- Speaker #0
Elles prennent la parole et leur voix devient levier d'influence, d'action, de transformation et de pouvoir. Rebond, parole de femmes leaders, pouvoir d'agir, donne la voix aux femmes qui incarnent leur leadership dans un monde qui les invisibilise encore. Chaque semaine, je reçois des femmes leaders puissantes qui partagent leur rapport intime à la prise de parole en public. Les blocages Les percées, les silences stratégiques, les mots qui transforment une trajectoire. Si toi aussi, tu veux développer ton autonomie et ton pouvoir par la parole, la persuasion, je te propose un accompagnement personnalisé adapté à tes enjeux et ambitions. Regarde la déception du podcast. Aujourd'hui, nous accueillons Mésang Sechou, country manager d'Ecra au Vietnam. expertes automobiles et mobilité, avec plus de 20 ans d'expérience dans le monde du secteur automobile, comme directrice Business Development, Sales, Account Manager International. Cet échange se fait en 4 parties. Voici la troisième. Tu pourras retrouver les autres dans la description du podcast. Partons maintenant ensemble à sa rencontre. Pour aller un poil plus loin, tu disais que l'industrie automobile est un secteur particulièrement masculin. Est-ce que tu as déjà vécu ce qu'on appelle du sexisme ordinaire ? Comment toi tu as réagi et en quoi ça peut être difficile d'être une femme dans ce secteur au quotidien ? Et ça a peut-être évolué dans le temps.
- Speaker #1
Oui, alors je dirais que peut-être... qu'à mes débuts ou au milieu de carrière, moi j'ai toujours, alors je ne sais pas si c'est dû à moi et mon côté perfectionniste, mais j'ai souvent ressenti le besoin d'en faire plus. J'ai souvent ressenti le besoin d'aller dans mes dossiers, il faut qu'ils soient ultra carrés, tout doit être nickel, parfait, sinon je ne me sentais pas assez légitime en fait. Est-ce que c'est moi ? Je ne saurais pas vraiment te dire si c'est lié à un biais de genre. Je pense qu'il y a également des hommes qui peuvent avoir ce côté de vouloir toujours bien faire. Mais ça m'est arrivé, j'ai ressenti... J'ai du mal à te donner des faits ou des choses qu'on aurait pu me dire. parce que j'étais une femme, mais c'est plutôt des ressentis peut-être. Des ressentis, on parle des biais cognitifs, des ressentis, et se sentir pas prise au sérieux peut-être, parfois, dans ce que tu dis.
- Speaker #0
Pour moi, il y a deux volets importants dans le côté inégalité de genre dans le monde du travail, c'est que tu as... T'as l'effet de sexisme ordinaire, les blagues lourdes ou autres, ou les remarques sexistes, qui en fait là sont des faits, parce que ce sont des choses qui sont vérifiables ou qui sont dites, tu vois, un écart de salaire, une promotion de poste qui n'est pas expliquée, parce que pourtant même compétence, même niveau, donc ça c'est du côté un peu factuel. Et puis après il y a tout l'aspect ressenti. Tu vois, l'imposteur, l'absence de sentiment d'illégitimité, etc., qui relève plutôt des perceptions, mais qui n'ont pas de prise factuelle, mais par contre qui ont un vrai impact chez, en l'occurrence, les femmes, parce qu'il y a ce côté où il faut travailler deux fois plus, où il faut se sentir plus légitime, mais il n'y a rien de factuel qui le prouve. Oui,
- Speaker #1
donc ça, c'est un peu difficile à... À l'expliquer, après, je sais que dans le passé, j'ai pu prétendre à certains postes où à plusieurs fois, on m'a dit « Mais non, tu n'as pas assez d'expérience » ou « Tu n'es pas légitime » ou « Tu n'as pas prouvé que tu savais faire » . Tu vois, il faut d'abord que tu aies prouvé que tu sais faire pour qu'on te donne la chance de… d'accéder à tel ou tel poste, alors que j'ai bien vu d'autres hommes, on est d'accord, qui avaient bénéficié d'une promotion ou qui avaient accédé à un poste alors qu'ils ne l'avaient jamais fait avant. J'ai bien vu qu'il y avait quand même parfois une certaine différence de traitement ou de considération. Quand tu es une femme, il faut que tu prouves que tu as déjà fait ça.
- Speaker #0
Oui, ce qui est... Ce qui est idiot, ou alors il faut demander la même chose aux hommes, qu'il y ait le même pied d'égalité.
- Speaker #1
C'est ça, alors je ne sais plus comment est-ce qu'on appelle ce biais, on ne va pas te juger exactement, on ne va pas te juger sur ton potentiel, on va lui donner ce poste parce qu'on sait qu'elle a le potentiel, mais on va lui donner ce poste, il faut qu'elle ait d'abord prouvé qu'elle l'a déjà fait ailleurs, alors que peut-être un an, on va dire non, on pense qu'il a le potentiel, donc on va lui donner cette chance. Ouais, ouais, donc c'est...
- Speaker #0
Ça fait partie des choses à casser. Et moi, c'est aussi mon engagement comme entrepreneur. Mais c'est un peu ce côté patriarcal qui fait que ça a fait de la perte sèche pour les entreprises. Parce qu'il y a des profils qui s'en vont. Ou il y a la perte de valeur future qui s'en vont aussi. Ou ça freine aussi la carrière. de beaucoup de femmes et sur des fondements qui ne sont pas factuels, qui ne sont pas vérifiables. Et c'est aussi une image de marque ou aussi une image de l'entreprise qui fait défaut quand ça arrive et quand ça se sait.
- Speaker #1
Alors après, je te dis ça, mais l'exemple qui vient contredire, c'est la promotion que je suis en train de vivre.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais après...
- Speaker #1
C'est bon, c'est un contre-exemple. Je viens d'être... promu.
- Speaker #0
Mais tu vois, t'as ça parce que t'as 20 ans de carrière et que t'as prouvé bien avant. Donc, c'est aussi un volet important. La confiance, etc. Mais bon, ça fait partie parfois des discriminations qui peuvent arriver. Hop, hop, hop ! Si cette interview te plaît, t'inspire, n'hésite pas à mettre 5 étoiles. sur ta plateforme de podcast préférée et à t'abonner. Cela va m'aider à le faire connaître, pour faire rayonner la parole des femmes leaders et avoir des invités encore plus prestigieuses et inspirantes. Alors n'hésite pas, agis maintenant. On repart tout de suite dans notre échange. Et qu'est-ce qui, selon toi, avec ton parcours, ou même comme tu es engagé sur la mixité, je crois que tu as créé un réseau qui est spécifique sur les femmes du monde dans le secteur automobile. Peut-être que tu peux en parler un peu. Et pour toi, qu'est-ce qui empêche les femmes d'affirmer leur parole dans le secteur de l'automobile, s'il y a des choses qui empêchent ?
- Speaker #1
Alors, je suis engagée aux côtés d'Elisabeth Young, qui a été avec Florence Lagarde, donc les deux personnes qui ont créé l'association Wave, Wave les ailes de l'auto. Donc, c'est une association qui a été créée, je ne me rappelle plus la date, mais ça fait bien 15 ans, je pense, plus de 15 ans. C'est une association qui a été créée un jour, toutes les deux, elles étaient, elles assistaient à un... un événement où en fait c'était les deux seules femmes dans l'audience et elles se sont dit bon il faut qu'on fasse quelque chose là, ça va pas du tout. Donc le mouvement est créé de là, c'était tout petit, elles étaient toutes les deux à la base et le mouvement s'est agrandi et aujourd'hui c'est une belle association puisqu'on compte près de 4500 membres. Plus de 4500 membres, avec des sympathisants aussi d'autres personnes qui ne sont pas forcément membres. Et parmi ces 4500 membres, il y a 40% d'hommes qui nous soutiennent. Et en effet, moi je suis une des actrices et membres actives de l'antenne Bordeaux Nouvelle Aquitaine. Je suis membre de l'association depuis plusieurs années et je suis membre actif. sur la région Bordeaux-Nouvelle-Aquitaine. Donc voilà, c'est une association qui est très inclusive. Donc on promeut la mixité et on travaille sur l'employabilité des seniors. On a travaillé pas mal là-dessus les dernières années et cette année, les prochaines années, on a un autre objectif qui est de travailler sur attirer les jeunes talents, faire découvrir le secteur automobile, la filière automobile et faire envie à des plus jeunes talents de rejoindre ce secteur. Et donc oui, là forcément, c'est des thématiques qui me parlent. Et donc comment répondre à ta question ? Qu'est-ce qui empêche les femmes de prendre la parole ?
- Speaker #0
De prendre leur place dans ce secteur, de prendre la parole, ouais.
- Speaker #1
De trouver leur place... Souvent, c'est ce... Tu l'as évoqué tout à l'heure, mais ce syndrome de... Ce syndrome parfois de l'imposteur, où le syndrome que moi aussi j'ai vécu, c'est de jamais être assez compétente, en fait. Quand on... voilà, moi je parle de mon expérience et je sais par rapport aux personnes avec qui j'échange, je suis également mentor, je ne sais pas si je te l'ai dit, je suis également mentor et je suis plusieurs jeunes femmes depuis plusieurs années dans des programmes de mentoring, à la fois avec WAVE et à la fois avec un programme chez Décra. Et c'est quelque chose que je vois bien chez des personnes plus jeunes qui sont pourtant bourrées de talent. Je ne me sens pas assez experte sur tel ou tel domaine pour être volontaire et pour me dire, tiens, moi, je vais prendre la parole là-dessus. Je me sens, il y a toujours ce sentiment de ne pas être assez légitime. C'est souvent ce qui arrive.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'études qui montrent que... Sur ce sujet, je n'ai plus le nom du biais cognitif, mais qui montre que sur un sujet de compétences, je crois que c'est sur la recherche d'emploi par exemple, les hommes vont postuler quand ils s'estiment qu'ils réplient 60% de la fiche de poste et les femmes vont postuler quand elles s'estiment qu'elles ont 120% des compétences sur la fiche de poste. Et il y avait une autre étude, enfin pas une étude, enfin si c'était une étude, mais qui était assez drôle dans le sens humour noir et cynisme, mais qui décrit bien ça. C'était apparu, je pense, il y a 5-6 mois sur les réseaux. On posait une question, hommes ou femmes compris, et on posait la question, voilà, si vous êtes dans un avion et que... le pilote de l'avion n'est plus en capacité de conduire. Est-ce que vous, vous serez capable de conduire un avion ? Et je crois que c'était 80% des hommes qui disaient oui, évidemment. Et une majorité de femmes qui disaient non, je ne suis pas compétente, pourquoi ? Et donc, ça montre ce côté très genré de dire... Oui, enfin, si tu n'avais fait aucune heure d'avion et que tu dois piloter un Airbus, ce n'est pas la même chose qu'une voiture. Oui,
- Speaker #1
d'accord, oui. Mais ça s'appelle le biais de compétence. Je crois que ça s'appelle vraiment comme ça. Ça s'appelle le biais de compétence.
- Speaker #0
Et moi, très souvent, je dis... Non, enfin, moi, ça fait partie des choses sur lesquelles je travaille, avec les femmes que j'accompagne. C'est, non, tu es compétente pour prendre la parole. Tu es légitime pour prendre la parole parce que tu as fait telle ou telle expérience. et qu'en fait, il faut y aller parce que tu dois répondre aux besoins. Donc ça, ce que je disais, c'est que ça fait partie des choses un peu qui étaient dans la perception, qui sont propres à chacun. Alors après, ça peut être dû à l'éducation, dû au parcours, mais c'est très personnel et c'est des choses que moi, j'adore casser chez les femmes que j'accompagne parce qu'elles sont tout à fait légitimes quand je vois leur parcours, leur CV ou leur expérience professionnelle. barres. Là, tu as de quoi parler pendant deux heures. On te demande 20 minutes, donc tu les as largement. Moi,
- Speaker #1
j'ai grandi dans les sociétés asiatiques. Je ne voudrais pas non plus trop généraliser.
- Speaker #0
Ce que je dis là, en fait, moi, ça marche dans le monde occidental. Je pense que dans le monde asiatique, je ne sais pas comment ça marche.
- Speaker #1
Je sais que je suis dans un milieu quand même assez... Alors, pas masculin parce qu'il y a énormément de femmes, mais assez patriarcal quand même. Moi, tu vois, j'ai grandi dans une famille... Je m'épanche un peu sur des parties perso, mais mon grand-père était polygame. Donc, enfin... niveau de patriarcat assez fort. Mon grand-père était polygame et à la maison, les femmes sont en cuisine, elles servent les hommes. Quand on passait à table, les hommes passaient à table en premier et les dames étaient dans les fourneaux et on leur servait à manger et on passait à table après. Moi, j'ai grandi dans cette atmosphère.
- Speaker #0
Mon grand-père était comme ça. Donc... heureusement je vois très bien je vois très bien de quoi tu parles et c'est aussi une des raisons fortes de pourquoi je me suis engagé sur la prise de parole des femmes leaders parce que moi j'ai grandi dans un environnement patriarcal et qui est alors pas aussi violent que le tien parce qu'il y a une génération qui est venue après mais
- Speaker #1
ouais ouais c'est faramineux quoi c'est faramineux mais c'est marrant ce qui est drôle c'est que moi ça a créé en moi une envie de me dépasser Merci. Chez moi, ça a créé une envie de me dépasser et de dire non, non, mais moi, je vais vous prouver que je sais faire, que je vais trouver ma place. Et je pense qu'à une époque, quand on m'avait dit, quand j'avais dit à mon directeur ou en interne que je voulais être responsable grand compte et qu'on m'avait dit non, non, mais ce n'est pas un truc pour toi, dans ma tête, je me rappelle très bien, j'ai dit je vais vous montrer. je vais vous montrer de quoi je suis faite vous allez voir avoir cet état d'esprit de dire non bah oui quand même là pour ça je suis assez j'ai assez de niaque
- Speaker #0
pour ça merci à toi d'avoir écouté notre échange partage moi en commentaire ce qui t'a inspiré n'hésite pas à rejoindre ma newsletter pour découvrir les coulisses de la parole puissante et qui développe ton autorité et tes opportunités. Partage le podcast autour de toi et mets 5 étoiles sur ta plateforme de podcast préférée. A bientôt pour une prochaine rencontre.