- Speaker #0
Aujourd'hui, on part à la découverte d'une association qui rend les sciences accessibles à tous, les petits débrouillards. Présente partout en France et bien sûr ici à Villers-le-Bel, l'association développe des actions éducatives, ludiques et participatives autour des sciences, de l'environnement et du numérique. Avec moi aujourd'hui, Gaëlle Pratt. chargé de secteur dans le Val d'Oise, qui intervient aussi dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. Ensemble, on va parler de leur manière d'éveiller la curiosité, de stimuler l'esprit critique et de créer du lien à travers la science et l'expérimentation. Bonjour Gaëlle. Bonjour. Pouvez-vous nous raconter votre parcours et qu'est-ce qui vous a conduit au petit débrouillard ?
- Speaker #1
Alors, mon parcours est assez éloigné des sciences, malgré le fait de travailler dans une association. d'éducation en sciences aujourd'hui. J'étais plutôt en rupture avec le système scolaire, plutôt en échec scolaire, donc avec des voies un peu alternatives. Et j'ai passé mon BAFA quand j'avais 17 ans et j'ai vraiment là découvert quelque chose qui m'a énormément plu, avec une prise de conscience tout de suite de l'importance d'éduquer les enfants. et notamment de les éduquer. Je n'avais pas conscience que l'éducation pouvait aussi se faire hors de l'école. Et donc, j'ai découvert le fonctionnement, les mouvements d'éducation populaire qui m'ont vraiment apporté énormément. J'ai un peu poursuivi mon parcours scolaire et c'est en licence de gestion des associations. que j'ai rencontré une fille dans la promo qui m'a raconté l'association dans laquelle elle travaillait, les Petits Débrouillards, et j'ai énormément accroché sur l'objet, la méthode pédagogique de l'association. Bien que très éloignée moi-même des sciences, j'ai vraiment adoré le côté manipuler, se poser des questions, avoir le droit de se tromper aussi, qui est très important aux Petits Débrouillards. Et donc, j'ai fait mon stage de fin de licence au Petit Débrouillard et j'ai été embauchée à la fin du stage.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous motive au quotidien dans cette fonction ?
- Speaker #1
Alors, ça fait 20 ans que je suis au Petit Débrouillard. C'est une longue histoire et des évolutions de postes, évidemment. Je suis rentrée dans l'association, j'étais juste sur le département du Val-d'Oise. Donc, ça fait que maintenant, c'est un département que je connais bien. Et petit à petit, j'ai travaillé sur d'autres départements. J'encadre d'une certaine manière. Il y a pas mal de choses qui me motivent au quotidien dans cette association. Donc vraiment, le travail en équipe, c'est une équipe très engagée. Tous les gens qui sont dans cette association, ils sont arrivés vraiment pour quelque chose. Ce n'est pas juste un job alimentaire, ça va bien plus loin que ça. ce qui fait qu'il y a une ambiance qui est vraiment tout le temps présente, ce qui fait que c'est très motivant chaque jour de retrouver les collègues avec qui il y a aussi beaucoup d'amicalité qui se crée. C'est un peu passer ses journées avec ses potes. C'est assez chouette. Après, en termes de projet en lui-même, j'aime beaucoup rencontrer des partenaires très différents. Ça passe d'aller rencontrer des acteurs éducatifs dans les structures sociales, dans les maisons de quartier, les centres sociaux, donc ça va être les équipes d'animateurs, animatrices. Ça va être aussi rencontrer les collectivités, les élus, pour traiter un peu des sujets, des problématiques de fond. C'est aussi rencontrer le monde de la recherche, qui est assez éloigné initialement de moi. et me rendre compte aussi du coup que les chercheurs et les chercheuses, c'est aussi des gens qui sont très accessibles. Il y a le fait d'être constamment en réflexion, en construction. Tout ce qu'on fait... On a évidemment une base très importante de contenu pédagogique et de base de projet. Mais l'idée, c'est vraiment d'adapter tous nos projets aux spécificités, aux enjeux qui sont présents là, maintenant, ici. Des besoins identifiés pour les participants. Et comment est-ce qu'on va participer à répondre à ces besoins-là, justement ? Il faut réfléchir à chaque fois. Et comme tous les gens sont... différents, sur chaque projet, il faut se creuser un peu la tête sur est-ce que c'est telle expérience ou telle autre ? Est-ce qu'on va plutôt travailler un peu sur l'écrit ou pas du tout ? Est-ce que c'est un groupe qui a besoin de faire justement cohésion ? Donc on va mener l'activité avec derrière la tête l'idée vraiment de faire cohésion. Donc c'est une réflexion qui est vraiment constante. Ce qui me motive aussi énormément, c'est les sujets sur lesquels on travaille. On est vraiment en lien avec l'actualité ou vraiment les enjeux de notre société. Et pour moi, c'est primordial de permettre aux enfants de comprendre ce qui se passe et de construire leurs propres opinions pour être citoyens de demain.
- Speaker #0
Avant de parler des projets des Petits Débrouillards, quand et comment est née l'association ?
- Speaker #1
Les Petits Débrouillards viennent du Canada initialement et sont arrivés en France en 1986, si je ne me trompe pas. C'est la même année que la naissance de la Cité des sciences. C'est le moment où on prend conscience que les sciences doivent devenir accessibles à tout le monde. D'où la naissance d'un musée de culture scientifique, la Cité des sciences, où les gens sont censés venir au musée pour découvrir les sciences. Et là, les petits débrouillards, enfin qui ne s'appelaient pas les petits débrouillards à ce moment-là, mais des personnes se sont dit qu'il y a toute une part de la population qui ne vient déjà pas au musée et qui ne viendra jamais à la Cité des sciences. Et c'est là où les petits débrouillards sont nés, avec vraiment cette démarche d'aller vers, emmener les sciences là où elles ne sont pas. Donc, c'est la naissance des petits débrouillards.
- Speaker #0
Et pour celles et ceux qui ne connaissent pas l'association, pourriez-vous présenter en quelques mots la philosophie ?
- Speaker #1
Alors, la philosophie des petits débrouillards, il y a une phrase qui n'est pas de nous, mais qu'on aime beaucoup, qui nous ressemble beaucoup. c'est faire pour comprendre, comprendre pour agir. Donc on va décomposer la phrase. Faire, c'est la notion d'utiliser ses mains, d'être en pratique, en observation. Et donc on va faire pour comprendre ce qui se passe. Donc on va réaliser des expériences, on va les observer, on va voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce qui va nous permettre de comprendre ce qu'il se passe. Et ensuite, comprendre pour agir, c'est qu'on part du principe. que si on n'a pas compris quelque chose, on ne peut pas se mettre en action. Je vais prendre un exemple. On nous dit souvent d'éteindre la lumière quand on sort d'une pièce parce que ce n'est pas bon pour l'environnement. Mais si je ne sais pas en quoi ce n'est pas bon pour l'environnement, je ne vais pas forcément penser à le faire. Je peux vous montrer une petite expérience en direct et en audio. Alors, à votre avis ? Est-ce qu'un trombone, ça peut flotter ? Non,
- Speaker #0
je ne pense pas.
- Speaker #1
Tu ne penses pas ? Eh bien, on va essayer. On a amené des trombones. On a une assiette avec de l'eau dedans. L'objectif, c'est de faire flotter ce trombone.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Eh bien, je vais te laisser trouver une solution.
- Speaker #0
Alors, comment est-ce qu'on peut faire ? Je vais les mettre debout.
- Speaker #1
Debout sur l'eau. Alors là, il a flotté ou il a coulé ?
- Speaker #0
Non, il a coulé.
- Speaker #1
Ah zut ! Donc debout, ça ne marche pas ?
- Speaker #0
Alors attends, je peux le reprendre ou pas ?
- Speaker #1
Tu peux en prendre d'autres. Comme ça, on va compter tous ceux qui n'ont pas marché.
- Speaker #0
Ah, non. Non, toujours pas.
- Speaker #1
Alors, les bateaux, est-ce qu'ils sont droits sur l'eau, tête en avant ? Ils sont positionnés comment, les bateaux ?
- Speaker #0
Ils sont posés à plat sur l'eau. Ah ouais, super. Donc, il faut que j'essaye de mettre mon trombone à plat, c'est ça ?
- Speaker #1
Ah bah, tu peux essayer.
- Speaker #0
Ah bah non, non plus. On va réessayer. Peut-être... Alors là, j'essaye toutes les positions possibles.
- Speaker #1
Il faut essayer, c'est l'objectif.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
toujours pas. Alors, je vais essayer moi. Alors, cette expérience n'est pas toujours évidente à faire. C'est un petit peu technique. Là, j'ai pris le trombone entre mes deux doigts et je le pose très délicatement sur l'eau.
- Speaker #0
Ah, effectivement, là ça flotte. Oui, oui, oui. Un trombone peut flotter sur l'eau. Alors,
- Speaker #1
maintenant, on va regarder précisément. Est-ce que tu peux me dire qu'est-ce que tu vois autour du trombone qui flotte ?
- Speaker #0
J'ai l'impression que l'eau a pris la forme du trombone. Enfin, autour du trombone, ça se creuse un petit peu ou je me trompe ?
- Speaker #1
En effet, on voit un peu avec la lumière, l'eau n'est pas plate. Une goutte d'eau, ça a quelle forme ? Alors, si je vais prendre avec mon doigt un petit peu d'eau, je vais essayer de mettre une goutte d'eau sur la table.
- Speaker #0
Oui, c'est rond, une goutte, elle est ronde.
- Speaker #1
Elle est arrondie.
- Speaker #0
Oui, sur le dessus, oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Oui, elle est arrondie sur le dessus. Et là, ce qu'on voit autour du trombone, c'est en effet l'eau qui s'est un peu arrondie.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Et en fait, c'est ce qu'on va appeler la tension superficielle de l'eau. C'est comme s'il y avait une petite surface sur l'eau qui sont créées par les molécules au-dessus et qui rendent l'eau un peu plus solide sur le dessus, là où elle est en lien avec l'air.
- Speaker #0
D'accord, donc tout peut flotter alors ? Même si je ne sais pas nager, je peux... Techniquement, tout pourrait flotter.
- Speaker #1
Vous pourriez flotter aussi, même en ne sachant pas nager. Et donc là, typiquement, on était sur la question d'une... qu'est-ce qui se passe quand une expérience ne fonctionne pas ? En fait, là, on va se retrouver à... Donc, j'ai lancé un défi, faire flotter un trombone. Et en fait, le fait que le trombone ne flotte pas... on va s'y remettre à plein de fois. Et le moment où il flotte, on va se dire « Waouh, mais c'est génial ! » « Mais comment ça se fait qu'il flotte ? » Et du coup, on va plus s'intéresser à pourquoi celui-ci a flotté. Alors que si ça avait marché du premier coup, on serait vite passé à autre chose. D'où le fait que si ça ne fonctionne pas, le fait d'être en erreur est quelque chose de très valorisant parce qu'on va aller creuser le pont.
- Speaker #0
Et ce type d'expérience motive les enfants à faire encore plus de recherches.
- Speaker #1
Ça motive à faire des recherches. C'est une des choses qu'on voit en termes d'évolution dans un groupe qu'on voit à plusieurs séances. C'est qu'en fait, au début, souvent, les enfants... Et puis, on est dans des pratiques aussi, aujourd'hui, très consuméristes, tout le monde. Et du coup, on a envie d'aller vite. On veut que ça marche vite. Et on voit souvent des enfants qui vont s'agacer, être un peu frustrés. Ça ne marche pas. Et ça, c'est les premières séances. Et puis, petit à petit, au fur et à mesure des séances, on voit les enfants qui arrivent à prendre plus de patience et à tester différents paramètres, à utiliser d'autres objets pour essayer de faire flotter le trombone, par exemple. Et être beaucoup plus en recherche et à prendre le temps d'essayer de comprendre. Donc, l'une des suites de cette expérience-là, qu'on utilise souvent dans... dans nos activités d'éducation à l'environnement, ça va être... Là, on a dans l'assiette actuellement, nous avons maintenant deux trombones qui flottent. Et si je mets une goutte de liquide vaisselle même loin des trombones qui flottent, les trombones vont couler. Le liquide vaisselle a une propriété chimique ou physique, ça, je ne sais pas. Et ça va casser, en fait, cette... tension superficielle qu'on a sur l'eau. Et c'est ce qui fait aussi que, par exemple, dans l'environnement naturel, vous voyez les petites araignées d'eau qui flottent, qui se déplacent sur l'eau. Dans de l'eau polluée, elles ne peuvent plus le faire. Donc, typiquement, le liquide vaisselle, ou tout ce qui est détergent, va venir détériorer les propriétés initiales de l'eau et donc générer et... des problématiques sur l'environnement.
- Speaker #0
D'accord, donc on va encore plus loin que l'expérience en elle-même, on va même jusqu'à éduquer les enfants sur tout ce qui est écologie, tout ce qui peut abîmer notre nature, notre environnement, et l'impact que ça peut avoir, mais du coup à toute petite échelle.
- Speaker #1
Même à plus grande échelle, l'idée, c'est vraiment d'utiliser les expériences pour comprendre comment les choses fonctionnent. Donc typiquement, l'environnement. Aujourd'hui, les problématiques environnementales sont hyper importantes. Mais comme je le disais au début, si on me dit d'éteindre la lumière en sortant, mais que je ne sais pas pourquoi il faut éteindre la lumière, je ne vais pas forcément le faire. Mais si par contre j'ai compris les problématiques énergétiques, ce que nos énergies aujourd'hui, comment elles polluent la planète, ce que c'est que le réchauffement climatique, si j'ai compris toutes ces notions-là, du coup je vais me dire par moi-même, comment est-ce que je peux améliorer la situation qui est quand même très dégradée. Et du coup, l'idée... Donc, au début, je disais faire pour comprendre et comprendre pour agir. À la fin de nos ateliers, on va se poser la question ensemble. Du coup, maintenant qu'on a compris ensemble comment les détergents viennent abîmer les propriétés de l'eau et comment ça a un impact sur l'environnement, qu'est-ce qu'on peut faire dans notre quotidien ? Et bien là, naturellement, ça va venir des enfants. de se dire, il faudrait peut-être moins utiliser de liquide vaisselle, ou plus du tout, ou que des produits bio.
- Speaker #0
C'est là où on développe l'esprit critique dont on parlait tout à l'heure ?
- Speaker #1
Tout à fait, l'esprit critique et puis la notion de se mettre en action en tant que citoyen. c'est une base d'expérimentation. Après, on a aussi d'autres méthodes pédagogiques autour du jeu, du débat. Mais la base initiale, c'est vraiment expérimenter. Et on se... Donc, expérimenter et surtout se poser des questions. C'est vraiment la base des petits débrouillards, c'est poser plein de questions. Notre logo, c'est point d'interrogation égale plus. Donc, c'est le fait de se poser des questions ... nous nourrit, nous construit, nous élève. Mais notre but n'est pas forcément d'aller vers les réponses, mais d'être dans la démarche de rechercher une réponse et de la partager avec les autres. Donc, le questionnement va être la base et ça se passe par les expériences. On est notre méthode pédagogique. Elle n'est pas d'expliquer ce qui se passe et d'expliquer les concepts, mais vraiment de donner du matériel, d'accompagner la découverte et les expériences et de demander « Ah, mais du coup, tu comprends quoi ? Tu observes quoi ? Mais si on change ça, ça fait quoi ? » Et là, les enfants, les participants, les participantes vont mettre leurs propres mots avec ce qu'ils observent et à la fin, on va dire « Ah bah, les scientifiques appellent ça comme ça » . Mais l'idée, c'est vraiment de partir des mots des enfants et de ce qu'ils comprennent eux.
- Speaker #0
Et Gaëlle, dans tout ça, quelle est la place des filles ?
- Speaker #1
Alors, la place des filles est hyper importante dans nos actions et fait partie intégrante de la philosophie des petits débrouillards. On a des projets qui sont spécifiquement orientés femmes et sciences. où on va remettre en avant des femmes scientifiques, des femmes oubliées quand on parle, quand on entend même des noms de rue. C'est toujours des hommes scientifiques. Ça commence un petit peu, mais il y a très peu de femmes scientifiques qui sont valorisées. Et du coup, dans nos activités, on aime bien travailler sur des portraits de femmes. On fait des expériences en lien. avec les sujets d'études de ces femmes-là.
- Speaker #0
Est-ce que vous voyez une différence d'intérêt que ce soit entre les filles et les garçons pour les sciences dès le plus jeune âge ?
- Speaker #1
Sur nos ateliers, on ne voit absolument pas de différence d'intérêt, notamment en élémentaire ou en collège. D'ailleurs, les filles sont meilleures en sciences que les garçons. en élémentaire collège et la scission, elle se fait un petit peu plus tard, notamment sur les choix d'orientation où c'est là où on perd les filles. Mais l'intérêt est hyper présent et d'ailleurs, je n'ai pas forcément les chiffres exacts, mais il me semble que quand on additionne tous nos publics, on a une petite majorité de filles. qui sont présentes sur les activités, notamment les activités basées sur le volontariat. Et sinon, au-delà de ça, dans notre équipe salariée, il y a une énorme majorité de filles.
- Speaker #0
D'accord, donc il faudrait en fait créer une branche, les grandes débrouillards à partir du lycée.
- Speaker #1
C'est ça, on a un peu un problème avec notre nom. C'est une idée, c'est une idée à travailler. Merci, je la note, j'en parlerai à ma direction.
- Speaker #0
Quelles sont les principales actions ou projets que vous menez actuellement dans la ville de Villiers-le-Bel ?
- Speaker #1
Alors, on était cet été en animation de rue, justement, dans plusieurs quartiers. aux Charmettes, derrière les murs et puis la Marlière. On a fait des animations sur la thématique des océans, dans le cadre de l'année internationale des océans, ou de l'océan, ça dépend qui le dit et comment on veut le dire. On était au Forum des sciences aussi, et au Village Vert qui a eu lieu en septembre. Et on va bientôt démarrer les projets sur le dispositif Cité éducative, qui va avoir lieu en milieu scolaire, avec deux projets. Un projet où c'est des parcours de cinq séances sur des sujets scientifiques qui vont être déterminés avec les enseignants en amont. Là, on a une enseignante sur laquelle on va démarrer un parcours sur la thématique du vivre ensemble. Donc là, qui est une approche beaucoup plus sciences sociales, sciences humaines. comprendre comment fonctionne notre cerveau, comment les stéréotypes se mettent en place, comment on lutte contre tout ça. Et on va démarrer aussi des parcours de trois séances, mais sur les mathématiques. Là, c'est la ville qui a fait appel à nous pour travailler sur ce sujet-là, parce que ça galère un peu sur les maths en élémentaire. C'est l'une des premières matières sur lesquelles les enfants décrochent. Et là, l'idée, c'est d'amener une démarche, une approche très différente sur les mathématiques. Et du coup, là, on a construit un peu un programme sur les trois séances où on va commencer par se poser la question de pourquoi on a commencé, nous les humains, à compter. À quel moment on a dû compter des choses ? Pourquoi est-ce qu'on compte ? Quels ont été les premiers outils qui nous ont permis de compter un peu plus vite ? Comme le boulier, par exemple, qui est bien connu. En deuxième séance, on va s'intéresser à la logique mathématique autour du décryptage de codes, des clés cachées, où les enfants vont devoir se mettre un peu en recherche pour trouver, pour résoudre des problèmes. Et on va faire une troisième séance. Là, on va s'amuser un petit peu. Sur les mesures, aujourd'hui, il existe des mesures, le millimètre, le mètre, le centimètre. À un moment, c'est des scientifiques qui se sont mis d'accord sur un mètre, ça mesure combien en fait. Et là, l'idée, ça va être avec les enfants d'imaginer notre propre outil de mesure. On va se mettre d'accord déjà. Et ça peut être, par exemple, on va mesurer... en trousse ou en taille de table. Et après, on va essayer de mesurer combien la salle de classe, combien elle mesure de table, ou quelle est la longueur de la cour en trousse, ou en stylo, ou en n'importe quoi d'autre.
- Speaker #0
Y a-t-il une initiative locale qui illustre bien l'esprit de l'association ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses. Il y a beaucoup de choses, c'est pas évident d'en mettre un ou deux en avant. On parlait à un moment de la place des femmes dans les sciences. Ça, c'est quelque chose qui nous porte énormément et qu'on fait maintenant un peu sur la plupart de nos ateliers. Dès qu'on va réaliser des expériences, on va aussi parler des femmes qui sont derrière tout ça. En termes de projets un peu concrets et qui peuvent être aussi en lien avec les femmes, On a des programmes qu'on va appeler Club Université. Université, pas avec un S, mais avec un C, comme cité, dans les quartiers, avec vraiment l'idée de rapprocher la cité, la cité dans le sens du village, de l'endroit où on vit ensemble, de la rapprocher du monde de la recherche. Et donc l'idée, c'est avec les participants et participantes de d'abord travailler sur ce que c'est que la démarche du chercheur. et des chercheuses, comment est-ce qu'une question émerge ? Comment est-ce qu'à un moment, on se met à travailler ou à faire des expériences, à se poser des questions, à poser des hypothèses, à cheminer, à valider, invalider les hypothèses pour aller vers une recherche de réponses ? Donc, on va travailler cette démarche-là, qui est la démarche scientifique, avec les participants. Et ensuite, on va les rencontrer. des vrais chercheurs-chercheuses dans leur laboratoire qui vont nous raconter leur parcours personnel, pourquoi ils et elles sont là, aussi leur sujet d'études et l'environnement dans lequel ils et elles travaillent. Et l'idée, là, pour nous, ce n'est pas tant forcément de faire que ces enfants-là deviennent des scientifiques, ce n'est pas notre objectif du tout. Mais on revient à l'intention initiale de casser le côté élitiste des sciences, de rapprocher les citoyens au monde de la recherche, de rendre accessibles les sciences. Et ça passe par la rencontre directe et leur montrer que c'est aussi porté par des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes, par tout un tas de gens.
- Speaker #0
Gaëlle, où est-ce que les enfants peuvent retrouver les informations des ateliers et où est-ce qu'on peut avoir, nous, des informations sur les petits débrouillards ?
- Speaker #1
Il existe le site qui s'appelle le Wiki Débrouillard, qui est une ressource phénoménale d'expériences qui sont très bien décomposées et expliquées. Il y a le matériel, comment faire les expériences étape par étape. et les explications. Et on travaille principalement avec du matériel très facile à trouver à la maison. Du coup, les enfants peuvent faire des expériences en utilisant le wiki des brouillards. On peut retrouver les infos de l'association sur le site des petits débrouillards Île-de-France ou sur notre Insta.
- Speaker #0
Avez-vous un mot pour encourager les gens à s'engager dans une association ?
- Speaker #1
En un mot, je dirais le sens. C'est le fait d'œuvrer pour les causes qui nous semblent importantes et nécessaires.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode consacré aux petits débrouillards avec Gaëlle Pratt. Un grand merci à celles et ceux qui rendent cet épisode possible, la préfecture du Val-d'Oise, l'Agence nationale de la cohésion des territoires et la ville de Villeneuvelle pour leur soutien à ce projet. On se retrouve. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode à la rencontre de celles et ceux qui font vivre la solidarité, l'éducation et la citoyenneté sur nos territoires.