- Carlota
Retruter un PMM est souvent perçu comme un « nice job » , mais à quel moment cela devient une nécessité pour structurer sa stratégie marketing et accélérer la croissance ? Dans cet épisode, j'accueille Olivia Jorel, CMO chez Train.me, qui partage les coulisses de la structuration de son équipe marketing et les raisons qui l'ont poussée à créer un premier poste de PMM. Elle revient sur un contexte initial avec un marketing peu structuré et très cloisonné avec les sales, jusqu'à la mise en place d'une organisation plus alignée et orientée performance. Dans cet échange, Olivia nous explique comment structurer un pôle marketing en partant presque de zéro. Pourquoi et à quel moment un rôle de PMM fait sens dans son organisation ? Comment défendre ce refrutement interne et clarifier son positionnement ? Les missions concrètes qui ont été données à cette Product Marketing Manager, que ce soit du go-to-market, offre, messaging, sales enablement, on rentre dans le détail. L'impact du PMM sur l'alignement sales marketing et la clarté du discours. C'est un épisode concret. pour comprendre comment et pourquoi intégrer un PMM peut transformer la façon dont marketing, sales et produits travaillent ensemble. Bonne écoute ! Bonjour Olivia, je suis super contente de t'avoir au micro du podcast aujourd'hui. Comment tu vas ?
- Olivia
Eh bien écoute, ça va très bien. Je suis ravie également.
- Carlota
Aujourd'hui, on va aborder un sujet d'un point de vue d'une CMO sur le product marketing. Donc je suis super contente. C'est un regard que j'ai eu un petit peu au podcast, mais je pense que... Ton expérience va vraiment pouvoir beaucoup nous apporter aujourd'hui. Et du coup, pour commencer, est-ce que tu pourrais à la fois te présenter et nous dire aussi ce qu'est Train.me ?
- Olivia
Effectivement, moi, Olivia Jorel, je suis CMO et gros sacre pour Train.me. J'ai rejoint les équipes de Train.me en mai 2023, donc ça va faire deux ans et demi maintenant. Juste pour donner une cartographie assez rapide de ce qu'est le marketing et la com chez Train.me, c'est réparti autour de cinq pôles. assez classique mine de rien. Le premier autour de la brande et de la communication de manière générale. Le second, et c'est un volet qui me tient particulièrement à coeur parce que j'ai pas mal insisté pour que ce soit le cas en tout cas, le volet grosse et la lead generation notamment avec l'inbound et l'outbound qui est également côté marketing. Tout ce qui est autour du marketing client, l'animation, la rétention, le partenariat stratégique et la gestion de projet, le product marketing. Donc TrainMe dans les grandes lignes, c'est une filiale de Décathlon qui accompagne les entreprises dans la conception et la mise en place de programmes sport, bien-être et prévention santé. TrainMe a été fondée en 2015, donc on a fêté nos 10 ans cette année sur un modèle B2C initialement et qui a pris un virage B2B en 2018. Et le B2B représente aujourd'hui 80% du business, donc on est une boîte B2B aujourd'hui complètement. Et puis notre proposition de valeur, globalement, ça s'articule autour d'une offre clé en main et hybride. qui permet de toucher 100% des collaborateurs en opérant notamment via des cours, des ateliers en présentiel, en visio et également via des programmes VOD. Voilà. Et une petite précision, je pense, qui est hyper importante que je précise, du coup, c'est que Trémy, enfin, chez Trémy, en tout cas, dans le modèle, on est sur une logique de sales lead et non de product lead. Donc, effectivement, la place du PMM est aussi particulière et la place du produit, de manière générale, est particulière. elle est plutôt elle est plutôt C'est plutôt un support. Chez Train.me, on vend un service et non un produit aussi. Donc, c'est un peu particulier également.
- Carlota
Donc, tu nous as dit justement que ça faisait deux ans et demi que tu étais chez Train.me. J'imagine qu'il y a beaucoup de choses qui se sont faites depuis. Et quand on avait parlé, tu m'avais justement dit qu'il y avait vraiment eu de ton côté un gros travail d'organisation, d'équipe marketing et de réflexion sur ces différents piliers dont tu nous as parlé. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Olivia
C'est vrai que quand je suis arrivée chez Train.me, Je suis partie finalement d'une feuille quasiment blanche. Globalement, j'avais fait plusieurs constats. Déjà, le premier, c'est que peu de personnes dans l'entreprise, en tout cas, savaient ce qu'était vraiment le marketing. Il y avait une vraie nécessité d'évangélisation qui n'est pas encore complètement aboutie toujours, mais qui a quand même largement avancé. Finalement, dans l'entreprise, en plus, tout le monde faisait bricoler, en tout cas, du marketing. Mais finalement, pas le pôle marketing. Le pôle marketing était composé de deux personnes plutôt juniors dans l'idée. qui avaient des fonctions vraiment très support. En fait, ils recevaient les demandes qu'on leur faisait, quoi, et puis ils délivraient des choses, mais sans vraiment de stratégie, quoi. Donc ça, c'était un constat qui m'a interpellée. Et puis après, il y avait deux autres constats assez importants, qui étaient vraiment le sujet un peu de data. J'avais une équipe qui n'était pas du tout data-driven, c'est-à-dire qui faisait les choses sans mesurer ou sans trop savoir pourquoi aussi. Puis j'avais une acquisition qui était très monolevier, qui fonctionnait très bien à l'époque, notamment via Google, mais qui n'était pas du tout multicanal, pas du tout avec des dispositifs digitaux complémentaires, etc. ou des dispositifs in-out complémentaires. C'était un peu mon constat de départ et donc très vite, effectivement, moi je suis arrivée et j'ai dit bonheur. On va choisir aussi un petit peu nos combats. On priorise aussi par rapport un peu à l'environnement de l'entreprise, les enjeux, etc. Et donc, très vite, le premier sujet, ça a été de structurer globalement le pôle. J'avais deux personnes, du coup, qui étaient là. Donc, il fallait réallouer les ressources entre ces deux personnes, faire en sorte que personne ne s'ennuie, entre guillemets, dans l'équipe, parce que c'était un petit peu le cas quand je suis arrivée. Décharger certaines, recréer des verticales, etc. Ça, c'était un gros sujet. Le second sujet, qui est très classique en B2B, et je pense que des homologues à moi seraient... complètement d'accord avec moi, c'est l'alignement sales market qui n'est jamais totalement optimal mais qui est hyper nécessaire et moi quand je suis arrivée, les sales et le marketing étaient très cloisonnés, très silotés j'ai envie de dire, donc il y a vraiment eu la nécessité de créer des ponts et à tous les niveaux, vraiment quand je suis arrivée également j'ai choisi mes combats, j'ai aussi fait par rapport à ce qu'était l'entreprise, mais moi quand je suis arrivée, j'avais finalement deux marques et trois et demi quand même, je le rappelle on était une marque B2C au départ on a fait un virage B2B, donc quand je suis arrivée ça faisait quand même quelques années Merci. Mais j'avais deux sites internet, un B2C, un B2B, j'avais deux comptes LinkedIn, bref, j'avais deux marques, toutes en double. J'avais en plus pour le coup la marque B2C qui était beaucoup mieux référencée, beaucoup plus visible, beaucoup plus connue que ma marque B2B. Or, mes enjeux business et 80% du business étaient quand même sur B2B. Donc, je me suis dit, OK, il y a quelque chose à faire, on ne peut pas rester comme ça. Donc, très vite, forcément, j'ai refondu toute cette marque, ces sites, etc. Enfin, ce site, parce qu'il n'y en a plus qu'un maintenant. Et puis, j'ai aussi implémenté toute une logique de funnel marketing B2B, finalement. Ça a été un gros sujet. Le sujet data auquel je me suis attaquée aussi assez rapidement, parce qu'on avait une utilisation de notre CRM qui est HubSpot, qui était quasiment exclusivement sales. Donc forcément, je me suis arraché les cheveux et j'ai eu pas mal de grandes discussions sur le sujet HubSpot et l'utilisation du CRM et tout ce qui est, bien sûr, tracking, cycle de vie, scoring, attribution, etc. Et puis ensuite, j'ai taclé un autre enjeu qui était un enjeu très important au sein du pool marketing, qui était cet enjeu de grosse acquisition de leads, à la fois en revoyant la partie digitale et également progressivement en recrutant des personnes, notamment sur l'inbound et notamment sur l'outbound. Donc j'ai envie de dire, une fois que j'avais fait ça, on arrive très vite quand même à fin 2024, début 2025, moi j'arrive en interne et je dis ok, en fait il me manque une dernière compétence globalement à mon pool marketing. qui est le sujet du PMM, qui me semblait être juste, et puis on en reparlera aussi, mais complètement limpide en fait, par rapport à la construction du pôle et à son évolution, et à la maturité de l'entreprise, etc.
- Carlota
Tu es arrivée justement à ce besoin de product marketing. Quel a été un peu l'élément déclencheur où tu t'es dit, ok, maintenant j'en ai besoin, ou cette ressource est manquante ? Est-ce qu'il y a eu quelque chose où c'était une suite aussi d'événements, ou un sujet de maturité aussi ?
- Olivia
C'était un peu tout à la fois en fait. Ça a un peu convergé, j'ai envie de dire, mais en fait, on est arrivé aussi à un moment où on avait, nous, un contexte de marché qui était plus tendu, plus illisible aussi, où il y a eu un besoin et une nécessité de mieux comprendre les attentes, les besoins aussi. Et puis de renforcer notre discours, notamment commercial, de renforcer nos propositions de valeur. On voulait devenir, tu vois, un must-have dans les entreprises et pas du tout être perçu comme un avantage salarié typiquement. Donc il fallait vraiment qu'on se muscle à ce niveau-là. On avait aussi une nécessité de... Centraliser la gestion des offres, en fait, l'offre était gérée un peu par les sales, un peu par notre partie opérationnelle, un peu par le produit même parfois, un peu par le marketing, en gros un peu par tout le monde et les personnes à la fois. Puis à l'époque, on était vraiment sur une offre sur mesure, donc il y avait des catalogues, il y avait plein de choses. Donc en fait, on s'est dit, il faut rationaliser, il faut rendre scalable aussi notre business model, l'entreprise, etc. Donc là, il faut vraiment trouver quelqu'un qui permet aussi de cette gestion. des offres, leurs sorties, leurs mises à jour, la rationalisation, etc. Et puis, il y avait aussi une adoption un peu inégale, en fait, des offres. On faisait des évolutions, mais on sentait qu'il y avait vraiment une adoption qui n'était pas du tout la même d'un client à l'autre, même en interne, etc. Et il fallait faire globalement plus de liens avec ce qu'on construit, ce qu'on raconte, etc. Il y avait vraiment un vrai sujet de storytelling, j'ai envie de dire.
- Carlota
Et justement, tu parlais au départ... Un de tes chantiers, ça a été cette relation marketing-sales. Je serais curieuse de savoir ce que vous avez pu construire, toi et ton équipe, sur cette relation-là et comment est-ce que le product marketing, est-ce que cette fonction, ce rôle a aussi eu une place dans cette relation-là ensuite ?
- Olivia
Clairement. Nous, déjà, c'est des choses assez basiques. On a commencé à se parler avec la directrice commerciale. Se mettre autour d'une table, partager un peu nos enjeux. Et on s'est vite rendu compte que finalement, on avait un peu les mêmes. Comprendre aussi les enjeux, mais aussi les contraintes du pôle à côté, etc. Composer avec. Ça a été quand même, au départ, beaucoup d'échanges. Encore une fois, moi, je suis arrivée dans un contexte où le marketing était assez... connus ou méconnus. Donc, il fallait aussi évangéliser sur qu'est-ce que le marketing, leur dire coucou, en fait, les gars, on n'est pas là pour vous voler votre travail ou quoi que ce soit, on est là juste pour apporter une couche supplémentaire qui va permettre d'être plus efficace, plus performant, etc. Donc, il y avait vraiment ce sujet-là. Et ensuite, effectivement, nous, on créait, si tu veux, déjà des outils d'aide à la vente aux sales, etc. Mais pour moi, ça, c'était la première brique. Il nous fallait vraiment quelqu'un qui soit beaucoup plus… intégrés dans les échanges avec les sales, qui co-construisent beaucoup plus les outils, qui soient beaucoup plus aussi en écoute des clients, du terrain, du marché, etc. pour apporter aussi toute cette valeur-là aux sales. Et donc vraiment travailler, j'en parlais, dans un espace un peu de co-construction. Donc ça, ça a été hyper essentiel et forcément le PMM a joué un rôle, et on en reparlera certainement, mais de fluidificateur, j'ai envie de dire. largement à ce niveau-là.
- Carlota
Parlons-en de quand tu t'es dit il nous faut une ressource, quelqu'un, un PMM. Qu'est-ce que tu attendais de ce rôle ? Comment est-ce que tu as réfléchi ? On peut être hyper concret sur la fiche de poste et même comment tu t'es inspirée pour te dire quelles sont les compétences, que ce soit du soft skill ou de hard skill que j'attends. Hyper curieuse que tu nous racontes un peu les backstage de ta réflexion là-dessus.
- Olivia
Le poste, il était assez fluide. chez moi. Moi, je voulais un profil market pur. Il me manquait ce profil vraiment market opérationnel tel que moi je l'avais connu dans d'anciennes boîtes, d'anciennes structures, etc. Donc, je cherchais quelqu'un qui parle marketing, qui transpire le marketing parce que j'étais aussi un petit peu la seule. Sinon, le reste de mes équipes ont des fonctions d'expertise très spécifiques, etc. Ou de com, tu vois. Donc, vraiment, je voulais un profil très market. Ça, c'était mon premier critère. Après, sur les softs et sur les arts, c'était assez classique. Quelqu'un qui soit capable de découler un go-to-market. Quelqu'un qui soit capable d'avoir cette sensibilité. C'est un peu le mot que je pense que j'utilisais. Cette sensibilité client assez forte. D'aller chercher des insights clients sans filtre. Donc vraiment d'aimer ça en fait. D'aller au contact du terrain, etc. Quelqu'un bien sûr qui maîtrise très bien la plume et le storytelling sur le principe. avec un narratif qui soit... qui soit clair, qui soit actionnable aussi. Et puis forcément, quelqu'un qui soit orienté business, pour comprendre les enjeux business. Et justement, c'est aussi ce qui rassure le côté sales. C'est quelqu'un qui ne parle pas juste un jargon, parce que le marketing est assez charponneux. Voilà, exactement. Donc quelqu'un qui parle aussi la même langue, qui est capable effectivement d'être hyper clair, qui a une capacité à vulgariser aussi pas mal de choses. en prenant du recul aussi sur la proposition de valeur, l'affiner, la piloter, etc. L'intelligence client, j'en ai parlé. Et puis, bien sûr, un esprit qui soit hyper structuré sur le principe. C'est hyper important quand on est un peu comme ça, sur un rôle un peu de chef d'orchestre, parfois, quelque part. Il faut avoir un esprit hyper structuré. parce qu'on touche à des sujets hyper transverses, parce qu'on fait un go-to-market, donc on a besoin que tout le monde s'aligne sur une date de mise en marché, etc. J'ai besoin de quelqu'un aussi qui soit hyper organisé, hyper clair dans sa tête, etc.
- Carlota
Tu avais fait du product marketing avant ou tu avais déjà travaillé avec des PMM pour que pour toi ce soit aussi fluide et aussi compréhensible dans le besoin et dans ce que tu attendais ?
- Olivia
Oui, en fait, moi j'ai eu des postes assez transverses et très spécifiques dans le passé. J'ai travaillé pendant longtemps dans le secteur bancaire. que je connais très bien. J'avais des postes notamment de chargée de market et de com, donc qui englobe beaucoup de choses. Mais j'ai notamment fait à l'intérieur pas mal de, justement, de mise en marché d'offres. À l'époque, j'avais travaillé sur Apple Pay, notamment, ou des choses comme ça. Et donc, du coup, j'ai aussi, moi, connu effectivement ce sujet-là, plutôt sur un volet B2C pour le coup, mais donc je connaissais très bien. J'ai fait beaucoup de bench également. J'ai fait beaucoup d'écoute client. J'ai été vraiment bercée là-dedans. Et puis après, dans le reste de ma carrière, je me suis un peu plus détachée de ce côté PMM, mais en tout cas, j'ai beaucoup travaillé avec des équipes PMM et product d'une manière générale. Et donc, du coup, forcément, je voyais de manière assez claire ce que je cherchais ou était vraiment la valeur ajoutée, notamment sur un pôle marketing. Ce qui est assez fou, et on aurait pu me prendre un petit peu pour une fois, mais moi, je ne suis pas allée chercher une personne du B2B, je suis vraiment allée chercher une personne du B2C. qui n'avaient pas fait de service, mais plutôt du produit. Donc, je suis vraiment allée chercher des compétences clés plutôt qu'un profil qui, sur le principe, devait cocher toutes les cases.
- Carlota
Et est-ce que, du coup, ça a été aussi simple pour négocier, entre guillemets, cette ressource auprès des dirigeants, en tout cas de tes stakeholders en interne ? Est-ce que tu as dû vendre ce besoin-là ou c'était assez… Fluide aussi dans cette partie-là ?
- Olivia
C'était assez fluide. Comme je te l'ai dit, il y avait quand même pas mal de sujets qui convergeaient, qui nous disaient que c'était le bon moment, etc. Même si forcément, il y a eu des interrogations, notamment sur la partie product, de quel serait le périmètre, etc. de cette personne. Certainement, ça a un peu interrogé aussi sur la partie marque. C'est toujours le cas de toute façon, la marque et le PMM. Mais en fait, le sujet a plutôt été à qui on le rattache. Est-ce qu'on le rattache au produit ? Est-ce qu'on le rattache au sales ? Est-ce qu'on le rattache au marketing ? Moi, c'était très fluide pour moi parce que pour moi, c'est un profil 100% marketing. Mais encore une fois, vu que moi, dans ma boîte au départ, ou en tout cas, parfois, certains pans du marketing sont assez méconnus. Ils ont tendance certainement à penser que le marketing veut tout récupérer. Alors que ce n'est pas du tout le cas. C'est juste que c'est des profils marketing. Donc, c'était là où il fallait un petit peu évangéliser, c'est-à-dire dire, les gars, regardez bien, quand je vous montre un peu la fiche de poste, on est bien d'accord que c'est du market et donc, ça semble logique que ce soit drivé par market.
- Carlota
Typiquement, c'est les équipes produites ou celles qui disaient, je voudrais que ce soit une ressource qui aille chez moi ou c'était quoi la problématique de dans quelle équipe on le met ?
- Olivia
En fait, c'est que je pense que la partie... PMM était vraiment perçu au départ en tout cas vraiment très gestion de l'offre et comme je te disais la gestion de l'offre était éclatée un petit peu partout de prime abord ils se sont dit ça pourrait très bien matcher avec les sales autant que les opérationnels autant que le produit etc et là je leur ai dit oui mais attendez un PMM ce n'est pas que de la gestion de l'offre, c'est pas que ça c'est aussi beaucoup d'écoute marché c'est aussi tout le marketing intelligent donc vraiment la recherche utilisateur, etc. C'est aussi toute la stratégie de messaging, de lancement. Et puis, c'est tout ce que Sales Enablement. Et j'ai dit, ça, c'est clairement des fonctions marketing. Donc, en fait, effectivement, c'est ce que je disais quand je leur ai montré la fiche de poste. Ils m'ont dit, bon, OK, c'est vrai que... Alors, au départ, ils m'ont dit, mais tu es sûre qu'il y a un profil qui existe sur le marché, qui coche toutes ces cases ? Oui, je vous assure, ça s'appelle un PMM, mais ça existe bien, oui, oui, oui, je vous assure.
- Carlota
Aujourd'hui, du coup, ça fait combien de temps maintenant que tu as un PMM ?
- Olivia
Elle est arrivée, si je ne me trompe pas de moi, je dirais en fin avril 2025 exactement.
- Carlota
Donc là, tu as assez de recul pour nous dire quels sont justement les sujets par rapport à ce que toi tu avais imaginé, un peu peut-être ta fiche de poste idéale. Est-ce que tu peux nous dire aujourd'hui concrètement ce que couvre cette TMM ? Et du coup, les bénéfices en tout cas, s'il y a un peu un avant-après que tu arrives déjà à percevoir ?
- Olivia
Elle a été très vite mise dans le grand bain. Il y avait beaucoup de sujets qui l'attendaient. Donc, de manière assez claire, c'est un petit peu ce que je te disais. Il y a effectivement tout ce que moi, j'appelle le marketing intelligence. Vraiment, tout ce qui est recherche utilisateur, aller parler à nos clients, aller sonder le marché, regarder ce qui se fait du côté de la concurrence, cerner les attentes, les besoins, les mesurer, etc. Donc, ça, ça a vraiment été bien taclé de son côté. Il y a effectivement tout le pilotage de l'offre et elle a été très vite mise dans le grand vin parce que comme je le disais au départ, on était sur du sur-mesure. Aujourd'hui, on a recentré pas mal de notre offre, donc elle a été largement mise à contribution dessus sur la rationalisation de notre offre. Et qui en découle aussi toute la stratégie de messaging et de lancement, ce qui est assez nouveau pour TrendMe. On n'avait jamais fait de véritable go-to-market chez TrendMe, donc ça a été aussi des process et une nouvelle façon de fonctionner qu'il a fallu. partager, faire respecter, etc. C'était assez nouveau. Et puis tout ce qui est sales enablement, ce qui est ça un point pour le coup qu'on travaillait déjà, mais en tout cas qu'on le fait aujourd'hui de manière différente. Et tu vois les échos que j'ai de ma head of sales, ça lui convient parfaitement. Elle bosse, ma PMM est une femme, mais elle bosse vraiment super bien toutes les deux. Et donc dans la création des outils d'aide à la vente, notamment des plaquettes de démo, etc. Vraiment, ça se fait de manière hyper fluide. Moi, j'ai ma PMM qui monte aussi sur des sessions de training, de coaching, des sales pour avoir des discours, être sûr qu'on soit OK. Vraiment, on travaille main dans la main. Et donc, dans les principaux bénéfices que moi, j'en observe, le plus fort et le plus aujourd'hui que je détecte le mieux, c'est vraiment l'alignement interéquipe, mais notamment sales marketing, qui vraiment, ça a été un accélérateur parce que moi, pour le coup, on a vraiment des... des rituels, des points d'alignement avec MyAidOfSales, mais le fait d'avoir quelqu'un opérationnellement qui soit aussi dans cette approche d'alignement, ça a été game changer vraiment pour nous. Les autres bénéfices que je vois, je dirais, effectivement, je te disais, mais des lancements un peu structurés. Donc maintenant, on arrive à appuyer sur un bouton tous en même temps et à se dire, OK, c'est online, c'est cool. La clarté du discours, ça, c'est clair. Et comme je te disais, en plus, on était sur un contexte de marché un peu plus illisible, en tout cas. Et donc, on avait une vraie nécessité de réaffirmer notre proposition de valeur, d'être vu comme un must-have, etc. Et donc, ça, il fallait qu'on soit hyper fort dessus, hyper strong. Et pour le coup, ça a été beaucoup travaillé aussi avec la personne qui gère la marque chez moi pour être sûre qu'on soit vraiment alignés. Mais voilà, la clarté du discours est hyper intéressante. Et aussi, tout ce qui est écoute client, parce qu'en fait, on le faisait peu par manque de temps, de ressources, etc. Mais elle, elle a vraiment été faire des interviews exploratoires. à la vraiment écouter, tu vois, ce que nos clients pouvaient... pouvaient nous dire. Ça a permis en plus derrière de délivrer des témoignages, etc. Mais en tout cas, sur le principe, je pense que de ce point de vue-là aussi, c'est hyper vertueux. Donc, pas mal de bénéfices déjà observés en quelques mois. Donc, c'est hyper cool.
- Carlota
Ce qui est super intéressant aussi chez TrainMe, c'est que vous êtes vraiment une entreprise de service. Et justement, le produit n'est pas forcément ce que tu disais, le plus mis en avant. Enfin, vous ne vendez pas un produit, vous vendez le service que permet ce produit. Du coup, je serais curieuse d'en savoir plus sur la collaboration que la PMM ou même le marketing peut avoir avec l'équipe produit.
- Olivia
Effectivement, en tout cas à date, pour nous, le produit n'est pas la star, mais c'est un support à l'expérience globalement. Donc, dans ce contexte-là, forcément que le storytelling prend le pas. Pour moi, le PM et le PMM, ils ont vraiment des rôles qui sont complémentaires et encore plus chez Trenmy. dans le sens où le PM traduit un problème fonctionnel qu'il cherche à résoudre, là où le PMM est plutôt sur l'aspect un peu plus émotionnel, autour du récit, etc. On va être nous vraiment sur la définition d'une promesse émotionnelle, de la proposition de valeur encore une fois. Pareil, le PM va être vraiment sur tout ce qui est autour des feedbacks un peu terrain, donc très liés. aux produits, etc., qu'on retranscrit dans des features. Mais le PMM, lui, va plutôt être sur du feedback marché. Donc, en fait, c'est hyper vertueux parce qu'on fait, notamment dans les discoveries, on fait matcher des retours très terrains avec du marché et, en fait, on obtient un petit peu, normalement, la potion magique. Donc, ça, c'est hyper cool. Et puis, là où le PM, il va être vraiment sur la délivrerie un peu technique, le PMM, lui, il va vraiment assurer le go-to-market. Tu vois, nous, je sais que ça a été souvent le cas à... ou par exemple, notamment en com, il y avait des manqués sur la valorisation de certaines features, sur des choses qui pouvaient être communiquées auprès de nos clients, de nos utilisateurs ou même à l'externe. Et vraiment, ce PMM-là, il est là aussi pour, j'ai envie de dire, entretenir un peu la visibilité de ce qu'on fait côté produit et permettre aussi que ce soit beaucoup plus visible, valorisé, même côté sales, parce que finalement, il y avait aussi un sujet de le sales et comment il valorise notre plateforme. C'est un support, c'est important pour nos... pour nos clients, comme on arrive aussi à créer un discours autour de ça. Donc, ça a permis aussi de quelque part de rendre un peu plus visible tout ce qui est fait pour la partie produit, je pense.
- Carlota
Et du coup, dans la collab, finalement, ça s'est aussi fait de façon assez naturelle. Est-ce qu'il y a eu, tu disais juste avant, qu'il y avait un peu peut-être des peurs de remplacer ou de dire, on se marche dessus. Est-ce que ça s'est, dans la vraie vie, du coup, là, ça s'est fait plutôt… bien ou il y a eu des enjeux de dire ok bah en fait là on se marche dessus ou qui prend quoi ?
- Olivia
Je pense qu'effectivement il y a eu des craintes au départ ça c'est sûr, plutôt parce que encore une fois quand on connait mal le rôle d'un PMM, tout de suite Product Marketing Manager par rapport à un Product Marketer ça fait toujours peur parce que ne serait-ce que les individus de poste sont hyper proches donc forcément voilà et puis parce que parfois le PM a ce rôle de PMM autant que le PM parfois a un rôle de PO ça dépend aussi des boîtes donc je pense qu'il y avait un peu de peur finalement ça s'est fait de manière assez fluide mais aussi je pense que ça fait partie un peu des soft skills que je recherchais mais j'ai accruté une personne qui je pense je la valorise un petit peu elle sera contente si elle écoute le podcast mais en tout cas elle a eu la bonne approche de se dire en fait moi je suis là pour co-construire je vais pas imposer les choses je vais évangéliser aussi sur ce qui est mon métier montrer la complémentarité et elle l'a fait de manière plutôt douce tu vois Beaucoup dans l'écoute au départ, un peu en observation de comment ça fonctionnait, etc. Et puis après, à vouloir et à pouvoir justement plus se mettre dans certains sujets, montrer sa valeur ajoutée, etc. Ça s'est fait un peu petit à petit et finalement assez rapidement aussi parce que mine de rien, elle est arrivée il y a six mois à peine dans l'entreprise. Donc bien sûr qu'il y a eu des craintes, mais je pense qu'elles ont été assez rapidement balayées. Et puis, c'est pareil, on a aussi... rassurer, clarifier les rôles, les responsabilités, les périmètres de chacun. Et de manière assez fluide, ça s'est fait.
- Carlota
Et côté marketing, avec l'équipe, comment le split des responsabilités s'est fait ? Est-ce que ça s'est fait de façon… facile, naturel ou au contraire, il y a eu aussi quelques sujets à aborder là-dedans ?
- Olivia
Oui, il y a eu des sujets à aborder, ça c'est sûr. Et parce qu'en plus, il y a les rôles et les responsabilités dans l'entreprise. Il y a aussi, on arrive tous avec notre background, ce qu'on sait faire, etc. qui est parfois plus large ou un peu différent, etc. Donc bien sûr qu'il y a eu des ajustements à faire. Moi, ce que je dis souvent à ma PMM, c'est qu'aujourd'hui, je ne l'attends pas sur... l'envergure de son poste, mais plutôt sur la profondeur, d'aller vraiment au fond des sujets, etc. Mais en tout cas, aujourd'hui, les choses sont beaucoup plus claires. Elles collaborent beaucoup mieux avec la partie contenue, notamment, pour avoir des assets qui soient vraiment orientés plus bénéfices. Sur la partie brand, il y a eu des sujets aussi, parce que quand on retravaille une proposition de valeur, ça touche souvent le positionnement, ça touche souvent le discours. Donc du coup, la partie brand, c'est la partie brand, donc c'est elle qui porte aussi le discours de marque, etc. Donc il a fallu vraiment... pareil, se mettre autour d'une table, co-construire les choses et pas les imposer. Il y a eu aussi tout un travail à ce niveau-là, mais pour assurer globalement la cohérence. Ça a été des petits paramètres à ajuster à différents niveaux pour être sûr que tout le monde trouve bien sa place. Pareil sur les go-to-market. Il y a un go-to-market à assurer. Il y a des leviers qui sont gérés par le PMM. Il y a d'autres leviers qui sont gérés par d'autres personnes. Comment on fait en sorte que les autres personnes aient le bon niveau d'information, que ça avance bien ? Encore une fois, c'était des nouveaux process, des nouvelles façons de fonctionner. Donc, ça a été quelques ajustements, notamment parce que c'était nouveau, notamment aussi parce que, tu vois, en cinq mois, on a fait beaucoup de choses. Donc, ça a été aussi très rapide. L'adoption de ce nouveau rôle, de ce nouveau poste, a dû être rapide aussi. On a très vite sorti des choses sur nos offres, etc., avec des gouttes au mercat derrière. Donc, il fallait aussi, il y avait cette nécessité d'urgence un petit peu. Donc, finalement, je suis assez satisfaite. Ça s'est plutôt bien fait. Et mine de rien, il n'y a pas eu de couac, etc. Tout le monde a bien trouvé sa place. Je pense qu'en parlant et en échangeant, c'est toujours plus fluide.
- Carlota
C'est vrai que souvent, ça vient d'un manque de communication ou de compréhension quand il y a ces sujets-là. Et juste une réunion, un appel, peu importe, mais cette écoute active, au départ, je pense qu'il fait toute la différence. Oui,
- Olivia
il y a eu un rôle. Il y a eu un... Je pense, moi, en tant que manager, rappeler le périmètre, les rôles et responsabilités de chacun, où est-ce que je les attends, etc. Derrière, qu'ils se parlent de manière beaucoup plus fluide, qu'ils comprennent aussi les attentes des uns des autres ou les contraintes des uns des autres, etc. Et puis, une fois qu'on s'est dit tout ça, ça roule. Mais effectivement, je pense que l'échange est hyper important.
- Carlota
Et est-ce que vous avez réfléchi à la mesure de l'impact du PMM ? Je te pose la question parce que c'est une grosse question qui revient très souvent sur comment on mesure l'impact. Est-ce qu'il faut que le PMM soit aussi objectivé sur du revenu, par exemple ? Il y a toutes ces questions-là. Est-ce que toi aussi, tu te les as posées ? Et si oui, quel est ton avis sur la question ? Quelles sont tes réflexions ?
- Olivia
Alors, je me la suis posée oui et non. On me l'a surtout posée, pour tout te dire. Je défends en tout cas le volet revenu et le fait que tout le monde soit objectivé sur le revenu parce que je pense que tout le monde contribue, même si c'est de près ou de loin, de manière plus ou moins directe au revenu de l'entreprise. Et pour moi, ça fait partie de la perf et c'est hyper important. Mais oui, bien sûr qu'il y a eu ce sujet de comment on montre la valeur et le ROI finalement de ce type de poste. Moi, j'ai beaucoup défendu le fait qu'effectivement, il y avait parfois une mesure de la valeur qui était en tout cas que les bénéfices étaient parfois un peu intangibles ou invisibles en tout cas. Et que ce n'est pas pour ça que ça n'apportait pas de la valeur. Et notamment parce qu'un PMM, globalement, ça travaille sur des preuves sociales. Et nous, tu vois, chez Trenmy, on était un petit peu en manque de preuves sociales, de use case, de témoignages, etc. En fait, on avait plein de clients, il y avait plein de choses à raconter, mais en fait, on n'avait personne pour les administrer. Et donc, de manière assez concrète, tu vois, on a commencé à monter plein de témoignages, etc. qui, derrière, ont été aussi diffusés de manière différente, etc. Et donc ça, ça a permis sur de l'adds pur et dur ou sur des séquences sales, etc., de pouvoir, tu vois, adresser des volets un peu plus perf. Ça a été le cas également, tu vois, nous, encore une fois, moi, ma PMM, elle est arrivée dans un contexte d'entreprise où on a revu l'offre et derrière tout le discours, toute la proposition de valeur, j'ai envie de dire. Et en fait, très vite...
- Carlota
on s'est rendu compte de l'impact que ça avait sur les... Et cet alignement avec les sales, de l'impact que ça avait de manière très concrète sur la transfo côté sales, parce qu'en fait, elle était vraiment derrière avec les team leads, etc., pour travailler le discours, les coachings, etc. Donc en fait, c'était très opérationnellement, OK, ça maximise le taux de transfo ou les renews, etc. Et on arrive à obtenir quelque chose. Je dirais ce niveau-là. Après, c'est vrai que c'est un peu le même sujet que moi, je peux avoir, par exemple, avec ma chargée de MarketCom, Parce que pareil... C'est assez lointain et donc souvent, on me dit comment ça permet la perf. La brande permet la perf, j'en suis convaincue et je défendrai toujours bête et méchant ça. La brande permet la perf autant que la brande permet l'acquisition. C'est juste plus long-termiste et c'est un petit peu le même sujet sur le PMM. Ça y contribue très fortement parce qu'aujourd'hui, j'en suis convaincue et je pense que dans ma boîte, on l'a vu très rapidement, que s'il n'y avait pas eu de PMM, il n'y aurait pas eu cet alignement, cette cohérence narrative, ce discours sales renforcé. Et donc, in fine, certainement moins de transfos, moins d'efficacité, en tout cas côté sales, parce qu'on est assez convaincus que si on n'avait pas, de manière très concrète, écouté nos clients, aujourd'hui, je n'aurais pas des personas aussi bien définis. Et derrière, des stratégies de prospection qui fonctionnent aussi bien parce que j'ai mes personas qui sont bien définies et mes ICP qui sont bien définis. C'est aussi tout ce travail en amont qui est nécessaire à la structuration. d'autres choses, notamment sur les salles de prospection.
- Olivia
Tu disais au départ, justement, qu'il y a vraiment eu un moment où tu t'es dit, OK, là, il y a besoin d'un PMM. Est-ce que ça aurait changé quelque chose de le recruter plus tôt ? Je te pose la question, parce qu'il y a vraiment toujours cette notion de, est-ce qu'il y a un moment clé dans la maturité de recruter un PMM ? Est-ce qu'il faut recruter dès le départ ou attendre ? Est-ce que tu as un avis là-dessus ? C'est un peu dur, il faut se projeter. Mais est-ce que tu arriverais à avoir une réponse là-dessus ?
- Carlota
Alors oui, il aurait fallu avoir ce type de profil-là, en tout cas dans le cadre de Train.me, plus tôt. Pourquoi ? Un peu pour tout ce que je viens de te dire. Pour moi, typiquement, des écoutes clients ou des écoutes marché qui te permettent de définir quels sont tes six prioritaires, quel est le bon positionnement, quelle est ta proposition de valeur et tout, c'est la base des bases. c'est-à-dire que c'est ta base sur laquelle tu vas monter ta prospection, c'est ta base sur laquelle tu vas monter ton discours sales, c'est la base. Donc évidemment qu'il aurait fallu avoir cette base dès le départ, ça n'a pas été le cas, ça a quand même très bien fonctionné. Mais en tout cas, nous, dans un contexte de marché qui était plus tendu, ça devenait juste incontournable d'y aller pour raffirmer et retrouver cette cohérence-là. notamment parce qu'en plus la boîte grossit, donc en fait il y a un moment où forcément les discours sont plus dispersés, donc il y avait vraiment une nécessité de retrouver ça. Mais bien sûr que moi souvent je l'ai dit et j'aurais aimé pouvoir adresser moi-même le sujet opérationnellement dès le départ, mais je l'ai dit très souvent, il me faut des ciblages, il me faut des ICP, il me faut des personas, etc. Donc il y avait vraiment ce sujet-là. Il y avait un sujet sur le niveau de l'offre aussi, je ne vais pas mentir, moi quand je suis arrivée chez Train.me, Le business model, on vendait de l'humain et du sur-mesure, ce qui est juste le contraire de la scalabilité, globalement. Donc, très vite, j'ai dit, OK, comment on rend tout ça scalable ? Et donc, il y avait un vrai sujet autour de l'offre. Encore une fois, il fallait rationaliser notre offre. Aujourd'hui, on est sur de l'offre un peu plus packagée, etc. Bref, il fallait la rationaliser pour amener cette scalabilité. Alors, la scalabilité, on l'a fait aujourd'hui. On aurait pu la commencer et la préparer, en tout cas, bien plus en amont. Mais voilà, il y a un vrai sujet. Donc, nous, typiquement, chez Trami, on aurait pu complètement, et ça aurait été bénéfique, je pense, d'avoir un PMM un petit peu plus tôt pour assurer très rapidement cette cohérence, cette bonne définition de cible ou des attentes, cette bonne définition de l'offre, cette bonne proposition de valeur aussi. Tu vois, moi, on m'artelait beaucoup, typiquement, comme on n'était pas un avantage salarié, comme certains nos concitoyens. concurrents, on voulait surtout pas être ça, on voulait vraiment être un must-have et se dire que nos programmes sport, bien-être en entreprise, ça a un impact, ça a un vrai impact sur la productivité, le nombre d'arrêts maladie, le turnover, etc., qui est en plus difficilement mesurable. Et en fait, ça, c'était ce qu'on martelait en com et qu'en fait, quand on interrogeait nos clients à côté, on se rendait compte qu'eux, en fait, ils nous disaient « bah, vous êtes un avantage salarié » . Donc, on était là et donc, toi, très vite, tu te dis « ouais, vraiment, il nous faut un PMM, parce que là, il y a un sujet de discours, donc vraiment, tu vois, c'est... » Bien sûr que j'aurais aimé que toute cette cohérence-là arrive bien au départ et qu'on arrive tout de suite sur le marché. Mais ça se fait comme ça et finalement... On en reparlera, mais là, Train.me entame un nouveau virage, on va dire. Et ça se fait au moment de ce nouveau virage. Et c'est finalement plutôt fluide et assez logique.
- Olivia
J'aimerais bien faire un petit focus sur la partie recrutement. On en a parlé un petit peu tout à l'heure, mais qu'on rentre vraiment plus dans le détail de comment s'est passé le recrutement. Parce qu'il y a aussi beaucoup cette question de la communauté, de comment on arrive à recruter un profil PMM. Est-ce que tu peux nous expliquer, toi, comment... Quel a été le process de j'envoie la fiche de poste jusqu'à je recrute et j'ai trouvé la personne idéale ?
- Carlota
On a mis un petit peu de temps, c'est très mis. Déjà, comme je te disais, parce que je voulais un vrai profil marketing. Et ensuite, parce que je ne voulais pas me tromper. Donc, on a aussi pris le temps et on a vu quelques profils, etc. Le recrutement du début du lancement de l'offre d'emploi. jusqu'à vraiment l'arrivée de la personne dans mon équipe, on a mis sept mois. Alors, nos process de recrutement sont très courts, mais c'est juste que vraiment, on a pris le temps de trouver quelqu'un qui correspondait, bien sûr, à la culture d'entreprise déjà, parce qu'on est hyper attachés à ça chez Trenmy, mais aussi qui ait le bon niveau, tu vois, de hard skills qu'on voulait, mais aussi de soft. On avait vraiment... On a aussi beaucoup misé sur le soft. Moi, j'avais aussi un enjeu de senioriser un peu l'équipe, de manière complètement concrète, de franchir un cap aussi. Donc, j'avais besoin d'une personne qui soit un peu capée aussi. Chez Tremi, on a des process qui sont relativement courts. On a du pré-qualif avec une RH, on a un entretien ensuite en présentiel. Et puis, souvent, on a une étude de cas. Et dans l'étude de cas, c'est là où moi, je teste pas mal de choses au-delà de ce que la personne peut me dire en entretien. Mais de manière complètement concrète, déjà, je voulais vraiment... c'est unier que la personne comprenne bien ce qu'on vend. Encore une fois, on est une boîte B2B, on vend du service, on vend pas du produit. Le produit en tant que tel, digital, est un support à l'expérience humaine, etc. Donc ça, il fallait que la personne l'ait compris, tu vois, et c'est pas toujours évident. Bien sûr, il y avait des questions de méthode de go-to-market, de plumes, de storytelling, etc., qu'on a testées. Et puis, il y avait vraiment ce sujet de comment embarquer les autres avec elles. sans imposer, mais comment évangéliser, comment embarquer les autres, ça c'était hyper important et puis bien sûr tout ce qui est autour des enjeux business qu'il fallait forcément avoir moi vraiment je cherchais vraiment un profil justement comme on se le disait parce que c'est des missions qui sont plus difficilement mesurables ou qui sont plus long termistes sur le ROI ou plus éloignées du revenu par exemple il me fallait quelqu'un qui soit véritablement orienté business. Et tu vois, sur le profil que j'ai trouvé de la personne, comme je te disais, elle vient plutôt du produit et du B2C, mais au-delà de ça, elle a aussi une aventure entrepreneuriale. Donc forcément, elle est vraiment très orientée résultat, ce qui est très, très bien.
- Olivia
Et du coup, l'étude de cas, justement, comment tu as testé que ce soit la partie value prop, la partie plume, dont tu parlais un peu storytelling ? Donner un exemple d'un lancement qui arrive et comment tu t'en occuperais, c'est quelque chose comme ça ?
- Carlota
C'était exactement ça. Alors, à tant que je me souvienne bien, à l'époque, je l'ai testé. Alors, nous, on a des opérations commerciales tous les ans chez Train.me. J'ai testé justement effectivement sur une opération commerciale qu'il fallait et monter et mettre en marché. Donc il y avait effectivement en gros comment tu t'y prendrais pour mettre en place cette opération, comment tu organises ton go-to-market, est-ce que tu peux m'écrire justement tout le storytelling autour de cette opération, etc. J'avais un sujet de effectivement quel KPI tu suis, etc. Un sujet justement pour tester un peu la pétance avec le PM, plutôt autour parce que notre opération commerciale, bref, c'est un challenge, le sport, l'entreprise, etc. Donc, c'était aussi comment tu travailles avec le PM pour la mise en place de cette opération, qu'est-ce que tu as l'habitude de faire, enfin voilà. On l'a un peu contextualisé autour de ça.
- Olivia
Et c'était en direct ou c'était quelque chose à préparer après une présentation ?
- Carlota
Exactement. Nous, c'est plutôt des études de cas. En tout cas, côté marketing, c'est plutôt... Côté marketing, c'est hors, in et out, parce que c'est des études de cas un peu particuliers et pour le coup, on est plutôt en direct. Mais côté PMM, c'est plutôt l'envoi. En gros, on lui envoie l'étude de cas. Ils ont environ 4-5 jours pour préparer. Après, on fait une récite vraiment en direct. Vraiment, l'idée étant qu'ils nous présentent vraiment ce qu'ils ont. ce qu'ils ont fait, leurs réflexions, parce que forcément, on n'évalue pas tant le rendu et la réponse que plutôt la réflexion qu'il y a derrière, etc. C'était vraiment une restitution en présentiel. Et après, nous, chez TrainMe, on aime bien faire un petit entretien de fit. Encore une fois, la culture est importante. Et donc, généralement, on fait des entretiens de fit avec des personnes avec qui on va être amené à travailler en interaction de manière assez récurrente. et pas forcément au sein du même pôle. Il me semble que moi, je l'avais fait rencontrer un sales, si je me souviens bien.
- Olivia
Merci pour toutes ces explications, et j'ai des dernières questions à te poser, plutôt retour d'expérience, en tout cas réflexion, tu vois, pour des CMO qui pourraient nous écouter, ou même des CEO, CPO, peu importe, mais en tout cas des personnes qui hésitent aujourd'hui à recruter un profil PMM. un premier profil PMM, est-ce que tu aurais un conseil à donner justement sur la réflexion à avoir ?
- Carlota
Un conseil à donner ? Il faut le faire. Non, il faut le faire. Ça a été, comme je le disais encore une fois, hyper game changer pour nous, mais notamment sur l'alignement de toutes les équipes, même avec un seul PMM, vraiment. Par contre, j'insiste sur le fait qu'il ne faut pas en faire juste un exécutant marketing. Pour moi, c'est un vrai pont stratégique, c'est un accélérateur, c'est un... fluidificateur, une fois encore. Et donc, il faut vraiment lui donner la bonne position pour qu'il puisse lui, entre guillemets, bien fonctionner.
- Olivia
Et justement, cette bonne position, comment est-ce qu'on met bien dans le bain un PMM quand il arrive ?
- Carlota
C'est un peu ce que je te disais, c'est bien lui donner son terrain de jeu, j'ai envie de dire. Donc, être assez clair sur quel est son périmètre, là où il commence, là où il s'arrête. Et je pense aussi l'exposer assez rapidement non. aux clients, aux users et au retour un peu de terrain pour nourrir sa réflexion. Après, si c'est un bon PMM, il le demandera de lui-même. Mais je pense qu'assez rapidement, c'est bien qu'il soit tout de suite dans le bain, sur le terrain, très très vite. En plus, ça fait partie aussi des process chez Trendme. Mais tu vois, on organise des vies-ma-vie. Donc, beaucoup de vies-ma-vie avec les sales, avec la partie CSM qui s'occupe des clients, avec le produit pour comprendre comment il fonctionne. Et puis derrière, pas mal d'interviews exploratoires, notamment avec nos... avec nos clients, nos utilisateurs, pareil, pour comprendre leur feedback. Enfin, voilà, vraiment le mettre au contact tout de suite du marché, je pense que c'est hyper important.
- Olivia
Et il y a quelque chose que tu ferais différemment ?
- Carlota
Oui, je te l'ai dit un petit peu, je pense que je l'aurais recruté plus vite, plutôt. Oui, parce que c'est un rôle aujourd'hui qui est, même si je fais en sorte et j'essaie que tous les métiers chez Train.me aient ce rôle transverse. De manière assez limpide, c'est quand même, je pense, le rôle le plus transverse et un peu la clé aussi d'alignement de tous nos pôles sur plein de sujets. C'est vraiment un rôle de pivot qui va faire converger tout le monde dans la même direction. Et ça, c'est hyper confortable, j'ai envie de dire. Et je pense que ça fait grandir l'entreprise, ça l'amène à un step un peu différent aussi et ça permet vraiment que tout soit hyper cohérent. tu vois là où quand je suis arrivée en 2023 on était comme je te disais assez silotés ça assure vraiment pas mal de transversalité et donc ça roule merci
- Olivia
Olivia pour ce retour d'expérience c'était hyper intéressant et j'ai trois dernières questions pour la fin que je pose à tout le monde est-ce que t'aimerais que j'interviewe une personne en particulier ou que je parle d'un sujet en particulier
- Carlota
Effectivement, moi je pense à deux secteurs, la santé potentiellement, mais aussi, et ça c'est lié un peu à moi, mon background, mais moi qui viens d'un secteur bancaire et qui ai beaucoup bossé avec des PMM, des PM du secteur bancaire ou de la fintech, je trouve que le sujet de comment on vulgarise des sujets qui sont hyper complexes, ou dans le cas de la banque, comment on vulgarise des sujets d'argent quand on sait en France toute la... la culture et la réticence à parler d'argent en France en tout cas, c'est ça qui est hyper intéressant et donc je trouve que ce serait intéressant d'avoir des retours d'expérience à ce niveau-là.
- Olivia
Est-ce que tu recommandes des ressources en particulier ?
- Carlota
Oui, j'en ai une que j'ai lue il y a longtemps, donc là c'est une formation que j'avais faite, bref, qui s'appelle Obviously Awesome d'April Dunford, qui remet pas mal, enfin une grosse définition en tout cas sur ce qu'est le positionnement de produits. qui explique qu'effectivement, ce n'est pas juste un exercice marketing, mais un levier stratégique, c'est un peu ce que je te disais. Et puis, qui apporte en tout cas un éclairage sur l'impact du contexte sur un produit, sur un lancement de produit, l'idée d'être. globalement, au bon moment, au bon endroit, etc.
- Olivia
Je pense que s'il y a un livre à lire, c'est clair que c'est pas difficile. Oui, pour moi, c'est le...
- Carlota
Il est facile à lire. C'est le basique, ouais. Il n'est pas très long. Non, non, c'est clair.
- Olivia
Et puis, elle a fait un livre, je ne sais pas si tu l'as lu, Cell Speech, qui est un peu la suite, où justement, elle rentre un peu plus dans le détail sur comment passer du positionnement un peu théorique à un Cell Speech à la pratique, ouais. Ouais, ouais,
- Carlota
ouais. Je ne l'ai pas lu, mais j'en ai entendu parler.
- Olivia
Enfin, où est-ce que les auditeurs peuvent te contacter ?
- Carlota
Sur LinkedIn, je ne suis pas hyper active, mais en tout cas, j'y vais tous les jours un petit peu. Donc, avec plaisir pour échanger sur LinkedIn.
- Olivia
Merci encore Olivia pour ton temps et je te dis à bientôt.
- Carlota
À très vite.
- Olivia
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si l'épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager sur LinkedIn en me taguant. Tu peux aussi me soutenir en laissant un avis 5 étoiles sur Apple Podcasts et me laisser un commentaire. Ton aide est précieuse pour m'aider à faire connaître Product Marketing Stories et aussi m'encourager à créer davantage de contenu. Alors merci !