Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, j'aimerais qu'on prenne un moment pour parler en ensemble d'une question qui revient souvent. Parfois qu'on se pose en silence, presque honteusement. Pourquoi est-ce que la perte d'un animal peut faire aussi mal ? Pourquoi cette douleur est-elle parfois si profonde, si envahissante ? Peut-être que tu es en plein dedans en ce moment. Peut-être qu'on t'a même déjà dit des phrases maladroites comme « ce n'est qu'un animal, tu en reprendras un autre » ou encore « ce n'est pas comparable à perdre quelqu'un de sa famille » . Et pourtant, cette peine est là. Tu la ressens dans chaque partie de ton corps. Alors pourquoi ce vide est-il si douloureux ? Pourquoi ce deuil peut-il parfois être plus violent ? que certains deuils humains, nos animaux, partagent nos vies d'une façon vraiment très particulière. Ils sont là dans des moments de joie, dans des moments de tempête sans jamais poser de questions, sans jamais nous juger. Avec eux, on n'a pas besoin de faire semblant. On peut être triste, fatigué, heureux, vulnérable. Ils nous aiment pareil. Ce lien-là, il est pur, sans condition, et il est rare. Alors, quand cette présence disparaît, c'est comme si une partie de nous perdait son ancrage. Marion m'a raconté récemment son histoire avec Nala, sa petite chienne. Elles étaient ensemble depuis 14 ans. Nala avait vu défiler les moments les plus importants de sa vie. Son premier appart, sa rupture, les périodes de chômage, des déménagements, et même la naissance de son premier enfant. Marion me disait, peu importe ce qui se passait, quand je rentrais, elle était là, juste là. Et c'était suffisant pour me sentir chez moi. Quand Nala est partie, Marion a eu l'impression que tous ses repères s'effondraient, plus de petits bruits de pattes sur le parquet, plus de regards pleins d'amour quand elle se levait le matin. Et elle m'a dit, c'est comme si ma maison était vide, même avec plein de monde autour. Ce vide quotidien, il est tellement difficile à expliquer, mais il est réel. Et Marion, comme beaucoup d'autres, ont eu déjà l'impression de perdre une partie d'elle. Ce que ressent Marion, ou ce que peut-être toi aussi tu ressens, c'est pas rare. Une étude montre que près de 90% des personnes qui vivent avec un animal le considèrent comme un membre à part entière de la famille. Et plus de 70% disent que la perte de leur compagnon a été l'un des moments les plus douloureux de leur vie. Ça en dit long, sur la place qu'ils occupent dans nos cœurs et dans nos quotidiens. Mais voilà, ce deuil, il est invisible pour beaucoup. Quand on perd un proche humain, il y a des rituels, on organise des obsèques, il y a des démarches administratives, des condoléances, et parfois même des jours de congés. Pour un animal, il n'y a rien. Et parfois, on se sent presque obligé de se justifier d'avoir aussi mal. On pleure en cachette. On minimise sa propre douleur comme si elle n'avait pas le droit d'exister. Alors que non, cette douleur-là, elle est légitime. Ce chagrin, il est normal. Et le lien que tu as... perdu, c'était un vrai lien d'amour. Un animal, c'est une présence dans chaque moment. Il nous réveille le matin, il nous accompagne aux toilettes. Oui, allez, à vous les tiens aussi. Personnellement, les miens viennent aux toilettes avec moi. Ils attendent quand on rentre, ils partagent nos repas ou nos soirées sur le canapé et d'un coup, il n'est plus là. Alors on continue à tendre la main pour caresser le vide. On croit entendre un bruit qui, en réalité, n'existe plus. Et ces petits moments-là, ce sont ceux qui brisent le cœur, jour après jour. Pour certains, ce deuil-là est même plus dur que certains deuils familiaux. Parce qu'un animal, c'est une présence constante. Il est là quand personne d'autre ne l'est. Il est témoin silencieux de nos failles, de nos moments de détresse et de nos petites victoires aussi. Ce lien-là, il est unique et aucune relation humaine ne peut le remplacer. D'abord, rappelle-toi que ce que tu ressens est normal. Le chagrin Il est à la hauteur de l'amour que tu lui as donné. Ensuite, autorise-toi à vivre ce deuil comme toi tu en as besoin. Il n'y a pas de mode d'emploi. Certains parlent, d'autres ressentent le besoin d'écrire ou de créer un petit lieu de recueillement, d'hommage. Chacun fait à sa façon. Chaque chemin est valide, c'est ok. Et le tien aussi. Et surtout, rappelle-toi que tu n'es pas seul. Ce podcast, il est là pour ça. pour mettre des mots sur l'indicible, pour que tu n'aies plus à cacher ta peine, pour que tu te sentes compris et entouré, même à distance. Dans le prochain épisode, on parlera ensemble des différentes étapes du deuil, pour mieux comprendre ce qui t'arrive et poser un peu de douceur là où ça fait mal. En attendant... Prends soin de toi, sois indulgent avec toi-même et n'oublie jamais, si tu souffres autant, c'est parce que tu as aimé autant. A très vite !