- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Selma Chauvin. Si vous écoutez ce podcast depuis quelques temps, son nom vous est probablement familier. Je l'avais déjà reçu lorsqu'elle était CMO chez SkillUp. Aujourd'hui, CRO chez Agorapulse, on prend du recul sur le rôle de PMM à travers les lieux d'une responsable marketing et revenu. Selma partage sa vision de la fonction et des situations dans lesquelles elle prie le plus de valeur pour l'entreprise. Elle revient aussi sur un choix organisationnel fort chez Agorapulse. Déplacer l'équipe PMM initialement au produit sous son aile, préfère évoluer progressivement son périmètre vers une équipe d'auto-market, qui ne se dénive plus aux recommandations stratégiques, mais qui porte des sujets de bout en bout, de l'analyse de marché à l'exécution, avec des TPI directement liés au business. Selma nous partage des exemples concrets de collaboration, avec le Content, la Luthien et la Brand pour arrêter de marcher dessus, mais aussi ce qui permet à un PMM d'obtenir une place à la table des décisions. Enfin, elle revient sur plusieurs pivots de carrière qui ont marqué son parcours, et elle partage ses réflexions. pour faire des choix professionnels qui semblent contre-intuitifs et qui permettent de progresser sur le long terme. Alors si vous cherchez à renforcer votre impact business en tant que PMM, à confronter vos idées reçues et à mieux comprendre ce que la fonction de programme marketing peut apporter à une organisation, cet épisode va vous donner quelques pistes de réflexion. Bonne écoute ! Hello Selma, comment tu vas ?
- Speaker #1
Salut, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va très bien, je suis hyper contente de t'accueillir pour la deuxième fois au micro du podcast. Tu es la première ! invité qui revient, donc hyper contente que ce soit toi. Est-ce que tu peux te présenter un peu plus en détail et nous dire qui tu es et ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Donc je suis Selma Chauvin, j'ai un background d'une vingtaine d'années en marketing, toujours en B2B, toujours en tech. Un peu la success story de base, tu sais, où tu rejoins une startup qui va à l'IPO ou au rachat. Maintenant on est un peu dans cette deuxième, voire troisième vie de startup qui est, bon c'est bien gentil, mais maintenant est-ce que vous pouvez générer de l'argent, messieurs, dames ? Et donc pour ce faire, j'ai rejoint une truie qui s'appelle Agorapulse. Agorapulse propose la gestion de tous les réseaux sociaux, donc aussi bien la partie publishing que la partie gestion de l'inbox, que la partie analyse. Et on lance d'ailleurs un tout nouveau produit basé sur l'IA dans un mois tout pile.
- Speaker #0
La première fois qu'on avait échangé ensemble, c'était avec un duo, avec la CPO de chez Skillet. On avait justement parlé de cette fonction Product Marketing, des différentes visions. et je serais curieuse de savoir si avec... ton changement de poste de CRO chez Agorapulse. Est-ce que cette vision du product marketing a évolué de ton côté ? Est-ce qu'au contraire, elle s'est affirmée ? Est-ce que tu peux nous partager un peu aujourd'hui comment tu vois ce métier, ce rôle, cette fonction ?
- Speaker #1
C'était très drôle parce que je me rappelle à l'époque où j'ai quitté SkillUp, j'étais en fight pour réussir à avoir un rôle de PMM qui finalement est arrivé chez SkillUp dans l'intervalle d'ailleurs. Donc ça a porté ses fruits. Et en arrivant chez Agorapulse, il y avait une équipe PMM qui était côté produit. Donc, une de mes premières missions en arrivant, ça a été de rapatrier le PMM côté marketing. En fait, je n'ai pas décidé de prendre le PMM parce qu'il fallait ou parce que j'avais envie de prendre le PMM. C'est juste parce que le PMM est une fonction qui vit entre deux départements, le produit et le marketing. Et l'endroit où on le met doit répondre à un vrai enjeu d'entreprise. Donc, typiquement, tant qu'on est en pleine construction du product market fit, ça fait 100% sens qu'il soit à côté du produit. parce que comme ça, on a le même objectif et une relation qui est très forte entre les deux. En revanche, à partir du moment où c'est trouvé et que l'objectif devient un vrai objectif, un vrai enjeu business, pour moi, ça fait 100% sens de migrer au marketing parce que l'équipe qui doit être renablée et qui doit être au plus proche du positionnement et des avantages, ça change, ce n'est plus le produit parce que c'est fait, c'est le marketing.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça s'est passé ce changement ? Est-ce que ça a été facile et compris et la transition a été plutôt smooth ou au contraire ? Il y a eu un besoin en interne d'expliquer, d'évangéliser, même auprès des équipes PMM elles-mêmes. Est-ce que ça commence à s'effacer ?
- Speaker #1
Il y a deux avantages à travailler dans la MarTech. Le premier, c'est déjà que c'est un secteur que je connais plus que la HrTech, mais c'est aussi et surtout que la plupart des personnes à des postes, qui sont des C-level dans l'entreprise, sont sensibilisées au marketing, puisque c'est ce qu'on vend, et notamment le CPO. Donc, la transition a été extrêmement simple parce que lui aussi comprenait l'intérêt de le bouger au marketing et d'avoir un marketing qui est très câblé sur des notions, justement, de positionnement, de valeur et pas uniquement sur où aller poster le prochain posting d'institut.
- Speaker #0
Et tu as vu, du coup, un changement, un peu, je ne sais pas si c'est du jour au lendemain, mais comment concrètement, si tu as des exemples à partager, ce changement d'équipe, on va dire, et de positionnement du product marketing a impacté l'entreprise ? ou des lancements particuliers.
- Speaker #1
Au tout début, le premier impact, c'est qu'il a été sur les équipes commerciales, où tout simplement, ça nous a permis de muscler le discours. Un exemple tout bête, c'est que tous les calls des commerciaux étaient enregistrés. Mais jusque-là, on n'avait pas de process hyper clair de « on écoute ces calls, on fait des analyses de ces calls, on fait du traitement d'objections, on va aller après fouiller quand un concurrent est mentionné pour trouver quoi raconter la prochaine fois qu'on parle à ce concurrent. » Ce travail-là, ce n'est pas qu'il n'existait pas, si tu veux, mais c'était un peu un « on the side project » . Et là, c'est devenu la base des premières missions du PMM, de ranger tout ça. Ils ont repris aussi en main les decks commerciaux. Tu vois, toutes ces missions un peu de base du PMM, mais qui n'étaient pas faites jusque-là, c'est comme ça qu'ils ont gagné leur ticket d'entrée donc pour avoir un siège à la table des décisions du revenu.
- Speaker #0
Il y a aussi une responsable marketing à côté de toi, on va dire, en tant que CRO, ou toi, tu portes le chapeau vraiment revenu et marketing ?
- Speaker #1
L'ensemble. En fait, je ne fais pas de distinction. C'est d'autant plus flamant qu'on est une entreprise qui vient du PLG. Donc, à la différence d'une entreprise qui a commencé par le grand compte et qui après va descendre en taille de boîte, quand tu viens du PLG, tu es obligé d'aimer le marketing. Sinon, tu ne vends pas. On a eu la chance d'avoir justement une relation marketing et commerciale forte dès le début, puisque le marketing nourrissait les commerciaux, encore une fois, depuis le début.
- Speaker #0
Et est-ce qu'aujourd'hui, du coup, ça fait quoi ? Un an à peu près que tu as rejoint Agorapulse, un peu plus ?
- Speaker #1
Oui, un an et demi.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, il y a eu une évolution aussi dans les missions de l'équipe PMM ? D'ailleurs, si tu peux nous dire combien ils sont à peu près, pour avoir une idée.
- Speaker #1
Donc, on en a trois aujourd'hui, des PMM. On est en pleine mutation de l'équipe. Aujourd'hui, notre équipe PMM a été transformée en une équipe go-to-market. C'est-à-dire que ces trois personnes ne sont pas en charge uniquement des missions traditionnelles que tu peux voir qui vont être la partie analyse et recos, mais ça intègre maintenant la demande jeune. La raison pour laquelle on a fait ça, c'est qu'on s'est rendu compte que le PMM arrive avec plein de recos, mais ces recos sont adaptés de façon très différente selon les personnes à qui il parle. Et tu as toujours cette frustration du PMM qui veut porter un objectif commercial, qui veut porter un résultat chiffré, sauf qu'en fait, son apport est très intangible. puisque c'est le positionnement qui va faire en sorte qu'un contenu marche mieux, mais si le contenu marche bien, on va féliciter le contenu pas le PMM. Tu te rends aussi compte que tu as une relation qui est très forte et assez naturellement entre PMM et Content, parce que Content se rend compte qu'ils ont besoin du PMM pour gagner en maturité sur les sujets. En revanche, côté demandes jeunes en général, il n'y a pas de son, pas d'image à la limite, la demande jeune va aller chercher les PMM quand il faut faire un deck pour un webinar si tu veux donc c'est vraiment très basique comme relation. Et moi ça ne me convenait pas parce que je pense que ça a tout autant de sens de travailler cette analyse du marché pour optimiser un positionnement et du contenu, que de le faire pour optimiser des canaux de promotion. Un exemple bête, le PMM chez nous, il ne va pas uniquement donner un positionnement, il va aussi donner par exemple les principaux influenceurs sur un marché donné. Il va donner par exemple ce que les concurrents utilisent comme canaux de distribution. Pourquoi ? À quel salon ils sont présents ? Il va faire des recours sur le fait d'aller à ce même salon ou pas. On leur a donné aussi la demande gêne pour justement qu'ils puissent own l'entièreté du sujet et prouver leur impact de bout en bout. Et ne pas avoir cette cassure entre je te fais la reco et toi j'applique. Ce qu'on ne voulait pas, c'est avoir, tu sais, ce qu'on a souvent, c'est ouais mais les PMM c'est ceux qui réfléchissent et du coup les autres c'est ceux qui exécutent. Nous on n'a plus ça maintenant, c'est la même équipe. Tu réfléchis et tu fais ce que tu as dit qu'il fallait faire. Donc la façon dont on a distribué les reux. On a une personne qui est dédiée au grand lancement de produits. Ben justement, je parlais du produit qu'on va lancer dans un mois. C'est un PMM qui en a porté l'entièreté, du branding de ce produit jusqu'au choix des différentes campagnes et des différents canaux qui vont être utilisés pour la campagne, jusqu'à la création du mini-site associé, etc. Il n'a pas tout fait, il a coordonné les différentes personnes, mais c'est lui qui portait le projet et c'est lui qui est responsable du résultat de ce lancement en termes de pipe. Ça, c'est le premier rôle. Donc lui, son rôle, c'est justement de préparer les futurs lancements. Donc dès qu'on explore des idées de marché, il cadre tout ça et il fait en sorte que ça devienne une réalité. La deuxième personne fait la même chose sur la partie que sur le marketing. Revenons un peu dans le passé. Les PMM, une fois qu'ils ont prouvé qu'ils étaient utiles, un des premiers sujets que je leur ai mis dans les pattes, c'est que sur le marketing. On avait un churn qui, comme pour toute boîte qui vient du service, était over the top. C'était catastrophique. Et j'étais extrêmement frustrée en tant que CRO de me dire que je passais mon année à faire du revenu qui allait juste compenser un churn, si tu veux. Donc la personne a été dédiée là-dessus. Donc dédiée, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le premier travail qu'elle a fait, c'était un travail, encore une fois, 100% PMM, qui est d'informer les clients sur ce qui se passait côté nouveauté produit. Mais ce rôle a évolué en « je pars du produit et j'arrive à la valeur » . Un exemple tout bête, un de ses sujets phares, ça a été d'identifier le parcours free trial chez nous. Donc vraiment le... Le parcours qui est typique de tu fais ton essai gratuit et après tu es censé acheter, après tu es censé utiliser. Et identifier tous les drops. Donc par exemple, je ne sais pas, au bout d'une semaine, tu devrais avoir utilisé la partie publishing. Si tu n'as pas publié ton premier post avec nous au bout d'une semaine, ce n'est pas hyper bon signe. Et une fois qu'elle a identifié tous ces drops, c'est de créer toutes les campagnes, toute la strata qui permet d'activer. C'est-à-dire de, au bout de trois jours, on va t'envoyer un tuto et on va faire le tuto. Au bout de quatre jours, tu n'as toujours pas utilisé, on va te montrer les résultats de quelqu'un pour te donner un peu envie de faire pareil. Plein de trucs comme ça. Au bout de 5 jours, peut-être te dire « Ah, c'est peut-être le moment qu'un BDR t'appelle. » parce que tu ne vas pas y arriver tout seul. Donc pareil. Et donc en fait, elle porte maintenant chez nous la lutte contre le churn. Et donc sa métrique de réussite, c'est l'amélioration du NRR. Donc c'est une métrique très business pour un rôle qui à la base était assez loin. Ça, c'est la deuxième. Et la troisième personne, qui est le patron du département, lui, il va gérer les sujets de fond avec le produit. qui sont justement les prochaines innovations, les sujets de pricing, les sujets de positionnement. Il va travailler avec le groupe sur la partie ABM, par exemple, pour lui dire sur quel article il faut aller et quel message il faut passer, en plus, bien sûr, d'aider les deux personnes de son équipe à délivrer. Et donc, cette personne récupère maintenant la demande jeune. Donc, il y a une autre personne qui reporte maintenant à ce département, qui est en charge de toute la demande jeune chez nous.
- Speaker #0
L'intégration a été facile aussi, et assez logique, j'imagine, vu que... Tu as construit l'équipe dans ce sens-là, donc j'imagine qu'après, tout fait sens.
- Speaker #1
J'ai la chance d'avoir un excellent patron GTM qui a appris le métier très vite, parce qu'il vient du PMM, lui, à la base. Donc, autant dire que de Mangen. Donc, il est bien évidemment en ramp-up, mais pour l'instant, ça se passe extrêmement bien parce que l'essentiel du travail de PMM, c'est de cadrer à de Mangen. C'est justement d'aider à choisir sur quel canot aller diffuser, d'être capable d'aller dire, justement, tu as prévu trois campagnes de content syndication. Attention, les audiences, ce n'est pas les bonnes. c'est pas celle-là qu'on veut cibler donc même si ça ramène du lead on va pas le convertir et c'est cette valeur-là qui fait que du coup la demande jeune va arrêter de penser en MQL mais va penser vraiment en pipe parce que le PMM lui sait ce qu'il va apporter du vrai pipe
- Speaker #0
Oui et même les messages qu'on veut mettre en avant, souvent il y a cette réflexion-là aussi de se dire en fait quelles sont les fonctionnalités ou la valeur qui fait sens en haut de funnel quand on parle d'un prospect versus ce qu'on va dire après Merci. Et je trouve que toute cette réflexion, souvent, elle manque et on veut tout dire. Et on peut faire des ads où, en fait, on ne met juste pas en avant le bon message et parfois aussi pas la bonne cible. Et je trouve que le product marketing, en effet, c'est là qu'il peut vraiment apporter sa valeur en collaboration avec l'expert religion qui sait aussi, lui, comment vraiment fonctionne la plateforme, ce qui marche, ce qui ne marche pas. Et je trouve qu'en effet, cette collaboration, elle manque souvent et elle apporte énormément.
- Speaker #1
Oui, mais parce qu'on a tendance à organiser son équipe marketing par canaux. Tu as le responsable du site web, le responsable des campagnes payantes. Sauf que moi, je suis un peu en train de sortir de tout ça. Je ne sais pas si c'est IABase ou quoi, ou si j'ai changé d'avis dans trois mois. Là, je te donne mon avis. C'est de me dire, en fait, ça, ça n'a pas beaucoup de sens. En fait, il y a deux vrais rôles dans une équipe marketing. C'est ceux qui vont gérer de la conversion et ceux qui vont gérer la création d'une audience. En fait, l'expertise, elle n'est pas tant dans le fait de faire un site ou un LinkedIn, parce que tu peux toujours t'entourer d'experts qui vont t'aider à le faire. Mais aller dans le fait de comprendre que ce que tu fais, c'est pour la conversion ou ce que tu fais, c'est pour construire une audience. Ce qu'on voit typiquement dans les startups, c'est qu'on fait du paid. Donc, on prend des demandes jeunes et tout, on fait du paid, on fait du paid. Et quand ça commence à coûter trop cher, on va gueuler sur la brand et on dit « Ouais, mais maintenant, il faut lancer la newsletter, il faut lancer tout ça. » En fait, il n'y a eu aucune étape où on s'est dit « Attends, on va vraiment prendre le temps de construire une audience qui a envie de parler de ces sujets et on va construire avec eux. Et lorsqu'on va vendre quelque chose, ils seront prêts. » Les content creators, ils te disent bien sur Insta, ils vont te dire « J'ai une énorme communauté Insta, ce n'est pas là que je vends. » C'est là que je me fais connaître, et ensuite je vais retargeter tous ces gens avec ma propre newsletter ou mes propres campagnes payantes, et là je vais les convertir. Et c'est pour ça que pour moi, le PMM c'est le patron de la conversion. C'est vraiment sa connaissance, et justement vu qu'il est proche du produit, c'est qu'il comprend ce qu'il va faire, qu'il y a ce « waouh effect » , ce « ha ha moment » ou « t'appelles ça comme tu veux » , mais qui fait que les gens y vont acheter. Du coup, moi je sépare, et l'autre expertise, qui est vraiment l'expertise de « tu construis une audience » , Ça, pour moi, c'est vraiment de la marque. C'est comment tu construis un attachement, comment tu construis tout ça. Donc, bien sûr, tu es nourrie par le PMM pour savoir quoi raconter, mais l'attention que tu as portée à tout ce travail de relation est une vraie expertise. Et pour l'instant, c'est là que j'ai mis la séparation.
- Speaker #0
Et il y a déjà une collaboration aussi avec ton équipe Brand, entre PMM Brand aussi. C'est quoi typiquement les sujets de collaboration, si tu as des exemples ?
- Speaker #1
Donc, il faut savoir qu'on a des... piliers. En fait, on sait l'histoire qu'on veut raconter, qu'on a validée avec le PMM au moment où on a créé le positionnement. Cette histoire, on l'a découpée en piliers. Et ce qu'on a décidé avec le content, c'est comment on allait aborder tous ces piliers. En raison de tout bête, c'est est-ce qu'on fait un petit peu sur chacun ? Est-ce qu'on fait un à fond, on passe à l'autre ? On a évidemment choisi la solution Q entre deux chaises, qui est que tu prends un quarter, tu fais autant que tu peux sur un pilier, quarter d'après, autant que tu peux sur le deuxième, sur le troisième, et puis l'année d'après, tu vas améliorer à chaque fois et renforcer tes piliers, mais vraiment en mode, tu focuses un quarter sur un pilier et tu matraques l'histoire. On va parler de notre pilier Q2. Notre pilier Q2, c'est cut through the noise. Je ne sais pas à toi que je vais dire qu'en ce moment, il y a beaucoup, beaucoup trop de bruit sur les réseaux sociaux, que c'est une catastrophe, que le reach de tout le monde est en train de s'effondrer, que les gens qui avaient des posts avec des dizaines de milliers d'impressions, ils n'en ont plus que mille, tu vois, si on ne le sait pas. Et que c'est très, très dur de trouver des pépites de qualité dans tout ce bordel. Notre pilier, c'est comment on fait. Pour cut through the noise, en fait, comment on fait pour, justement, dans un monde où il y a tellement de merde partout, comment on fait pour que les gens aient envie de nous save, de nous suivre, pour être sûrs d'être confrontés à notre contenu de qualité par la suite ? Donc ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, je vais juste donner des exemples de pièces de contenu qu'on a release et le process pour les créer. Donc par exemple, on a des leads magnets où tu rentres ton post LinkedIn et ils te posent les quatre questions de base qu'on devrait tous se poser, c'est à qui ça parle, qu'est-ce que tu veux qu'ils règlent après, enfin ce type de questions. On va avoir par exemple une étude. de des gens sur pourquoi est-ce qu'ils postent sur les réseaux et qu'est-ce qu'ils en attendent. On va avoir, par exemple, un e-book qui donne les guidelines sur avant de commencer à poster, voilà ce qu'il faut faire. Justement, créer tes questionnements, créer tes piliers, créer tes messages, etc. On a un lead magnet qui te donne ton tone of voice, par exemple, pour être sûr que tout ce que tu as posté ait la même tonalité. Donc, avant de créer tout ça, c'est PMM et Content qui se mettent dans une pièce et qui disent, voilà la problématique marché, le pain de marché qui est justement, il y a tout ce noise sur Internet, c'est hyper relou. Quentin va dire, justement, nous, on est légitime à parler de cut through the noise. PM va dire, oui, c'est vrai. D'ailleurs, voilà tout ce qu'on fait concrètement pour faire ça. Et voilà ce sur quoi on peut s'appuyer pour corroborer cette opinion. Quentin va dire, du coup, voilà les différents angles avec lesquels j'aimerais aborder le sujet. Et PM va dire, pour cet angle-là, on peut dire ça. Pour celui-là, le produit ne le fait pas trop, je dirais non. Et en fait, à la fin, il n'y en a pas un qui prend le pas sur l'autre. Chacun arrive avec sa sensibilité. Et à la fin, on sort avec, justement, le pilier. les angles d'approche et pour chacun des angles la pièce de contenu qui va la soutenir et l'info ça peut être une citation client ça peut être une info étude ou autre que les gens ne trouveront pas ailleurs pour être sûr que ça ait de la valeur encore une fois c'est le but de ce pilier de dire qu'on apporte de la valeur et
- Speaker #0
une fois que c'est fait content des livres et PMM intervient s'il y a besoin de raffiner un concept parce que pendant ce temps PMM il travaille sur le contenu du pilier de Q3 c'est intéressant ce que tu dis et à mon avis ça va être hyper Alors... utile pour l'audience parce que souvent, il y a ce sujet-là de se marcher dessus, aussi pas qu'avec l'équipe produit, mais avec l'équipe marketing, l'équipe brand. Et en effet, où s'arrête le travail de l'un et l'autre brand ? Et je trouve que justement, la collaboration que tu racontes et chacun son expertise, et en fait, on le met dans un pot commun, on va dire, c'est ça qui donne de la valeur et qui aussi montre en fait quelle est l'expertise de chacun. Et en fait, c'est presque naturel aussi qu'au bout d'un moment.
- Speaker #1
Oui, et ça évite la frustration parce que, par exemple, PMM va dire, oui, mais toute cette histoire, on n'a pas tout dit. Et oui, parce qu'on a une capacité de production qui est limitée aussi, bon, avec l'IA machin, mais quand même. Et encore une fois, dans 50 ans, on trouvera encore qu'on est encore limité. Donc, ce n'est pas la question que de toute façon, on n'arrivera jamais à tout dire. Mais le fait d'avoir cette discussion permet de hiérarchiser les informations qu'on veut amener au marché et de définir les formats qui sont les meilleurs. Tu ne dis pas la même chose dans un webinar que dans une checklist, que dans un e-book. Et justement, apprendre tout ça permet aussi au PMM d'être persistant pour faire des recos sur les canaux de distribution de toutes ces différentes pièces de contenu. Pareil, tu ne promètes pas au même endroit un webinar ou un e-book. Donc le fait d'avoir choisi de faire un webinar ou un e-book doit se faire, certes, parce qu'on sait que le format marche bien, mais aussi parce qu'on sait qu'on dispose des bons canaux de diffusion pour partager ses messages. Et le plus marrant dans tout ça, c'est que là, on parle d'une relation à deux, le content et le PMM, mais en vrai c'est une relation à trois. C'est-à-dire que quand ils décident de tout ça, de quel contenu, de quel morceau d'histoire, ils décident pas juste entre eux. Parce que la notion de sur quel canal de diffusion ça fait sens de poster cette pièce de contenu, pour moi, elle est tout aussi importante que quelle pièce de contenu on produit. Et c'est pour ça que, encore une fois, si jamais on dit par exemple, l'e-book c'est le meilleur support pour porter ce morceau d'histoire, et que la demande jeune va dire oui mais attention parce que les e-books, nous, ils marchent sur aucun canal. Et bien ça, c'est important de le savoir avant de produire ton e-book, tu vois. Donc cette discussion, elle se prend ensemble. Et c'est la demande gênante qui veut dire, attention, les e-books, non. En revanche, les checklists, ça marche bien chez nous. Est-ce que, plutôt que de faire un gros e-book, on ne peut pas le découper en quatre checklists et moi, pour le coup, je vais utiliser plutôt les checklists ? Et si vous voulez faire un e-book qui agglomère tout ça, encore une fois, maintenant avec l'IA, c'est facile, OK, mais moi, je n'utiliserai pas en campagne payante. Et avoir ces discussions au début du quart d'heure est hyper saine parce que tu sais ce qui se passe. Sinon, le PMM est frustré parce que tous les morceaux de l'histoire ne sont pas donnés. Le content est frustré. parce que la demande jeune ne fisse pas ses pièces de contenu. La demande jeune est frustrée parce qu'ils n'ont pas, au bon moment, les pièces de contenu, et eux, ils ont des énormes trous dans la distrib. Donc ça ne peut pas marcher. Donc cet alignement au début, il est fondamental. Et souvent, le PMM, il est un peu vu comme un satellite. Tu sais, c'est d'abord demande jeune qui décide parce que c'est eux qui portent le chiffre du quarter. Et du coup, maintenant, demande jeune, c'est chez PMM, donc il n'y a pas le choix. Donc PMM a cette double hauteur. Et tu n'as plus cette opposition du canal et de l'histoire. Maintenant, le PMM, il fait sa reco globale. Il fait aussi la reco du... Attention, l'ebook, il ne marche pas. Donc, il est crédible.
- Speaker #0
Et du coup, aujourd'hui, quelles sont les KPIs qui sont portées par cette équipe PMM ?
- Speaker #1
Le volume de pipe généré. En fait, eux, ils sont vraiment en charge de la conversion. Combien de pipe est généré ? Et la partie brand content, eux, ça va plutôt être sur les audiences. Le parcours vertueux idéal, mais vraiment idéal, c'est par exemple René Content qui fait un post sur LinkedIn pour, je ne sais pas, partager une news. Il y a des likes. Le growth regarde ces likes et se dit tiens, je vais mettre en place des séquences pour nourrir ces personnes et les faire progresser vers de la conversion. Et derrière, t'as le BDR qui rappelle. Ça, c'est vertueux. C'est le truc qu'on n'a pas. C'est toujours déconnecté ce qu'on va faire pour faire de l'audience et ce qu'on va faire pour faire de la conversion. Et là, c'est le dernier truc qu'on est en train de patcher.
- Speaker #0
Ma dernière question, la sur ce sujet, c'est là-dedans, est-ce que le produit a une place ? Est-ce qu'il y a un moment où l'information, elle remonte au produit et c'est plus juste informatif, voilà ce qu'on va faire ? Est-ce qu'eux aussi sont à un moment intégré dans ces réflexions-là ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Très en amont et très en aval. Avant de lancer, par exemple, un nouveau produit ou d'aller au marché, on valide le positionnement avec le produit pour être sûr aussi que ce qu'ils ont envie de développer, ça conforte bien la façon dont on va aller au marché. Un exemple tout bête, si jamais on dit qu'on vend du mid-market, ce n'est pas la même chose que dire qu'on vend du self-service ou de l'enterprise. Les besoins vont être différents et les pains qui vont soulever vont être différents. Et en fait, du coup, c'est un peu biaisé parce que nous, on va raconter ça, donc ça va mettre dans le pack des gens qui ont ces problèmes, donc ça va créer des demandes de développement de produits qui correspondent à ce problème. Donc si on ne s'aligne pas tout en amont, on va finir avec un produit qui est très différent de celui que le produit peut avoir en tête. Pour moi, la première étape, c'est cet alignement très en amont. L'autre travail qu'on fait ensemble, c'est très en aval. C'est justement, une fois que les commerciaux ont parlé avec des prospects, cette information-là, on la communique au produit pour qu'ils sachent quoi développer. On a notamment un système qu'on appelle les HBC chez nous, qui est que chaque fois qu'un sales veut un développement de produit, il documente ce développement de produit, il fait intervenir le produit dans la discussion avec le prospect pour que vraiment on se cope et qu'on se dise, 1. Est-ce que le deal vaut assez d'argent pour qu'on le fasse ? 2. Est-ce que ça va dans la lignée de ce qu'on a envie de développer ou est-ce qu'on se crée une charge qu'il faudra maintenir et qui va être insupportable ? Et 3. Est-ce que de toute façon, c'était prévu à un moment ou pas du tout ? Et ça, ça nous permet de prendre une décision sur est-ce qu'on y va ou pas et du coup, est-ce qu'on gagne le client ou pas ? La principale plainte des équipes produits, des équipes support et CS sur la partie revenu, c'est que vous avez signé des deals dont on ne voulait pas. Parce que vous vouliez les signer, mais au final, c'est des mecs qui vont churn ou c'est des mecs qui s'attendaient à ce que le produit fasse des trucs qu'il ne fait pas. Ce travail-là permet de limiter. Je ne dis pas que ça n'arrive plus jamais, sinon je vais me faire taper, mais ça permet de limiter fortement cette incompréhension.
- Speaker #0
Du coup, ça ramène le produit au business finalement.
- Speaker #1
Oui, une notion qui est très forte, c'est que souvent les CRO viennent des sales. Donc, ils sont très focus sur ce qu'ils vont réussir à rentrer en booking. Sauf que pour moi, un des gros indicateurs de succès, c'est ce que je disais au début, c'est que si le churn me bouffe ma croissance, ça ne sert à rien tout le travail que je fais, c'est hyper frustrant. Alors que si tu vois le revenu comme justement gérer aussi le fait d'avoir un NRR qui est toujours positif et que ce soit une obligation, Tu raisonnes différemment, tu vas être plus facilement capable de dire non à ce deal qui va te défocus toi en tant que revenu, mais aussi tes CSM, mais aussi ton produit. Et en fait, le meilleur service que toi, tu peux rendre à toi-même en tant que patron revenu, c'est d'être capable de dire non à des deals parce que tu sais que tu vas avoir besoin d'un produit qui continue d'évoluer, qui continue d'être hyper balèze, et que plus tu vas envoyer de demandes foireuses qui vont diluer l'attention qu'ils vont porter au cœur du produit, plus ça va être compliqué à un moment de rester ou de devenir le meilleur produit dispo sur ton marché. Et du coup, ça va impacter tes ventes. Mais c'est dur d'avoir cette capacité à te dire, parce qu'en fait, ça, cet impact, tu l'as dans 18 mois, dans deux ans. Et si jamais tu te dis, ouais, mais là, en attendant, on va aller à 3K2MRR, oui ou non, qu'est-ce que je fais ? C'est plus compliqué. Mais c'est indispensable. Et c'est un bon moment, franchement. Ça n'a pas été inné. Au début, je disais, oui, pour rien, en pleine monde.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais un message à faire passer, justement, à des CRO ou des CMO aujourd'hui qui se posent la question sur... l'intérêt du rôle de PMM ou qui ont des PMM dans leur équipe ou dans l'entreprise et qui, justement, n'arrivent pas trop à vraiment faire sortir tout l'intérêt et la valeur du product marketing ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux choses. De toute façon, le PMM, c'est un job qui doit être fait. Ça doit être fait. Sinon, on en revient à ce que je disais plus tôt. Tu vas poster des tombereaux de merde qui n'ont aucun lien entre eux. Tu vas signer les mauvais clients et tu vas t'embourber. Donc, la première prise de conscience, elle est sur le fait que ce travail-là doit être fait. si on veut du résultat à long terme. Et dans ce cas-là, c'est-à-dire qu'il doit être porté par la personne qui est capable de prendre ce recul-là. Si c'est une personne qui est incentivée sur ce qu'elle va rentrer le prochain quart d'heure, ça ne peut pas marcher. Et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de disconnect entre product et sales parce que les sales, eux, ce qu'ils veulent, c'est rentrer SIA sur le prochain quart d'heure. Donc la première chose, c'est trouver la personne qui est capable de comprendre et de porter ce message. Parfois, c'est côté produit, parfois, c'est côté marketing, parfois, c'est un CRO, parfois, c'est le CEO lui-même et trouver cette personne qui va être, et c'est cette personne-là qu'il faut convaincre de l'intérêt de, maintenant qu'on a défini qu'il y avait un besoin, de faire porter ce besoin par une personne ou par une équipe dont c'est le métier. Parce que l'inconvénient, quand il n'y a pas de personnes dédiées à ce sujet, même quand on a pris conscience du fait que c'est important, c'est les managers qui vont gérer ça vu que c'est des sujets importants, donc ce n'est jamais fait. Parce qu'encore une fois, un manager ne peut pas être un porteur de projet. Ce n'est pas possible. Donc, tu vois, c'est une prise de conscience en deux étapes. Et le travail, encore une fois, pas du PMM, parce que lui, le pauvre, il n'y peut rien. C'est de la personne qui voit cet intérêt d'avoir un PMM, de faire prendre conscience du fait que c'est un travail qui doit être fait à l'échelle d'une entreprise, de toute façon. Et une fois que cette prise de conscience est là, qu'elle doit être portée par un individu ou par une équipe dont c'est le moteur principal, sinon, ces projets-là n'arriveront jamais à voir le jour. et tous ces petits facteurs d'érosion de succès qui est un churn qui commence à augmenter, un pack qui commence à ralentir, un coût d'acquisition qui commence à monter, tout ça c'est des flags qui pris individuellement n'ont pas l'air très important mais qui en fait sont une énorme alerte en disant le moment pour recruter un PM c'était il y a 6 mois, le deuxième meilleur moment ça va être maintenant, genre ne traînez pas.
- Speaker #0
J'aimerais bien faire avec toi aussi un petit focus carrière, parce que je trouve aussi ton ta carrière et les différents Mouv' que tu as pu faire justement avec tes 20 ans d'expérience en B2B, en tech, hyper intéressant. Est-ce que tu peux nous raconter ou nous expliquer un moment clé, un pivot dans ta carrière et pourquoi ça a vraiment été un game changer pour toi dans ton évolution professionnelle ?
- Speaker #1
Ce que je vais pouvoir dire, c'est que les meilleurs pivots de ma carrière, ça a été des choses qu'on m'a dit de ne pas faire. Je vais en citer deux. Le premier, c'est j'étais dans une startup qui s'est fait racheter par DocuSign. donc du coup j'étais bien au chaud, j'étais responsable marketing toute la partie Europe du Sud pour DocuSign bien, on savait qu'il allait y avoir un IPO bientôt on avait toutes les actions, la vie elle était belle et en fait je me faisais royalement chier dans ce job parce que c'est un... il faut savoir que quand t'es dans une filiale internationale d'un grand groupe et bah t'as très peu de pouvoir justement sur le positionnement, sur ne serait-ce que l'autonomie de dire je vais aller au marché de façon un petit peu différente c'est vraiment un rôle de demande de lecture, création de contenu traduction, enfin très opérationnel c'est pas mal mais ça ne t'apprend pas pas les skis dont tu vas avoir besoin pour justement devenir CMO, qui est justement d'être capable de prendre ses décisions et de faire ses renoncements, de dire ce deal-là, j'en veux pas, pour le faire très grossièrement. Et à ce moment-là, il se pétait les dents sur le self-serve en Europe. Il y arrivait pas. A l'époque, ça s'appelait le e-commerce, parce qu'on n'était pas du tout mature sur ces sujets-là. Ça ne marchait pas. Et en fait, j'ai rencontré le patron de l'ensemble du e-commerce worldwide et je lui ai dit, moi, si tu veux, je teste. De toute façon, là, j'allais me casser, mais si tu veux, on se fait un deal d'un an et j'y vais. Et tout est en mode... Pourquoi tu fais ça ? Tu rejoins une équipe commerciale alors que tu étais marketing, parce que le self-serve était aux commerçants, alors que tu étais marketing, et puis tu vas sur un truc où tout le monde s'est cassé la gueule, ça ne va pas marcher ton histoire. Et puis surtout, tu avais une équipe, là tu redeviens IC, pourquoi ? Pourquoi tu fais ce move ? C'est débile, si tu veux. Et en fait, en un an, parce que j'avais donné, je l'ai dit, un an, le e-commerce est devenu 20% du revenu de la région, donc pas mal, en partant de rien, avec juste moi et mes petits voix. Et surtout, j'ai pas fait de marketing. la majeure partie de ce taf là, j'ai fait quoi ? Je suis allée à San Francisco convaincre les mecs du produit que j'avais besoin de ça dans le trial pour convaincre les gens de passer du trial à l'achat. J'ai passé du temps avec les équipes de dev pour avoir un module de pricing sur le site qui correspond aux habitudes d'achat des Européens, notamment les Allemands qui n'ont pas de carte de crédit. C'était il y a 10 ans. Et tous ces trucs-là m'ont appris énormément sur tu creuses et tu reviens à la source de pourquoi ça marche pas et tu te contentes pas de plaquer campagne marketing après campagne marketing. J'ai bossé avec les BDR et j'avais un deal avec eux en mode « je vous donne mes meilleurs deals pour que vous les obséliez en sales, mais en échange, à la fin du quarter, vous vous engagez à me convertir à un max de petits comptes » . Du coup, j'ai appris, j'ai commencé à apprendre à parler avec des BDR. Et en fait, tout ça, ça m'a appris beaucoup plus qu'un an de plus à faire du pur marketing. Et ensuite, quand j'ai évolué, ça m'a permis notamment, deux ans après, de créer une équipe BDR en sachant comment le faire, puisque j'étais à Dublin dans les bureaux avec les gars chaque dernière semaine du quarter. à les voir bosser, à assister à leurs réunions d'équipe, à comprendre leurs complains. Et du coup, j'étais légitime et ça a facilité ma vie. Même chose, quand j'ai quitté UKG, donc j'étais VP marketing international, donc pareil, waouh, c'était hyper top, j'avais une équipe 70, c'était trop la classe. Et je suis partie chez SkillUp, qui était une toute petite startup, où j'avais une équipe de deux pour commencer. Et pareil, les gens, c'était, mais tu vas avoir tellement mieux, pourquoi tu fais ça ? Et je me dis, oui, mais les gars, moi, j'ai besoin de me recentrer sur ce que je comprends du marketing et sur ce que c'est que le marketing. Et j'ai besoin de remettre les mains dedans, parce que ce que j'ai appris, ça date. J'ai besoin de repratiquer, j'ai besoin d'envoyer un email moi-même, j'ai besoin de commander des petits fours moi-même. J'ai détesté faire ça, mais tu as besoin de reconnecter avec le terrain. Et en fait, ça m'a permis, encore une fois, d'être légitime sur l'équipe que j'ai aujourd'hui, et de refaire l'organisation, mais en partant de données concrètes, et pas juste de Nana, qui a été dans une stratosphère pendant des années, et qui ne sait plus ce que c'est, qui ne sait plus ce que c'est qu'un deal, qui ne sait plus ce que c'est que de parler à un client, si tu veux. Donc à chaque fois, c'est toujours ce que je dis, c'est...
- Speaker #0
Pour le coup, c'est conseil carrière ultime de ma vie. Chaque fois que vous avez un doute et qu'un truc vous paraît dangereux, c'est souvent le signe qu'il faut y aller. Parce que justement, c'est inconfortable, c'est là que vous allez apprendre le plus. Peut-être que ça vous paraît une sortie de route sur le moment, mais après, ça va payer. Mais il faut vraiment, du coup, embrace le changement. C'est vraiment te dire, OK, je me mets à fond et je prends tout ce qu'il y a à prendre de cette opportunité.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est rassurant, mais en tout cas, ça permet aussi de se dire que les routes, elles ne sont pas toutes tracées et qu'il faut aussi prendre des risques. et avoir de l'audace pour arriver là où on veut ou même là où on n'imagine pas forcément être à court terme.
- Speaker #0
Et quand tu regardes ma page LinkedIn, les gens me disent « Ah, ça a l'air hyper logique ta carrière » . Moi, je dis « Pas du tout » . C'est juste que du coup, elle est logique. Du coup, à la fin, elle est logique parce que toutes les briques, elles ont une importance pour ce que tu fais. Mais sur le moment, ce n'était pas forcément logique, si tu veux. Mais c'est juste que tout ça, en fait, va te donner une expertise qui est unique. Et cette expertise qui est unique, elle va avoir beaucoup de valeur pour des gens à un moment. Et c'est ça qui est important en fait. C'est que tu réussis à te shape un job qui est vraiment bien pour toi, où tu vas t'éclater, où tu vas apprendre plein de choses. Alors que si tu te contentes juste de suivre une fois en disant « il faut que je fasse ça parce qu'on m'a dit qu'il fallait faire ça » , tu vas te trouver dans un job que tu n'aimes pas forcément, où tu n'as pas forcément à te reconnaître, où tu es totalement interchangeable. Et je ne suis pas sûre que ce soit comme ça que tu t'amuses.
- Speaker #1
Et du coup, sur cette lancée, est-ce que tu as une leçon, un conseil un peu qui est contraint intuitif ? sur soit le changement de carrière, soit justement quand tu prends un poste, comment y arriver à ne pas lire tous les livres de comment réussir ses 90 premiers jours dans un nouveau taf ? Est-ce que tu aurais un retour d'expérience ou quelque chose à partager là-dessus ?
- Speaker #0
Souvent, j'entends les gens dire « Ouh là là, ça, je n'y vais pas, c'est trop casse-gueule. » Ou alors à l'envers, « Moi, je vais sauver le monde. Ce sujet-là, tout le monde a raté pendant des années. Moi, je vais le résoudre. » Tu vois, c'est souvent ça, en fait. quand tu prends un job. Et la réalité, elle est réfléchissez bien. En gros, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que résoudre ce problème, ça va vous apporter quoi ? Et vous mettez ça en rapport avec à quel point c'est difficile. Un exemple tout bête. Si tu arrives dans une boîte et qu'il se pète les dents sur l'attribution depuis des années, et que tu arrives en disant « moi je vais régler l'attribution » , alors non, moi je n'irai pas. Parce que déjà, ça ne marche pas, on le sait tous, c'est très très compliqué de mesurer l'attribution. Et ensuite, s'il se pète les dents, il y a peut-être une raison. Il y a peut-être une raison pour laquelle il ne faut pas le faire. Donc avant de s'engager sur des sujets, il faut toujours vraiment réfléchir à l'envers. Si c'est par exemple, l'ABM ça n'a jamais marché, là ça vaut peut-être le coup de le faire. Parce qu'on maîtrise, on peut être en maîtrise du sujet et vraiment le savoir quoi faire pour expliquer et montrer un quick win, parce que c'est 100% marketing. Donc toujours, c'est vraiment éviter ces deux écueils qui sont, personne n'y arrive, moi j'ai sauvé le monde, et je ne vais rien faire de plus que ce qu'on me demande parce que j'ai peur. Non, non. Tout ce qui va faire la carrière, c'est d'être capable de sortir de sa feuille de route à des moments choisis, intelligents, mesurés, et être capable de prouver un résultat clair.
- Speaker #1
Est-ce que tu considères que tu as eu un échec, que ce soit dans ta carrière ou dans des projets en particulier, ou pas, et c'est dans le sens où, oui, les choses ne fonctionnent pas, mais en fait, on a des apprentissages derrière. Comment est-ce que ça, tu le vois, toi ?
- Speaker #0
Je pense que plus tu montes, plus tu te trompes. Pas parce que tu deviens un gros connard en montant les échelons, mais juste parce que les problèmes qu'on t'apporte, ils sont de plus en plus compliqués et gros. Donc évidemment, plus les problèmes sont gros, plus tu as de chances de rater. Mais en fait, c'est pas grave, parce que souvent, il n'y a pas de bonne réponse. Et je pense que c'est ça aussi, il faut s'enlever cette pression, il n'y a pas la bonne réponse qui va régler le problème. Il y a une façon d'avancer. Et cette façon d'avancer, elle va déclencher plein de nouveaux problèmes. Ça ne veut pas dire que c'est raté. Ça veut dire que c'est OK, c'est la voie que tu as choisie, tu continues d'avancer et tu règles au fur et à mesure. Et c'est pas grave. Je vais te donner un exemple. Quand je suis arrivée chez Agorapulse, Donc c'est la première fois que j'avais une grosse équipe sales, parce que j'avais déjà fait du sales ou des petits trucs, mais pas à cette échelle, et du marketing. Et ce que je me suis dit, c'est que je me focusse à 100% sur les sales parce que je ne connais pas, et le marketing, ça peut attendre. Sauf qu'en fait, j'ai trop attendu pour fixer le marketing. Donc l'équipe sales a été rodée, elle tournait bien, sauf que le pipe côté marketing, il ne suivait pas. Ce qui est ballot, alors que c'est censé être un truc que je sais faire. Et je me suis mise sur ce sujet trop tard. Et ça a eu des répercussions sur l'orga commercial, évidemment, parce que tu as des sales qui sont malheureux, qui ne sont pas nourries et tout ça. Et tu vois, je pourrais me dire, en fait, c'est un raté, j'aurais dû le faire à l'envers. Je me dis pas non, parce que j'ai beaucoup appris sur l'orgueil commercial, et donc maintenant que je me concentre vraiment sur le marketing, on va aller très vite à l'envers. Si j'avais réglé le marketing, mais que du coup, j'avais pas eu de résultats commerciaux, peut-être que ça aurait déclenché d'autres problèmes, et ça en aurait déclenché d'autres, qui sont justement, il n'y a pas de signature, l'équipe, elle coûte cher, blablabla, enfin tout ce que tu peux imaginer si tu veux. Donc de toute façon, j'aurais eu des problèmes en choisissant une de ces deux voies. J'en ai choisi une, voilà, c'est fait. Maintenant, tu gères la merde ou tu t'es auto-créée, quoi.
- Speaker #1
Oui, il faut être responsable et être lucide, en tout cas, sur justement les potentiels problèmes ou qu'est-ce que ça va amener. Enfin, avoir un peu... Ne pas penser qu'au moment présent, là, qu'est-ce que je fais aujourd'hui. mais essayer d'anticiper ou de se dire si je fais ça, quelles sont les différentes voies potentielles, les portes que ça va ouvrir. Est-ce que j'ai des solutions ? Est-ce que je saurais ou j'aurais les épaules de l'aide, de support d'autres personnes aussi pour avancer. J'aimerais bien terminer l'interview avec les trois questions de la fin que tu connais déjà. La première, c'est est-ce que Euh... pour une prochaine interview que je vais faire avec le podcast, tu aurais envie que j'interviewe une personne ou que je parle d'un sujet en particulier ?
- Speaker #0
Je voulais justement te proposer d'interviewer Esteban, qui est chez nous le Head of PMM et qui vient de prendre son rôle de GTM. Je pense que justement, ce parcours d'un PMM qui vient du produit, qui doit s'adapter au marketing et qui maintenant prend un scope plus large, c'est un parcours intéressant et je pense que ça peut être aussi une carrière intéressante pour beaucoup de jeunes PMM.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une recommandation de ressources ? de livres, de podcasts ou de personnes, peu importe, que tu recommandes pour les PMM ou même les CRO qui peuvent nous écouter aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors j'ai envie de dire aller voir mes posts LinkedIn, mais ça c'est parce que je suis extrêmement égoïste et auto-centrée. Non mais plus sérieusement, j'ai envie de dire entourez-vous. C'est très top. Les podcasts qu'on fait, moi j'adore. Et ce qui a encore plus de valeur, c'est d'être capable après d'aller parler à Carlota. Aller parler à des gens en vrai. Que vous posez des questions, vous. Et que la personne a peut-être un éclairage qui va vous aider. Donc, les communautés marketing, on ne les nomme pas, on en connaît les habituels, les tech marketing leaders, les cafés du market, les unlock. Allez-y, rencontrez des gens, nourrissez-vous des gens parce qu'ils ont des problèmes que vous n'avez pas, mais ça va vous aider à les régler quand ça vous arrivera. Ils sont peut-être de bons conseils, ils sont peut-être déjà passés par là. En gros, c'est parler. Ne restez pas tout seul avec votre ordinateur, on est sur des métiers qui sont relativement solitaires dans notre bureau. C'est sortir le plus possible de la maison.
- Speaker #1
Pour la fin, et là tu peux faire l'autopromo. Où est-ce que les auditeurs peuvent te contacter ?
- Speaker #0
Sur LinkedIn, c'est toujours le plus simple. Si vous voulez une réponse vite, les mails, il faut oublier. Je crois que je reçois à peu près 200 mails par jour. Donc, merci les BDR. Donc, je ne lis plus mes mails.
- Speaker #1
Très bien, je mettrai le contact LinkedIn, du coup, en description de l'épisode et surtout pas ton mail. Merci, Selma, pour cette interview. C'était passionnant et je te souhaite une bonne journée et à bientôt.
- Speaker #0
Bonne journée. Merci de m'avoir invitée.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si l'épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager sur LinkedIn en me taguant. Tu peux aussi me soutenir en laissant un avis 5 étoiles sur Apple Podcasts et me laisser un commentaire. Ton aide est précieuse pour m'aider à faire connaître Product Marketing Stories et aussi m'encourager à créer davantage de contenu. Alors merci !