- #Enora Teyssendier
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Donc aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir Tristan Jeangene Vilmer pour parler de l'engagement et du politique dans le cadre de la sexothérapie. Bonjour Tristan.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Bonjour Nora et merci beaucoup de me recevoir.
- #Enora Teyssendier
Avec plaisir. Justement, j'aime bien un petit peu dire comment j'ai rencontré la personne. Moi, ça fait longtemps que je te suis, je pense dans tes débuts de la sexo. où tu partageais, donc moi c'était sur Facebook à l'époque, tu partageais sur la sexothérapie et l'hypnose, beaucoup, il me semble. Et donc voilà, ça faisait longtemps, bien évidemment, que j'avais en tête de t'inviter sur cet épisode, donc je suis contente de t'inviter, que tu viennes aujourd'hui échanger avec nous, enfin avec moi et puis pour les auditeurs aussi. Ce que je propose, c'est que tu puisses te présenter un petit peu.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Merci beaucoup. Moi, je m'appelle Tristan, je suis sexologue. Je suis aussi praticien en hypnose, thérapeute de couple. J'ai un cabinet à Tours. J'entame ma neuvième année de pratique dans mon cabinet. J'habite en campagne pour me situer un petit peu pour le reste, parce que je ne suis pas qu'un métier. J'ai aussi des diplômes en histoire de l'art et je suis passionné de sociologie. Et j'habite à... Enfin, comme je le disais, j'habite à la campagne et j'ai une maison que j'essaye d'être la plus écologique possible. Voilà, j'ai une petite fille qui a deux ans et demi et une compagne. Je suis en couple libre, on pourrait dire ça, et je suis bisexuel, voilà.
- #Enora Teyssendier
Ok. Merci pour cette grande présentation. Du coup, que je fasse une petite introduction. Ce sujet qu'on a choisi aujourd'hui, moi, c'est quelque chose que je pense que j'ai des notions, que j'ai en moi, on va dire, mais j'ai du mal à le théoriser. Donc, c'est pour ça que j'étais contente de pouvoir aborder ce sujet avec toi. Du coup, pour commencer déjà, quand on dit du politique, et d'ailleurs moi j'avais dit la politique, donc tu m'as justement reprise à ce niveau-là, donc c'est quoi, c'était en aparté en préparant l'épisode, c'est quoi pour toi le politique dans le cadre de la sexo et qu'est-ce que tu entends par politique en fait ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Pour moi, il faut vraiment... différencier la politique du politique. La politique, c'est la manière dont on peut, par exemple, diriger, gouverner un pays. Donc, il y a, j'imagine, plein de manières. Je ne suis pas spécialiste de ça. Il y a plein de manières différentes de faire. Ça va être le fait qu'il y ait, par exemple, en France, différents partis avec différentes personnes à la tête de ces partis. La manière dont on élit les gens et la manière dont on va faire une gouvernance à la fois à l'échelle locale et nationale, etc. Donc ça, c'est C'est quelque chose qui m'intéresse à titre personnel, mais ce n'est pas quelque chose dont je vais pétrir mon suivi thérapeutique, on va dire. En revanche, le politique, donc la manière dont on gouverne ensemble nos vies, dont on vit ensemble tous et toutes, la manière dont on interagit avec les autres, y compris aussi la manière dont on se place par rapport aux autres, la manière dont, par exemple, le fait de savoir... Je suis un homme blanc, j'ai 36 ans, je viens d'un milieu de bourgeoisie culturelle, j'ai été entouré depuis gamin de bouquins, de personnes diplômées, etc. Donc ça veut dire que, par exemple, je parle d'un certain endroit qui est cet endroit-là précis que je viens de vous décrire. Et si, par exemple, je dialogue avec quelqu'un qui n'a pas du tout mon historique d'enfance ou qui n'a pas du tout... qui ne vient pas du tout du même milieu que moi, l'endroit d'où je vais parler, ce ne sera pas un endroit qui sera neutre. Parce qu'en fait, rien n'est neutre. Et donc, tout est politique, justement. Ça veut dire que quand moi, je vais parler en tant que professionnel, par exemple, à un ou une patiente qui va être quelqu'un de racisé, qui va être quelqu'un de précarisé, qui va être quelqu'un de... Je ne sais pas, qui va avoir telle difficulté ou telle chose, ou tel vécu que moi, je n'ai pas eu. C'est important que je me rappelle de qui je suis et du biais. ou des biais qui s'inscrivent dans ma pensée quand je m'adresse à cette personne. C'est en ça que le suivi thérapeutique, il est tout aussi politique que n'importe quoi est politique, comme le couple est politique, comme ce qu'on fait dans un lit est politique, comme la sexualité est politique, comme l'érotisme est politique, comme les vêtements sont politiques, comme tout le reste.
- #Enora Teyssendier
Et pourquoi ce qui se passe dans un lit est politique et les vêtements sont politiques et tout ça ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Comme je te disais, en fait, rien n'est neutre. à partir du principe, je sais pas, tu vois, par exemple qu'un... qu'une relation serait neutre, tu vois, je sais pas. Imaginons, on prend une histoire, Roméo-Juliette, tu vois. Exemple typique, Roméo-Juliette. Et la manière dont on va la réapproprier de nos jours, au XXIe siècle, par rapport à la manière dont ça a pu être pensé et écrit à la fin du Moyen-Âge. On va forcément... le voir d'une certaine manière en fonction de nos prismes actuels. C'est ce que les historiens font quand ils disent que l'histoire est toujours au présent. L'histoire n'est jamais quelque chose qui est dans le passé et qui est juste une vision du passé. Elle est toujours en référence au présent. Donc en fait, tu fais de l'histoire, par exemple en tant qu'historien, historien de l'art par exemple, en fonction de qui tu es au présent, de ton éducation au présent, de ta culture au présent, etc. Ce qui veut dire que même quelque chose qui serait considéré comme étant une science ou pourquoi pas même une science dure, peut nécessairement être biaisée en cela qu'elle est politique parce qu'elle est faite par des gens qui sont politisés. Et je ne parle pas de Ausha, je parle du fait qu'on est inscrit dans un système de pensée, un système de croyance, un système de domination qui est bien spécifique. Par exemple, si je m'adresse, je ne sais pas, imaginons, ça m'est déjà arrivé, tu vois, par exemple, de faire une conférence ou une table ronde et de me rendre compte que j'étais le seul homme. donc le seul homme cis la manière dont je parle et les propos que je vais avoir vont pas être perçus de la même manière que si c'est une table ronde qu'avec des hommes cis et peut-être qu'on va me peut-être me prêter une plus grande expertise ou peut-être plus d'expérience ou peut-être je sais pas une certaine autorité de par le fait que je sois perçu comme étant un homme alors que si ça se trouve j'ai des conneries tu vois c'est possible c'est pour ça que c'est politique et alors pour l'intime, en quoi l'intime est politique ? Parce qu'il ne manquerait plus que ça ne le soit pas. C'est-à-dire qu'imagine, tout peut être politique dans la vie, je ne sais pas, par exemple, la manière dont on mange, la manière dont on discute, les mots qu'on choisit, etc. Et l'intime ne le serait pas. En quel honneur, j'ai envie de dire, déjà. Et en plus de ça, c'est politique parce que c'est influencé par la manière dont on grandit, l'environnement dans lequel on grandit, le fait que tu puisses venir d'un environnement, par exemple, tu vois, Je te donne un exemple précis, le rapport au corps. On va avoir un rapport au corps qui va être différent en fonction de si tu grandis dans un environnement, par exemple, bourgeois, catholique, rural, conservateur. On n'a pas le même rapport au corps que, je ne sais pas, si tes deux parents sont profs de danse, tu vois, dans un milieu bourgeois, du centre-ville, d'une grande ville. Il y a certaines personnes qui voient le corps comme étant juste un outil de travail, un outil de souffrance, par exemple. d'autres personnes qui peuvent voir le corps comme étant l'endroit de la jouissance, l'endroit du mouvement, l'endroit du ressenti. Bon là, je fais des exagérations, bien sûr. Mais quand, tu vois, imagine un couple qui rassemblerait les deux personnes que je t'ai citées, eh ben, il peut se passer des choses intéressantes.
- #Enora Teyssendier
Ouais, ben donc du coup, les questions que j'avais préparées, elles tombent de sens au vu de ce que tu viens de dire, parce que... La suite, c'était est-ce que la sexologie est forcément politique ? Mais alors du coup, est-ce que tu peux nous expliquer spécifiquement par rapport à la sexo, enfin ou à la thérapie, peut-être on peut élargir aussi, je ne sais pas, en quoi c'est politique ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Alors, la sexualité est un sujet politique de par le fait que tout le monde s'en occupe. En fait, la sexualité n'a jamais été taboue. Ce n'est pas la sexualité qui est taboue, c'est la jouissance qui est taboue. C'est la notion de plaisir qui est taboue. La notion de sexualité, elle a... toujours été politique, dans le sens où elle a été même politisée, elle a été... Et on peut même dire qu'il y a des personnalités politiques qui s'en sont occupées. Quand on parle de réarmement démographique, on parle de sexualité. Le mot choisir, réarmement démographique, c'est... Pour les personnes qui n'ont pas la ref, je pense que tout le monde l'a, c'est Macron qui a dit ça il y a quelques mois, pour croître et multiplier le nombre de personnes qu'il y a en France.
- #Enora Teyssendier
Années même !
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ah oui, c'était l'année dernière, il y a deux ans,
- #Enora Teyssendier
je ne sais plus. J'étais au Mexique, donc c'était il y a deux ans, voire un peu plus.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Tu vois, ça m'a marqué même si c'était il y a deux ans. C'était intéressant. Oui, mais moi aussi. C'est un peu trop pour moi, tu vois. Ça, tu vois, c'est un exemple de ça. C'est-à-dire que quand tu regardes les siècles, quand tu regardes les différentes régions du monde, la sexualité a et a toujours été encadrée. Il y a des choses qu'on fait, il y a des choses qu'on ne fait pas, il y a des choses qu'on a le droit de faire, des choses qu'on n'a pas le droit de faire, en fonction de ton genre, en fonction de la manière dont on te perçoit, en fonction de ta classe sociale, en fonction de tout ça. Tout ça, ça a toujours été réglé, tu vois. Et quand tu regardes l'exemple du Moyen-Âge, tu vois par exemple, en plein Moyen-Âge, la nudité n'est pas choquante. Quelqu'un qui est nu dans la rue, ça ne serait pas particulièrement choquant, parce que c'est comme ça que, dans la pensée de l'époque, Dieu t'avait fait, donc ça veut dire que c'est quelque chose de naturel. Par contre, si tu te balades en chien, c'est une sorte de sous-vêtement, une grande chemise, tu vois, par exemple, et qu'on peut voir tes jambes, ça peut être choquant, parce que là, tu es à moitié nu, à moitié habillé. Donc ça, c'est quelque chose qui peut être choquant. De nos jours, ça serait l'inverse. la nudité, elle a... Elle a toujours un cadre social, elle a toujours un cadre de pensée, elle a toujours un cadre d'idées, et c'est en ça que c'est politique. Et ce que je te disais au début, c'est la jouissance, elle, pour moi, c'est le véritable tabou, parce que les pratiques sexuelles ont toujours été encadrées. Il y a des choses que tu as le droit de faire, des choses que tu n'as pas le droit de faire. Regarde, la sodomie en France a été interdite très longtemps, et il y a des choses que tu as le droit de faire en fonction aussi de l'âge, et c'est quelque chose qui est très bien de pouvoir encadrer, tu vois, l'âge du... des rapports sexuels ou du fait qu'il y ait un adulte qui puisse avoir des rapports sexuels avec un enfant, que ça puisse être interdit, etc. C'est quelque chose qui est très sain et on a besoin que ça soit encadré, parce que sinon ce serait la foire à n'importe quoi. Et ça met les enfants en danger et ça peut vraiment abîmer des générations entières, comme on a pu voir dans les années précédentes. Et ça, tu vois, ça serait aussi politique. Et ça peut être pour le bien aussi, que ce soit politique là-dessus. En revanche, la jouissance, elle est beaucoup plus taboue. Ça, moi, c'est quelque chose qui me questionne toujours. Au point même, tu vois, regarde, si tu discutes avec des amis, tu peux discuter de ce que tu fais. Est-ce que tu vas discuter de comment t'as joui ? Tu vois, de ce que t'as ressenti ?
- #Enora Teyssendier
Moi, oui, mais bon, je suis peut-être pas la bonne personne.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Parce que dans les personnes qu'on accompagne, c'est peut-être plus difficile de pouvoir dire « Ah, j'ai ressenti telle sensation, telle... » émotions, telle sensation physique tel frisson, tel truc à tel endroit avec tel gonflement et puis ça m'a fait telle chose émotionnellement et puis je sais pas j'ai encore la sensation de l'odeur du corps de l'autre même des jours après enfin ce genre de choses, c'est peut-être plus difficile de dire ça que de dire waouh ça a duré tant de temps ou on a fait telle action ou telle chose j'ai enregistré un épisode de podcast aussi avec une femme qui a créé
- #Enora Teyssendier
Quelque chose qui s'appelle le Woomer et qui est pour aspirer le sperme pour les personnes qui ont des gènes avec le sperme quand il y a eu une éjaculation en interne. Et en fait, effectivement, ça, je me suis rendu compte que c'est vraiment tabou aussi. De parler de l'après des gènes du sperme, d'éventuels gènes du sperme, c'est extrêmement tabou aussi.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Pour moi, c'est vraiment le fait que... on peut avoir du mal avec notre animalité, tu vois. C'est-à-dire que l'humain est un animal comme les autres. On n'est pas en dehors des autres animalités, on n'est pas en dehors des autres animaux non humains. Et qui dit, sexualité dit, même si ce n'est pas obligatoire, en tout cas dit, sexualité dans le sens large, en prenant aussi la notion d'érotisme, tu vois, dit quand même souvent une question de fluide. Donc il est question de sang, il est question de salive, il est question de sperme, il est question de cyprine, il est question... parfois d'autres types de fluides, etc. Et ça, c'est quelque chose qui peut être gênant dans une société qui est aseptisée par rapport à ça. Et ce n'est pas du tout la même ambiance que les années 70 à 80. Je ne dis pas que c'était mieux avant, je dis juste que c'est différent parce que c'est en ça que c'est politique. C'est que la manière dont on pratique de la sexualité, elle s'inscrit exactement comme la manière dont on parle. Tu vois, regarde, la manière dont je parle, c'est très différent qu'une interview... de personnes qui auraient eu lieu dans les années 50. On n'a pas la même prosodie, donc la même musicalité de la voix, on n'a pas les mêmes vocabulaires, etc. Tout ça, c'est un cadre culturel. Donc le cadre culturel qui m'a vu naître, qui t'a vu naître toi, qui nous a vu grandir, nous définit en quelque sorte. Et c'est en ça que la manière dont on a des rapports sexuels dépend de qui on est, d'où on vient, à la fois du micro-social, c'est-à-dire notre famille, notre parcours personnel. Est-ce que tu as vécu telle difficulté ? Est-ce que tu as vécu tel traumatisme ? Est-ce que tu as vécu dans telle famille ? Et à la fois dans une dimension plus macro-sociale, c'est-à-dire à quel type de société tu appartiens. Et la société actuelle produit aussi un certain type de sexualité.
- #Enora Teyssendier
Et justement... dans cette production d'un certain type de sexualité, est-ce que selon toi, ça peut créer de la souffrance ? Est-ce que selon toi, il y a certaines normes sociales qui peuvent créer de la souffrance ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
L'exemple le plus commun qu'on a souvent en sexologie, j'ai un peu l'impression d'ouvrir une porte qui est déjà ouverte. Ça serait de parler de pornographie, évidemment. Moi, je ne suis franchement pas contre la pornographie. Par contre, l'industrie pornographique, c'est quelque chose qui peut être différent. En fait, en soi, la représentation de corps liés, d'images, d'organes génitaux, etc., on en a sur les murs de Pompéi, et je ne suis pas sûr que c'est marqué leur temps aussi fort que ça marque le nôtre, parce que nous, on a l'image animée, et que la particularité d'une image animée, la particularité du film, c'est que l'image imagine à ma place. En même temps, c'est génial, je veux dire, parce que vu que l'image, j'imagine à la place, quand je suis en face d'une pièce de théâtre, quand je suis en face d'un film, quand je suis en face d'un tableau, quand je suis en face de, je ne sais pas, d'une pub ou autre, tu vois, à la fois, je peux vivre peut-être quelque chose que moi, je n'aurais jamais pu imaginer et que peut-être un ou une artiste a pu créer et c'est génial. Mais d'un autre côté, encore une fois, c'est aussi en sexe et politique, c'est en fonction de ce qu'on a pu distiller dans ta culture personnelle depuis que tu es enfant. des images que tu as pu voir comme représentation depuis que tu es enfant, tu vas avoir une représentation du couple, une représentation de la sexualité qui va être différente. Pour te donner un exemple concret, moi j'ai régulièrement en consultation des grands ados qui ont entre 17 et 22 ans, on va dire, donc grands ados, jeunes adultes, qui ont pu faire leur première fois et de leur premier rapport sexuel avec autrui, et bien ça va tout de suite. avoir une dimension hyper pornographique, performative, phallocentrée, pénétrocentrée, masculinocentrée. Et ça, c'est un biais. Ce n'est pas une sexualité qui est dite normale. La sexualité normale, elle n'existe pas. Ça, c'est un biais culturel. Et c'est le biais culturel pornographique du XXIe siècle. Peut-être que ces personnes-là n'auraient pas eu le même type de rapport sexuel dans un autre temps, dans un autre lieu. Alors, ce n'est pas plus ou moins bien. Moi, je ne suis pas là pour être moraliste. Ce n'est pas mon travail. Je laisse ça aux prêtres, ça ne m'intéresse pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est plutôt la manière dont ça vient jouer sur notre éthique personnelle et la manière dont ça vient jouer sur nos rapports et les systèmes de domination. C'est pour moi, le travail du sexologue, c'est d'être capable de nommer, d'identifier les rapports de domination. Ce n'est pas juste de trouver une dimension. OK, tu n'arrives pas à bander, on va essayer de trouver une solution. Ça, ce n'est pas la partie qui m'intéresse le plus. Et c'est, j'ai envie de dire, la partie la plus facile. La partie qui, vraiment, moi, me passionne, c'est la structure psycho-émotionnelle de la personne, sa représentation personnelle. Ça, c'est la dimension un peu hypnose qui est mon dada. Et aussi, sa pensée sociologique, et c'est la manière dont on peut politiser sa pensée et dont on peut inscrire sa pensée dans un contexte qui est plus large, qui est un contexte sociologique. Par exemple, un contexte de conflit entre les genres, qui est un contexte, par exemple, de conflit... Enfin, un contexte qui est patriarcal, qui est impérialiste, qui est colonisateur, etc. ça, ça se retrouve dans la sexualité. Pose des questions, par exemple, à une patiente qui serait racisée et la manière dont elle peut avoir des rapports sexuels, par exemple, avec des hommes blancs. Pose-lui la question. Est-ce que, des fois, tu as déjà eu l'impression que ton corps était un endroit colonial, par exemple ? Il y a des chances qu'il réponde oui, quand même.
- #Enora Teyssendier
C'est-à-dire, du coup ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
C'est-à-dire que, par exemple, dans les clubs libertins... Si les personnes racisées qui vont aller sur place, par exemple des femmes ou des hommes noirs, vont être identifiées comme étant particulièrement dans la performance, avec un certain type de critères physiques, un homme noir, par exemple, c'est un gros pénis, tu vois, et aussi une sorte d'animalité, et ça, c'est des représentations sociales, on n'est pas du tout sur une réalité biologique ou quoi que ce soit, c'est purement une création sociale qui est racialiste, et qui est impérialiste, et... coloniale. Et cette pensée-là influe la manière dont, par exemple, ces personnes-là vont pouvoir fréquenter des clubs libertins. Et de la manière dont elles vont être perçues.
- #Enora Teyssendier
Même pour les femmes, du coup, parce que autant j'ai pensé direct quand on a parlé au gros pénis pour les hommes, mais pour les femmes...
- #Tristan Jeangene Vilmer
Pour les femmes, oui, elles peuvent représenter comme étant... comme étant une proie, comme étant un objet à saisir et pas une personne. Elle peut le représenter comme étant une femme qui a peut-être plus de désirs qu'une femme blanche, etc. Et en soi, ça peut être radicalement faux et ça l'est probablement. C'est très loin en tout cas du vécu personnel de la personne.
- #Enora Teyssendier
Et selon toi, est-ce que les réseaux sociaux influent aussi notre rapport au corps et au désir ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Comme toute structure culturelle, c'est-à-dire que les réseaux sociaux maintenant, oui, au même titre que la manière dont, à la fin du Moyen-Âge, on peut avoir énormément de production en rapport avec ce qu'on appelle le fol à mort. Donc c'est vraiment... Cette culture de la manière dont on aime, l'amour qui dépasse la mort, Rémy-Juliette, Tristan et Zulte, Majnoun et Leïla, tous ces produits culturels, par exemple, qui peuvent y avoir à la fin de la période médiévale et au début de la Renaissance, et qui vont créer une sorte de romantisation et du fait que l'amour soit avant l'amitié, ce qui est une conception qui n'est pas forcément comprise par des personnes durant l'Antiquité. Et bien ça, c'est un produit culturel de cette époque-là. Notre produit culturel de notre époque à nous, c'est les réseaux sociaux, c'est les films, c'est les dessins animés, c'est la manière dont on va interagir les uns les unes avec les autres, c'est les podcasts, c'est ce genre de choses. Et nécessairement que c'est biaisé. Et c'est aussi biaisé parce que l'algorithme est biaisé. C'est-à-dire qu'à qui appartient le réseau social ? Comment il fonctionne ? Qui gère ça ? Et est-ce qu'il y a des mots qui vont être, tu vois, par exemple, parler de sexologie ? On ne parle pas de sexualité, mais parler de sexologie. Par exemple, sur Instagram, c'est compliqué en termes de visibilité. Et peut-être qu'il y a certains termes qui vont être plutôt... Par exemple, de sexologie qui va être politisée et qui va être engagée. Des fois, tu peux utiliser des mots comme colonial, comme racisme, comme, par exemple, impérialisme, comme américanisation de la société, comme hégémonie culturelle. Ça, c'est des mots qui peuvent être bannés par Instagram, par exemple. Et ça, ça fait que tu vas avoir moins de visibilité que, je ne sais pas, un sexologue ou une sexologue qui va te dire... la norme c'est 3 rapports sexuels par semaine et il faut avoir 3 rapports sexuels par semaine alors que c'est du bullshit et que ça met du poison dans la tête des gens en tout cas moi je parle pas des quelques sujets que tu viens de citer mais je suis bien aussi
- #Enora Teyssendier
dans le collier et je vois bien les problèmes alors que tu parles de santé sexuelle bien sûr évidemment tu vois par exemple santé sexuelle Merci.
- #Tristan Jeangene Vilmer
C'est intéressant ce terme. C'est super intéressant, tu vois. On partait d'une sexologie des années 30, qui était une sexologie juive allemande, qui a été hyper en avance sur son temps, sur plein de domaines. Évidemment, c'est un contexte des années 30 avec l'évolution de la science et les systèmes de pensée de ces années-là, qui est aussi effectivement assez impérialiste et dans une logique de lutte de pouvoir constante. Les nazis ont foutu dehors les sexologues de cette époque-là, et on fait un énorme autodafé, c'est un des premiers autodafés qu'ont fait les nazis. Un des premiers autodafés qu'ont fait les nazis, c'est l'Institut de sexologie qui était en Allemagne. Et à ce moment-là, t'as un peu le centre de la sexologie internationale qui va et qui se déplace et qui va aux Etats-Unis. Parce que les universités aux Etats-Unis ont dit, bah, welcome, super, on y va, c'est parti. À ce moment-là, ça se transforme, et la sexologie des années 50-60 est très différente de la manière dont on pratique de nos jours. La manière dont on pratique de nos jours la sexologie, c'est une sexologie qui a été aussi médicalisée, qui a été aussi, pour le coup, industrialisée avec la manière dont les lobbies pharmaceutiques peuvent phagocyter tout ça. Et tu vas avoir aussi une manière d'avoir une sexologie qui est surmédicale, tu vois. Et ça, par exemple, c'est un exemple concret de la manière dont la science peut être politisée, dans le sens où elle peut être influencée par des lobbies. des lobbies ultra capitalistes, tu vois, par exemple. Et en même temps, la manière dont la thérapie va pouvoir être pratiquée. Le fait de parler de santé sexuelle, c'est quand même quelque chose qui est spécifique. Je ne remets pas ça en cause, je pose juste la question. Je trouve que c'est un terme qui peut être intéressant dans certains cadres et que moi, je peux utiliser. Je ne dis pas qu'il ne faut pas l'utiliser. Je pose juste la question, est-ce que c'est pertinent de l'utiliser tout le temps ? Est-ce que c'est pertinent de l'utiliser dans un suivi thérapeutique ? Est-ce que la personne, elle a envie d'entendre parler de santé sexuelle ou elle a envie d'entendre parler de ce qu'elle ressent ?
- #Enora Teyssendier
En fait, moi, j'en parle que par rapport à Instagram.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ouais.
- #Enora Teyssendier
Où j'ai l'impression que quand j'ai des posts sur Instagram, on est sur de la prévention. Et j'utilise ce terme parce que, à contrario de contenu sexuel, en fait, de contenu sexuel pur et dur. Mais c'est vrai que je n'utilise que dans ce cadre-là et je n'avais jamais pris du recul pour réfléchir à ce terme-là. Mais c'est vrai que je n'utilise jamais dans les conseils de l'éducation.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Je comprends que tu puisses ne pas l'utiliser parce que ça ne parle pas à la réalité émotionnelle des gens. Quand on parle de santé sexuelle, moi, ce que j'entends, c'est santé. J'entends blouse blanche, j'entends médoc, j'entends normes, j'entends chiffres. Tu vois, par exemple, la manière dont notre société est... ultra chiffré. Tout est toujours numérique, tu vois. temps de temps, la manière dont on gère le temps, la manière dont on gère les chiffres, tout est toujours chiffré à chaque instant. Le téléphone, il y a vraiment une sorte d'espèce de matrice chiffrée qui compose notre vie au quotidien. Ces chiffres-là font qu'on va avoir des études sexologiques. Donc ça, c'est une manière de penser le monde. On peut penser le monde autrement comme ça. Quand tu vois, par exemple, beaucoup de peuples autochtones ne vont pas du tout avoir un rapport au temps ou avoir un rapport au chiffre qui est aussi important que notre civilisation. ça la manière dont on est un peu obsédé par les chiffres va avoir un rapport va modifier notre manière d'appréhender la science, donc va aussi modifier notre manière d'appréhender la manière dont on applique la science, c'est à dire que tu vas avoir des tas d'études sur combien de temps dure le rapport sexuel, combien de temps dure machin, puis en fait à la fin t'as des personnes qui sont probablement bien intentionnées mais qui publient des tas de choses dans lesquelles, dans des tas de revues en disant le rapport sexuel moyen dure tant de temps machin etc Alors les revues qui des fois sont des revues un peu sérieuses sont là, oui ça doit être machin, etc. Ce qui fait qu'en fait ça fait une sorte de norme, donc ça fait un peu une sorte de pression à la norme. Et puis après t'as des journalistes qui sont pas mal intentionnés non plus, qui reprennent tout ça, et puis qui mettent ça dans les journaux, ouais le rapport sexuel dure 7 minutes, 3 minutes, 3 minutes 34, je sais pas trop quoi, machin, etc. Moi je lis pas tout ça, ça m'emmerde en fait. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la personne en consultation, elle est là genre, oui je dure pas assez longtemps. C'est-à-dire, j'ai une éjaculation prématurée par exemple, tu vois, je dure pas assez longtemps. Ok. Déjà, je lui dis, je préfère le terme d'éjaculation non choisie, parce que le langage, c'est politique. Donc, les mots qu'on utilise influencent aussi notre manière dont on représente le réel et dans ce qu'on ressent. Et donc, éjaculation non choisie, je trouve ça plutôt intéressant. Et éjaculation prématurée. Prématurée par rapport à quoi ? Par rapport à la pénétration ? C'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire que la sexualité, c'est que la pénétration ? Ce qui s'est passé avant, ce n'était pas la sexualité. Ah, d'accord. Bon, intéressant. Et puis, ça veut dire quoi ? Pas durer assez longtemps ? Ça veut dire que tu devrais durer, je ne sais pas, X temps ? Par rapport à une norme ? Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va pas te donner tel médicament du moment que tu dures pas tant le temps, machin ? Je comprends que ça puisse être intéressant dans certains cadres et dans certains suivis, mais pas dans tous, et je pense qu'on a légitimement le droit de vouloir remettre du poétique à l'endroit où il y a des chiffres, remettre de l'émotion, remettre du contact, remettre de la poésie, remettre... Je sais pas, de... de l'humanité là-dedans, tu vois, voire même, je dirais, du sentient, pas que juste de l'humanité, de notre animalité sentiente, de ce qu'on ressent.
- #Enora Teyssendier
Oui, on est tellement d'accord, et là, tu parlais de l'éjaculation trop rapide, et il y a certaines sociétés savantes qui vont dire que l'éjaculation précoce, c'est quand c'est moins de deux minutes, ou trois, je ne sais plus. qui décide de ce critère-là aussi ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Et c'est en ça que je te dis que la sexualité, elle est politique, tu vois ? Regarde, par exemple, à partir de quel moment... Elle est politique dans le sens où elle est influencée par les contraintes gouvernementales. Ça, c'est sûr, tu vois ? Faire de la sexologie et faire du sexe sous un gouvernement d'extrême droite, impérialiste, hyper capitaliste, hyper libéral, c'est pas la même chose. que de faire de la sexualité et de la sexologie aussi en tant que praticien ou praticienne sous un gouvernement qui serait à l'extrême opposé,
- #Enora Teyssendier
tu vois.
- #Tristan Jeangene Vilmer
C'est pas du tout le même concept, c'est pas du tout les mêmes choses. Et ça, ça influence notre vie. Donc à la fois la politique, dans le sens Ausha, influence notre vie, mais le politique aussi. Et il influence la manière dont on va pouvoir, jusqu'à ce qu'on ressent, jusqu'aux mots qu'on peut choisir. L'exemple typique, tu vois, je sais pas, ça serait... le mot de Adam Zick là tu sais la circlusion le mot circulure pour dire, pour remplacer un peu le mot pénétration qui serait quelque chose comme ce que peut ressentir une personne qui est pénétrée, en fait elle n'est pas pénétrée elle circule, donc elle fait cercle autour d'eux voilà, c'est un néologisme hyper intéressant parce que les mots modifient la manière dont on conçoit le monde, modifient la manière dont on le représente donc modifient aussi ce qu'on ressent, c'est génial Et plus tu connais le mot, plus tu as un ressenti qui peut être fin. C'est ça qui est pertinent. Plus tu aiguises cette notion-là. Quand tu vas voir quelqu'un qui a un vaginisme et que tu lui dis « Mais ce n'est pas lui qui vous pénètre, c'est vous qui le circluiez. » Je ne sais pas comment ça peut se conjuguer. Oui,
- #Enora Teyssendier
c'est ça. C'est vous qui le circluiez. Oui, c'est ça.
- #Tristan Jeangene Vilmer
C'est vous qui le circluiez. À ce moment-là... Qu'est-ce que cette personne-là va se dire ? Elle va se dire, attends, depuis que je suis enfant, si c'est une femme cis, tu vois, par exemple, depuis que je suis enfant, on me dit que les hommes dominent les femmes, on me dit qu'un homme, durant mon adolescence, c'était la prédation des hommes sur les femmes, tu vois, par exemple. Et la manière dont on a un rapport sexuel, c'est les hommes sont continuellement dans l'action, et les femmes sont dans une logique passive, et font l'étoile de mer. Je rigole, évidemment, c'est pas du tout ce que je pense, mais ça peut être des espèces d'a priori sociaux, tu vois, j'exagère le trait, pour que ça soit bien compréhensif. Et là, tout d'un coup, on lui dit, non, non, non, ton périnée, il a un pouvoir. Ton périnée, il est puissant. Ton vagin, il peut entourer. Ton vagin, il peut masser. Il peut ressentir. Il peut, il peut, il peut, tu peux tellement le sensibiliser et le capaciter. Le capaciter, c'est un terme en médecine qui fait qu'en gros, un organe est au bout de sa maturité, tu vois, est vraiment plein de maturité. Donc, par exemple, la capacitation de ta bouche et de ton palais, donc de ton système nerveux derrière, ça serait le fait de goûter plein de plats différents. Plus tu goûtes de plats différents, plus tu goûtes de mets différents. et plus tu as un palais qui est capable, qui ressent des choses avec une grande finesse. Parce qu'en fait, à la fin, tu as entraîné ton cerveau à avoir une multitude de sensations diverses et variées. Donc ça veut dire qu'en fait, à la fin, ton palais, il est précis, il est pointu, il est dans un ressenti qui est une sorte de poétique hyper fournie, c'est hyper intéressant. C'est pareil pour ton vagin, tu peux faire la même chose avec ton vagin. Et si tu veux jouir de cette zone-là, il va falloir qu'on s'en donne les moyens, parce que ce n'est pas ce que la société te demande. La société te demande de reproduire, pour le coup. Ou de jouir juste parce qu'il y a un pénis qui te pénètre. Je ne sais pas trop en quel honneur ça arrive, mais ça ne marche pas comme ça dans la part du temps.
- #Enora Teyssendier
Mais alors justement, est-ce que tu penses que la sexologie a parfois renforcé certaines normes au lieu de les questionner ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
C'est ce que je te disais juste avant. Une sexologie qui serait... Dans les années 90, il y a eu une sorte de rupture... hyper intense, c'est les années SIDA, et c'est Reagan en particulier. Donc, les plus grosses universités de sexologie, et vraiment ce qui crée et pensait la sexologie à cette époque-là, c'était les Etats-Unis. Les Etats-Unis des années 70-80, c'est pas la même chose que les Etats-Unis des années 90. Et quand dans les années 90, et notamment la fin des années 90, t'as une épidémie de SIDA qui ravage complètement la communauté gay, et qui en même temps fait beaucoup de dégâts euh... Au niveau du conservatisme, au niveau de la dimension réactionnaire, au niveau de la dimension... Il y a des gens qui ne voulaient pas serrer la main à des personnes qui avaient potentiellement le VIH. C'était n'importe quoi. Même si ça peut encore arriver maintenant, malheureusement. Il faut vraiment essayer d'imaginer que ça, ça a eu une espèce de rupture dans la manière dont on pense la sexologie. Et la sexologie s'est mise à se penser comme étant avant tout une dimension médicale. ça, ça crée des contenus sexologiques. Donc aussi, ça crée des sexologues qui peuvent être un peu obsédés par cette conception-là, tu vois, et qui peuvent être éloignés, des fois, de ce que peuvent ressentir les gens. Ou un sexologue qui aurait un parcours universitaire en sociologie. Un sexologue qui a un parcours universitaire en sociologie, pour moi, c'est quelqu'un qui est hyper efficace. Il peut être vraiment hyper pertinent ou hyper pertinente. Et donc oui, la manière dont on produit du savoir modifie ça. Si tu as tel sexologue hyper connu qui passe, alors que pour autant, je ne sais pas, si ça se trouve en termes de clinique, c'est quelqu'un qui fait de la merde. Et puis que forcément, cette personne-là, encore une fois, elle est politisée. On parle toujours à la place de quelqu'un. On parle toujours. C'est ce que disait Bourdieu. Il disait toujours, quand tu prends la place, tu prends toujours la place de quelqu'un. Tu vois ? C'est intéressant. C'est pareil. Si tu as un ou une sexologue connue qui va parler sur un média, cette personne-là, je trouve qu'elle a intérêt à faire attention à ce qu'elle dit. Parce que la manière dont elle va aborder les sujets, ce qu'elle va dire, les mots qu'elle utilise, la manière dont elle va vulgariser ça, même si elle a le droit à l'erreur, bien sûr, mais si elle est récidive et qu'elle dit régulièrement les mêmes choses, si c'est un contenu qui peut être une manière de voir le corps, qui est utilitariste, qui est capitaliste, qui est désincarné, qui est performatif, qui est... Eh ben, ça, pour le coup, ça crée des tas de complexes, ça crée des gens qui sont en difficulté. Et tu vois, moi, par exemple, j'ai des gens en consulte qui viennent me voir en me disant, tel sexologue à la télé, il a dit que c'était bien, je pense, une sexologue que je ne vais pas nommer en particulier, et qui a dit, tu vois, par exemple, que, je ne sais pas, il fallait avoir des rapports sexuels trois fois par semaine. Mais ça me fume, quoi. Parce qu'après, toi, tu arrives et tu fais quoi ? Tu as quelqu'un qui passe à la télé, donc elle a une espèce de biais d'autorité énorme, alors que ce n'est pas parce que tu passes à la télé que tu es pertinent, des fois, c'est même l'inverse. Parce qu'à la télé, ils invitent des gens qui sont influents et qui vont faire de l'audimat. Ce n'est pas forcément des spécialistes du sujet, tu vois. Ils peuvent être peut-être un peu plus chiants à écouter, on va dire. Et puis en plus, on ne te laisse pas le temps d'approfondir. Donc, tu dois tout résoudre en peu de temps. Ça, par exemple, ce genre de phrase, toi, tu peux passer trois consultes. à déconstruire ça. Donc ça fait perdre du temps, de la thune aux gens, parce que les gens, ils payent les consultes quand même. Et en plus de ça, toi, ça te rajoute du boulot alors qu'on aurait pu aller directement dans le fond du problème qui est, OK, vous avez un écart de désir. Tu vois ? Pourquoi vous avez un écart de désir ? Ah, la charge mentale ! Ah, merde ! On n'avait pas vu ça comme ça, tiens. Ah ben, si on parlait un peu plus de ça. Donc, du politique. OK, vous faites quoi dans votre foyer ? Parce que le foyer, c'est politique. Qui passe... J'enfonce des portes ouvertes, c'est vraiment le béaba de la sexologie, mais qui passe l'aspirateur, qui fait la vaisselle, qui a le temps de faire du sport, qui travaille tant de temps par semaine, et qui doit s'occuper de faire des vacances, des machins, etc. Ah bah tiens, bizarrement, c'est différent. Et bizarrement, il y a un écart de désir. Et si tu veux que ta meuf ait le plus de désir pour toi, juste tu fais la vaisselle, quoi, tu vois. Et puis tu t'occupes de tes émotions, tu fais une thérapie, tu fais pas chier, tu vois. Désolé, je suis assez cash, mais c'est mon style d'approche. Mais moi, je suis pour responsabiliser les hommes sur ces questions-là, par exemple.
- #Enora Teyssendier
Mais tu leur dis peut-être pas comme ça ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ça m'arrive. Ça dépend des patients et des patientes, mais ça m'arrive d'être assez cash. Je pense que c'est important. Je ne suis pas là pour leur faire perdre du temps, de l'argent. Je ne suis pas là pour les brosser dans le sens du poil. Je suis là pour être... Ça, c'est intéressant. La question, ça serait pourquoi ils viennent et à quoi ça sert ? évidemment beaucoup beaucoup de douceur beaucoup d'écoute beaucoup de place, on leur laisse beaucoup de place une expertise ça c'est évident que les personnes viennent aussi chercher ça mais je pense qu'il ne faut pas hésiter à remettre des cadres, il ne faut pas hésiter à dire par exemple à une femme qui n'a pas de désir et qui a 30 ans qui a deux gamins, qui a un boulot qui s'occupe de sa maison, de son foyer, qui est un mec qui est un adolescent et qui ne fait rien Lui dire, non mais en fait, à votre place, moi, j'aurais pas d'orgasme et j'aurais pas de désir. À votre place, moi, votre mec me donnerait pas envie non plus, quoi, tu vois. Ça veut pas forcément dire changer de mec. Ça veut juste dire, bah, vous êtes dans un endroit social qui est un endroit de domination, parce que vous êtes dominé dans votre travail, vous êtes dominé au foyer, vous êtes dominé dans la sexualité aussi souvent. Je parle pas de rapport BDSM, hein, je parle de rapport de pouvoir. C'est ça, la sexologie, c'est être capable de voir et identifier les rapports de pouvoir, faire de la thérapie de couple sans parler de rapport de pouvoir. c'est comme faire de l'écologie sans parler de politique et de social, c'est du jardinage tu vois genre c'est de la tu t'amuses à empiler les concepts mais tu vas pas plus loin du coup selon toi un sexologue pourrait pas être neutre un ou une sexologue n'est pas neutre vous n'êtes pas neutre personne n'est neutre voilà moi je suis très tatoué par exemple Si je me balade dans la rue, mon corps, il n'est pas neutre. Je suis un homme, je suis perçu comme un homme. La manière dont je marche, la manière dont je m'exprime, les mots que je vais choisir, ce n'est pas neutre. Ça vient de telle culture familiale, ça vient de telle chose, ça vient de tel système de domination. C'est jamais neutre. Dans ce cas-là, ça veut dire quoi ? Un policier, il a un costume qui n'est pas neutre. Il a un costume qui peut être effrayant pour certaines personnes, peut-être assurant pour d'autres, je ne sais pas.
- #Enora Teyssendier
Je vais poser une question un petit peu plus... peut-être clivante surtout que tu as dit que tu ne parlais pas de politique gauche droite mais dernièrement j'ai entendu plusieurs enfin dernièrement c'était au moment des élections municipales plusieurs thérapeutes dire que un thérapeute enfin c'est au sens large mais ou sexologue ça dépendait qui parlait ne peut pas ne pas être politisé mais certains disaient ne peuvent pas être de droite
- #Tristan Jeangene Vilmer
Je pense qu'on ne va pas se mentir, c'est comme pour la sociologie, il existe certains thérapeutes de droite, mais c'est rare, tu vois, c'est un peu une personne sur cent, et on le voit à la manière dont... en fait, ça se voit en une minute.
- #Enora Teyssendier
Ok, pardon, c'est pas ne peut pas l'être, mais ne peut pas être un bon thérapeute en l'étant. C'était plutôt ça le discours.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Moi, je... pense que je suis d'accord, on va pas se mentir. Et surtout, en fait, un thérapeute n'est pas neutre, n'a jamais été neutre et ne sera jamais neutre. La neutralité... thérapeutique, cette espèce de bienveillance paternaliste, maternaliste, qui est une sorte de neutralité. C'est un héritage bourgeois psychanalytique du début du siècle dernier, et c'est une certaine ambiance de la psychanalyse. C'est la psychanalyse entre bourgeois, dans une communauté qui est excessivement violente au quotidien, à travers des violences de classe, des violences de genre, des violences sur les enfants, des violences coloniales, etc., qui est la Vienne du début du XXe siècle, et en même temps qui est dans une sorte d'entre-soi bourgeois où on nomme les choses sans les nommer, où on est très neutre, machin, etc. On n'est jamais neutre. La gueule que tu fais en séance, elle n'est pas neutre. Les mots que tu utilises, ils ne sont pas neutres. La manière dont tu réagis, ce n'est pas neutre. Quand tu mets un quart d'heure de retard dans la gueule d'un patient et que l'autre, il est en train d'attendre, ce n'est pas neutre. Et c'est OK. En fait, il faut juste l'accepter et le vivre pleinement. À partir du moment où tu l'acceptes et tu le dis pleinement, tu vas recevoir des gens. Par exemple, moi, je reçois beaucoup de personnes de la communauté queer parce qu'ils savent que... c'est des personnes qui elles savent que je suis politisé, que je suis engagé et que je vais pas nier le fait que quand c'est des personnes qui se baladent dans la rue des fois elles sont en danger, tu vois dans leur rapport sexuel elles peuvent être en danger c'est pas quelque chose que je vais nier, je vais pas être là ah non mais vous comprenez machin, non juste, des fois c'est la merde en fait et s'il y a telle personne qui passe au gouvernement bah ça sera encore plus la merde et cette personne là elle sera encore plus en danger tu vois, moi quand je fais de la sexologie je pense à ma fille, j'ai une fille qui a 2 ans et demi j'ai envie de chialer quand je parle de ça tu vois j'ai une fille qui a deux ans et demi et je me dis putain mais s'il y a tel fonctionnement, s'il y a tel gouvernement s'il y a tel truc, qu'est-ce que va être sa vie, qu'est-ce que va être ses rapports femmes-hommes, qu'est-ce que va être son rapport à son genre, qu'est-ce que va être son rapport à sa vie personnelle plus tard, peu importe ce qu'elle fait, machin etc, à sa vie sociale, à la manière dont elle va pouvoir être dans le monde et là depuis le début on n'a pas parlé d'écologie mais la manière aussi dont tout ça influence notre sexualité, l'écologie qui influence notre sexualité c'est énorme Moi, j'aime beaucoup Myriam Bafou, tu vois, par exemple. Je ne sais pas si tu vois qui c'est.
- #Enora Teyssendier
Non.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Myriam Bafou, c'est une philosophe qui fait aussi beaucoup de sociologie, qui travaille sur l'écologie, qui travaille sur les rapports de genre, qui travaille sur la sexualité. Elle a publié un petit livre qui est génial, qui s'appelle « Des paillettes sur le compost » , si je me souviens bien, il y a quelques années. Et là, elle a publié, l'année dernière, si ma mémoire est bonne, un bouquin qui s'appelle « éropolitique » . Elle parle d'érotisme, de sexualité et de politique, du politique. C'est fascinant. Pour moi, elle a tout compris. C'est une lumière dans les ténèbres par rapport à ça. Elle est hyper douée là-dedans. Et la manière dont elle en parle, elle va aussi être capable de te dire que la sexologie, elle ne le dit pas comme ça, mais moi, c'est ce que j'entends, la sexologie doit vraiment s'inspirer de la pensée queer pour avoir des accompagnements, y compris avec des couples hétéros, trad et tout ce que tu veux. casser un peu ce modèle-là, parce qu'en gros, c'est une capacité à se penser soi comme étant un objet social, un objet politique, je ne parle pas objet sujet, mais en tant qu'emplacement, un lieu, plutôt un lieu, je dirais, qu'un objet, se penser soi comme étant un lieu qui est politique, qui est nécessairement biaisé, et le fait de se dire que tous les rapports que tu as aux autres sont aussi dans des structures de biais, et l'idée, c'est de les comprendre en essayant de se dire que tout ça s'auto-influence et crée un système culturel. Et tout en sachant que le système culturel se crée aussi tout seul, c'est ça qui est terrible, et génial en même temps. Et donc l'idée, c'est de se dire, comment je peux être pas trop nul dans mon métier là-dedans ?
- #Enora Teyssendier
Tu as parlé d'écologie, tu parlais d'écologie dans quel sens ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Je sais pas, imaginons une personne qui aura une orientation sexologique hyper... sex toys tu vois voilà qui penserait son accompagnement à travers une vision qui est hyper sex toys les sex toys actuels avec les silicones de merde et les moteurs et les batteries c'est un putain de gouffre écologique alors c'est pas le premier il y a plein d'autres choses à faire je suis pas en train de responsabiliser les gens à titre individuel c'est évidemment le grand capital qu'il faut abattre en premier lieu mais peut-être qu'on peut faire autrement peut-être je sais pas tu vois par exemple on peut s'acheter un sex toys en verre fait par un ou une artisan ou artisane française tu vois ça peut être trop cool ce genre de choses. Je ne suis pas du tout contre les sextoys, mais je suis contre la dimension productiviste et surconsommatrice de ce genre de fonctionnement. Et encore une fois, la sextech peut être intéressante parce que des fois, ça crée des espèces d'innovations qui peuvent simplifier la vie de telle personne ou telle problématique. et ça peut être super mais encore une fois attention à la dimension hyper chiffrée productiviste efficace performante de la sexualité et bien une sexualité qui serait vraiment écologique tu vois la la L'éco-sexualité, c'est un truc qui date des années 70, c'est hyper intéressant. Et en gros, c'est une manière de comprendre sa sexualité comme étant inscrite dans un processus écologique sur le long terme. Mais surtout de comprendre aussi que le... La sexologie, comme étant un produit politique aussi, elle n'est pas extraite du monde. Elle est dans un monde qui est capitaliste, impérialiste, racialiste, qui est avec des différences de genre, et un patriarcat qui est écrasant, etc. Tu vois, une domination sur les enfants, etc. En fait, si tu fais le lien entre tout ça, c'est l'histoire de la convergence des luttes, tout simplement. En gros, si tu arrives à concevoir la convergence des luttes comme étant factuelle et comme faisant partie de notre quotidien, ta sexualité, ça sera aussi le cas. En gros, ce que j'essaye de dire, c'est que, si je devais résumer, c'est qu'en tant qu'individu, il est possible que vous puissiez trouver une sexualité qui vous convienne et qui soit éthique par rapport à vous. et par rapport... Alors, l'objectif, ce n'est pas d'être un militant ou une militante parfaite, mais de se dire que c'est possible d'avoir une sexualité qui soit... en accord avec votre système de valeur. Et ça demande aussi des fois à s'intéresser à l'écologie et à peut-être faire le lien entre les deux. Après, ça peut prendre plein de formes différentes. Ça peut être baiser dans les orties si vous voulez, mais c'est pas la question. En fait, pour moi, c'est jamais la question de l'affinitude sur comment tu fais concrètement. Ça m'intéresse pas trop de savoir comment on enfile quoi dans quoi, ou qui fait quoi, ou la dimension technique de la sexualité. Moi, ça m'emmerde un peu, je t'avoue. Parce que j'ai l'impression que c'est pas le cœur du sujet. Le cœur du sujet, c'est ce qu'on ressent, c'est ce qu'on pense, c'est comment on le vit, c'est ce qu'on se dit quand on le fait, c'est le sens qu'on donne à ce qu'on fait. C'est surtout ces trucs-là. Oui,
- #Enora Teyssendier
je pense qu'on se rejoint. Pour aller sur la fin, j'aurais bien voulu échanger encore bien plus avec toi, mais le temps passe vite. Pour aller sur la fin, est-ce que tu aurais des livres, des lectures à nous conseiller ? Attends, je vais donner un critère de plus. Personnellement, j'avoue que je suis vachement plus terrain, terre à terre. Dès que c'est trop théorique, trop philosophique peut-être même, j'ai du mal à lire. Donc, je veux bien que tu nous dises des livres pour tout le monde ou des livres pour les gens comme moi qui ont besoin d'un peu de concret dans la lecture.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ok, c'est plus dur. Ma héropolitique de Myriam Bafou, pour moi, c'est un petit bijou. La seule chose, c'est qu'effectivement, c'est un bouquin de philo. Il peut être un peu dur à se mettre sous la dent. Il y a un bouquin que j'avais lu il y a quelque temps. C'est de l'anglais. Queer Ecologies, Sex, Nature, et je ne sais plus quoi. Là-dessus, c'est pareil. C'est en gros l'idée de faire le lien. En fait, l'idée, c'est de mettre sa pratique à l'endroit du politique, de comprendre que notre pratique, elle est nécessairement à l'endroit du politique. Et qu'en fait, ça veut dire que l'idée, c'est de s'emparer de ça. De s'en emparer et que ça soit quelque chose qu'on puisse pratiquer. Et la manière dont on peut modifier sa pratique en tant que professionnel par rapport à ça. Donc effectivement, pouvoir s'inspirer de la communauté queer, pour moi ça me paraît absolument obligatoire déjà quand t'es sexo de juste avoir une certaine sensibilité à la queerness, on va dire.
- #Enora Teyssendier
On est d'accord. Je viens de perdre 600 abonnés via ça.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Écoute, navré, c'est mon... Non, non,
- #Enora Teyssendier
j'en suis très contente en vrai. Là où je suis navrée, c'est justement pour les personnes queers en fait. De voir ça. Mais bon, bref.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ah oui, tu veux dire sur Instagram, tu as perdu 600 abonnés à cause de... D'une publication. Qui était un peu plus orientée LGBTQIA+.
- #Enora Teyssendier
Oui, en gros, c'était un peu la définition, l'explication de ce que sont les drag queens, drag kings.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Ah oui, on n'est pas sur un truc très chaud. Non. Ah ouais. effectivement ouais t'as pas dit le truc le plus clivant du monde ouais bon ok d'accord bah écoute malheureusement après tout je comprends après c'est pas évident d'aller chercher de la contradiction sur les réseaux sociaux avec les espèces de pensées bulles hyper rapides et les réponses et les tonnes de commentaires c'est
- #Enora Teyssendier
vraiment pas un endroit de réflexion profonde c'est pas évident quoi non mais ça rentre dans tout ce sujet là en fait politique de voir comment sont perçus que... Parce que là, les personnes, elles ont dû s'arrêter juste au titre, en fait, ou à la photo, peut-être même, et comment sont perçues... Ah oui ! les personnes queer,
- #Tristan Jeangene Vilmer
les drag queens en l'occurrence peut-être ça montre bien tout là LGBTQIA+ phobie qui peut y avoir et les réseaux sociaux sont des machines à fabriquer du masculinisme et de la violence et de la domination, c'est terrible ça permet plein d'autres choses, moi j'ai fait des magnifiques rencontres et ça permet d'éduquer sans les réseaux sociaux il n'y aurait pas eu MeToo et compagnie, ok c'est génial mais il y a aussi un mouvement général un mouvement de fond qui est terrifiant
- #Enora Teyssendier
pour revenir sur le livre Queer Ecology Sex tu me donneras le titre comme ça je le noterai dans l'épisode ouais je te le donnerai après et que en anglais ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
oui je crois qu'il est en anglais après il y a Kate Millet qui a publié Sexualité politique je crois qui est bien là dessus Après, ça va être sur la question de... Je réfléchis. Après, c'est plus de la socio, tu vois. Ça va plus être des bouquins... Attends, tu sais quoi ? Est-ce que tu peux faire une petite pause dans le podcast ? Alors, il y a une maison d'édition que j'aime beaucoup qui s'appelle Lameute, qui fait des petits livres. En plus, ils sont super jolis. Est-ce que tu peux avoir une... C'est des livres cadeaux, en fait. La dernière de couvre, elle peut se fermer. En gros, ça cache le titre et ça fait une sorte de petit paquet cadeau. Et ça permet aussi de faire des cadeaux parce que des fois, les titres sont un petit peu provocateurs. Donc, ça peut permettre aussi de se faire des cadeaux à des personnes qui sont concernées. Tu vois, par exemple, celui-là, c'est pas tous les hommes quand même. et donc je crois que c'est Giulia, je sais plus comment ça se prononce je suis désolé si elle m'écoute, j'ai probablement mal prononcé son nom et je sais que j'avais lu j'avais lu de eux plusieurs livres, je vais te retrouver les titres que j'avais trouvé vraiment pertinents donc il n'y a pas tous les hommes quand même par exemple, le hashtag note le même tu vois toi t'es pas comme les autres filles que j'avais trouvé bien aussi deux mots de le reste voilà après j'en avais plusieurs là dessus je pourrais te redonner les titres si tu veux je pourrais te faire une liste oui
- #Enora Teyssendier
bah on pourra le mettre dans la description si les titres de livres de toute façon j'écrirai avec le nom de l'auteur et bien orthographié ouais bien sûr
- #Tristan Jeangene Vilmer
Il y a une maison d'édition aussi que j'aime bien, c'est l'édition textuelle. Et j'avais trouvé Aimer sans posséder, par exemple, de Sabine Valens. J'avais trouvé bien aussi... Après, là, c'est sur une autre thématique. Mais en fait, elle fait le lien entre patriarcat et alimentation. et stéréotypes de genre, hégémonie culturelle un peu à ce niveau-là. C'est Amanda Castillo qui a écrit « Tu seras carnivore, mon fils » , que je trouve vraiment pas mal là-dessus. Où elle parle d'éthique animale, évidemment, là-dessus. Mais bon, il y a des liens entre toutes ces luttes-là. « Être un père féministe, mission impossible » de Myriam Chateau, je crois. J'avais trouvé plutôt pas mal. Il y en a plusieurs de cette maison d'édition qui sont vraiment intéressantes. En plus, sexologie, il y a Andrea Dworkin qui a écrit Coït. Là, on est vraiment sur un grand classique de la sexologie. Je ne me souviens plus de la date de parution, mais c'était il y a longtemps. Je vais essayer de retrouver la date de parution, mais je crois que c'était les années 80. C'est... c'est C'est du militantisme qui frappe juste et dur. Donc ça, c'est vraiment intéressant. J'aime bien « Faire famille autrement » aussi de Gabriel Richard, de l'édition « La collection sur la table » . Je trouve intéressant. Et puis après, c'est des bouquins au pub. Ça va être « Le droit au sexe » par exemple de Amia Srinivasan. Je crois que c'est ça. Voilà. Et puis, Héros politiques de Myriam Bafou, voilà, le genre de petits livres avec lesquels on peut commencer. Et puis, des livres de sociaux comme, par exemple, les vieux livres, maintenant, parce que c'est d'il y a quelques années, de Léo Thiers-Vidal sur Léo Thiers-Vidal qu'on regrette qui... Et un sociologue qui a travaillé sur les hommes dits pro-féministes, parce qu'il considère, et a raison, je le rejoins là-dessus, qu'un homme ne peut pas être féministe, il ne peut qu'être pro-féministe. Et lui, sa posture, c'est qu'en gros, la meilleure chose qu'on puisse faire, en fait, l'idée, c'est de ne pas être dans une logique de genre être allié, mais c'est plutôt être traître, être traître aux autres hommes. Donc en fait, être traître en tant qu'homme, cis, être traître à l'hégémonie culturelle de ce que c'est qu'être un homme cis. Et en fait, en faisant ça, tu fais ton boulot d'allié. Tu ne fais pas ton boulot d'allié en juste étant du bon côté, tu vois. Sinon, c'est trop facile, tu es dans une logique de performative mail et puis c'est bien confortable pour toi parce que tu es le gentil garçon de gauche dans un milieu militant, mais tu gardes tes privilèges et tu restes un dominant. Donc l'idée, c'est de se dire, oui, effectivement, il y a des privilèges qu'on garde et effectivement, on reste dans une posture de dominant parce qu'on est un dominant au quotidien. Mais par contre, si on est dans cette logique de trahison par rapport à cette... hégémonie culturelle masculine et le masculinisme ambiant, et bien peut-être que tu fais un peu plus le job. Je pense pas qu'on puisse être parfait là-dessus, je pense que c'est complètement impossible. Je pense qu'on peut rester, enfin on peut merder toute sa vie en essayant de faire de son mieux. Mais je trouve que Léo Tchervidal là-dessus, il a été plutôt juste.
- #Enora Teyssendier
Je noterai tous ses épisodes et puis, euh, tous ses épisodes, tous ses livres, pardon. et puis merci beaucoup j'aurais vraiment envie d'échanger encore d'approfondir encore avec toi mais on va s'arrêter là pour l'épisode d'aujourd'hui peut-être que qui sait ? peut-être arrivera à prendre un temps pour revenir un autre jour sur un autre sujet
c'est un plaisir, en tout cas merci beaucoup de m'avoir invité, c'est vraiment adorable désolé pour les téléspectacles désolé on reprend, on fait une petite pause et on reprend ce tueur Merci beaucoup de m'avoir invité, c'est vraiment adorable. Et pour les personnes qui nous écoutent, désolé, j'ai peut-être été parfois un peu fouillis. Mais j'espère que ça a pu être clair le mieux possible là-dessus et que ça peut servir à la fois des personnes qui sont professionnelles de l'accompagnement et à la fois aussi des personnes qui ne sont pas concernées, qui sont patientes ou juste curieuses. Oui, il y en a aussi qui écoutent l'épisode. Merci. Est-ce qu'il y a un dernier ? Non, déjà, où est-ce qu'on te retrouve ? Sur Instagram ?
- #Tristan Jeangene Vilmer
Je ne sais pas trop faire ces trucs-là. Attends. Oui, sur Instagram, c'est vilmer.tristan. Voilà. Après, je crois que c'est la seule chose qu'il y a à peu près à jour. Je ne suis pas à jour pour le reste, donc il ne faut pas que je ne le diffuse trop. Je vais faire tout sur Instagram et après, en consultation, je fais de la visio et du présentiel.
- #Enora Teyssendier
Tu as un site internet ? Oui, j'ai un site internet qui n'est pas à jour, mais j'ai un site internet qui est suffisant pour l'instant.
- #Tristan Jeangene Vilmer
Je mettrai aussi dans la description.
- #Enora Teyssendier
Mon site internet, c'est www.villemertristan.com, je crois. Et puis, merci beaucoup. Merci à toi. Et je souhaite une bonne fin de journée, bonne soirée ou bonne nuit aux auditeurs en fonction de quand vous nous écoutez. Et puis à bientôt pour un prochain épisode. Avant de mettre totalement fin à cet épisode de podcast, j'ai envie de vous rappeler ou de vous informer que les portes de la formation en psychosexologie holistique ont rouvert. Donc la prochaine promo commence en octobre, mais c'est dès maintenant le moment. de s'inscrire, puisqu'il y a des promotions. Il y a moins 200 euros pour les deux premières personnes qui s'inscrivent, puis moins 100 pour les trois premières personnes qui s'inscrivent avant le 16 juin. Donc, avant de s'inscrire, ça passe par un entretien avec Sandrine pour voir si la formation, elle vous correspond vraiment, si... C'est en adéquation aussi avec votre projet, en adéquation avec la formation et en adéquation avec les valeurs et la charte éthique de l'école. Et puis pour poser toutes les questions que vous auriez besoin de poser. Donc je laisse le lien dans la description pour prendre le rendez-vous avec Sandrine. Et puis je vous dis à tout bientôt pour un prochain épisode de podcast ou sur un autre support Instagram ou par mail. Ce sera avec plaisir d'échanger. Bonne fin de journée ou bonne soirée !