- Speaker #0
Bienvenue dans Quand le destin s'emmène, je suis Céline et je vous emmène dans ces histoires où tout commence souvent par presque rien. Un regard, une rencontre, une coïncidence, parce que parfois il suffit d'un instant que tout s'éclaire ou que tout se bouleverse. Aujourd'hui, je reçois Blandine Mercier. Après un parcours dans la pub, elle s'interroge sur une question essentielle. Que vaut l'expérience dans un monde qui valorise surtout le neuf ? De cette réflexion est née Hello Master, un réseau qui redonne toute sa place à la seconde partie de carrière. Avec Blandine, on parle d'expérience, de regard et de la liberté de se réinventer. Bonjour Blandine.
- Speaker #1
Bonjour Céline.
- Speaker #0
Merci d'être venue jusqu'à moi aujourd'hui, je suis ravie de te recevoir dans Quand le destin s'en mêle.
- Speaker #1
Je suis très contente d'être là.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux commencer par te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors je vais me présenter, je vais essayer de ne pas être trop bavarde parce que c'est une de mes très grandes qualités. Je suis Blandine Mercier, j'ai 44 ans. Aujourd'hui, je suis la cofondatrice du réseau social Hello Masters. Hello Masters, c'est un réseau social professionnel dédié au cadre et dirigeant de plus de 20 ans d'expérience. Et si tu veux en savoir plus, parce que là tu me fais un petit regard, donc je saisis la perche, je prends ça pour un grand hockey. Donc c'est tout récent.
- Speaker #0
Tu as lancé il y a combien de temps ?
- Speaker #1
J'ai lancé il y a 15 mois, sans te dire que le bébé ne fait pas encore ses nuits, ça c'est clair. Avant j'ai eu une carrière d'une vingtaine d'années dans le milieu de la communication et de la publicité et du digital. J'étais directrice générale de l'agence de publicité Merci. hautement créative, Marcel, du groupe Publicis, agence dans laquelle je suis restée 15 ans. Donc, grande histoire d'amour que j'ai quittée deux mois avant de lancer Hello Masters.
- Speaker #0
Ça, c'est un gros changement de vie.
- Speaker #1
Un gros changement de vie, mais c'est contrairement à ce qu'on pourrait penser. Parce que moi, j'ai entendu aussi beaucoup de podcasts d'entrepreneurs qui racontent un peu leur parcours et notamment de cette rupture quand ils ont quitté le monde du salariat pour se lancer. À leur compte, lancer leur activité, devenir chef d'entreprise. Moi, je n'ai pas eu réellement de jour 1 quand j'ai commencé Hello Masters, parce que c'est un projet avec lequel je vivais déjà depuis deux ans. En fait, on a travaillé ce projet avec mon associé, Christophe Serret, qui était lui aussi chez Marcel, le soir et le week-end, pendant deux ans. Donc finalement, notre jour 1, il était de beaucoup plus longtemps et la transition, elle a été assez douce. Donc, ce qui change fondamentalement, c'est que tu es habitué à des collègues, que tu es habitué à... à une sorte de rythme. Et tu t'en retrouves du jour au lendemain, plus que trois. On l'a lancé aussi avec Romain Gambier, qui est notre business partner. Et ça, ça change pas mal de choses, passer d'une boîte de 200 personnes à trois personnes. Tu fais pas les choses de la même manière.
- Speaker #0
Ah bah non, c'est clair. En plus, quand t'as la charge, la responsabilité d'une société...
- Speaker #1
C'est pas tout à fait... En tant que directrice générale dans... Dans un écosystème plus corporel, tu as quand même des responsabilités au quotidien. En revanche, passer en tant que chef d'entreprise, c'est vraiment un changement de logiciel. Tu découvres les joies de l'administratif, qui étaient complètement opaques pour moi. Tu découvres ce grand écart entre des tâches super opérationnelles qui font vivre ton entreprise, qui vont de vérifier qu'il y a bien de papier toilette à contrôler ta trésorerie. et donc c'est des choses qui n'ont pas la même valeur et le même impact et pour autant qui sont sous ton champ de responsabilité donc ça en termes de charge mentale il ne faut pas y mettre la même puissance quoi les joies du quotidien les joies du quotidien exactement et est-ce qu'on peut revenir un peu à la genèse de ton histoire mon histoire professionnelle de manière générale ou la genèse d'Elo Masters je peux raconter les deux je veux savoir les deux ah bah super Est-ce que vous avez trois heures ? Alors déjà, la genèse de mon histoire, ce qui est assez particulier, ou je ne sais pas vraiment si c'est particulier, en tout cas c'est ma réalité, c'est que très tard, j'ai su que je voulais rentrer dans la publicité. C'est un secteur finalement que je ne connaissais pas toutes les facettes. J'ai fait une école de commerce, donc un parcours assez généraliste. Et c'est à l'occasion d'un stage que j'ai découvert le monde de la communication. Alors, il est certain que dans ma personnalité, le contact avec les gens, la communication a toujours été quelque chose qui me plaisait énormément. Mais le champ est large pour exécuter la communication. Donc, il y avait plein de choses. C'est impossible. Quoi qu'il en soit, je savais qu'il fallait absolument que ce soit plutôt un environnement très créatif. J'ai assez vite compris que moi-même, je n'étais pas créative. Mais quand on vend, j'avais une réelle passion et une réelle appréhension, je pense, de ce monde créatif. Et que je savais, je pense, assez bien l'expliquer à des personnes, le vendre et accompagner des marques sur des sujets créatifs. Donc, je me suis dit, c'est génial. En fait, j'ai trouvé un métier. ou je vais être rémunéré pour le faire. Et ça, ça m'a toujours fascinée dans le monde de la pub. C'est une vraie passion. C'est vraiment une vraie passion. Ce qu'on ne sait pas dans une agence de publicité, ce qu'on ne voit pas forcément, c'est tout le processus qui va se cacher derrière une publicité. Nous, on va voir ce qui passe à la télé, la campagne d'affichage ou la campagne digitale. Mais ce qui est hyper intéressant, qui est fermé, mais c'est le processus créatif. Donc, c'est tout le travail itératif avec des créatifs qui sont super talentueux, qui ont des idées folles et qu'on entend en chambre. Après, toutes les idées ne peuvent pas être présentées à des clients, ne peuvent pas exister, mais pour autant, tout le processus de travail créatif est extrêmement intéressant. Je suis dans un naturel assez curieux et je trouve que ça explore plein d'aspects de notre époque. Le travail créatif se nourrit des influences de notre époque et ça laisse un terrain de jeu qui est absolument fantastique. Pendant des années, je me suis vraiment retrouvée dans ce monde-là. Et ce que j'ai aimé aussi, c'est que... ce n'est pas une rustine cosmétique. Le travail de communication, le travail de publicitaire, c'est vraiment comment on accompagne des marques, comment on révèle des récits de marques pour les rendre accessibles, vocales auprès de clients de type potentiel et comment on accompagne surtout des trajectoires business pour des clients. Parce qu'à un moment donné, quand on lance un produit, quand on veut conquérir un marché, c'est mieux de le faire quand même avec un récit, un storytelling. comme on dit dans le monde de la publicité, qui soit un peu créatif, un peu attractif. Et je ne sais pas si tu te souviens d'une émission qui était assez fascinante quand on était beaucoup plus jeunes, qui était Culture Cube.
- Speaker #0
Ah là là, elle était géniale cette émission.
- Speaker #1
C'était absolument fantastique. Et moi, c'est à cette époque-là, j'étais assez jeune, et j'avais découvert qu'en 30 secondes, on pouvait toucher les émotions des gens, les faire rire, les attrister, donc en tout cas capter leur attention. Et c'est un exercice de style qui est quand même extrêmement contraignant. extrêmement difficile parce que faire passer un message en 30 secondes on ne se rend pas compte mais ça va très très vite, 30 secondes et je trouvais que j'étais assez fascinée par les métiers créatifs si j'avais pu devenir créative moi-même je l'aurais fait, à un moment donné il faut être assez lucide sur ses capacités je n'ai aucune fibre créative aucun talent créatif en revanche, avoir baigné pendant 15 ans dans cet univers-là ça a été hyper enrichissant et pourquoi ça a été aussi enrichissant ? Je fais les questions et les réponses, tu as vu. Je suis autonome sur mon podcast. Pourquoi ça a été enrichissant ? En fait, l'exercice publicitaire, il t'oblige à être connecté avec ton époque. Tu es obligé d'entendre les signes aux femmes, d'entendre les tendances, d'appréhender aussi quels vont être les cadeaux de communication qui vont être les plus porteurs. Donc, les choses évoluent extrêmement vite. Depuis 15 ans, tu t'imagines bien, il y a eu beaucoup d'évolutions, notamment sur le digital, des nouveaux médias médiums. qui sont ouverts avec des codes spécifiques. Il y a des générations aussi qui sont rentrées dans la vie active, dans le monde de la consommation, qu'il a fallu séduire. Donc plusieurs publics avec plusieurs attentes dans un contexte, mais une époque qui changeait énormément, donc avec des codes à appréhender. Et ça, ça t'oblige à avoir une forme de curiosité, de veille en fait permanente sur ce qui t'entoure. le côté, l'aspect... curiosité de mon métier a toujours été quelque chose que je trouvais hyper excitant de découvrir ce qui se cachait derrière des signaux faibles, des tendances de marché, mais aussi ça participe à te créer une sorte de gymnastique sur ta propre curiosité, donc ça t'oblige à te mettre dans un exercice continu, d'aller explorer des nouvelles choses, de les comprendre parce qu'il y a plein de choses aussi qui parfois vont émerger Et tu ne comprends pas ces phénomènes. Donc, c'est assez intéressant au niveau société de pouvoir s'y pencher.
- Speaker #0
Est-ce que, par exemple, tu as une campagne en particulier qui ne t'a particulièrement plu ou marquée sur laquelle vous avez travaillé ?
- Speaker #1
Alors, sur laquelle on a travaillé ? J'en ai plein chez Marcel, évidemment. J'en ai plein en dehors de Marcel. Donc, celle chez Marcel, je pense qu'il y en a deux qui m'ont beaucoup marquée parce que j'ai toujours été très attachée. à des campagnes publicitaires qui révélaient une évidence, très terrienne dans leur approche, en disant « bah oui c'est vrai, pourquoi pas en fait » , et qui avaient un impact sur la société, et qui pouvaient être en mesure en fait d'être un véritable nudge, donc un nudge, ce qui va faire changer le comportement des gens, pas la perception mais vraiment le comportement, avec quelque chose d'assez évident. fait il y a quelques années, c'était en 2014 il me semble, donc quelques années les fruits et légumes moches pour Intermarché et ça partait d'un constat super évident c'est pas parce que les fruits et légumes ont une forme bizarre qu'ils n'ont pas le même goût formidable campagne qui a commencé dans la ville de Provence dans l'Intermarché de la ville de Provence portée par des clients qui ont eu un courage absolu parce qu'à cette époque c'était anti-directive européenne de mettre dans les étages des supermarchés Merci. des fruits et légumes non calibrés. Donc, ils ont fait ce test. Ils ont eu ce courage. Et l'opinion publique, les gens, en fait, les vrais gens, la perception a complètement changé. Et les gens ont dit, bien sûr, c'est évident. Il y avait ces fruits et légumes dans le jardin de ma grand-mère. J'en mange. Donc, il n'y a pas de raison que je ne les achète pas en supermarché. Et ça, c'est vraiment des campagnes, je trouve, qui sont à la fois populaires, qui sont vraiment à hauteur d'hommes et pas à hauteur de jurés publicitaires, même si elles ont rencontré leur public avec les jurés publicitaires. parce qu'elles ont eu beaucoup de awards et elles ont été très récompensées. Mais c'est une campagne qui a fini à l'ONU, dans la galerie de l'ONU. Et autre campagne aussi, dans cet aspect assez terrien des choses, c'est les gestes qui sauvent pour Groupe Amara. Avec Groupe Amara, on a formé 100 000 personnes aux gestes de premier secours, avec la volonté de dire qu'on peut être le meilleur assureur du monde. Si quelqu'un fait une crise cardiaque à côté de vous, vous n'êtes pas capable de le réanimer, on a un problème. Ou si quelqu'un s'étouffe avec un croissant et que vous n'êtes pas capable de faire la belle de la neuf, Merci. vous pouvez être aussi bien assuré que vous voulez, on va avoir un problème. Donc l'engagement, moi ça m'a toujours fasciné, la capacité d'engagement des entreprises à se mobiliser sur un sujet qui va faire avancer la société. J'ai toujours trouvé ça assez génial que l'écosystème publicitaire puisse être parfois l'incubateur de ce genre d'idées. Et j'ai eu la chance de travailler sur ce genre de sujet.
- Speaker #0
Oui, c'est super inspirant.
- Speaker #1
Oui, c'est super inspirant.
- Speaker #0
Ça a dû être difficile quand même de quitter cet environnement hyper enrichissant. très dynamique.
- Speaker #1
Alors, pour être tout à fait honnête avec toi, je n'ai même pas le sentiment de l'avoir quitté. Alors, il va falloir à un moment donné que je sois peut-être un peu plus claire sur les contours de ma vraie vie. Je dis encore nous en parlant de Marcel. Donc, pour moi, ce n'est pas des relations qui se sont coupées, c'est juste des trajectoires qu'on mène encore ensemble, conjointement, mais on n'est peut-être plus dans le même couloir de nage. Mais pour autant... Je les ai très souvent au téléphone, je suis à leur actualité. Ils sont toujours aussi brillants, ça m'intéresse toujours autant de regarder comment l'écosystème publicitaire arrive à émouvoir les gens, parfois à leur redonner le sourire en temps morose. Donc je pense que c'est des aventures qu'on ne quitte pas réellement.
- Speaker #0
Oui, c'est une petite famille.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et puis c'est très aligné avec ce qu'on déploie aujourd'hui pour Hello Master parce que nous, on a un enjeu de faire changer les comportements. sur la manière dont on considère l'expérience dans le monde du travail, la manière dont on élargit le champ de contribution des profils expérimentés, et c'est une affaire de changement de comportement.
- Speaker #0
Oui, alors est-ce que tu peux nous en dire plus justement sur Hello Master ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Hello Master, c'est une réponse possible, une des réponses en tout cas, je ne vais pas dire là, parce qu'on n'est pas du tout à ce niveau, et j'espère qu'il y aura d'ailleurs beaucoup d'autres réponses à un enjeu majeur. qui est le défi du XXIe siècle, qui est la démographie. Donc ça n'a échappé à personne qu'on vit plus longtemps, qu'on fait moins de bébés. Donc la pyramide, c'est l'hébergement inversé. L'impact que ça va avoir pour notre société, ça on le dit un peu moins, c'est qu'il n'y a pas assez de Lucas et d'Emma pour remplacer les Michel et Sylvie qui partent du monde du travail. Et ils partent du monde du travail, mais ils partent du monde économique. Donc dit autrement, généralement on leur enlève un champ de contribution qui est énorme et dont on a besoin. Alors pourquoi on en a besoin ? déjà parce que nos carrières vont être amenées à s'allonger, on vit plus longtemps, c'est une chance, on a tous travaillé collectivement pour vivre plus longtemps, donc ça ne peut pas être une punition. En revanche, on n'a pas encore reconfiguré notre société, que ce soit le monde du travail, notre monde économique, notre système de solidarité, notre système social. Je ne suis pas du tout politique en disant ça, mais on ne l'a pas encore recalibré, reconfiguré, pour l'adapter à ses années de vie en plus, en bonne santé. Donc je n'ai pas de solution miracle. sur ce sujet. En revanche, j'ai une alerte majeure qui n'a pas de moi, qui a été largement documentée et chiffrée, c'est que nous n'allons pas avoir le choix et nous n'avons pas le choix que de sécuriser quand même la continuité d'activité de nos organisations, des entreprises et de notre économie en préservant les compétences qui sont liées à l'expérience. Aujourd'hui, on a des secteurs qui sont en péril parce qu'il y a des savoirs critiques qui sont sortis des organisations, je pense notamment au nucléaire, ils sont obligés de rappeler quand même des personnes à la retraite. parce que les successions n'ont pas été faites. Donc il y a un véritable enjeu demain à envisager la seconde partie de carrière, non pas comme une voie de garage ou comme une fin de séquence professionnelle, mais plutôt comme...
- Speaker #0
La valoriser.
- Speaker #1
La valoriser, en se disant, c'est une seconde mi-temps. Les secondes mi-temps, c'est là où on marque les plus beaux buts. Et dans cette seconde mi-temps, on ne va pas la jouer comme la première. C'est-à-dire que la première, on l'a jouée de manière super linéaire, assez verticale. généralement sans suspense, on savait très bien quel poste on allait prendre, souvent dans la même verticale métier. Quand on rentre en seconde partie de carrière... Là, les perspectives s'ouvrent. Le champ des possibles est beaucoup plus large et les champs de contribution doivent être beaucoup plus lisibles. Et quand je parle de champs de contribution, ça va être à la fois l'emploi que je vais avoir, donc ça peut être un CDI, ça peut être du management de transition, ça peut être le contrat à temps partagé, je peux être auto-entrepreneur, je peux reprendre une entreprise, donc il y a plein de champs des possibles. Mais il y a aussi tous les champs de contribution connexes, typiquement tous les organes de gouvernement, c'est ce que je m'applique auprès de l'écosystème de l'innovation. On intègre un bord d'abysseur ? Est-ce que j'intègre un conseil d'administration ? Est-ce que je fais du bénévolat ? Toutes ces questions-là qui vont participer à élargir mon champ de contribution, elles sont non seulement souhaitables pour chaque individu, parce que ça participe aussi à leur homme plus utile dans la société, mais elle est surtout nécessaire pour la pérennité de nos systèmes, du système du monde du travail, du système économique, de nos systèmes de solidarité. Donc ça, c'est un travail sur lequel on s'engage. On n'y reviendra pas tout seul évidemment, il faut changer de mentalité, il faut adapter le design des organisations, il faut faire en sorte qu'il y ait des politiques publiques qui soutiennent cette transformation démographique. Donc c'est un gros travail, un gros challenge, on le met au plein cœur je pense du moment où il faut l'adresser.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est vrai qu'en plus, avec tous les sujets des retraites, où on va travailler plus longtemps, c'est vrai que maintenant, il faut s'en occuper tout de suite et valoriser ça. Par exemple, on dit souvent que les métiers de marketing, il ne faut recruter que des jeunes. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Comment tu adresses cette…
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il n'y a aucun métier où il ne faut recruter soit que des jeunes. soit que des personnes expérimentées. C'est, à mon sens, anti-performance. Je ne veux même pas rentrer dans des problématiques RSE, de rapports extra-financiers. Pour moi, si on regarde juste un rapport financier d'une boîte, si on n'assure pas de la diversité, quelle qu'elle soit, y compris d'âge, on perd une partie de notre performance. Parce que ça a été montré, la diversité dans les équipes à part de la créativité, de l'innovation et de la performance. Donc on est obligé, dans un écosystème, enfin on doit s'obliger en tout cas, à avoir autour de la table des personnes de différents horizons, avec différentes approches, différentes approches notamment en termes de temporalité, de rapport au risque, qui vont permettre d'avancer sur un certain nombre de sujets. Ce qui est essentiel, c'est évidemment de ne se passer de personne. Aujourd'hui, le vrai problème, il n'est pas sur l'emploi des seniors, comme on les appelle. Il y a environ 4 à 5% de taux de chômage pour les... 55-60 ans. Même si on entend que des taux d'emploi sont catastrophiques, en fait, ce qu'on oublie, c'est qu'à partir de 60 ans, ce n'est pas une question d'être au chômage, c'est une question d'être à la retraite en France. Donc, c'est un peu différent. Le vrai problème, il est chez les jeunes, là, en ce moment. Il y a un taux de chômage qui a tapé au-delà des 16%. Donc, il y a une vraie crise de l'emploi chez les jeunes. Il y a des vrais raccourcis qui sont mauvais entre l'intégration de technologies comme l'IA et le fait qu'on va pouvoir économiser. des profils qui allons exécuter des tâches c'est à l'heure en fait parce que ces jeunes là si on ne les fait jamais rentrer dans l'organisation on se prive de la possibilité de les former on se prive en fait d'une future population qui après seront les futurs managers de demain donc il faut à un moment donné quand même les faire rentrer dans l'écosystème corporate pour pouvoir les avoir autour de soi et en plus je Pour avoir travaillé avec beaucoup de jeunes dans l'industrie publicitaire, il y a évidemment une population jeune significative. Ils ont quand même une approche de leur époque qui est nécessaire dans l'appréhension des réalités aussi dans lesquelles on vit. Et l'entreprise ne peut pas s'en passer. Contrairement à tous les stéréotypes qu'on peut entendre, ce ne sont pas des idéalistes qui ne comprendraient rien aux logiques économiques. Ça, c'est complètement faux. Justement, ils sont très pragmatiques. Ils vivent de plein fouet la crise économique. C'est les premiers touchés. c'est les premiers qui ont des problématiques de logement, c'est les premiers qui ont des problématiques de revenus. Donc, ils savent très bien quelles sont les réalités dans lesquelles ils évoluent. Donc, il faut arrêter de croire qu'un jeune ne serait pas un terrien, c'est un terrien. Et surtout, on parle beaucoup de leur capacité à avoir de l'engagement et de la loyauté. Et moi, je trouve que ce sont des profils qui sont extrêmement engagés. C'est des profils qui, à notre époque, on n'avait absolument pas cette curiosité intellectuelle de s'intéresser à à des sujets aussi profonds et complexes que le climat, que la géopolitique, que la démocratie numérique. Donc, c'est des sujets qui sont au cœur de leur quotidien et sur lesquels ils se positionnent. Donc, je pense que c'est une génération sur laquelle il faut miser, qui est beaucoup plus curieuse qu'on peut le penser, qui n'est pas une génération assistée par les écrans, qui est une génération qui peut être augmentée par la technologie. Donc, il faut miser dessus. Voilà, ça c'est mon grand message, alors que bon, je fais un business qui est sur les profils expérimentés.
- Speaker #0
Mais oui, c'est ce que j'allais te dire, ça serait peut-être pas le temps de créer Hello Junior.
- Speaker #1
Mais en fait, Hello Master, c'est aussi la réponse indirecte, mais quand même nécessaire, à l'intégration des jeunes dans notre économie. C'est-à-dire que s'il n'y a pas de profil expérimenté pour les mentorer, pour identifier... justement des personnes et les trajectoires carrières qu'ils vont devoir accomplir, on ne pourra jamais les intégrer. Donc il faut qu'on garde dans le champ de contribution ces profils expérimentés qui vont être de véritables guides aussi pour cette nouvelle génération qui vont atterrir dans des environnements chahutés. L'entreprise aujourd'hui, elle est chahutée, elle vit des moments assez singuliers parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes géopolitiques, économiques, qui ont des impacts organisationnels. Avant, on faisait des plans dans les entreprises à 10 ans, à 20 ans. Aujourd'hui, on fait des plans à 3 mois. Et cette réactivité, cette manière aussi d'appréhender cette nouvelle temporalité, je pense que la jeunesse, elle a cette capacité à le faire. évidemment, on ne va pas attendre d'elle qu'elle prenne les décisions stratégiques du jour au lendemain. mais pour autant les impliquer dans une manière aussi de gagner en réactivité par rapport à notre décision d'être un peu moins sur un temps long sur toutes les décisions stratégiques, je pense que ça peut être intéressant.
- Speaker #0
Par rapport à Hello Master, parce qu'en profil expérimenté, ça peut peut-être faire peur à des gens qui ne connaissent pas bien le milieu du recrutement. Est-ce qu'il n'y a pas un côté un peu élitiste où c'est ouvert à tous ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas ouvert à tous, c'est ouvert à tous les cadres et dirigeants. et dirigeant d'entreprise et tous les cadres de plus de 20 ans d'expérience. Plus de 20 ans d'expérience, ne nous en parlons pas, c'est 45 ans à peu près. C'est la mi-carrière. En fait, on s'adresse à la mi-carrière. Cette mi-carrière, il y a autant de profils, autant de trajectoires, autant de champs des possibles qu'il y a d'individus. Donc, il n'y a pas d'archétype de master où on n'attendrait par exemple que des cadres dirigeants. On a tout genre de profils. On a beaucoup de personnes qui, en seconde partie carrière, décident aussi d'avoir une approche entrepreneuriale. Donc, soit de monter leur cabinet de conseil, soit de se lancer dans un projet de création d'entreprise, pour en parler. Et c'est assez intéressant de voir que… Et ces gens-là,
- Speaker #0
qui sont les conseillers ?
- Speaker #1
Alors, on le rapporte sur le réseau, c'est vraiment comme un QG, dans lequel les gens vont pouvoir trouver à la fois des ressources pour préparer leurs différentes trajectoires. En fait, on est là pour leur donner un coup d'avance. Et un coup d'avance sur quelque chose qu'ils n'ont pas forcément directement identifié. C'est-à-dire que comme tout est ouvert quand on a un certain niveau d'expérience, c'est intéressant qu'on puisse avoir une lecture assez claire du champ des possibles. Et quand on a, par exemple, une trajectoire qui a tout le temps été dans la même verticale métier, tu as été directeur marketing toute ta carrière, tu te fermes toi-même des portes en te disant finalement le coup d'avance sera toujours dans une direction marketing. Alors que tes compétences, Elles sont transférables, transversales. Et c'est ce qu'on va révéler. On va te révéler le champ des possibles. Parce qu'avec tes compétences, nous, on va te pousser en matching des opportunités que tu recherches ou non. C'est ça qui est cool sur Hello Master. C'est-à-dire, comme on prépare ton coup d'avance, on va t'envoyer des choses en te disant « Sinon, là, ça, tu serais éligible. Ça, tu serais éligible. » Donc, de plein de natures différentes pour ouvrir un peu ton champ des possibles. Et on va aussi te proposer des guides sur pas mal de thématiques que tu devrais appréhender en seconde partie de carrière. Il y a des thématiques qui sont évidemment hyper évidentes sur ton projet carrière, sur ta formation, sur ton networking, etc. Et puis, il y a des thématiques qui sont la zone grise, qu'on a essayé de cacher sous le tapis. Je pense à la préparation de la retraite. On n'a pas du tout envie d'y penser quand on a 45 ans. Alors qu'il faut quand même se poser des questions, parce que préparer sa retraite à 45 ans, ça ne veut pas dire qu'on va partir en retraite 5 ans après. Ça veut juste dire qu'on identifie quel est le projet qu'on aimerait avoir à la retraite. qu'on projette certainement pour 20 ans plus tard. qu'est-ce qu'on a envie d'avoir de revenu comme vie. Et ça, ça va rentrer en écho direct avec les décisions qu'on va prendre. Et c'est important d'avoir une vision assez précise de là où on pourrait se projeter. De la même manière que quand on parle de pilotage de son patrimoine, de préparation de sa succession, ça ne fait pas mourir. C'est juste que ça permet de préparer la suite et d'articuler aussi son champ des possibles. Parce que ce n'est pas la même chose de se projeter avec juste de l'épargne de précaution. ou de se projeter avec des capitaux qui vont nous permettre, par exemple, de financer une reprise d'entreprise. Et donc, tous ces aspects, en fait, qui vont un peu au-delà de la carrière, on les adresse sur Hello Master. On flèche aussi vers un certain nombre d'experts qui peuvent accompagner notre communauté sur leurs différents projets, des acteurs publics. Quand tu veux te lancer en auto-entrepreneur, on flèche vers l'URSSAF. Voilà, par exemple. Non, mais en fait, c'est bien de savoir, d'avoir une sorte de kiosque où, sur étagère, tu vois à peu près, j'ai tel projet. vers qui je vais me tourner, c'est quoi les grandes étapes. Donc on essaie de faire un petit pleuvé de doutes sur tous les sujets pour que ça soit assez clair. Et ça reste un réseau communautaire où tu vas te retrouver avec des gens qui partagent finalement les mêmes enjeux que toi, les mêmes questionnements et qui peuvent le verbaliser au sein d'un réseau où personne ne va les traiter de boomers. Donc ça c'est intéressant.
- Speaker #0
Oui, c'est assez rare quand même d'avoir quelque chose qui ouvre des portes. Parce que c'est vrai qu'en France, on a un peu l'impression qu'il faut cocher toutes les cases et qu'on ne peut pas se réinventer. C'est très difficile. Je fais une comparaison par rapport au pays anglo-saxon où il y a plein de gens qui changent de carrière, qui se réinventent et on leur donne leur chance. Ce qui n'est pas toujours le cas en fait. En France, on a peur. Les CDI sont tellement difficiles à rompre que l'embauche est très délicate. donc les gens prennent peu de risques au final ?
- Speaker #1
Pas tout l'écosystème. Tu as raison en partie, mais je vais apporter une note positive. Pas tout l'écosystème. Alors, c'est vrai en partie. C'est sûr que culturellement, on a un rapport au risque qui n'est pas le même que les pays anglo-saxons. On a aussi un rapport à l'identité professionnelle qui n'est pas le même que les pays anglo-saxons. Le poids de la carte de visite pèse lourd dans une carrière professionnelle. Il y a vraiment une perte identitaire quand tu... quitte un job de salarié. Pour autant, c'est une transition. Un salarié sur deux, au cours de sa carrière, à un moment donné, se retrouver dans une période de chômage. C'est comme ça. Ce n'est pas grave, ce n'est pas une identité. C'est une phase, un cycle. Et ce cycle-là, il est souvent le début de grandes opportunités, parfois d'une phase d'introspection. On va requalifier ses envies, ses enjeux, ce qu'on a envie d'optimiser aussi dans son organisation, quelles sont ses priorités. Et ce n'est pas mal. que des moments, des temps d'arrêt arrivent aussi, nous obligent en fait à reconsidérer ce qu'on a vraiment envie de faire. Là où j'y mettrais quand même un petit point optimiste, c'est que tous les écosystèmes ne sont pas aussi figés et aussi traditionnels. L'écosystème des PME, on n'y pense pas. Mais moi, je te le dis, c'est l'un des écosystèmes les plus innovants. C'est les premiers, et pour des raisons hyper pragmatiques encore une fois, les dirigeants de PME sont les premiers à avoir intégré le contrat à temps partagé. C'est-à-dire qu'ils sont rentrés sur une logique hyper cartésienne de se dire « je n'ai pas les moyens de recruter à temps plein un DAF, un DRH, un directeur marketing. En revanche, j'ai les moyens, et par rapport à mon activité c'est OK, d'avoir deux jours d'un DAF, deux jours d'un DRH, deux jours d'un directeur marketing. » Donc c'est les premiers à avoir démocratisé dans leur organisation des contrats alternatifs qui sont des contrats que maintenant on considère comme super innovants. mais c'est des contrats qui existent depuis un moment nous on est en partenariat avec Bras-Droits des Dirigeants qui, Bras-Droits des Dirigeants c'est on te met des ressources pour deux jours par semaine de super experts qui vont venir dans ton entreprise alors c'est souvent des contrats très longs tu vois on pourrait se dire que c'est une mission de deux mois pas du tout, il reste trois ans souvent dans l'entreprise mais ils interviennent un jour par semaine et c'est tout à fait suffisant et ça l'écosystème des PME l'a super bien compris donc ils ont intégré des nouveaux types d'approches, des nouveaux types d'intégrations, des nouveaux modes de collaboration qui sont hyper intéressants. Un autre écosystème aussi qui a bien compris qu'il y avait des champs des possibles qui sortaient un peu des cases traditionnelles, c'est l'écosystème des startups. L'écosystème des startups est historiquement un écosystème assez jeune. Je fais exception parce que j'ai 44 ans, donc je ne suis pas toute jeune. Mais pour autant, on a beaucoup de fondateurs qui sont assez jeunes. mais qui ont très vite compris qu'il y avait un intérêt à quand même s'adosser à des profils expérimentés et donc ils ont créé des organes de gouvernance ou des organes stratégiques qui s'appellent des boards advisors et donc dedans ils ont des profils expérimentés qui contribuent à un rythme d'un à deux jours par mois pour les aider et les accompagner dans le développement de leur entreprise. Et ça c'est une nature de mission qu'on propose d'ailleurs à nos masters. Donc c'est en fait... L'innovation, tu vois, elle se situe bien sûr dans l'écosystème de l'innovation des startups, elle se situe aussi dans des écosystèmes qui sont historiques, que l'écosystème des PME.
- Speaker #0
Les choses changent, les choses se popularisent, les gens sont prêts, c'est ça qui est intéressant. La société en a besoin. Donc je pense que maintenant, le passage à l'acte, c'est une affaire de moi.
- Speaker #1
On espère.
- Speaker #0
C'est sûr, de toute façon, on va tout faire pour.
- Speaker #1
Et toi, dans ta carrière ou dans ta vie perso, est-ce qu'il y a des rencontres qui ont changé ta vie ou tes visions de choses qui ont été... particulièrement marquante ?
- Speaker #0
J'ai eu plein de rencontres. J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes exceptionnelles pour des raisons diverses et variées. Mais si je devais leur retrouver un dénominateur commun, c'est que j'ai eu beaucoup de personnes qui m'ont incité, en tout cas, à jouer à plein la personne que j'étais. À jouer typiquement, j'ai eu des managers qui m'ont souvent dit « Trouve ton empreinte commerciale et n'essaie pas d'avoir l'empreinte commerciale. » d'autres personnes. Voilà, tu as une manière d'approcher les choses et vas jouer là à plein. Et je pense que c'est ça les vrais rencontres, c'est les personnes qui ne te font pas rentrer dans un cadre ou dans un pattern définitif mais qui plutôt te permettent de jouer à plein tes forces. Et j'ai eu la chance d'avoir des personnes qui plutôt que d'essayer de corriger mes faiblesses ont fait en sorte que je m'appuie plutôt sur mes forces. C'est des gens très conciliants, tu vois. Mais ça encourage parce que c'est d'ailleurs une histoire que j'avais entendue à une formation leadership qui m'avait beaucoup marquée. Il racontait en fait l'entraînement de Federer qui avait changé d'entraîneur plusieurs fois. Et donc, je ne sais plus si c'était son coup droit ou son revers qui était mauvais. Donc, il change d'entraîneur. On va dire que c'était son revers qui était mauvais. Et son nouvel entraîneur lui dit, oh là là, ton revers est super mauvais, on va le travailler. Il faut absolument le travailler pour qu'au moins, ça ne soit pas handicapant dans ton jeu. Pour que ça ne me mordait. que au moins tu deviennes moyen sur ce revers, mais que ce ne soit pas un mauvais revers. À force de le faire travailler sur son revers, le mec est devenu moyen sur son revers, et il est devenu quasiment moyen sur son coup droit qui était sa force. Tu vois, je trouve que c'est exactement ça. Oui, faisons en sorte que ça ne t'empêche pas de jouer ce revers, mais en revanche, si ta force, c'est le coup droit, elle est mise sur ton coup droit. C'est ça qui va être important, c'est ça qui va être épanouissant, et c'est là où ton champ de contribution... Il va servir à tout le monde, à toi d'abord en premier, mais surtout à l'écosystème dans lequel tu vas évoluer, que ce soit une entreprise, que ce soit ton entreprise, et même dans la vie de manière générale. Je pense qu'essayer d'être autre chose, ou d'aller chercher de la valeur sur des champs de réussite qui ne sont pas les nôtres, ça affaiblit nos champs de réussite qui sont un peu nos zones, alors pas de confort, mais nos zones qui... potentiellement pour être des hommes d'excellence. Je pense que ça, c'est le meilleur enseignement, cette analogie avec travailler ce revers.
- Speaker #1
C'est hyper inspirant, comme histoire.
- Speaker #0
C'est pas de moi.
- Speaker #1
Quand on a une vie pro aussi prenante, est-ce qu'on n'a pas tendance à s'oublier un peu dans le perso ?
- Speaker #0
Pas du tout. En tout cas, en ce qui me concerne, pas du tout, parce que intellectuellement, Hello Master, ça ouvre des sujets. qui m'intéressent profondément. C'est-à-dire que ça ouvre des sujets sur les évolutions de la société, sur le contexte géopolitique, le contexte économique. Et ça, sans effort, sont des sujets qui m'intéressent dans ma vie perso. Et donc, c'est assez complémentaire. Donc ça, c'est la première chose. Je n'ai pas l'impression de travailler quand je vais à une conférence sur l'économie. Voilà, ça peut être très... super chiante. Non, non, non,
- Speaker #1
il y a des trucs très, très intéressants sur le sujet.
- Speaker #0
La seconde chose, c'est que je pense qu'il faut avoir des garde-fous. Moi, j'ai plein de garde-fous. Je suis très entourée au niveau familial, au niveau amical. Il y a des moments où je pense que tout le monde a conseillé que je fléchirais pas, à savoir la semaine. Je fais pas la fête, voilà, il y a pas de... Si je suis plutôt focus, travail. En revanche, je ne fais pas les 3 ou 8 ans, je ne me couche pas à 2h du matin. Ça m'arrive de me réveiller à 2h du matin avec une idée, mais je ne suis pas non plus à m'épuiser. Mais la semaine est assez focus sur le travail, et d'un côté c'est normal, après 15 mois, si on n'est pas focus sur le lancement d'une entreprise, on aura du mal à rattraper le retard qu'on aura pris. En revanche, les garde-fous permettent déjà de s'aérer le week-end. Moi, j'ai besoin pour m'aérer de faire des choses. je ne suis pas du tout je ne suis pas du tout Et quelqu'un qui a besoin d'être seul en train de lire un livre, ça ne me suffit pas. Donc il faut que je bricole, il faut que je fasse du jardinage. Là j'ai accueilli un deuxième chien il n'y a pas longtemps, ça m'occupe beaucoup. Je reçois ma famille, je reçois mes amis et ça, ça oblige à un moment donné à couper, à ne plus être dans un modèle de performance parce qu'on essaie quand même de trouver une forme de performance quand on est dans un projet entrepreneurial, mais dans un modèle. où il se passe des choses, je fais des gâteaux je produis en tout cas je suis avec mes proches je suis pas du tout dans une représentation il n'y a pas d'enjeu il y a des moments hyper importants et après j'avoue que j'ai quand même eu un accompagnement avec un coach qui pendant quelques séances a essayé de nous poser des jalons pour vérifier justement que je ne m'épuisais pas sans le voir. Parce que c'est très euphorique de créer son entreprise. Donc, on a envie d'y passer tout le temps. Et puis, moi, j'ai un rapport au temps qui est quand même assez complexe. C'est-à-dire que je trouve que les choses ne vont jamais assez vite. Moi, j'aime quand les choses existent, quitte à les corriger, mais il faut que les choses existent. Il faut que ça se s'enclenche. Donc, cette impatience, elle peut amener à aussi essayer de combler le vide. C'est-à-dire que parfois, il y a des temps d'attente. On attend les réponses des gens. Il faut bien que je fasse quelque chose pendant ce temps-là. Donc ça, c'est aussi un équilibre à trouver pour ne pas que ce temps d'attente devienne une frustration et pour ne pas que ce temps d'attente, on le considère comme du vide, mais qu'on le considère aussi comme un temps, une séquence peut-être plus calme et qui permet de déployer quelque chose un peu plus profond pour, pas toujours pour l'entreprise bien sûr, mais moins dans la frénésie d'une temporalité courte. Donc ça, j'ai eu une super coach, Anne Bocry. je cite tout le monde de toute façon c'est très bien qui est absolument génial qui est une femme coach très expérimentée qui a accompagné beaucoup de femmes en coaching et beaucoup de femmes qui étaient plutôt dans des environnements soit assez masculins donc de la finance à des très gros postes etc et qui était dans une recherche de performance donc qui ne sentait pas du tout un problème sur la charge de travail Bye ! et qui pouvaient parfois pas voir que dans le calendrier qu'il fait une semaine, il n'y avait pas de zone réservée à ses proches. Donc moi, je ne pense pas avoir trop ce problème-là. J'ai pu l'avoir tout au début, mais en tout cas, je ne l'ai plus. Puis je me fais assez de projets dans mon appartement avec ma famille pour de toute façon être obligée le week-end de faire autre chose.
- Speaker #1
Et alors, qu'est-ce qu'on te souhaite là pour le futur ?
- Speaker #0
On peut me souhaiter de continuer à être heureuse parce que je suis... profondément heureuse. Ça, je pense que c'est hyper important. Je me sens extrêmement chanceuse de pouvoir mener cette aventure, d'avoir les personnes qui m'entourent, donc d'avoir cette vie. En fait, la vie que j'ai construite, ça me rend profondément heureuse. Ce que j'aimerais, c'est évidemment que des choses s'accélèrent sur le projet Hello Master, mais les choses qui vont s'accélérer. dépendent de nos énergies individuelles, j'en sais rien, parfois elles vont dépendre des politiques, de notre capacité à aller plus vite, donc j'aimerais que les choses bougent, que la société à un moment donné change, et qu'on se dise mais ouais, en fait, notre vie professionnelle, elle doit être pleine de possibles, en fait, et chacun a le droit de se transformer, d'avoir des envies qui changent, des nouveaux cycles à adresser, et d'avoir les capacités de le faire. En fait, moi je pense, si tu veux, que la plus grande déliberté, c'est d'avoir un choix. Et je pense que si on arrive à redonner du choix dans les carrières professionnelles, mais ce sera formidable pour chacun et ce sera très bénéfique pour notre économie.
- Speaker #1
Écoute, on te souhaite en tout cas de réussir et d'inspirer en fait même les futures générations qui se lancent dans le milieu du travail.
- Speaker #0
En tout cas, moi je leur fais confiance et je les attends avec impatience.
- Speaker #1
Vous pouvez tous contacter Bordine. est-ce qu'il y a une chanson qui t'a marqué dans ta vie perso ou pro ?
- Speaker #0
une chanson qui n'a rien à voir avec Hello Master mais comme on s'est parlé de trajectoire de chanter possible etc je vais te dire Magnolia Forever tu vois ce que c'est ? oui tout à fait c'est très cohérent avec Hello Master c'est une chanson de Claude François une chanson de Claude François et pourquoi je te parle de Magnolia Forever c'est pour te dire qu'en fait les cartes ne sont pas forcément jetées dans les destins professionnel qu'on va pouvoir tout savoir. Je pense qu'on peut avoir mille destins professionnels. Quand j'étais petite, quand j'avais une dizaine d'années, mon rêve absolu professionnellement... c'était de devenir Claudette. Alors je mets quand même une précision, parce que je l'ai dit, j'avais 44 ans, et il était déjà mort, Claude François. Mais pour autant, tous les week-ends, je m'entraînais pour devenir Claudette. Alors j'avais une vision pas super claire, je pense, de ma carrière en tant que vedette, étant donné que je pense que j'aurais été Claudette d'un sosie. Donc voilà. Donc, on était très, très loin du monde de la pub. On était très, très loin de créer son entreprise.
- Speaker #1
Oui, mais les Claudettes ont été des icônes, en fait, d'une génération, d'un moment.
- Speaker #0
En tout cas, elles ont créé des nouveaux codes dans le monde du spectacle, ça c'est sûr. C'était les prémices même du clip. Et ils créaient des premiers clips, même si on dira que les clips, c'est une note de mes idoles, Michael Jackson, qui a fait le premier clip, vraiment. Mais les Claudettes... Oui, on était des personnes qui ont joué un rôle dans le paysage audiovisuel très fort. Quoi qu'il en soit, c'est pour se dire que si je voulais devenir Claudette et que finalement, j'ai réussi à ne pas me retrouver dans une voie de garage, j'aurais eu certainement une très grande carrière. Mais autre, rien n'est défini à l'avance. Je pense qu'il faut s'écouter. On est la meilleure personne pour se guider. On a des aptitudes, on a des ressources qui sont inestimables. Chaque individu a une capacité de changer à la fois son écosystème, d'avoir un impact sur plein de sujets. Il faut juste qu'il trouve le sujet qui va l'exciter et après ça roule. Mais il ne faut en tout cas jamais écouter des personnes qui pourraient vous dire ne sois pas Claudette. Moi, ma famille m'a laissé être Claudette, me projeter en tout cas dans ce rôle-là. pendant des mois et des mois. Il ne faut pas se laisser éteindre ses rêves par les autres. Il faut plutôt se faire confiance. Et finalement, après, les choses se mettent en place et les évidences se dessinent assez facilement. Moi, je crois beaucoup à la loi de l'attraction. Laisser un champ assez ouvert, se faire confiance. être assez ouvert aussi sur les autres on a une opportunité pour soi-même mais les autres sont aussi une opportunité donc les rencontres parfois ça nous permet d'identifier des nouveaux parcours donc je ne vais pas rencontrer Saucy-Claude-François pour terminer ma carrière mais voilà c'est ça le message je ne suis pas un chaman donc je n'ai pas de leçon de vie à donner ni de développement personnel je n'ai jamais vraiment fonctionné comme ça mais j'ai plutôt fonctionné à la... À l'intuition et avec ce qui me parlait plutôt au fond du bide. Quand je me lève le matin où je ne suis pas d'accord, tiens, j'ai envie d'adresser ce sujet-là. Je pense que d'ailleurs, les meilleurs sujets qu'on adresse, c'est ceux où on se dit, là, j'ai un impact, là, je joue un rôle, je fais avancer quelque chose.
- Speaker #1
Bien sûr, oui, clairement.
- Speaker #0
Sans sauver le monde, en essayant de s'y impliquer, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, quand on a des convictions, rien ne nous arrête.
- Speaker #0
Voilà, pas les peurs des autres. Parce que c'est souvent les personnes qui répondent à des questions qu'on ne leur a pas posées, qui nous disent « tu n'y arriveras jamais » ou « c'est trop compliqué » , etc. « Ce n'est pas le bon moment » . Ces personnes-là, elles projettent en fait ce qu'elles n'ont pas réussi à faire. Il ne faut pas vraiment leur demander leur avis. De toute façon, plutôt demander pardon que la permission.
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait vrai. Foncez. Et quand le destin s'emmêle, tu devais terminer cette phrase.
- Speaker #0
C'est exactement ça. C'est ce que je viens de te dire. Pour que le destin s'en mêle, il faut laisser le destin aussi frapper à notre porte. Il faut être assez ouvert sur la rencontre. Moi, je crois beaucoup à cette image du domino. Parfois, il y a un seul petit domino qui fait tomber tous les autres et on ne l'avait pas vu venir. J'avais lu, je pense que tu connais cette théorie qui est la loi de l'attraction. Cette loi de l'attraction, elle est assez sympa. parce qu'elle te dit en fait, projette ce sur quoi tu voudrais aller et après ne te soucie pas de comment ça va arriver. C'est à partir du moment où tu te configures en disant de toute façon, je vais dans cette trajectoire-là, tu vas t'ouvrir assez pour rencontrer des gens, pour faire en sorte que parfois il y a des choses qui vont s'enclencher et qui vont participer, sans que ça soit très lisible sur le moment, mais à ton destin futur. Donc le destin, il s'en mêle toujours à condition de le laisser s'en mêler.
- Speaker #1
C'était le mot de la fin. Merci Blandine pour cette question.
- Speaker #0
Merci Céline.
- Speaker #1
Merci pour votre écoute. On se retrouve bientôt pour une autre histoire Écrire par la vie.