- #Enora Teyssendier
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Psycho-Sexo, le podcast de l'EPSO. Je suis Enora Tessandier, psychosexologue et fondatrice de l'école EPSO, École Internationale en Psychosexologie Holistique. Et aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir Thomas Rocourt pour parler de sexualité, plutôt sexualité consciente, mais on verra là où la conversation nous mènera. Bonjour Thomas.
- #Thomas Rocourt
Bonjour Enora.
- #Enora Teyssendier
Donc, pour faire une très légère introduction, en fait, je suis Thomas sur Instagram depuis quelques temps maintenant. Donc, j'aime beaucoup ce que tu partages, Thomas. Et donc, en fait, quand j'ai découvert ton compte, j'avais déjà en tête, du coup, de t'inviter un jour. Donc, je suis contente aujourd'hui de t'accueillir au micro.
- #Thomas Rocourt
Merci de l'invitation.
- #Enora Teyssendier
Et donc, voilà, je vais te laisser la parole pour te présenter. Je suis sûre que tu feras ça mieux que moi.
- #Thomas Rocourt
Yes, merci encore. Très heureux aussi d'engager cette conversation. Et puis, j'ai de la curiosité sur où est-ce que ça va nous mener, parce que c'est toujours une surprise. Et donc, comme tu l'as dit, je m'appelle Thomas Rucourt. Je me présente comme entre thérapeute et coach. avec une approche somatique, je vais l'expliquer plus en détail, et aussi j'ai une composante artistique dans ce que je propose, et aussi un spectacle d'éducation sexuelle, qui parle aussi des tabous que j'ai encore entournés pour quelques temps, je ne sais pas encore combien de temps. Et voilà, mon travail s'oriente vraiment, j'ai des propositions spécifiques pour les hommes, des propositions mixtes, et qui s'orientent vraiment autour de thèmes de la sexualité consciente au sens large, de l'éros. comme force vitale, comme sensorialité, on pourra peut-être en parler aussi un petit peu plus, et avec comme base ou comme fondement une approche qui prend en compte le système nerveux, le trauma, et donc les somatiques, et pour le dire très simplement, en gros, intégrer le corps dans son ensemble et le ressenti et l'expérience vécue dans tout accompagnement, qu'il soit individuel ou de groupe, je travaille plutôt avec des groupes, mais aussi un petit peu en séance individuelle.
- #Enora Teyssendier
Ok, merci beaucoup pour ta présentation. Du coup, quand on parle de sexualité consciente, qu'est-ce que ça signifie dans ton approche de la sexualité consciente ?
- #Thomas Rocourt
Ouais, c'est vrai que c'est intéressant de recadrer parce que j'imagine qu'on a tous et toutes une vision différente de ce que ça peut être la sexualité consciente. Moi, j'aime bien ce mot conscient parce qu'il y en a qui parlent par exemple de sexualité sacrée ou d'autres façons de le nommer qui pour moi sont un petit peu plus connotées et qui laissent moins d'ouverture. Ce que j'aime bien dans la sexualité consciente, dans le mot conscient, c'est que c'est quelque chose qui est très inclusif dans le sens que ça peut intégrer toutes sortes de vécues, toutes sortes d'expériences, même si elles sont mystiques ou très terre à terre. Et pour moi, la sexualité consciente, c'est dire est-ce que la conscience, est-ce que je suis présent à moi-même et à ce qui se passe en moi et avec l'autre personne, si c'est avec une autre personne, et ce qui se passe aussi autour de moi pendant que je suis en train de vivre de la sexualité. Donc c'est vraiment très simple, c'est quelque chose de l'ordre qui pourrait se rapprocher des visions aussi de la méditation, de est-ce que je peux être en ressenti corporel et émotionnel avec ce que je vis. Et aussi, du coup, c'est vraiment en lien avec les approches somatiques, cette curiosité de quelle est mon expérience vécue, la maintenant charnelle, qui peut aussi ouvrir sur des plans beaucoup plus élevés de conscience, maintenant. Et après, moi, j'aime bien aussi, dans cette idée de sexualité consciente, d'inclure à la fois, OK, connexion avec ce que je vis, mais aussi en conscience de ce que je vis. Donc la question que je me pose aussi, c'est qu'est-ce que je crée dans ma sexualité ? Quelle est mon intention ? Et mettre de la conscience là-dessus, en fait. Pourquoi j'aime la sexualité ? Pourquoi j'ai envie de vivre de la sexualité ? Et qu'est-ce que je nourris dans ma sexualité ? Et là-dessus, c'est pas une question de morale. Je pense qu'on peut nourrir des intentions très différentes. Est-ce que j'ai envie de nourrir de l'amour ? Est-ce que j'ai envie de nourrir vraiment de la sensualité, du plaisir ? Et une forme d'hédonisme ? Ou est-ce que j'ai envie de nourrir, d'aller explorer peut-être aussi... un côté plus thérapeutique ou d'aller comprendre c'est quoi mes zones d'ombre, enfin je pense qu'il y a plein de choses qu'on peut aller explorer dans la sexualité et de l'amener avec cette conscience ça permet aussi d'aller dans des couches encore plus profondes donc voilà un peu pour moi les deux deux façons que j'aurais définies à la sexualité consciente, si je résume la première c'est être en conscience, être en présence avec ce que je vis avec ce qui se passe dans l'instant et la deuxième c'est être en conscience et être en présence de qu'est-ce que je nourris, c'est quoi mon intention Merci. dans le fait de vivre de la sexualité.
- #Enora Teyssendier
Tout à l'heure, tu as évoqué la sexualité sacrée. Du coup, c'est quoi la différence que tu aimais ?
- #Thomas Rocourt
Pour moi, la sexualité sacrée peut être contenue dans la sexualité consciente. D'ailleurs, je ne parle pas vraiment moi-même de sexualité sacrée, parce que je trouve que ce terme sacré, en fait, il veut tout et rien dire. Il prête à beaucoup d'interprétations. Et d'ailleurs, souvent, quand... quand je guide un espace, je propose aux personnes qui sont présentes dans l'espace, qu'ils soient en présentiel ou en ligne, de ne pas utiliser les mots énergie, masculin, féminin, voire sacré. Parce que je trouve que ces mots-là, en fait, c'est pas qu'ils soient bons ou mauvais en tant que tels, j'ai pas de morale par rapport à ces mots, mais c'est plus que souvent, c'est des mots qui sont un peu des mots valises. Et les personnes vont dire « Ah, à ce moment, il est vraiment sacré. » Et moi, je... Quand une personne me dit ça, j'ai envie qu'elle m'explicite. Mais qu'est-ce que ça veut dire pour toi en fait ? Qu'est-ce qui se passe dans ce moment ? Qu'est-ce que tu es en train de ressentir ? Qu'est-ce qui fait que tu utilises ce mot ? Parce qu'en fait, le mot sacré va être utilisé, j'ai envie de dire, à tort et à travers. Et du coup, il ne va pas permettre de vraiment décrire l'expérience vécue. Et c'est la même chose pour « Ah, là, je suis vraiment dans mon masculin. » Ok, qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Qu'est-ce que tu es en train de vivre ? Ou « Là, je ressens une énergie vraiment forte dans la pièce. » Ok, qu'est-ce que tu ressens vraiment ? Est-ce que c'est de la chaleur ? Est-ce que c'est des picotements ? Est-ce que t'as des images qui te gênent ? Donc c'est une invitation à être un petit peu plus précise. Et aussi, ce qui peut me déranger dans le mot sexualité sacrée, c'est comme si ça disait qu'il y avait des sexualités qui n'étaient pas sacrées. Et pour moi, toutes les sexualités au pluriel sont sacrées. Et bien sûr, quand je parle de sexualité, je ne parle pas d'abus ou de violence parce que pour moi, ça c'est pas de la sexualité, c'est de l'abus ou de la violence. Mais quand le moment est consenti par toutes les personnes qui en font partie, Pour moi, toutes les sexualités sont sacrées, en fait. C'est pas possible que la sexualité ne soit pas sacrée. Donc c'est comme un mot vite, un peu de sens pour moi, le mot sexualité sacrée.
- #Enora Teyssendier
J'adore. Et tu me permets de prendre conscience sur différents points. Donc comme on a dit que c'était OK qu'on soit un peu en conversation, je te partage du coup ce qui fait-il.
- #Thomas Rocourt
S'il te plaît.
- #Enora Teyssendier
Donc, Moi, j'ai l'impression d'avoir... J'ai une formation sexologique. J'ai l'impression que c'est classique. Il y a tout le côté médical. Après, il y a toutes les choses que je peux proposer dans l'accompagnement. J'ai l'impression que ce soit peut-être terre à terre, en fait. Et en même temps, quand j'ai échangé avec une amie qui était dans le féminin sacré, les œufs de Yoni et tout ça, des fois, je me disais, mais en fait, ce que tu proposes, moi, je propose la même chose. Sauf que je n'utilise pas les mêmes mots. Et du coup, finalement, là, dans la conversation, je me rends compte qu'effectivement, la sexualité consciente, c'est quelque chose que je propose dans mes accompagnements. Mais juste, je ne vais pas utiliser le mot, en fait. Et puis, effectivement, ça me parle plus, sexualité consciente, que sacré, du coup, parce que sacré, effectivement, on se fait... Enfin, en tout cas, moi, je me fais tout un monde de ce que ça peut être. Merci. longtemps, du coup je me disais mais en fait c'est pas sacré ma sexualité et en même temps j'ai l'impression de vivre des trucs tellement fous en connexion, en conscience que je me dis, enfin voilà toutes ces questions et je me dis bah non c'est pas sacré parce que le mec en face il est pas dans le côté sacré mais en fait par contre il est dans le côté conscient donc finalement tu vois tous les nœuds,
- #Thomas Rocourt
les compréhensions on va dire que je fais là ouais je vois très bien et c'est pour ça que pour moi c'est important un peu parfois Euh... de démystifier les choses pour réouvrir une expérience peut-être spirituelle, unique à chacun et à chacune et qui peut ouvrir encore des profondeurs plus vastes tu vois par exemple tu disais oui non le mec là il est pas dans le sacré et à mon avis il a sa propre spiritualité, vision du monde, cosmologie et aussi qui est la sienne et qui est valable tu vois et c'est comme si du coup avec le mot sacré on réduit un peu l'expérience et on imagine tout de suite un truc assez fermé et petit Merci. Alors qu'il y a des expériences mystiques qui peuvent être vécues et très spirituelles, même pour des personnes qui ne sont pas mystiques et spirituelles. C'est juste dans... Déjà, depuis le corps, il peut se passer des choses hallucinantes qui ouvrent en tout cas des états de conscience. Et c'est ça aussi que... Ça me permet d'élargir sur ce que peut être la sexualité consciente. C'est aussi ouvrir des états modifiés de conscience incarnée. J'aime bien le dire comme ça. c'est que pour moi la sexualité peut permettre en tout cas, si je prends le temps de ralentir, souvent, et ça me permet aussi de développer un petit peu plus que ce que peut être la sexualité consciente, encore une fois, elle peut prendre toutes les formes. Ça peut être rapide, animal, ça peut être très lent, ça peut être très énergétique, ça peut être avec ou sans pénétration, peu importe. Mais quand même, souvent, ce qui va aider pour amener plus de conscience, ça va être de ralentir. Le fait de ralentir quelque chose par rapport à mes habitudes, permet souvent de ressentir plus finement, plus subtilement, et aussi peut-être d'observer un petit peu plus c'est quoi mes autoroutes, dans quoi je vais plonger de manière un peu par défaut, c'est quoi mes réflexes auxquels je ne prête même plus attention, mais du coup je vais faire l'amour ou je vais avoir une sexualité qui va être toujours la même parce que j'ai un petit peu mes autoroutes. Et encore une fois, ce n'est pas pour dire que c'est bien ou c'est mal, c'est juste pour remarquer. Ah ok, là j'ai plutôt... tendance à avoir cette autoroute là et une fois que je le remarque est-ce que c'est quelque chose qui nourrit qui est profondément nourrissant ou est-ce que peut-être que j'ai envie j'ai de la curiosité pour d'autres choses et dans ce cas là je peux choisir à ce moment là si je veux continuer à faire la même chose ou peut-être explorer des nouvelles choses et j'étais parti peut-être j'ai fait une digression, j'étais parti sur l'état de modifier de conscience incarnée, c'est que pour moi quand Quand on commence un peu à ralentir et à rentrer dans des états de connexion si profonds que peut amener la sexualité, ça crée des espèces d'états modifiés de conscience, tu vois. Et j'aime bien le nommer état modifié de conscience parce que c'est aussi pour une façon de le démystifier. Comme si un état modifié de conscience, c'était que si je prenais telle plante ou que si j'allais faire du breastwork avec telle personne, etc. mais en fait non, la sexualité c'est pour ça que c'est en fait Une expérience folle pour beaucoup d'entre nous, c'est qu'elle peut nous amener à ces endroits-là d'états modifiés de conscience, et qui sont aussi beaucoup liés au système nerveux autonome, et c'est aussi là que c'est incarné. Et quand je dis ça, c'est que c'est une des conditions pour atteindre ces états modifiés de conscience, et cette profondeur dans une sexualité consciente, c'est de toucher des endroits de sécurité intérieure, que mon système nerveux, qui peut être soit en mode protection-survie, soit en mode sécurité, qu'il soit vraiment en mode sécurité, qu'il ait les conditions pour se sentir en sécurité. Et parfois, en fonction de qui nous écoute, ça peut être un long chemin, et infini aussi avec plein de boucles, de comprendre ce que ça veut dire de me sentir en sécurité. Mais en tout cas, le système nerve autonome, il va aussi guider fortement la sexualité. Est-ce que je me sens en sécurité ? Est-ce que je peux me déposer avec moi-même ou avec cette personne ? Et plus je me dépose, plus je vais rentrer aussi dans des états de conscience aussi profondes et du système nerveux autonome très primal, qui va me permettre aussi de rentrer dans des états justement un peu modifiés où petit à petit, peut-être même mes limites intérieures peuvent un peu se dissoudre. Je peux sentir comme si je ne fais plus qu'un avec l'autre. On parle des états de fusion. Ça peut être un endroit, par exemple, qu'on peut aller visiter. Il y en a plein d'autres. Et ça, il est permis aussi par ce ralentissement, mais aussi par ce sentiment profond de sécurité. qui permet de toucher ces endroits-là, qui peuvent être des expériences totalement incarnées, c'est-à-dire qu'elles viennent du corps, mais en même temps qui peuvent être aussi très mystiques et spirituelles. Et ces mots-là, peut-être qu'ils ne te correspondent pas, pour toi qui écoutes mystique-spirituel, peu importe, tu n'as pas besoin de te sentir relié à ces mots pour pouvoir vivre ces expériences qui sont... qui permettent d'élargir ma perception du monde et peut-être après vont se diffuser dans mon quotidien. Et c'est ça ce que j'adore dans la sexualité en général, c'est que pour moi c'est un endroit qui permet d'enrichir aussi comme le vocabulaire de ce que je peux vivre dans ma vie et ensuite ça vient s'infuser dans mon quotidien. Voilà, ça m'emmène à cet endroit-là. La conversation, je ne pensais pas raconter ça, mais voilà, c'est super.
- #Enora Teyssendier
Et du coup, dans tes accompagnements, tu amènes les personnes à passer d'une sexualité entre guillemets automatique à une sexualité plus dans le ressenti ? Ou en général, c'est des personnes qui sont déjà dans une sexualité consciente qui viennent ?
- #Thomas Rocourt
Ouais, disons qu'il y a plein de cas de figure possible. Et puis, je pense aussi que... C'est un peu un spectre, on pourrait dire. En général, c'est quand même des personnes qui ont déjà exploré des choses et qui ont envie d'aller approfondir, ou peut-être qu'il y a des endroits sur le spectre de leur lien à leur sexualité. plus globalement à leur corps, qui ont envie d'être revisitées, ou peut-être où ces personnes sentent qu'il y a des limitations. Et en fait, ce qui est riche aussi, et tu dois aussi le voir, je pense, dans tes accompagnements, c'est que quand j'ouvre le sujet de la sexualité, c'est souvent un des sujets les plus intimes, les plus intimes dans le sens précieux, ou peut-être qu'avec qui je l'ai moins abordé dans ma vie, dans mes cercles proches. Et du coup, quand j'ouvre le sujet de la sexualité avec quelqu'un, avec un accompagnant ou une accompagnante, en fait, j'ouvre comme une grande boîte dans laquelle je vais découvrir plein de choses. Et je vais me rendre compte aussi que ma sexualité, c'est aussi un continuum avec le reste de ma vie. Ce que je vais toucher dans ma sexualité, ça va aussi dire des choses sur mon histoire, sur qui je suis, dans le reste de ma vie. Et du coup, un accompagnement qui va commencer peut-être avec un sujet autour de la sexualité, il va aussi potentiellement aller sur des sujets qui n'ont rien à voir avec la sexualité, mais qui peuvent avoir avec le rapport à mon corps, ma façon de poser mes besoins, d'exprimer mes ressentis, ma façon de poser mes limites, ma façon d'exprimer, ça peut aller dans plein de sujets différents. Et souvent, moi, j'accompagne beaucoup les personnes sur ce que j'ai compris ou ce que moi je ressens comme le lien de toutes ces expériences. Je l'ai nommé un petit peu au départ de notre conversation, c'est l'Eros. Et quand je dis l'éros, pour moi, ce n'est pas l'érotique au sens d'une danse sexy, de mettre des barésies, d'avoir ce regard de braise, et de proposer un striptease avec une barre de pole. Tout ça, ça peut être de l'érotisme, et je ne juge pas du tout, je trouve ça magnifique de pouvoir aller dans ces expressions de l'humain. Mais quand je parle de l'éro, je parle vraiment de cette qualité de reliance à ma sensorialité. à mes sens. Et je fais esprit de ne pas dire sensualité, parce que dans la sensualité, il y a quelque chose aussi qui est très souvent dans l'imaginaire, c'est la poro, c'est un truc un peu justement un peu sulfureux. Pas que, mais ça peut amener vers ça. Donc pour moi, sensorialité, c'est l'ensemble de mes sens. Et en même temps que je te parle, je me connecte aussi à cette sensorialité qui pour moi est très liée à l'éros, à la force de vie. Et là, ce qui vient, c'est la lumière qui est dans ma pièce. Je me laisse toucher par la lumière qui est dans la pièce. Je laisse la lumière rentrer dans mes yeux et en même temps je sens qu'elle peut aussi rentrer dans tous les pores de ma peau. Et en même temps je sens mon poids sur le corps, je sens la douceur des tissus qui touchent ma peau. Et tout ça, ça peut être vécu dans les tout petites choses du quotidien et à chaque instant du quotidien. Et c'est une façon d'être en présence dans le quotidien avec mon ressenti. Et moi je l'appelle ça les roses du quotidien ou les roses de chaque instant. Une façon de goûter au plaisir d'être dans un corps humain. Et parfois, ce n'est pas le plaisir, parce que parfois, l'expérience d'être dans un corps humain, elle peut être douloureuse, parce que j'ai des douleurs physiques ou des douleurs émotionnelles. Mais c'est quand même d'intégrer ça dans mon champ et de savoir que toutes les sensations, elles sont aussi bienvenues et elles sont des informations importantes. Et que les roses, c'est aussi ça, c'est intégrer tout ça et le vivre pleinement, depuis un endroit de dépôt, de sécurité intérieure. Et pour moi, ce liant, c'est quelque chose sur lequel j'accompagne beaucoup les personnes, parce que j'ai remarqué que si j'arrive à trouver ce liant, une connexion à cette énergie de vie, à cette force vitale, ça va nourrir tous les pans de ma vie, mais ça va aussi venir amener plus de conscience, de présence, de joie et de goût, de saveur dans ma sexualité. Parce que ce qui est difficile... Dans la sexualité, c'est que c'est souvent un des endroits les plus intenses de notre vie, dans le sens où il y a beaucoup d'informations sensorielles. Si je suis avec quelqu'un, en plus, il y a tout ce qui est le lien et l'interaction, et tout ce que je peux mettre comme pression sur « attends, est-ce que je suis en train de bien faire ? » « Est-ce que la personne aime bien ? » « Est-ce que je suis assez ? » « Est-ce que quand elle me voit, est-ce que je suis toujours désirable ? » « Est-ce que mon corps est joli ? » Il peut y avoir plein de trucs qui se passent dans un moment de sexualité. Et donc il y a beaucoup d'intensité sur différents plans. Et du coup c'est un endroit de pratique aussi qui peut être plus difficile parce que c'est comme si c'était le niveau d'entraînement plus Parce qu'il y a beaucoup de choses à intégrer. Et peut-être dans le quotidien ça peut être un endroit aussi avec moins d'intensité pour commencer aussi à rééduquer mon corps et mon système nerveux à ressentir les petites choses et les choses peut-être moins évidentes, moins grandes. Et dans cet endroit de moindre intensité, je peux rééduquer mon système nerveux à ressentir et à goûter, à goûter à la vie telle qu'elle est. Et quand je rééduque ça, après, dans ma sexualité, ça peut aussi s'intégrer et se déployer d'une autre façon, où je vais aussi apprendre à goûter et à kiffer les sensations peut-être un peu plus fines et être moins pris dans une autoroute qui est souvent l'autoroute de l'orgasme. ou dans la sexualité, souvent... J'aime bien cette idée que dans un moment de sexualité, il y a toujours un endroit, l'orgasme qui est quelque part en ligne de mire et à la fois c'est magnifique de vouloir orgasmer et à la fois parfois ça peut aussi nous attraper et du coup nous faire oublier le chemin et nous faire perdre un peu le goût du chemin. Et si l'orgasme devient la seule... direction est le seul objectif, j'ai sûrement tendre quelque chose en moi comme si je voulais atteindre quelque chose. Et ça va sûrement me couper un petit peu de tout le chemin qui peut être très très beau. Et quand j'oublie, parfois l'orgasme, ça peut me permettre d'orgasmer d'une manière encore plus profonde parfois. C'est aussi le paradoxe, un des paradoxes de l'expérience humaine. Voilà, je me laisse divaguer un petit peu dans cette conversation. Merci d'être là et d'écouter avec moi.
- #Enora Teyssendier
Et du coup, je reviens un petit peu à ma question de base où je parlais par rapport à la sexualité automatique, plus dans le ressenti. Tu as dit quelque chose qui m'a fait penser à une autre question.
- #Thomas Rocourt
Ouais.
- #Enora Teyssendier
Est-ce que certaines... Enfin, du coup, on a parlé de la sexualité au sens large et j'ai cru comprendre que tu as laissé sous-entendre aussi l'auto-sexualité, on va dire ça comme ça. je crois qu'on a un peu abordé ce sujet en aparté du coup au niveau de la sexualité consciente je pense que ça peut être intéressant aussi seul, qu'en penses-tu ?
- #Thomas Rocourt
Ouais, de ouf Ouais ouais en effet, je l'ai appelé de plein de façons différentes, ce truc-là, t'as dit autosexualité, j'ai toujours un endroit où parfois je dis le mot masturbation pleine conscience, je trouve ça joli parce que de mettre la pleine conscience avec la masturbation je trouve ça comme aussi un petit endroit de... ouais subversif mais joli tu vois. Et en même temps le mot masturbation je trouve qu'il est hyper chargé et c'est vrai que quand j'ai cherché après la racine de ce mot en fait c'était souillé avec la main. Du coup, c'est un peu chiant d'utiliser ce mot.
- #Enora Teyssendier
Moi aussi, je l'utilise quand même beaucoup.
- #Thomas Rocourt
Mais je pense qu'on trouve un peu notre navigation. Parfois, utiliser ce mot, parfois utiliser d'autres mots. Autoérotisme, autosexualité, se faire l'amour. Bref, j'avais envie de faire cette petite introduction.
- #Enora Teyssendier
Et du coup, tu dis quoi, toi ?
- #Thomas Rocourt
Oui, parfois, je dis masturbation quand même. Ou parfois, plaisir pour soi-même, autoérotisme. Je ne sais pas. Un peu ce qui vient. On cherche des nouvelles. Ou sinon, je dis pratique méditative. On s'éloigne un petit peu du... Mais voilà, pratique sexuelle méditative. Ou pratique érotique méditative. Ça peut être aussi ça.
- #Enora Teyssendier
Tout dépend comment elle est pratiquée, justement.
- #Thomas Rocourt
C'est ça. Et du coup, en effet... En fait, sur la masturbation, l'autosexualité, il y a plein de choses à dire. En fait, ce qui se passe, je pense que c'est assez différent pour les hommes et pour les femmes. Et du coup, les garçons et les filles qui découvrent leur corps. Moi, je connais un petit peu. peu mieux là pour le coup ce qui se passe pour les garçons parce que c'est mon vécu et puis j'accompagne aussi des hommes pour le coup qui étaient un moment des garçons. Et souvent pour les garçons, jeune ado, il y a une découverte de la masturbation et de l'éjaculation avec beaucoup de sentiments de honte, de solitude, de quelque chose de caché qui doit être rapide et en même temps un émerveillement de « waouh, qu'est-ce qui se passe dans mon corps, c'est un truc de ouf » . Mais souvent en fait ça crée, Et en plus maintenant, et pas que. pas que depuis aujourd'hui, mais c'est de plus en plus fort, c'est fortement souvent lié à l'utilisation de la pornographie. Et pour les très jeunes, les chiffres sont complètement hallucinants et font très peur sur l'exposition des jeunes à la pornographie. Je crois que c'est plus de 50% des jeunes de 12 ans. Enfin, c'est un moment que je n'ai pas regardé les chiffres, mais je crois que c'est même plus qui ont déjà vu de la pornographie. Donc tout ça, je remets le contexte parce que ça va aussi beaucoup impacter la façon dont ensuite les jeunes hommes et les hommes se masturbent. C'est souvent un truc d'urgence, de compulsion, et avec aussi la honte qu'elle a, le sentiment de solitude. Et donc il y a vraiment quelque chose à réécrire là-dessus, et aussi avec beaucoup de dépendance au porno. Et aussi souvent pour les hommes, l'éjaculation, en France, ça crée un truc de soulagement, de régulation émotionnelle. et du coup ensuite les hommes plus tard vont... Dans leur vie, ils vont aussi parfois utiliser la masturbation pour arriver à mieux dormir ou parce qu'il y a quelque chose qui est trop dur à ressentir, du coup je vais me masturber, je vais reculer, ça va me calmer quelque chose en moi. Et encore une fois, ce n'est pas un point de vue moral de me dire que c'est mal de faire ça. C'est plus de remarquer qu'est-ce que ça crée, ce genre de lien à la masturbation. Et ça crée souvent une forme de dépendance. Ça crée aussi des sentiments de mal-être, on va dire, au sens large. Parce que je ne me sens pas forcément fier de moi. Ou je sens même que le voir du porno, ça ne me correspond plus. Mais il y a une forme de dépendance avec ça. Et en plus, on pourrait aussi aller voir sur tout ce que ça... Mais là, ce serait le sujet de notre podcast, que l'éjaculation répétée aussi, c'est pas non plus quelque chose qui va être très soutenant à terme, surtout quand on commence à vieillir pour les hommes, pour soutenir l'énergie vitale. Il y a quelque chose qui fatigue et qui vient un peu faire perdre l'énergie vitale quand on éjacule trop souvent. Bref, mais tout ça pour dire qu'il y a vraiment tout un chemin de créer d'autres chemins de masturbation ou d'auto-sexualité. plus dans la présence, dans la conscience, pour écrire d'autres histoires aussi sur comment je peux être en lien avec moi, avec mon plaisir, avec mon corps. Et je peux vraiment m'offrir un temps pour moi de rencontre dans le ressenti et peut-être dans d'autres façons de ressentir ce que ça fait d'être en plaisir avec moi-même. Et tu vois, je sens que d'en parler, ça me touche à un endroit où être sensible parce que je sens que c'est un sujet sensible. et... Et je pose la main au niveau de ma prétrine, et juste toi te poser la main, ma main au niveau de ma prétrine, juste un truc qui peut... qui peut déjà être un début, qui pourrait être un début, de me relier aussi à mon corps, et à ressentir c'est quoi le contact de la main, le poids de ma main sur mon corps. Et ça, ça pourrait être un début. Moi je guide beaucoup aussi, j'ai un guide aussi dédié à la masturbation pleine conscience, et souvent je propose du coup, pour les hommes et pour les femmes là pour le coup, et je propose vraiment d'ouvrir un espace, qui peut être d'un quart d'heure, une demi-heure, voir plus si j'arrive à le faire, de poser une intention, d'ouvrir un espace. et ensuite de vraiment se prendre un temps d'exploration qui n'est pas forcément génitale aussi. parce que la génitalité est géniale. Et en même temps, le corps entier est une zone érogène, le corps entier est une zone de plaisir, de sensation. Et c'est aussi ça l'idée, je pense, de l'autosexualité, c'est de pouvoir retrouver le corps entier comme un endroit de plaisir et érogène. Et aussi, par rapport au système nerveux, si on a des chemins, des autoroutes dans le système nerveux de plaisir, Le fait d'aller réveiller d'autres parties du corps, ça peut aussi permettre d'ouvrir d'autres chemins de plaisir et de sensations dans le système nerveux et dans le corps. Et ça peut prendre un petit peu de temps, mais avec l'entraînement, avec la patience, j'ai développé plus de subtilité et plus de sensibilité avec mon corps. avec mes ressentis en général. Et ça, ça va être génial pour ma sexualité, parce que je vais ressentir plus, et seulement plus subtilement, mais aussi dans le reste de ma vie, parce que mon corps peut redevenir une boussole, un baromètre, je peux sentir quand est-ce que ça se tend. Ah, peut-être là, il y a quelque chose que j'ai besoin d'écouter dans le moment pour retrouver aussi un peu plus de détente. Et donc, c'est là aussi que tout ça fait lien avec le reste de la vie. Parce qu'il n'y a pas de séparation et que si j'apprends à me reconnecter, à rouvrir aussi mon corps comme un endroit de plaisir et de subtilité, je vais aussi avoir plus de présence à mon corps dans le reste de ma vie et mon corps va devenir aussi un ami, un allié pour me dire « Ok, là dans cette situation, peut-être qu'il y a quelque chose à ajuster » ou au contraire « Là, je me sens vraiment bien, je me sens vraiment en sécurité dans cette situation et je peux le savourer » . Voilà où ça m'a emmené. Si tu veux, toi aussi, raisonner là-dessus, bienvenue sur comment tu accompagnes, comment tu vois le thème de la masturbation.
- #Enora Teyssendier
On a les mêmes constats pour le porno, pour l'addiction. Donc, j'accompagne pas mal à ce niveau-là. Et c'est vrai que quand je leur propose d'expérimenter ne serait-ce que 100 pornos une fois dans la semaine, pour beaucoup, c'est « Ah ! » Mais c'est panique à bord, en fait. Mais comment je vais faire ? Mais ce n'est pas possible. Et en fait, il y a tout un imaginaire aussi érotique qui se perd. Et c'est un des mécanismes, en fait, du porno, quoi. Et donc, c'est tout réapprendre et recréer ces chemins neuronaux, comme tu disais. Et puis... Et puis, c'est pour quand j'accompagne au niveau de l'éjaculation rapide aussi, où je vais proposer la masturbation d'une autre manière. Et il y a des exercices un peu précis, on va dire, que je vais proposer. Mais du coup, pour le faire, je vais inviter à avoir une autre connexion avec leur pénis. Et du coup, je peux amener les choses un petit peu comme ça aussi. Ouais, tout à fait. Ouais, c'est sûr que par rapport à ça, en fait, le fait aussi de se masturber de manière rapide et de déjaculer rapidement, ça crée aussi un chemin qui a tendance aussi à créer de la difficulté à choisir et à gérer son déjaculation aussi avec un ou une partenaire. donc clairement il y a vraiment un truc intéressant à réécrire et c'est vrai que ça résonne ce que tu dis sur le porno qui crée des imaginaires déjà érotiques très fermés, sexuels très fermés ou un peu toujours les mêmes même s'il y a Plein de façons de voir du porno. Mais aussi qui parfois peut rendre dépendant à l'image ou à l'intensité de l'image versus juste ressentir le corps sans aucune imagerie. Et c'est ça aussi que parfois j'invite, même c'est ne plus de porno, mais pas non plus d'imagerie interne de créer. Ah, pour pouvoir avoir de l'énergie sexuelle, de l'excitation qui commence à monter, je vais avoir besoin de m'inventer un scénario dans ma tête. Je dis pas que c'est mauvais, mais est-ce que ça peut aussi exister juste par suivre le ressenti de qu'est-ce qui se passe là dans mon corps ? Et d'avoir aussi ces deux options disponibles, je trouve que c'est des chemins intéressants à explorer.
- #Thomas Rocourt
Oui, moi je vais éventuellement proposer les deux où ça dépend de la personne ou en fonction de là où elle en est, ça dépend vraiment des moments.
- #Enora Teyssendier
Ouais, voilà, c'est de trouver le petit pas qui va te faire du bien plutôt que de te proposer quelque chose qui n'est pas du tout en lien avec ton vécu. Tu vois, par exemple, nous, sur le groupe d'hommes que j'accompagne en ce moment, ça fait déjà cinq semaines qu'on travaille ensemble et là, maintenant, je leur propose 21 jours sans porno, sans éjaculation. Donc là, pour le coup, c'est un sacré truc, 21 jours pour certains. Et en même temps, je ne le propose pas comme une façon de... figé, fermé dans le sens où si ça arrive finalement c'est pas non plus la fin du monde mais c'est comme un horizon qu'on se pose ensemble et le fait de le voir, de le vivre aussi en groupe Ça permet aussi de se soutenir ensemble et dans cette intention de transformer le rapport au porno, à l'éjaculation. Et pour moi, c'est vraiment toujours un chemin de liberté, en fait. Est-ce que je me sens libre par rapport au rapport que j'ai au porno, à l'éjaculation, ou est-ce que c'est plutôt le porno et l'éjaculation qui guident ma vie, en tout cas, entre guillemets ? qui m'enferment dans quelque chose que je n'ai pas forcément envie.
- #Thomas Rocourt
Et pour les 21 jours sans éjaculation, est-ce que c'est en apprenant à être multi-orgasmique ou pas ? C'est quoi l'idée ?
- #Enora Teyssendier
Oui, en effet, ça va aussi vers ça, dans le sens où c'est aussi comprendre que pour les hommes, l'éjaculation n'est pas forcément un orgasme, et qu'un orgasme n'est pas forcément une éjaculation. Donc déjà, de ce... dissocier ces deux choses-là qui souvent sont associées dans nos têtes, dans nos imaginaires. Et de commencer à voir qu'en effet, quand je me propose déjà d'arrêter d'éjaculer, je peux vivre peut-être du plaisir autrement dans mon corps que par l'éjaculation. Et de voir qu'en fait, l'orgasme et le plaisir peuvent se diffuser d'une façon moins localisée, moins génitale. ou là ça peut circuler dans ma génitalité mais ça peut circuler en termes de sensations dans tout mon corps ce qu'on appelle la multi-orgasmie ou les sensations multi-orgasmiques et du coup ouais ce chemin de apprendre à moins éjaculer c'est aussi un chemin d'apprendre à faire circuler ou à laisser circuler ce qui ne va pas sortir cette énergie vitale qui ne va pas sortir comment je peux la faire circuler dans mon corps et ça c'est aussi un travail qui va très somatique mais aussi plus énergétique avec des pratiques énergétiques de... des circulations d'énergie sexuelle.
- #Thomas Rocourt
Ok. Et du coup, quand il y a le travail énergétique... Non, je lui ai posé une question très bête. Mais du coup, est-ce que là, on rentre dans le sacré ou est-ce qu'on reste dans la sexualité consciente ?
- #Enora Teyssendier
Alors, pour moi, ça reste toujours... C'est bien sûr que c'est sacré parce que toutes les sexualités sont sacrées.
- #Thomas Rocourt
Ah oui ?
- #Enora Teyssendier
Et parce que la vie est sacrée. Et je ne vois pas de moment de la vie qui ne serait pas sacrée. Ça, c'est dans ma vision. En revanche, encore une fois, et c'est super que tu ramènes le mot sacré, parce qu'encore une fois, là, ça montre que le mot sacré, il ne va pas être assez précis. On ne va pas forcément comprendre si on dit que la sexualité, c'est sacré. Là, je dirais plutôt, c'est l'énergie éthique. Et l'énergie, ça peut être très rationnel et très cartésien d'une certaine façon. Ou même maintenant, si tu regardes, il y a des études de médecine très sérieuses qui reconnaissent le soin énergétique comme quelque chose de pertinent dans certaines situations, etc. Et donc là, pour moi, avoir l'énergie comme... Depuis un endroit très corporel aussi, très somatique, c'est des sensations qui circulent dans mon corps. Et que je suis aussi énergie, dans le sens où si je me regardais avec un microscope, je ne suis que des trucs qui bougent très vite, tellement vite qu'on a l'impression que je suis solide, mais je ne suis pas que solide. En fait, l'énergie pour moi, c'est comme si c'est accepter un plan de l'expérience qui est un peu plus invisible, mais qui est réel. que je peux pas vraiment voir à l'œil nu mais qui est réel et que je peux ressentir et ce truc là que sûrement tout le monde connait tu te frottes les mains et puis tu sens entre tes mains ce qui se passe comme un aimantage, ça c'est l'énergie c'est la même chose, c'est assez tangible d'une certaine façon en revanche, peut-être par rapport au mot sacré c'est vrai que quand je commence à aller dans l'énergie éthique, dans la sexualité ça va souvent ouvrir des endroits de modifier de conscience un peu plus puissant qui peuvent aussi connecter du coup avec des formes d'amour universel ou avec peut-être même des formes de mysticisme intérieur mais ça, ça va dépendre vraiment de chaque personne et aussi de de sa vision du monde en fait si je suis par exemple j'en sais rien un dévot de je dis ça au complètement ce qui vient, si je suis un dévot de Jésus-Christ peut-être que dans ma sexualité quand je mets de l'énergie, je vais avoir des visions de Jésus qui arrivent et qui qui m'a... qui me prend dans ses bras, etc. Je dis n'importe quoi. Mais ça, ça va dépendre plus de moi, de ma spiritualité. Et si je n'ai pas une spiritualité particulière, juste dans des moments de sexualité, je peux vivre des ouvertures de cœur super grandes, je peux vivre une connexion, une sensation de connexion avec quelque chose de plus grand que moi, ce genre de sensations.
- #Thomas Rocourt
Et du coup, dans tes accompagnements, quand tu accompagnes... pour aller vers une sexualité plus consciente, concrètement, tu proposes quoi ?
- #Enora Teyssendier
Alors, ça va...
- #Thomas Rocourt
J'imagine qu'il y a plein de choses, mais tu peux prendre juste des exemples précis.
- #Enora Teyssendier
Ouais, bien sûr, c'est très vaste. Ça va beaucoup dépendre. En tout cas, pour moi, la base de tout, j'ai déjà un petit peu nommé, ça va être déjà comprendre et connaître son système nerveux, pour savoir quand est-ce que je suis en mode sécurité, je me sens en sécurité, ou quand est-ce que je suis en mode protection de survie. Je simplifie, c'est un peu les deux modes du système nerveux. Et souvent, pour beaucoup d'entre nous, on ne nous a jamais posé la question de est-ce que tu te sens en sécurité, ou qu'est-ce que c'est pour toi de te sentir en sécurité, donc il y a souvent un réapprentissage à faire de à quoi ça ressemble l'expérience pour moi de me sentir bien en sécurité dans mon corps, dans mon système nerveux. Donc il y a vraiment cette base, je le vois comme une base. Et après, la deuxième étape, ça va être plutôt de réveiller la sensorialité aussi dans ma vie. Donc c'est un peu ce que je te mets sur les roses du quotidien. Comment je peux retrouver un lien érotique à l'expérience simple d'être dans un corps humain et comment je peux retrouver du goût et de la subtilité pour... chaque petit instant de mon quotidien qui va comme Ouais amener une subtilité une profondeur de vécu dans déjà en dehors de la sexualité donc déjà comme tu vois je te réponds déjà on va pas tout de suite abordé la sexualité pour moi dans dans le fait de réenchanter ma sexualité ou d'amener plus de questions dans ma sexualité une fois qu'il ya ces deux Deux choses qui sont posées. Après, ça va dépendre aussi de la situation de chaque personne, mais ce qui peut être intéressant, c'est de se proposer des cadres avec ma partenaire ou mon partenaire. On va se proposer des temps où il n'y a qu'une personne qui reçoit ou qu'une personne qui donne. On va se proposer pendant un certain temps de faire l'amour et de ne plus du tout faire de pénétration. pour voir ce que ça donne, pour peut-être que ça va ouvrir d'autres chemins, et peut-être qu'on va se rencontrer différemment, ou je vais me proposer, si je suis un homme là, d'explorer ce que ça fait d'éjaculer moins souvent, et de voir quand j'ai plus l'éjaculation, comme une pression et un truc à atteindre, qu'est-ce que ça ouvre dans ma sexualité. Donc là, ça va vraiment dépendre après de chaque personne, et de ce qu'elles ont envie d'explorer, leurs intentions, mais... D'ouvrir des petites brèches sur est-ce que je peux faire un peu différemment ? Pas parce qu'il faut faire différemment, mais parce que je me rends compte qu'en faisant un petit peu différemment, mon expérience va être plus agréable ou plus nourrissante. Et là-dessus, j'aime bien le côté un peu pragmatique des pratiques somatiques qui ne dit pas il faut faire ci ou il faut faire ça, mais c'est plutôt qu'il propose dans les pratiques somatiques un peu la pratique de base, c'est d'avoir une forme de curiosité sur là, qu'est-ce que je suis en train de pratiquer ? Par exemple, là, moi, qu'est-ce que je suis en train de pratiquer ? Je te parle, je suis en train de bouger les mains, je bouge les mains pour te parler. Je vois que je souris en te parlant parce que peut-être il y a un endroit de moi qui, déjà, sourit de moi-même, Et aussi peut-être qu'il... qui est une forme aussi d'apparence en public, je sais pas, enfin en public entre guillemets. Bref, en fait c'est d'observer qu'est-ce que je pratique là dans ma façon de faire, mais aussi peut-être dans ma sexualité, qu'est-ce que je suis en train de faire, comment je touche, comment je respire, quel son je fais, comment je bouge, et de voir comment je me sens quand je pratique ça, comment je me sens avant, pendant, après. Donc c'est amener vraiment de la curiosité et de la conscience sur mes schémas de fonctionnement. Et de voir, est-ce que ces schémas de fonctionnement ou cette façon de faire, est-ce qu'elle soutient vraiment mes valeurs, ou est-ce qu'elle soutient mon déploiement, mon plaisir ? Et si oui, peut-être qu'il n'y a pas grand-chose à changer. Et sinon, qu'est-ce qui pourrait soutenir encore plus mes valeurs, ce que je suis, la profondeur de mon expérience ? Et donc, c'est avant tout un chemin aussi de... Et là, je reviens au mot conscience, de conscience de comment j'opère dans le monde et comment j'opère dans ma sexualité. En gros. Ouais, voilà comment je réponds à la question.
- #Thomas Rocourt
Ben, merci. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu auras envie de partager avant de... Après, je vais t'interroger sur un peu plus ce que tu proposes, mais avant ça, est-ce que tu as d'autres choses que tu auras envie de partager ?
- #Enora Teyssendier
Non, écoute, j'ai l'impression qu'il y a plein de choses qui sont ouvertes, mais juste dans le doute, un conseil simple dans le doute, ralentir et aller deux fois moins vite que ce que je suis en train de faire et voir ce qui se passe.
- #Thomas Rocourt
Dans tout ?
- #Enora Teyssendier
Dans le doute, dans le doute de... Ah, je ne sais plus trop ce que... Oui, dans tout, mais en particulier dans la sexualité, parce que là, on parle quand même de sexualité. Et ralentir est souvent une bonne option, même si ça peut être inconfortable. Et accepter aussi l'inconfort. que la vie peut être inconfortable et que parfois, quand je ralentis, quand je joue et quand j'observe vraiment mon vécu, notamment dans la sexualité, peut-être que ça va faire toucher des endroits d'inconfort, d'émotion, de choses qui ont besoin de remonter à la surface. Et aussi accepter que ça fait partie aussi du chemin et que quelque chose ne va pas mal, plutôt que c'est super. Je me relie à moi et j'ouvre des nouveaux espaces en moi. Je me laisse le temps de ressentir et de faire remonter ça à ma conscience.
- #Thomas Rocourt
Merci beaucoup.
- #Enora Teyssendier
Merci à toi.
- #Thomas Rocourt
Pour ces mots. Du coup, tout à l'heure, tu as abordé différentes choses que tu proposes, mais je te laisse la parole pour en dire un petit peu plus pour que les personnes qui nous écoutent, si jamais il y en a qui sont intéressées...
- #Enora Teyssendier
Oui, avec plaisir. Ça va dépendre aussi quand sort le podcast, mais en gros, déjà, j'ai une communauté mensuelle qui se pèle. Ah, déjà, bon, ça va vite. J'ai une communauté mensuelle qui s'appelle le Club Eros. C'est un ou plusieurs rendez-vous mensuels pour pratiquer cet endroit de présence que je décris d'Eros, de vitalité, de sensorialité. On se retrouve en ligne et c'est en mixité. Je fais aussi des accompagnements plutôt en ligne mixte, pour hommes et pour femmes. Bientôt, j'ai une retraite en mai avec deux grands amis dédiés aux hommes. Et peut-être aussi ce sur quoi j'ai vraiment envie d'inviter tous les auditeurices, c'est le festival La Vie en Eros en juillet en Corrèze, pas loin de chez toi, Enora ?
- #Thomas Rocourt
C'est ça.
- #Enora Teyssendier
Et donc c'est un festival justement sur quatre jours, avec plein d'intervenants vraiment super sur des thèmes autour du mouvement, de l'expression, de la poésie, le système nerveux, etc. Et l'idée c'est de se retrouver pendant quatre jours avec cette question de qu'est-ce que c'est pour moi l'Eros ? La force de vie, la sensorialité, mais pas dans une exploration sexuelle, dans une exploration juste petite et simple du quotidien, et avec ces pratiques qui vont nous mettre aussi dans cet état de présence. Donc là, ce sera en juillet. Et voilà, je fais beaucoup de choses en vrai, en présentiel, en ligne, et vous pouvez regarder mon site, la partie agenda, aussi sur Instagram, je publie régulièrement des choses, si ça vous intéresse un peu, les sujets que j'ai déployés ici, je les déploie aussi sur mon Instagram. Voilà.
- #Thomas Rocourt
Et le présentiel, c'est par chez toi ou dans différents endroits ?
- #Enora Teyssendier
Alors, c'est toute la France. Ça dépend des endroits. Après, c'est peut-être le quart sud-est un peu, parce que moi, je suis plutôt basé autour de Grenoble. Mais par exemple, tu vois, ce festival, c'est en Corrèze. Ah, et tu veux dire, présentiel en individuel, je ne fais pas. Je ne fais que du en ligne.
- #Thomas Rocourt
Tu sais que tu as parlé de présentiel, donc tu as répondu à ma question.
- #Enora Teyssendier
Ouais, présentiel, ça va être les retraits, on va dire. Les stages, retraites. Ou le festival, ça va être ça que je propose. en présentiel.
- #Thomas Rocourt
Ok, donc on te retrouve sur Instagram.
- #Enora Teyssendier
Ouais, thomas-recours, et puis mon site internet thomasrecours.com.
- #Thomas Rocourt
Je mettrai tous les liens dans la description. Ah, puis je crois que tu as une méditation aussi que tu proposes ?
- #Enora Teyssendier
Ah yes, ouais, en effet pour toutes les personnes, en fait c'est simple, c'est aller sur mon site et il y a une méditation gratuite justement de... on pourrait dire de masturbation de pleine conscience ou de pratiques érotiques méditatives que quand on s'inscrit sur mon site on reçoit automatiquement gratuitement cette méditation donc bienvenue de l'essayer et d'y goûter pour mettre un peu en pratique ce qu'on a mentionné là pendant ce podcast
- #Thomas Rocourt
Carrément super chouette Une dernière chose à rajouter avant la fin ?
- #Enora Teyssendier
Non, juste merci de ton invitation et merci de cette belle mission que de tenir ce podcast et de tout ce que tu fais aussi. Et puis, voilà. Merci de m'avoir écouté. Bonne suite à tout le monde et curieux toujours de vos retours. Bienvenue à vos retours.
- #Thomas Rocourt
Oui, carrément. On est tous preneurs des retours. Moi, le podcast, c'est vrai que j'adore parce qu'en fait j'apprends... Déjà, c'est l'opportunité de rencontrer entre guillemets rencontrer, mais un peu plus des personnes dont j'aime leur contenu ou ce qu'elles proposent sur Internet ou les podcasts, etc. Donc, moi, j'adore en fait. Parce qu'Instagram, le podcast, j'adore.
- #Enora Teyssendier
Oui, il y a une profondeur. Sur Instagram, on est un peu limité en termes de contenu. Donc, en podcast, on peut se laisser le temps.
- #Thomas Rocourt
C'est ça. Donc, merci beaucoup d'avoir pris le temps pour nous, pour les auditeurs et pour ce podcast. Et puis, je vais clore le podcast. Merci aussi de nous avoir écoutés. Et à bientôt. Bonne fin de journée, bonne soirée ou bonne nuit, en fonction de quand vous nous écoutez. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout, je te retiens encore quelques minutes, secondes, je sais pas trop, pour te parler de la supervision sexo que je remets en place. Donc, l'idée c'est que si t'es dans l'accompagnement, le social, la psycho, paramédical, etc, et bien tu es la bienvenue ou le bienvenu, et si tu n'es pas dans ce domaine mais que tu envisages d'être formé à la sexologie. tu es aussi bienvenue. L'idée du coup, c'est que dans ces moments-là, c'est en live et on va aborder des cas cliniques, concrets, réels. Donc toi, tu peux venir avec le tien. Et donc à partir de ça, je vais vous donner des pistes concrètes, des réflexions, où on va pouvoir aborder la posture que vous avez. Je vais pouvoir vous donner vraiment des pistes aussi en fonction de vos formations par exemple, que vous avez, des choses que vous savez déjà faire. pour du coup accompagner cette personne autour de ce sujet. Les prochaines dates, c'est le vendredi 10 avril, donc c'est tout bientôt à midi. Ça dépend quand est-ce que vous écoutez cet épisode de podcast, mais si vous l'écoutez à la sortie, effectivement c'est tout bientôt. Et le prochain, ce sera le mardi 5 mai à 18h. Je teste différents horaires. Le suivant, ce sera le mardi 2 juin. celui d'avril et de mai dure une heure celui de juin durera deux heures et puis je pense en proposer encore durant l'été, en tout cas il n'y a pas de replay donc si tu veux faire partie du groupe ou si tu veux avoir les infos et bien je mets le lien pour s'inscrire dans la description voilà, à tout bientôt pour un prochain épisode peut-être dans la supervision sexuelle qui sait. Et je rappelle, c'est gratuit ! A bientôt !