#Enora Teyssendier Psycho SexologueBienvenue sur Psycho-Sexo, le podcast de l'Eipsho. Je suis Enora Tessandier, psychopraticienne spécialisée en sexologie et psychotrauma et fondatrice de l'Eipsho, l'école internationale de psychosexologie holistique. Dans ce podcast, je vous partage des ressources, des témoignages et des approches concrètes en psychosexologie pour approfondir vos compétences et enrichir votre pratique. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. Alors aujourd'hui, on va parler d'une des manières que j'ai pour travailler sur les traumas, traiter les traumas. En fait, il existe plusieurs manières de traiter les traumas. Bien évidemment, il existe plusieurs techniques aussi. Aujourd'hui, je ne parle que de celles avec un S que j'ai dans ma pratique et puis on va parler plus précisément d'une de ces méthodes-là. Donc, la manière que j'utilise, ce n'est pas avec un protocole rigide, mais plutôt une manière de travailler au plus proche de ce qui se présente dans le corps, avec les images qui peuvent venir et dans les sensations. En tout cas, avant d'aller plus sur cette manière-là, j'ai envie d'aborder les différentes portes d'entrée possibles, en tout cas que moi j'utilise. Ce n'est pas celle que tout le monde va utiliser. Donc, dans ma manière de travailler, on peut partir d'un événement vécu, par exemple, dans la semaine. Donc, admettons, la personne que j'accompagne me dit « mon mec m'a touché les fesses et je n'ai pas apprécié, mais je ne comprends pas pourquoi j'ai réagi comme ça » . Et donc là, via les questionnements, ça va nous amener à un événement vécu qui affecte le fait qu'aujourd'hui, la personne ne supporte pas que son compagnon lui touche les fesses. Une autre manière, ça pourrait être la personne a vécu quelque chose de traumatisant. Elle y pense souvent et elle me demande de traiter cet événement-là. Donc là, on va aller directement sur l'événement-là. Une autre possibilité encore... C'est qu'on va partir d'un symptôme, donc par exemple une douleur au ventre, une douleur à la pénétration, un problème d'érection, etc. Et avec les questionnements et les mouvements oculaires, ça va nous amener à quelque chose. Peut-être que ça va nous amener à un événement compliqué à vivre ou autrement dit, on pourrait dire traumatisant. Mais peut-être que ça va nous amener à quelque chose de transgénérationnel ou peut-être que ça va rester de l'ordre du symbolique de ce qui se passe dans le corps. Par exemple, une sensation comme s'il y avait une roue en feu au niveau de l'entrée de mon vagin. Et puis des fois c'est des choses un peu de l'ordre comme de l'hypnose, un peu bizarre, qui peuvent paraître un peu chelou. Voilà, ce sont des méthodes. Et aujourd'hui, celle qu'on va voir c'est lorsqu'on va directement aller réagir. sur le trauma. Donc en général, on a déjà travaillé avec la personne. Je ne vais pas aller directement sur un trauma à la première séance. Donc on a travaillé le lien entre elle et moi, la confiance dans la thérapie et aussi la sécurité dans ce qui peut se passer. Il y a plusieurs manières de travailler quand on va directement sur le trauma. Avant... J'avais une approche très structurée. C'est ce qu'on m'avait appris avec l'hypnose ou ce qu'on m'avait appris avec l'EFT. Donc, on faisait dans l'ordre. On mettait un titre comme si on allait faire... L'événement, c'était un film. Donc, on mettait un titre. Comme ça, ça permettait de commencer à apaiser les émotions peut-être de façon plus... Que ce soit un peu plus doux que d'aller directement dans l'événement. Puis... la personne, elle expliquait ce qu'elle avait vécu dans l'ordre. Et quand il y avait une émotion ou une sensation corporelle, on s'arrêtait et on apaisait l'émotion avec la méthode soit l'EFT, soit l'hypnose, peu importe. Et puis, on continuait le récit du « film » et on allait comme ça, petit à petit, voir chaque émotion. Ça, c'est un protocole plutôt figé. C'est un protocole qui peut être difficile aussi à vivre. Parce que on revoit tout l'événement. Et si c'est en hypnose, en plus, on le voit dans la tête tout seul. Donc moi, en hypnose, je ne l'ai jamais utilisé pour des gros événements traumatiques. Et aujourd'hui, comment je fais ? Ça peut arriver que ça se fasse dans l'ordre, mais c'est très rare. En général, on va plutôt aller sur la première image qui vient. Si ça peut compliquer, mais si c'est trop compliqué, on peut effectivement donner un titre, ce qui est aussi rare que je le fasse. On peut aussi commencer par quelque chose qui revient souvent pour la personne. Ou alors, on peut commencer par quelque chose qui est moins traumatisant pour y aller petit à petit. En fait, tout est possible dans cette manière-là. Voilà, c'est plus ouvert, on va dire. Et c'est assez difficile aussi de vous expliquer parce qu'en fait, ce n'est pas un protocole. Par exemple, ça peut être par rapport à une émotion qui est là, la tristesse. Ça peut être par rapport à une sensation dans le corps. On peut... aller voir si c'est une phrase qui vient ou si c'est une scène qui vient. En fonction de l'émotion, on va pouvoir apaiser aussi de manière différente. Par contre, des fois, aller d'une chose à l'autre, c'est-à-dire il y a une phrase qui me vient, et puis maintenant il y a une scène, et puis maintenant il y a une émotion, des fois, ce que j'ai observé, c'est que c'est aussi un mécanisme de défense. Et donc on ne va pas travailler en profondeur les événements. ou les émotions. Donc, par la suite, je vais suivre la personne comme ça, mais par la suite, je vais aller vérifier qu'il n'y a plus du tout d'émotions associées à l'événement. Bon, mais je pense que j'ai failli oublier d'expliquer quand même quelque chose d'important. C'est plus exactement comment je fais. Parce que je vous ai dit, voilà, on peut aller partir d'une émotion ou d'une phrase qui vient ou d'une scène, mais... Après ça, qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien en fait à chaque fois ce qui va être important c'est la manière dont je pose les questions. Ça va être en reprenant ce que la personne a dit et puis je vais laisser venir en tout cas quand j'y arrive la question suivante qui vient en évitant d'utiliser mon cerveau on va dire ça comme ça et de plutôt laisser venir ce qui vient comme question. Et Par moment, je vais pouvoir utiliser les mouvements alternatifs comme les mouvements oculaires afin de laisser venir la réponse à la personne. Et que le fait d'utiliser ces mouvements alternatifs peut permettre que ça soit une réponse qui vienne plus de l'inconscient plutôt que de venir depuis le cerveau. Pour donner un exemple, toutes ces réponses qui viennent du tac au tac... Ces réponses où la personne me dit « ouais, c'est bizarre, mais c'est ça qui me vient » , là on est sur la partie plus inconsciente, on va dire. Tandis que si la personne est en train de réfléchir ou alors par exemple, je vais donner un exemple concret. Elle me dit « il y a de la tristesse dans le ventre » . Ok, ça c'est la partie qui vient de l'inconscient. Et là, elle commence à me dire parce que, en fait, j'ai vécu ci et puis ça. Et puis, en fait, du coup, ça fait ci et ça fait ça. Là, c'est le cerveau. Et cette partie-là, elle ne m'intéresse pas dans l'accompagnement. En tout cas, pas à ce moment-là. Ce qui m'intéresse, c'est vraiment tout ce qui vient de l'inconscient, la partie émotionnelle, on va dire corporelle, des choses comme ça. Et donc, à partir de l'émotionnel, à partir du corporel, à partir... de ce qui se joue, de ce qui est en place. S'il y a aussi une scène imaginaire bizarre, comme je disais tout à l'heure, que l'on visualise, on va la visualiser ensemble déjà cette scène. Et voilà, à côté de nous, on va dire, eh bien, on va utiliser les mouvements oculaires pour voir ce qui se passe. Cette scène, elle peut évoluer, bouger. Et l'objectif, en tout cas le mien, c'est que ça arrive, ça amène à de l'apaisement. Et puis, pareil, si c'est plutôt une sensation corporelle, Alors pour elle, mon objectif va être que ça amène à de l'apaisement. Et pour ça, on va utiliser des mouvements oculaires et on va venir vérifier, ressentir à nouveau qu'est-ce qui se passe dans le corps par exemple. Et puis la boule, elle peut avoir diminué entre temps. On va réutiliser les mouvements oculaires et puis jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sensation de boules dans le ventre par exemple. Voici des exemples. J'avoue que j'ai l'impression que c'est un peu le bazar là dans cet épisode de podcast puisque pour moi, c'est difficile... d'expliquer tout ça puisque ce n'est pas un protocole, et puisque ce n'est pas une formation non plus. Dans une formation, on irait petit bout par petit bout pour à un moment donné, un peu finalement allier le tout. Donc ouais, c'est un gros challenge pour moi à chaque fois que j'explique comment j'accompagne les traumas. Alors hésitez pas à commenter l'épisode et me dire si vous avez des questions ou à venir sur Instagram et me dire si vous avez des questions comme ça je pourrais les reprendre, faire un autre épisode par exemple pour expliquer d'autant plus cet épisode-là qui est un peu compliqué pour moi. je vous remercie de votre compréhension, de votre indulgence si ça ne l'est pas. Donc parfois c'est assez simple ça se baisse les émotions ça pèse rapidement ça avance bien et des fois c'est pas si simple donc par exemple admettons il y a eu la personne ce qu'elle a vécu c'est qu'un oncle l'a aidé financièrement quand elle était enfant pour une activité extrascolaire qui coûtait de l'argent Et puis, en fait, quand elle allait demander à son oncle cette aide financière, eh bien, il lui demandait de montrer ses parties intimes. Et quand on va traiter l'événement, eh bien, la personne me dit qu'en fait, si c'était une autre enfant, elle serait révoltée, mais que là, en la voyant, elle a… honte. Donc du coup, on va travailler sur la honte qui va s'abaisser un petit peu mais pas totalement. Puis finalement, du coup, on va visualiser elle petite vu que c'est ça qui se passe. La scène de base, c'était elle petite et j'ai pu proposer de travailler d'une autre manière, de peut-être faire un câlin à cette petite, ou lui dire, ou j'ai dû lui dire sûrement d'ailleurs, qu'est-ce qu'elle a envie de faire pour consoler cette petite fille. Et puis elle me dit « ben lui faire un câlin » , donc je vais l'inviter à lui faire un câlin. Et je vais l'inviter à lui dire « ben voilà, là aujourd'hui, l'adulte que tu es, qu'est-ce qu'elle a envie de dire à cet enfant ? » Et elle me dit qu'elle a envie de lui dire qu'elle va la protéger. Donc, je lui dis, dis-lui à elle directement. Et puis en fait, là, il n'y arrive pas. Donc, on a commencé par faire le câlin. Puis ça s'est apaisé. Et bon, c'était la fin du rendez-vous. Donc, on s'est arrêté sur cet apaisement-là. Et j'imagine, je ne me rappelle plus exactement. Mais du coup, on va amplifier cet apaisement-là pour que vraiment la personne puisse repartir avec de l'apaisement. Et la semaine suivante, enfin le rendez-vous suivant, on va voir si elle veut... poursuivre de travailler là-dessus, si on part de là où on s'arrêtait, si la porte d'entrée est une autre. Voilà, chaque séance est différente et je fais en fonction de ce que la personne a envie. Il y a un autre point essentiel et que j'ai envie de préciser qui est important pour moi. On n'est pas obligé de se rappeler de l'événement pour pouvoir traiter l'événement. Parce que le corps, lui, il se rappelle. Les émotions, elles, elles sont toujours là. Donc par exemple, j'ai accompagné un homme sur différents sujets, mais un jour il m'a dit « je suis quasiment sûre que j'ai été violée par mon oncle, j'ai pas de souvenir, mais voilà, je pense que oui » . Et il m'a dit « il y a deux images qui me reviennent là et qui me hantent » . mais en soi ces images elles ont rien à voir avec que ce soit un viol et donc il m'explique qu'une de ces images c'est de il est assis à côté sur le lit à côté de son oncle qui est aussi assis sur le lit une autre image c'est qu'il est en train d'enlever une prise ou de la remettre je ne sais plus voilà dans l'interrupteur donc ok il y a ces deux images et Ces deux images, elles génèrent de l'émotion. D'ailleurs, il me disait qu'il se sentait sale aussi, il se sentait salé. Ok, eh bien on est parti sur ces deux images-là. On a apaisé les émotions qui avaient un lien avec ces images-là. À la fin de la séance, eh bien, il était apaisé. Quelques jours après, il m'a envoyé un message pour me dire qu'il était apaisé, qu'il avait de la colère en moins, c'était... C'était impressionnant parce qu'il ne sentait plus toute cette colère qu'il avait avant. Voilà, pour moi c'est l'essentiel. On ne saura jamais ? s'il a vraiment été violé ou pas. Mais peu importe, en fait. En l'occurrence, on est en train d'apaiser des émotions, on n'est pas en train de faire un jugement de cette personne, donc il n'y a pas besoin, pour apaiser les émotions en tout cas, de savoir si ça s'est passé ou pas. L'essentiel, c'est que la personne soit mieux. En tout cas, ça, c'est ma vision de la thérapie, c'est ma vision de l'accompagnement. Donc voilà, aujourd'hui ce que j'avais envie de vous montrer c'est une de mes manières de travailler pour accompagner les traumas. C'est vraiment pas évident d'expliquer. Voilà, pour conclure, ce que j'avais envie de vous montrer aujourd'hui dans cet épisode, c'est une des manières que j'ai pour accompagner les traumas. Donc comme vous avez vu, ça suit pas une ligne droite, c'est pas un protocole. Voilà, parfois ça part d'un détail, parfois d'un symptôme, parfois d'une image, d'un ressenti. d'un mouvement. Parfois, ce n'est pas la tête qui sait. Parfois, et dans ces cas-là, c'est le corps qui guide. Mais voilà, il n'est pas toujours nécessaire de se souvenir pour réparer, pour apaiser. Et souvent, à mon sens, ce n'est plus juste d'écouter ce qui se manifeste et là où ça se manifeste. Et c'est à cet endroit-là que quelque chose peut enfin se relâcher. J'espère que j'aurais pu transmettre un petit peu et donner une idée de comment ça peut se passer. Et puis, je vous dis à bientôt dans un prochain épisode. Nous voilà arrivés à la fin de cet épisode. Si vous entendez ce message, c'est que vous l'avez écouté jusqu'au bout. Et pour ça, je vous en remercie du fond du cœur. Si vous avez apprécié ce que vous avez entendu, pensez à le partager autour de vous en me taguant par exemple, à laisser 5 étoiles ou même à vous abonner pour ne rien manquer. Et puis, sachez que je suis toujours à l'écoute de vos envies pour de nouveaux sujets. Alors dites-moi en commentaire ou sur les réseaux sociaux ce qui vous intéresserait pour les prochains épisodes. En attendant, prenez soin de vous et je vous dis à mercredi prochain !