- Speaker #0
Pourquoi vos utilisateurs sont déçus alors que votre produit tient ses promesses ? C'est souvent là que se cache le vrai problème, un décalage entre ce que vous racontez et ce que vos utilisateurs vivent réellement. Dans cet épisode, je reçois Hélène et Dorianne, qui travaillent main dans la main sur des sujets de product marketing et product design pour aider les entreprises à aligner promesses de vente, expérience utilisateur et adoption de produits. Ensemble, ils partagent leur approche terrain pour faire collaborer ces deux fonctions souvent silotées. Vous allez notamment découvrir Comment détecter les signaux faibles d'un désalignement entre Product Marketing et Product Design ? Pourquoi l'alignement entre Messaging et Expérience Produits est clé pour éviter frustration et churn ? Comment travailler l'onboarding, adoption et go-to-market en binôme PMM et Product Design ? Les erreurs fréquentes comme l'overpromising ou le storytelling non aligné entre les différentes équipes et leurs méthodes pour aligner Marketing, Produits et Design autour d'une même promesse.
- Speaker #1
C'est un épisode pour comprendre concrètement comment mieux collaborer avec le product design et créer une expérience cohérente de bout en bout qui favorise l'adoption sur le long terme. Bonne écoute !
- Speaker #0
Salut Dorian, salut Hélène, je suis super contente de vous avoir tous les deux au micro du podcast. Comment vous allez ?
- Speaker #2
Eh bien écoute, salut Carlotta, on est ravis aussi et on va super. On est d'autant plus ravis que ça fait longtemps qu'on se court après pour ce podcast, donc c'est trop bien.
- Speaker #1
Ouais, super content pour ce... Moi, en vrai, premier podcast, donc super excité aussi.
- Speaker #0
Pour commencer, une question qui ne devrait pas être trop compliquée, est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
- Speaker #2
Je m'appelle Hélène Chaumian, j'ai 20 ans de marketing derrière moi, toujours en B2B, quasiment tout le temps, soit chez un éditeur de logiciels, soit chez un éditeur de solutions digitales. Il y a 8 ans, j'ai fait le pari de me lancer à mon compte en créant 365° avec l'ambition d'accompagner des PME qui avaient besoin d'un renfort et de support en marketing. Mon background aidant et mon réseau aidant, je suis restée dans l'univers du soft. Au fur et à mesure que j'accompagnais mes clients, je constatais que le product marketing jouait un rôle de plus en plus essentiel. dans ces boîtes qui souvent étaient un peu sous-staffées en équipe marketing. Et comme j'avais cette appétence tech, et puis évidemment cette casquette marketing, en fait j'ai naturellement et petit à petit réorienté mes missions vers le marketing.
- Speaker #1
Et donc moi, Dorian, je suis breton d'origine, je suis arrivé à Paris il y a 10 ans. Ma carrière elle est de 10 ans, elle n'est pas de 20 ans comme Hélène. J'ai débuté ma carrière à Paris, un peu comme beaucoup de designers de ma génération, plutôt côté marketing, graphiste. C'est là où j'ai rencontré Hélène. Là où on travaillait, c'était un éditeur de logiciels, donc j'ai pris un virage sur la partie UX, UI, pour accompagner le développement du logiciel. Et après, je suis rentré en startup, là où j'ai vraiment pris la vraie casquette de product designer. Et voilà, mon objectif, c'est toujours d'accompagner les équipes produits dans la conception de leurs produits à travers les bonnes méthodes, les bonnes techniques, les bonnes approches. Toujours avec l'idée d'avoir une vision produit, d'amener un produit qui est utilisé et surtout qui a un impact business derrière.
- Speaker #0
Et j'adore parce que justement, le sujet d'aujourd'hui, c'est un sujet dont on parle très peu de la collaboration product marketing design. On parle toujours du product marketing et du product management. PMM Marketing, PMM CSM, PMM Sales, et puis on oublie le PMM et le Design. Donc voilà, aujourd'hui on met fin à ça. Et pour commencer notre discussion, j'aimerais bien savoir comment est-ce que votre collaboration a démarré et qu'est-ce qui vous a poussé du coup à travailler plus étroitement ensemble quand Hélène tu t'es lancée à ton compte avec 365° ?
- Speaker #1
Je vais commencer parce que c'est le début de l'histoire. Au début de l'histoire, je vous l'expliquais, quand je suis arrivé à Paris, pour mes études, je suis rentré dans une histoire de logiciel et la manager qui m'avait recruté à la base, la semaine où j'arrive, m'annonce qu'elle quitte l'entreprise.
- Speaker #2
Elle est sentie faite, je crois.
- Speaker #1
C'est sûr. Donc elle me dit, je m'en vais, je me retrouve seule en salle de réunion et là arrive Hélène qui du coup reprend le flambeau, elle qui n'était pas du tout dans le design, elle était plus dans le contenu et dans le branding. Et donc du coup, on a formé le studio chez ces éditeurs. Et en fait, très rapidement, pendant plusieurs années, on a formé un binôme hyper complémentaire. On était sur la même ligne, on avait des demandes, tout était clair. Enfin, c'était vraiment une complémentarité qui était complète. À un moment, Hélène m'a encore abandonné en plus de l'autre manager pour créer l'agence. Mais en fait, ça n'a pas duré trop longtemps parce que... Que ça soit chez l'éditeur ou la startup où j'ai été, j'avais la casquette de freelance en plus et j'accompagnais Hélène sur des missions avec 365°.
- Speaker #2
J'ai beau essayer de débarrasser de Dorian, mon empathie a pris le dessus. Et pendant toute cette période, on ne s'est jamais quitté. Quand on parlait, même sur une sphère plutôt privée, de nos jobs et de nos missions, et qu'on se racontait nos journées, on s'est rendu compte que nos expertises se nourrissaient mutuellement et que cette complémentarité apportait de la valeur. C'est-à-dire qu'on retournait le lendemain dans nos jobs respectifs et dans nos missions et en ayant enregistré ce que l'autre nous avait dit, On apportait un plus. Et quand Dorian m'a dit qu'il se posait la question de quitter la startup dans laquelle il bossait, en fait, ça a été le début de nos discussions. Mais on s'est rendu à l'évidence sur le fait que c'était le moment de s'associer pour apporter à nos clients cette valeur qu'on arrivait à créer en échangeant en continu. Et l'histoire a été lancée.
- Speaker #0
C'est ça. Du coup, vous pouvez nous... Dire un peu plus concrètement sur quel type de problématique, justement, ce binôme que vous formez, il apporte cette plus-value et même est nécessaire d'avoir fait toute la différence pour les entreprises que vous accompagnez.
- Speaker #1
En fait, à partir du moment où il y a un risque de gap entre ce qui va être promis et ce qui est vraiment vécu, typiquement, c'est un terrain de jeu qui est assez parfait pour le binôme product marketing et product design. Si on prend un peu de hauteur, elle est d'un point de vue plutôt macro. ce binôme et c'est ce qui a fait aujourd'hui aussi la raison de notre association. À nous deux, on apporte une vraie cohérence vraiment complète sur l'ensemble du cycle de vie du client, c'est-à-dire de l'acquisition jusqu'à la rétention. Quand on collabore, naturellement, on va travailler sur le parcours et on va gommer ces gaps entre bases, vraiment cette promesse et C'est la valeur qui est perçue par l'utilisateur.
- Speaker #2
Oui, peut-être que le premier exemple qu'on peut citer, c'est quand, par exemple, moi, je travaille plutôt sur un positionnement et sur une proposition de valeur et une messaging qui va avec. En fait, je ne vais pas bosser dans mon coin et à un moment sortir mon doc en disant, tiens Dorian, voilà ce que j'ai fait. En fait, à chaque étape de ce travail, je vais soumettre à Dorian l'avancement du travail. Et en fait, il va la challenger en permanence avec sa vision du parcours et sa vision du produit. Concrètement, j'ai un exemple qui me vient en tête. Si je mets en avant une fonctionnalité d'analyse de data, par exemple, mais que dans le produit, elle est planquée au fond d'un parcours utilisateur, le fait que moi, je la mette en avant dans le messaging, ça crée un gap énorme entre ce que le client imagine et ce qu'il va vraiment vivre. Et donc, quand on travaille ensemble là-dessus, On va retravailler sur le parcours pour ressortir cette fonctionnalité, si en effet elle est créée, ou moi je vais remettre en question le fait de mettre en avant cette fonctionnalité autant que ce que j'imaginais le faire. Et en fait, on aligne la promesse et l'expérience naturellement.
- Speaker #1
Là où on est très pertinent, le binôme est vraiment efficace aussi, c'est sur les sujets d'adoption. On en a fait un webinaire, mais c'est assez crucial dans le produit. Et en fait, on met un point d'honneur à travailler surtout avec les clients, c'est sur l'onboarding. Parce qu'en fait, l'onboarding, c'est le moment de vérité. C'est à ce moment-là où l'utilisateur va avoir l'effet waouh ou pas waouh, justement. Et c'est là où il va mettre les mains et découvrir pourquoi il a payé. Et en fait, si les premières fonctionnalités que l'utilisateur découvre, ça n'a rien à voir avec ce qu'on lui a vendu, c'est quand même très mal parti. Et quand on travaille comme ça tous les deux, on s'assure que l'expérience démarre au bon moment, de la bonne manière, mais surtout, elle suive le bon chemin.
- Speaker #2
Oui, alors dit comme ça, en effet, on a... J'ai plutôt l'impression que ça s'applique essentiellement à des modèles SaaS, mais en fait ça s'applique aussi à des solutions de sales-led avec un projet d'intégration parce que finalement le projet d'intégration, le démarrage du projet, c'est l'onboarding. Et le nombre de fois où on entend des responsables de projet dire « En fait, mon client tombe des nues quand je lui explique par quelle étape il va passer, qu'il comprend qu'en fait ce n'est pas du tout ce que le sales lui a raconté. » Ce travail-là, il faut qu'on le fasse aussi avec cette équipe d'intégration et cette équipe projet. Je pourrais peut-être citer aussi le GoToMarket, parce que quand on lance une fonctionnalité, on va aussi travailler ensemble, notamment pour marketer la fonctionnalité dans l'app. Il ne s'agit pas d'arriver avec des argumentaires, des pop-ups dans tous les sens, et dégrader finalement la qualité de l'UX et l'efficacité du parcours utilisateur. Donc si on ne travaille pas ensemble, En fait, on va se livrer des slides et des docs en disant je veux ci, je veux ça, alors qu'en construisant ensemble, on crée finalement... D'abord, un espèce de parcours d'acquisition dans l'app qui est bien foutu parce que tu as à la fois le market et à la fois le design qui s'en est mêlé, donc c'est fluide. Et puis, tu ne dégrades pas l'efficacité du parcours pour l'utilisateur existant qui n'est pas forcément directement concerné par la nouvelle feature. On apporte une valeur ajoutée ou en tout cas, on fluidifie la construction de ce go-to-market dans ce genre de cas.
- Speaker #1
Pour moi, là où le binôme a un rôle à jouer et est assez important, c'est sur la phase de discovery, où là, en fait, on voit bien, on est super complémentaires parce que quand on se concentre à comprendre le marché, à analyser le marché, c'est aussi comprendre l'utilisateur et ses besoins et ce qu'il lui faut pour continuer. Ce qu'on fait avec Hélène, c'est qu'on partage continuellement nos insights. Ça veut dire quoi ? En réalité, lorsqu'on fait des interviews, on les construit ensemble. On développe les questions ensemble de manière à optimiser et avoir le maximum d'insights pour nous servir pour le produit.
- Speaker #0
Finalement, la pelote de laine, on peut presque la tirer à l'infini dans la collaboration. Et est-ce que vous, par rapport à tous ces cas d'usage, vous détectez un peu des signaux faibles, un peu qui vous alertent quand vous travaillez avec des entreprises, ou même quand vous, vous avez une expérience d'utilisation d'un produit ? où vous dites, là, il y a en effet un problème d'alignement entre marketing, produit, expérience utilisateur ?
- Speaker #2
Oui, en effet, le premier signal, c'est propre aussi au fait qu'on arrive avec un regard extérieur et qu'on démarre des missions externalisées. Mais à chaque fois qu'on démarre une mission, on commence toujours par une phase d'immersion, avec un mini-audit qu'on s'oblige à mener en parallèle. C'est-à-dire que... Moi de mon côté je vais faire un mini audit, un petit diagnostic marketing où je vais poncer les supports de vente, poncer les contenus, le site, comprendre la concurrence etc. pour me faire mon petit audit de mon côté.
- Speaker #1
Moi de mon côté je prends toujours un prisme plutôt fonctionnel, expérience et parcours produit pour être capable de moi me faire ce diagnostic là. Et une fois qu'on a fait nos deux diagnostics, on les confronte. pour voir vraiment ce qu'on a compris, retenu, les problèmes et autres. En fait, en général, on se rend bien compte que l'histoire, ce n'est pas vraiment la même chose. Ce n'est pas vraiment très aligné.
- Speaker #2
Oui, en fait, le premier signal, tu vas lui mettre la puce à l'oreille. Et je dirais que le deuxième signal, en fait, c'est la confirmation. C'est-à-dire que quand on a fait cet audit et qu'on s'est dit, tiens, là-dessus, c'est marrant qu'on n'ait pas compris la même chose, on va aller interviewer les sales, le marketing, le CSM, le produit. Et quand on va leur demander, par exemple, De citer les trois bénéfices du produit et que finalement tu as autant de tiercés que de personnes interrogées, là aussi c'est un marqueur. Quand je parle des bénéfices produits, on peut élargir l'asie des questions et souvent on s'aperçoit qu'il y a des décalages selon le job et selon la mission.
- Speaker #1
En fait les KPIs ne trahissent jamais, c'est-à-dire que quand le churn, l'adoption ou les NPS sont plutôt dans le négatif, Bah, surtout on ne sait pas dire pourquoi, ça montre qu'il y a un problème.
- Speaker #2
Souvent, il faut en effet se poser la question de finalement ce problème, est-ce qu'il ne vient pas du fait qu'entre ce qu'on dit et ce qu'on montre, il n'y a pas un décalage en fait. Et je rajouterais peut-être un quatrième point, c'est les retours clients. Évidemment, c'est souvent la vérité. Mais surtout des retours clients qui montrent de la déception. Tu ne vois pas juste un feedback sur des bugs, mais quand les remontées auprès des CSM ou des équipes projet ou du support montrent en fait de la déception à l'usage du produit, là aussi cette déception, elle vient forcément d'une promesse qui n'est pas alignée avec ce qu'ils trouvent. Donc voilà, quand tu réunis ces quatre signaux, c'est qu'il faut nous appuyer en fait, je crois que c'est ça.
- Speaker #0
Là, en vous écoutant parler, je me posais la question, est-ce que, justement, c'est souvent les entreprises qui vous contactent ont déjà un peu, justement, ces signaux faibles qui vous appellent en disant, « Ok, je pense qu'il y a un problème » , ou c'est vous qui vraiment permettez aussi d'ouvrir les yeux, entre guillemets, sur ces problèmes-là ?
- Speaker #2
En réalité, on ne nous appelle pas forcément pour nous dire « Oh là là, il y a un décalage entre la promesse et ce qui se passe dans le produit » . Et quand ils le détectent, souvent, en fait, ils essaient de le régler d'abord en interne. Par contre, on vient plutôt nous interroger typiquement sur ces petits audits, justement, pour avoir un regard extérieur. On pense notamment à des moments où il y a des projets de repositionnement ou un projet de développement. de manière nouvelle d'une nouvelle app ou d'un complément de solution. Souvent, on revient un peu en arrière, on fait un peu de rétropédage en disant « Ah, là, ce qu'on constate, c'est qu'en effet, il y a peut-être déjà un alignement à imaginer. » Ça ne veut pas dire qu'on le règle en quelques semaines. Il y a des choses qui doivent s'intégrer dans la roadmap et sur du plus long terme. Déjà, on est capable de mener quelques ajustements et valider que ça a un impact sur les différents signaux que nous, on aura détectés auprès d'elle.
- Speaker #0
Justement, ce que je vous propose, c'est de rentrer un peu dans le détail de trois thématiques clés où la collaboration product marketing, product design fait toute la différence. Et si ça vous va, pour chaque thématique, on va un peu entrer dans le détail de quel est le problème, le use case, et ensuite que vous puissiez apporter un peu la solution, comment justement cette collaboration, elle prend forme et les bénéfices. On va parler de trois choses. La survente, donc justement cette différence entre promesse et après réalité. Deuxième sur un sujet plutôt de storytelling. Et enfin, le dernier sujet dont tu as déjà parlé un petit peu Doriane, sur l'adoption.
- Speaker #1
La survente, c'est un cas assez classique. C'est le moment où tu te retrouves en réunion client, enfin plutôt prospect, et en fait, tu as le prospect qui demande une fonctionnalité, et le commercial qui dit « bah oui, il n'y a pas de souci » . Et en fait, derrière, elle n'est pas du tout présente. Et là, en fait, à partir du moment où on fait ça, quand l'utilisateur va utiliser le produit, il ne va pas trouver cette fonctionnalité, là, il y a un gros problème.
- Speaker #2
Je prends un exemple concret. on a bossé sur un SaaS qui mettait en avant le pilotage en temps réel d'équipe EIS financiers. La promesse était évidemment hyper intéressante. Ça tombait bien, elle était alignée avec les attentes du marché, donc d'autant plus intéressante qu'elle répondait aux besoins de la cible. Sauf que quand on arrivait dans l'app, il fallait cliquer dans trois menus. C'était un vrai parcours du combattant pour trouver ce fameux dashboard. Et quand l'utilisateur le trouvait, c'était un peu un coup de bol. Et forcément, ce que l'éditeur constatait, c'était qu'il y avait énormément de frustration chez les utilisateurs parce qu'ils attendaient cette fonctionnalité. Et donc, la conséquence, c'était que les NPS étaient vraiment pas bons et que le support était hyper sollicité sur ces sujets. Ils avaient des tickets dans tous les sens sur comment je trouve mon dashboard, comment je le construis, je ne comprends pas. on s'est attaqué à... A cette problématique, en fait par les deux faces, on a d'un côté isolé la promesse en question pour essayer de la re-challenger. L'objectif c'était en effet de valider qu'elle correspondait bien à ce que le produit propose, qu'elle correspondait bien à ce que la cible attendait, et valider qu'elle était différenciante pour confirmer qu'il fallait vraiment la mettre dans les éléments clés. Et puis on a un peu optimisé la formulation justement pour réajuster un petit peu tout ça.
- Speaker #1
Pour le coup, on a retravaillé le parcours de manière à ce que ce dashboard qui était primordial soit visible dès l'onboarding. On revient toujours à l'onboarding. Et à Paris, directement sur la home, on a retravaillé le wording aussi pour reformuler quelques CTR, pour que les actions finalement soient plus claires et aussi le wording de certains écrans. Une fois qu'on a effectué toutes ces tâches, on a refait le point avec les équipes. Et du coup, les CSM, le support, nous ont bien expliqué. Ils étaient, pour le coup, très soulagés. Et en fait, finalement, on avait réussi à transformer la promesse en preuve.
- Speaker #0
Quand on est dedans, en plus, on ne s'en rend pas forcément compte. C'est une chose parmi mille autres fonctionnalités. Et parfois, aussi, selon la communication qu'il y a entre les équipes, c'est le genre de choses qui ne remontent pas forcément. Chacun, le support a des tickets, le NPS est mauvais, il n'y a pas de discussion forcément. Les sièges continuent à vendre comme des fous cette fonctionnalité. Je pense que derrière ce sujet-là, il y a aussi un sujet de collaboration et de bon niveau de communication sur ce type de problématique.
- Speaker #2
Ce qu'on constate souvent quand on démarque sur ce genre de problématique, c'est que finalement, le produit s'est gratté la tête de manière hyper intense en se disant « mais je ne comprends pas pourquoi il y a autant de déceptions, pourquoi on a autant de support sur cette fonctionnalité » . Alors qu'en réalité, le problème, ce n'est pas... soit le produit, soit le marketing, soit le sales. Le problème, c'est que le client est là du début à la fin et qu'il n'a pas de rupture dans son parcours. En effet, c'est exactement ce que tu dis. Le fond du problème, c'est d'être capable de faire parler l'aspect business et l'aspect produit et surtout de ne pas se rejeter à un problème comme ça, comme une patate chaude, mais plutôt de se dire qu'on se met autour de la table parce que peut-être que la vérité est entre nos deux équipes. Et souvent c'est un truc qui est difficile parce qu'on a fait, on a tous la tête dans le guidon et que on commence par essayer de balayer devant sa porte avant de se dire que c'est peut-être que c'est pas la porte de notre appart mais c'est la porte de l'immeuble qu'il faut aller travailler ensemble.
- Speaker #0
Et bien si ça vous va, après de parler de survente, on va parler d'un sujet qui est un peu lié, le sujet du storytelling désaligné, comme vous l'avez appelé. J'aime beaucoup cette petite expression, je vous laisse nous expliquer ce que vous entendez par là.
- Speaker #2
En effet c'est assez lié, chaque équipe va raconter une histoire un peu différente, parce que finalement chaque version va un peu plus s'arranger par rapport à ses KPIs et par rapport aussi à ce qu'ils ont eux-mêmes compris du produit et de la cible. Typiquement on peut se retrouver avec un marketing qui va mettre en avant la simplicité, un produit qui finalement paraît dans son design, son ergonomie, va paraître un peu complexe et les sales qui vont parler de fonctionnalités avancées parce qu'ils ont l'impression que c'est ça qui va leur permettre de porter la valeur du produit. Et donc quand tu te mets à la place du client, il a trois discours, donc potentiellement trois arguments différents, il ne sait pas trop sur quels pieds danser. Il ne sait pas vraiment quelle est la promesse qu'il lui est faite, parce que du coup, qui croit ? Et en fait, quand on se retrouve face à ça, là aussi, on va travailler sur les deux axes, étonnamment. Et on va commencer par se poser la question de, OK, le produit paraît complexe, mais est-ce qu'il est vraiment complexe ? Est-ce qu'il a vraiment des fonctionnalités qui sont plus avancées que les concurrents, etc. ? Dans l'idée de retravailler finalement le positionnement dans ce sens-là, les messaging, L'objectif, en fait, c'est de... intervient là-dessus, c'est d'essayer d'identifier qui a tort, qui a raison, mais en tout cas à peu près où se situe la vérité pour essayer de la rétablir auprès de toutes les équipes. Et puis toi, côté design aussi, tu as un peu de travail.
- Speaker #1
Oui, côté design, en fait, c'est se demander est-ce que c'est le design ou le parcours qui va laisser cette impression de complexité, mais le produit en fait, il est réellement simple. Ça me fait penser à un client qui développe une solution de supply chain. En fait, la réponse était un peu entre les deux. Et en fait, on a effectué un travail d'optimisation des étapes du parcours. On a fait des rectifications, disons, un peu de design. On a planché quand même sur le wording pour alléger les écrans, parce que c'est vraiment ça qui complexifiait. Et en plus, ce qui n'était pas initialement prévu dans les échanges et dans la mission, on a créé, construit un design système qui était cohérent. pour pouvoir simplifier les parcours et l'évolution des parcours.
- Speaker #2
L'idée c'était de s'aligner avec le branding. Une fois que tu t'alignes avec la brande, ça aide aussi à raconter une histoire qui est cohérente. Donc quand tu alignes le produit déjà dans son design et dans les codes graphiques de la société, naturellement déjà tu alignes un certain nombre de choses sans avoir forcément à travailler plus que ça. Et puis évidemment on a retravaillé le message, on a fait un peu de sales enablement aussi pour que tout le monde parle d'une même voix, et le même discours, et les mêmes mots-clés. Et le résultat et l'objectif c'était que finalement, peu importe que le prospect ou le client découvre la solution à travers le site web, à travers une démo, sur un salon. ou à travers un rendez-vous sales, l'objectif c'est qu'ils l'entendent, qu'ils voient et qu'ils ressentent la même histoire sur tous les canaux, et quel que soit l'interlocuteur, et à chacun de ces points de contact en fait, qui est un vrai storytelling assumé de son premier échange jusqu'à l'utilisation de la solution. Et en fait, typiquement là sur le cas qu'on évoquait, cette cohérence, elle a non seulement apporté La crédibilité et la confiance aux prospects, mais en plus, elle a permis de fluidifier tout le process de vente. Il y avait moins de questions de « mais attendez, je ne comprends pas parce que la dernière fois, j'avais retenu ça, et en fait, là, vous me dites ça, et puis quand je vais sur la démo… » Le process de vente était plus naturel, et donc le cycle de vente a été réduit parce qu'il y avait moins de questions et plus de confiance.
- Speaker #0
C'est des sujets qui sont aussi hyper humains. enfin c'est pas Juste, en effet, changer des wordings sur une page Internet. Il y a énormément d'éducation, j'imagine, aussi derrière, pour vous aussi, de faire prendre conscience, d'alignement, etc. Et je me posais la question sur ce sujet-là, particulièrement du storytelling. Est-ce que parfois, ça vous arrive de faire face justement à une perception qui est différente selon les équipes et donc à comment faire en sorte de trouver ce juste milieu dont vous parliez ?
- Speaker #2
Oui, ça nous arrive. Là, typiquement, tu vois, sur cet exemple de solution de supply chain, on était vraiment avec une équipe hyper tech dans un domaine plutôt technique avec des interlocuteurs clients qui étaient hyper techniques aussi. Et donc, tout le monde se contentait d'utiliser un vocabulaire hyper compliqué, hyper jargonneux. Et finalement, on s'apercevait que les équipes plutôt business et plutôt marketing et sales. réutiliser des mots, réutiliser des termes sans vraiment comprendre quelle était la définition exacte qu'il y avait derrière et quelle était la compréhension que le client pouvait en avoir. Et donc là, en effet, il faut apporter énormément de pédagogie, mais dans les deux sens. C'est-à-dire que ce n'est pas juste donner un dictionnaire technique aux équipes marketing et sales, c'est aussi expliquer côté produit que c'est très bien qu'ils... qu'ils soient capables d'avoir le même discours que leurs clients, mais que s'ils voulaient pouvoir être aidés avec beaucoup d'efficacité par les équipes business, il fallait qu'ils se mettent aussi à la hauteur des compétences techniques de leur équipe business. Et donc là, en effet, il y avait cet exercice de pédagogie à faire. Et même côté design, en fait, le sujet était tellement technique que le design était un peu mis de côté en disant « mais en fait, c'est pas le sujet » . Mais si, en fait, c'est le sujet parce que ça va faciliter aussi la compréhension de tes clients. Ça va faciliter l'adoption de ton produit et puis ça va faciliter côté marketing et côté sales, l'explication et la présentation du produit si ton design est construit de manière... Aussi avec un peu d'esthétisme et un petit peu de recherche d'ergonomie, ce qui n'était pas du tout le cas quand on est débarqué. Donc oui, il y a beaucoup de pédagogie, il y a beaucoup d'explications, il y a beaucoup d'aller-retour à faire faire. Il faut mettre parfois les gens autour de la table pour que les échanges se créent. et que là aussi on se renvoie pas la patate chaude en disant mais c'est parce que c'est le sales, ah non c'est parce que c'est le produit mais de toute façon ils se contentent d'utiliser des termes qu'on peut pas réutiliser, enfin bref, il y a du dialogue à créer quoi, on est des médiateurs du produit et du marketing. Souvent dans ce genre de cas, le rôle des dirigeants est important. Typiquement, on a démarré par porter ce diagnostic et ce bilan auprès des... du comité de direction, qui a pris conscience du sujet. Et du coup, ça amène un petit peu de fluidité aussi dans les rouages quand les équipes dirigeantes s'en mêlent.
- Speaker #0
On a parlé de survente, de storytelling désaligné. Maintenant, on va parler d'adoption partielle. Dernier sujet qui est aussi passionnant.
- Speaker #1
Quand on parle d'adoption, c'est un réflexe qu'on a, c'est qu'on parle, je reviens encore au même sujet, mais d'onboarding, parce que c'est le... Le premier point et le premier levier pour améliorer l'adoption. Mais au-delà de l'onboarding, il y a l'utilisation du produit au quotidien. Et il y a beaucoup d'éditeurs qui constatent que leurs utilisateurs vont faire un usage des fonctionnalités relativement basiques du produit. Et qu'en gros, tous les efforts qui ont été faits pour faire développer des fonctionnalités avancées sont peu utilisés alors que c'est vraiment ça qui apporte de la valeur au produit. Et donc, on se retrouve dans ces situations-là où l'utilisateur utilise le produit, mais en fait, il va plutôt voir qu'il est limité parce que les fonctionnalités sont avancées, ne sont possiblement pas accessibles ou en tout cas moins visibles. Forcément, sa motivation et son engagement dans l'utilisation du produit, avec le temps, ça décroît. Et derrière, l'équipe Sales ne pourra pas faire d'up-sales ou autre. Elle se retrouve un peu bloquée.
- Speaker #2
On a bossé il n'y a pas très longtemps avec une solution de DEMAT qui vendait beaucoup sur une fonctionnalité de traitement avancé des dossiers clients. Et en réalité, quand on regardait un peu le comportement des utilisateurs au sein de la solution, en fait, les utilisateurs se limitaient à stocker et à trier les pièces administratives qui constituaient le dossier. Mais en fait, tous les modules avancés d'automatisation, de catégorisation étaient très peu utilisés. Alors qu'en fait, c'était la promesse initiale du produit. Et c'était cette promesse-là qui justifiait finalement le prix assez premium de la solution. Et donc, les équipes celles se retrouvaient au bout de 6 à 9 mois avec des clients qui les rappelaient pas contents, des débuts de litiges, une situation un peu embarrassante.
- Speaker #1
Sur les feedbacks que ces commerciaux recevaient, on ne les a pas laissés dans un camp, pour le coup, on les a récupérés, on les a analysés, et ce qu'on a fait, c'est qu'on a repris le contact avec ces clients-là, on a réalisé des interviews pour comprendre ce qui se passait, on les a doublés, dans la majorité des cas, avec des tests.
- Speaker #0
avec l'objectif de repérer le décalage entre la valeur ajoutée que les commerciaux vendaient et ce qui était vraiment utilisé par l'utilisateur. En faisant tout ce travail, on a identifié que les modules avancés étaient compliqués à accéder, étaient cachés derrière des menus déroulants. Le wording, encore une fois, très technique. L'UX, le design. qui était proposée était finalement trop complexe pour le niveau de maturité des utilisateurs. On a tout remis à plat et on a retravaillé le parcours de manière à ce que ces modules avancés interviennent beaucoup plus tôt dans le parcours et pour qu'ils puissent être pertinents pour l'utilisateur. On a travaillé avec Hélène sur le wording pour enlever... tout ce qui était relativement technique et compliqué. Typiquement, on est passé de workflow et automatisation à options avancées. L'idée, c'était vraiment de simplifier dans la globalité le parcours qui était proposé. Et ce qui n'existait pas, c'était, on a créé ce qu'on appelle des micro-guides, c'est-à-dire des pop-ups qui s'affichent avec des checklists et autres pour remettre, un, les bénéfices et arguments de ces options avancées, de manière à ce que les utilisateurs... soient incités à prendre en main ces fonctionnalités-là. Une fois qu'on a procédé à toutes ces évolutions, on a constaté que l'utilisation de l'usage des fonctionnalités avancées était à un niveau bien meilleur. Et finalement, en rééchangeant avec eux, on a constaté que la valeur ajoutée qui était proposée était vraiment existante et en plus vraiment différenciante. On a constaté avec l'équipe en plus de ce produit que la rétention derrière était meilleure.
- Speaker #1
Quand vous parlez de micro-guide, souvent, ça me fait penser au product tour, qui arrive souvent à l'onboarding. Et il y a un peu deux écoles, l'impression. L'école qui dit qu'il faut faire plein de product tour, c'est trop bien. Et l'autre école qui dit, en fait, non, ça ne sert à rien. Les gens jusqu'à la petite croix, parce que finalement, ça… C'est hyper intéressant en théorie, mais dans la pratique, pas trop. Est-ce que là-dessus, vous avez un avis ? Est-ce que c'est potentiellement pertinent que dans des cas spécifiques ? Là, par exemple, je trouve qu'en effet, ça fait grave du sens. C'est quoi votre approche là-dessus ?
- Speaker #0
Cette checklist, ce producto, en fait, a toujours un intérêt. Là où il a le plus d'intérêt, c'est quand on arrive sur des produits qui sont très techniques, où en fait, il peut avoir beaucoup de fonctionnalités. Et donc là, pour moi, il est nécessaire de l'avoir avec toujours cette option, en effet, de pouvoir le quitter où on n'est pas obligé de l'avoir à chaque fois. Mais en fait, cette checklist, elle est hyper importante parce que dans un onboarding qui peut être long ou une prise en main qui peut être longue, ça permet en fait de voir clairement les fonctionnalités disponibles et du coup de les utiliser et de les prendre en main. De cette manière, on ne passe jamais à côté. Et pour moi, c'est nécessaire de l'avoir. Il ne faut pas non plus une checklist avec 28 pages ou autre. Mais je pense qu'il faut être capable, et c'est là tout l'intérêt de travailler avec un binôme en marketing, c'est la capacité d'identifier les bénéfices, la valeur ajoutée, les fonctionnalités qui existent et les mettre devant à travers cette checklist pour que le utilisateur l'ait tout de suite. Donc moi, c'est un go tout de suite obligatoire pour moi.
- Speaker #2
La réflexion qu'on a souvent finalement, tu parles de product tour, en effet, ça n'arrive jamais au bon moment parce que ça sort alors que tu n'as pas du tout le temps. consacrée. Par contre, le fait de pouvoir la retrouver facilement et donc de pouvoir être guidée, ça c'est un des éléments pour lesquels on essaie de militer un petit peu. Et en fait, de ne pas se dire j'ai fait un product tour et ben c'est ça. En effet, être capable d'allier ce product tour avec la check list dont Dorian parlait, en fait ça permet de dire ok, je n'ai pas le temps de faire le product tour, mais déjà je vais regarder la check list et puis quand tu t'aperçois que ta check list n'est pas complètement cochée... et que tu as des éléments supplémentaires, en fait tu peux revenir sur le Product Tour et donc découvrir comment est-ce que tu passes à l'étape d'après. On est plutôt pour, mais pas forcément de manière hyper silotée en disant on met ça et pas autre chose. C'est plutôt des compléments d'approche qui font la valeur en fait de ce système.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour de te rendre autant dans le détail sur ces trois use cases. qui sont en effet hyper pertinents et qu'on parle d'adoption, de problèmes d'adoption, de problèmes de survente ou de storytelling. Ce que j'ai bien aimé dans ces trois exemples, c'est que finalement, il y a toujours ce constat de se dire qu'en fait, il faut se mettre à la place du client. Parce que le client voit tout d'un coup, alors que nous, à l'intérieur, on a souvent cette vue silotée. Et le fait que souvent, les trois sont quand même liés. Et finalement, si on a un problème de survente, c'est peut-être aussi par rapport à cette histoire de storytelling. Et du coup, derrière une adoption qui est moindre, il y a vraiment cette connivence, je trouve, entre ces différents sujets qui donne aussi de la perspective, finalement, sur ces problématiques-là.
- Speaker #2
Tout est lié en fait, on les a présentés comme trois use cases différents, mais comme tu le dis, ça s'enchaîne, ça se répond, ça peut parfois même ressembler un peu à des poupées russes, tu vois, tu en ouvres une, c'est ça, et puis finalement quand tu leur donnes le détail, tu en ouvres une autre et ainsi de suite. Mais à chaque fois, en effet, l'idée, c'est d'améliorer, évidemment, l'expérience du client, mais sur l'ensemble du cycle de vie du client et pas forcément... sur le cycle du produit en fait. Et c'est souvent le décalage qui existe, c'est que nos missions sont plutôt partagées autour du cycle de vie du produit et c'est ce qui nous décale en fait du cycle de vie du client, or c'est ce qui compte quand on veut faire la croissance et quand on veut vendre son produit.
- Speaker #1
Ce que je vous propose c'est de faire un focus aussi sur votre collaboration. Je pense que là, les auditeurs ont bien compris le sens de travailler en binôme. Donc là, l'idée, c'est d'être un peu plus dans le détail sur comment elle fonctionne réellement, cette collaboration, cette complémentarité. Et du coup, j'aimerais commencer par savoir en quoi vos rôles sont vraiment complémentaires. Est-ce qu'il y a parfois, vous marchez dessus ou pas ? Au début, peut-être oui. Maintenant, vous avez trouvé les bons process. Enfin, voilà. Si demain, moi, je veux travailler avec mon binôme, product design, comment je fais ?
- Speaker #2
Si on fait un focus sur... Sur une phase essentielle dont on a déjà pas mal parlé, c'est l'adoption. Finalement, pour un nouvel utilisateur, c'est le moment où il va valider la promesse qu'on lui a faite pendant l'acquisition. Et c'est le moment où ça va se concrétiser dans le produit et dans son usage.
- Speaker #0
La promesse que le marketing et les sales vont envoyer. Et en fait, lors de l'utilisation, comment l'utilisateur, la valeur qu'il va percevoir. radicalement s'il y a un décalage entre les deux et qu'on raconte pas la même histoire on crée forcément de la déception c'est assez évident.
- Speaker #2
Il y a un truc que j'aime bien utiliser pour justement faire comprendre cette complémentarité c'est que le product marketing comme le disait Dorian c'est la promesse le designer c'est l'expérience et en fait c'est vraiment beau hein et en fait notre rôle c'est de faire en sorte que les deux racontent la même histoire et que la promesse qu'on fait au prospect est bien vécue par l'utilisateur. Et c'est ça qui fait la différence finalement entre un produit qui est adopté et un produit qui est vite abandonné. Donc c'est essentiel.
- Speaker #1
Et du coup, concrètement, à quoi ressemble la collaboration au quotidien ?
- Speaker #0
C'est comme là, c'est-à-dire qu'on est à côté. Pour le coup, la proximité est là. Et en fait, l'avantage, c'est que quand on travaille sur des projets, des missions, en fait, on garde toujours un œil l'un sur l'autre. pas pour fliquer ou quoi que ce soit, mais c'est qu'on a une discussion, on a des échanges en continu, ce qui permet en fait à chaque fois, en fonction de nos périmètres et de ce qu'on est en train de produire, on ne s'éloigne jamais vraiment de l'objectif, puisque du coup on est toujours là, l'un ou l'autre, pour rappeler à l'ordre l'autre en lui disant, tiens, pense à rajouter ce mot-là, tiens, tu n'as pas ajouté cette fonctionnalité-là. Et donc du coup, on a vraiment une sorte de cohérence dans la construction. Donc ça, c'est déjà un premier point. On a identifié avec l'expérience quand même quelques phases qui sont plus critiques où là il faut vraiment pour moi collaborer complètement. J'en parlais un peu avant, c'est la discovery, le go to market. Et surtout au moment de l'itération de parcours ou des évolutions de messages parce qu'en fait Hélène en a déjà parlé, mais à partir du moment où on agit quelque part sur le produit, il faut que ça revienne et que ça soit aligné côté marketing. Donc c'est vraiment comme ça qu'on collabore. nos rôles sont vraiment distincts parce que clairement on ne fait pas le même métier je serais relativement incapable de faire ce que fait Hélène pour le coup non pareil mais ce que je disais en début on se nourrit mutuellement et lorsque j'ai des doutes, lorsque je me pose des questions sur un écran, sur un parcours en fait je n'hésite pas à échanger avec Hélène je n'attends pas d'avoir terminé mon projet en disant du coup tu en penses quoi c'est vraiment de la collaboration de manière à ne pas accumuler de retard en fait pour pouvoir optimiser chaque détail. Donc là, on parle d'un duo, product marketing et product design. En fait, clairement, il ne faut pas oublier le product manager. Donc en vrai, c'est un trio qui fonctionne. Super bien. Parfois, on a la question, « Oui, mais du coup, est-ce que vous prenez un peu le job du PM ? » Ce n'est pas du tout le cas. Typiquement, il a toujours la responsabilité de la vision produit, de la roadmap. Nous, on vient juste l'aider à enrichir les insights dont il a besoin pour prendre des décisions.
- Speaker #2
Sur un certain nombre d'optimisations, parce qu'en effet, on a beau s'être aligné, on le fait sans forcément avoir l'intégralité de la… la vision que lui peut avoir. On va lui proposer des ajustements possibles, soit côté message, soit côté parcours, et puis à lui, finalement, d'arbitrer en disant « Ok, c'est quoi les impacts ? C'est quoi les ressources dont je dispose ? » Bon, ok, l'idéal, c'est plutôt peut-être de faire évoluer le message à court terme, parce que ça nous implique moins, nous, côté produit, on n'a pas le temps, mais pour autant, ça amène quand même... une amélioration qui est intéressante, et inversement. Il a quand même encore ce rôle d'arbitrage, on essaie de l'alléger pour que lui n'ait pas forcément ce travail d'alignement à faire.
- Speaker #1
C'est super intéressant en effet que vous apportiez à cette vision de ce triptyque. Je suis d'accord avec toi Doriane, c'est vraiment le triptyque hyper important et qui change tout. dans les collaborations et dans derrière comment ça permet aussi de faciliter la collaboration avec le marketing avec toutes les équipes business si déjà au sein de l'équipe entre guillemets je peux dire ça comme ça produit en tout cas le design le product marketing et le PM sont déjà alignés c'est déjà presque la moitié du job j'ai envie de dire donc merci aussi de donner aussi cette visibilité là au delà de la collaboration design PMM comment ça vit avec le product management Et j'aimerais terminer notre échange avec une dernière question qui est, si vous avez un conseil ou une erreur à éviter pour renforcer cette collaboration, qu'est-ce que ce serait ?
- Speaker #2
En fait, je pense qu'on peut y aller crescendo, c'est-à-dire que si cette collaboration n'est pas vraiment initiée, peut-être que le premier point déjà, c'est d'être capable de s'inviter mutuellement dans vos process, c'est-à-dire inviter le PMM dans les design reviews. En attendant de sa part qu'il apporte sa vision du message, de la perception du marché, pour confirmer que tout est bien aligné, là encore, je crois que c'est vraiment le mot-clé de cet épisode, et inviter les designers dans les Go-To-Market Reviews, par exemple, là aussi pour apporter la vision de ce qui se passe réellement côté produit, côté expérience et côté utilisateur. et valider qu'il y a une vraie cohérence entre ce qu'on a mis dans le GoToMarket et les messages qu'on veut porter à travers le GoToMarket et ce qui se passe réellement une fois qu'on est livré à soi-même dans le produit.
- Speaker #0
Ça me fait penser à des situations que j'ai vécues beaucoup en startup. Ce qui est pour moi l'un des meilleurs conseils qu'on pourrait donner, c'est de partager, de collaborer avec les équipes et donner le maximum d'informations partagées. les insights sur le produit, sur les utilisateurs, sur le marché, parce qu'en fait, on se rend compte, et moi je m'en suis rendu compte aussi, c'est qu'on pense que tout le monde est au niveau, mais en fait, tout le monde n'a pas le même niveau d'information, et c'est ce qui crée ces décalages après dans la conception du produit. Donc, ce qu'on a l'habitude de faire, c'est d'instaurer des rituels de 30 minutes, 45 minutes, où en fait, on partage ces informations-là, tous les insights possibles, que ça soit, enfin, ça peut être par semaine ou par mois, mais l'idée, c'est vraiment de partager. le maximum de données. Et typiquement, si par exemple, je vois un insight en regardant un hot jar ou autre, souvent Hélène me dit « Attends, je vais regarder sur Hotspot si ça peut concorder, s'il y a un match ou quelque chose. » C'est vraiment ce qui permet, moi en tout cas je trouve, de nous aligner et de prendre des bonnes décisions derrière. Autre point, c'est le fait d'être capable de co-construire avec l'autre, c'est-à-dire lorsqu'on va travailler par exemple sur une nouvelle fonctionnalité, qu'on va l'intégrer dans le parcours. L'idée, c'est quand même de s'assurer que tout le monde ait conscience de où on va l'intégrer. Est-ce qu'on l'intègre au bon endroit ? Est-ce qu'elle va avoir le meilleur impact ? Et derrière, si on le fait dans le produit, il faut aussi que ça se répercute côté marketing. Et donc, c'est vraiment co-construire sur la globalité du produit.
- Speaker #2
Oui, alors ça, en effet, c'est l'étape ultime. Quand on arrive vraiment à faire ça et à se mettre autour de la table les gens qui... Voilà nos problématiques mutuelles, voilà ma problématique, comment tu peux m'aider. Il y a un truc que j'aime bien faire aussi... Côté message, c'est tester les messages dans le produit. En fait, typiquement dans un GoToMarket, souvent on se dit « Ok, j'ai un email d'activation à faire. » On va se focusser sur cette problématique d'email d'activation. Alors qu'en fait, on peut tester les messages directement auprès des utilisateurs en intégrant des petits pop-ups ou des éléments de wording déjà dans l'app. Le fait de faire ça, ça va 1. m'obliger à aller voir. mon product designer préféré, pour lui dire, écoute, j'aimerais bien tester ça, comment est-ce qu'on peut l'ajouter, mais je ne veux pas péter ton parcours, puis je ne veux pas en mettre partout, donc comment on peut réfléchir à ça ? Et souvent, l'effet positif que ça a là-dessus, c'est que, un, on devient plus sharp sur les messages, parce que ce qu'on peut mettre dans un email et ce qu'on peut mettre dans une app, ce n'est pas tout à fait la même chose. Donc ça nous oblige à être bien plus précis dans les termes qu'on utilise et dans la formulation. Et puis surtout ça nous permet d'avoir des retours, savoir si ça clique ou si ça clique pas, savoir si déjà ça a un impact. Et donc du coup de revenir voir notre copie de l'email d'activation pour finalement récupérer les bénéfices de ce test et pouvoir lancer finalement cet email d'activation de manière hyper sereine parce qu'on a déjà bien testé. Je finirais peut-être par le piège qu'il faut éviter. c'est de réduire l'autre à un rôle d'exécutant. Le PMM n'est pas juste là pour mettre des mots, et le designer n'est pas juste là pour faire joli. En fait, on a chacun un mode de réflexion, des processus de construction de nos missions, qui sont donc complémentaires, qui ont des impacts l'un sur l'autre. Et en fait, il faut s'enrichir du prisme de chacun pour réussir à arriver à ce mot, ce graal de l'alignement. Le piège, c'est de juste te dire, tiens, tiens, tiens, m'écrire deux, trois, deux, trois lignes sur mon écran. Ça va au-delà de ça.
- Speaker #1
Je trouve que c'est un super mot de la fin. Merci beaucoup à tous les deux pour ce partage d'expérience. Je pense que ça va donner des idées à beaucoup de PMM, de product designer, même de product manager, justement sur comment mieux collaborer et pour générer toujours plus d'impact, plus d'alignement, plus d'usage du produit, finalement, et plus de business. C'est ce qu'on recherche tous. Je finirai avec les trois questions de la fin. Quelle est la prochaine personne ou le prochain sujet que vous aimeriez coter sur ce podcast ?
- Speaker #2
Je serais intéressée d'avoir la vision d'un CPO ou CPTO, peu importe le nombre de lettres qu'on rajoute, d'avoir sa vision et son analyse du rôle du BMM. C'est très égoïste. Mais aussi d'avoir sa vision du binôme. PNN Product Designer parce que d'ailleurs on parlait de l'intérêt de faire rentrer finalement dans des discussions un peu complexes les dirigeants de la boîte et évidemment le CPO il est parmi les premiers à être impacté par l'alignement ou pas qui existe dans le produit.
- Speaker #1
T'as quelqu'un toi ?
- Speaker #0
Tu es d'accord avec moi ? Je suis absolument d'accord avec toi, je suis toujours d'accord avec toi.
- Speaker #1
Je suis complètement alignée c'est une très bonne idée et d'ailleurs j'ai réfléchi à faire une une saison. où je fais intervenir uniquement des non-PMM pour partager justement la vision de ce qu'est le PMM selon eux, comment fonctionne la collaboration, etc. Deuxième question, est-ce que vous avez des ressources ou des livres à recommander ?
- Speaker #0
Moi, je ne vais pas être très original pour le coup, mais moi, je sais que je passe beaucoup de temps sur LinkedIn. Même s'il faut faire du tri, on a quand même une quantité de contenu, que ce soit du podcast, que ce soit de l'article, que ce soit de la méthode, du process, on a vraiment... un amas d'informations qui nous permettent de garder notre niveau de connaissance et de veille à jour. Et en fait, pour moi, c'est vraiment parfait. Après, il faut faire du tri, ça c'est sûr.
- Speaker #2
Et moi, je compléterais, sans vouloir te flatter outre mesure, ton podcast est hyper riche. Je l'écoute depuis longtemps et je ne rate pas un épisode, donc je le recommande. A priori, si les gens écoutent, ceux qui sont déjà tombés dessus, allez écouter les épisodes que vous n'avez pas encore écoutés. Et partagez, évidemment. Et je compléterai aussi avec un autre podcast marketing que j'adore, qui est Conquête, le podcast de Jordan Chénier-Létruché. D'ailleurs, je rebondis sur ta première question. Ça pourrait même être super intéressant d'avoir son œil marketing, on va dire, plutôt corporate. sur le métier du Product Marketing Manager et voir comment est-ce que lui perçoit la collaboration entre les deux missions.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous dire où les auditeurs peuvent vous contacter, que ce soit pour continuer la discussion ou s'ils sont intéressés pour une vraie collaboration ?
- Speaker #2
Vous l'avez compris, Dorian est tout le temps sur l'initiative.
- Speaker #0
Je réponds rapidement normalement.
- Speaker #2
Il répond rapidement. Moi je ne suis jamais très loin non plus et donc évidemment l'initiative, Dorian De Femme et Hélène Chevienne. On a un site web 365°.fr sur lequel vous pouvez venir nous caler un petit créneau directement dans nos agendas. Et puis pour ceux que la collaboration PMM et Product Designer intéresse et pour ceux qui ont envie de creuser un peu plus, on s'est lancé dans une production de webinars qu'on essaie de tenir à peu près tous les mois, où on évoque un sujet bien particulier et on essaie de mettre en avant justement la... le bénéfice de cette collaboration. N'hésitez pas à venir voir à quoi ça ressemble et tout ça.
- Speaker #1
Je partagerai tous les liens.
- Speaker #2
Très bien, merci. Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci encore pour votre temps et je vous souhaite une bonne journée et à bientôt.
- Speaker #0
Merci beaucoup, bonne journée.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si l'épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager sur LinkedIn en me taguant. Tu peux aussi me soutenir en laissant un avis 5 étoiles sur Apple Podcasts et me laisser un commentaire. Ton aide est précieuse pour m'aider à faire connaître Product Marketing Stories et aussi m'encourager à créer davantage de contenu. Alors merci !