Episode 1 : Confinées cover
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Episode 1 : Confinées

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23min |24/03/2021
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Description

Episode 1 : Confinées 

Pendant le premier confinement de mars 2020, 83 % des femmes vivant avec enfants leur ont consacré plus de 4h par jour, contre 57 % des hommes. Parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder leurs enfants (21 % contre 12 %), au risque de perdre leur emploi. Plus grave encore : parmi les personnes en emploi n’ayant pas bénéficié de l’autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant, 80 % des femmes passaient plus de 4h quotidiennes avec les enfants (contre 52 % des hommes) et 45 % assuraient une double journée (contre 29 % des hommes). 

Il faut ajouter à cela le renforcement des inégalités liées aux tâches ménagères, qui explosent plus encore la journée de travail des femmes. Selon l’enquête de Harris Interactive,  “les femmes déclarent passer en moyenne 2 heures et 34 minutes par jour [à se consacrer aux tâches ménagères” (26% d’entre elles estimant y consacrer plus de 3 heures), contre 2 heures 10 pour les hommes (plus de 3 heures : 17%). La répartition inégale du temps passé pour les tâches ménagères entre les femmes et les hommes, régulièrement documentée, tend donc à se confirmer en période de confinement.”

Ces chiffres viennent renforcer des déséquilibres existants : en 2011, l’Insee avait estimé que le travail domestique gratuit représentait 33 % du PIB français. Cuisine, ménage, courses, soin aux enfants... L’Institut évaluait ainsi à 636 milliards le montant de ces travaux domestiques réalisés à 64 % par des femmes.

Ce rebasculement du fardeau domestique sur les femmes, l’explosion de la charge mentale et du travail gratuit qu’il sous-tend est lourd de conséquences. Pour mieux comprendre celles-ci, nous sommes allées à la rencontre de Coline Charpentier, fondatrice du collectif T’as pensé à.  

Le déséquilibre dans la prise en charge du travail domestique n’a pas que des conséquences au sein du couple. Il organise et reproduit des inégalités économiques et sociales de long terme défavorable aux femmes. C’est ce que nous expliquent les deux chercheuses Sibylle Gollac et Céline Gollac, qui explorent tous les ressorts de la reproduction des inégalités au sein de la famille, dans leur ouvrage Le Genre du Capital 

En effet, ce travail contribue de façon indirecte à l’enrichissement des familles à long terme, “ne serait-ce qu’en libérant les hommes d’obligations qui  les  freineraient  dans  leur  carrière”. Au vu de l’explosion du travail domestique pendant le confinement, si importante qu’elle a conduit les femmes allemandes à présenter leurs factures à leurs maris et aux responsables publics, l’on peut logiquement attendre de cette crise une accumulation capitalistique défavorable aux femmes dans leur majorité encore plus importante qu’elle ne l’était déjà. Cela doit interroger sur la généralisation du télétravail, qui augmente les possibilités de mélange des genres avec le travail domestique, comme vecteur d’inégalités professionnelles. L’INED a d’ailleurs conclu son enquête sur le télétravail en déclarant que “les femmes sont les grandes perdantes du confinement, tant sur le marché du travail que dans la sphère domestique, après cinquante ans d’avancées”.

 

Crédits : 

Écrit et conçu par Mahaut Chaudouët Delmas

Interviews préparées et réalisées par Mahaut Chaudouët Delmas et Luna Gay-Padoan

Réalisation montage mixage musique par Thomas Loupias

Action financée par la Région Ile-de-France

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Episode 1 : Confinées 

Pendant le premier confinement de mars 2020, 83 % des femmes vivant avec enfants leur ont consacré plus de 4h par jour, contre 57 % des hommes. Parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder leurs enfants (21 % contre 12 %), au risque de perdre leur emploi. Plus grave encore : parmi les personnes en emploi n’ayant pas bénéficié de l’autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant, 80 % des femmes passaient plus de 4h quotidiennes avec les enfants (contre 52 % des hommes) et 45 % assuraient une double journée (contre 29 % des hommes). 

Il faut ajouter à cela le renforcement des inégalités liées aux tâches ménagères, qui explosent plus encore la journée de travail des femmes. Selon l’enquête de Harris Interactive,  “les femmes déclarent passer en moyenne 2 heures et 34 minutes par jour [à se consacrer aux tâches ménagères” (26% d’entre elles estimant y consacrer plus de 3 heures), contre 2 heures 10 pour les hommes (plus de 3 heures : 17%). La répartition inégale du temps passé pour les tâches ménagères entre les femmes et les hommes, régulièrement documentée, tend donc à se confirmer en période de confinement.”

Ces chiffres viennent renforcer des déséquilibres existants : en 2011, l’Insee avait estimé que le travail domestique gratuit représentait 33 % du PIB français. Cuisine, ménage, courses, soin aux enfants... L’Institut évaluait ainsi à 636 milliards le montant de ces travaux domestiques réalisés à 64 % par des femmes.

Ce rebasculement du fardeau domestique sur les femmes, l’explosion de la charge mentale et du travail gratuit qu’il sous-tend est lourd de conséquences. Pour mieux comprendre celles-ci, nous sommes allées à la rencontre de Coline Charpentier, fondatrice du collectif T’as pensé à.  

Le déséquilibre dans la prise en charge du travail domestique n’a pas que des conséquences au sein du couple. Il organise et reproduit des inégalités économiques et sociales de long terme défavorable aux femmes. C’est ce que nous expliquent les deux chercheuses Sibylle Gollac et Céline Gollac, qui explorent tous les ressorts de la reproduction des inégalités au sein de la famille, dans leur ouvrage Le Genre du Capital 

En effet, ce travail contribue de façon indirecte à l’enrichissement des familles à long terme, “ne serait-ce qu’en libérant les hommes d’obligations qui  les  freineraient  dans  leur  carrière”. Au vu de l’explosion du travail domestique pendant le confinement, si importante qu’elle a conduit les femmes allemandes à présenter leurs factures à leurs maris et aux responsables publics, l’on peut logiquement attendre de cette crise une accumulation capitalistique défavorable aux femmes dans leur majorité encore plus importante qu’elle ne l’était déjà. Cela doit interroger sur la généralisation du télétravail, qui augmente les possibilités de mélange des genres avec le travail domestique, comme vecteur d’inégalités professionnelles. L’INED a d’ailleurs conclu son enquête sur le télétravail en déclarant que “les femmes sont les grandes perdantes du confinement, tant sur le marché du travail que dans la sphère domestique, après cinquante ans d’avancées”.

 

Crédits : 

Écrit et conçu par Mahaut Chaudouët Delmas

Interviews préparées et réalisées par Mahaut Chaudouët Delmas et Luna Gay-Padoan

Réalisation montage mixage musique par Thomas Loupias

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Pendant le premier confinement de mars 2020, 83 % des femmes vivant avec enfants leur ont consacré plus de 4h par jour, contre 57 % des hommes. Parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder leurs enfants (21 % contre 12 %), au risque de perdre leur emploi. Plus grave encore : parmi les personnes en emploi n’ayant pas bénéficié de l’autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant, 80 % des femmes passaient plus de 4h quotidiennes avec les enfants (contre 52 % des hommes) et 45 % assuraient une double journée (contre 29 % des hommes). 

Il faut ajouter à cela le renforcement des inégalités liées aux tâches ménagères, qui explosent plus encore la journée de travail des femmes. Selon l’enquête de Harris Interactive,  “les femmes déclarent passer en moyenne 2 heures et 34 minutes par jour [à se consacrer aux tâches ménagères” (26% d’entre elles estimant y consacrer plus de 3 heures), contre 2 heures 10 pour les hommes (plus de 3 heures : 17%). La répartition inégale du temps passé pour les tâches ménagères entre les femmes et les hommes, régulièrement documentée, tend donc à se confirmer en période de confinement.”

Ces chiffres viennent renforcer des déséquilibres existants : en 2011, l’Insee avait estimé que le travail domestique gratuit représentait 33 % du PIB français. Cuisine, ménage, courses, soin aux enfants... L’Institut évaluait ainsi à 636 milliards le montant de ces travaux domestiques réalisés à 64 % par des femmes.

Ce rebasculement du fardeau domestique sur les femmes, l’explosion de la charge mentale et du travail gratuit qu’il sous-tend est lourd de conséquences. Pour mieux comprendre celles-ci, nous sommes allées à la rencontre de Coline Charpentier, fondatrice du collectif T’as pensé à.  

Le déséquilibre dans la prise en charge du travail domestique n’a pas que des conséquences au sein du couple. Il organise et reproduit des inégalités économiques et sociales de long terme défavorable aux femmes. C’est ce que nous expliquent les deux chercheuses Sibylle Gollac et Céline Gollac, qui explorent tous les ressorts de la reproduction des inégalités au sein de la famille, dans leur ouvrage Le Genre du Capital 

En effet, ce travail contribue de façon indirecte à l’enrichissement des familles à long terme, “ne serait-ce qu’en libérant les hommes d’obligations qui  les  freineraient  dans  leur  carrière”. Au vu de l’explosion du travail domestique pendant le confinement, si importante qu’elle a conduit les femmes allemandes à présenter leurs factures à leurs maris et aux responsables publics, l’on peut logiquement attendre de cette crise une accumulation capitalistique défavorable aux femmes dans leur majorité encore plus importante qu’elle ne l’était déjà. Cela doit interroger sur la généralisation du télétravail, qui augmente les possibilités de mélange des genres avec le travail domestique, comme vecteur d’inégalités professionnelles. L’INED a d’ailleurs conclu son enquête sur le télétravail en déclarant que “les femmes sont les grandes perdantes du confinement, tant sur le marché du travail que dans la sphère domestique, après cinquante ans d’avancées”.

 

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Pendant le premier confinement de mars 2020, 83 % des femmes vivant avec enfants leur ont consacré plus de 4h par jour, contre 57 % des hommes. Parmi les personnes en emploi, les mères ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder leurs enfants (21 % contre 12 %), au risque de perdre leur emploi. Plus grave encore : parmi les personnes en emploi n’ayant pas bénéficié de l’autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant, 80 % des femmes passaient plus de 4h quotidiennes avec les enfants (contre 52 % des hommes) et 45 % assuraient une double journée (contre 29 % des hommes). 

Il faut ajouter à cela le renforcement des inégalités liées aux tâches ménagères, qui explosent plus encore la journée de travail des femmes. Selon l’enquête de Harris Interactive,  “les femmes déclarent passer en moyenne 2 heures et 34 minutes par jour [à se consacrer aux tâches ménagères” (26% d’entre elles estimant y consacrer plus de 3 heures), contre 2 heures 10 pour les hommes (plus de 3 heures : 17%). La répartition inégale du temps passé pour les tâches ménagères entre les femmes et les hommes, régulièrement documentée, tend donc à se confirmer en période de confinement.”

Ces chiffres viennent renforcer des déséquilibres existants : en 2011, l’Insee avait estimé que le travail domestique gratuit représentait 33 % du PIB français. Cuisine, ménage, courses, soin aux enfants... L’Institut évaluait ainsi à 636 milliards le montant de ces travaux domestiques réalisés à 64 % par des femmes.

Ce rebasculement du fardeau domestique sur les femmes, l’explosion de la charge mentale et du travail gratuit qu’il sous-tend est lourd de conséquences. Pour mieux comprendre celles-ci, nous sommes allées à la rencontre de Coline Charpentier, fondatrice du collectif T’as pensé à.  

Le déséquilibre dans la prise en charge du travail domestique n’a pas que des conséquences au sein du couple. Il organise et reproduit des inégalités économiques et sociales de long terme défavorable aux femmes. C’est ce que nous expliquent les deux chercheuses Sibylle Gollac et Céline Gollac, qui explorent tous les ressorts de la reproduction des inégalités au sein de la famille, dans leur ouvrage Le Genre du Capital 

En effet, ce travail contribue de façon indirecte à l’enrichissement des familles à long terme, “ne serait-ce qu’en libérant les hommes d’obligations qui  les  freineraient  dans  leur  carrière”. Au vu de l’explosion du travail domestique pendant le confinement, si importante qu’elle a conduit les femmes allemandes à présenter leurs factures à leurs maris et aux responsables publics, l’on peut logiquement attendre de cette crise une accumulation capitalistique défavorable aux femmes dans leur majorité encore plus importante qu’elle ne l’était déjà. Cela doit interroger sur la généralisation du télétravail, qui augmente les possibilités de mélange des genres avec le travail domestique, comme vecteur d’inégalités professionnelles. L’INED a d’ailleurs conclu son enquête sur le télétravail en déclarant que “les femmes sont les grandes perdantes du confinement, tant sur le marché du travail que dans la sphère domestique, après cinquante ans d’avancées”.

 

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