- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Psycho Pop. Celui-ci, vous vous en rendrez compte par moment, a été assez fort à enregistrer parce que j'ai interviewé Johanna, ma marraine en PMA, Procréation Médicalement Assistée. Ensemble, on y revient sur nos deux parcours pour devenir mère qui sont, vous verrez, à la fois proches et tout à fait singuliers. Notre échange sur le sujet a été tellement riche d'ailleurs qu'il a donné lieu à deux épisodes. Voici donc le premier. J'ai envie de remercier encore Johanna du fond du cœur. D'abord d'avoir été ma marraine sur ce chemin si particulier, et puis aussi d'avoir accepté de me confier son parcours dans cet épisode. Belle écoute ! Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast, une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, deux fois par mois, on plonge ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débunker des grands mythes de la psycho et répondre à des questions bizarres, tu verras. Une fois tous les trois épisodes, il y aura aussi une surprise pop. Je poserai des questions à quelqu'un que tout le monde connaît, mais qui n'existe pas vraiment. Intéressé ? Alors viens te poser par ici, ça va commencer.
- Speaker #1
Quand on évoque la PMA, je ne pensais pas, mais en fait ça se met à remuer des choses. Auparavant ça ne me faisait pas ça.
- Speaker #0
Je ne sais pas ce que ça te fait toi. Quand quelqu'un en parle déjà sur les réseaux, quand tu lis un post sur la PMA... Qu'est-ce que ça te fait à toi, en fait ?
- Speaker #1
En fait, je dirais qu'un peu comme toi, mais j'ai traversé deux périodes. Il y a eu une période, en fait, où forcément, c'était encore très douloureux, c'était un peu à vivre, tu sais. Et forcément, j'avais toujours la larme, je me sentais encore, tu vois, sœur PMH, très, très fort. J'avais ce lien-là qui me connectait, ça résonnait très, très fort. Et puis, au fur et à mesure, si tu veux, je pense que je suis devenue maman. Et bien, ce lien-là, il est devenu plus… Tu vois, il s'est affiné, il s'est distendu. Et j'ai eu besoin de… Tu vois, comme tout le bordel, en fait, chez moi, de tout mettre derrière un placard, tu vois, en bordel, et de ne pas rouvrir ce placard. Et là, aujourd'hui, je t'avoue que je me suis replongée dedans. J'ai rouvert… En fait, j'avais fait un carnet… Je suis arrivée ici, dans ma région, qu'on a repris le parcours. J'ai fait un carnet pour me remémorer un petit peu tout ce qu'on avait traversé, les différents protocoles, etc. Et là, j'ai retrouvé ce carnet pour me remettre un peu dedans et je t'avoue que ça m'a fait un peu drôle. Et j'évite aussi par contre d'aller trop sur les proches du PMA.
- Speaker #0
Comme toi, j'ai eu ce moment où j'ai eu envie de non pas tout mettre dans un placard, mais au contraire, moi j'avais conservé des médicaments. J'avais gardé des boîtes. Comme si c'était une espèce de talisman. Je ne sais pas trop ce que j'investissais dedans. Je sais que j'avais envie de m'en servir pour communiquer autour de la PMAS sur mon compte. Donc, je les avais aussi gardés pour faire des photos, chose que je n'ai pas du tout faite à l'époque parce que j'étais vraiment dans le côté warrior. Je pense que c'est un mode qu'on est beaucoup à activer. Et je trouve ça super que tu aies pu faire un carnet parce que moi qui suis friande d'écriture, de journaux intimes et tout ça, au cours de mon histoire, là... Je n'ai rien produit. Mais vraiment, quand j'étais dans le tourbillon, j'ai pu partager des choses un peu sur le compte PMA que tu suivais. Mais quand j'étais dans le feu de l'action, j'étais dans un tunnel. Comme le soir avec nos enfants. Vraiment. Donc ça fait plusieurs phases, comme toi. Il y a eu la phase où je conservais les choses et il n'y a pas longtemps, j'ai tout rendu à ma pharmacie. J'ai débarrassé les boîtes comme il faut faire et j'ai tout rendu. Mais ça a été puissant de faire ça. Je ne pourrais pas dire exactement ce qui m'attachait à ces petites boîtes, mais c'était puissant, sans nul doute. Et c'est intéressant qu'on ait toutes les deux eu des phases. Et comme toi, j'ai du mal aussi à suivre beaucoup de comptes TMA. Quand j'en suis trop, je le fais parce que... j'ai envie de rendre ce que l'Internet m'a rendu. Quand j'en suis trop, ça m'alourdit. Je ne sais pas si ça te fait la même chose.
- Speaker #1
Quand tu as posé exactement le doigt dessus, pareil, ça vient poser une échappe sur moi qui ne m'appartient pas, qui ne m'appartient plus. Et même si je ne me désengage pas totalement parce que je ne veux pas renier mon passé, je pense que toi non plus. Mais toujours est-il, je ne peux plus faire ça. Avant, j'avais un besoin viscéral de me nourrir et que ce soit un échange, de communiquer tout le temps avec d'autres parce qu'on est hyper isolé en tant que PMT. En tant que femme infertile, on est hyper isolé. Et c'est vrai que c'est con, c'est précieux parce que ça permet de pouvoir exorcier un petit peu ce que tu ressens et ça permet aussi de ne pas se sentir seule. Ça permet de soutenir les... Ça permet de se sentir aussi soutenue. Donc, c'est gagnant-gagnant. C'est magnifique. D'ailleurs, on est quand même aussi une belle rencontre, je trouve, grâce à ce sujet-là.
- Speaker #0
C'est ça, pour rappeler, pour dire aux personnes qui nous écoutent comment on s'est rencontrées. Tu étais ma marraine en PM1. C'est pour ça que je t'appelle marraine sur mon compte et qu'il est temps d'expliquer vraiment le pourquoi du comment. Parce qu'on a sensiblement le même âge. Donc, si tu étais ma marraine, tu allais fondoter à l'amour de mes parents. C'est là pour leur problème. Mais oui, ça a été hyper précieux parce qu'on s'est rencontrés sur le compte Association PM1 sur Instagram. Un compte très précieux qui est tenu par deux PM1 et il me semble. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de marraines sur ce compte. C'est quelque chose qui est, comme on est isolé, comme tu l'as dit, c'est hyper précieux. Et on peut choisir. sa marraine. Alors, j'imagine qu'il peut y avoir des marraines qui disent non, peut-être, mais moi, j'avais été voir les profils et c'est vrai que ton profil m'avait parlé tout de suite. À la fois, le naturel avec lequel tu avais écrit ta description, il y avait un côté très ouvert, très solaire, très… Voilà, je me sentais déjà à l'aise avec la description que tu faisais de toi et notre âge. Parce qu'il y avait des marraines qui avaient l'air hyper sympas, mais on avait... plus de 10 ans d'écart parfois, ou une dizaine d'années, et je me disais, il y a un autre enjeu quand on est en parcours bébé, en parcours five, PMA, quand on est autour de la quarantaine, c'est cette question de grossesse gériatrique, un terme qu'on adore, qu'on trouve très sympa, et moi je me sens pas du tout comme ça en plus, et voilà, il y a d'autres enjeux au niveau de l'image que ça donne, au niveau des sensations, au niveau de l'époque à laquelle on est nés aussi, tout simplement. Et voilà, donc c'est comme ça qu'on s'est rencontrés, effectivement. Et ça a été hyper important pour moi. Et hop, on respire.
- Speaker #1
C'est quand l'émotion ?
- Speaker #0
Et encore aujourd'hui, ce que je trouve hyper chouette, la chance qu'on a eue, c'est que notre parcours PMA, c'est bien fini, dans le sens où on est maman aujourd'hui. On a cette chance-là d'avoir été maman à peu de temps d'intervalle.
- Speaker #1
Pour rappel, tu as été maman avant moi. Oui,
- Speaker #0
ça fait longtemps.
- Speaker #1
Oui, je me souviens. Et je me souviens, ce qui m'a aussi donné de la force, c'est effectivement de savoir que toi, tu devenais maman. Et je vais t'avouer quelque chose, c'est qu'en fait, avant toi et avant quelques autres aussi proches PMA, avec qui vraiment j'avais du lien, toutes les grossesses autres me faisaient extrêmement souffrir. J'avais beau essayer d'afficher un sourire, et je me réjouissais des fois sincièrement. mais il y avait toujours le boomerang où j'avais cette j'enviais en fait et j'arrivais pas à déculpabiliser de ce sentiment et vraiment en toute sincéliquée quand j'ai appris de la grossesse je me suis réjouie sans arrière-pensée ainsi que pour deux autres personnes aussi avec qui j'étais très très proche et ça m'a fait du gain vraiment ça t'a fait du bien de te réjouir cette fois-là alors ça m'a fait du bien à la fin de mes réjouis mais ça m'a fait du bien aussi de voir que j'avais des proches pour qui ça marchait. Parce qu'autant les solidaires dans la galère. On a toutes, je ne sais pas si tu vas confirmer ou affirmer, mais on a toutes, des fois, on est un peu traversé par on n'ose pas dire qu'est-ce qui va se passer, qu'est-ce qu'on n'arrive jamais. On a toujours peur, en fait, quand on a des parcours un peu parallèles. On aime bien se suivre, mais on n'a pas forcément non plus envie de se suivre jusqu'aux échecs. Même si quelque part, des fois, on se soutient dans les échecs, mais ça fait du bien de voir qu'il y a du positif aussi. Et ça rassure.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai que c'est très différent. Alors là, ça va être la partie un peu délicate qu'on est en train d'aborder, mais je trouve que c'est hyper important d'en parler pour les personnes qui sont en parcours PMA. Tu l'as dit, quand on apprend une grossesse, a fortiori une grossesse naturelle, c'est-à-dire une grossesse où la personne tombe enceinte entre 3, 6 mois, 9 mois après avoir commencé les essais. et sans aide médicale, quand c'est très rapide, il y a toujours un pincement pour plein de raisons. En plus, ça résonne en chacune différemment. Ça dépend de ton rapport à l'échec, ça dépend de ton histoire par rapport à la maternité, par rapport à ta propre mère. Il y a plein de choses, je pense, qui se jouent. C'est vrai qu'on se sent facilement manquante et en échec. Et quand quelqu'un réussit à faire ça, surtout que c'est un peu la loterie, on va avoir des degrés différents de jalousie, d'envie, de comparaison. Et c'est OK, en fait. C'est quelque chose qui est impossible à combattre, je pense. Il vaut mieux l'accepter parce que c'est tellement douloureux. qui est tellement naturelle. Aujourd'hui, on est très solidaires entre femmes, de plus en plus, je trouve. C'est quelque chose que j'ai toujours connu, mais d'autant plus aujourd'hui. Je trouve que le terme de sororité n'est pas toujours galvaudé. Moi, je le ressens vraiment dans certaines relations, beaucoup de mes relations avec d'autres femmes. Mais là, il y a quelque chose qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer en termes de violence par rapport à notre rôle, à nos envies. Et en plus, on ne maîtrise pas. C'est-à-dire que tu peux manger bio depuis ta naissance, tu peux faire du sport, tu peux… C'est la loterie sur la fertilité. C'est très étonnant. Ça va de la fertilité inexpliquée à l'endométriose profonde. Il y a plein de choses qui peuvent jouer. Et en fait, c'est vraiment une loterie. Et il y a un côté injuste aussi. Donc, il y a plein de choses qui viennent se nicher là-dedans. Mais c'est vraiment atténué quand on sait que la personne a eu un parcours du combattant, enfin de la combattante en l'occurrence, c'est assez différent. Et c'est vrai qu'en plus, quand les personnes ont un parcours heurté et difficile et médicalisé, on est d'autant plus soulagé parce qu'on se dit « bon alors c'est possible que ça m'arrive aussi » . Mais par contre, je te le dis, ça a été vraiment difficile de te le dire parce que j'ai connu ces amours pour toutes les personnes en PMA. Et que s'il y a bien une personne que je n'avais pas envie de blesser avec ça, c'était toi. En plus, ça faisait très bizarre, parce que dans ma tête, c'était toi qui... Enfin, c'est complètement débile. Mais c'était toi, ma marraine. Donc, pour moi, c'était toi d'abord. Mais la nature s'en fout, en fait, de nos perceptions. Et je me sens que ça m'avait rassurée. Tu as été top. Mais je ne sais pas comment tu t'es sentie. C'était plutôt de l'espoir. Tu m'as dit que c'était plutôt positif. Enfin, c'était... mieux que de recevoir la nourriture.
- Speaker #1
Oui, par exemple, te couper. Oui, vraiment, j'avais vraiment l'impression pas d'y être pour quelque chose. Mais je me dis, waouh, il y a une jolie issue, c'est une belle histoire. On a eu un bel échange, je me suis sentie utile et j'ai eu le sentiment de servir un peu à quelque chose, effectivement. Et tu m'as aussi beaucoup apporté dans ces moments-là et même après. Ça m'a fait du bien, ça m'a fait du bien, vraiment. C'est vraiment partie des grossesses. où vraiment j'ai été contente. Et je me dis, voilà, il y a une lueur d'espoir, il y a quelque chose qui est venu s'activer chez moi qu'il n'y avait pas eu avant.
- Speaker #0
C'est pour ça que je trouve que toutes ces questions de marraine, parrain, les personnes, dans les pas de qui on va marcher, ça peut s'inverser aussi en fonction du timing, c'est marrant. C'est très important en fait, cette communauté qui se forme autour de tout ce qui est PMA, maternité, donc il ne faut pas hésiter quand on a besoin de soutien. à en parler et à chercher du soutien, quel que soit le type de soutien. Je ne sais pas si toi, tu en avais parlé autour de toi, mais j'encourage les gens, moi, à trouver des personnes ressources et à sentir, tu sais, le degré de partage avec les proches, les moins proches, le travail, tout ça. Je trouve que c'est à chacun, chacun, à chacune, de trouver le dosage. Je sais pas si toi, tu en avais parlé à beaucoup de gens de ton parcours. Je trouve que c'est délicat.
- Speaker #1
effectivement j'ai fait partie de ces nanas qui ont beaucoup beaucoup parlé déjà parce que j'étais beaucoup beaucoup blessée et j'avais besoin en fait d'exister aussi quelque part un peu à travers ce parcours là parce que j'ai toujours été un peu la gentille petite fille tout sage etc et en même temps j'ai toujours eu ce désir d'être maman très très jeune idéalisé on va en reparler après parce que la maternité ça n'a rien à voir avec ce que tu dis Tu t'imagines ? Rien de rien. Surtout quand tu es moi, tu penses au bonheur, tu penses que voilà, c'est une piète, etc. Ouais, tu as des écueils quand même parce qu'il faut se protéger. Et en même temps, je pense que c'était salutaire de mon côté. Ça m'a amenée justement aussi à trouver mon équilibre et à intégrer cette association de Maragny. Voilà, où finalement, toi, tu es assez bien dans tes baskets pour pouvoir aussi accepter de pouvoir soutenir d'autres personnes qui ne vont pas bien potentiellement. Mais ce n'est pas évident parce que j'ai discuté avec pas mal d'anciennes camarades de classe qui m'ont retrouvée via les réseaux. Et du coup, on a vu au grand jour, voilà, mon intimité, mon parcours, etc. Et on m'a dit, tu sais, moi aussi, je suis passée par là. Il y en a également dit, mais moi, j'en ai parlé à personne. Ça a été un parcours du combattant qui l'a su, en fait. Et je me dis, mais Sonia, là, je leur sers mon chapeau, parce que vraiment, je ne sais pas comment elles ont fait. À la fois, parce qu'ils ont un peu protégé, et en même temps, pas tant que ça, parce qu'on sait très bien que tu as une pression autour de toi. Enfin, voilà. Il y a plein d'événements où, voilà, tu gardes le sourire, et puis les gens, ils ne savent pas, mais ils te blessent. Ils peuvent te blesser aussi quand ils savent. Ça, par contre, malheureusement, mon entourage... Coucou si vous m'écoutez. Sachez que je garde quand même des petites phrases percutantes qui m'ont fait... Oui,
- Speaker #0
il y a des choses. Ah oui, le fait d'en avoir parlé, il y a eu des mots blésants ou maladroits. Oui,
- Speaker #1
il y a beaucoup de maladresse. Oui, mais parce que les gens, en fait, ils se font une fausse idée de la PMA. Le truc qui me vient très vulgairement et qu'on peut lire aussi sur d'autres comptes, sur les réseaux, c'est « Ah, mais tu sais, moi, j'ai une copine, c'est ma cousine, elle est partie en vacances et ça s'est… » Et voilà. Et hop, ça s'est déclenché. Mais tu y penses trop. Plein, plein de conseils qui ne sont pas sollicités et qui viennent, en fait, te mettre dans un embarras. Tu ne sais pas quoi répondre. En fait, c'est des amis avec qui tu passes une super bonne soirée et là, hop, tout d'un coup, ça t'achète. Voilà, et puis des profs aussi, qui peuvent se dire « Ah bah tiens, dis-donc, t'as grossi, est-ce que t'aurais pas un petit poulet chenal dans le tiroir ? » Alors que tu leur as dit, il y a quelques jours, que non, justement, t'avais reculé ton protocole, bref, tu vois que des choses comme ça.
- Speaker #0
C'est hyper délicat, toutes ces phrases, moi je les ai entendues de la part de personnes un peu plus éloignées, puisque moi j'en ai pas parlé, pour le coup, j'en ai très peu parlé autour de moi. À ce moment-là, je ne m'en sentais pas capable. Si je repartais pour un tour aujourd'hui, je ferais sûrement différemment parce que je suis plus armée. Mais à l'époque, je ne l'étais pas. Et c'est vrai que, est-ce que tu es enceinte quand tu es en train de te piquer plusieurs fois par jour ? Je rigole parce que, moi, ça m'était arrivé dans ma formation, qui, de surcroît, est adorable. On a eu une semaine en présentiel à Paris 8. Et j'avais une combi blanche. Moi, je mets des trucs... Un peu ajustée des fois, même si j'ai un petit bidon. Il y a des formes qui me plaisent. Mais je ne me rends pas compte du fait que ça donne l'impression. Un peu enceinte parfois. Et là, elle me dit « t'es enceinte » . Et en fait, j'étais à mon dernier protocole avant de faire la pause, avant de devenir maman. Et donc, je lui dis « non, je ne suis pas enceinte, je suis juste grosse » . Et après, elle a été choquée. si tu veux j'ai dit ça avec beaucoup de vivacité et pas un tout petit peu d'agressivité quand même parce que c'était très dur à entendre et comme j'y arrivais pas c'était vraiment la dernière fois que j'ai essayé et j'en pouvais plus et après je lui ai dit un peu moins haut quand les gens se sont dispersés je lui ai dit voilà je suis désolée j'ai répondu de façon hyper cash en fait je suis en protocole de PMI en plus elle est assez grosse elle même elle est assez ronde et si tu veux elle m'a dit ouais je suis désolée je sais pas ce qui m'a pris mais Mais en fait, j'avais l'impression, etc. J'en ai parlé dans un poste, on en a parlé toutes les deux aussi en privé. C'est vrai que je comprends que les gens aient des fois des espèces d'impulsions. Je comprends aussi que les gens se disent qu'on ne peut plus rien dire à personne. Mais c'est vrai que sur tout ce qui est maternité aujourd'hui et parcours grossesse, on sait qu'il y a des parcours heurtés. Donc si quelqu'un, je me dis, si quelqu'un vous dit... qu'il a envie d'avoir des enfants un jour. Enfin, une personne, on vous dit, une femme, on vous dit, j'ai envie d'avoir des enfants un jour. Et que vous voyez que ça n'arrive pas au bout de 2-3 ans. Clairement, c'est qu'il y a un petit grain dans l'engrenage et que ça ne sert à rien de dire c'est pour quand. Ou ça ne sert à rien de lui demander si elle est enceinte, si elle n'en a pas parlé, en fait. C'est très clair. C'est très clair. Et c'est beaucoup de maladresse. C'est beaucoup de maladresse. Mais qu'est-ce que ça fait mal quand on est en plein dedans ?
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Et le truc de détend-toi, moi aussi, je l'ai beaucoup eu. C'est délicat de savoir répondre à ce que tu disais tout à l'heure. Je ne sais pas comment tu réagissais, toi.
- Speaker #1
Tu sais quoi ? Tu vas rire. Tu sais que ton anecdote, là, j'ai à peu près la même que toi. Ce n'était pas proche. En fait, je prenais les transports en commun en région parisienne, donc blindée. À l'époque, tu te souviens ? Enfin, à l'époque. J'imagine que toi, tu es encore en région parisienne. Je vois très, très bien. Pour aller au travail, je prends le train. Et à l'époque, pareil, avec les protocoles, les piqûres, les grossesses nerveuses, on n'en parle pas, mais on fait un peu une grossesse nerveuse. Moi, j'ai toujours eu un peu de bidon. Plus l'endométriose, plus l'envie ardue de grossesse, plus les protocoles. Et puis, je suis petite et j'étais menue. Je faisais un 36, 34, 36, il y a 10 ans. Et avec un bidon de femme enceinte de 5 mois, 6 mois, des fois. Pareil, je mettais des petites tenues un peu près du corps, etc. Et je monte dans le train. Et en fait, je suis dans le couloir, dans la ville, je me tiens. Et il y a un monsieur, un jeune homme, une trentaine d'années, très gentil, qui se lave et dit euh Vous êtes en train de vous mettre à la place, madame ? Et je lui dis, ben non, vous faites une bouche de grosse. Mais c'est gentil. Il s'est retrouvé con. Et en plus, moi, c'est la première fois, je suis dans la tueur assez timide. Je n'aurais jamais osé dire ça. C'est vrai que quand tu es en PMA, que tu es douloureuse physiquement, émotionnellement, et en fait, il y a des fois, il y a des trucs qui sortent de toi. Tu ne t'en rends même pas compte. Je me rappelle que j'avais le feu aux joues. T'es à la fois en colère et tout le wagon nous a entendus. si tu veux, donc je me suis entendue dire ça en me disant mais merde c'est moi qui dis ça et en même temps j'étais contente de me dire c'est bon j'en ai marre en fait t'as été finalement, mon pauvre ami t'as été celui de trop en fait t'as été la goutte d'eau qui a fait déborder le masque et ouais il y a eu des réactions beaucoup plus mesurées, il y a eu des réactions où finalement je disais rien mais ouais qu'est-ce que c'est que vous et en plus je rajouterais que moi qui étais phobie des piqûres Merci. T'imagines le nombre de fois où il faut se piquer ? C'était quelque chose de très, très, très compliqué. Et donc, ça m'a mis dans un état. Mais bon, tu vois, on s'en sort bien. Et puis même après, on est enceinte, on le voit aussi se faire piquer tous les mois.
- Speaker #0
Oui, oui, moi, je m'auto-appelais la pelote d'épingle. Les piqûres, du coup, parce qu'effectivement, c'est un protocole qui demande beaucoup d'injections. Ça va dépendre de ce qu'on te prescrit. Ça va dépendre des types de protocoles. Mais c'est vrai qu'on peut se piquer. piquer jusqu'à 3-4 fois par jour. En plus, des fois, il y a des mélanges. Est-ce que tu te piquais toi-même ? Est-ce que tu avais une infirmière ? Est-ce que ton conjoint t'aidait ? Comment ça se passait pour toi ?
- Speaker #1
Mon conjoint, Flo, lui, il a suivi dès le départ. Il a toujours été hyper présent. Ça, j'avoue. Notre couple était un rock. C'était un peu notre force en PM1. On a vraiment traversé toutes les tempêtes et à chaque fois, on s'est reloués vraiment plus fort tous les deux. Et il a vraiment demandé à avoir manipulé, qu'il disait voilà les instruments pour me piquer, etc. Donc il l'a fait. Il l'a fait très bien, voire même mieux que certaines infirmières. J'ai fait appel à quelques infirmières libérales de temps en temps, mais j'avais plus d'appréhension qu'elles me fassent mal que mon conjoint. Et puis c'était un petit moment, comment dire, à tous les deux, si tu veux, où lui, il pouvait s'investir. Ils sont quand même bien écartés, malheureusement. Nous, finalement, on est vraiment plein dedans. Et eux, ils sont un peu observateurs. Et alors lui, c'est ça. Quand il a vraiment partagé sa bague, il avait sa place dans ce parcours.
- Speaker #0
C'est hyper beau le moment à deux et je te rejoins. Tu allais dire quoi ?
- Speaker #1
J'allais dire pour toi, du coup, c'est des baisers communs.
- Speaker #0
J'étais phobie des aiguilles aussi. Vraiment, mais vraiment. La première fois qu'on m'a fait une prise de sang, vers 15 ou 16 ans, dont je me souviens, je suis tombée dans les pommes. Mais vraiment, ma mère m'a ramassée au milieu de la rue. J'étais sur le trottoir, mais on allait traverser. Et je suis partie, en fait. Elle a dû me porter. Alors que j'étais... Bref, on avait la même taille à cet âge-là. Bref. Et moi, je suis très fière d'avoir dépassé cette phobie. Ça va être très bizarre. Mais quand j'ai arrêté de me faire des injections, ça m'a manqué. C'est très bizarre. Mais je ressentais... Je te jure, le cerveau humain est quand même fascinant. Je pense que c'était ritualisé. Et j'étais tellement fière de moi à chaque fois. Parce que c'était une peur très profonde. Bien sûr, le parcours ne m'a pas manqué, les doutes, l'idée de ne pas y arriver, ce que ça produit au niveau du mental, du corps et tout. Mais c'est vrai que le rituel, nous aussi, c'était un moment à deux. Alors moi, je me piquais moi-même, lui, il ne le sentait pas, il avait peur de me faire mal. Et moi, j'adorais parce que je maîtrisais mon geste. Donc, je savais où ça faisait le moins mal. Bon, on n'est pas à l'abri de toucher un nerf, je pense que tu l'as vécu aussi, tu dis. « Tiens, hier, ça faisait pas mal. Ah d'accord, là ça défonce, très bien. » Eh bien, ce n'est pas grave. Mais voilà, on trouve sa façon de faire. Et moi, je me sentais vraiment pleine de puissance quand je me faisais pas mal et quand c'était fait. Et je crois que c'est ça que mon cerveau a enregistré, c'est cette sensation de maîtrise et de dépasser une peur vachement ancienne. C'était le seul moment où je me suis sentie puissante en PMA, c'était ça. Je ne sais pas si ça te parle, ces moments.
- Speaker #1
complètement ce que tu me dis. Je me revois aussi pareil avec cette sensation. J'étais presque un peu euphorique. et tu penses ou tu es d'accord c'est complètement dingue et alors moi tu parles de rituel et ça me parle parce qu'en fait à chaque fois que j'avais des rendez-vous à l'hôpital pour faire ta prise de sang voilà par l'infirmière etc faire l'écho etc pour commencer il y a la défense en fait je suis passée par la défense pour aller à la sacre et je me dis vu que je vais me faire piquer et que je n'aime pas ça je vais m'accorder un bon petit déjeuner je vais faire un peu de shopping je vais me récompenser tu vois ce que je veux dire Merci. Je me dis que je le vaux bien, franchement. Regarde, tu es super forte. Regarde, tu vois, je me boostais comme ça. Et d'ailleurs, un petit tips aussi pour toutes celles qui sont phobiques des aiguilles. C'est une enchantement qu'il m'avait donné. Juste avant la piqûre, allez, on va dire dix minutes avant, il faut boire une boisson chaude. En fait, ça dilate la veine et ça permet de piquer plus rapidement, de trouver la veine plus facilement et vraiment de moins ressentir la douleur pour les prises de sang. Oui,
- Speaker #0
c'est trop bien. Ça, on me l'avait dit aussi. C'est un truc très précieux parce que c'est vrai que ça peut être des moments et des jours où tu n'as pas envie. Tu as peur que ça te fasse mal. Et c'est vrai que pour ma part, c'était comme dans du beurre à certains moments grâce à ce truc-là. Si j'oubliais, c'est un peu plus… Donc, c'est étonnant. Ça dépend des veines. Je ne pensais pas à un truc à 100 %, mais moi, ça avait marché aussi.
- Speaker #1
Pardon. Moi, je me souviens, il y a un geste que je ne supportais pas. Et quand c'était l'infirmière, elle le savait. En fait, des fois, il tapote. pour trouver la veine. Et ça, je ne supportais pas. Ça m'a même été dans un état d'hystérie. Alors, j'arrive à me contrôler avec la respiration, etc. Et je faisais aussi attention et à partir du moment où j'avais pris cette boisson chaude, etc., elle n'avait pas besoin forcément de le faire très longtemps. Ça, il y a les bacs, j'aime là aussi, qui fonctionnent très bien, mais c'est une heure avant. Ou une heure avant, je ne sais plus. Donc, c'est toute l'organisation aussi, voilà, où ça anesthésie finalement la zone à cliquer. Mais ça, c'est un coup et avec le nombre... de piqûres à faire. Mais bon, quand vraiment on ne peut pas, je pense que c'est aussi un petit remède qui peut fonctionner.
- Speaker #0
Les patchs, en plus, ça marche aussi bien pour les vaccins. Enfin, moi, je sais que pour mon fiston, les patchs MLA, les premiers mois, ça a vachement bien marché. Bon, il y a des vaccins un peu plus douloureux que d'autres, mais ça l'a vachement aidé. Donc, sachant que ça aide un enfant, je pense que pour nous, ça marche bien aussi. Et il y a le froid, la poche de froid. Alors, on a dit du chaud. Mais en tout cas, pour les injections, moi, la poche de froid, quand toutes les zones avaient déjà été sollicitées et que je n'avais plus de zone non douloureuse, tout simplement mettre une poche de froid bien, bien froide, bien gelée sur la zone, ça anesthésie bien aussi pour les injections. Et comme j'ai eu un diabète gestationnel, je me suis beaucoup piqué aussi pendant ma logistique et ça m'a énormément aidée. C'est des petites choses comme ça qui peuvent vraiment adoucir les moments. Et c'est trop bien que tu aies ces types de soucis parce que la douleur, c'est qu'une information pour le corps médical. Pour la plupart, les femmes, par exemple, ne sont pas comme ça. Mais quand même, il y a beaucoup de médecins pour qui la douleur est secondaire. Ils n'en parlent pas quand ils parlent des protocoles. En plus, ça varie selon les individus, donc ils ne veulent pas faire peur inutilement. Mais l'inconfort et la douleur, c'est des choses qui peuvent arriver au parcours PMA. Et en fait, il y a des choses pour adoucir et améliorer, notamment le chaud, le froid, les patchs. C'est hyper important. d'avoir cette petite valisée d'outils pour se sentir mieux à ce moment-là. Le truc des petits days. J'ai pareil. Voilà, donc c'est marrant parce que si on avait fait ça en même temps, je pense qu'on se serait fait des brunchs de PMA. Tu sais, je n'ai jamais aussi bien mangé qu'à ce moment-là parce qu'avant les échographies de contrôle, des follicules ou des choses comme ça, avant ou après les inséminations, par exemple. Je sais que nous, on mangeait bien. Pour adoucir, et ça marchait quand même pas mal. Ça remonte pas le moral à 1000%, mais il y avait un côté où, du coup, les souvenirs que j'ai de cette époque sont mélangés. Il y a la super confiture de au pain quotidien qui vient se superposer à des ponctions pas forcément très faciles ou des petits embryons qui n'ont pas tenu à la congélation, des choses comme ça. Ça vient se mélanger. et Ça fait une sensation douce amère, mais ce n'est pas que de l'amertume. Grâce au fait aussi que je sois maman aujourd'hui, je pense que bien sûr, ça contribue à faire que le tableau est classé d'une certaine manière. Mais quand même, la période warrior a été adoucie par ces désirs-là.
- Speaker #1
Oui, je te rejoins. Je pense que quand je me remémore cette période, Effectivement, on avait pris le parti parce qu'on a eu tellement de montagnes russes. En fait, on a commencé la PMA en décembre 2017. Et tu vois, ça s'est fini en 2024. Alors, il y a eu des périodes de coupures. Mais on a eu, notamment en région parisienne, on a eu trois ans, quatre ans successifs.
- Speaker #0
On est resté sur deux filles. Pour rappeler, une FIV en entier, c'est jusqu'au transfert. C'est comptabilisé comme une fille. Après, on passe à la deuxième. Nous, il y a eu tellement d'abandons, d'échecs. À chaque étape du protocole, à chaque fois, c'était nouveau. Là, on n'a pas essayé ça. Pourquoi ça n'a pas fonctionné ? Parce que là, il y a un piste. Parce que là, tu as ovulé. Là, parce que le médicament n'a pas fonctionné. Là, parce que tu as un problème de thyroïde. Enfin bref, il y a toujours eu quelque chose. En plus, on avait toujours connu qu'une vie à deux, où on se faisait plaisir à deux, mais encore plus en fait. Plus on avance, plus on se dit « Non, on se marie et on verra après. Viens, on fait ça et on verra après. » Et à la fois, c'est l'ambivalence de la TMA, c'est qu'on a mis beaucoup de choses en pause. Et à mon grand regret aujourd'hui, parce que j'ai été la première à freiner tout le temps pour plein de choses. Et aujourd'hui, je vais dire, mais les filles, je sais que c'est compliqué. Parce qu'on est passé par là et ce n'est pas de tout le dire, n'y pense pas, ne fais pas ci, ne fais pas ça. Quand tu es en PMA, tu vis PMA, tu respires PMA. Mais s'il y a quelque chose qui te titille, tu peux faire quelque chose, fais-le. N'attends pas de dire, le protocole va peut-être démarrer, etc. Et ça, je l'ai tellement fait. Et après, quand il y a eu une déception, en fait, tous ces mois d'attente où je me suis privée de faire ci, de faire ça, etc., où j'ai eu des contrariétés, des frustrations, Ça n'a fait qu'augmenter le petit sac à dos de ma lettre, de tout ça. Aujourd'hui, je pense que si je devais recommencer, ça, je le ferais un peu différemment. Je l'ai appris vraiment à mes dépens pendant toute cette période. Disons que TMA, forcément, tu évolues et tu apprends petit à petit. Mais oui, ça a été un long apprentissage. Et heureusement, comme toi, heureusement, aujourd'hui, je peux clôturer ce livre avec un bébé. Je ne sais pas comment ça serait aujourd'hui si j'avais... Mon bébé chou. Mais en tout cas, je me suis privée beaucoup. Et à certaines fois. Et je pense aussi quelque part, mais ça c'est ma vérité à moi, ça ne veut pas dire que ce sera le cas pour d'autres, mais je pense qu'à partir du moment où j'ai arrêté de tout miser sur la PMA et sur mon envie de bébé, j'étais moins dans le contrôle. Et il y a peut-être eu cet espace-là aussi que j'ai laissé. J'ai été dans le contrôle aussi parce que j'ai fait une formation de naturo féminine pour justement mieux m'accompagner moi parce qu'il faut le dire aussi au niveau médical on est très axé sur le corps et pas sur si ça passe à l'intérieur de toi ou même sur des choses qui peuvent t'aider à soulager, soutenir etc et c'est hyper important, moi je vous dis allez voir une fille allez voir qui vous m'aider mais voilà Merci. ne restez pas toute seule dans votre coin et ne restez pas uniquement avec le médical. Il y a d'autres choses aussi qui peuvent vous faire du bien. Moi, qui m'en fais du bien, en tout cas.
- Speaker #1
L'idée, c'est de ne pas s'abandonner en se mettant sur l'objectif PMA uniquement aussi. Il y a de faire des choses qui sont compatibles.
- Speaker #0
Oui, je vois la petite phrase du « je sais bien quand j'aurai mon bébé » . Tu te l'as dit ? Attention ! Je vous ai donné la question, je connais la réponse. On se l'est toutes dit un peu. J'ai convaincu de ça. Je le répétais, je le claironnais à tout le monde. Je pense que je saoulais mon entourage avec ça d'ailleurs. En disant, tu vas comprendre, je serais heureuse que quand j'aurai mon bébé. Parce qu'il y avait une part de vrai là-dessus aussi. La souffrance était tellement intense, énorme, que j'avais vraiment l'impression qu'il manquait un morceau de moi. J'étais incomplète.
- Speaker #1
Justement, ton envie d'enfant, tu m'as dit tout à l'heure qu'elle était assez ancienne. Est-ce que tu pourrais dater ou pas, où ça a toujours été présent chez toi, ton envie de... de maternité ? C'est une question que je pose à tout le monde dans le podcast autour de la parentalité, justement.
- Speaker #0
Eh bien, il m'aura fallu attendre plus de 20 ans. Ouais, non, franchement, adolescente, je voulais être maman. Après, moi, j'ai un rapport à la mère qui est compliqué. J'ai une histoire personnelle là-dessus. J'ai travaillé dessus. Voilà. Surtout, je pense que quand on devient maman, il y a des choses qui reviennent. Voilà. Et j'ai été... toujours voulu en fait plusieurs enfants et être maman jeune. Et tu vois maintenant, quelque part je me dis est-ce que j'aurais pu assumer ? Quand je vois maintenant tout l'investissement que ça demande, je sais pas si j'aurais pu sacrifier certaines choses. Peut-être maintenant je les ai connues, je sais pas, peut-être que ça aurait été différent. Toujours est-il, aujourd'hui ça s'est pas fait comme ça mais le désir d'être maman il était là.
- Speaker #1
très très très tôt très tôt ouais en enfance tu dirais
- Speaker #0
Oui, ça s'est arrivé très jeune. Et puis, c'était après viscérale, autour de mes 20 ans, en me disant « oui, j'aimerais bien 22, 23 ans » . Parce que je savais ce que je voulais en fait. Je voulais être assistante sociale. J'ai mis un peu de temps. En fait, j'ai mis du temps pour tout. J'ai mis du temps à avoir mon permis. J'ai mis du temps à devenir assistante sociale. J'ai mis du temps à avoir mon bébé. J'ai mis du temps à trouver mon mari. Enfin, je voulais du temps.
- Speaker #1
Tu m'avais déjà dit que les choses te prenaient du temps.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Mais... qu'aujourd'hui, il y a quand même un bel alignement, même si aucune vie n'est pas faite. Même les gens qui ont l'air de tout avoir, moi, je ne suis pas dans leur cerveau. Donc, je dis souvent ça quand des amis me disent « Mais regarde, eux, ils ont tout, c'est dur, quoi. » Et genre, ouais, mais moi, je ne connais pas leur état mental, je ne sais pas à quoi ils pensent avant de s'endormir. Je ne connais pas d'être humain qui soit heureux à 100 000 %. Par tranche de semaines ou de mois, peut-être. Mais la vie, c'est toujours une espèce de courbe. On n'est jamais tout le temps au top, même les gens qui ont l'air. Moi, je me dis, ça t'a pris du temps, mais tu arrives au bon endroit. Et autour de la quarantaine, je trouve qu'il y a une sorte de conjonction comme ça, un nœud qui se fait où on a l'impression, si on a travaillé sur soi, si on y a travaillé, quelle que soit la façon dont on travaille sur soi. Moi, je ne suis pas partisane d'aller voir systématiquement des... psy ou de faire une psychanalyse en 12 étapes. On travaille sur soi de la manière qui nous convient, mais vers 40 ans, il y a quelque chose qui se cristallise où on se rapproche de soi d'un coup, je trouve. C'est très impressionnant, comme si on s'était oublié et qu'on se croisait comme ça d'un coup. Genre, ah, oh putain, c'est toi ! Moi, je trouve qu'on est toujours en train de chercher, mais on se rapproche de nous-mêmes. Moi, j'ai l'impression que je ne te connais pas depuis longtemps, mais j'ai l'impression que tu te rapproches. proche aussi, même cette formation de natureaux. Mine de rien, tu l'as faite aussi pour toi, pour mieux comprendre les mécanismes du corps féminin et ses mystères, et comment l'aider, parce que franchement, avec toi, pour soutenir les projets B2B, il faut aussi prendre en compte tout ce qui est mental et tout ce qui est naturel, tout ce qui est natureau, tout ce qui est alimentation, sans devenir... Je pense qu'il faut raison garder, il faut faire ce qui nous porte et ce qui nous semble avoir du sens.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. C'est bien d'être à bout de l'inégal, en fait, parce que... Parce qu'on peut être dans un parcours d'infertilité, avoir les mêmes problématiques, mais finalement, ne pas avoir les mêmes besoins sur plein de choses. Tout à fait. C'est pour ça, des fois, pour l'avoir vécu aussi, des fois, je me disais, mais pourquoi pas moi ? Pourquoi elle arrive à tomber ensemble alors qu'on a le même âge, etc. Alors qu'elle fume, elle... Et il y a plein de questions comme ça que tu te poses, qui te traversent. Et puis, tu dis, mais en fait, on est... pas, on n'a pas tous le même patrimoine génétique, on n'est pas toutes égales, peut-être que moi j'ai besoin de soutenir plus certaines choses, de faire plus certaines choses que d'autres. Et justement, moi, t'apprends à te connaître quand t'es obligée d'apprendre à te connaître en se parcourant. Et du coup, j'ai appris que oui, je suis du made in China, tu vois, véritablement. Moi, j'ai des origines asiatiques, en fait. C'est tout le temps ça. Mais t'es trop made in China. Parce que j'ai toujours un truc de travers, parce qu'il faut... Et j'en ai rigolé. Je me suis dit, il faut que je fasse plus attention que d'autres. Et je me souviens d'une conversation qu'on avait eue ensemble sur la fatigue. Notamment, en plus, une grossesse après 40 ans. Et c'est vrai que j'avais tendance à me comparer. On m'en parlait d'autres femmes aussi qui font pas un truc, etc. Qui n'ont peut-être pas le même degré de fatigue. Moi, je suis plus fatiguée peut-être qu'une autre femme de mon âge. Il faut que je l'accepte, il faut aussi que les autres le comprennent, c'est pas toujours évident. Et je crois qu'une grossesse après 40 ans, c'est pas anodin non plus. On la vit pas de la même façon. Il y a plein de choses qui sont différentes.
- Speaker #1
Tu voulais être maman jeune, et puis avec du recul rétrospectivement, quand on a nos enfants à l'âge auquel on les a, autour de la quarantaine, on les a eus nous en tout cas. Moi je me dis, j'aurais pas pu être la mère que je rêvais d'être si j'avais eu à 25 ans comme... Comme ma mère m'a lu, par exemple, à 25 ans. C'était un modèle, mais ce n'était pas une envie chez moi. C'était juste, pour moi, c'était l'âge auquel on m'avait eu. Et donc, je me disais, bon, pour moi, c'était mille fois trop tôt. Mais ça m'a aidée à mettre en perspective des choses que j'ai pu vivre dans l'enfance, que j'ai pu reprocher à mes parents quand j'étais un peu plus jeune et que je comprends maintenant. Parce que si j'avais eu mon enfant à 25 ans, je pense de source sûre pouvoir te dire ce que je n'aurais pas pu. être la même maman qu'aujourd'hui quand même mais en revanche on a beau être plus avancé je me connais mieux en gros pour faire court mais clairement l'épuisement c'est de la folie furieuse et je dis ça en tant que future psy Ça va taper dans le mental d'une façon hallucinante. Donc, je te rejoins. Moi aussi, je suis beaucoup plus fatiguée que les autres. Là, j'ai cinq heures de sommeil dans les pattes. Et clairement, au bout d'un moment, je suis inutilisable. Et il faut que j'appuie sur pause. Il faut que je fasse une pause, que je fasse une sieste, en gros, dans la journée. C'est obligatoire. Sinon, je ne peux pas fonctionner. Mais c'est fou. Et je me souviens d'avoir vu des photos de mes parents quand j'étais enfant où ils avaient l'air crevés sur les photos en noir et blanc. Et j'étais là, oh, c'est mignon. Non. la fatigue mignonne c'est pas oh je suis crevée je suis crevée j'ai pas mal bossé cette semaine non vraiment c'est démentiel mais c'est vrai que c'est difficile de se l'imaginer quand on n'y est pas encore moi je pensais savoir je ne savais pas je m'étais dit ça va être dur ça va être sacrificiel mais c'est que de la théorie tant qu'on n'est pas dans le jus c'est que de la théorie c'est Merci. pas pour rien que priver les gens de sommeil, c'est utilisé comme torture par certains gouvernements totalitaires. Ça rend vraiment fou. Le sommeil, c'est une des choses qu'on ne peut pas prendre en pilule, qu'on ne peut pas acheter, qu'on ne peut pas se refiler. C'est un carburant qui ne peut fonctionner qu'en étant à l'horizontale sans lumière pendant X heures. Et c'est compensé par rien. C'est vrai, c'est un sacré truc. C'est vrai qu'on ne peut pas se l'imaginer avant de l'avoir vécu. Et en plus, le manque de sommeil impacte les gens différemment. Et moi, je ne suis pas made in China, même si j'ai beaucoup travaillé sur le Japon, mais je n'ai pas été adoptée par quelqu'un japonais. Mais franchement, je me sens aussi très manquante là-dessus. C'est très difficile de me dire, tiens, je ne suis pas performante en ce moment. Je bricole, je fais comme je peux, mais clairement, je ne suis pas performante. Je tiens les trucs à bout de bras et je me débrouille. pour faire illusion, mais je te rejoins sur la fatigue, vraiment. Et c'est pour ça que c'est bien d'avoir du relais, quel que soit le relais. Moi, j'ai coutume de dire aux copines, par exemple, qui veulent être maman solo par choix, et je comprends très bien. Je ne sais pas du tout comment je me sentirais si je n'avais pas trouvé mon partenaire de vie. Et si je n'avais pas le choix, est-ce que j'aurais voulu un enfant à tout prix ? Moi, je m'étais toujours dit que non, que je ne ferais pas un enfant seule. Tout simplement parce que je ne me sens pas à les épaules. Et aujourd'hui, je sais que j'ai raison là-dessus. Je n'aurais vraiment pas pu. Tout simplement parce que mon relais principal, ça aurait sûrement été ma famille. Et en fait, pour prendre sa place de mère, quand on inclut ses parents dans le... J'ai la chance d'avoir un bolet avec mes parents. Mais ça veut dire partager toute la question de la parentalité avec ses propres parents. Et pour moi, ça, ce n'était pas possible. Si je n'avais pas eu le choix, ça aurait été une solution et j'aurais assumé. on ne sait jamais d'ailleurs ça peut encore m'arriver je veux dire je ne suis plus libre mais voilà il faut penser au relais moi sans sans le père de mon fils je ne pourrais pas être la mère que je suis pour mon fils en ce moment c'est la sainte je ne sais pas comment ça se passe pour vous et
- Speaker #0
bien pareil mais à contrario moi je me suis toujours dit je veux être une maman à tout prix quand j'étais jeune et que je n'avais pas encore que j'étais célibataire je me voyais maman c'est assez bizarre c'est que j'avais déjà un peu au fond de moi en disant Ça se trouve, je n'arriverais pas à avoir d'enfant. Assez jeune. J'ai toujours eu cette espèce d'épée d'Amoclès, cette intuition de me dire, je ne sais pas, il y a un truc qui cloche chez moi. Et puis, je me suis dit, j'adopterai aussi. Ça, c'est quelque chose. De toute façon, ce n'était pas le projet. Et on en a entendu parler. D'ailleurs, pour être toute transparente aussi, mon bébé, il est issu d'une fibre avec don d'ovacite. Et je sais que pour Flo, ça n'aurait pas été pareil si ça avait été un double don. ou un don d'osperme. C'est quelque chose qui l'aurait dérangé. Après, voilà, il faut être OK avec ça. Moi, j'ai toujours, je me suis toujours dit adopter, ce serait, voilà, ce serait pareil. Mais c'est vrai que je reviens sur les mamans solo. Est-ce que j'aurais eu la force aujourd'hui de porter seule, sans relais ? Parce que moi, je n'ai pas énormément de relais. Je ne sais pas. Et puis surtout, le lien avec ma maman est un peu complexe. Je, pareil, partager ce lien-là avec elle, je pense, ça aurait été... explosif. Et en plus de ça, j'ai toujours été un peu égoïste quelque part. J'aime danser, j'aime sortir. Et j'ai la chance aujourd'hui de pouvoir compter aussi sur mon chéri, de ne pas tout sacrifier au nom de la maternité. Et ce n'est pas parce que j'ai été en PMA, ce n'est pas parce que je l'ai voulu à tout prix, qu'il faut forcément, ça y est, que je me consacre corps et âme tout le temps à mon enfant. Et ce n'est pas parce que je ne travaille pas que je n'ai pas le droit aussi de mettre mon enfant en garderie. Ça aussi, tu vois, c'est... quelque chose, j'avais envie de l'évoquer avec toi, on en a déjà parlé, mais ça reste encore très délicat aujourd'hui. Ce regard-là qu'on peut porter sur les femmes, une fois que tu es mère, tu dois sourire, tu dois être contente, tu dois être énervée, tu dois avoir ce lien avec ton bébé, tu dois... Eh ben non ! en fait. Et ben non. Il y a des choses qui ne sont pas tout beaux, tout beaux, etc. Et ce n'est pas parce que tu es passé par la PMA que tu dois être une mère au foyer, dévouée, etc. Mais ouais, en tout cas, je tire mon chapeau aux mamans solo, vraiment. Mais vous avez toute mon admiration, je ne pourrais pas. Je le sais, aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi aussi, je me dis souvent que j'ai envie de leur dresser des statues et de leur donner des médailles. Mais en fait, ça ne remplit pas les auges. Ça ne te fait pas une personne à qui parler le soir de trucs d'adultes alors qu'il n'y a que tes enfants à qui parler. Moi, j'ai toujours beaucoup eu envie de faire des choses pour mes copines qui peuvent être mamans solo. C'est très prenant et c'est très sacrificiel. Et c'est une charge mentale complètement démentielle. Et c'est vrai que ça a l'air insupportable à imaginer comme ça. et surtout ce qui, en plus... Le fond par choix, on va aussi leur dire « mais tu l'as voulu » comme les femmes en PMA, comme tu viens de le dire. Ça, c'est un truc que je vois souvent en commentaire d'articles sur Medium, de post Instagram, des trucs comme ça, de « mais tu l'as voulu » . Alors, ce n'est pas parce qu'on veut quelque chose qu'on est capable de tout encaisser en claquant des doigts parce que ça a été un désir à un moment donné. Le mur de la réalité, il est puissant et c'est une expérience humaine. de devenir parent, donc c'est normal qu'il y ait des angles morts et surtout, il y a une vraie hypocrisie de dire ça parce qu'on ne nous dit pas tout. Alors moi, je n'en veux pas aux générations précédentes de ne pas nous avoir dit à quel point c'est démentiel de devenir parent. C'est genre, ce n'est pas juste « Oh, ta vie va changer ! » Non, non, c'est vraiment nucléaire au niveau de la vie et du sommeil, du corps, de l'esprit. Enfin, c'est une implosion véritable. Et en même temps, effectivement, c'est un amour que je ne connaissais pas avant. Je me moquais un petit peu quand on me disait que c'est un type d'amour que tu n'as jamais connu. Je me disais, quand même, attends. J'aime ma famille, j'ai un petit frère. Non, en fait, ça n'a rien à voir. C'est vrai que c'est très différent. C'est un truc assez transcendant. Mais je me dis vraiment qu'on ne parle pas assez de ce que ça provoque comme effet. C'est vrai que moi aussi, admiration aux mamans solo, mais plus qu'admiration, c'est mes héroïnes vraiment du quotidien. Je me disais aussi, tu vois, je ne te trouve pas égoïste de te dire, je veux un partenaire solide pour pouvoir continuer à danser et faire ce que j'aime. Et ce n'est pas de l'égoïsme, c'est de la survie. J'ai une connaissance qui est psychiatre et qui a travaillé avec beaucoup de femmes, notamment qui étaient dans des modes de vie assez traditionnels et qui venaient la voir parce qu'elles étaient... été mère au foyer depuis très longtemps. Elle les a fait travailler de façon assez neutre sur leurs besoins et toutes sont ressorties des séances qui ne sont pas influencées, vraiment je précise, en ayant envie de faire autre chose aussi que d'être mère. Est-ce que c'est dû à l'individualisme, à la façon dont les gens se développent aujourd'hui ? Je ne sais pas. En fait, c'est ce que tu disais tout à l'heure au début. C'est aussi essentiel de ne pas s'oublier, et en parcours PMA, et quand on devient mère aussi, de garder une trace de nos envies profondes absolument. Parce qu'en fait, c'est ça qui va nous soutenir dans nos efforts. Et notre identité, en fait, elle est à soutenir absolument, quel que soit notre projet. Parce qu'en fait, ça, c'est très personnel. Avoir un enfant, c'est quelque chose qui était hyper important pour moi avec mon conjoint actuel. mais ça ne peut pas être un projet en soi de vie pour ma part. Les personnes qui considèrent que c'est leur projet de vie et qu'elles verront après, franchement, moi c'est vraiment personnel. Mais je trouve que c'est important de ne pas s'oublier dans le monde dans lequel on vit, parce que le monde a vite fait de nous oublier aussi, d'une certaine manière, ils ne vont pas nous attendre. Je trouve que c'est important de ne pas s'oublier et de continuer à se construire sans non plus se mettre la pression en se disant « oui, il faut que je me forme, il faut que ça se... » juste trouver le juste dosage entre faire ce qui nous fait plaisir et avoir un enfant et faire cette PMA. Moi, je comprends très bien qu'on se sente incomplète si on n'a pas d'enfant. Moi, j'ai ressenti ça très tard dans ma vie, mais je l'ai ressenti aussi. C'est un équilibre à trouver, je trouve. Mais continuer à danser, si tu veux, je pense que c'est essentiel. Et ton fiston, il est une maman encore plus épanouie parce que tu sors, parce que tu ne t'oublies pas au passage, parce que tu fais des choses qui te font plaisir. tu n'oublies pas ton identité en dehors de lui ça me semble très clair mais ça je l'ai accepté,
- Speaker #0
je l'ai compris et aujourd'hui je le vis très bien et mon petit bout aussi et d'ailleurs la danse c'est une partie de notre vie parce que tous les jours il y a de la musique et tous les jours il danse, il me prend la main et puis il danse en fait avec moi donc c'est notre petit monde mais c'est ça,
- Speaker #1
il y a quelques jours je t'ai envoyé cette vidéo d'une maman qui était dans la cuisine et j'ai pensé à toi tout de suite parce que c'est magnifique j'ai Merci. beaucoup de mal avec les vidéos qui utilisent des enfants, qui mettent en scène des enfants. Je trouve que comme ils n'ont pas voix au chapitre, ça ne se fait pas. Quand ça n'a pas l'air d'être travaillé, quand on n'a pas fait répéter l'enfant. Parce que là, on voit bien que la petite, elle est en train de m'enlever des morceaux de banane et que d'un seul coup, il y a la musique et donc elle s'illumine et elle se met à danser. C'est vrai que c'était beau et c'est ce côté naturel. Sinon, c'est vrai que je ne suis pas fan des vidéos d'enfants mais là, j'avais pensé à toi. Parce que la danse aussi, c'est un truc qui peut améliorer notre santé mentale.
- Speaker #0
Moi, je pourrais t'en parler des heures. Je pourrais effectivement en faire l'apologie. L'éloge, pour moi, c'est un médicament de la danse. Et pour tout le monde, que tu sois une passionnée ou pas, que tu aies déjà dansé ou pas, je pense que ça, comme la respiration, c'est quelque chose qui est vital et qui fait du bien au corps, à l'esprit. Tu permets vraiment de couper avec ton quotidien, de relâcher la pression, de plein de choses. de bannir les douleurs articulaires, en presque bouger. Mais non, la danse, ça t'apporte de la joie, ça fait du bien. Et puis moi, ça a été vraiment... Moi, ça fait partie de ma vie et c'est quelque chose qui fera toujours partie de ma vie et qui a été essentiel de mon parcours aussi. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est vraiment pas anodin quand on aime faire quelque chose qui en plus implique le corps et l'esprit.
- Speaker #0
Viens.
- Speaker #1
Quelque chose comme le yoga, ça a pu m'aider à traverser des phases de dépression. Parce que quand on trouve quelque chose qui nous fait du bien, c'est bien de ne pas lâcher. Et puis si ça change, un jour ça change. Mais quand c'est une passion profonde comme ça, et qu'en plus on peut pratiquer avec les enfants. La fois où mon fils s'est mis à danser pour la première fois, c'est trop.
- Speaker #0
Toutes les premières fois, mais c'est vrai qu'ils se mettent à bouger comme ça. T'es tellement fière d'eux,
- Speaker #1
c'est tellement Michou. C'est fascinant. Il y a des choses qui sont hyper touchantes. C'est vrai que se dire qu'on a 40 ans d'écart avec nos fils, mais qu'il y a des choses qui se passent entre nous au-delà de les nourrir, de les bercer la nuit, le jour. Mais franchement, des choses comme le rire, ça, c'est un truc assez fabuleux.
- Speaker #0
Oui, c'est un bel héritage. Enfin, moi... J'assume que c'est mon héritage que je vais lui laisser. Ça, je ne te l'ai pas dit, je l'ai un peu délaissé ces derniers temps, mais je lui ai constitué un carnet. Moi, j'adore écrire. J'ai beaucoup, beaucoup écrit pendant la PMA. Et là, je lui ai fait un carnet pour lui de toute sa naissance. J'écris de temps en temps. Je lui écris tout ce qui me passe un peu par la tête. J'ai notamment aussi... Je te dis, c'est un hyper intime ce que je te dis. Quand je le berce aussi, je lui parle énormément. Et je me suis rendue compte que j'avais besoin de lui parler. Mais vraiment des choses très profondes de la vie. Alors, bien évidemment, pas trop lourds non plus, mais j'avais vraiment besoin de communiquer avec lui, de lui raconter aussi un peu son histoire quelques mois. Je m'assure d'écrire aussi. Alors, c'est moins facile d'écrire que de lui parler aujourd'hui. C'est peut-être pour ça que je lui laisse le carnet. Et voilà, c'était ma petite parenthèse héritage.
- Speaker #1
C'est superbe d'avoir cette capacité à verbaliser. C'est des choses qui ont pu manquer. Par rapport à l'éducation qu'on a reçue des générations précédentes, où il y a une sorte de pudeur. Alors moi, je n'ai pas forcément vécu ça, parce que j'ai une famille qui communique beaucoup. Mais c'est vrai, c'est quelque chose que j'observe beaucoup. On n'a pas les clés, des fois, de nos parents dans notre génération. Et les nôtres, ils ont des clés. Alors, on va faire d'autres conneries. Je veux dire, j'ai confiance en nous. Forcément, ils vont avoir des choses à nous reprocher. Et heureusement, il faut s'émanciper dans la vie, c'est bien. Mais c'est vrai que c'est beau de lui transmettre son histoire. Tu penses lui raconter la façon dont il a été conçu, le projet bébé, etc. Est-ce que vous en avez déjà parlé ?
- Speaker #0
Je veux à la fois lui parler de notre parcours, mais je n'ai pas envie que ce soit non plus un poids. C'est quelque chose qui vraiment me questionne beaucoup sur la manière dont je vais aborder les choses. J'ai commencé par petites touches, si tu veux. Et puis je me dis, il faut que je fasse attention. Il ne faut pas que ce soit non plus trop en mode drama. Je veux que ce soit léger quand même. Je ne veux pas qu'ils se disent, mes parents, ils m'ont tellement attendu, ils m'ont tellement voulu. En plus, il est fils unique et il restera fils unique. Ça, d'avoir été enfant unique, je sais ce que ça peut représenter aussi.
- Speaker #1
Mais c'est bien que tu te laisses le temps. Moi, ce que j'avais apprécié aussi, dans ta façon de communiquer, même en tant que ma marraine dans ce parcours, c'est que tu as quelque chose de réfléchi et les choses se passent comme elles viennent. On va voir comment ça se passe. En fait, je trouve ça bien de ne pas être rigide et de ne pas se dire. Tiens, je vais lui dire comme ça, à tel âge. En fait, on est dans les trois premières années de nos enfants. Tu as le temps de voir la façon dont il aime qu'on lui raconte les histoires. Tu as le temps de voir la façon dont votre relation se construit et comment tu en as envie de lui transmettre aussi. Je pense que c'est des choses qui ont le droit de prendre du temps aussi.
- Speaker #0
Bien sûr, je suis d'accord. Et puis, tu vois, pour reboucler avec ce qu'on disait aussi au début, je pense que la PMA, je la laisse un peu dans mon tiroir. Parce qu'on est tellement occupés en tant que maman à voir nos petits loulous évoluer, grandir. Ça nous demande du temps, ça nous demande plein de choses. Et forcément, ça nous prend toute l'énergie déjà au quotidien.
- Speaker #1
Non, mais complètement. Moi, ce dont je ne me rendais pas compte avant d'être mère, c'est ce côté essoreuse. Même si, en plus de ça, moi, j'ai la chance de ne pas être dans un boulot à 40 heures par semaine. Je suis en freelance. Je fais les choses plus ou moins à mon rythme. Enfin, ça a d'autres conséquences sur le quotidien. Mais c'est une telle sourde, je veux dire, on n'a pas une minute pour vraiment se poser et philosopher vraiment sur les choses. Donc je trouve ça bien de faire comme ça va venir au fur et à mesure des années, parce qu'ils sont encore petits et que dans la vie, à certains moments, c'est difficile, voire pas nécessaire de trancher de façon immédiate comme ça. Et je te rejoins sur la question de la PMA. Moi, je ne sais pas comment on va lui en parler. à notre fils, surtout que comme tu le sais, nous on est tombés moi je suis tombée enceinte entre deux protocoles après avoir saturé ce fameux mois de la Toussaint en 2022 et donc je m'interroge sur l'impression que ça pourrait lui mettre aussi d'avoir été tant désirée et d'avoir cette sensation d'être un miracle et ça me fait toujours marrer parce que je repense toujours à l'épisode de Friends, je ne sais pas si toi aussi tu étais une inconditionnelle
- Speaker #0
Peut-être pas irinconditionnel, mais j'ai beaucoup regardé tout de tard.
- Speaker #1
Oui, il y a un épisode où il y a donc Ross qui est ce paléontologue geek. Je n'arrive pas à croire que j'explique qui est Ross, parce que franchement,
- Speaker #0
je pense que tout le monde le sait, mais je ne me demande jamais.
- Speaker #1
Et donc, c'est le préféré de la famille, c'est les nez. En gros, il sait que c'est un miracle. Il sait que les parents pensaient que la mère était... infertile, qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant et elle est tombée enceinte. Et donc, du coup, c'est un miracle. Et donc, c'est le fils adoré, le fils chéri, aussi bien que sa sœur puisse agir, elle ne pourra jamais le dépasser. Et moi, je n'ai pas spécialement envie de transmettre cette image-là, parce que même si, honnêtement, quand j'ai vu que j'étais enceinte, je me suis dit, ce n'est pas possible, je vais croire en Dieu. Parce que c'était juste hallucinant. Après avoir autant galéré, je me suis dit, ça m'a coupé la chic, quoi, en positif. Il n'a pas à savoir ça nécessairement, à quoi ça va lui servir, etc. Donc moi, je me dis, on va voir au fur et à mesure. Quand il va grandir, ça va dépendre de quoi il a besoin. Est-ce qu'il serait rassuré de savoir qu'il a été autant désiré s'il manque de confiance en lui ? Je me dis, tiens, ça pourra aussi lui montrer qu'il y a des gens qui attendaient qu'il existe plus que tout au monde. Et voilà, et si jamais on le gâte trop, je me suis dit... Je n'ai peut-être pas en rajouter dans la balance. Ça va dépendre, je pense, dans son histoire et dans la nôtre, de quoi il y a besoin, tu me dis, tu vois aussi. Tu me laisses cette porte de sortie.
- Speaker #0
Non, mais je te comprends. Après, à la différence avec ton parcours et ton histoire, moi, à un moment donné, je serai forcée d'aller vers aussi un chemin de vérité parce que c'est notre devoir aussi de lui dire que s'il le souhaite, il peut en un moment donné lever aussi l'anonymat. demander en tout cas, aller se renseigner, aller rechercher, etc. Ça, je t'avoue que je n'y pense plus trop parce que c'est mon bébé en tous points de vue. mais c'est vrai que quand on en parle je suis assez ouverte à ça j'ai pas forcément alors peut-être qu'aujourd'hui j'occulte beaucoup, peut-être que je fais un déni j'en sais rien mais on verra pareil je me laisse le temps aussi, il est encore petit mais on a le temps, on a le temps de voir venir c'est ça,
- Speaker #1
c'est intéressant parce que je pense que la question du don de vos sites je voulais aussi interviewer plusieurs personnes qui ont eu ce parcours là parce que ça pose une autre question et... la question des origines des donneurs et des donneuses. Et c'est vrai qu'il y a une possibilité de connaître ses antécédents, notamment de santé, etc., pour l'enfant. Et je suis d'accord avec toi que c'est mieux de ne pas faire l'impasse là-dessus au bout d'un moment. Mais, comme tu dis, c'est une question de temps, quoi. Tu n'as pas l'air d'être dans le déni. Je pense qu'ils sont petits. C'est bien d'avoir le temps de voir à quel moment ça peut intervenir, sachant que... C'est vraiment en fonction de son développement, de votre relation, des besoins qu'il peut y avoir aussi, des questions qu'il peut avoir. Tout ça, c'est adaptable, je pense.
- Speaker #0
Après, tu vois, en discutant avec toi, je me remémore aussi le nombre de fois où on est parti aux urgences pour Charlie. Et c'est une question qui revient souvent, c'est les antécédents. Et à chaque fois, on demande les antécédents du côté de la mère et à chaque fois, je leur dis, en fait, je ne peux pas vous répondre. Donc, c'est vrai que quelque part, peut-être que cette question va s'imposer aussi à nous rapidement, avant l'adolescence, quand il sera jeune. Parce que si jamais il est amené à rencontrer un médecin et que le médecin pose la question devant lui et qu'il voit qu'il y a une gêne ou quelque chose, je n'ai pas envie qu'on soit dans le secret. Il va falloir aussi, à un moment donné, qu'on se pose aussi la question quand il va grandir et qu'on va être confronté à ça. En vrai, je pense que ça va s'imposer aussi à nous, de ce côté-là, malheureusement.
- Speaker #1
Et je pensais... Tu vois, je te remercie d'en parler ici avec moi parce que je pensais que les antécédents de santé, tout en préservant l'anonymat de la personne, étaient dévoilés dans le dossier, tout simplement pour cette raison-là, que quand un enfant vient au monde, c'est bien de savoir s'il a peut-être des antécédents au niveau pulmonaire ou des fragilités, parce que tout le monde en a. Et je pensais que c'était peut-être inscrit au dossier.
- Speaker #0
Alors, c'est-à-dire que En fait, quand tu vas sur le don, tu remplis toute une fiche au niveau identité, au niveau administratif, enfin, ce qui est bien, et aussi au niveau santé. Évidemment, tu es écarté sur certains points de santé si ça ne colle pas. Parce que, voilà, ils font attention à ça. Mais par contre, tu peux très bien avoir peut-être des antécédents de santé qui ne sont pas incompatibles avec le don et en même temps qui peuvent être inscrits au dossier. Mais toi, en tant que parent, Roster, tu ne le sais pas. Et le médecin n'a pas accès à ça.
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il n'y a que ton fils qui pourra demander accès à ça ?
- Speaker #0
Alors, si j'ai bien compris, si vraiment il y a un problème de santé important, on peut nous demander, en tout cas, interroger. Alors, je ne sais plus s'il faut qu'on interroge directement les médecins ou il faut qu'on passe par... Je ne sais plus quelle est la... procès dur, il n'y a pas beaucoup de choses pour enseigner. Mais en tout cas, je sais que oui, on peut à un moment donné, effectivement, quand même, demander au niveau médical si quelque chose... Mais après, la levée en tout cas de l'anonymat et de toutes les informations qu'il y a dans son dossier et de la lettre, qui normalement, parce que ce n'est pas obligatoire, c'est fortement conseillé, le parent donneur de laisser une lettre. L'enfant pourra y avoir accès à sa majorité.
- Speaker #1
Une lettre pour son enfant ? qui est né à partir de cette ovocyte.
- Speaker #0
Tout à fait. Pour expliquer ton geste, pour dire qui tu es. Alors, en même temps, on te demande de ne pas donner d'informations trop personnelles. Je le sais parce que mon mari a fait aussi un don après. Oui, il avait envie de... On a deux rôles un peu là-bas.
- Speaker #1
Tu vas me faire pleurer. Oui, je t'ai fait deux fois. C'est superbe.
- Speaker #0
Tu vois, tu fais remonter l'émotion aussi là.
- Speaker #1
Je suis en l'Iran avec toi, Marie, c'est ouf ! C'est super, merci d'en parler, je te fais ouvrir des boîtes, je n'avais pas noté ça dans le fil rouge, mais je me suis dit qu'on allait avoir la conversation, donc n'hésite pas d'ailleurs si c'est trop, mais merci parce que c'est vraiment des questions que beaucoup de gens nous posent, et la question du don de vos titres est au cœur des questions de PMA. et elle est de plus en plus répandue. Et je trouve ça très beau que ton conjoint ait fait ce geste en retour, c'est ça ?
- Speaker #0
Encore une fois, on est toujours dans une forme un peu d'injustice, je reviens sur la PMA, parce qu'un don... d'obocytes et en don de sperme ne demandent plus les mêmes investissements. On est d'accord ?
- Speaker #1
Oui. Bien sûr, l'émotion passée, je me suis dit ça, je me suis dit tiens, mais c'est quand même pas la même façon de donner.
- Speaker #0
Ça reste quand même un beau geste et ça n'enlève rien, voilà, et je trouve ça très honorable et j'ai adoré l'accompagner là-dedans vraiment, qui m'a souhaitée aussi. Mais c'est vrai que je repense, j'ai souvent repensé quand même à cette donneuse Merci. Je la remercie énormément du fond du cœur. Et je me dis, mais cette bienfaitrice, cette fée, elle n'a jamais eu de soucis. Et en fait, elle a dû passer par des choses lourdes pour faire un don d'elle-même, en fait, dans l'espoir que peut-être une famille serait aux anges grâce à elle. Mais sans le savoir, parce que ça, tu ne le sais pas. Tu fais un don et tu ne sais jamais ce que ça devient. Tu sais que par contre, tout sera utilisé. Ça nous a été garanti, mais par contre, tu ne sais pas si ça a été fécondé. Tu ne sais rien après, ça ne t'appartient plus.
- Speaker #1
Je pense que si on réfléchit en termes psychologiques et en termes de projections, c'est quand même bien mieux.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Ça évite que la personne ait envie de faire des recherches et ça permet de couper les éventuelles projections affectives qu'on pourrait avoir vers des personnes qui ont une partie de notre ADN, mais qui ne sont pas nos enfants. qui sont vraiment les enfants de leurs parents. C'est une vraie question, une question à la fois éthique et affective. Je suis d'accord. Et je trouve ça vraiment intéressant d'en parler parce que le vivre dans sa chair, ce n'est quand même pas pareil que théoriser. C'est vraiment très puissant. Voilà, c'est déjà la fin de ce premier épisode de Psychopop avec Johanna. Rendez-vous dans 15 jours pour la suite de son parcours. et de nos parcours vers la maternité. Merci de votre écoute. A très vite.