- Speaker #0
bienvenue dans ce nouvel épisode au coeur de l'animal ici on parle de ces liens invisibles qui nous unissent à nos amis de l'amour de l'attachement de la perte aussi et de tout ce que personne n'ose vraiment dire Je suis Malicia, accompagnante en deuil animalier, créatrice du compte Annie Deuil sur Instagram, ainsi que de ce podcast. Je t'invite à plonger avec douceur et sincérité au cœur de ce que tu ressens. Parce qu'aimer un animal, c'est parfois apprendre à le laisser partir, mais c'est surtout apprendre à aimer profondément. On nous apprend à aimer ce qui commence, rarement ce qui approche de la fin. Adopter un animal senior, ce n'est pas choisir la facilité, c'est choisir l'essentiel. C'est aimer un être en sachant que le temps sera plus court, mais peut-être plus intense, plus vrai, plus précieux. Il y a quelques mois, j'ai fait la rencontre de Laureline et ça m'a beaucoup posé question et fait réfléchir. Alors aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'un choix rare, courageux et profondément humain. Adopter un animal senior. Mais alors, qu'est-ce qu'on appelle un animal senior ? Animal senior, un animal qui atteint un certain âge. Pour un chien, cela peut être à partir de 7, 8, parfois 10 ans selon la taille. Pour un chat, c'est souvent à partir de 10 ans. Mais dans les refuges, il suffit parfois d'avoir quelques années de plus pour devenir... Invisible. Invisible parce qu'ils ne sautent plus derrière les barreaux. Invisible parce qu'ils ne font pas autant de bruit. Invisible parce qu'ils ne promettent pas une histoire longue. Ils attendent, sans savoir si quelqu'un, un jour, posera son regard sur eux. Pourquoi les animaux seniors sont moins adoptés ? Souvent, on n'adopte pas un animal senior par peur. Peur de s'attacher, peur de le perdre trop vite, peur de la souffrance, peur des frais vétérinaires et peur de vivre un deuil trop tôt. Et pourtant, derrière ces peurs se cache une question plus profonde selon moi. Est-ce que je suis capable d'aimer même si je sais que le temps sera compté ? Mais savais-tu qu'il existe des avantages d'adopter un animal senior ? On en parle rarement de ce que les animaux seniors ont à offrir, parce qu'ils l'ont. Pas l'énergie d'un chiot, parce qu'ils n'ont pas la maladresse d'un chaton, mais ils ont autre chose. Ils ont une histoire, ils ont un regard chargé de vécu, ils ont une présence calme. Un animal senior, c'est souvent un animal déjà éduqué, souvent propre. souvent apaisé, à un animal qui n'a pas besoin d'être façonné, juste d'être accueilli tel qu'il est. Adopter un animal senior, ce n'est pas adopter pour longtemps. mais c'est adopté pour de vrai. Je te laisse à présent découvrir l'interview que j'ai réalisée il y a quelques mois.
- Speaker #1
Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Laureline, une amoureuse des animaux, qui a partagé sa vie avec plusieurs chiens, notamment Lucky ou Dolly, et qui a traversé différentes deuils. Elle va nous raconter son expérience, notamment avec une chienne senior, Dolly, adoptée. c'est via une association et nous expliquer pourquoi offrir une seconde chance à ces chiens âgés est une expérience si précieuse. Que vous soyez en pleine réflexion sur l'adoption d'un chien senior, en deuil d'un compagnon ou simplement curieux d'en savoir plus, cet épisode est fait pour vous. Bonne écoute. Bonjour Laureline.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Merci à toi d'avoir accepté du coup cet entretien.
- Speaker #2
Merci de m'avoir invité.
- Speaker #1
et surtout de venir du coup au micro de cœur du deuil annualier pour nous parler un petit peu de ton expérience. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de toi et ton lien avec les chiens ?
- Speaker #2
Oui, alors moi j'ai eu mon premier chien, c'était le chien de la famille très tôt, j'avais 3 ans, c'était un petit caniche que mes parents avaient adopté pour faire plaisir aux enfants. Mais le problème c'est qu'elles détestaient absolument les enfants. Moi j'adorais les animaux, déjà à l'époque je me réveillais le samedi matin pour regarder l'émission 30 millions d'amis. Donc j'ai eu un peu cette frustration d'avoir un chien auprès de moi, parce qu'elle a vécu 17 ans quand même, et de ne pas pouvoir nouer vraiment un lien avec elle. Et quand j'ai eu 20 ans, je me suis retrouvée avec mon premier chien, Lucky, qui m'est tombée dessus dans des conditions un peu abracadabrantesques que je ne développerais pas, parce que vraiment c'est très compliqué. En gros, à 20 ans, je me suis retrouvée avec un chien issu de la rue qui était maltraité par un SDF. un bosseron croisé au ski de 8 mois 30 kilos quand je l'ai eu. J'avais recueilli normalement pour lui trouver une famille, mais en fait, au bout d'une heure, je ne voulais plus le laisser. Parce qu'en fait, des humains, ils n'avaient connu que les coups et l'abandon. Et c'est vrai que moi, il m'a fait confiance tout de suite, alors qu'il n'avait aucune raison de le faire. Et je ne voulais pas être cette personne qui le mettrait encore à la rue, qui l'abandonnerait encore. Donc c'est vrai que moi, mon lien avec les chiens, c'est vraiment quelque chose... Ils me font confiance et je suis responsable de leur bien-être physique et psychologique. Et à côté de ça, bien sûr, ils m'en apportent énormément. Mais pour moi, le lien avec les chiens, c'est vraiment un lien de confiance d'un côté comme de l'autre.
- Speaker #1
Tu en parlais du coup de l'arrivée de Lucky. Quel chien a marqué ta vie et pourquoi ils l'ont marqué ? Parce qu'il n'y a pas eu que Lucky.
- Speaker #2
Effectivement, en tout, j'ai eu six chiens. Donc là, du coup, il m'en reste trois que j'avais adoptées et puis celle de mon compagnon. Donc oui, effectivement, j'en ai eu pas mal. Marquer ma vie, j'ai envie de dire, ils ont tous marqué ma vie. Parce que ce qui est impressionnant avec les chiens, c'est qu'il n'y en a pas un qui a le même caractère. J'en ai connu énormément et il n'y en a pas deux pareils. Et ça, c'est vrai que du coup, ils ont tous marqué ma vie. Après, je dirais, oui, effectivement, le kii, puisque c'est le seul que j'ai eu toute seule. En fait, puisque tous les autres, je les ai eus avec mon ex-mari. Donc c'est le seul que j'ai eu toute seule et puis avec qui j'ai vécu seule. Et c'est vrai que quand on vit seule avec un chien, c'est le seul aussi pour l'instant que j'ai eu vraiment jusqu'au bout, c'est-à-dire de 8 mois à 13 ans.
- Speaker #1
D'ailleurs, tu en parlais, tu disais que tu avais eu plusieurs chiens qui sont tous différents. Il me semble que sur les trois que tu as, c'est trois du moins de même race. Donc effectivement, tu confirmes que les trois sont plus ou moins de la même race, mais ils sont uniques chacun.
- Speaker #2
Alors, c'est même pire que ça. C'est-à-dire que j'ai un petit chihuahua pure race qui a bientôt 8 ans. Et j'en ai deux qui sont des Pinscher Spitz Chihuahua, mais qui sont un frère et une sœur. Ils sont de la même portée, ils ont vécu les mêmes choses, on les a adoptés en même temps, et pourtant, ils ne pourraient pas être plus différents. Donc, comme quoi, ils ont vraiment tous leur caractère. On a du mal à croire qu'ils sont frères et sœurs, et pourtant, c'est ça qui est incroyable.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous partager ton expérience ? Tu as connu plusieurs deuils, pardon. Donc les deuils suite à un départ, en fait, fin de vie. Mais tu as aussi connu un deuil suite à une séparation. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #2
Oui, effectivement. Moi, j'ai vécu deux deuils dans le sens où les chiens sont décédés. Donc mon Lucky, qui est mort de vieillesse, que j'ai dû faire euthanasier parce qu'il avait plusieurs cancers. Bon, il avait un traitement palliatif qui lui faisait beaucoup de bien. Mais un matin, on a bien vu que ce n'était plus possible du tout. Donc j'ai dû le faire euthanasier et j'ai vécu aussi le deuil de Madoli que j'avais adopté déjà senior, que j'ai donc eu pendant dix mois et qui a fait un ulcère à l'œil très très important. Et en fait, on a dû la faire opérer deux fois, mais comme elle avait du mal à respirer, c'était un boulot français, donc elle était brachycéphale, tout ça, elle n'a pas supporté la deuxième anesthésie. Puis effectivement, l'autre deuil qui est un peu plus particulier, c'est que je me suis séparée de mon ex-mari, donc on avait quatre chiens ensemble, et il a gardé l'American Beauty qu'on avait adoptée il y a deux ans, tous les deux. Donc voilà, elle me manque, elle me manque, oui, clairement. Mais je sais qu'elle est heureuse, donc bon, ça va. Mais oui, c'est vrai que Dolly et Lucky, ça a été très compliqué, mais c'est vrai que j'appréhendais énormément ce moment. Et au final, c'est sûr que ça a été un déchirement. Mais assez rapidement, c'est-à-dire quelques jours après, je suis vraiment passée de la tristesse à la nostalgie. C'est-à-dire que quand je regardais ses photos ou ses vidéos, ça ne me faisait pas pleurer, ça me faisait rire. parce que je me souvenais des bons moments. Et je sais que j'ai fait tout ce qu'il fallait, je sais que c'était la vieillesse, je sais que je n'aurais pas pu en faire plus, ni pour l'un ni pour l'autre. Et c'est vrai que quand c'est la vieillesse, en tant que propriétaire de chien, on appréhende énormément. Mais quand les chiens meurent de vieillesse, vraiment qu'on est allé jusqu'au bout de ce qu'on pouvait faire, je pense qu'on le vit quand même un peu moins mal. Parce que là, par exemple, moi j'en ai trois petits jeunes du coup. s'il leur arrivait un accident ou une maladie, je serais inconsolable. Mais c'est vrai que quand c'est la vieillesse, on le vit quand même beaucoup mieux, même si tant qu'on n'a pas vécu, on appréhende énormément.
- Speaker #1
C'est sûr que la vieillesse, disons qu'on va dire que c'est dans l'ordre des choses. Quand c'est un départ brutal, ça complexifie le deuil, effectivement.
- Speaker #2
Il n'y a pas ce côté « qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus ? » « Qu'est-ce que j'aurais pu faire pour éviter ça ? » C'est la vieillesse, c'est normal. On ne peut rien y faire et on a fait tout ce qu'on pouvait, en fait.
- Speaker #1
Et comment tu as vécu ces pertes et qu'est-ce qui t'a aidée finalement à avancer ?
- Speaker #2
Alors, vécue à mal, bien évidemment. Ce qui m'a aidée à avancer, moi, c'est de me souvenir des bons moments, vraiment. De me dire que je n'aurais rien... pu faire de plus, que j'ai vraiment pu faire ce qu'il fallait, que j'ai pas de regrets à avoir. Et oui, moi, c'est vrai, ce qui m'a aidée, c'est d'adopter un autre chien. Alors, c'est vrai qu'il y a deux équipes, il y a deux thumes dans ce genre de trucs. Il y a ceux qui considèrent qu'ils n'en reprendront jamais parce que ça fait trop mal et puis que c'est une trahison et que ça remplace pas. Et il y a ceux comme moi qui en reprennent tout de suite derrière. J'ai envie de dire, chacun vit les choses comme il veut, sachant que moi, je pense à Lucky et Dolly encore tous les jours. C'est-à-dire que Lucky, il m'engueulait à chaque fois que je mettais mes chaussures parce qu'il savait que j'allais partir. Ça fait trois ans qu'il est décédé. Ça fait trois ans qu'à chaque fois que je mets mes chaussures, j'entends son aboiement dans ma tête. Je lui pense tous les jours. Dolly, tous les matins, je me levais. Elle me réclamait à monter sur le canapé parce qu'elle n'y arrivait pas à monter toute seule. Tous les matins, je me lève, je la vois avec son petit cul en couche me réclamer à monter sur le canapé. Donc j'ai beau lui prendre d'autres chiens, ça ne remplace pas. Après c'est vrai que ça comble un peu le vide énorme qu'il laisse derrière. ça met un peu de bon au cœur, mais clairement ça ne remplace pas. Donc moi j'ai envie de dire, si tu penses que ça te ferait du bien de reprendre un chien tout de suite, ignore ce que les gens disent et prends-en un tout de suite. Si c'est ça qui te fait du bien, vas-y. Si tu veux attendre, vas-y. Mais en termes de deuil, on est tous différents et il ne faut pas s'inquiéter de ce que les gens disent, il faut faire ce qui te fait du bien.
- Speaker #1
C'est ça, il faut écouter son cœur, c'est surtout ça. Et le faire en accord total avec soi-même.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #1
C'est aussi pour ça que tu avais répondu à mon appel pour cette interview, puisque tu souhaitais parler d'une expérience un petit peu particulière que tu as connue. Tu en parles de Dolly, ta petite Dolly. Et en fait, cette petite Dolly, c'est une chienne senior que tu avais via une association. Et alors, comment ça s'est passé, cette adoption ? Dis-nous tout.
- Speaker #2
En fait, j'avais déjà mon gros Lucky, qui avait un caractère très particulier, qui ne s'entendait qu'avec les femelles. Et mon petit Exi, le chihuahua, qui a aussi un caractère très particulier et qui ne s'entend qu'avec les chiens de petite taille. Donc nous, on était pour en prendre un troisième avec mon ex-mari. Et c'est vrai que du coup, on cherchait un caractère. On ne cherchait pas une race ou un âge, on cherchait un caractère. Donc j'ai contacté une association à qui j'ai expliqué que voilà, moi je cherchais à adopter un troisième chien, mais que je voulais une femelle de petite taille. tranquille pépère quoi, Lucky il était déjà vieux, il avait pas besoin d'un chiot qui lui saute dessus Uxie il aimait bien sa petite tranquillité donc voilà moi je voulais une petite chienne avec un bon caractère, tranquille pépère et ils m'ont proposé cette fameuse Dolly, non mais attends je te dresse un peu le portrait c'était un bulldog français qui faisait le double de ce qu'elle devait faire en termes de taille Elle avait le nez qui coulait en permanence, elle était incontinente. Non, vraiment, c'était pas... Mais bon, l'association m'a proposé cette petite chienne qui avait déjà 8 ans et qui avait une histoire assez dramatique. C'est-à-dire qu'elle était super mégalophe à l'époque de la grande mode des bulldogs français. Elle était attachée au fond d'un jardin avec un paquet de croquettes à volonté, d'où le fait qu'elle soit obèse. Et elle faisait chiot sur chiot. Et en fait, quand elle a arrêté de faire des chiots parce qu'elle était trop vieille, ils l'ont larguée, concrètement. Donc elle avait encore la marque du collier qui l'attachait dans le jardin quand on l'a eu. Et puis à force de choper des infections au niveau des sinus, elle avait le nez qui coulait en permanence. Donc je me suis dit, bon moi c'est vrai que c'est mignon, j'avais cette peur du deuil parce que je pense que le fin de l'adoption des seniors, c'est justement cette peur terrible qui ne vit pas longtemps et qu'on en souffre. Je le comprends. Je me suis dit, bon on va aller la voir et c'est vrai qu'on a craqué complètement. Donc on l'a prise quand même parce qu'on cherchait un caractère et elle avait le caractère qu'on voulait, c'est vrai qu'elle était très attachante de par son histoire. Et par contre, je tiens quand même à dire un petit mot sur les familles d'accueil des associations parce que dans les SPA, il y a des structures, tout ça, les chiens sont dedans. Mais en ce qui concerne les associations, c'est des familles d'accueil, c'est-à-dire que c'est des gens comme toi et moi qui prennent les chiens chez eux, qui les acceptent dans leur famille, qui les retapent physiquement, mentalement, parfois sur leur... propres deniers, parce que les assos n'ont pas toujours les moyens de payer les vétos donc du coup c'est beaucoup les familles d'accueil qui font, et qui après les laissent partir dans une autre famille ils font un boulot énorme, un peu ingrat parce qu'ils accueillent des chiens, ils les aiment ils s'en occupent et après ils doivent les voir partir tout ça pour le bien des chiens donc voilà, je voulais souligner d'autant que moi la famille d'accueil où j'ai eu Dolly ils l'avaient quand même depuis un an donc ils s'étaient beaucoup attachés à elle Et ils ont fait un boulot énorme. Ils l'avaient fait maigrir, ils l'avaient emmenée chez tous les vétos pour trouver pourquoi elle coulait du nez comme ça. Enfin, voilà.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, c'est ce que tu me disais, tu as gardé contact justement avec cette famille d'accueil malgré le décès de Dolly. Et tu as noué des liens finalement avec cette famille d'accueil.
- Speaker #2
Oui, tout à fait, parce qu'en fait, c'est devenu une copine. En fait, Lynn, donc elle s'en est occupée pendant un an. Et moi, quand je suis allée récupérer la chaîne, j'ai eu l'impression de lui prendre sa chaîne en fait. Elle a pleuré quand elle l'a vue partir, c'est normal, elle s'en est occupée tellement longtemps. Et du coup, je lui ai envoyé plein de photos de Dolly pour lui dire « Regarde, elle est bien, regarde, on lui a installé son petit coin, regarde » . Et puis c'est vrai qu'à force de discuter, on est devenues copines. Mais c'est vrai que je trouve qu'on n'insiste pas assez sur le boulot des familles d'accueil. On parle beaucoup des bénévoles de la SPA. Les familles d'accueil sont un peu plus dans l'ombre et pourtant pour les associations, c'est super important.
- Speaker #1
C'est important de le souligner et de le partager. C'est vrai parce qu'elles font un boulot monstre, ces familles, auprès des chiens ou même des Ausha. Et oui, c'est important d'en parler et de le souligner.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment tu t'es ressentie ? Parce que tu dis que du coup, tu avais l'impression de lui voler son chien. C'est hyper fort finalement comme mot, que tu avais l'impression quand même de lui voler son chien. Tu as ressenti tout ça finalement ? Tu t'as culpabilisé ?
- Speaker #2
Ben... Un petit peu, mais après, c'est vrai que c'est le jeu de la famille d'accueil. Puis en plus, ils ont la possibilité de le garder. C'est-à-dire que les familles d'accueil sont prioritaires. Donc, je savais que si elle voulait vraiment la garder, elle pouvait. Mais en fait, elle a pensé à la chienne. Elle a dit qu'il faut qu'elle ait sa famille, à elle. Voilà, c'est ça qui est merveilleux. Et c'est pour ça que j'ai envoyé plein de photos pour lui dire, regarde, elle est rose, elle est bien, je fais tout bien. Parce que c'est vrai que j'ai bien vu que ça lui avait fait du mal de la voir partir. D'ailleurs, quand on lui a annoncé qu'elle était décédée... Elle a été dévastée, elle a été dévastée.
- Speaker #1
Et quelles étaient ses particularités du coup à Dolly et comment elle s'est adaptée finalement à son nouvel environnement ? Parce qu'on se dit aussi, chien de seigneur, qui dit chien de seigneur, dit ses petites habitudes, son petit caractère. Ça peut aussi être une problématique. On peut se demander comment ce chien s'adapte finalement à son nouvel environnement. Est-ce que tout s'est bien passé ? Est-ce que ça a été compliqué ?
- Speaker #2
Ça s'est... extrêmement bien passé parce que Dolly, j'avais vraiment l'impression qu'elle n'en avait rien à faire. Elle était bien là où il y avait des gens qui s'occupaient d'elle et là où il avait son panier. Moi, j'ai l'impression que justement, les chiens seniors, moi, de l'expérience que j'en ai, c'est-à-dire deux, je t'avoue que ce n'est pas beaucoup, mais Lucky, c'était pareil. Il avait un caractère très compliqué et au final, avec l'âge, il est devenu beaucoup plus coulant et on pouvait l'emmener partout. Du moment qu'il avait un endroit où se poser et dormir, Il n'y en avait rien à faire ! C'est vrai que moi je trouve que les chiens seniors sont quand même justement beaucoup plus adaptables et beaucoup plus coulants parce qu'ils sont fatigués, ils veulent juste dormir, avoir des papouilles, leur gamelle et le reste ils n'en ont rien à faire. Et Dolly s'est très très bien adaptée. C'était une compagne de canapé absolument magnifique. Moi j'ai passé des heures avec mon tricot avec elle à côté devant la télé, elle ne bougeait pas, elle était contre moi tranquille. L'impression que j'ai, c'est que les seniors, au contraire, s'adaptent mieux. Parce que tu t'en fous un peu, au final. J'ai l'impression. Moi, j'ai mon panier, j'ai des papouilles, de l'eau, des croquettes, je suis bien. Allez, roule ma poule, quoi.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, cette petite Dolly, tu l'as gardée très peu de temps. Donc, ça a été très intense. Elle est partie rapidement après que tu l'aies eue. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ?
- Speaker #2
Mais Dolly, ça a été un peu plus difficile. On a eu dix mois. Et en fait, moi, je savais qu'elle était vieille. Et en fait, elle a eu un œil qui blanchissait. Donc moi, je me suis tout de suite dit que c'était une cataracte. C'est vrai que je n'ai pas cherché plus loin. Un œil qui blanchit sur un vieux chien, pour moi, c'était une cataracte. Donc je ne me suis pas inquiétée. Et au final, quand je l'ai emmenée chez le vétérinaire, c'était un ulcère qui était sur le point de fissurer. Et là, pour le coup, c'était beaucoup plus dangereux. Donc il a fallu l'opérer une fois. Elle a réussi à enlever ses poings. Pourtant, Dieu sait qu'on faisait attention. et donc on l'a opéré une deuxième fois. et en fait les points se sont enlevés tout seuls. Et à la deuxième intervention, un ou deux jours après, elle était fatiguée et puis elle a arrêté de respirer en pleine nuit. Et c'est vrai que ce qui a été difficile, alors ce n'est pas le fait de l'avoir eu pas longtemps bizarrement, ce n'est pas ça qui a été difficile le plus. Ce qui a été difficile, c'est la culpabilité, parce que je me suis dit que j'aurais dû m'inquiéter avant. Si je m'étais inquiétée avant, elle serait encore là. Après, la culpabilité s'est apaisée avec le temps, dans le sens où demander à n'importe quel propriétaire de vieux chien un œil qui blanchit, ne va pas s'inquiéter tout de suite, c'est la cataracte. Si ça arrive chez un jeune chien, oui. Donc au final, oui, j'ai fait une erreur, mais une erreur tout à fait normale. Donc j'ai réussi un petit peu à me pardonner, mais ça a été très difficile, la culpabilité.
- Speaker #1
C'est ce que tu me confiais, que tu t'es sentie très coupable de ne pas l'avoir emmenée plus tôt. Mais malheureusement, c'est vrai que quand on est propriétaire d'animaux et qu'on en a eu ou qu'on en a plusieurs, c'est vrai qu'on commence certains signes à reconnaître. Et là, il n'y avait pas de signes avant-coureurs. C'est ce que tu me disais, que Dolly, elle allait bien finalement. Juste un petit œil qui blanchit.
- Speaker #2
C'est ça. Et puis surtout, c'est un petit peu le danger, j'ai envie de dire, quand on en a depuis longtemps. C'est vrai que moi, au tout début, j'avais le quid. Je l'emmenais chez le vétérinaire pour rien. bon après 13 ans c'est vrai qu'on s'inquiète beaucoup moins C'est marrant, mais c'est un peu comme les parents avec le premier enfant et le quatrième. Ils ne vont pas dire « Ah oui, c'est bon, ça je connais » . Voilà, c'est un peu ça.
- Speaker #1
Et quels sont, selon toi, les plus beaux avantages d'adopter un chien senior ?
- Speaker #2
C'est très calme. Ils sont très calmes, ils sont très posés, ils sont beaucoup plus patients, ils n'ont pas besoin de beaucoup d'exercice. Parce que moi, c'est vrai que pour avoir eu des gros chiens, c'est ce qui était le plus contraignant, c'est qu'il faut beaucoup les faire... courir donc ça prend beaucoup de temps et c'est vrai que les vieux chiens sont beaucoup plus cool là dessus et en plus il n'y a pas de surprise au niveau caractère c'est à dire quand on adopte un vieux chien son caractère il est fait c'est bon on adopte un chiot on a beau le dresser comme on veut son caractère il va évoluer au cours du temps on aura des surprises même on prend un chien de 4 ou 5 ans son caractère il va évoluer et pas toujours en bien c'est vrai que des fois on peut avoir des mauvaises surprises L'avantage des seniors, c'est que le caractère est déjà fait, bien posé. Tout ce qu'ils veulent, c'est être à côté de toi, faire des papouilles. Et moi, c'est vrai que j'adore ça.
- Speaker #1
Quel conseil donnerais-tu aux personnes qui hésitent à en adopter un chien senior ?
- Speaker #2
Alors déjà, ne pas avoir peur de leur mort. Parce qu'à partir du moment où on sait qu'on ne va pas les garder longtemps, que le chien ne durera pas dix ans, c'est vrai qu'on se prépare au final à leur décès dès le départ. passe quand même un peu mieux. Et ne pas avoir peur des problèmes de santé. Parce qu'en fait, tous les vieux chiens n'ont pas de problème de santé. Dolly n'avait aucun problème de santé. Alors, elle était incontinente, oui, c'est tout. J'ai acheté des couches exprès, lave-la pour coûter moins cher, mais tous les vieux chiens ne sont pas incontinents. Tous les vieux chiens n'ont pas de problème de santé. Dolly n'en avait pas. Il fallait juste lui faire son nez au physiomère. et puis la faire dormir sous un petit diffuseur d'huile essentielle, c'est vraiment pas la fin du monde, elle n'avait pas des cachets à prendre tous les jours. Donc voilà, tous les vieux chiens n'ont pas de problème de santé, tous les vieux chiens ne coûtent pas cher. Et si ça peut être ça le problème, à la SPA, ils font des paniers retraite. C'est-à-dire que si vous adoptez un senior, ils peuvent vous faire signer un contrat comme quoi ils s'engagent à payer tous les frais vétérinaires liés à l'âge, donc les traitements, etc. Et vous, vous n'aurez juste qu'à payer les croquettes, les vaccins, comme tous les chiens en fait. Donc il peut y avoir des solutions si c'est ça qui vous fait peur, le fait qu'il ait des problèmes de santé et que ça puisse coûter cher, la SPA ils ont des solutions pour ça. Bon bah le deuil c'est ce que je vous dis, le fait de ne pas l'avoir longtemps, on s'y prépare dès le début et franchement le fait d'avoir offert une super fin de vie à un chien même si ça dure pas longtemps, qu'il était très heureux quand il était avec vous, ça met énormément de beaux mots-cœurs. Et puis aussi, la dernière chose, on a tendance à penser que les chiens seniors deviennent aigris avec le temps. Mais en fait, c'est pareil, ce n'est pas toujours le cas. Moi, que ce soit Dolly, Lucky ou même Uxie, mon petit chihuahua qui va avoir 8 ans, ils se sont adoucis avec le temps. Au contraire, ils sont beaucoup plus patients, ils sont beaucoup plus calmes. Donc voilà, on a des idées reçues par rapport aux vieux chiens qui ne sont pas toujours vraies d'une part, et d'autre part... pour lesquels il peut y avoir des solutions vraiment très concrètes.
- Speaker #1
Oui, et puis comme tu le dis, le mieux, c'est de se renseigner auprès des associations ou des SPA, qui connaissent, eux, finalement, leurs chiens et savent quels chiens pourraient éventuellement correspondre selon les critères recherchés.
- Speaker #2
C'est justement ça qui a fait que j'ai adopté Dolly. C'est que moi, j'étais à la recherche d'un caractère. Je n'étais pas à la recherche d'une race, d'une taille, d'un âge. J'étais à la recherche d'un caractère. Et l'association m'a proposé ce caractère-là qui me convenait parfaitement. Bon, écoute, c'était une vieille. Écoute, tant pis, elle a le caractère que je voulais, que je cherchais. C'est tout, on va se lancer.
- Speaker #1
Oui, et puis c'est ce que je rebondis sur ce que tu disais, c'est que c'est vrai que ces chiens-là, en fait, très souvent, ils ont des passifs et des vies qui ont été un petit peu compliquées. On ne va pas se cacher ça. Quand ils sont dans les associations, la plupart du temps... connaissent le passif, alors pas tout le temps, mais la plupart du temps quand même les associations ou les SPA connaissent le passif de l'animal. Et c'est ce que tu disais, le fait de leur offrir une fin de vie remplie d'amour et de choses qu'ils n'ont peut-être pas forcément connues, c'est vrai que ça, ça met un petit peu de baume au cœur finalement de se dire, notre mission a été accomplie, on leur a apporté la meilleure fin de vie qu'ils auraient pu avoir et entourés avec plein d'amour.
- Speaker #2
C'est ça. Et contrairement à un accident ou une maladie soudaine, c'est vrai qu'on le sait dès le départ. Dès le départ, on le sait que le chien ne fera pas 10 ans. Et on s'y attache tout pareil. Mais c'est vrai que le fait de s'y attendre, encore une fois, c'est comme la vieillesse, le fait de s'y attendre, je pense que c'est moins pire. Quand le deuil arrive, je pense que c'est moins pire.
- Speaker #1
Et si tu avais un message à transmettre à ceux qui envisagent d'adopter un chien, quel serait-il ?
- Speaker #2
De chercher un caractère. Voilà, c'est-à-dire interrogez-vous d'abord sur ce que vous attendez d'un chien, sur les habitudes de vie. Est-ce que vous êtes très sportif ? Est-ce que c'est un chien qui va rester beaucoup tout seul ? Est-ce qu'il y a des enfants ? Ce genre de choses. Est-ce que vous cherchez un chien de garde ou un chien de famille ? Arrêtez de voir des races surtout, genre moi je veux telle race. Non, parce que telle race, elle ne conviendra peut-être pas à tes habitudes de vie. Donc cherchez déjà ce que vous vous attendez.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Laureline, pour ces derniers conseils. Je te remercie énormément pour ton partage d'expérience sur ces chiens seniors, parce que c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup. Et pour autant, ils sont bien là. Et il y en a plein dans les associations ou dans les SPA. Mais ce sont des chiens qui, malheureusement, ne se retrouvent pas tout le temps dessus. Ce n'est pas forcément le premier choix qu'on fait. Donc, je suis ravie d'avoir échangé avec toi.
- Speaker #2
Oui, c'est souvent justement à cause de la peur. du deuil. Alors qu'au final, c'est pas si terrible que ça quand on le sait dès le départ. Mais j'étais la première à dire que je pourrais jamais adopter un chien senior à cause de ça. Finalement, je l'ai fait et je le referai.
- Speaker #1
Merci à toi, Laureline. Voilà, c'est la fin de cet échange avec Laureline. J'espère que son témoignage vous aura apporté du réconfort et peut-être même donné envie d'ouvrir votre cœur à un chien senior. Vous pouvez aussi retrouver Laureline sur son compte Merci. Je crois que c'est la Little Mutt, si je ne me trompe pas.
- Speaker #2
C'est l'Holly Dog, la Little Mutt.
- Speaker #0
Contrairement à ce qu'on pense, adopter un animal senior ne signifie pas être seul face aux difficultés. Comme l'expliquait Laureline, de nombreuses associations proposent des frais d'adoption réduits pour les animaux âgés. Certains prennent en charge une partie des soins vétérinaires. si la maladie est connue en amont. D'autres accompagnent les adoptants tout au long de la fin de vie de l'animal. Il existe aussi des assurances animales, des partenariats avec des vétérinaires et des dispositifs solidaires. Adopter un animal senior, ce n'est pas un acte inconscient, c'est un acte réfléchi, soutenu, accompagné. Et si la vraie question n'était pas « est-ce que j'aurai le courage de le perdre ? » mais plutôt « est-ce que j'aurai le courage de l'aimer ? » Si ton cœur est prêt à donner de l'amour, pourquoi ne pas l'offrir à un animal qui n'attend plus que ça ? C'est aussi une solution pour des personnes qui ne souhaitent pas s'engager trop longtemps avec un animal, mais qui ont ce besoin viscéral de les avoir dans leur vie malgré tout. Offrir une fin de vie paisible, ce n'est pas une adoption triste, c'est peut-être la plus belle forme d'amour. Tu viens d'écouter Au cœur du deuil animalier. Et si cet épisode a résonné en toi, prends un instant pour l'écouter encore avec ton cœur. Peut-être qu'un regard, quelque part, attend simplement que le tien se pose sur lui. Parce que parfois, aimer un peu moins longtemps peut vouloir dire aimer infiniment plus fort. J'aimerais vraiment ouvrir la discussion avec toi. C'est un sujet qui me tenait à cœur. et dont j'avais envie de parler, puisqu'il m'a emmené moi-même à me questionner énormément sur une adoption de seigneur. Alors dis-moi, est-ce que tu pourrais envisager d'adopter un animal seigneur un jour ? Qu'est-ce qui te freine le plus ? La peur de le perdre ? La peur de souffrir ? Ou toute autre chose ? Viens me répondre sur Instagram. ou en commentaire de ce podcast. Ton histoire compte. Et peut-être que ton témoignage donnera à quelqu'un d'autre le courage d'aimer autrement. Merci d'avoir été là. N'oublie pas de noter ce podcast, de laisser un petit commentaire, tout simplement, ou de le partager à quelqu'un qui aurait besoin d'entendre ce podcast. On se retrouve très bientôt. au cœur du deuil animalier.