- Speaker #0
Hello à tous, je suis Eleonore Vigneron et je suis ravie de vous accueillir sur Rayon Nantes. Dans ce podcast, je pars à la rencontre de personnalités inspirantes qui rythment l'actualité ou l'innovation à Nantes et dans la région. Ensemble, nous discutons de leur parcours de vie, de l'origine de leurs projets et de leur vision de l'entrepreneuriat à Nantes. Rayon Nantes, un podcast... original à écouter quand vous le voulez sur toutes vos plateformes de podcast. Ce projet, on en entend parler depuis des années. Il intrigue, il questionne et parfois il divise. Mais une chose est sûre, il ne laisse personne indifférent. Le chantier du nouveau CHU de Nantes, l'un des plus ambitieux d'Europe, soulève autant d'attentes que d'interrogations. Alors j'ai voulu comprendre, plonger dans les coulisses de ce projet titanesque qui dépasse largement la simple construction d'un hôpital. De quoi parle-t-on vraiment ? D'une infrastructure ? D'un défi médical ? D'un projet de société ? Pour répondre à toutes ces questions, je reçois Patrice Guedelot, président du Fonds de dotation du VU depuis trois ans. Son rôle ? Contribuer au financement de l'hôpital de demain. Ensemble, nous allons explorer tous les aspects de ce projet, ses ambitions, ses défis, ses avancées concrètes et son impact pour les patients, les soignants et la région. Un nouvel hôpital ? Oui. Mais aussi un projet de rayonnement, d'expertise. et d'innovation. Alors dans cet épisode, vous saurez tout, mais vraiment tout, sur ce chantier hors normes. Bonne écoute. Bonjour Patrice.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue dans Rayon Nantes.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Alors Patrice, toi tu diriges depuis trois ans le fonds de dotation du CHU de Nantes. Ensemble, aujourd'hui, on va parler du rôle de ce fonds.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais je vais aussi profiter de ta présence pour parler du nouveau projet du CHU qui a été entamé en mars 2022, projet attendu pour le deuxième semestre de 2027. D'abord, je te propose Patrice de commencer par te présenter.
- Speaker #1
Eh bien, donc, Patrice Guedelot, je suis arrivé il y a un petit peu plus de trois ans, presque trois ans et demi, au CHU de Nantes. Donc, je fais partie de l'équipe de direction, on est 39 directeurs. Moi, je m'occupe plus particulièrement du mécénat sur une structure qu'on appelle le fonds de dotation, qui a pour objectif de mobiliser la générosité d'un plus grand nombre, ça veut dire des concitoyens, des patients, mais aussi des entreprises, pour arriver à porter des projets novateurs. souvent innovants, en faveur des patients, bien évidemment, par ricochet des accompagnants et bien sûr des soignants.
- Speaker #0
Quelle est sa mission principale et comment justement est-ce qu'il contribue au développement du nouveau CHU ?
- Speaker #1
On peut parler d'un voyage à l'hôpital. On pourrait l'imaginer de deux manières. La première partie du voyage, c'est le voyage médical, qui est pris en charge très clairement par l'État, ça veut dire par nous, par nos... nos prélèvements, notre imposition. Et dans ce cas de figure, c'est l'État investi, ce que j'appelle quatre murs blancs, c'est un hôpital, du matériel et des soignants. Et c'est le parcours médical qu'on connaît tous. Le deuxième, qui est en fait l'expérience patient, de sa prise en charge jusqu'à son parcours à l'intérieur de l'hôpital, et lui est à revisiter et a besoin très clairement de... aujourd'hui de financement, parce que l'État ne peut pas tout, très clairement. Et donc, on fait appel à la générosité d'un plus grand nombre pour arriver à réinventer ce bien-être, cette qualité de vie à l'hôpital, cette prise en charge.
- Speaker #0
Tu parlais de projet ambitieux, tu parlais du nouveau projet du CHU. C'est en effet l'un des plus importants de France. Il s'étend sur 10 hectares sur l'île de Nantes, à l'emplacement de l'ancien mine, et il prévoit la construction de 14 bâtiments en tout. Oui. J'ai trouvé les deux infos, j'ai trouvé 13 bâtiments, 14 bâtiments, c'est 14.
- Speaker #1
Alors c'était 13, c'est devenu à 12 et maintenant c'est de nouveau 13.
- Speaker #0
Ah bon, tu vois, 13 bâtiments sur une surface de 220 000 m², c'est énorme. Est-ce que déjà tu peux nous faire un point sur le projet aujourd'hui, où est-ce qu'il en est en termes d'avancement ?
- Speaker #1
Le projet avance incroyablement bien. On est en train de finir le gros œuvre, donc on a trois phases en fait dans la construction de ce chantier, ce qu'on appelle le terrassement, ça veut dire le fait de... de préparer le chantier pour accueillir cette construction, la deuxième qui est la partie grosse œuvre, qu'on est en train de finir et donc on est dans les timings. Il n'y a pas de retard à ce jour.
- Speaker #0
C'est rare dans un projet comme celui-ci,
- Speaker #1
non ? Alors c'est extrêmement rare pour un sujet d'ampleur comme celui-ci, mais je pense qu'il est dû à ces deux facteurs. Le premier, la crise immobilière qui nous a aidés, et la deuxième, c'est l'organisation. Donc on a aujourd'hui une soixantaine de personnes qui sont dédiées à la validation des livrables. Dans le cadre d'un grand chantier comme ça, on a un appel d'offres et donc on a un livrable et que tant qu'on ne valide pas le livrable, on ne passe pas à la phase d'après. Il y aura à peu près un peu moins de cinq ans de construction. La première phase de terrassement a été intelligemment faite et là, maintenant, on va passer à l'intérieur. Le sujet paraît très compliqué de vue de l'extérieur, mais ce n'est pas un sujet qu'on a embrassé il y a trois jours. Nous, on a aujourd'hui une cinquantaine de communautés avec 850 hospitaliers qui ont réinventé depuis plus de cinq ans l'hôpital de demain. Donc, on sait exactement où on va et comment on y va. Et pour l'instant, on est à bon port.
- Speaker #0
Et pourquoi ce projet ?
- Speaker #1
On a un hôpital à Nantes qui était vieillissant, l'Hôtel-Dieu, que tout le monde... On sait depuis quelques années qu'on devait reconstruire un nouvel hôpital et que c'était un enjeu de santé publique de le faire. À côté de ça, il y a quand même une situation sur le territoire qui est quand même extrêmement dynamique. On le disait tout à l'heure, 100 000 nouveaux habitants à Nantes. Pas un médecin généraliste en plus. On a vu le taux de fréquentation aux urgences qui a été un peu bousculé ces dernières années. Avec peut-être aussi une insatisfaction très clairement des concitoyens sur lesquels ils entendent dire qu'on est dans le meilleur système de santé en France. Et quand ils arrivent aux urgences, là ils attendent 6 heures et ils disent « mais c'est quoi ce bazar ? » Je croyais que j'étais dans le pays le plus performant en santé. Je pense que c'était la volonté d'arriver, et c'est vraiment l'objectif de l'hôpital de demain, c'est de soigner plus de gens dans des meilleures conditions. Mais avec une donnée qu'on ne doit pas changer, qui est l'effectif et le coût. À Nantes, on a travaillé ce qu'on appelle le côté capacitaire. Ça veut dire la capacité à pouvoir remplir au maximum le nombre de consultations et de lits pour pouvoir, entre guillemets, produire le maximum d'actes de soins en faveur des concitoyens.
- Speaker #0
C'est-à-dire ? Parce que, justement, l'une des critiques de ce projet, c'est la réduction du nombre de lits.
- Speaker #1
Alors, ce qui est absolument faux, je tiens à rappeler qu'on a plus de lits dans le nouvel hôpital que dans l'ancien. On en a 100 de plus, on aura plus de 1500 lits dans le nouvel hôpital. La médecine a progressé incroyablement. Et que l'innovation médicale va totalement réinventer la prise en charge des patients. Et ça, dans tous les pays du monde. Par exemple, la télémédecine, un patient qui vient régulièrement voir son praticien à l'hôpital, je ne sais pas, depuis 2-3 ans et qui vient de voir 2 fois par mois, la téléconsultation, c'est quelque chose qui va peut-être se mettre beaucoup plus en place. Donc on va pouvoir soigner les gens, plus de gens, peut-être dans des meilleures conditions et un peu différemment.
- Speaker #0
Ce que tu veux dire, si je comprends bien, c'est que grâce aux nouvelles technologies, tu auras toujours autant de patients, mais tu auras des nouveaux outils, des nouvelles machines qui font que du coup, tu les garderas moins longtemps à l'hôpital.
- Speaker #1
On a une population, il ne faut pas l'oublier. Oui, c'est ça. Ça veut dire qu'on n'a pas vu. le vieillissement de la population et nos patients du troisième âge ou ceux du quatrième âge, bien évidemment, ne pourront pas être accueillis de la même manière à l'hôpital. Et donc là, typiquement, l'innovation médicale va devenir extrêmement intéressante. Pour information, on porte un projet en ce moment qui est très ambitieux sur des chambres connectées à l'hôpital pour justement réinventer la prise en charge des gens du quatrième âge avec... des capteurs qui permettent de changer la lumière, si le patient tombe, d'avoir des informations en direct, etc. Bref, l'innovation va provoquer vraiment une révolution, mais on va devoir l'orchestrer. En fait, on a deux denrées rares que tout le monde nous envie, et on ne peut pas faire d'innovation sans ça. La première, c'est la data. Sans data, pas d'innovation. Et la deuxième, c'est les patients. Ça veut dire que quand on a trouvé une innovation, il faut la tester. Et ça tombe bien, au CHU de Nantes, on en est deux. Donc, on se positionne aujourd'hui au milieu du village pour essayer de créer des passerelles et donner la capacité à des gens qui ne viennent pas forcément que du médical ou de la recherche, de venir apporter leurs compétences, leur expertise, leur regard, leur technologie, pour réinventer l'hôpital de demain. Et on a cette chance, et vraiment c'est une chance pour le territoire, De devoir construire un hôpital à 100%, je rappelle qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'hôpitaux qui créent soit un pôle ou soit qui vont le rénover, mais des constructions from scratch comme on en connaît, il n'y en a quand même pas beaucoup, ni en France ni en Europe. Et donc là, on s'est dit que dans notre configuration actuelle, on était en mode silo, ça veut dire que d'un côté on avait un peu l'université. De l'autre, on avait les centres de recherche. De l'autre, on avait l'hôpital. Et ce qu'on a vu ailleurs dans le monde, c'est qu'ils avaient créé ce qu'on appelle des villes de la santé, où on n'était plus en mode silo, mais on était en mode transverse. Ça veut dire que sur le même site, qu'on appelle l'unité de lieu, on mettait tous les professionnels pour qu'ils puissent collaborer. Et cette unité de lieu, c'est la clé du succès. pour réinventer l'hôpital de demain. Mais on n'a pas fait que ça. Ce qu'on s'est dit, c'est que si l'hôpital de demain, on savait le faire seul, très clairement, on l'aurait déjà fait. Si on ne l'a pas fait, c'est qu'on a besoin de faire rentrer d'autres compétences, d'autres savoir-faire, d'autres expertises à l'intérieur de l'hôpital. Et c'est là où le quartier de la santé commence. à devenir extrêmement intéressants, voire novateurs. Très bon. Donc ça, on va intégrer trois ponts qui sont essentiels. Donc aujourd'hui, on va regrouper tous les acteurs. Donc l'université va arriver en 2030 sur le même site. Pour information, c'est 256 millions d'euros d'investissement qui viennent de la région, département, Nantes, métropole. Donc là, c'est 7000 étudiants. C'est les professionnels de demain qu'on est en train de former et qu'il faut qu'on... Voilà, qu'on forme davantage. La deuxième, bien évidemment, c'est le déménagement de l'Hôtel-Dieu au nouvel hôpital, où là, très clairement, on est sur une version un peu XXL, puisque là, c'est 1,2 milliard d'euros d'investissement. Là, pour une fois, on peut être fier d'avoir un projet qu'on porte en région, et ça se passe chez nous. Pour information, il y a deux projets d'envergure aujourd'hui dans le monde, pour réinventer l'hôpital de demain. Le premier, il est au Canada, c'est 1,4 milliard de dollars canadiens d'investissement. Et le deuxième, il est en Europe, en France et entre autres à Nantes, c'est le nôtre.
- Speaker #0
Tu parlais de 1,2 milliard d'investissement. Ils viennent d'où justement ces financements ?
- Speaker #1
Alors, il y a trois types. Le premier, 400 millions du gouvernement, les rentrées du gouvernement Macron, qui nous dit réinventer l'hôpital public, l'efficience de l'hôpital public. Donc, on a cette chance. Après, on a 400 millions de... d'emprunts bancaires et 400 millions qui vont être de l'autofinancement. Donc là, on a une ambition très forte. La première, c'est de faire venir 5000 chercheurs du monde entier. Je redis bien 5000 chercheurs du monde entier. La deuxième ambition, c'est de faire venir 1000 startups de l'Europe et du monde entier pour réinventer l'hôpital de demain. 250 dans les biotech et de la santé et 750 dans la tech. Donc c'est quand même considérable. Et là, qui va sortir de terre cette année, on a un bâtiment qu'on appelle GINA, qui est en fait un laboratoire, qui va permettre à tout cet écosystème de venir parler, échanger. À côté de ça, il y a la Samoa, qui a investi 350 millions pour réaménager l'île de Nantes. Donc on le voit en ce moment avec le pont Anne de Bretagne, qui va être agrandi. On va construire deux trams, un busouet, 3600 places de parking, 1200 places de vélo, bref. L'île de Nantes est en train de se réinventer. Donc là, qu'est-ce qu'on peut dire ? On peut dire qu'on a 2 milliards d'euros d'argent public qui sont mis sur la table pour qu'on devienne la première place les animations et la recherche en Europe. On va devenir un véritable peuple de santé. Donc la localisation, elle est essentielle pour l'unité de lieu, c'est-à-dire cette capacité à réunir tout un écosystème sur le même endroit, mais il doit être aussi attractif à faire venir les gens d'autres situations, d'autres pays, d'autres régions, pour dire, venez chez nous, vous avez un écosystème génial, vous êtes dans l'hypersante, mais vous n'êtes pas très loin de la mer. Bref, vous avez tout pour pouvoir vous éclater, à titre professionnel ou personnel.
- Speaker #0
En termes d'ambition, on l'a bien compris, l'idée, c'est de faire l'hôpital de demain. Comment est-ce que tu le positionnerais par rapport aux autres hôpitaux de France, et même dans le monde entier ?
- Speaker #1
C'est une initiative qui est un peu unique, de personne. son ampleur et de part sa diversité. Cette ambition de pouvoir unifier tous les savoir-faire et les compétences, c'est assez redoutable. L'autre point, c'est l'enjeu. C'est quoi l'enjeu de ce projet ? En dehors de réinventer l'hôpital de demain, c'est quoi cet enjeu premier ? Moi, je le vois de cette manière. C'est que je crois que le système... Français est un système d'excellence. On a cette capacité à produire des praticiens d'une très grande capacité. Donc, notre système universitaire forme très bien les gens. On devient médecin. Ces médecins sont incroyables. Et donc, ils se spécialisent, ils deviennent des professeurs. Ces professeurs sont curieux et commencent à chercher. Et donc, ils deviennent des chercheurs. Jusqu'à là, on est sur de l'excellence parfaite. Sauf qu'à un moment, on invente quelque chose. Et là, le système commence un peu à se briser, parce qu'on ne s'est pas accompagné, ses porteurs de projet, à rester sur le sol français. Et souvent, dans hélas trop de cas, on se fait piquer. le chercheur avec le brevet et ça va à l'étranger. C'est fini. On veut créer un terrain de jeu qui permette à ces professionnels de rester sur le territoire et de vouloir innover en France. Je rappelle que chercheur, son premier objectif, ce n'est pas l'argent. Donc, il ne va pas penser à sa situation personnelle, voire une augmentation de salaire. Ce n'est pas du tout son sujet. Son sujet, c'est comment je peux rendre mon innovation possible. Et comment je peux le faire, pas le plus simplement, mais le plus facilement. Ça veut dire qu'on va me donner un coup de main. Donc, on le voit bien, un chercheur, ce n'est pas un chef d'entreprise. Ce n'est pas un businessman. Il ne sait pas faire de business plan. Il ne sait pas faire de plan de communication. Le management, ce n'est pas non plus. Donc, qu'est-ce qu'on doit faire ? On doit mettre toutes les compétences, tous les savoir-faire autour de cette personne pour lui faciliter la capacité à innover et à créer des licornes sur notre territoire. Et c'est ce qu'on veut faire. Ce terrain de jeu qu'on a, ces 10 hectares, où on regroupe l'intégralité des compétences, aujourd'hui médicales et dans le bâtiment Gina, on va faire venir des professionnels. des gens dans le conseil, dans l'expertise, dans le financement, etc. C'est des gens qui doivent aider nos porteurs de projets à aller vers l'excellence.
- Speaker #0
Aujourd'hui, l'ambition est claire. Vous voulez devenir un pôle d'excellence européen de la santé du futur. Comment est-ce que vous anticipez les besoins de la médecine de demain ?
- Speaker #1
Notre voie, c'est qu'on va devoir accélérer, fluidifier la prise en charge des patients. Si on veut soigner plus de patients dans de meilleures conditions, on va devoir réinventer. Bien évidemment. la production du soin, mais aussi tout le parcours du patient. Dès la prise en charge, on doit arriver à pouvoir accompagner nos patients d'une version positive. Très clairement, qu'est-ce qu'on a décidé ? On a décidé d'accentuer ce qu'on appelle le mode ambulatoire. Ça veut dire qu'hier, quand on arrivait à l'hôpital, on a eu une opération bénigne, on arrivait le matin, on se faisait opérer, on restait la nuit, on partait le lendemain. Là, on a décidé... C'est un parti pris qu'on a mis en œuvre, qui est de dire que les gens qui ne sont pas obligés de rester à l'hôpital, ils doivent partir dans la journée. Donc 64% de nos patients viendront maintenant en ce qu'on appelle en mode ambulatoire, donc ils arriveront le matin et repartiront le soir. Pour information, on a à peu près un million de patients par an. En contrepartie, on se dit que les gens, et alors ça c'est vraiment un concept, que les gens qui doivent rester à l'hôpital, on doit... réinventer l'hospitalisation pour eux. Ça veut dire que 90% des chambres sont individuelles, majoritairement tous vues loire. Alors, c'est pas comme à l'hôtel, quand on va à l'hôtel en face de la mer, on a vu le mer, on est content. Là, il faut se projeter qu'on est sur des patients qui sont malades, qui ont des doutes, et peut-être qui ont... qui ont des épreuves dans leur vie, et le fait de leur donner une situation extrêmement confortable dans l'accueil, avec une vue et on voit le fleuve couler, ça veut dire que les problèmes passent aussi. En fait, on veut que cet hôpital ne ressemble pas vraiment à un hôpital, qu'il soit plutôt un lieu de vie qu'un hôpital. Donc 90% de chambres individuelles, c'est extraordinaire. Aujourd'hui,
- Speaker #0
il y en a combien pour Paris ?
- Speaker #1
Alors, j'ai peur de dire une bêtise, mais je crois qu'on est à 45%. on va doubler le nombre de chambres individuelles mais ce qui est surtout intéressant c'est qu'on veut créer une équipe entre les accompagnants, les patients et les soignants qui vont combattre la maladie et c'est pour ça que le fait d'avoir des conditions bonifiées d'accueil, d'hospitalisation fait qu'à un moment on peut créer cette équipe qui a envie de combattre la maladie pour information on va devenir le premier bloc opératoire en France on va créer 57 blocs opératoires. Donc c'est une forme de production du soin qui va être démultipliée, amplifiée, pour arriver à pouvoir d'une part amortir beaucoup plus les investissements. Quand on fait tourner un bloc 4 heures ou 12 heures, bien évidemment on ne l'amortit pas de la même manière. Et deuxièmement, surtout, de pouvoir soigner plus de gens. Donc tout ça, c'est aussi la capacité à pouvoir gagner en efficience, en efficacité. Actuellement à l'ANR, on teste un système avec des bornes qui permet aux patients d'arriver, de pouvoir mettre leur carte vitale et de pouvoir s'enregistrer administrativement directement et pouvoir aller au centre de consultation sur leur rendez-vous, etc. directement. Pourquoi ? Parce que nos patients nous disaient « Quand je viens à l'hôpital, j'ai deux séquences. La première, elle est administrative. Elle ne crée pas une grosse valeur ajoutée pour moi, mais elle est quand même obligatoire, nécessaire. Et la deuxième, elle est médicale. Mais moi, quand je vais à l'hôpital, je préférerais attaquer directement sur le côté médical. » Donc le fait d'avoir un embarquement informatisé permet de fluidifier l'arrivée et l'intégration des patients dans l'hôpital. mais deuxièmement aussi de sortir des hospitaliers pour les mettre plus en front office devant les patients que de faire des tâches administratives. Le CHU Nantes, qui fait partie d'un GHT, d'un groupement hospitalier territorial, héberge en fait le système d'information un peu centralisé pour tout le territoire. Donc on a en notre sein ce qu'on appelle un data center, un centre de données, qui héberge toutes les données pour les autres hôpitaux du territoire. Et donc là on s'est dit mais comme on a du numérique et qu'on a des données, on pourrait peut-être les localiser dans notre centre de données et faire ce qu'on appelle du big data, ça veut dire d'avoir beaucoup de données qui sont rassemblées ensemble. Et donc c'est ce qu'on a fait. Après on s'est dit mais maintenant qu'on a la donnée, on va pouvoir l'analyser et donc on est sur un projet de recherche avec de l'intelligence artificielle, donc on a la chance d'avoir... un profil extrêmement atypique, c'est un médecin qui est en même temps data scientiste, donc le gars il a deux têtes pour être très clair, et qui va essayer de créer des algorithmes qui permettent d'améliorer la détection des zones cancérigènes, et grâce à l'IA, de pouvoir prédire peut-être un peu... Donc on pourrait imaginer que dans quelques années... On pourrait même aller jusqu'à dire pourquoi les Bretons ont tel type de cancer, pourquoi les Vendéens ont tel type de cancer, ou pourquoi les Ligériens ont tel type de cancer. Les technos, c'est ça. Ça veut dire que c'est cette capacité à regrouper l'information, l'intelligence artificielle, de nous aider à créer des scénarios qui vont nous permettre d'être plus avancés et plus forts dans l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
Qui dit données, dit cybersécurité. Comment est-ce que vous travaillez là-dessus ? Parce que ça doit être un vrai enjeu.
- Speaker #1
Il n'y a pas si longtemps que ça, on a eu une attaque. Pendant une semaine, on n'a pas eu d'Internet. Alors on a cette chance pour l'instant de jamais avoir été vraiment touché. Mais c'est une vraie problématique, une problématique européenne. Donc nous, on est très pragmatiques. Donc on a nos propres centres d'hébergement. On a des procédures qui sont revues, amplifiées, améliorées constamment.
- Speaker #0
Comment vous avez vécu justement cette semaine sans Internet ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire, alors c'est jamais facile, c'est jamais évident, on ne peut pas banaliser et simplifier ça, mais hélas, nous, les crises, on les connaît. On les connaît par le côté médical, c'est une crise un peu différente, mais ça ne reste qu'une crise. Les plans blancs, on en fait, on essaye le moins souvent possible, mais donc on sait gérer les situations un peu d'urgence, le Covid. a été, alors c'est bizarre de dire ça, mais une formidable opportunité de se rendre compte, on le savait déjà, mais qu'on a des hospitaliers extrêmement créatifs, innovants et volontaires à vouloir réinventer des modèles, des organisations, des procédés pour être encore plus efficaces. Pendant le Covid, à un moment, c'était tellement compliqué qu'on a dit, vous savez quoi, il n'y a pas de règle, faites au mieux. On a vu qu'on avait cette agilité, cette créativité.
- Speaker #0
Voilà, je voulais parler un peu de l'impact de ce projet sur Nantes, sur les Nantais. On en a parlé un petit peu déjà, mais l'idée, c'est d'aller un petit peu plus en profondeur ici. Puisque tu le sais, malgré ses ambitions, ce projet, il suscite des critiques, il suscite des préoccupations de la part des Nantais sur à la fois l'emplacement, la réduction du nombre de lits, on en a parlé, ce n'est pas un fait, sur la gestion financière, sur les priorités, les conditions de travail, la qualité des soins. Est-ce que toi déjà, avant d'entrer dans le détail, tu as un message ? à transmettre au Nantais. Je crois que tu as déjà un peu transmis en disant qu'il fallait qu'on soit fiers de ce projet.
- Speaker #1
Ce message, moi, je le dis, c'est lié à mon engagement personnel. Donc, c'est Patrice Guedelot qui parle et c'est pas le CHU. Je pense que nous, Français, on ne se rend pas compte de la chance qu'on a de vivre dans ce pays qui est un pays d'excellence médicale et de recherche et que souvent on l'oublie et qu'on devrait voir le vert. à moitié plein et pas à moitié vide. Alors oui, c'est vrai, tout ne fonctionne pas peut-être aussi bien qu'on le voudrait. Actuellement, il y a deux enfants. Juste un exemple, il y a deux enfants qui sont traités, soignés au CHU, avec des traitements individuels à plus de 500 000 euros. On est le seul pays au monde à décider, nous tous, de mettre 500 000 euros sur la table pour soigner un enfant. La réalité, c'est qu'on ne met pas 500 000 euros pour soigner un enfant. On fait ce qu'on appelle de l'innovation médicale. Ça veut dire qu'on investit pour en soigner beaucoup plus. On a cette chambre extraordinaire qu'on dit que la santé n'a pas de prix. Elle a un coût, mais elle n'a pas de prix. Pour dire, quand on va à l'hôpital, on sort, on ne sait même pas combien coûte une nuit à l'hôpital. C'est 1500 euros une nuit à l'hôpital.
- Speaker #0
1500 euros.
- Speaker #1
Un accouchement, quelque chose de positif, 8000 euros. Aux États-Unis, c'est 15 000. Mais aux États-Unis, vous n'avez pas de police d'assurance, vous ne rentrez pas à l'hôpital comme ça, très clairement. Donc, oui, il y a des choses qui sont perfectibles. Mais oui, je pense qu'il faut prendre un petit pas de côté et se rendre compte qu'on peut arriver à n'importe quelle heure. de la journée, n'importe quel jour, même le jour de l'an, à l'hôpital, et on va trouver quelqu'un qui sera disponible, accessible, dans la thématique qu'on veut, et qui va nous soigner. C'est une chance extraordinaire. Je vous rappelle, et c'est l'enjeu du début de notre entretien, je vous dis, c'est quoi mon engagement personnel ? C'est d'ouvrir l'hôpital vers l'extérieur. Ça veut dire cette capacité que chacun d'entre nous, peu importe qui il est, puisse apporter son regard, son expérience. sa compétence, son expertise, pour réinventer l'hôpital de demain. Et pour ça, on a créé trois communautés. La première, qu'on a appelée les anges, qui sont en fait une communauté de bénévoles, qui vont venir mettre leurs compétences, leur savoir-faire, mettre du temps à disposition, pour venir nous aider à inventer l'hôpital de demain. Donc, s'il y a des gens qui ont du temps, s'il y a des gens qui ont des compétences, franchement, vous êtes les bienvenus. Vous êtes les bienvenus. Et ça sera avec grand plaisir. Voilà, la deuxième, donc aujourd'hui, on a créé ça il y a un peu moins d'un an, on a une quarantaine d'anges qui sont à nos côtés. Le deuxième, c'est ce qu'on a appelé Salutem, qui veut dire santé en latin. C'est des ambassadeurs, donc c'est des gens du monde économique qui vont faire rayonner dans leur écosystème, c'est-à-dire dans l'entreprise, le fait que la santé, ce n'est pas optionnel. Ça veut dire que pour une entreprise, pour qu'elle puisse... être attractif et productif, il faut que ses collaborateurs soient en bonne santé. Et la troisième, c'est ce que vous allez tous devenir, ça veut dire vous, auditeurs. C'est ce que j'appelle les chuchoteurs. C-H-U chuchoteurs. Donc vous allez venir chuchoter des projets qu'on pourrait venir mettre à l'hôpital et que vous allez nous aider à les porter. Ça veut dire que chacun, dans son expérience personnelle avec l'hôpital, a quelque chose à dire.
- Speaker #0
Sur le sujet de l'emplacement, tu nous en as parlé, de ce choix, de cet emplacement, l'une des préoccupations des Nantais, c'est l'accessibilité. L'accessibilité, les inondations, c'est ce que je te partageais en offre, avant d'enregistrer un sujet qui est remonté, c'est vraiment ce sujet-là. Qu'est-ce que tu peux dire là-dessus ?
- Speaker #1
Alors, le choix du site... Il y a plusieurs items. Le premier, on l'a dit, attractivité. Donc il fallait qu'on ne soit pas très loin d'une gare et d'un avion pour faire venir les gens. La deuxième, c'est très clairement le foncier. Trouver 10 hectares dans Nantes, c'est un peu compliqué quand même. Pour information, on a troqué notre hôtel Dieu avec les 10 hectares de l'ancienne mine. Mais on voit bien, on a quand même une agglomération qui est bien construite. Il n'y a quand même pas autant de... Alors souvent, on nous dit, oui, vous auriez peut-être dû vous mettre à la ENEC parce que vous avez un peu de foncier sur place. Alors, ce que les gens savent pas, c'est que la ENEC va être totalement réutilisée. Donc, comme je vous disais, 1000 startups vont se créer, dont certaines en biotech. La singularité d'une biotech, c'est que quand le modèle économique prend, ils ont besoin de beaucoup de place. Ça veut dire que très rapidement, ils ont besoin de 300, 500. 1000 m². Et donc, il faut qu'on ait une solution de recours pour pouvoir les déménager rapidement et arriver à les garder sur le territoire. Donc, on a décidé avec la ENEC, on allait construire un centre de 100 000 m², je répète, 100 000 m² qui vont accueillir les biotech.
- Speaker #0
Donc l'ENEC va être capacité à faire pour accueillir ces entreprises qui seront scale-up, c'est-à-dire qui vont monter en puissance et qui vont pouvoir être accueillies directement sur place. Donc ils vont rester sur notre territoire directement. Et je rappelle juste aux auditeurs que si on a créé, même la CCI c'est Nantes-Saint-Nazaire, c'est qu'à Nantes on avait un problème de foncier et qu'on a dû étendre avec Saint-Nazaire pour pouvoir accompagner les entreprises industrielles, etc. Après, sur le fait qu'on soit sur une zone inondable, d'une part c'est faux. Ce coin de l'île, ce n'est absolument pas le cas. Mais il y a eu une crue, c'est vrai. Je ne sais plus si c'est en 1906 ou 1908, mais les auditeurs historiens me reprendront là-dessus. Donc logiquement, on devra en avoir une prochainement. Donc ce qu'on a fait, on a fait deux choses pour éventuellement, et ce que possible. La première, c'est que lors du terrassement, On a relevé un défi technique et hallucinant, c'est qu'on a planté 3000 pieux pour rehausser l'hôpital. Donc les gens qui ont eu la chance de visiter le nouvel hôpital le savent bien, et ceux qui y viendront prochainement, ils verront en fait, entre le niveau de la Loire et l'hôpital, que l'hôpital est bien au-dessus du niveau de la Loire. Il est même au-dessus de la crue qu'il y a eu à l'époque. Mais on n'a pas fait que ça. On a, sur les 260 000 m², coulé une dalle de béton. Ça veut dire qu'en fait, on a un seul sous-sol qui est une seule pièce quelque part. Moi, j'aime le décrire un peu comme une piscine à l'envers. Ça veut dire qu'en fait, c'est hermétique. de bout en bout. Et donc, si la crue devait vraiment, avec le réchauffement climatique, et on voit bien que les choses, hélas, changent sur notre territoire, que, eh bien, on aurait cette deuxième capacité qui nous permettrait de pouvoir absorber cette situation extraordinaire. Voilà. Que les gens se rassurent. On a investi 1,2 milliard. Ils sont bien protégés. Tout va bien se passer. Voilà. C'est...
- Speaker #1
Qu'est-ce qui va devenir le site de l'Hôtel Dieu ?
- Speaker #0
Pour être très clair, nous ne sommes plus propriétaires à partir de 2027. Donc, on va le donner à son nouveau propriétaire qui est Nantes Métropole, qui va s'accaparer ce foncier immobilier d'une grande ampleur en hypercentre.
- Speaker #1
Sur le sujet des conditions de travail pour le personnel ?
- Speaker #0
Alors, nous, nos hospitaliers sont déjà très contents. Que ce soit en hypersonde, pour être très clair, parce qu'on a beaucoup de gens qui habitent Nantes, et on a mis un plan de déplacement d'eau depuis de longues années, donc on a énormément d'hospitaliers qui viennent en vélo. Donc pour eux, c'est une vraie chance, très clairement. C'est pour ça qu'on a 800 places de vélo qui ont été intégrées pour eux, mais en fait, sur le site. Alors, en face de la construction du nouvel hôpital, aujourd'hui, il y a ce qu'on appelle un bâtiment témoin. C'est une sorte de petite réplique, beaucoup plus petite, c'est 500 m², 250 m² un étage, donc par étage. Et c'est une forme de réplique du mini-hôpital, où on a des salles de consultation, des blocs, des chambres, etc. Et donc depuis un peu plus de deux ans maintenant, on fait venir des hospitaliers, toutes les semaines, plusieurs fois par semaine, pour venir d'une part découvrir le site, et deuxièmement s'accaparer un peu du concept d'une nouvelle hôpital, et troisièmement... nous faire des propositions. Et donc, ils viennent juger concrètement notre parti pris. Et alors, c'est intéressant, et si tu veux, un jour, je te ferai visiter ce bâtiment témoin, mais il évolue en permanence. Alors, dans certaines salles, on a même l'impression de se situer dans une salle de grande distribution de type Leroy Merlin, Castor Abbas, parce qu'on a plein de matières, et on fait voter les gens. Toi, tu préférais quelle couleur, quelle matière ? Et en fait, on teste la résistance, la couleur, etc. Et donc, on intègre les hospitaliers dans une forme de... de retours d'expérience, de conseils pour qu'ils puissent nous aider à être au plus près possible de la vérité. Et donc, ce bâtiment, il évolue en testament. On va enfin commencer de l'intérieur et donc prendre en compte toutes les améliorations qui ont eu lieu grâce à eux.
- Speaker #1
Merci Patrice. Merci pour aujourd'hui.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
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