moi c'est Lily, je suis thérapeute coré-conscience et neuroatypique et chaque semaine on explore ensemble ce que ça veut dire de se comprendre, de se réguler, de se reconstruire. Pas selon les standards du monde neurotypique mais selon ce dont toi tu as vraiment besoin. Que tu sois neurodivergente, en questionnement, simplement quelqu'un qui sent quelque chose ne colle pas dans ta façon de vivre, de ressentir, bah t'es exactement au bon endroit. Avant de commencer, si cet épisode te parle, partage-le à quelqu'un qui en a besoin. Et si tu ne l'as pas encore fait, n'hésite pas à t'abonner pour ne rater aucun épisode. Aujourd'hui, on aborde un sujet qui me tient profondément à cœur, quelque chose que je vois tous les jours dans mon travail de thérapeute. On va parler du corps. Pas du corps qu'on veut changer, affiner ou performer, mais du corps qu'on a complètement oublié d'écouter. Je vais te montrer pourquoi c'est probablement la raison numéro 1 pour laquelle, malgré tout le travail que tu fais sur toi, tu te retrouves encore et encore au même endroit, que t'as littéralement l'impression d'enchaîner les thérapies, que rien ne sert à... Enfin voilà, qu'il y a littéralement rien qui fait effet et que t'es toujours au même endroit. On travaille sur tout, sauf sur le bon étage. On vit dans une époque où le développement personnel, ça n'a jamais été aussi accessible. Les podcasts, les livres, les thérapies, les coachings, les retraites... On comprend nos schémas, on identifie nos blessures, on met des mots sur tout et c'est précieux. Je trouve vraiment que c'est quelque chose d'important dans le cheminement et dans cette étape de transformation. Mais il y a quelque chose qu'on fait presque systématiquement, on parle à la tête. On raisonne, on analyse, on parle de mindset, on décortique, on est sur de la discipline. Et on espère qu'à force de comprendre, quelque chose va changer. Sauf que comprendre c'est bien, mais quand on n'intègre pas, ça n'a aucune valeur. Et ça ne marche pas vraiment comme ça. parce qu'il y a un étage entier qu'on laisse de côté, un étage qui, lui, ne performe pas avec des mots ou des raisonnements. Cet étage, c'est le corps. Et je ne parle pas du corps de façon métaphorique, je parle du système nerveux, des sensations, de cette intelligence corporelle qui tourne en arrière-plan, littéralement 24h sur 24, et qui influence absolument tout. Tes émotions, tes réactions, tes relations, tes décisions. En plus, ce système nerveux-là, il est, nous, en tant que femmes, influencé par nos cycles menstruels. Le corps, il a une mémoire. C'est-à-dire que le corps, il ne vit pas dans le présent de la même façon que le mental. Quand tu vis quelque chose de difficile, une situation de stress intense, ou un moment où tu t'es senti en danger, un besoin qui n'a pas été entendu, ton cerveau peut finir par faire le deuil, par ranger, par passer à autre chose, on va dire. Mais ton corps, lui, il enregistre, il stocke et il garde. Il y a un livre que je recommande souvent de Ben Selvan Derkol, que je n'arrive jamais à le prononcer comme il faut, qui s'appelle Le corps n'oublie rien. Et ce titre dit tout. porte une mémoire que la tête ne sait même plus qu'elle a. Concrètement, ça ressemble à quoi ? Ça ressemble à des tensions chroniques dans les épaules ou la mâchoire, que tu n'arrives jamais à relâcher, à cette façon de retenir ta respiration sans te rendre compte, à ces réactions qui te semblent disproportionnées, cette colère qui monte trop vite, bien au-delà de la neuroatypie et de tous les fonctionnements qui peuvent tourner autour de ça. Cette envie de fuir dès que quelque chose devient intense, ce gel intérieur quand tu dois t'affirmer, ce ne sont pas des défauts de caractère, ce ne sont pas des choses que tu dois corriger avec plus de volonté. C'est ton corps qui te parle, c'est ton système nerveux qui répète un pattern appris, souvent depuis très longtemps, parce qu'il y a eu un moment donné, c'était ce dont il avait besoin pour survivre. Et en fait, à cette époque-là, c'était littéralement ta sécurité. Sauf qu'aujourd'hui, tu as reprogrammé cette sécurité dans ta tête, dans tes émotions, mais dans ton corps, tu es toujours dans ton ancienne sécurité où tout était dangereux et tout était dramatique. Tant que ton corps est en état d'alarme, il n'y a littéralement rien qui change. Et c'est là... qu'on arrive au cœur du sujet. Ton système nerveux, il a deux grands modes de fonctionnement. Il y a le mode sécurité, celui où tu es calme, connecté, capable d'apprendre, de créer, de te réguler. Et il y a le mode, celui qu'on appelle le mode survie. C'est celui où ton corps a détecté un danger, réel ou perçu ou en souvenir, et où il mobilise toutes ses ressources pour te protéger. En mode survie, on est soit en fuite, soit en combat, soit en frise, complètement figé. Et voilà ce que la science nous dit clairement. En mode survie, le changement durable, il est impossible. Il n'est pas difficile, il est impossible. Parce que les parties du cerveau qui permettent l'apprentissage, la régulation émotionnelle, la remise en question, etc., elles sont littéralement mises en veille quand le système nerveux est en alarme. Et ça, c'est quelque chose qui est vraiment, j'ai envie de dire, biologique. C'est chimique, c'est ce qui se passe dans le corps factuellement. Sauf que ça, c'est 99% du temps pas du tout pris en compte. Même si tous les accompagnements sont ultra qualitatifs, ils mettent de côté cette partie-là qui est juste l'essentiel. Tu peux comprendre quelque chose intellectuellement à 100%, tu peux te dire je sais que je n'ai pas à avoir peur, je sais que cette personne ne va pas me faire de mal par exemple, je sais que je mérite mieux et continuer à exiger, à agir exactement comme avant. Pas parce que t'es faible ou que tu fais pas assez d'efforts, que t'es pas assez discipliné, mais parce que ton corps, lui, il a pas reçu le message. Et le changement réel, il vient pas de la compréhension, il vient de la sécurité. Il vient de ces sensations dans le corps que tu es en sécurité ici et maintenant, que le danger il est passé, que tu peux relâcher, que tu peux t'autoriser à transcender, à te transformer, à évoluer, à accueillir la douceur, l'amour, à comprendre ta neurotypie, etc. Et ça, ça s'explique pas, ça se vit, ça se régule, ça se travaille. avec le corps et pas contre lui. Je reviens et je fais un petit détour sur ce truc du toi vs toi, c'est un combat contre moi-même. C'est pareil, quand tu es dans cet état d'esprit-là, même si avec beaucoup de discipline, hors neurotypie, on est bien d'accord, avec beaucoup de discipline, effectivement, tu peux te faire violence et gagner ce combat en obtenant la vie que tu veux, mais sauf que tu le fais au détriment de ton système nerveux. Et un jour ou l'autre, ça finira par te revenir en pleine tête. Dans ce mood-là d'aller un petit peu, entre guillemets, à l'encontre de soi-même, il y a quelque chose d'encore plus subtil dont je voudrais te parler aujourd'hui. C'est particulièrement vrai pour les personnes qui sont neuroatypiques, c'est quand on grandit avec un système nerveux qui fonctionne différemment. Parce qu'en tant que neuroatypique, notre système nerveux, nos hormones, notre émotionnel, il y a tout qui fonctionne différemment. On est plus sensible, plus intense, plus réactif, et on évolue dans un monde qui n'a pas été conçu pour nous. Il y a quelque chose qui se passe à ce moment-là, c'est que nos besoins réels, nos besoins profonds de sécurité, de connexion, de calme, le fait d'être comprise. Ces besoins-là, très souvent, ils n'ont pas été entendus dès le plus jeune âge. Pas parce que les gens autour de nous étaient mauvais, mais parce qu'ils ne savaient tout simplement pas. À ce moment-là, le corps et le psyché ont fait ce qu'ils font toujours, ils se sont adaptés. Ils ont trouvé des stratégies, donc le masking, des substituts, des façons de combler ce qui n'avait pas été nourri et ce qui n'arrivait pas à être comblé. Avec le temps, ces stratégies, c'est devenu un peu nos besoins. C'est ce que j'appelle les besoins dérivés. C'est le besoin de tout contrôler parce qu'à la base, on n'a jamais vraiment eu le sentiment que les choses étaient stabilées sur. L'hyperactivité permanente, par exemple, de jamais pouvoir s'arrêter parce que s'arrêter voulait dire sentir que quelque chose qu'on ne pouvait pas gérer. La dépendance au regard des autres, par exemple, aussi parce que le regard bienveillant sur soi, ça n'a jamais été vraiment intégré de l'intérieur. Le problème, c'est qu'on ne sait même plus que ce sont des compensations. On croit juste ce qui est. on construit notre identité autour de ça et quand quelqu'un vient toucher à ses stratégies le corps il réagit comme si sa survie en dépendait parce que symboliquement c'est exactement ce qu'il croit. Remonter à la source du besoin réel ça ne se fait pas avec la tête ça se fait en apprenant à se sentir à juste écouter notre corps, à écouter les signaux du corps avant qu'ils deviennent des cris et c'est pour ça que souvent on tombe sur des trucs encore la dernière fois sur Insta je suis tombée sur une vidéo d'une jeune femme qui partageait qui disait le fait écoute ton corps en tant que neurotypique c'est la plus grosse connerie que j'ai pu entendre moi si j'écoute mon corps je sais plus comment c'était tourné mais en gros c'était je passe ma vie à manger des chips et je dors jamais je trouve ça très dangereux ces messages là parce que factuellement oui c'était écoute ton corps aujourd'hui dans l'instant t c'est ce qui se passe sauf que ce besoin de manger que des chips et ce besoin de pas dormir c'est un faux besoin c'est un besoin qui vient dissimuler le réel besoin qui est là en profondeur comment est ce qu'on remédie entre guillemets à ça La bonne nouvelle, c'est que le système nerveux, il est plastique, c'est-à-dire qu'il peut apprendre la sécurité, il peut se réguler, ça demande une approche différente de tout ce qu'on a appris. La première chose, c'est qu'on sort le corps de l'état d'alarme, c'est-à-dire qu'on va le sortir de ce mode de survie. Ça ne se fait pas en se raisonnant, ça le fait en lui donnant des expériences concrètes de sécurité. Par exemple, la respiration, quand elle est lente, elle est profonde, consciente, elle envoie un signal direct au système nerveux parasympathique. Le mouvement doux, la voix, le toucher dans la nature, tout ça, ce sont des choses qui parlent au corps d'une façon que les mots ne peuvent pas atteindre. La deuxième chose, ça va être d'apprendre à distinguer sensation et pensée. Quand une émotion monte, au lieu de se demander pourquoi je ressens ça, on commence par où est-ce que je le ressens dans mon corps ? À quoi ça ressemble ? Est-ce que je peux juste le regarder sans le fuir ? Et la troisième chose, ça va être de reposer la question du besoin. Pas qu'est-ce que j'ai envie de faire, mais de quoi mon corps a-t-il vraiment besoin là maintenant ? C'est une question simple et au début, on n'a souvent aucune idée de la réponse parce qu'on n'a jamais appris à l'écouter et on ne se l'est même jamais posé cette question. Mais c'est une pratique et plus on le fait, plus le corps commence à se faire confiance et plus il se fait confiance, plus il laisse de la place au changement. Ce que je veux que tu retiennes de cet épisode, c'est vraiment que le fait que tu te retrouves toujours dans les mêmes schémas malgré tout ton travail sur toi, ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un manque de volonté, ce n'est pas que tu n'es pas faite pour changer, c'est que personne ne t'a montré... le bon étage, on va dire, de ce qui se passe à l'intérieur de toi. Le corps, ce n'est pas un obstacle à ton évolution, il est une porte d'entrée. Aujourd'hui, si tu ne fais qu'une chose, pose-toi juste cette question en fermant les yeux, si tu peux. Qu'est-ce que mon corps essaie de me dire en ce moment ? Qu'est-ce qu'il porte que je n'ai pas encore écouté ? T'as pas besoin de trouver la réponse tout de suite, mais c'est juste d'oser poser la question. Et tu verras que plus tu vas rentrer dans ce travail-là, plus tu vas te rendre compte que, littéralement, tous les schémas qui aujourd'hui te font des faux et peut-être te font du mal, tes schémas d'expression de ta neurotypie, ils sont juste des faux besoins, comme j'aime à les appeler. Pour reprendre l'exemple des chips, par exemple, tout à l'heure, en tant que neurotypie, quand on va faire des obsessions alimentaires, bien souvent... ou des hyperfixations d'objets ou de rituels, etc., c'est qu'il y a un besoin derrière qui a besoin d'être comblé. Et par exemple, les chips, en fait, c'est peut-être juste qu'à la base, tu as eu besoin sensoriellement d'avoir quelque chose de croquant dans ta bouche, mais sauf que tu l'as refoulé, refoulé, refoulé, pas écouté. Et donc, au final, ton corps, il essaye de trouver le biais par lequel il peut t'atteindre pour que tu comprennes. Et du coup, il se dit, bon, je vais lui donner envie de manger des chips. Comme ça, mon besoin de croquant... il va être rassasié et je vais pouvoir être stimulé là-dessus. À la base, le besoin était sain. Mais vu que toi, tu ne l'as pas écouté, ça s'est transformé en truc qui peut effectivement, à long terme, te desservir. Et tous les besoins qui te posent problème et dans lesquels tu n'es pas safe, dis-toi qu'un besoin réel, vital, j'ai envie de te dire, physiologique, il ne te mettra jamais à défaut. Je veux dire, quand tu as soif, c'est un besoin physiologique, tu bois, ça te fait du bien. Ça ne peut pas te rendre malade, ça ne peut pas te faire défaut, quel que soit le niveau. Si ton besoin... te fait des faux, peut potentiellement te nuire, ça veut dire que c'est un faux besoin. Et dans ces cas-là, il faut vraiment que tu arrives à remonter le truc et à te poser la question de quel besoin, qu'est-ce que je ressens dans mon corps, de quoi est-ce que j'ai besoin ? Et ça se trouve, tu vas te rendre compte que tu as peut-être juste besoin d'un câlin et que littéralement tu jettes sur le pot de glace alors qu'en fait c'est juste d'un câlin dont tu as besoin. Mais voilà, un petit peu l'idée du truc. Ça va vraiment être de venir passer au-delà de tout ce que tu as pu entendre, au-delà de ces préjugés et simplement de te faire confiance aussi. Parce que je le dis encore et je le re-répète, chaque neuroatypie et chaque neuroatypique est unique. On peut être littéralement tous les deux dans la même catégorie de neuroatypie, être O.D.H.D. tous les deux, et pourtant que notre O.D.H.D. ne s'exprime pas du tout sur la même chose, et même si ça s'exprime sur la même chose, ce sera encore avec des nuances différentes. Donc dis-toi que les personnes qui déjà n'expérimentent pas la neuroatypie ne sont pas forcément les mieux placées pour te conseiller, déjà d'une part, et d'autre part... tes besoins, ils sont propres à toi-même. Tu peux peut-être trouver des pistes auprès des autres et t'en inspirer parce qu'effectivement, on a quand même beaucoup de similitudes dans nos fonctionnements. Mais pour ce qui se passe réellement au fond de toi, il n'y a que toi qui peux le savoir. Et il n'y a qu'en acceptant de revenir dans ton corps, mais ça accepte aussi de se reconnecter du coup encore plus à sa sensorialité et tout ce qui va avec. Et du coup, forcément, d'accepter aussi de poser tes limites et d'adapter contre le quotidien parce qu'à un moment donné, quand on fait ce chemin, qu'on fait ce choix de s'écouter pleinement, on n'a plus le choix. d'adapter son quotidien, on n'a plus le choix que de faire du tri dans son entourage et d'être dans un mode de vie qui nous respecte parce que sinon c'est l'explosion complète et totale et ça peut devenir dramatique. Merci d'avoir écouté cet épisode, si ça t'a touché, ça a résonné, dis-le moi en commentaire ou en me taguant sur les réseaux, partage-le à quelqu'un qui en a besoin, parfois un épisode arrive exactement au bon moment pour quelqu'un qu'on aime et voilà je trouve que c'est toujours quelque chose de très gratifiant. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode. Prends soin de toi, surtout prends soin de ton corps et de ta neuroatypie. Et tu n'es pas seul, ne t'inquiète pas. Je te fais des gros bisous.