- Speaker #0
Hello vous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Psycho Pop. Alors cet épisode, c'est un nouveau format d'entretien que j'expérimente pour, notamment les gens très occupés ou introvertis, l'interview par vocaux. Et donc je l'inaugure avec Victoire, qui est illustratrice et ex-journaliste très engagée, que je suis sur Insta depuis des années. Aujourd'hui, je suis super contente de vous partager cette discussion avec elle. Dans cette saison du podcast... Vous savez que j'ai à cœur d'explorer et d'interroger notamment le rapport qu'on peut avoir à la maternité et à la parentalité. Parce que je trouve que toutes ces expériences racontent quelque chose de notre rapport à nous-mêmes, aux autres et aux modèles sociaux accessoirement. Personnellement, je suis assez tout près d'être une personne childless. Et je trouve que c'est encore mal jugé et très mal compris aujourd'hui. Alors dans cet épisode, on va parler de l'envie de ne pas avoir d'enfant avec Victoire. Très bonne écoute. Hello vous, moi c'est Marie, future psy. Bienvenue dans Psycho Pop, le podcast. Une pause et un podcast. Dans Psycho Pop, on va plonger ensemble dans des sujets universels. Amour, travail, parentalité, légitimité. On prend une pause, on se donne des tips de vie ou de survie, et on sait qu'on est dans le même bateau. On va aussi débunker des grands mythes de la psycho, et répondre à des questions bizarres. Tu verras. Intéressé ? Alors viens te poser par ici, ça va commencer. Donc je commence par une question toute bête. Est-ce que tu veux ajouter quelque chose sur toi, sur ton parcours, te présenter différemment de la façon dont moi je l'ai fait ? Je te laisse la parole là-dessus, si tu as envie de faire ça.
- Speaker #1
Salut Marie et coucou Psychopop. Déjà, merci pour l'invitation, je suis trop contente de participer à ton podcast. C'est génial ce que tu fais, c'est trop bien. Et j'ai trop hâte d'écouter tous les autres épisodes qui arriveront. Et surtout, merci pour cette présentation incroyable en fait. Et tu as bien mis le mot sur ce que j'essaye de faire, c'est-à-dire sensibiliser. Écoute, je vais renvoyer un mail au président, histoire que mes stories et mes publications soient remboursées par la Sécu. Clairement, j'adore l'idée, vraiment. C'est ça aussi, mes dessins. Le but, c'est un petit peu que ce soit un médicament ou quelque chose qui aide les gens dans leur vie de tous les jours, dans leur rapport au corps, dans leur rapport aussi à leur mental, à leur psychologie. Donc parfait pour psychopathe, en fait. Voilà. Et tu me demandais si je devais, pardon, ajouter quelque chose. Écoute, je dirais que j'ai 32 ans. Je peux encore le dire, parce que bientôt j'aurai 33 ans, dans quelques jours. Je suis illustratrice, ancienne journaliste et attachée de presse, et que j'aime traiter des sujets qui touchent, en majorité en tout cas, au corps de la femme. Je m'évertue à déconstruire tous les tabous et tout le mal qu'a fait la société patriarcale. Sur nos femmes, mais aussi sur nos cerveaux de femmes, sur tout ce qu'on a intégré et qu'on n'aurait pas dû intégrer. Je parle de l'épilation, du corps, du couple. En effet, comme tu as dit, parfois je parle aussi de prout. Vraiment, le but, c'est de déculpabiliser et de sensibiliser les femmes aussi, les hommes. C'est ce que je dis souvent, le patriarcat dessert aussi les hommes et ne les laisse pas être eux-mêmes. Gros travail de sensibilisation sur les dessins de Victou.
- Speaker #0
Ensuite, je pose ces deux questions à tout le monde par rapport à la parentalité. Quelle est ta vision de la parentalité ? L'image qui te vient à l'esprit quand je dis le mot parent ? Qu'est-ce que ça t'évoque ? Est-ce que tu as une image qui vient ? Et est-ce que tu veux nous en parler, tout simplement ?
- Speaker #1
Alors, quand tu me dis parentalité, la première chose à laquelle je pense, je ne vais pas te mentir, la première image qui m'est venue en tête, c'est une image. qui m'a marquée. C'est un moment du quotidien totalement idiot, mais un jour, je pars en vacances. Je pense que c'est il y a quoi ? Il y a 4 ans ? Un peu après le confinement, je pense. Je pars en vacances et dans le train, dans le TGV, il y a un couple qui doit avoir à peu près mon âge, donc 28 ans, quelque chose comme ça. Et en fait, ils ont deux enfants. Moi, je suis dans ma place solo, au calme, avec mes Airpods. et eux, ils sont dans une galère extrême à porter la poussette du plus grand, le petit couffin de la plus petite. Le père, il a l'air au bout de sa vie. Et en fait, ce qui est horrible, c'est que j'ai l'impression de lire sur son visage le regret. Et sa nana est exténuée, en fait, parce que lui n'y met pas du tout du sien, alors qu'elle, comme d'hab, elle essaie de faire bonne figure. Ça, c'est toujours le rapport homme-femme, pareil. C'est-à-dire qu'on a l'impression aussi qu'elle traîne trois enfants et pas deux. Et il y a vraiment cette impression de traîner. Ça a l'air d'être un supplice. Et je me dis, mais jamais de ma vie, moi, je pourrais faire face à ça. Donc, il y a ça. C'est la première image bien sympathique qui me vient en tête. Et bien sûr, n'étant pas donc parent moi-même, je pense à mes propres parents, à la manière dont ils ont... considérer leurs enfants, c'est-à-dire ils nous ont considérés comme des enfants et non pas comme des personnes. On ne peut pas leur en vouloir, déjà il n'y a pas de règles ou de guides pour être parent. J'ai conscience que c'est quelque chose de très compliqué et que toute nouvelle personne qui vient au monde et qui est un jour parent le fait pour la première fois. Donc là-dessus, je ne peux pas leur en vouloir. Il y a plein de choses que je leur reproche aujourd'hui comme beaucoup de gens une fois adultes. Par ailleurs, je pense à cette notion d'être considéré comme une enfant et pas comme une personne, et d'être aussi considéré comme un objet. C'est d'abord ce qu'ils pensent eux, avant ce que je pense moi.
- Speaker #0
L'autre question que je pose aussi à tout le monde, c'est depuis quand tu sais que tu ne veux pas forcément d'enfant ? Est-ce que c'est une conviction de toujours, ou est-ce que c'est une réflexion qui a évolué avec le temps, avec des événements, avec des rencontres, etc. ?
- Speaker #1
Lorsque j'ai dit à mes proches que je ne voulais pas d'enfants, déjà je leur rappelais, parce que tu sais, souvent j'avais le truc de « tu changeras d'avis » . Je pense que c'est des choses qu'on dit très souvent aux femmes qui ne veulent pas d'enfants, et je précise aux femmes, parce qu'on considère que c'est beaucoup plus normal pour un homme de ne pas vouloir d'enfants, mais qu'en revanche pour une femme, ce n'est pas possible, ce n'est pas naturel. Donc très souvent, j'ai eu le truc de « tu changeras ta vie » . T'es trop jeune. Sauf qu'en fait, là, ça commence à faire depuis, je te dis, depuis que j'ai l'âge de 5 ans, en tout cas depuis que je suis toute petite, que je vends pas d'enfants, que je m'imagine pas avec des enfants et que ça fait pas du tout partie, tu sais, de ma vie et de ma vision de la vie. En fait, il y aurait pas la société autour. Je pense que ça ne viendrait même pas à l'idée. Ça peut paraître idiot, mais c'est quelque chose pour moi qui n'est pas du tout compatible avec ma manière de me voir, de voir la vie. Et ça changera peut-être un jour, mais en tout cas... C'est pas aux autres, tu vois, de me le dire et de décider pour moi. Je sais que mon père est très obsédé, encore le sujet du père, mais mon père est très obsédé par les liens du sang et la succession, tu sais, enfin pas la succession, mais un peu la transmission et ce que deviendra sa lignée. Déjà, mon gars, ça va, tu n'es pas Louis XIV, et quand bien même, on est encore libre de décider de ce qu'on a envie de faire. Je sais que ma sœur, elle aussi, elle se pose beaucoup de questions. Elle n'est pas aussi, je crois, drastique que moi sur ça. Mais mes parents ont un peu compris que potentiellement, ils n'auraient pas de petits-enfants. Et moi, je trouve que déjà, avoir un enfant, c'est très égoïste. Alors, c'est marrant parce que les gens me disent souvent que c'est très égoïste de ne pas vouloir d'enfant. Mais en fait, si je faisais un enfant, alors que je n'en veux pas, c'est ça qui serait extrêmement égoïste, en fait. Je suis une femme, donc je fais un enfant alors que je n'en ai pas envie. Non, j'ai parfois l'impression, tu sais, d'être beaucoup plus... Comment dire ? Alerte que, par exemple, tu sais, les militants pro-vie qui te disent « mais vous tuez des enfants quand vous avortez » . Mais en fait, pardon, mais on ne va pas mettre au monde des enfants dont on ne veut pas, dont on ne pourra pas s'occuper. Ça, c'est horrible. Mieux vaut avorter que de mettre au monde un enfant qui, soit de un, n'est pas désiré, et le fruit d'un viol. Je veux dire, c'est très grave. Une vie, pour moi, c'est extrêmement important. Donc parfois, tu sais, j'ai... Quand j'entends les militants pro-vie, je ne comprends pas qu'on les appelle pro-vie en fait. J'ai plutôt l'impression, tu vois, qu'en tant que personne qui ne veut pas d'enfants, j'ai plus conscience de l'importance de la vie que ces gens-là. Bref, petit aparté, quand mes parents comprennent qu'ils ne vont pas forcément avoir de petits-enfants, je leur dis mais c'est vachement égoïste, vous n'avez pas fait des enfants pour après avoir des petits-enfants. Déjà pour moi, l'acte de faire un enfant, en effet, c'est quelque chose d'égoïste. Ce n'est pas reproche que de dire ça. Pour moi, c'est un fait. Tu as envie d'un enfant, tu le fais. Tu mets au monde une vie. Avec tout ce que ça veut dire, que ce soit financier, que tous ces sujets-là dont on ne parle pas toujours quand on parle de faire un enfant, parce qu'on va se focaliser d'abord sur l'amour, l'union de deux êtres. D'abord, ce n'est pas toujours ça. Et puis ensuite, il y a toutes les questions qui sont peut-être beaucoup plus terre-à-terre, mais qui concernent aussi la vie de ce futur enfant et de ce futur adulte. C'est ce que j'essaie d'expliquer en tout cas aux proches qui ne comprennent pas toujours. Maintenant, ils ont compris. Mais c'est vrai que mes parents, je pense, sont un peu tristes de se dire qu'ils n'auront pas de petits-enfants. Et je pense qu'ils comptaient sur ma sœur pour potentiellement rattraper le truc. Et en fait, ils se rendent compte que potentiellement, elle n'aura peut-être pas d'enfants aussi. Après, et ça, c'est quelque chose qui m'est très personnel, moi, je me dis toujours, tu vois, il y a 2% de mon 100% de pas d'enfants qui... Je me laisse 2% de « on ne sait jamais, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans une vie » . Mais ça, tu vois, je me le dis à moi et je ne le dirai jamais à une personne qui me dit « je ne veux pas d'enfant » . Jamais je ne remettrai en cause ce qu'il ou elle pense à ce moment-là. Parce que tu vois, moi, si on me dit ça maintenant, ça m'insupporte. Il y a vraiment ce truc presque un peu enfantin de venir dire « ah ouais, je changerais d'avis » . Très bien, ben non, je changerais encore moins d'avis. Et tu vois, les deux petits pourcentages. qui restait de « tiens, je ferais peut-être un enfant » , là, il dégage encore plus.
- Speaker #0
Il y a une image intégrée de la femme en tant que mère qui serait en quelque sorte réalisée par la maternité. Même quand nos parents ou nos familles ne nous ont pas forcément directement mis la pression sur le sujet, j'imagine que tu la ressens également, cette pression sociale intégrée autour de la maternité, parce que j'ai déjà vu certains de tes posts qui l'évoquaient. Comment est-ce que toi tu t'adresses à cette petite voix intérieure qui nous enjoint à devenir mère, enfin intérieure, extérieure plutôt, qui nous enjoint à devenir mère et qui semble dire que c'est un passage obligé pour les femmes ? Est-ce que tu la ressens ? J'imagine que oui, enfin, cette injonction-là, comment tu t'adresses à cette petite voix-là ?
- Speaker #1
Alors, en effet, je suis certes issue d'un milieu privilégié, mais pas du tout tradit ou catholique, quoi que ce soit. Vraiment plutôt hors tradition. Mais c'est vrai, et on ne m'a jamais mis la pression de faire des enfants. En tout cas, je ne l'ai jamais ressenti. Peut-être parce que mes parents se disaient qu'automatiquement, on aurait des enfants et que donc, ce n'était pas un sujet, tu vois. Peut-être. En tout cas, cette petite voix, elle est quand même toujours là parce qu'en fait, on voit la femme comme une mère, automatiquement. Petite, on te donne des poupées qu'on te met dans les mains et on ne les met pas dans les bras des hommes. On t'incite à être une petite maman infirmière qui s'occupe de tout le monde. On connaît la société patriarcale, c'est par là que ça commence et on fait de nous de parfaites petites mamans. Moi aussi, on m'a fait lire d'ailleurs Martine, petite maman. Et puis même... On t'apprend même quand t'as des frères et sœurs, des petits frères, des petites sœurs. Moi, j'ai une petite sœur, petite, tu vois, à jouer à la petite maman. En effet, un peu comme dans Martine, petite maman. Et j'ai vraiment un souvenir de ce livre, c'est fou. Martine, petite maman. Non mais vraiment, je vais le répéter dix fois. Et en tout cas, moi, je me disais, il n'y aura pas de victoire petite maman. Mais au fur et à mesure du temps qui passe, en tant que femme... quoi qu'il arrive, que tu le veuilles ou non. Et même si pour toi, ce n'est même pas une question d'avoir des enfants, la petite voix, elle est quand même là. Et puis, tu vois aussi les gens autour de toi. Puis, moi, j'en prends beaucoup plus conscience. D'ailleurs, ces dernières années, je dirais depuis 2-3 ans, peut-être moins, tu vois, je vais avoir 33 ans, je vois des femmes dans le métro qui ont mon âge ou même qui sont plus jeunes et qui ont des enfants. Et là, je me dis, ah ouais, je suis vraiment dedans. Et tu sais, il y a cette espèce de truc de, un jour, biologiquement parlant, je ne pourrais plus avoir d'enfant, est-ce que je vais regretter ? Et cette question-là, tu vois, j'en parle que quand je me sens vraiment safe, comme là dans Psycho Pop par exemple, parce que je sais que personne ne va me dire « Ah bah tu vois, t'as quand même envie d'avoir des enfants ! » Non ! C'est juste normal quand on nous met l'impression en tant que femme, depuis toute petite, à un moment de se poser la question du potentiel regret. Je veux dire, c'est humain, c'est totalement humain. Donc, je me pose toujours la question. Et parfois, tu vois, et puis, il y a toujours ce truc quand je vois, en effet, des femmes de mon âge ou qui vont accoucher ou des copines aussi qui m'entourent. J'ai une amie qui va accoucher, d'ailleurs, demain. C'est évident que je vais me projeter, moi aussi. Alors ça, c'est même au-delà de la société. Je pense que c'est une question de dire, tiens, et moi ? Et moi, si ça m'arrivait ? Donc, j'essaie d'être très bienveillante quand j'ai ma petite voix dans la tête et je me transfère très souvent dans un truc en me disant, attends, si là, il n'y avait pas la société autour, Est-ce que là, tu auras envie d'un enfant ? Non ? Alors continue à vivre tranquillement sans ça. Et si un jour, biologiquement parlant, tu ne peux plus faire d'enfant, tu te dis « je crois que je regrette » , repense à ce moment de temps présent, quand tu avais 30 ans, presque 33, et que tu te disais « non, en fait, j'en ai pas envie » . Il ne faut pas que je me mette à regretter quelque chose qui ne me faisait pas envie à l'époque.
- Speaker #0
Je me demandais aussi à propos d'injonction intérieure. Mais en fait, en réalité, extérieur à nous, est-ce qu'il y a des réactions ou des retours qu'on a pu te faire en ligne ou en direct qui ont pu te marquer ou t'agacer, particulièrement concernant ce sujet-là, du choix ou de l'envie de ne pas avoir d'enfant ? Moi, je suis très admirative de ton côté personnage public, vraiment. J'ai hâte de t'interviewer éventuellement sur ce sujet-là pour la prochaine saison. de psychopop autour de l'image de soi et des réseaux sociaux. Je trouve que c'est une vraie question, notamment pour les femmes aussi. Et je me demandais, comment est-ce que tu gères les réactions en ligne, notamment à ce sujet, mais de façon générale aussi ? Parce que comme tu communiques sur des sujets qui peuvent être clivants, et pour ça aussi, vraiment, je te déroule le tapis rouge, on va dire, de la personne publique qui ose s'exposer. pour servir des valeurs qui me parlent beaucoup, personnellement. Et donc, je trouve que c'est vraiment admirable. Et voilà, je me demandais comment tu gérais les réactions en ligne à ce sujet, sachant que je ne sais pas si, au niveau de la maternité, de l'envie de ne pas être mère, je ne sais pas si elles sont aussi virulentes que ce que j'ai vu passer sur d'autres sujets.
- Speaker #1
Alors déjà, merci, ça me touche beaucoup. Tes mots me touchent beaucoup. C'est vrai qu'il y a un petit côté, si je ne suis pas une star, un petit côté personnage public. En tout cas, je me découvre au sens premier du terme. Oui, vraiment, je me mets à nu sur Instagram sans trop de problèmes. Ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Sinon, je ne le ferais pas. Sans trop de timidité, parfois sans pudeur, on pourrait le dire. Je sais que ça peut choquer parfois. Sur la question de la maternité en ligne, c'est toujours un peu la même chose, en tout cas me concernant. D'ailleurs, je ne l'ai peut-être pas assez traité à mon goût. J'aimerais bien plus le traiter. La maternité est un sujet qui me passionne. On pourrait penser que non, comme je ne veux pas d'enfant, mais le corps enceint me passionne. La femme enceinte me passionne. Bref, c'est des sujets que j'adore. Le fait de créer une vie tout bêtement, c'est quelque chose qui m'intéresse énormément. Moi, je reçois plutôt des commentaires du genre « Heureusement que tu n'as pas d'enfant, tu vas finir vieille fille avec tes chats et tes poils. » Moi, c'est un plaisir en soi de finir sans contrainte à l'épilation avec l'animal chat que j'adore. Qui dit l'animal chat ? Personne ! Mais de finir avec mes chats, tu vois, sans pression, vraiment quel bonheur ! Mais tu vois, il y a vraiment ce truc-là de la vieille fille. Et j'ai déjà eu... Alors, ce n'est pas des réflexions... Alors... C'est plutôt, tu sais, ce truc de « tu verras, toi, quand t'auras des enfants » ou « tu verras quand ça arrivera » . Un peu, tu sais, aussi, comme si j'étais dans une malchance de ne pas avoir trouvé, en plus, obligatoirement, un compagnon, tu sais, et pas une compagne, où les gens disent « quand tu trouveras le mec parfait, déjà, demain, je ne cherche pas de mec, et encore moins de perfection » . Il y a vraiment ce truc sociétal très intégré de « il n'y a pas de doute, c'est une femme, elle aura des enfants » . Et je me souviens d'une nana, qui était quelqu'un déjà d'assez toxique, mais qui m'avait dit... Donc elle, elle rêvait d'avoir des enfants, donc tant mieux, tu vois, pour elle. Je ne lui souhaitais que ça. Et elle m'avait dit à l'époque, tu verras, tu verras, toi, quand t'en auras. Enfin, tu verras, tu vois. Je pense qu'elle était enceinte à ce moment-là. Et j'étais là, non, non, mais moi, je ne veux pas d'enfants, en fait. Et en fait, j'avais l'impression que je venais de lui annoncer que toute sa famille était morte. Vraiment. Elle était là, ah bon ? Ah, ok. Ah bah ok. Elle ne savait plus quoi dire. Elle était presque vexée comme si je l'avais attaqué dans ses propres convictions. Comme si elle le prenait pour elle. Alors pas du tout. Ou comme si je détestais les enfants aussi. Ça c'est toujours, les gens pensent que je déteste les enfants. Alors que ce n'est pas vrai en fait. J'adore jouer avec les enfants. J'adore les découvrir, les écouter. Enfin, je ne te cache pas que je râle de temps en temps si je suis dans un transort en commun et que j'entends râler. Mais intérieurement, tu vois, jamais je ne vais aller dire à une mère... vous pouvez faire taire votre gosse ou quoi, parce que je comprends que c'est pas de ta faute quand t'as un enfant qui pleure, t'as un enfant qui pleure, moi-même j'ai été un enfant qui pleure dans un transport en commun, enfin bref, voilà, un peu de bienveillance, mais dans ma tête, au début je suis là, putain ! Mais sinon, c'est surtout ce genre de réflexion-là, je pense que ici il y a aussi le truc du genre ah bah voilà, vous voulez toutes pas faire d'enfants, être indépendantes, cette liaison rapide de l'indépendance et de faire un enfant, bon voilà. On ne le dit jamais aux hommes. Et c'est, si vous ne voulez plus faire d'enfants, comment on va faire ? Le monde va s'effondrer. C'est épuisant. Et puis, il y a aussi toute la question, on me dit toujours, encore une écolo-bobo-woke qui veut préserver l'environnement. On peut aussi avoir peur, je suis désolée, de mettre un enfant dans un monde pareil. Donc oui, c'est totalement légitime, mais on prend des réflexions, en tout cas, je prends des réflexions aussi là-dessus.
- Speaker #0
Pour aller sur un autre registre, est-ce que tu as une anecdote drôle à ce sujet, en ligne ou hors ligne, dans la vie réelle, entre guillemets, à ce sujet, sur un retour qu'on aurait pu te faire ?
- Speaker #1
Parfois, ça m'arrive de dire, si je fais un enfant, je pense que j'aurais envie de faire un enfant toute seule, donc avec un donneur. Et alors là, c'est pareil. Au niveau familial, c'est, mais tu vas mélanger ton sang avec quelqu'un que tu ne connais pas ? Bah déjà... C'est un peu le principe. En fait, je ne voulais pas faire un enfant avec quelqu'un de ma famille. Et premièrement, tu sais, c'est toujours ce truc de la lignée. La lignée va être altérée par quelqu'un que nous ne connaissons pas. Enfin bref, ça me fait toujours rire.
- Speaker #0
Je me souviens que quand je t'ai annoncé que j'étais enceinte, parce qu'on s'est vu, parce que j'ai fait du bunny-sitting, j'ai gardé ton lapin pendant quelques mois. Et donc, on s'est vu. Tu as eu une réaction adorable, hyper enthousiaste quand je t'ai annoncé ma grossesse. On en avait discuté ensemble ensuite, mais je voulais te le redemander. Est-ce qu'il y a des aspects de la vie avec des enfants qui te plaisent dans l'idée ou dans l'absolu ? Et c'est une question que je pose aussi aux personnes qui ont eu des enfants. Est-ce qu'il y a des choses qui sont vraiment extrêmement difficiles et qu'elles aimeraient justement ne pas vivre dans la vie avec les enfants ? Je me disais, est-ce qu'il y a des choses qui te semblent chouettes, vu de l'extérieur et puis tout ? tout simplement en ayant toi-même été enfant, bien sûr, à des choses que tu trouves sympas dans l'idée de la vie avec les enfants.
- Speaker #1
Alors écoute, je suis toujours hyper enthousiaste quand une amie, une proche me dit qu'elle est enceinte. C'est quelque chose qui m'émeut énormément. Et c'est marrant parce que la grossesse est quelque chose qui m'a toujours fait envie. Alors comme tu le sais, je suis éméthophobe, j'ai peur de vomir. Donc je dirais que ce qui me rebute dans la grossesse, et même d'ailleurs dans le fait d'avoir un enfant, c'est cette question du vomi. C'est peut-être idiot, ça peut paraître très bête pour des gens qui ne sont pas très au courant de cette phobie, mais ça reste une phobie, donc ça n'a pas trop de sens, ce n'est pas toujours logique, mais ça fait partie de ça. Mais souvent, même très très jeune, j'ai dit à mes amis hommes gays, si vous voulez, moi je porterai vos enfants. Alors, j'ai grandi, je suis devenue adulte, donc aujourd'hui j'ai aussi eu beaucoup d'exemples, enfin pas non plus. des millions, mais des amis, des proches qui vivent des grossesses. Et je me suis dit, j'aurais bien toujours envie de le faire, mais quand même quoi. Donc c'est marrant parce que porter la vie m'a toujours donné envie. C'est beau. Ça m'a toujours donné envie. Et donc, en effet, je suis toujours enthousiaste. Quand une amie m'annonce sa grossesse, je trouve ça toujours incroyable. En fait, très terre à terre, je trouve ça toujours dingue qu'on puisse... se reproduire comme ça et que la femme porte l'enfant. Ce serait bien aussi que les hommes puissent porter des enfants. Enfin bon bref, toujours dans un truc d'égalité. C'est marrant, j'y pensais la dernière fois parce que je lisais un bouquin de science-fiction et ça me faisait beaucoup réfléchir à ça. Et tiens, et si l'humain existait avec un homme qui peut procréer et une femme qui peut procréer, ou comme chez les hippocampes, l'homme. Je ne sais plus trop comment ça marche, mais en tout cas, la grossesse n'est pas... Quand on est que la femelle, si j'ai bien tout saisi de l'hippocampe, enfin bref. Et je ne cache pas qu'en vieillissant, en passant les années, il y a plein de trucs. En fait, ce n'est pas qu'ils me font envie, mais quand je vois par exemple des enfants dans le métro, dans un parc avec leurs parents, je suis super attendrie. Sauf si tu as compris si l'enfant hurle tout ça et que ça a l'air d'être un supplice. En effet, quand ça a l'air d'être un supplice, ça m'apaise dans mes choix de vie, tu vois, et ça m'empêche de penser à un potentiel regret que je pourrais avoir. Mais c'est vrai qu'il y a trois ans, une amie a accouché. Elle a accouché sans péridural, vraiment dans une volonté, tu sais, de vraiment sentir son corps et autres. Elle l'a bien senti, ça, je peux te dire. Et moi, je suis dans un truc comme ça où si j'étais enceinte, pareil, je serais dans... Je le dis maintenant, tu vois, mais il n'est pas impossible que si je tombe enceinte et que je... On est le jour de l'accouchement que je dis en fait, en fait non, donnez la péridurale tout de suite. Mais je suis très dans un truc aussi de cette espèce de réappropriation de son corps par rapport au corps hospitalier, bien que je fasse totalement confiance et que je pense que c'est important aussi d'avoir tout ce qui va être le côté hôpital à côté, médecine et autres. Mais donc pourquoi je te dis ça ? Oui, parce que ça, ça me fait envie. Et il y a aussi, je pense, voir grandir son enfant, le voir évoluer. Je suis passionnée par l'impact que peut avoir l'éducation sur les enfants, notamment, tu vois, sur l'égalité femmes-hommes. Je pense que tout se joue quand les enfants sont très petits. Et donc, ça me passionne. Automatiquement, tous les échanges qu'il peut y avoir entre un parent et son enfant, je ressens beaucoup de... Oui, je suis très attendrie et je trouve ça passionnant. Mais à tel point qu'il m'arrive, tu sais, il m'est arrivé de suivre sur les réseaux deux, trois femmes un peu trade-wife avec qui je ne partage pas. du tout les idées. On ne partage pas grand-chose au niveau idées, mais j'adore les voir, tu sais, évoluer avec leurs douze enfants, faire l'école à la maison, accoucher dans leur baraque. En général, ça reste quand même des femmes très privilégiées qui ont l'argent de faire tout ça, et puis si jamais il y a un problème, elles pourront filer très vite à l'hôpital. En général, à moins que ce soit des mormons, tu vois. Mais il m'est arrivé de suivre des contes comme ça, par curiosité pas malsaine. Mais vraiment pour essayer aussi de comprendre ce côté-là de cette vision de la femme, tu vois, qui n'est pas la mienne. Mais je trouve ça passionnant et en effet parfois attendrissant, bien que je ne partage pas du tout, je le répète, c'est important, les idées politiques de ces femmes-là en général, qui sont en plus d'ailleurs très souvent des femmes blanches, hétéros et américaines. Très souvent, tu vois, qui vivent dans l'Utah. C'est un peu souvent le truc. Donc je n'envis pas forcément leur vie. Mais si j'avais la possibilité, je sais pas, d'avoir 10 vies, ça me ferait marrer de tester ça. Par contre, je pense, en revanche, je pense que je tiendrai pas longtemps. Parce que c'est vraiment, ça relève vraiment de quelque chose qui, pour moi, ne peut pas exister dans ma réalité. Donc je pense que je tiendrai pas très longtemps. Et aussi, en tant qu'artiste, le corps enceint est quelque chose que j'adore dessiner. Je trouve les femmes enceintes magnifiques. Je me passionne aussi pour les questions d'allaitement, toutes les questions du corps qui change. Puis en plus, aujourd'hui, on a, j'allais dire... La chance, grâce aux réseaux sociaux, d'avoir accès à l'intimité de certaines nanas qui partagent toute leur grossesse. Et je trouve ça passionnant.
- Speaker #0
Et donc, à l'inverse, je voulais te demander les aspects de ton quotidien, de ta vie que tu apprécies et qui sont liés, peut-être, probablement, à ton choix de ne pas forcément avoir d'enfant et aussi de ne pas forcément être en couple. Qu'est-ce que tu trouves, justement ? vraiment positif dans ce choix-là, que tu défends aussi, et qu'honnêtement, je comprends très bien, parce que je l'ai défendu aussi pendant longtemps pour plein de raisons.
- Speaker #1
Alors écoute, actuellement, je n'échangerais ma place pour rien au monde, mais c'est intéressant parce que toi aussi, pendant longtemps, tu as pensé comme ça, de ce que tu me dis, et on partage aussi beaucoup d'idées en commun sur ces sujets-là. Donc c'est pour ça que je te dis, voilà, moi actuellement, je n'échangerais ma vie pour rien au monde, mais je sais que je suis humaine, que je peux évoluer, que je peux changer. Et voilà, certes, je n'aime pas qu'on vienne me dire « tu changeras la vie » , en revanche, moi je suis libre en tant que personne, en tant que moi, victoire, tu vois, d'un jour, de me dire « bah tiens, finalement, et pourquoi pas faire un enfant et pourquoi pas être en couple ? » Tu vois, je ne suis pas contre le couple, je ne suis pas… Mais c'est vrai que depuis toute petite, je vis seule. J'aime bien appeler ça une solitude entourée. C'est-à-dire que je suis très entourée par des amis qui me sont très chers et par ma sœur dont je suis très proche. Si je n'avais pas toutes ces belles personnes autour de moi, est-ce que je verrais ça de la même manière ? Je ne sais pas parce que j'adore être seule, mais je peux aussi parfois ressentir les côtés négatifs de la solitude. Après, tu n'as pas de là à me dire, tiens, j'ai envie de fonder une famille et d'être en couple. C'est-à-dire que vraiment, je n'ai vraiment pas du tout envie de changer ma vie actuelle, qui est une vie qu'on peut considérer de très égoïste, mais c'est une vie de moi pour moi. Je fais ce que je veux quand je veux. La seule chose qui pourrait, à la limite, me priver de faire quelque chose, c'est le manque d'argent à un moment, un client qui ne m'a pas payé, peut-être un truc très financier. Mais aujourd'hui, je peux faire ce que je veux. Là, tu sais, de ma journée même. Et en plus, en étant freelance, je peux vraiment faire ce que je veux. Donc, tu vois, et si j'avais un enfant, je ne pourrais plus faire ça. Et il y a la notion aussi d'avoir une vie qui dépend de soi. Et tu le disais tout à l'heure, tu as été la deuxième maman, tu as été la bunny-sitter de mon lapin. Et il y a eu un gros moment où j'étais vraiment en dépression et j'avais peur de ne pas assurer pour mon lapin. Cette phrase. J'avais vraiment peur de ne pas assurer pour mon petit lapin que j'aime trop, qui malheureusement est décédé. Et à l'époque, je m'étais dit, Marie, elle s'en occupe trop bien. Il est bien avec elle. Elle aime les lapins. Est-ce que finalement, ce ne serait pas intelligent, au vu de ton état mental actuel, de lui laisser la parentalité de ce lapin ? Je te l'avais dit avec beaucoup de honte, d'ailleurs, au fond de moi, parce que je me disais, je ne suis pas capable de m'en occuper là. C'est grave, en fait. Je me disais ça. Et en fait, je me... J'ai beaucoup cette conscience-là aussi de mon mental, de ce qui pourrait m'arriver. Peut-être que je me pose trop de questions. Et c'est ça aussi qui fait que je ne me vois pas être maman.
- Speaker #0
Peur, comme beaucoup de gens, j'imagine, mais tellement que ça m'empêche. Si tu veux, il y a... Comment dire pour mettre les bons mots ? Je ne sais pas si on peut mettre les bons mots sur ça, mais c'est vrai que c'est dur à dire. C'est fou, moi qui n'ai jamais du mal à parler et à balancer plein de mots, j'ai du mal à dire ça parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses. J'aurais peur à un moment de regretter, déjà. J'ai vu beaucoup aussi de femmes, je reviens sur ce truc du partage de l'intimité, du partage de la grossesse, Je suis tombée un jour sur un reel Instagram, sur une vidéo Instagram, d'une femme qui mettait des photos d'elle juste avant d'avoir un bébé, et elle mettait « cette fille me manque » . En gros, cette partie d'elle lui manquait, et ça, je me suis dit « ce serait horrible, je pourrais tellement le ressentir que je ne veux pas en fait, je ne veux pas me faire passer au second plan, c'est quelque chose que... » En tout cas, pour l'instant, je ne serais pas capable de faire. Et ça fait longtemps que c'est le cas. Mais comme au niveau du couple, je ne suis pas en couple non plus. J'ai essayé plus jeune, dans l'adolescence, enfin dans l'adolescence, plutôt un petit peu après 20 ans, de me dire, allez, essaie d'être normale, d'être comme les autres, sois en couple. Bon, spoiler, ça n'a jamais marché. Et j'ai arrêté. Et en arrêtant, ça me faisait beaucoup de bien, en fait. Voilà, de plus correspondre à la norme me faisait du bien. Et toujours, je me dis toujours, attends, Là, si tu t'imaginais être dans la société autour, est-ce que tu aurais envie d'être en couple ? Non ? Alors ne te force pas. Bon, ça ne s'est pas fait en une seconde, c'est très long, c'est une construction. Donc voilà, si je devais quand même résumer, c'est que je tiens énormément à ma liberté. Et en fait, je perds mes mots parce que je pense souvent aux gens qui vont me contredire, qui vont me dire « oui, mais tu as une autre façon de vivre la liberté » . Oui, peut-être, mais en fait, moi, j'ai une totale liberté et je ne pourrais pas m'en passer. C'est impossible. C'est quelque chose auquel je tiens énormément. C'est pour ça que j'adore même voyager seule ou voyager à deux avec une personne qui me comprend très bien, par exemple avec ma meilleure amie, parce qu'on sait qu'on ne va pas se mettre la pression dans notre voyage. On m'a dit, moi je veux faire ça, donc tu le fais aussi. Non, j'ai vraiment ce truc, cette liberté qui est présente et c'est très important pour moi. Très bêtement aussi, il y a tout ce qui est la peur de... De donner mes traumas à mon enfant, c'est quelque chose dont je suis hyper consciente. C'est vraiment une crainte, parce que je l'ai vu en fait de mes parents. Et pareil, souvent mes contradicteurs me diront « Oui, si on pense comme toi, on ne fait pas d'enfant, je sais. » Ou tu sais, ou des gens qui vont me dire « Va chez le psy et règle tes problèmes, et comme ça tu pourras faire un enfant dans les meilleures conditions. » Sauf qu'il n'y a jamais de meilleures conditions et que je vois déjà un psy, d'accord ? Tu vois, donc... En fait, je mets beaucoup de temps à répondre à cette question parce que je pense toujours à ce que les gens qui ne pensent pas comme moi ou qui ne comprennent pas me disent. Mais voilà, si je dois être totalement honnête, je tiens à cette liberté. Je n'ai pas envie de transmettre mes traumas à mes enfants, potentiels. J'aurais très peur aussi de ce qui pourrait leur arriver. Tu vois, je me suis beaucoup moquée de mon père qui venait notamment voir si on respirait la nuit, qui a encore même quelques années. m'accompagnait, me raccompagnait chez moi alors que j'habitais à 50 mètres. Mais je comprends en fait, je comprends cette peur. Le problème, c'est que je n'ai pas envie de faire que mon enfant devienne hyper vigilant comme moi je peux l'être aujourd'hui. J'aurais très très peur de ça. Je sais qu'on n'est pas un parent parfait, que ça n'existe pas. Mais je sais que je ne pourrais pas m'empêcher de me mettre cette pression-là et je n'ai pas envie de me la mettre et je n'ai pas envie de la mettre à un enfant non plus. Après, comme tu le vois, c'est un sujet auquel je réfléchis beaucoup. tous les points négatifs qui font que je ne veux pas d'enfant parce que ça me fait beaucoup m'interroger sur moi-même aussi et je me connais et donc je sais que c'est quelque chose aussi qui ne me fait pas envie du fait de tous ces sujets-là alors je sais, on me dit souvent oui mais une fois que tu as ton enfant, tout change je veux bien le croire mais en fait Ça ne me fait pas envie non plus d'avoir à gérer toute ma vie une vie, parce que ce n'est pas de zéro à 18 ans. Et déjà, je trouve ça énorme. Et puis surtout, on ne pense jamais… J'ai l'impression que certaines personnes font un enfant sans penser au fait que cet enfant va être un adolescent, une adolescente, un jeune adulte, une jeune adulte. Et qu'en fait, ce n'est pas parce qu'à 18 ans, l'enfant a le droit de vote et est considéré comme un adulte que c'est un adulte accompli. terminée, financièrement responsable. Non, pas du tout. Enfin, c'est à vie, en fait. C'est jusqu'à ta mort. Et il y a aussi un truc qui m'insupporte, c'est la réflexion. Je reviens un peu à ta question de tout à l'heure. Mais qui va veiller sur toi quand tu seras vieille ? Et je trouve ça détestable d'imaginer qu'on fait des enfants pour veiller sur soi plus tard. Ça, je trouve ça égoïste et ça me met hors de moi, en fait. Si je fais un enfant, c'est... pas pour qu'il s'occupe de moi plus tard. Tant mieux s'il le fait pour moi, mais ce n'est pas le but, en fait. Après, ça questionne toute la question de quel est le but de faire un enfant. Pour moi, c'est très égoïste de répondre à son plaisir, de répondre aussi à une situation parfois amoureuse où on est bien avec la personne et on a envie de faire un enfant qui nous ressemble et qui symbolise cette union ou qui découle de cette union et que cette union, ce n'est plus deux personnes, mais une personne. Je le comprends totalement. C'est très joli. Mais dans les faits, beaucoup de gens oublient ce que c'est d'avoir un enfant. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de contraintes, en tout cas pour moi. Des contraintes financières, des contraintes de liberté, de planning. Ta vie entière change totalement. C'est extrêmement fatigant et moi, je n'ai pas envie de ça. En fait, il y a tellement de points, j'allais dire, qui font que je ne veux pas être maman, que je pourrais en parler encore plus longtemps. Puis même, il y a des petits points... Tu vois, je parlais avec une nana, là, son enfant était malade, avait la gastro. Moi qui suis héméthophobe, si je fais un bébé seule, comment je vais faire pour gérer ça ? Alors, toutes les mamans te disent, oui, mais tout de suite, ça change. Mais non, en fait, il y a des moments, des mamans, des moments, il y a des moments, il y a des mamans chez qui ça ne change pas et qui finissent en burn-out total, qui font des baby blues de l'enfer, qui finissent en... En dépression postpartum hallucinante, c'est en plus très mal pris en compte, je trouve, aujourd'hui par la société. Donc non, moi, je n'ai pas honte de dire que je ne me sens pas apte, en fait, à élever un enfant. Je serais probablement super à ça. J'ai plein de qualités pour le faire, mais j'ai aussi des choses en moi qui font que je n'ai pas envie de m'imposer ça. Puis tu vois, il y a aussi ce truc, étant une personne hyper vigilante et qui pense donc énormément, voire trop. C'est un peu n'importe quoi dans ma tête. Tu vois, si moi-même, déjà, c'est comme ça pour moi, pour ma seule personne, je suis très contente d'apprécier ma solitude et de vivre avec moi. Je ne peux pas penser pour deux. Je pense que c'est trop. C'est trop pour moi. Et puis, bien sûr que tu as ce truc, je pense, une fois maman, où tu peux te dire, en tout cas, où une partie de ça disparaît. Mais c'est d'autres inquiétudes qui arrivent. Je vais citer ma série préférée. qui s'appelle « Fais pas ci, fais pas ça » , qui est un peu ma série doudou. À un moment, l'une des deux, c'est deux familles, et à un moment, tu en as une qui dit « Avoir un enfant, c'est comme avoir une boule de feu qui te brûle en permanence en toi et tu es en totale inquiétude sans arrêt. » Et moi, c'est comme ça aussi que je vois le fait d'avoir des enfants. Et puis, je n'ai pas envie d'être comme ces femmes qui se sont forcées, qui sont dans le regret maternel. C'est le truc pour moi le plus tragique au monde. C'est pour moi plus grave qu'un décès. Le regret maternel, je ne veux pas que ça m'arrive. Et souvent, je rêve que je suis enceinte et quand je me réveille le matin, je suis trop contente. Je me dis « putain, je n'ai pas d'enfant, quelle grâce ! »
- Speaker #1
Et enfin, pour finir, est-ce qu'il y a une idée reçue sur les personnes qui n'ont pas envie d'avoir d'enfant ou qui n'en ont pas, que tu aimerais déconstruire ? Une idée reçue que tu trouves vraiment... erronées ou fausses que t'aimerais un peu débunker ici pour la fin de la fin si tu pouvais faire passer un message aux personnes qui pensent que la parentalité c'est une étape absolument obligatoire dans la vie, qu'est-ce que tu leur dirais à ces gens-là ?
- Speaker #0
Si je devais profiter du podcast pour faire passer un message et débunker un peu des clichés sur les personnes qui ne veulent pas d'enfants, je dirais déjà que toutes les personnes qui ne veulent pas d'enfants ne détestent pas les enfants La preuve, moi j'aime bien les enfants, j'aime bien passer du temps en leur compagnie. Je trouve qu'on a plein de choses à apprendre des enfants, qui sont aussi donc des personnes. Il ne faut pas l'oublier. Je dirais aussi qu'on n'est pas forcément, nous, donc des grands enfants. Alors il y a peut-être un rapport à l'enfance, il y a peut-être quelque chose, mais ça ne fait pas non plus de nous des gens totalement immatures. Voilà. On n'est pas forcément aussi une militante quand on ne veut pas d'enfants. Malheureusement, le système hétérosexuel dans lequel on vit, très hétéronormé, très hétérosexuel, fait que très vite, si on ne veut pas d'enfants, on est tout le temps obligé de se justifier et on peut rentrer dans un truc militant. Mais toutes les personnes... Moi, je suis assez militante, c'est vrai. Et mes dessins sont assez politiques parce que je considère que la femme... Le corps de la femme est politique. Donc tout ce qui s'en suit et qui la concerne peuvent l'être aussi. Alors bien heureusement ou malheureusement. En tout cas, la société patriarcale a fait que c'est comme ça. Et donc, on se bat. Et donc, il y a plein de personnes qui ne veulent pas d'enfants, qui ne sont pas forcément militantes. Il y a beaucoup de choses à déconstruire. Et il y a aussi un truc qu'on me dit souvent et que j'ai mis beaucoup de temps à comprendre. On me dit, mais t'es vraiment égoïste. Et moi, je dis, bah non, au contraire. Puisque je ne veux pas d'enfants. Je ne suis pas égoïste, justement, de ne pas faire un enfant. Vraiment, je te jure, je ne le comprenais pas. En général, ce n'est pas pour me lancer des fleurs, mais je peux être plutôt perspicace. Là, vraiment, je ne comprenais pas. Je disais, mais non, c'est l'inverse. Au contraire, je ne suis pas égoïste, puisque je ne veux pas d'enfant, et donc je n'en fais pas. Et j'ai toujours du mal, d'ailleurs, à comprendre qu'on puisse me dire que je suis égoïste en ne voulant pas d'enfant. C'est vraiment égoïste de faire un enfant quand on n'en veut pas vraiment, ou qu'on n'en veut pas, ou qu'on se dit, Merci. Alors ça, en revanche, je dirais qu'on se dit « c'est la société, donc je le fais ça » . Malheureusement, parfois, on est tellement sous emprise de cette société et ça rejoint aussi ta dernière question, mais quand on est totalement sous emprise de cette société patriarcale et très hétéro, on oublie parfois de s'écouter et on fait un enfant sans penser à tout ce que ça va impliquer, que ce soit de manière financière, que ce soit de manière psychologique, de manière quotidienne aussi, de la vie de tous les jours. Est-ce qu'on est à... tout pas à gérer ça. Et d'ailleurs, j'avais vu des commentaires sous des posts de femmes qui parlaient de leur postpartum. Il y a des femmes qui disaient « Ah non, mais parlez pas de ça, parce qu'après, plus personne voudrait faire d'enfant. » Mais si, au contraire, justement, parlez de ça, parce qu'il y a des femmes qui ne sont pas prêtes, des pères aussi qui ne sont pas prêtes. Là, on parle plus du corps de la femme, mais il y a des femmes qui ne sont pas prêtes à dire ça et toute femme ne naît pas en étant Martine, petite maman. On n'est pas des futures mères toutes. Il faut vraiment déconstruire ce truc-là. Et puis pardon, on est 8 milliards, ce n'est pas parce qu'une grosse partie de la population décide de ne plus faire d'enfants qu'il n'y aura plus d'enfants, ça ce n'est pas vrai. L'humain n'est pas non plus en voie de disparition, il faut se calmer. Donc je trouve justement qu'on a la chance aujourd'hui, plus qu'avant, même si c'est encore difficile et qu'on est quand même dans une société patriarcale très difficile, on a quand même la chance de plus en plus de pouvoir se libérer de tout ça, de pouvoir en parler. Donc il faut parler de la... Du fait que c'est très difficile d'être mère, que c'est aussi, ça apporte de la joie, mais que ça apporte aussi beaucoup de mots, M-A-U-X, c'est très compliqué. Et puis qu'en plus, quand on est une femme et dans un couple hétéro encore plus, la charge mentale, elle est hallucinante. Donc, il faut parler de tout ça et il faut aussi profiter du fait qu'on déconstruise tout ça en ce moment pour se dire, j'ai pas très envie d'avoir d'enfant, je ne le fais pas en fait, je m'écoute. Si je devais conclure, je dirais que l'important, c'est vraiment de s'écouter et de toujours faire ce truc que j'aime bien faire, de se transférer dans un monde virtuel l'espace d'une seconde, de « tiens, c'est pas la société, est-ce que je ferai un enfant ? Est-ce que je serai en couple ? Est-ce que je me marierai ? » Si on tend quand même vers du non, ça mérite de se poser des questions et de ne pas faire un enfant sans réfléchir, par exemple. Après, il faut bien comprendre que je ne donne aucune leçon. Je sais bien que la majorité des gens ne font pas des enfants comme ça en claquant des doigts et qu'il y a toujours une réflexion. Mais parfois la société patriarcale est tellement dans nos vies, tellement partout dans chaque détail, elle se cache vraiment un peu comme le diable dans les détails, qu'on oublie parfois de se questionner et de se poser les vraies questions et de se dire « Attends, très concrètement, un enfant, ça va être quoi dans ma vie ? Qu'est-ce que ça va m'apporter de bon ? » Ça, c'est super, bien sûr, c'est potentiellement un des trucs auxquels, en tout cas, quand on a désiré qu'on veut un enfant, c'est un truc, c'est une question qu'on se pose. Enfin, on sait que ça va nous apporter du bonheur, mais qu'est-ce que ça peut aussi nous apporter, pas comme malheur, mais comme contrainte, dans la vie de tous les jours ? Parce qu'en fait, un enfant, ça change la vie. On ne peut pas nier ça, c'est un fait, la vie change. Alors, certes, on peut essayer de garder la même vie avec un enfant. Mais pardon, l'enfant a ses besoins et on ne peut pas aller contre les besoins de son enfant. Enfin, je veux dire, il faut les écouter, les respecter. Et donc, ça, ça change toute une vie.
- Speaker #1
Et c'est déjà la fin de mon échange avec Victoire. J'espère que cet épisode vous aura plu autant qu'à moi. Et surtout, qu'il vous aura donné matière à réfléchir ou à échanger sur le modèle de parentalité qui nous est proposé aujourd'hui. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée, ou même sur Instagram si ça vous démange ! Merci pour votre écoute et à très vite pour un nouvel épisode de Psycho Pop.