- Speaker #0
Musique Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Au coeur du deuil animalier Musique Je suis Malicia, accompagnante au deuil animalier, créatrice du compte Annie Deuil sur Instagram et également de ce podcast au coeur du deuil animalier. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Camille, qui a vécu une expérience marquante avec le deuil animalier. Lors de la disparition de sa minette, un départ difficile à surmonter, mais au-delà de sa propre douleur, elle a dû faire... face au chagrin d'un autre de ses Ausha, profondément affecté par ce départ. On parle souvent du deuil des humains, mais on oublie parfois que nos animaux aussi traversent cette épreuve. Alors comment reconnaître leur détresse ? Comment les accompagner sans s'oublier soi-même dans ce processus ? Camille va partager avec nous son vécu entre émotions, questionnements et apprentissage.
- Speaker #1
Bonjour Camille, comment vas-tu ?
- Speaker #2
Ça va, merci.
- Speaker #1
Merci à toi de prendre ce temps pour témoigner de ton histoire.
- Speaker #2
Merci à toi pour ce projet qui est intéressant.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous raconter brièvement qui était ta minette et comment ça s'est passé, sa disparition ?
- Speaker #2
Elle s'appelait Kaya, je l'avais recueillie en 2010, elle avait environ deux mois. Après, elle a eu pas mal de problèmes de santé. En janvier 2023, j'ai appris que je la ramenais à la maison après une visite vétérinaire en soins palliatifs. Elle a tenu quand même presque un mois. Ça a été compliqué, mais au final, elle s'en est allée. J'ai eu le temps un peu de me préparer.
- Speaker #1
De te préparer du soin palliatif. Et comment tu as vécu son départ dans les premiers jours, les premières semaines du coup ?
- Speaker #2
Ça a été compliqué quand même parce qu'on était à 12 ans et demi de vie commune, donc ça ne fait pas rien. Il y a un petit vide. La première nuit, parce qu'elle est partie dans la nuit, je ne l'ai pas entendu respirer quand je suis allée me coucher. Donc déjà, c'était compliqué. J'avais à ce moment-là Nao et Payane. ça allait, mais Nao, il a cherché un petit peu. Il me dérangeait un petit peu. Il me montrait qu'il n'était pas à l'aise. Donc moi, je n'ai pas trop fixé sur mon émotion de perte de Kaya parce qu'en fait, j'ai Nao qui était en demande. Il a cherché, il demandait plein de choses. Donc j'ai fait comme j'ai pu. Je n'ai pas trop pensé à ce que je ressentais sur le moment.
- Speaker #1
C'est vrai que 12 ans de vie commune, n'empêche, ça compte, ça commence à compter, c'est une belle histoire. Et d'ailleurs, tes Ausha, ils ont vécu longtemps ensemble ou pas ?
- Speaker #2
J'ai adopté Nao en 2017, du coup de 2017 à 2023, ils ont vécu tous les deux. En 2019, il y a Payane qui est entrée dans nos vies ici, donc ça fait quand même quelques années pour être ensemble, sachant que Nao c'était... référé à Kaya, en fait, dans la vie. Il avait pris Kaya comme référence parce qu'il n'était pas sûr de lui, il ne connaissait pas l'humain. Et du coup, Kaya, ça l'avait beaucoup aidé à être mieux dans la vie, ensemble, au quotidien.
- Speaker #1
Et quand est-ce que tu as remarqué que l'un de tes autres Ausha était finalement affecté par la disparition de Kaya ? Et quel signe ? Tu as mis un petit peu la puce à l'oreille ?
- Speaker #2
Alors, malheureusement pour moi, je l'ai vu très, très vite parce qu'en fait... le fait de dire au téléphone que Kaya était partie il s'est mis à la chercher partout dans l'appartement en hurlant, en criant, en pleurant du coup j'ai pas eu de mal à identifier qu'il y avait un problème le souci c'est que du coup le mot Kaya était banni de la maison parce que ça le mettait dans le mal en fait il la cherchait en permanence dès qu'on disait son nom c'est quand même compliqué de se dire, de voir son chat se mettre dans un état pareil parce qu'il la cherche, parce qu'elle est pas là en fait Merci. Il était tout le temps en train de la chercher, même quand il n'y allait pas. On voyait qu'il y avait quelque chose, ça n'allait pas. Il mangeait plus beaucoup, il était tout le temps en train de dormir ou posé à rien faire. Ça se voyait,
- Speaker #1
quoi. C'était pas dans son attitude normale de tous les jours, habituelle.
- Speaker #2
Oui, elle est devenue vachement passive dans la vie, quoi. Elle ne disait pas grand-chose. Parce que ça s'est remarqué vite, du coup. Quand tu ne peux plus dire le nom de ton chat qui est parti, alors que tu as besoin de le dire pour l'annoncer aux gens qui la connaissaient et qui savaient que la fin allait arriver prochainement. Donc, ça fait du bien aussi quand même de pouvoir le dire, ne serait-ce que... dire à ma maman qui était attachée à elle de ne pas pouvoir le prononcer j'avais un ami qui venait souvent à la maison de ne pas pouvoir parler d'elle comme je voulais en disant son nom c'est compliqué quand même à
- Speaker #1
gérer qu'est-ce qui a été le plus difficile pour lui selon toi ?
- Speaker #2
son absence, le fait qu'elle soit pas là vu que toute sa vie à la maison il se référait à elle Merci. toujours elle, c'était un petit peu sa référence dans la vie. Donc le fait qu'elle ne soit plus là, du coup, il était un peu perdu, même s'il n'y avait quand même pas Yann avec lui, mais ce n'est pas pareil.
- Speaker #1
Ils n'avaient pas le même lien, c'est ce que tu me disais d'ailleurs lors de notre premier échange. Si je me souviens bien, c'est que tu l'avais eu chaton finalement et c'était un peu Kaya qui avait fait son éducation et qui l'avait pris un petit peu sous son aile, c'est bien ça si je me souviens.
- Speaker #2
Oui, c'est un chat sauvage qui ne connaissait pas l'humain. Je l'ai adopté en me disant qu'il était sociabilisé. Bon, pas du tout. Du coup, il ne savait pas interagir avec un humain. Il ne savait pas comment se comporter dans la maison. Du coup, il a copié Kaya. Du coup, il était toujours en référence avec Kaya pour lui. C'était vraiment la référence pour lui à la maison. C'était Kaya vraiment plus important que moi.
- Speaker #1
Oui. Et tu me disais également que là, tu avais remarqué qu'il avait des pertes d'appétit, qu'il dormait beaucoup. Tu as remarqué d'autres changements de comportement. Il avait perdu également beaucoup de temps. de poids dans cette période ?
- Speaker #2
Oui, bah, dû à la perte d'appétit, du coup, elle a perdu pas mal de poids. Après, ça n'alarmait pas le véto non plus parce qu'on n'était pas non plus sur une perte de poids. c'était une grosse perte de poids mais c'était un chat en surpoids. Donc, bon, c'était pas, du coup, il fallait faire attention mais on n'était pas en danger critique parce qu'il perdait trop de poids parce que ça s'est stabilisé à un moment donné. C'est juste le véto, par contre pas cool pour la durée du deuil. Apparemment, il y a une durée pour les Ausha. Je ne savais pas. Un mois, c'est largement assez. Il a pu faire son deuil. C'est ce qu'on m'a dit.
- Speaker #1
Je trouve que non. Tu parles par rapport à ton autre chat, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui. Apparemment, il aurait dû faire son deuil en un mois. Pas du tout.
- Speaker #1
Ça a été plus long ?
- Speaker #2
Oui, on est plus sur deux ou trois mois. Vraiment, c'était compliqué de prononcer ça. Il fallait faire attention, il fallait être plus présent pour lui. Il avait besoin de présence aussi.
- Speaker #1
Tu dis qu'il y a plus de présence. Du coup, qu'est-ce que tu as essayé de mettre en place pour l'aider dans cette période-là ?
- Speaker #2
J'ai essayé d'être plus avec lui, d'essayer de plus le solliciter pour des câlins, pour essayer de jouer, pour passer juste un moment tous les deux. Il aime bien se coller à moi, donc je lui proposais plus facilement de venir. Essayer toujours de créer plus d'interactions, même s'il n'en a pas envie. Essayer de créer de l'interaction pour montrer que je suis là. Tu peux venir, je suis là. Je peux t'aider dans ta peine. Moi aussi, je suis en peine. Essayer de lui faire comprendre que je suis là. Vraiment, tu peux venir, il n'y a pas de soucis. Être vraiment à l'écoute de ses besoins, ses envies. Lui proposer des choses pour lui permettre lui aussi de vaincre son âme. De l'accompagner au mieux pour qu'on se sente bien. et qu'on reprenne une vie un peu plus normale.
- Speaker #1
Forcément, moi, c'est pareil. J'ai plusieurs animaux à la maison et on a tous un lien particulier avec chacun. Est-ce que le fait que Kaya soit partie et qu'il a réagi d'une telle façon suite à son départ, est-ce que ça a renforcé votre lien ?
- Speaker #2
Oui. Oui, du coup, parce que comme j'ai été vachement présente pour lui, pour l'accompagner, du coup, il a quand même pu se rattacher plus à moi. Là, même maintenant, quand même, ça fait un peu plus de deux ans qu'elle est partie. Il y a toujours un lien plus fort. Le lien s'est renforcé. Je pense que c'est même avec tout le monde. Si on est présent pour quelqu'un dans un moment difficile, ça nous rapproche. Là, c'était dans la douleur, malheureusement. Ce n'est pas le meilleur sentiment à avoir, mais ça rapproche finalement.
- Speaker #1
Et lors de notre premier échange également, je rebondis un petit peu sur ça. Tu me disais que finalement, tu t'es concentrée énormément sur lui, sur son chagrin à lui et son deuil à lui. Du coup, ça a rendu peut-être plus compliqué, toi, de faire ton deuil. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #2
Oui, du coup, le fait de me concentrer sur le bien-être de Nao, parce que vraiment, ça n'allait pas du tout, c'était très flagrant. Je me suis concentrée sur la compagnie et lui, dans son deuil, au lieu de m'occuper de moi, en fait. Je n'ai pas pensé à moi. Même si sa présence me manquait et tout, je n'ai pas pensé à moi. J'allais au travail. En plus, la semaine où elle est partie, c'était une grosse semaine pour moi. Je n'avais pas le temps d'y penser au travail, j'étais débordée. « Très bien, je rentre à la maison. » J'y pensais un peu parce que je travaillais de nuit, donc elle n'était pas là quand j'allais me coucher, il manquait un petit truc. Mais il y avait Nao, en fait. Fallait que je sois là pour Nao. Il en avait vraiment besoin. Je ne me suis pas occupée de mon bague, j'essaie juste de l'accompagner, lui, pour qu'il se sente bien. C'était le but, quand même, qu'il retrouve un peu la joie de vivre, parce que ce n'est pas facile. Je ne pensais pas que ça aurait été aussi difficile pour lui de vivre la perte de Kaya, même si je savais que ça serait compliqué. Je n'avais pas imaginé l'ampleur de la chose. On ne peut pas imaginer tant que ça n'arrive pas, de toute façon. Là, je suis vraiment restée concentrée sur lui.
- Speaker #1
Et tu t'es totalement oubliée.
- Speaker #2
Oui. Mais au final, ce n'est pas grave. Ça m'a permis de faire moi mon deck, finalement, à travers l'aide que j'ai fournie à Nao. Je n'ai pas de soucis maintenant avec ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu as ressenti une forme de... finalement de responsabilité ou une pression en fait, le fait de devoir être forte pour lui.
- Speaker #2
Ah oui, carrément. C'est qu'il a perdu son pilier pour lui, donc il fallait qu'il se rattrache à un autre pilier. Il a dit, t'es avec moi, c'est moi lui-même, c'est moi qui peux gérer le plus de choses, donc c'est normal que ce soit moi qui prenne sur moi. C'est mon point de vue, mais bon. Parce que tu vois, par exemple, j'ai Payane, il n'y a pas eu de soucis. Lui, ça allait. Le deuil, ça a été plutôt fluide pour lui. Il n'y a pas eu trop de problèmes. Là où il avait besoin de quelqu'un pour être fort aussi avec lui, la compagnie. Si tu flanches, le problème, c'est qu'ils sont tributaires de toi aussi. Si tu flanches, ils vont flancher aussi et ce n'est pas le but. Il faut rester fort pour les autres. Eux, ils sont là, ils sont bien vivants. Ils ont envie de vivre. Il y en a un qui a la joie de vivre toujours au quotidien. L'autre, c'était plus compliqué pour lui dans les débuts. Je ne pouvais pas flancher. Je me suis interdite de flancher. Pas le choix. Il faut être forte, il faut être là.
- Speaker #1
Tu t'es accrochée complètement pour eux et en t'oubliant finalement totalement. Indépendamment de tout ça, on va en reparler un petit peu plus tard. D'ailleurs, du recul, ça t'a énormément aidé dans ton deuil. Ça t'a tellement aidé, mais à quel moment tu as réussi à trouver ton équilibre finalement entre son deuil et le tien ?
- Speaker #2
Ça a été compliqué, mais... Je savais qu'avec la disparition de Kaya, il allait manquer un truc à la maison. Vraiment, je promène tous les jours Payan, du coup, Mao se retrouvait seule à la maison. Ce n'est pas un chat qui a l'air de vivre seul. Du coup, au mois de juillet de la même année, en 2023, est arrivé sur notre chemin une petite minette, abandonnée là, dans le quartier, qui est tombée sous le charme de Payan. Du coup, après quelques... une bonne quinzaine de jours à essayer de la madouer, la belle a décidé de venir poser ses valises à la maison. Je ne savais pas comment aller réagir Nao, parce que je sais qu'il avait besoin d'une autre présence. Mais est-ce qu'il était prêt ? Est-ce que moi j'étais prête ? Parce que quand même, on s'engage émotionnellement avec lui. Donc est-ce que j'étais prête ? Est-ce que lui était prêt ? Je ne sais pas, j'ai tenté. Il s'avère qu'il l'a accepté tout de suite. Vraiment, c'est pas son genre en plus. Il aime pas trop les autres Ausha. Il l'a accepté tout de suite. Bon, bah, du coup, j'avais trouvé une solution pour elle, mais du coup, elle est restée à la maison. Et du coup,
- Speaker #1
cette petite minette s'est arrivée dans vos vies ? Bah oui, c'est ça. Et c'est un peu le hasard, finalement, parce que toi, quand tu as rencontré cette minette, tu étais pas du tout dans l'optique de prendre un nouveau chat. C'était encore frais, en plus, le départ de Kaya. Donc, tu n'étais pas forcément du tout dans cette optique de prendre un nouveau chat.
- Speaker #2
Je savais qu'il fallait que ça arrive à un moment. Mais il y a plein de gens qui m'ont proposé des chatons à adopter. J'ai toujours dit non. Non, pas maintenant. Je sais que je vais avoir besoin, mais je n'ai pas envie. Je n'avais pas de coup de cœur pour un chat. Il y avait Kaya qui était partie il n'y a pas longtemps. Il n'y a pas de chaton qui m'a donné un coup de cœur. Là, je n'ai pas choisi. C'est elle qui a choisi, pas Yann. Du coup... Bah dans l'histoire, je me dédouane un peu quoi, c'est la solution de facilité pour moi, enfin un truc facile quoi. Elle a choisi Payane, bah très bien, Payane était ok, ils se sont super bien entendus tout de suite. Je l'ai amené à la maison, Nao aussi a été sous le chat. Ça a permis d'ouvrir une nouvelle page et d'en fermer une. On ne la ferme jamais totalement parce qu'on a vécu ensemble pas mal d'années. On ouvre une nouvelle page avec un chaton plein de vie. Vraiment, ça change l'ambiance à la maison qui était un peu lourde et dure pendant sa convalescence parce que les soins palliatifs, c'est quand même compliqué. après le départ c'est encore quelque chose de compliqué puis là d'un coup il y a un petit chaton plein de vie qui arrive c'est génial en fait je voulais pas de chaton j'étais pas prête je pense que j'étais pas 100%
- Speaker #1
prête mais c'est pas grave elle est là ça fait bientôt deux ans qu'elle est à la maison tout va bien je suis toujours aussi contente d'avoir fait ce choix et finalement qu'elle vous ait choisi parce qu'elle est arrivée vraiment par hasard auprès de vous ah
- Speaker #2
oui là pour le coup c'est pas moi qui ai choisi C'est Payane qui a pris les choses en main. Mais je suis très contente de ça. Vraiment, je ne pensais pas pouvoir avoir ça avec un chat. C'est lui qui décide de son compagnon de vie. Magnifique. Il faut en rêver de mieux pour que ça se passe bien, pour qu'on retrouve un peu de gaieté, surtout qu'elle est super joyeuse.
- Speaker #1
Peut-être pas forcément une non plus. Souvent quand on perce un animal et qu'on reprend un nouvel animal, on a souvent cette petite période un peu de culpabilité où on a l'impression de trahir celui qui est parti. Tu vois, il y a plein de petites choses comme ça qui viennent finalement et qui sont tout à fait légitimes et tout à fait normales avec l'arrivée d'un nouvel animal dans le foyer, au sein du foyer. Le fait qu'elle soit, elle, arrivée comme ça, est-ce que tu as eu cette phase de culpabilité ou alors pas du tout ?
- Speaker #2
Pas du tout. A aucun moment dans tout mon processus, j'ai eu un sentiment de culpabilité. Au départ, de toute façon, je n'avais pas le temps de penser à ça. Je n'ai pas pensé à moi, donc ça, je suis avancée. Et le fait que non, elle arrive comme ça, ben non, je n'ai pas à culpabiliser en fait. C'est que ça devait être le moment pour nous apparemment qu'elle arrive. Bon, donc, je n'ai jamais eu ce sentiment. Et je suis très contente de ne pas l'avoir eu en fait parce que je pense que ça m'aurait un peu minée. Du coup, en fait, c'est fluide. Enfin, si ça se fait tellement fluide, je ne peux pas rêver mieux quoi.
- Speaker #1
Tu m'as dit que ça fait un peu plus de deux ans que Kaya est partie. Avec du recul, qu'est-ce que tu aurais aimé savoir ou du moins peut-être faire différemment ?
- Speaker #2
J'aurais aimé savoir que ça pouvait atteindre aussi fort un autre chat. Parce qu'on nous parle pas beaucoup, mais le deuil pour un humain, parce qu'on a forcément fait le deuil au moins d'une personne ou d'un autre animal. J'ai jamais pensé que ça pouvait attendre aussi fort un autre animal. Du coup, je vais m'être préparée à ça, en fait, parce qu'il faut le gérer. Et je n'étais pas prête parce que je ne le savais pas. Du coup, j'ai fait comme je pouvais. J'ai essayé de faire au mieux pour lui et pour moi, même si du coup, je me suis oubliée. Mais maintenant, je n'ai pas un regret. Ce n'est pas grave, en fait. Je me dis que c'était comme ça. Ça faisait se passer ainsi. Ça s'est passé comme ça. façon on peut pas revenir en arrière Maintenant je suis en accord avec moi-même par rapport à Kaya. J'ai pas de problème en fait. Elle est partie, c'était mieux de toute façon pour elle. Donc c'est pas grave. J'ai dû m'occuper beaucoup de Nao, c'est pas grave. Je vais commencer à moi. Je pourrais culpabiliser pour avoir pris assez de temps pour moi, mais pas du tout en fait. Aucun regret. Justement, l'accompagner dans son deuil, ça m'a permis de faire le mien. Mais ça j'en ai pris conscience quand même bien après. Parce que forcément on est encore dans... puis ça s'enchaîne, les choses qui s'enchaînent, avoir une petite boule de poêle qui arrive, pourquoi culpabiliser en fait ? C'est même pas moi qui ai pris la décision qu'elle allait nous rejoindre. Voilà, c'était tout. Avec le recul, finalement, c'était facile.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est ce que j'allais dire, faut le recul nécessaire pour s'en rendre compte, parce que c'est vrai que quand on est dedans, rien n'est simple. Et c'est vrai que s'il y a des personnes qui actuellement nous écoutent et vivent ce moment-là, c'est vrai qu'eux, ils sont en plein dedans et ils pensent qu'ils ne vont pas s'en sortir et que c'est horrible comme situation finalement. Parce que c'est vrai qu'on s'oublie, on a tendance à s'oublier parce qu'on se concentre sur l'autre animal restant. Et au final, c'est ce qu'on échangeait lors de nos premiers échanges et c'est ce qui est remonté et sorti finalement. C'est que le fait de t'avoir oublié, de t'être oublié, mais de t'être occupé de lui tellement aussi proche, ça t'a totalement aidé pour faire ton deuil.
- Speaker #2
Ben oui, c'est ça. J'ai fait mon deuil d'une manière pas conventionnelle, mais je l'ai fait quand même à travers lui parce qu'il avait besoin de moi.
- Speaker #1
Et encore, j'ai envie de dire qu'il n'y a pas de façon conventionnelle de faire son deuil. Tout le monde essaye de le faire, tant bien que mal. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise.
- Speaker #2
C'est les gens, dans l'esprit humain. Je dois faire mon deuil. On parle d'étapes du deuil pour les humains. C'est ça que je parle par conventionnel. Je passe par telle émotion. Moi, non. Pas le temps. Ça s'est fait comme ça. Elle est partie. On n'a pas le choix. Il a fallu gérer comme je pouvais. Il y en a qui étaient en détresse. Je me concentre sur Nao. Le reste, c'est pas grave. Vraiment...
- Speaker #1
Pour les personnes qui nous écoutent à l'heure actuelle et qui vivent ce que tu as vécu, quel conseil tu pourrais leur donner à quelqu'un qui voit son animal en deuil ?
- Speaker #2
Il faut essayer d'être là pour lui, de lui montrer qu'on est présent, qu'on est là en fait. Notre autre animal est parti, mais nous, on est toujours là. On est là pour lui, on peut l'accompagner. Il faut être à son écoute. Peut-être qu'il va avoir des besoins différents. peut-être qu'il va y avoir des envies différentes. Il y a tellement de choses qui peuvent changer. Il faut juste l'observer, être à son écoute, pour l'accompagner, lui, dans son deuil. Il ne faut pas être égoïste un peu, de se dire, moi, je ne suis pas bien, bon, mon animal, en fait, je ne fais pas attention à lui. Parce que, justement, après, je pense que ça peut créer un autre problème à gérer si on ne l'accompagne pas en même temps que nous. Je pense que les deuils doivent être faits ensemble. Pas forcément de la manière que moi j'ai fait, mais ensemble. Être toujours montré qu'on est ensemble. On est une famille, on surmonte cette épreuve tous les deux.
- Speaker #1
Et puis il y a également la ressource éventuellement du vétérinaire. Il y a des professionnels qui peuvent être aussi à l'écoute, qui peuvent conseiller si on a la moindre interrogation sur le bien-être de son autre animal suite à une perte.
- Speaker #2
Oui, il y a tellement de paramètres à prendre en compte et de personnes qui peuvent nous aider. quelqu'un qui a fait son deuil aussi et qui est passé dans une expérience un peu similaire peut nous donner ses conseils. On ne les prendra peut-être pas, mais ce n'est pas grave. Au moins, on les aura entendus. Peut-être que du coup, ça va quand même se refléter en nous et on va voir quelque chose. En fait, on va se dire, ah oui, en fait, je n'avais pas pensé, mais mon animal fait ça, ce n'est pas normal, je ne faisais pas ça avant. Il y a plein de petits trucs. Il faut juste être, je pense, c'est l'observation vraiment de son animal. Moi, je suis très dans l'observation de mes Ausha. Ça me permet de comprendre plein de choses. Je n'aurais pas compris si je ne faisais pas cette démarche. Après, il faut savoir prendre du recul, se poser et ouvrir son esprit. Je sais que quand on est en deuil, ouvrir son esprit, c'est un peu compliqué. Mais justement, ouvrir son esprit avant que cette étape arrive, ça aide à le faire après.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis aussi, avoir cette information, parce que toi, c'est ce que tu disais, c'est ce que tu aurais aimé finalement savoir avant qu'Aya parte. Le fait qu'on se rencontre aujourd'hui, c'est que tu puisses partager ton histoire et ton vécu avec Kaya et Nao, qui est hyper intéressant et je pense hyper constructif pour les personnes qui ont, moi la première, j'en ai trois, donc je sais que le jour où il y en a un qui part, on ne pense pas forcément que les autres de la meute peuvent être en deuil. Alors que si, puisqu'ils ressentent les émotions, ils ressentent tout à fait les choses, donc si, eux aussi sont affectés par le départ de l'or. compagnons.
- Speaker #2
Et je pense qu'ils sont plus affectés parce qu'ils vivent vraiment tout le temps avec eux. Nous, on part de la maison. Et quand on n'est pas à la maison, ils sont seulement entre eux.
- Speaker #1
Et puis, c'est les mêmes... En l'occurrence, toi, c'est que des Ausha. Ils ont aussi le même langage. Donc, ils se comprennent bien plus que nous. On peut les comprendre.
- Speaker #2
C'est ça. C'est pour ça que je trouve là qu'en ayant à nouveau un troisième chat, il y a un équilibre vraiment à trois. Ils étaient deux il y a... Il manquait un truc. L'équilibre n'était pas là. Ça fonctionne bien à trois, en fait. Je trouve que chez moi, trois Ausha, ça fonctionne super bien.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que tu me disais, d'ailleurs, que quand vous étiez deux, il y avait une atmosphère un petit peu qui pesait. C'est ce que tu disais aussi tout à l'heure. Et le fait d'avoir ce petit chaton qui est arrivé dans votre vie, vous avez retrouvé un équilibre finalement lorsqu'elle est arrivée.
- Speaker #2
Oui, en plus, sachant que je n'ai pas Yann, que je promène tous les jours, Nao se retrouvait seule à la maison. Et il n'a jamais été seul, en fait. À la maison, il y a toujours une caillasse. Donc là, tout seul, ça se voyait que ça ne lui revenait pas, cette situation-ci. Quand on rentrait de promenade, ça se voyait qu'il était un petit peu en détresse. Il était vachement en attente de « Ah, je suis tout seul, ça ne va pas » . Du coup, une fois qu'il allait arriver, la petite Oulia, il n'était plus tout seul. Il fallait qu'il la dompte, parce qu'un chaton plein d'énergie avec un chat qui était plus agréable.
- Speaker #1
C'est pas toujours simple à gérer.
- Speaker #2
Non, mais ça peut faire. Ça peut se faire. Franchement, en plus, je ne voulais même pas adopter un chaton. Parce que bon, on connaît les faces chaton. Je n'avais pas envie. Voilà. Bon, ça, c'est fait. Ce n'est pas grave. J'assume mon choix.
- Speaker #1
Et tu ne regrettes strictement rien ? Non.
- Speaker #2
De toute façon, il ne faut pas regretter des choix comme ceux-là.
- Speaker #1
Si c'était à refaire, tu ferais exactement pareil ?
- Speaker #2
Pareil. Même si je n'avais pas de connaissances, même si je ne savais pas, je ferais tout pareil. Au final, je suis très bien maintenant.
- Speaker #1
Et y a-t-il un message que tu aimerais faire passer aux personnes qui vivent un deuil animalier avec d'autres animaux à la maison ?
- Speaker #2
Eh bien, je leur dis déjà bon courage, parce que selon la réaction d'un autre animal, il faut savoir prendre un peu de recul pour eux, en fait. Il faut pouvoir se dire, bon, moi aussi, on est très affecté par la perte d'un animal. On ne pourra jamais le nier, c'est un truc très fort et très dur. Les autres, en fait, eux aussi le vivent difficilement. Il faut être prêt à les écouter, à être là avec eux, à les accompagner. Le mieux, c'est de faire son oeil ensemble, de ne pas se mettre à part, déprimer un peu, et un peu délaisser les autres. Non, il faut vraiment être ensemble. On est une famille, de base. On vit en famille. Donc, on considère les animaux comme la famille. Donc, il faut faire ensemble. Il faut vraiment rester soudés ensemble. justement, plus on est ensemble, mieux ça se passe, même pour nous. Moi, je n'ai pas pensé à moi, mais le fait de l'aider, ça m'a aidé à moi. Donc finalement, c'est cette force et cette unité qui fait qu'on peut avancer ensemble.
- Speaker #1
Et si les personnes qui nous écoutent souhaitent échanger avec toi, ils peuvent te retrouver d'ailleurs sur ton compte Instagram ?
- Speaker #2
Tout à fait, oui. Ils peuvent, sur Kaya et compagnie.
- Speaker #1
Je le mettrai dans la description pour les personnes qui le souhaitent. ou suivre les aventures de Payenne, notamment, qui se promènent très régulièrement et qu'on suit sur Instagram.
- Speaker #2
Merci à toi, Malicia, de m'avoir consacré du temps à ce sujet.
- Speaker #1
Je te remercie infiniment pour toi aussi. Tu m'as accordé ton temps pour me partager ton histoire et l'histoire de Kaya.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Camille. Pour ton témoignage si sincère et touchant, tu nous as rappelé que le deuil animalier ne concerne pas seulement les humains, mais aussi les compagnons à quatre pattes qui restent derrière. Ton histoire montre à quel point il est important d'être à l'écoute de leurs sagrats tout en prenant soin de soi. Si toi qui nous écoutes, tu traverses une situation similaire, retiens que tu n'es pas seul. et que ton deuil est tout aussi légitime que celui de ton animal. Prends le temps nécessaire, entoure-toi de bienveillance et n'hésite pas à chercher du soutien. Encore merci à Camille pour ce partage si précieux.