#Enora Teyssendier Ecole de Psycho SexologieBonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui l'épisode ce sera 9 raisons de faire un travail sur soi quand on est thérapeute. Et c'est un épisode du podcast Psycho-Sexo, le podcast de l'EiPShO qui est l'école internationale en psychosexologie holistique. Moi c'est Enora Tessandier, je suis psychosexologue à la base éducatrice spécialisée, je suis thérapeute spécialisée dans les psychotraumas. Bref, je ne vais pas vous faire tout mon CV aujourd'hui, ce n'est pas le but de cet épisode. Donc je vous souhaite une très bonne écoute pour cet épisode. Déjà, pourquoi j'ai voulu en parler ? Eh bien parce que pour moi, c'est primordial de faire un travail sur soi quand on est thérapeute. Et ça me semble logique. Pour autant, je vois bien que ce n'est pas la logique de tout le monde. Et donc j'ai voulu un peu mettre à plat les raisons qui font que ça l'est. Parce que très facilement je peux dire certaines choses, mais en fait il y a des points bien plus poussés et je n'avais pas forcément mené la réflexion jusque là. Donc là je l'ai fait très en profondeur pour les cours de... que je donne aux élèves de la formation parce qu'en fait, c'est pas juste une histoire de il faut faire un travail sur soi ou pas, c'est vraiment qu'est-ce qui se joue derrière, quels sont les mécanismes qui peuvent être là inconsciemment, parfois consciemment. Donc ça englobe vraiment beaucoup de choses. Alors j'ai essayé de vous faire ça en 9 raisons, 9 points. J'espère que ce sera plutôt compréhensif, que ça ira pas dans tous les sens. Et voilà, je vais essayer d'illustrer aussi avec des exemples concrets. Et puis, en fait, ce qui m'a aussi donné envie de le faire, cet épisode de podcast, c'est parce que un certain nombre de personnes m'ont déjà dit « Bah, moi ça va, je vois pas pourquoi faire un travail sur moi. » Et je pense que certaines aussi se disent, vu que là en l'occurrence on parle de sexologie, certaines personnes se disent, bah non mais moi tout ça roule dans ma sexualité, donc j'ai pas besoin de faire un travail sur moi. Alors que c'est pas qu'une histoire de si ça roule ou pas dans la sexualité, c'est une histoire de ce qui se joue derrière, ce qui se joue dans la relation thérapeutique, c'est tous les sujets qu'on peut aborder. Mais bon voilà, on va y aller petit à petit et on abordera un petit peu plus en... précision, plus en détail, tous ces points-là. Ouh là là, j'ai l'impression que c'est déjà le bazar. Parce que je voulais encore rajouter quelque chose, c'est que quand on me dit « moi j'ai l'impression que ça va » , en fait le problème ou le sujet, c'est pas que ça aille pas, mais c'est vraiment de se connaître, de connaître ces mécanismes qu'on a, qui sont souvent inconscients pour aussi pouvoir s'ajuster et au mieux accompagner. Bref, allons dans le vif du sujet, j'espère que ce sera plus clair en allant dans le vif du sujet. Donc, déjà, le premier point, pourquoi faire un travail sur soi ? Eh bien, parce que là, le fait d'être dans la relation d'aide te donne du pouvoir, te donne une autorité. Et ça, même si on ne la recherche pas. Pourquoi ? Mais parce qu'en fait, Les gens, ils viennent nous voir, donc ils espèrent, ils vont pas bien, ils espèrent aller mieux. Ils attendent de nous qu'on puisse les accompagner, ils attendent de nous qu'on puisse les écouter, ils attendent de nous qu'ils puissent aller mieux en fait, tout simplement. Et puis ils nous donnent de l'argent en plus. Donc tout ça nous met dans une position d'autorité, nous met sur un piédestal. Même si nous, on ne cherche absolument pas à être vu. comme un sauveur ou être mis sur un piédestal. Mais ça déjà, c'est le point le plus important. Parce que si nous, on est mis sur un piédestal, eh bien attention, la moindre chose qu'on va dire aura une répercussion d'autant plus importante sur la personne qui nous consulte. Donc une phrase du genre vous pourrez pas euh Vous n'arriverez jamais à quitter votre partenaire, et je l'ai déjà entendu. De mettre des étiquettes trop vite, eh bien, tout ça, ça peut avoir des répercussions pendant des années. Et en plus on nous a fait confiance donc on se dit bah là si cette personne elle nous dit ça ou si le psy, je sais pas moi le thérapeute ne nous aide pas ou nous parle mal ou... Bah du coup on peut se dire non c'est bon les psy de toute façon j'en ai vu c'est tous des cons puisque en fait... Le truc, c'est qu'il y a un amalgame qui est fait entre là, où les personnes qu'on a vues, et tout le reste. Donc, voilà, la première fois que j'y suis allée, ou les premières fois où j'ai été jugée, ou même si, bien évidemment, on n'a peut-être pas été jugée, c'est peut-être qu'en tout cas, on s'est sentie jugée, mais du coup, des fois, on va se dire... Les personnes peuvent extrapoler, ou entendre avec leur carte du monde, donc elles ont l'impression d'avoir été jugées, d'avoir été prise de haut, etc. Et du coup, le fait d'être mis sur un pied d'estal fait que ça va avoir d'autant plus de répercussions sur la personne et ça peut en avoir sur la suite. Et c'est vrai que pendant que j'ai préparé ce cours-là, très souvent, je me disais... Enfin, on dirait que ça fait des exemples gros. C'est pas possible. C'est... possible que ça existe, sauf qu'au fur et à mesure me revenaient des choses, des exemples qui peuvent venir de personnes que j'accompagne et qui m'ont dit qu'ils ont vécu ça ailleurs et donc bien évidemment c'est toujours à prendre avec des pincettes puisque la personne elle va l'entendre avec sa carte du monde et donc du coup peut-être que le thérapeute n'a pas voulu juger n'a pas voulu dire quoi que ce soit de méchant mais ça peut être mal vécu par l'autre personne en face et si c'est pas dit et bien ça peut pas être parlé être posé, peut-être que le thérapeute n'a pas l'opportunité non plus de s'expliquer et de s'excuser par exemple mais donc bref ouais j'en ai quand même entendu un certain nombre et puis si je regarde moi aussi la première la deuxième fois que j'ai voulu faire un travail sur moi j'ai vraiment cherché j'ai pris du temps pour chercher avec qui je voulais faire le travail j'avais quelque chose comme 21 ans, 21, 22, et voilà j'ai fait tout ce travail de recherche et puis quand j'ai appelé pour prendre rendez-vous, la dame me dit et vous avez choisi comment, vous avez pris le premier numéro dans l'annuaire ? Donc là autant vous dire que j'étais sidérée, puisque non justement j'avais fait toutes les démarches pour... essayer de choisir quelqu'un qui allait plus me correspondre. Bon, en plus, en l'occurrence, pour être tout à fait transparente, j'ai même pas osé dire, bah, écoutez, on va laisser tomber, je vais pas prendre le rendez-vous. Et à ce moment-là, j'étais chez une amie, et qui me dit, mais Nora, tu sais très bien que tu vas pas y retourner chez elle si tu fais le rendez-vous. Ah bah là, je lui dis, bah oui, c'est clair, je vais pas y retourner deux fois. Il me dit, alors pourquoi tu vas dépenser des sous pour un premier rendez-vous alors que tu sais d'avance que tu ne vas pas y retourner ? Et c'est vrai, j'osais tellement pas annuler le rendez-vous. Bah, sur le coup, j'aurais carrément pu juste dire, bah non, du coup, je ne le prends pas. Bon, j'ai osé rappeler et dire que je n'allais pas, je ne gardais pas ce rendez-vous. Et la deuxième personne qui était sur ma liste d'attente, enfin, liste d'attente, non, sur ma liste de deuxième thérapeute, a été ma psy pendant 7 ans et il m'a permis d'avancer un truc de fou elle m'a permis de découvrir La thérapie du lien des mondes relationnels que j'utilise aujourd'hui et qui permet voilà d'avancer et moi je les ai vus sur moi même en fait à partir du moment où elle a été formée à ça c'était le jour et la nuit on avançait carrément plus vite ça a permis d'amener des déblocages de fou bref je Je m'égare. Le deuxième point. Ne pas faire un travail sur soi quand on est psychosexologue parce qu'on dit ma sexualité va bien. Mais en fait, la sexualité qu'elle aille bien ou pas, ça veut rien dire sur la capacité à accompagner. On peut être très à l'aise pour parler de la sexualité. On peut être très à l'aise au pieu. on peut kiffer le sexe, ça ne change pas qu'on peut avoir... des mécanismes de défense, qu'on peut avoir des réactions, qu'on peut avoir des difficultés avec le conflit, des difficultés avec la colère, qu'on peut être peut-être dans un côté de dépendance, peut-être pas au partenaire, mais peut-être un côté de dépendance à d'autres choses, aux amis, je ne sais pas, que peut-être qu'il y a des soucis avec la honte, avec des schémas d'emprise. d'impuissance, l'envie de bien faire, d'être perfectionniste, de je ne sais quoi. Il y a plein plein de choses que l'on peut vivre, sentir et qui peuvent avoir un impact dans nos accompagnements. Et en fait, quand on a différents points, quand on a des choses qui ont un impact sur nous, sur... Oui, sur nous, les mécanismes, des mécanismes de défense peuvent avoir lieu et peuvent finalement prendre le volant à notre place et donc avoir des mécanismes de réagir, je veux dire, automatiquement en voulant sauver l'autre ou à l'inverse en voulant contrôler, contrôler ce qui se passe dans les consultes. Si on ne supporte pas le silence, il va falloir combler ce qui se dit dans le rendez-vous plutôt que d'attendre, d'être dans l'écoute. Si on veut contrôler peut-être que si ça ne va pas assez vite, on va proposer un autre exercice, un autre outil. Parce qu'on se dit, il faut absolument que ça avance maintenant et on propose autre chose. Et peut-être que la personne a juste besoin que ça aille tranquillement, mais nous, avec notre contrôle, on veut que ça avance, c'est bon, il faut que ça dépote, je sais quoi. Enfin, c'est des exemples, bien évidemment. Et puis on peut, sinon, avoir tendance à éviter certains sujets, parce que ce sont des sujets qui nous triggent, qui sont difficiles pour nous d'entendre, et on n'en a peut-être même pas conscience. Mais du coup, on va l'éviter, on va passer à autre chose, peut-être en s'en rendant compte, et peut-être sans s'en rendre compte. Ou on peut avoir tendance à se durcir sur certains points, à être souple. Donc voilà, peut-être qu'on est un très bon thérapeute la plupart du temps, mais qu'il y a des sujets sur lesquels ça nous agace, et là, on ne peut pas admettre, on ne supporte pas que la personne réagisse de telle ou telle manière, et il faudrait qu'elle réagisse d'une autre manière. Il pourrait y avoir aussi, peut-être, du coup, une envie de plaire, un besoin de plaire, de plaire à la personne qu'on accompagne. Plaire pas dans le sens de la séduction et de l'attirance physique, mais que la personne, elle nous aime particulièrement, elle nous apprécie particulièrement. Donc... Pour ça, peut-être qu'on ne va pas recadrer s'il y a des choses qui débordent du cadre, mais parce qu'on veut rester gentil. Peut-être que la personne, elle va dépasser des limites de notre vie personnelle, elle va chercher à en savoir plus sur nous et on n'ose pas dire « bah en fait non, là, ça me regarde par exemple » . Et maintenant, on va passer au point 3. C'est... Important de faire un travail sur soi parce qu'un accompagnement peut laisser une empreinte. Donc on l'a un peu vu tout à l'heure, si je me sens jugée, je peux me taire. Donc personnellement, je me suis sentie jugée quand on m'a dit « Ah, vous avez pris la première personne dans l'annuaire » . Mais bon, j'avais une autre image, je savais que d'autres thérapeutes pouvaient être bien et... et non jugeant et donc j'ai continué les démarches. Mais c'est pas le cas de tout le monde. Et en fait, le fait de juger peut avoir un dommage concret et la personne, elle peut se refermer et ne plus oser demander d'aide de sa vie ou que très très très très tardivement. Par exemple, une personne me racontait qu'elle a vécu de la violence conjugale pendant un certain nombre d'années, et puis elle n'était plus avec l'auteur des violences, et elle a voulu faire un travail sur elle. Et au CMP, quand elle a été reçue, la personne lui a dit un truc du genre « Mais si vous viviez de la violence conjugale, comment vous avez fait pour rester avec la personne autant de temps ? » Ah bah là, elle ne s'est pas sentie comprise, elle s'est sentie jugée. Bah elle n'est pas revenue. Mais elle n'a aussi pas demandé d'aide pendant longtemps. Enfin, demandé d'aide, est-ce que c'est le bon terme ? En tout cas, elle n'a pas recherché à faire un travail sur elle pendant longtemps. Et puis, il est important de faire un travail sur soi aussi, parce que des croyances peuvent devenir des injonctions, et ça peut détruire aussi la confiance de la personne. Le type de phrase, tu attires ce que tu vibres. Eh ben, oui madame, mais je fais ce que je peux. Donc ça, c'est quelqu'un qui a suffisamment de caractère pour répondre. Quelqu'un qui est déjà pas bien, peut-être en dépression, qui vit avec plein de traumas et du coup, plein de symptômes de stress post-traumatique, du style des difficultés à dormir, des Ausha par la nuit. la journée il y a régulièrement des des reviviscences donc on se sent mal parce que peu importe ce qui s'est passé et bim il y a le trauma qui revient mais si on lui dit tu attires ce que tu vibres en fait la personne elle sait pas faire autrement son cerveau ne sait pas faire autrement puisque c'est le cerveau qui commande tout ça et elle est pas responsable de tout Ou du coup si on lui dit « t'es pas assez engagé dans la thérapie » , on n'a pas à faire ce genre de commentaire. Ou bien « tu résistes » , ou « vous » d'ailleurs, peu importe, on peut vous voyer les personnes, « vous résistez » . Ou « vous devez pardonner » . Et puis même si quelqu'un est d'accord avec le fait de devoir pardonner, c'est plus facile à dire qu'à faire. Comment on fait pour pardonner tant que les traumas ne sont pas traités ? Ou ce genre de phrases, si tu veux vraiment, tu peux. Tout ça, ça va amener, enfin, ces phrases, ça peut amener en tout cas, la honte, la culpabilité, une impression d'être défaillant ou défaillante. Ça peut amener de la perte de confiance en soi. Et puis vu que c'est des personnes qui potentiellement, elles, déjà pas bien, et bien c'est encore pire. Quand on n'a pas fait de travail sur soi, on peut aussi projeter une norme identitaire au lieu d'écouter la question ou la demande. Donc j'ai un exemple très concret pour ça. Il y en a probablement d'autres, peut-être moins extrêmes, je sais pas, ou moins politisés comme sujet. Mais bon, une personne qui a vu une psy et qui lui a dit « je veux mettre à plat si je me sens vraiment une femme ou si je me sens un homme » . Et la psy elle a répondu Merci. Ah mais non madame, je vais vous aider à vous reconnecter à votre féminité. Ben non, c'est pas ce qu'elle voulait, c'est pas sa demande. La thérapeute là, elle impose sa grille de lecture. Mais la personne, elle est pas entendue. Et du coup, on rentre dans de la violence symbolique. J'ai pas trop... j'ai pas d'autres exemples là comme ça qui me viennent. Mais je sais pas, ouais voilà. en sexo une personne qui vient parce que ben là elle n'a pas de désir mais en fait ça fait des années qu'elle se forçait et du coup aujourd'hui elle vient elle vient parce que bah du coup elle veut en parler avec quelqu'un parce qu'elle a enfin osé en parler avec son conjoint Donc voilà, son conjoint, ça lui fait de la peine, il découvre... Bon, c'est vraiment un accompagnement que j'ai eu. Son conjoint, il apprend qu'en fait, en 15 ans ou 20 ans, je sais plus, bah du coup, tout ce temps-là, elle a menti parce qu'elle a... Elle a menti en quelque sorte, puisqu'elle a jamais dit qu'elle avait pas de désir. Pendant un temps, et d'ailleurs, c'est une psy qui lui a conseillé... un psy, enfin un thérapeute, je sais pas quel diplôme là, de se forcer un jour sur deux. Parce que, bah comme ça vous aurez un jour de libre. Non mais du coup, bah forcément ! pendant je ne sais plus 3-5 ans à se forcer un jour sur deux, ben là elle était arrivée à un ras-le-bol, elle ne voulait plus entendre parler de sexualité. Ben tu m'étonnes, à ce moment-là, moi je pourrais, avec toute ma gentillesse, ma bonne foi, ben putain mais la sexualité ça peut être tellement fun, ça peut être cool, en plus cette personne elle a des orgasmes, elle a toujours eu des orgasmes, mais regardez vous avez des orgasmes ! Ça peut être trop génial ! Et puis on peut se sentir vibrante, et puis on peut se sentir je sais pas quoi. D'ailleurs, on pourrait aussi rajouter des histoires de féminin sacré, de je ne sais quoi. Sauf que là, aujourd'hui, la personne, elle fait la démarche, mais en vrai, qu'est-ce qu'elle nous a dit ? Elle nous a dit qu'elle n'en peut plus, qu'elle ne veut plus entendre parler de la sexualité. Ok ? Si ça demande, c'est de ne plus entendre parler de la sexualité, ben on l'écoute. Aujourd'hui, on n'est peut-être pas la bonne personne. Ou peut-être qu'on peut l'accompagner sur d'autres points si elle a envie que sa vie aille mieux sur d'autres points. Et qu'un jour, peut-être qu'on en viendra à se reconnecter à la sexualité. Mais aujourd'hui, après cette forcée autant d'années, ça ne demande plus la sexualité. Ok ? Ben on respecte. Mots qui me disaient « punaise, le temps il passe vite, on n'en est qu'au cinquième point, bon ça va celui-là il va être rapide » , en fait non, j'ai retrouvé un autre exemple. Bon alors on passe au sixième point, les raisons de faire un travail sur soi parce que le rôle du sauveur et séduisant m'est dangereux. Je m'explique, nombre de personnes que j'ai entendu dire « moi je vais bien quand j'aide les gens » . C'est ça qui me botte dans la vie, c'est ça qui me fait du bien. Et en plus, comment on entend la personne le dire ? Elle a l'air super contente, super animée et tout, donc on peut se dire, il est où le mal à ça ? Le problème, c'est que cette personne, elle nous dit qu'elle est bien quand elle aide. Quand est-ce qu'elle est bien parce qu'elle s'aide elle-même ? Quand est-ce qu'elle est bien juste sans aider les autres ? Juste en vivant elle ? Et le reste, c'est que du coup, vu qu'elle est bien que quand elle aide. Qu'est-ce qui va se passer si la personne qu'elle accompagne ne va pas mieux ? Elle va se sentir nulle. Et comme elle va se sentir nulle, incompétente, je ne sais quoi, elle peut avoir plusieurs réactions. Ça peut l'énerver, elle peut s'énerver contre la personne et lui retourner le tout à la face. Non mais de toute façon, vous ne faites pas d'effort, je ne sais quoi. Elle peut aussi essayer de faire accélérer le truc, pousser la personne. donner plus d'exercices, utiliser plus d'outils, et puis essayer ça, et puis essayer ça, plutôt que d'aller au rythme de la personne. Elle peut décider à la place de la personne, et ne pas écouter. Donc quand je dis décider à la place, c'est que pour moi ce qui est important, c'est qu'on va proposer des outils, par exemple, thérapeutiques, mais on va juste les proposer, et la personne est libre de choisir de les faire ou pas. Et donc là, bon bah... Si on voit que la personne, elle n'avance pas, on va lui dire, mais à un moment donné, il va peut-être falloir que tu te bouges le cul. Si vous voulez que vous avanciez, pardon, je passe du cul au vous, mais... Voilà, si vous voulez que vous avancez, il va peut-être falloir se bouger le cul. Là, je vous propose des choses, vous ne faites rien, ça ne vous voit jamais, bref. Et du coup, le risque, c'est de porter la motivation. à la place de la personne qu'on accompagne, et d'avoir vraiment une pression de dingue d'avoir un résultat. Mais du coup, les mécanismes de défense qu'on a parce que le résultat n'arrive pas peuvent venir perturber la relation, peuvent venir perturber l'accompagnement, ou peuvent faire que nous on se sent vraiment mal. Ensuite, le point 7. Parce que le travail sur soi apprend à prendre du recul. Ce que je ressens là maintenant, il vient d'où ? Je m'explique. Le travail sur soi permet pas que de traiter nos travails, euh, nos travails, nos traumas. C'est aussi une manière de se connaître, de connaître nos mécanismes de défense, de nous comprendre. Et du coup, ça nous permet qu'en séance, on puisse prendre du recul. Lorsqu'on ressent quelque chose, je vais donner un exemple. Là, admettons, j'ai une boule dans le ventre quand la personne me raconte ce qu'elle est en train de me raconter. Ok, cette boule dans le ventre, elle vient d'où ? Est-ce que c'est vraiment parce que je suis en empathie pour la personne et que je me dis putain c'est pas cool ce qu'elle a vécu ? Ou est-ce que c'est parce que ça me renvoie à quelque chose que j'ai moi-même vécu ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui se joue dans la relation entre la personne et moi ? On n'est pas calibré, là, comment je pourrais être plus concrète par rapport à ça ? En fait, la personne, notre patient, patiente, n'est pas prie vraiment à se livrer à nous. La personne est sur la défensive et tout ça, et on le ressent. Et donc, du coup, ça crée une boule dans le ventre. J'arrive. pas à savoir si c'est clair ce que je raconte. La personne nous dit voilà, j'ai un exemple qui me vient. La personne nous dit qu'elle a perdu son père quand elle avait 18 ans. Tiens, ça va me permettre de rebondir en plus sur autre chose. Ok, waouh ! Là, ça vient me serrer dans la gorge. Je me dis, punaise, 18 ans, c'est super jeune pour perdre son père. ça a dû être horrible ok et là je vais pouvoir prendre du recul là ce que je ressens c'est ma projection c'est que ça doit être horrible moi ça aurait été horrible si j'avais perdu mon père ou bien j'ai perdu mon père ça a été horrible c'était le trauma de ma vie et donc donc ça vient se rejouer pour moi ou bien en fait c'est la personne là elle est en train de dire ça elle est c'est Sa manière de le dire et sa posture sont contradictoires, du coup j'ai l'impression qu'il y a un truc pas clair et donc ça vient me faire réagir à l'intérieur de moi parce qu'il y a un truc que je sens qui n'est pas clair. Donc quand on a des ressentis, avoir fait un travail sur soi nous permet de assez rapidement capter si ces ressentis viennent de nous. ou de la personne ou de la relation. Peut-être qu'il y a quelque chose qu'on a horreur, c'est que les personnes, là, elles sont en train de se positionner en victime, et du coup, on a horreur de ça. Et donc, en fait, c'est ça qui nous agace. Mais du coup, ça me permet d'aborder l'autre point, c'est que c'est important de ne pas projeter sur l'autre. Donc là, si je reviens sur mon exemple, la pauvre, elle a perdu son père à 18 ans et tout ça, donc je pourrais tout de suite répondre, oh là là, ça a dû être difficile pour vous, blablabla. Mais peut-être pas en fait, ça a peut-être pas été difficile pour elle. J'entends des personnes qui m'écoutent et qui disent, non mais d'où c'est pas difficile, qu'est-ce qu'elle raconte celle-là ? Non, pas nécessairement. Je vais vous donner un exemple très concret d'une personne que j'ai accompagnée. Et bien, ma manière de faire dans ces moments-là, c'est de dire « Et comment vous l'avez vécu ? » Comme ça, je ne projette rien. En l'occurrence, je me rappelle d'une personne, bon, elle n'avait pas 18 ans, elle avait 16 ans, et m'a dit « C'est un soulagement. » Puisque... Alors attention, je vais dire des choses un peu compliquées. Je pense que vous le savez que sur ce podcast, il n'y a pas de tabou ni même pour les violences sexuelles. Mais là, ce qu'elle m'a répondu, c'est que justement, la maltraitance et les viols se sont arrêtés. Donc pour elle, ça a été un soulagement que son père décède. Donc c'est important de ne pas projeter et se connaître. Avoir fait tout un cheminement pour se connaître, capter un petit peu nos émotions, d'où elles peuvent venir, etc. peut nous permettre d'être beaucoup plus ancré dans la relation, beaucoup plus aligné, d'être moins dans le jugement ou d'être moins dans notre propre perception du monde. Puisqu'on a chacun notre perception du monde, notre carte du monde, où c'est comme chacun va voir la vie avec des lunettes différentes. Et on n'a pas la même... Même si on était en face là, toi et moi, dans un bureau, toi tu verrais ce qu'il y a derrière moi, moi je vois ce qu'il y a derrière toi. Donc on voit pas la même chose. Et on pourrait parler du même bureau, mais pas le décrire de la même manière. Et donc c'est pareil dans la relation thérapeutique. Bah dans toutes les relations. Chacun voit les choses avec sa carte du monde. C'est comme ça que j'aime bien le décrire moi. Voilà un petit peu pour déjà des choses où ça va nous permettre d'être plus juste dans l'accompagnement. Mais il y a pire. Et en fait jusqu'à présent c'était surtout cet exemple là que je donnais. Donc le point 8 c'est... Ce que la personne nous raconte vient carrément nous replonger, nous, dans notre trauma. Alors là, c'est probablement le pire qui puisse arriver. Donc, ce qui peut se passer, c'est que, ben voilà, la personne, elle aborde un sujet compliqué, que j'ai moi-même pas travaillé, que j'ai moi-même vécu et pas travaillé, pardon, et là, je replonge dans le trauma, je me remets, du coup, je peux avoir une abréaction, je peux... En fait, moi-même, avoir besoin de quelqu'un où je peux faire une crise d'angoisse ou me dissocier totalement de mon corps. Donc me dissocier, on pourrait dire, on peut imaginer que j'ai l'impression d'être à l'extérieur de mon corps. Mais là, la relation patient, enfin je ne sais pas comment on dit, peu importe. Je n'ai toujours pas trouvé de bon mot. La personne accompagnée et l'accompagnant va changer, va s'inverser. Et en général, c'est pas bon. La personne peut se dire, bon, ben, en fait, il faut vraiment pas que j'aborde ce sujet parce qu'en fait, il est trop dur à entendre, donc il faut que je protège les thérapeutes. D'ailleurs, sachez que ça, protéger, vouloir protéger les thérapeutes, c'est courant. Et moi, je pose la question très clairement aux personnes si elles ont vécu des violences. et je peux aller plus dans les détails, des violences physiques, verbales, sexuelles. Nombre de personnes qui m'ont dit c'est la première fois que j'en parle, alors que je pense à un notamment qui était en clinique de la dépression, qui a fait je ne sais combien d'accompagnements avec psy, psychiatre, jamais personne ne lui a demandé, et lui il s'est toujours dit, je ne vais pas leur dire, parce que c'est beaucoup trop hard, et s'ils ne me demandent pas, c'est peut-être qu'ils ne veulent pas l'entendre, ou qu'ils ne sont pas prêts, et je vais les préserver. préserver de ça. Et vous imaginez pas le nombre de fois que je l'ai entendu. Donc, revenons à nos moutons, que nous ça nous replonge dans notre trauma, bon bah voilà c'est dangereux pour nous mêmes, c'est dangereux pour la personne qu'on accompagne, pour elle il y a des risques, bon bah voilà, qu'elle ne veuille plus aller voir de thérapeute, qu'elle ne veuille plus parler de ses problèmes, mais pour nous, ben voilà, ça nous remet dans un état de sidération, dans un état traumatique, et ça c'est juste pas... admissible quand on est thérapeute. Après, je mets un bémol dans le sens où, je ne sais pas, par exemple, on a vécu un deuil il y a une semaine, on va peut-être pas s'arrêter pendant plusieurs mois à chaque fois qu'on vit un deuil, parce que voilà, déjà on ressent peut-être pas le besoin de s'arrêter, parce que ça fait partie des choses de la vie et que peut-être que là, une même année, on va vivre... Il y a plusieurs personnes dans nos proches qui décèdent. Et peut-être que bon, le deuil de notre enfant, oui, on va s'arrêter. Mais le deuil d'un ami, on ne va peut-être pas s'arrêter. Du moins, peut-être juste quelques jours, mais pas trois mois. Et donc oui, on peut essayer d'éviter ce sujet-là dans les consultes, quand c'est possible. Mais ça ne l'est pas toujours. Pour donner un exemple très personnel, moi ça m'est arrivé, j'ai perdu un ami et donc je travaillais à l'hôpital. Quand on avait l'information du sujet de base, si on était au courant que la personne avait vécu un deuil et qu'elle prenait rendez-vous pour ça, eh bien on orientait sur ma collègue et pas sur moi. Et un jour, une jeune que j'accompagnais pour un tout autre sujet m'a raconté le décès de son grand-père, etc. Et elle a passé tout le rendez-vous à en parler. J'ai pu l'écouter. Sauf qu'à la fin du rendez-vous, j'étais épuisée et ça m'a lessivée pour le reste de la journée parce que ça m'a demandé un effort énorme de rester concentrée sur ce qu'elle me disait pour ne pas partir dans mes pensées et le décès de mon amie. Mais en même temps, voilà, j'allais pas m'arrêter pendant plusieurs mois pour éviter ce genre de sujet. Alors que le risque, il est infime, mais en même temps... Et c'est ça qui est aussi important, c'est pour ça que c'est important de faire déjà un travail sur soi, c'est que le jour où il y a quelque chose qui nous challenge, qui nous trigger dans nos accompagnements, eh bien on peut en parler avec notre thérapeute ou superviseur. Et c'est pas comme si on a personne, dans le sens où, oula, ben là c'est vrai, ça va pas bien, ben du coup, il va falloir que je trouve un thérapeute, donc il faut le temps de trouver le thérapeute, peut-être le temps... que la personne allait décréer nous à nous proposer, puis le temps de se connaître, enfin les premiers rendez-vous on va peut-être pas tout de suite travailler sur le sujet, etc. Donc c'est important d'avoir déjà la personne qui nous accompagne, parce que oui ça peut arriver que dans un rendez-vous il y ait quelque chose qui nous challenge, pour autant, bah oui ça fait partie de la vie, et donc c'est important qu'on puisse le travailler après avec notre thérapeute. Puisque, voilà c'est ça aussi le point, c'est que avant d'être thérapeute on peut pas avoir travaillé sur tout. On vit, on est des humains, et donc il peut se passer des choses dans notre vie. L'essentiel, c'est que ces choses-là, elles ne viennent pas répercuter dans la thérapie, ou le moins possible, puisque, bah voilà, on n'est pas non plus des super-women, super-man, et on fait aussi ce qu'on peut avec ce qu'on est. J'espère que c'est clair ce que je raconte. Je suis tellement emballée en plus que je suis à fond, mais... Le dernier point. Ah ! J'ai commencé à l'aborder. Parce qu'on n'a pas besoin d'être parfait, parfaite, on a besoin d'être fiable. Donc, la fiabilité, c'est être stable, c'est être humble, c'est être capable de revenir sur un raté. Bah oui, ça nous arrive d'avoir des ratés. Et quand je dis raté, c'est faire une bourde, faire une blague mais qui passe mal. rigoler de quelque chose que dit la personne parce qu'on croit que la personne elle nous dit en rigolant mais en fait non c'est quelque chose qui a été compliqué pour elle c'est pouvoir s'excuser quand je parle de raté c'est aussi on a donné des exercices à mettre en place chez soi mais la personne les a on a peut-être trop donné la personne ne s'est pas mis en place et bien c'est peut-être de dire ah bah excusez moi j'ai voulu aller trop vite et donner trop de choses c'est de ma faute on va faire on va on va en enlever et Voilà, c'est s'adapter, c'est s'ajuster, c'est pas faire peser la responsabilité sur la personne qu'on accompagne, c'est prendre nos responsabilités. Peut-être même un peu plus, comme dans l'exemple que je donnais, un peu plus que nécessaire. Des fois c'est peut-être juste dire, là au vu de comment vous avez réagi, je voudrais vérifier quelque chose, là ce que je viens de vous dire, est-ce que ça a eu un impact, qu'est-ce que ça vous a fait ressentir ? Comme ça, si la personne a été blessée par exemple, ou je ne sais quoi, et bien ça permet qu'on puisse rectifier aussi nous ce qu'on a voulu dire, parce qu'on a probablement pas voulu blesser la personne. Et donc on peut revenir dessus. Et on peut oser revenir dessus. Et tout ça c'est primordial. Et le fait de bien se connaître, de faire un travail sur nous, ça peut permettre d'être plus serein avec ce qui se passe dans la relation, d'être plus serein avec nos bourdes aussi. et du coup de pouvoir revenir dessus. Donc voilà, c'est pour ça que j'invite toutes les personnes qui veulent faire une formation dans l'accompagnement quel qu'il soit, mais notamment dans la formation en psychosexologie que je propose, pour moi c'est primordial, j'invite les personnes à prendre un rendez-vous thérapeutique avant. D'ailleurs ça peut être avec moi aussi. Et pour moi en tout cas c'est vraiment très important de faire ce travail sur soi. Et ce travail sur soi, je le répète, c'est pas parce que j'estime que vous êtes cassés, que vous êtes traumatisés ou je ne sais quoi, mais parce que c'est important de façon globale pour l'accompagnement, parce que la personne en face de nous, elle est vulnérable, parce qu'elle nous met sur un piédestal. Et puis en fait, vous découvrirez quoi qu'il en soit qu'en plus de ça. ça pourra vous alléger d'un poids sur certaines choses, vous pouvez découvrir des trucs de fou, vous permettre d'être encore mieux que ce que vous êtes déjà, et ça c'est chouette aussi. Et c'est aussi pour ça que dans la formation, j'ai deux options, la formation, la formation, toute simple, et le parcours transformationnel, qui va inclure des séances en individuel avec moi, et qui va inclure... Trois jours en présentiel en plus qui seront spécifiquement pour travailler sur soi et continuer à apprendre les outils appris dans la formation en présentiel. pour vraiment faire ce travail sur soi et en plus avec les outils qu'on apprend dans la formation. Et d'ailleurs, encore une précision, quand vous décidez de faire un travail sur vous, je vous invite vraiment à prendre un thérapeute qui a certains outils de thérapie, essentiellement la méthode Selema ou la TLMR, thérapie du lien et des mondes relationnels, parce que ce sont vraiment des... thérapies qui sont efficaces, qui permettent d'avancer vraiment parce que la thérapie par la parole a vraiment ses limites et donc voilà c'est pour ça aussi d'ailleurs c'est très important pour moi que les personnes qui se forment à l'EPSO fassent un travail sur elles mais pas que avec des psy par la parole mais vraiment avec des thérapeutes qui ont des outils qui permettent vraiment d'avancer au niveau des émotions, des traumas etc et même si on pense pas qu'on a des traumas ces outils permettent d'aller beaucoup plus vite, d'avancer plus efficacement surtout dans nos cheminements personnels. Voilà un petit peu, j'espère que cet épisode vous a plu, vous a intéressé. N'hésitez pas à me faire un retour, on pourrait encore dire plein de choses sur ce sujet. Le cours que j'ai donné à ce propos a duré beaucoup plus longtemps que ce que je pensais. C'est pas un cours pour dire à mes élèves qu'ils doivent faire un travail sur eux, c'est vraiment comprendre les interactions qui se jouent entre la personne qu'on accompagne et nous. Donc bref, il y a tellement de choses à dire. Et avant d'arrêter cet épisode d'ailleurs, je souhaite vous dire qu'il y a la supervision sexo qui est gratuite. Donc si vous êtes déjà dans l'accompagnement ou pas encore, mais que vous êtes intéressé par la formation en sexo et que vous voulez voir un petit peu... quel est le boulot d'un sexologue, ou comment j'accompagne, comment je forme, vous pouvez venir. Donc, la prochaine, c'est le mardi 5 mai à 18h. La suivante, c'est le mardi 2 juin de 19h à 21h. Celle de mai dure 1h, celle de juin dure 2h. Et donc, l'idée, c'est que vous pouvez venir avec un sujet si vous en avez de... de personnes que vous accompagnez ou un sujet par rapport, je sais pas, ça peut aussi être un ami, une amie, et vous vous dites, ah là là, j'aimerais bien savoir comment ça pourrait se passer, et bien vous pouvez, enfin, ou comment on pourrait accompagner, vous pouvez venir. Et pour l'inscription, il y a le lien dans la description de l'épisode. Voilà pour aujourd'hui et je vous dis à... dans une semaine on se retrouve pour un épisode sur les dragues drag queen drag queer c'est vous verrez un épisode passionnant je pense que on se fait plein d'idées sur ce que c'est que les dragues que c'est souvent on ne sait pas bien ce que c'est donc voilà c'est un chouette épisode pour en savoir plus sur ce sujet déconstruire des idées reçues qu'on pourrait avoir d'ailleurs aussi bref A bientôt, bonne soirée, bonne journée ou bonne nuit en fonction de quand vous nous écoutez et à la semaine prochaine.