Speaker #0Je voudrais essayer que vous imaginez que vous ayez reçu tous les dons du commandement, que vous êtes à la fois intelligent, vous êtes compétent, vous avez une volonté forte, vous avez une vraie vision d'ensemble, vos idées sont justes, vous avez une autorité naturelle de meneur, mais il vous manque une seule chose, c'est la capacité relationnelle. Qu'est-ce qui va se passer ? Vous allez faire petit à petit le vide autour de vous, c'est-à-dire que les gens vont se démotiver, vont arrêter de vous suivre, et l'œuvre. que vous étiez censé conduire va s'essouffler et va s'éloigner. Bienvenue sur le Retour au Réel, le podcast de ceux qui ne veulent pas seulement critiquer, mais aussi créer. Aujourd'hui, c'est le dernier épisode de notre série sur l'école des chefs. Nous allons conclure avec un chapitre sur le tact et ensuite nous passerons... à d'autres épisodes sur des thèmes beaucoup plus libres. Je voudrais vous rappeler toujours que j'ai besoin que vous commentiez ces épisodes pour me donner finalement votre avis, comment est-ce que vous avez ressenti tout ce que nous avons fait ensemble, si vous avez des sujets qui vous intéressent, si vous êtes content, pas content, insatisfait, si vous avez décidé d'arrêter d'écouter, si vous écoutez juste pour vous faire du mal, ou si au contraire tout ça vous plaît. Et puis, n'hésitez pas aussi à partager, à mettre un pouce en l'air sur les épisodes, parce que ça va aider au référencement. Vous avez vu maintenant que les contenus sont disponibles au format vidéo sur YouTube, puisque j'ai ajouté une petite caméra à mon setup minimaliste pour enregistrer ces podcasts, à la demande justement de certains d'entre vous. Donc voilà, je compte sur vous pour essayer de contribuer à une diffusion plus large de ce podcast. Je vous rappelle que je fais toujours ça sur un temps libre, que ça prend pas mal de temps en termes de préparation, que je m'y suis remis après quasiment une année d'arrêt parce que c'était devenu... assez compliqués en termes d'emploi du temps, de chroniques que je devais rendre, etc. J'ai réussi de nouveau à trouver une organisation qui me permet d'enregistrer ces podcasts. Je vais continuer si ça vous plaît, si ça vous intéresse. Donc, faites-moi part de vos retours. Sinon, à un moment donné, je passerai à autre chose parce que tout ça prend du temps et il faut que ça soit un peu utile, évidemment. Alors, aujourd'hui, pour conclure le chapitre sur l'école des chefs, je voudrais essayer que vous imaginiez que vous ayez reçu tous les dons du commandement, c'est-à-dire que vous êtes à la fois intelligent, vous êtes compétent, vous avez une volonté forte, vous avez une vraie vision d'ensemble qui vous permet de penser la structure que vous dirigez, que vous commandez. Vos idées sont justes, vous avez une autorité naturelle de meneur, mais il vous manque une seule chose, c'est la capacité relationnelle. Vous ne savez pas vous adresser correctement aux autres sans risquer de les blesser. Ou du moins, sans forcément vous en rendre compte, vous leur donner l'impression qu'ils n'ont pas vraiment d'importance à vos yeux, et presque même qu'ils vous déçoivent. Eh bien, qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer que vous allez faire petit à petit le vide autour de vous, c'est-à-dire que les gens vont se démotiver, vont arrêter de vous suivre, et l'œuvre que vous étiez censé conduire, et que vous aviez tous les talents pour la conduire de la meilleure façon, eh bien elle va s'essouffler, elle va s'étouffer, faute de personnes autour de vous pour justement... supporter, conduire un projet. En fait, ce qui manque souvent, c'est le sens humain. Et je pense même dans les relations sociales et humaines, qu'est-ce qui fait que nous sommes si souvent, nous les êtres humains, en conflit les uns avec les autres ? Pourquoi est-ce que si souvent des choses finalement n'aboutissent pas ? Eh bien parce que nous manquons de tact, parce que nous manquons... de sens humain dans les relations sociales. Donc c'est un point très important, c'est le dernier point, et c'est souvent parce que, pourquoi c'est le dernier point ? Souvent parce que nous avons tendance à oublier l'importance du tact dans les affaires humaines, en particulier on pourrait dire dans la direction, dans les affaires de groupe humain, que ce soit encore une fois une famille, que ce soit... dans l'ordre militaire, que ce soit dans l'ordre associatif, militant, dans l'école, dans une classe, en tant que professeur. Bref, à tous les niveaux, dans l'entreprise évidemment, cette notion de tact prend une importance toute particulière. Autour de moi, j'ai vu de nombreuses situations pourrir, finalement des œuvres parfaites, mais qui se sont petit à petit rétractées à l'intérieur d'elles-mêmes, faute justement de tact, faute de sens humain. qui manquaient justement aux dirigeants. Je me souviens d'une école... où la directrice, petit à petit, a réussi à être tellement indélicate avec tout le monde, que tout le monde se méfiait d'elle, et que petit à petit, finalement, elle a fini par démissionner, parce que ça devenait une catastrophe sur le plan humain, alors que tout était fait à la base pour bien fonctionner, et que cette personne avait des qualités. J'ai vu des responsables associatifs aux militants qui, à force d'hurler en permanence sur les gens, petit à petit, tous ceux qui sont à côté d'eux, autour d'eux, arrêtent ou rejoignent un autre groupe, parce qu'ils en ont marre, en fait, de se faire maltraiter. Et moi-même, moi le premier, je voudrais confesser que je manque souvent de tact, c'est difficile et c'est d'autant plus facile peut-être d'en parler pour moi que ce n'est pas une qualité que j'ai de manière naturelle. Et donc ça nous rappelle à tous que puisque ce n'est pas une qualité avec laquelle on est tous nés comme un talent qui nous a été donné à la naissance, ça peut être aussi quelque chose qui se travaille si on en prend conscience. Et qu'est-ce que c'est que le tact ? J'en parlais hier soir avec mon épouse à table, je lui demandais est-ce que j'ai du tact ? Elle me disait t'es pas la personne que je connais qui en a le plus mais t'es pas non plus celui qui en a le moins. Donc une sorte de médiocrité on pourrait dire dans la disposition de cette qualité. Et le tact c'est de sa manière la tactique, c'est la capacité relationnelle à comprendre la personne à qui on s'adresse. C'est-à-dire qu'on ne s'adresse pas de la même manière. à une personne un peu simple, à une personne très intelligente, à un prêtre, à quelqu'un qui dispose de très peu de temps pour vous parler et qui est beaucoup plus haut dans la hiérarchie que vous, etc. À un enfant, au professeur de vos enfants, à une personne qui a un a priori négatif vis-à-vis de vous, etc. Bref, il y a... En fait, c'est comprendre qui est son interlocuteur et qu'est-ce qu'il peut y avoir dans sa tête, c'est se mettre à sa place et c'est être capable de lui faire passer le message. de la manière la plus tactique, c'est-à-dire de la manière qu'ils reçoivent le mieux ce message. Il y a un adage scolastique qui dit justement que les choses ne reçoivent une forme, ne reçoivent finalement un contenu extérieur que dans la mesure où elles sont disposées à le recevoir. Donc, si on transpose ça dans la communication, dans les relations humaines, je vais être capable de recevoir un message toujours, finalement, dans la manière, dans l'état d'esprit, dans, finalement, le contexte qui est le mien. Et donc si le message, la manière dont il m'est délivré ne m'atteint pas, n'est pas capable finalement d'être reçu parce qu'il est mal dit, mal formulé, mal exprimé, etc., la personne en face va se bloquer et c'est justement tout le drame de beaucoup de relations humaines. Je prends un autre exemple particulier auquel je pensais ce matin. Si vous regardez dans l'histoire de l'Église récente et dans l'histoire souvent du traditionnalisme, eh bien parfois les traditionnalistes ont peut-être raison sur le papier, c'est-à-dire qu'ils ont des arguments, il y a beaucoup d'ouvrages, beaucoup d'études, etc. Mais le fait de manquer de tact dans la manière de présenter ses arguments, dans la manière de s'adresser aussi à ceux qui ne les comprennent pas. fait qu'ils deviennent détestés et honnis, non pas en raison de leurs arguments, mais en raison finalement de leur manque de tact. Vous voyez que le tact, c'est un enjeu extrêmement important dans la vie, parce que si on veut être compris, si on veut que notre message soit reçu, il faut y mettre les formes. Et c'est de cela dont on va parler. Ça s'adresse aussi aux parents, parce que finalement, nos enfants sont eux aussi, finalement, parfois... vont mal recevoir le message que nous leur donnons. Si on leur parle de manière trop rude, trop bourrue, il faut prendre en compte leur fatigue, leur capacité à recevoir un message à tel moment de la journée et comprendre qu'à certaines heures, ce n'est plus forcément le meilleur moment pour donner une leçon sur tel ou tel sujet parce que l'enfant ne sera plus réceptif et à part créer encore. plus de déception et de froideur dans la relation entre parents et enfants, on n'arrivera à rien. J'essaie de repenser à des exemples concrets dans lesquels il m'arrive de manquer de tact. Il y a une situation courante, et je pense que ça doit arriver à beaucoup d'entre vous, tant dans le contexte de l'entreprise que dans le contexte associatif, et en particulier avec des bénévoles, lorsque vous avez un subordonné à qui vous avez demandé quelque chose ou qui vous a proposé de faire un travail, et qu'il vous rend ce travail. il peut se produire que ce travail vous déçoive et vous apparaisse tellement mal fait et vous, vous auriez pu le faire tellement plus rapidement, tellement plus simplement que vous avez de cette manière envie de soupirer et de vous dire « mais c'est ni fait ni à faire » et d'envoyer cette personne un peu promenée. Eh bien, ce serait justement ça, un des exemples du manque de tact. Parfois, si justement on tient à ce que la personne progresse, eh bien, il faut être capable de lui dire, écoute, bravo pour ce travail, tu as bien travaillé, c'est bien. En revanche, sur tel et tel point, est-ce que l'on pourrait faire ci, est-ce que l'on pourrait faire ça, ou je vais te montrer comment moi je fais ci, ou comment je fais ça. Et puis, aussi être capable de comprendre parfois que si les différences Je pense notamment dans le domaine de la communication qui est un peu mon domaine, si les différences sont juste des différences de goût et esthétique et que finalement ce n'est pas forcément votre goût, mais peut-être que ce n'est pas du mauvais goût en soi, eh bien il faut accepter d'une certaine manière que cette personne ait ses goûts à elle et ses manières de faire à partir du moment où elles ne sont pas absolument, objectivement horribles. Moi souvent, ça m'est arrivé de dégoûter des bénévoles en communication parce que j'avais tendance un peu à recevoir leur travail en disant mais... Écoute, non, c'est pas possible, on peut pas faire ça. Et du coup, être incapable de leur donner les pistes pour essayer de faire mieux, pour s'améliorer. Et quand j'ai réussi à le faire, eh bien souvent, j'ai vu que les personnes sont mises à progresser. Et voilà, si on est patient, si on est capable de donner des bons conseils, eh bien on fait progresser les gens, on les fait grandir. Et je pense que c'est très vrai dans le monde du travail. Si on a une personne qui arrive et qui travaille avec nous, et que d'emblée, on la bâche un peu parce qu'on trouve qu'elle fait mal son travail, mais parce qu'en même temps, elle est débutante. qu'est-ce qui va se passer ? Au bout de quelques mois, on va s'en séparer, cette personne n'aura plus envie de travailler avec nous, et on n'arrivera jamais à faire monter quelqu'un en compétence. Il faudra trouver quelqu'un de déjà compétent, ce n'est pas toujours facile, etc. Donc, tout ce que j'ai obtenu en réagissant de manière un peu froide, c'est des personnes qui s'en vont, qui démissionnent, qui sont déçues. Et au contraire, lorsque j'ai été patient, lorsque j'ai appris à ne pas critiquer, à ne pas dire les choses comme je les ressentais, au premier instant, ça a apporté du fruit parce que j'ai vu les personnes progresser et monter en compétence. Donc sans taxes, sans délicatesse, sans le sens humain du lien social, vous ne ferez que créer du vide autour de vous et vous détruirez l'oeuvre que vous avez à charge de piloter. Je pense aussi à un conseil que m'avait donné un moine bénédictin lorsque je lui confiais que parfois je souffrais de manquer de temps pour mes enfants et que mes enfants en souffraient également évidemment. Eh bien, ce moine m'a recommandé de prendre peu de temps, mais avec chacun de mes enfants individuellement. Pourquoi ? Parce que lorsque l'on passe du temps avec tous ces enfants comme un groupe, les enfants finalement ont l'impression d'être les éléments d'un groupe et ne ressentent pas une relation personnelle individuelle avec leur père. Or, lorsque même si c'est pour... quelques heures ou une après-midi lorsque vous allez prendre un de vos enfants pour faire une partie d'un jeu de société, l'emmener à la pêche ou faire une promenade et que vous êtes tout seul avec lui, là justement il se dit voilà tiens papa prend du temps pour moi et il y a quelque chose de beaucoup plus intime, de beaucoup plus gratifiant, de beaucoup plus important et moi je l'ai vu chez mes enfants, c'est vraiment des moments qu'ils apprécient tout particulièrement et je ne peux pas forcément leur en offrir tous les jours mais j'essaye. Finalement, plutôt que parfois être une journée entière à être à moitié avec eux, mais à moitié dans mes pensées, sur mon travail, sur mes différents soucis, et puis à lire un bouquin dans la même pièce qu'eux, parfois, le fait de simplement prendre une heure tout seul avec un enfant, et de le faire avec chacun évidemment, eh bien c'est beaucoup plus profond en quelque sorte, comme attention qu'on accorde à ses propres enfants. Je vous propose que nous lisions maintenant, paragraphe par paragraphe, ce dernier chapitre sur le tact. Et le premier nous dit effectivement que nous ne sommes pas des machines, mais des hommes. Et c'est très important à l'heure de l'intelligence artificielle, parce qu'à force de donner des instructions, à force justement de travailler avec des robots qui sont plus puissants que des hommes, et bien rapidement, la tentation va être d'être déçus des hommes. Les hommes, ils ont besoin d'amour, mais aussi tout simplement même de considération. Souvent, un reproche parfois que les femmes font aux hommes, en tout cas que la mienne parfois me fait, ces deux. Manquer de considération, c'est-à-dire de faire en sorte comme si tout ce qu'elle faisait, mon épouse principalement s'occupe de la maison, du foyer, et c'est vraiment une tâche importante parce que c'est tous les repas, c'est le ménage, c'est toutes les tâches domestiques, les enfants, etc. Et à côté de ça, elle travaille un petit peu également, mais finalement, j'ai tendance à considérer ça presque comme normal. En fait, tu fais ce que tu dois faire et moi, je fais ce que je dois faire. Et de sa manière, moi, je n'ai pas besoin, en quelque sorte, lorsque je fais mon travail, que tu viennes me voir dans mon bureau en me disant « Oh, c'est trop bien ton travail ! » Mais... En fait, en réalité, peut-être que moi, la considération, je n'attends pas directement de ma femme, je l'attends peut-être de ceux pour qui je travaille. J'attends peut-être, enfin en tout cas, je suis heureux et gratifié lorsque je reçois des compliments dans mon travail. Et bien, la considération, tout simplement, mon épouse attend elle aussi de la considération de son mari. Et voilà, je m'adresse au mari, au père de famille, au futur père de famille. Et bien, sachez que vos épouses attendent de la considération lorsque elles font une machine à laver, lorsque elles préparent un repas. C'est vrai que souvent, moi j'ai tendance à avoir l'impression d'être un peu faux lorsque je fais un compliment, que c'est presque un peu forcé. Mais en même temps, je pense qu'il ne faut pas hésiter à faire ces compliments, même si on a l'impression parfois qu'ils sont un petit peu télécommandés en quelque sorte. Mais c'est important, cette gratification c'est humain. Tout être humain a besoin de gratification, de considération. Et oublier cela, c'est aller droit dans le mur. Commander des hommes, c'est d'abord et avant tout avoir affaire à des affects, à des passions. à des humeurs, à des baisses de régime, à des tempéraments qui sont différents, à des histoires personnelles. Les hommes ne sont pas des numéros interchangeables et c'est à la fois une difficulté, un défi, mais aussi une immense opportunité. Je vous lis le passage en question du père Gaston Courtois. Un chef ne doit jamais perdre de vue ce principe. Ceux qu'il commande ne sont pas des machines, mais des hommes, avec tout ce que comportent de fierté. de sensibilité, de susceptibilité aussi, c'est simple mot, des hommes. Je crois que là, on a tout dit quand on comprend que commander des hommes, ce n'est pas commander des machines, des robots, une IA, c'est commander des gens qui ont un cœur, des passions. Deuxième point, c'est le contact personnel. Un chef doit partager avec ses hommes et les connaître. Il doit les sentir. Et eux doivent aussi lire dans les yeux du chef que... Il a un intérêt pour eux qu'il compte finalement pour lui. Discuter, s'asseoir à table, être accessible, s'intéresser aux autres, prendre une bière, prendre un moment de discussion. Encore une fois, je suis timide, donc je ne suis pas naturellement enclin à aller vers les autres. J'ai toujours peur d'être ridicule quand je vais m'adresser à une personne que je ne connais pas très bien. Et j'ai parfois un manque de temps et je dois d'une certaine manière... prioritariser dans certains événements des contacts avec certaines personnes que j'ai moins vues ou que j'aurai moins d'occasion d'aller voir etc mais rien ne m'empêche encore une fois de passer quelques instants le temps de discuter autour d'un verre avec une personne, d'échanger quelques mots c'est très important je ne dis pas que je le fais forcément systématiquement mais en tout cas c'est souvent ce que j'ai un peu en tête de me dire dès que l'occasion se présente et bien mets-toi à la table d'un bénévole qui travaille avec toi, échange quelques mots avec lui, demande-lui ce qu'il fait dans la vie, essaye de t'intéresser à lui, parce que c'est important, c'est comme ça qu'on va souder des relations, c'est comme ça que petit à petit, les gens vont s'accrocher, grandir, sentir qu'ils comptent vraiment dans un collectif. Ces hommes, il les lui faut connaître d'abord par leur nom de famille, certes, mais plus encore par leur nom. d'âme. Les connaître non à travers les feuilles d'un répertoire ou les fiches d'un dossier, mais par un contact personnel. Tous les vrais chefs ont tardamment désiré le contact. Il faut aussi en tant que chef cultiver la phobie du travail en vase clos. C'est typique du management moderne. On a des tableaux, des indicateurs de performance, on a des fiches et on croit que tout cela suffit. même dans l'école, les notes scolaires, les évaluations, etc. C'est très bien, je ne suis pas contre les notes à l'école, mais ça ne révèle qu'un infime pourcentage de ce qu'est un enfant. Moi, souvent, je disais à mes élèves, et je le dis même aujourd'hui à mon fils, les notes, il ne faut pas s'en foutre en soi, mais simplement, il faut être conscient que la note, la plupart du temps, n'évalue qu'une seule capacité, la mémorisation et la restitution écrite d'une connaissance. Donc, dire d'un élève qu'il a 8 de moyenne, ce n'est pas forcément très bien d'avoir 8 de moyenne, c'est peut-être le fait qu'il ne travaille pas assez, etc. Enfin, il y a plein de causes, mais ça ne suffit pas. La note ne permet pas de lire la situation d'un élève. Et moi, quand j'étais prof, ça m'arrivait de faire passer des élèves qui n'avaient pas la moyenne dans ma matière, enfin, en tout cas, d'approuver leur passage de la classe supérieure parce que je savais que cette note ne reflétait pas l'ensemble de la situation d'un élève. Aujourd'hui, on a toujours cette tendance à simplifier, à mettre les gens dans des cases et à avoir une connaissance abstraite. C'est absolument de cela dont il faut se méfier lorsque l'on est chef, lorsque l'on doit s'adresser à un groupe, à un collectif. Il faut sortir de son bureau, il faut être au milieu de ses hommes, je vous lis le passage. Sans remonter à Haroun al-Rachid, le célèbre calife qui aimait à se promener incognito dans Bagdad, pour mieux connaître les aspirations de ses sujets et l'effet de ses ordonnances, rappelez-vous Lyotet, qui avait la phobie du travail en vase clos et recherchait avilement toutes les occasions de rencontres en plein vent pour capter, comme à la source, les réactions vraies de ses gouvernés à tous les échelons. de la hiérarchie. Quatrième paragraphe, il faut convaincre sans violenté, il faut donc du sens humain, bref, du tact. Le gros défaut des colériques, et je suis un colérique, c'est d'oublier qu'on ne fait pas grandir les gens en les bousculant. J'ai souvent tendance, parfois avec mes propres enfants, à me dire qu'une bonne leçon un petit peu qui te met un peu le nez dans ton caca, eh bien c'est ça qui va tout d'un coup te réveiller et faire en sorte que tu vas vraiment reprendre des bonnes résolutions, etc. C'est souvent une vue d'esprit, c'est une déformation en quelque sorte du tempérament qui fait qu'on se plante et on ne parle pas à ses propres enfants correctement, ou à ses propres élèves, ou à ses propres subordonnés. Souvent, on croit que c'est en haussant la voix, que c'est en prenant un discours un peu catastrophiste qu'on va réveiller les foules. Eh bien non, on ne peut pas les faire avancer sur le long terme sans employer une certaine délicatesse de la douceur. Attention, ce n'est pas de la fausse gentillesse et un ton mielleux. Il y a des gens qui sont insupportables justement parce qu'ils sont tout le temps tout mielleux, comme ça. Ça va, oui, tu vas bien aujourd'hui, etc. Bon, moi personnellement, ça me... Ce genre de ton m'exaspère, j'ai l'impression que c'est faux. Mais néanmoins, sans être mielleux, il faut de la compréhension, il faut de la bienveillance, il faut de l'humain. Le contact personnel facilite tellement la compréhension mutuelle. Mais attention, s'il est vrai de dire qu'il n'y a pas de tact sans contact, il peut malheureusement y avoir contact sans tact. Et c'est ici qu'il faut que le chef possède et développe en lui ce doigté. Disons mieux... Ce sens de l'humain qui lui permet d'approcher sans heurter, de toucher sans froisser, de convaincre sans violenter, de commander sans humilier. Cinquième paragraphe, c'est l'attitude extérieure et les dispositions intérieures. Il faut évidemment parler avec délicatesse. On peut, pour essayer justement parfois de faire passer une remarque, quelque chose, déjà... de ne pas humilier la personne en public, de la prendre un peu à part, de prendre le temps peut-être de parler un peu d'autre chose avant de parler du sujet qui fâche, même d'un point de vue corporel, ça peut être de poser une main sur l'épaule si ça se fait avec la personne en question, mais aussi il faut essayer d'accorder cette attitude extérieure avec une attitude intérieure, c'est-à-dire qu'il faut aimer vraiment les gens. Je me souviens du maire de Cé, de ma ville, qui était venu il y a quelques années donner une conférence. à l'Académie Acristina, et il nous avait dit en introduction de sa conférence « La principale et la première qualité d'un maire, c'est d'aimer ses administrés. » Je pense que c'est la principale qualité d'un chef, c'est la principale qualité d'un parent, c'est la principale qualité d'un professeur dans une classe. Il faut aimer les personnes qu'on doit diriger. Sinon ça ne sert à rien et on va aller droit dans le mur. Tout petit contribué. Le regard, le ton de voix, le geste, le port de tête. mais plus encore les sentiments intérieurs qui influent à notre insu sur notre comportement extérieur. On est tous au service d'un but commun. Si une personne dévouée m'apporte mon café, qu'une autre conduit pour que je puisse travailler quand on est sur la route, tout ça, ça peut évidemment se comprendre, ça peut être justifié, mais ça ne doit jamais me faire oublier que personne n'est à mon service. Le chef est un serviteur comme... le Christ, je suis venu pour servir, et donc il était au service du même but que ceux qui sont ses subordonnés. Je vous lis ici le passage du père Gaston Courtois. « Quel que soit le niveau social de ceux qu'un chef a sous ses ordres, il ne doit jamais oublier qu'ils ne sont pas ses serviteurs à lui, mais à leur rang, les serviteurs avec lui, d'une entreprise, d'un idéal, d'une cause qui les dépasse ensemble. » Votre manière d'être va influer l'esprit du groupe. Il y a là une nuance qui, si elle est bien comprise, influera sur les rapports du chef avec ses collaborateurs. 8. Un chef ne se réjouit jamais de constater une erreur et de la faire remarquer. Il aime au contraire voir progresser ses subordonnés. Ainsi, sembler triompher lorsqu'on a trouvé un inférieur en défaut, manifester une joie maligne, à rectifier une erreur, à relever un oubli, à souligner une influence, se montrer sottement heureux d'avoir l'occasion de donner une bonne leçon, sont des attitudes indignes d'un vrai chef. Neuf, il ne faut jamais blesser ses subordonnés. C'est parfois tentant de rire. même sans méchanceté, des bourdes commises par un débutant, un nouveau, on peut s'en amuser. Mais si c'est humain, eh bien on doit jamais, et on doit chercher à tout prix, à ne pas blesser nos subordonnés. Parce que le cœur humain est fragile, et je pense encore plus à l'heure des générations montantes, en particulier la génération Z et la génération Alpha qui le suit, parce qu'à force de vivre un peu dans un cocon, Surprotégé, la frustration est quelque chose de plus en plus difficile à vivre. Et donc, il faut en prendre compte. Si on veut faire monter les plus jeunes, il faut prendre en considération qu'ils sont peut-être plus fragiles que nous, nous étions à leur âge. Et donc, il faut aussi accorder son ton pour ne pas les blesser et les faire grandir. Le chef doit être un homme de cœur. Qu'est-ce que c'est qu'un homme de cœur ? C'est un homme capable de comprendre les autres, de se mettre à leur place et surtout, avant tout, de les aimer. Un chef a le droit d'être un homme d'esprit, mais il a encore plus le devoir d'être un homme de cœur, nous dit le père Gaston Courtois. 11. Il faut encourager. Il ne faut pas souligner en permanence ce qui ne va pas, il faut montrer ce qui va bien. Et c'est parce qu'il est un homme de cœur qu'il sait reconnaître un effort, dire au bon moment une parole d'encouragement, souligner délicatement un progrès ou une réussite. De cette manière d'ailleurs, il fait plus pour remonter à décourager. ou entraîner un indécis que par des critiques acerbes ou d'incessantes gronderies. Il faut aussi, en tant que chef, déléguer et faire grandir. Nombreux sont les chefs qui n'ont jamais trouvé de successeurs, qui sont restés tout seuls très haut, qui n'ont jamais finalement réussi à faire monter des subordonnés. Et je pense que ça c'est très important parce que si nous sommes sur terre ici-bas, nous savons que la vie est courte, la vie est brève, Et donc c'est parce que nous devons être des passeurs. Nous sommes là pour faire grandir, pour transmettre ce que nous avons reçu. Et donc il faut à un moment donné, en tant que chef, savoir s'effacer, donner sa place, être capable de confier. Et c'est un équilibre complexe parce que tout ça doit se faire sur du temps long. On ne cède pas sa place d'un seul coup, on ne laisse pas une œuvre qu'on a commencée tout de suite en démissionnant au bout de 2-3 ans en disant que ça tourne, non. Il faut progressivement faire monter les autres et rester là, un peu en sécurité, en étant là un peu pour conseiller, etc. Peut-être même simplement une figure tutélaire qui va représenter, être un lien de transmission. Mais préparer finalement sa mort, ça peut être triste et bête à dire, mais préparer son départ tout le temps. Et un départ, ça se prépare sur du temps long, pas du jour au lendemain. Mais ça implique d'avoir l'humilité. d'avoir la compréhension, la capacité, à un moment donné, de prendre du recul, de donner sa place aux autres. Il a le souci de confier ou de faire confier de plus hautes responsabilités à ceux qui en sont capables et dignes. Dans le cadre des responsabilités échues, il respecte les personnalités et favorise l'esprit d'initiative. Heureux de donner à chacun l'occasion de mettre en valeur ses aptitudes au service du bien commun. Le chef, c'est celui qui sait discerner les qualités et les talents de ses subordonnés pour les aider à porter du fruit. N'est-ce pas en s'appliquant à découvrir ce qu'il y a de meilleur en lui, et en y faisant appel, qu'on amène un homme à se valoriser et à fournir son maximum d'efficience ? Le fruit du tact, ça va être le climat de confiance dans un groupe. Un mauvais chef, c'est un chef qui va créer de la défiance, un chef qui va créer une atmosphère détestable. Un chef qui a du tact crée... autour de lui un climat de joie et de confiance où chacun est stimulé à donner toute sa mesure. Donc, à côté d'un vrai chef, on doit grandir comme à côté d'un père on doit grandir. C'est même à ce signe qu'on le reconnaît, près de lui, parce qu'il a le sens de l'homme, on se sent devenir plus homme au meilleur sens du mot. Alors, quelques réflexions personnelles que nous invite à poser le père Gaston Courtois. Avez-vous le souci de traiter avec égard tous ceux qui vous entourent ? C'est difficile. Parfois, il y a des gens avec qui il faut se forcer, avec qui on n'a pas d'atome crochu. Donc voilà, c'est important de comprendre en tant que chef qu'on a ce devoir de traiter avec de l'égard, avec justement cette capacité de compréhension, avec cette attention, chacun de ceux qui nous entourent. Considérez-vous que la politesse du langage et les manières s'y est à un chef. Moi, ça, c'est souvent quelque chose que j'ai vu autour de moi. Ce sont des gens qui ont, d'une certaine manière, des manières, mais qui manquent. de savoir vivre, de savoir être. Ce sont des gens qui, oui, connaissent les codes, en quelque sorte, de la bourgeoisie, mais qui se comportent avec une vraie indélicatesse vis-à-vis des gens. Et je pense que c'est ça qui est important, la délicatesse, c'est aussi de ne pas faire remarquer à une personne ses défauts de manière brute. Même être parfois capable d'écouter une personne, vous dites... C'est comme le nez au milieu de la figure, ses défauts, elle se plaint de situation, mais je vois bien en fait que quand elle me raconte ses histoires, en fait elle est totalement responsable de la situation dans laquelle elle est, mais qu'est-ce que ça va apporter le fait de le dire ? En quoi justement à un moment donné, alors ça veut pas dire qu'il faut être fou avec les gens, mais ça veut dire aussi qu'il faut être capable peut-être d'amener les choses de manière délicate, et être capable de... Ça sert à rien en fait, certains propos ne vont rien créer de positif à part dégoûter les gens. Êtes-vous heureux d'avoir pu humilier quelqu'un, même si ce quelqu'un le méritait ? Vous arrive-t-il souvent de plaisanter sur le compte des autres ? Si oui, soyez prudent. Plus on a d'autorité, plus les piqûres d'épingles peuvent être mortelles. Pensez-vous quelquefois à complimenter ou encourager sincèrement les autres ? quand ils ont quelque chose de bien. Pensez-vous quelquefois à complimenter ou encourager sincèrement les autres quand ils ont fait quelque chose de bien, ou vous contentez-vous de dire avec une moue dédaigneuse « Après tout, ils n'ont fait que leur devoir » . Lorsque j'avais visité le mouvement Casa Porn en Italie, on m'avait expliqué qu'à Casa Porn, il n'était pas coutume de dire merci parce que lorsque l'on est militant, tout ce que l'on doit faire, on le fait par devoir et d'une certaine manière, on n'a pas à être remercié. Ça m'avait marqué et je trouvais que c'était assez beau, assez juste. Et ce que j'en retiens aujourd'hui, c'est, je pense que quand on est militant, au sens où quand on considère qu'on a un devoir de donner de son temps, de prendre des risques, de s'offrir pour le bien commun pour son pays, eh bien, on le fait par devoir et du coup, on ne doit pas attendre des remerciements. En revanche, lorsque l'on commande, lorsque l'on est finalement dans une situation où on a des personnes en dessous de nous, je pense qu'on a le devoir de leur accorder une considération et par la considération, il y a également le remerciement. Donc j'entends trop souvent une sorte de mauvaise compréhension de se dire finalement qu'à partir du moment où on est dans l'ordre du militantisme, que ce soit le bénévolat, que ce soit dans les écoles hors contrat, que ce soit dans les paroisses, etc., finalement tout ce que les gens font, ça va de soi parce qu'on a tous le devoir de donner. Oui, c'est vrai en un sens, on a tous le devoir de donner, mais ça n'empêche pas de dire merci aux gens qui donnent. Et ce n'est pas une mauvaise pratique et être délicat avec les gens, ça n'a jamais été une mauvaise pratique. Attachez-vous une grande importance à connaître, à prononcer et à écrire correctement le nom des hommes auxquels vous avez affaire. Alors ça, moi je plaide coupable, j'ai une affreuse mémoire des noms et des prénoms, donc c'est extrêmement gênant. J'ai des personnes qui disent bonjour Victor. et le prénom ne revient pas immédiatement à moi. Parfois, après avoir dit bonjour à la personne en disant bonjour, eh bien, tout d'un coup, j'ai un éclair qui est dans le... Donc, s'il vous plaît, pardonnez-moi ce défaut. J'y travaille, mais c'est difficile. Exercice de la semaine. Avant de dire quelque chose à quelqu'un, essayez sur votre cœur, comme le recommandait Pascal, pour voir quelle impression vous ressentiriez si on le vous disait à vous-même. C'est toujours se mettre à... la place des autres. Sujet de conversation, pourquoi une tournure d'esprit caustique peut-elle être dangereuse chez un chef ? Alors, nous allons conclure cette série sur l'école des chefs. Si j'avais une chose qui me venait à l'esprit, un conseil à donner à tous ceux qui réfléchissent à comment être à la hauteur. des responsabilités que nous avons tous, je vous dirais que l'important, c'est d'incarner, l'important, c'est d'essayer d'être un exemple, et être un exemple même lorsque l'on n'est pas regardé. C'est essayer de chercher à mettre de l'ordre dans sa vie intime, personnelle. à essayer d'avoir une vie ordonnée. Et pour moi, une vie ordonnée, c'est déjà d'avoir, on pourrait dire, trois priorités dans la vie. Dieu comme première priorité, Dieu premier servi, comme disait Jeanne d'Arc. Donc, avoir une vie de prière, que Dieu ait une place dans notre vie, qu'on sache finalement à quel moment, quels sont les moments principaux que l'on consacre à Dieu. Et ça peut être à tout instant, on peut effectivement penser à Dieu. C'est déjà une prière de penser à Dieu. Ensuite. C'est sa famille, c'est ses proches. Est-ce que j'accorde une importance à l'éducation de mes enfants, à mon épouse, à mes proches ? Et troisième, c'est le travail, la patrie, tout ce qu'il y a finalement au-delà de notre cercle familial, qui est très important évidemment, mais qui ne doit pas se faire en sacrifiant les deux sphères premières. Donc dites-vous, est-ce que tout cela est ordonné ? Est-ce que j'essaye de mettre dans ma vie des choses qui soient saines ? scène dans mon corps, scène dans mon âme, dans mes habitudes est-ce que je suis un gros patachon ou est-ce que j'essaie de fouetter un peu ce gros patachon que je suis un peu naturellement parce qu'on est tous forcément enclins à la paresse, etc. et est-ce que j'essaie régulièrement de me mettre un peu des défis en termes de lecture, en termes d'hygiène de vie, de prière, etc. tout cela, c'est quelque chose qui se vit de manière personnelle et qui, pour moi, est une condition déjà de base pour quand on aspire, parce qu'on est regardé comme un exemple. Donc, il faut finalement essayer de vivre de cet exemple, de l'incarner déjà dans sa vie de tous les jours. Je vais vous lire le mot d'envoi du père Gaston Courtois. Je m'arrêterai sur quelques passages qui m'ont particulièrement touché. « Jeune chef, si vous avez bien suivi les conseils marqués au début de ce livre, voici plus de trois mois que vous avez avec... » patience et ténacité, travaillez à vous faire des réflexes de chef. Mais ne croyez pas pour cela que votre formation soit terminée. Il y a une patine que seul donne le temps et rien ne saurait remplacer la pratique du commandement en pleine vie. Avant de vous quitter, je vous laisse simplement trois ultimes pensées. 1. Le métier de chef est un métier difficile. 2. Le métier de chef est un métier rude. 3. Le métier de chef est un beau métier. Le métier de chef est un métier difficile. Vous avez encore beaucoup à apprendre. Il y a une psychologie du commandement qui ne se trouve pas dans les livres et que seule peut vous apporter l'expérience personnelle. Ça, je pense que c'est très important. C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Donc c'est en acceptant des responsabilités qu'on va apprendre à commander. Forcément vous ne vous sentez pas légitime au début, vous avez l'impression que ce n'est pas à vous, que c'est presque de l'orgueil que d'accepter à un moment donné une forme de commandement. Eh bien je pense que si vous avez ce sentiment, ça veut dire que vous êtes prêt pour le faire. Ça veut dire que justement si l'orgueil vous fait peur, c'est que justement ce n'est pas l'orgueil que de l'accepter. Soyez humble et prudent. Observez. Demandez conseil. Ça c'est très important le conseil. On ne gouverne pas seul. Il faut s'entourer de conseillers. Et justement parfois ceux qui n'ont peut-être pas le charisme et les épaules pour occuper votre position, par contre, ils sont de très bons conseillers. Ne croyez pas tout voir, tout avoir, tout savoir. Ne vous imaginez pas qu'avant vous, on n'a rien fait, et que tout va marcher comme par enchantement parce que vous arrivez. C'est l'art le plus délicat. Que celui qui consiste à conduire des hommes, dit le proverbe, vous vous en apercevrez vite. La tentation de l'orgueil est évidemment vite tentante. Dès qu'on a des responsabilités, souvent on est parfois flatté et on peut avoir tendance effectivement à s'illusionner un petit peu sur ce que l'on est. Donc il est toujours important de se rappeler que souvent les œuvres que l'on conduit, elles ont été conduites par d'autres hommes avant nous que des grands chefs qui en ont eu des bien plus grands que ce que nous pouvons être. Donc c'est toujours se remettre un petit peu à sa place. Et puis de se dire, je mène quelque chose de délicat, c'est un art en quelque sorte le commandement, donc restons humbles et essayons toujours de progresser. Le métier de chef est un métier rude, on ne s'y appartient plus. On appartient corps et âme aux autres et à la cause qu'il faut défendre, à la mission qu'il faut réaliser. On a parfois des coups durs. D'autant plus douloureux qu'ils peuvent venir de la part de ceux sur lesquels on croyait pouvoir s'appuyer. On touche du doigt, et d'une façon qui peut être à certaines heures dramatique. l'étroite connexion entre l'autorité et la responsabilité. C'est un métier où les erreurs de manœuvre peuvent se payer cher. Être chef, c'est des grands moments de solitude. C'est des moments où on sent vraiment tout le poids de la responsabilité sur nos épaules et on se dit, en fait, on ne peut plus se débiner. On ne peut pas s'en aller, on ne peut pas abdiquer. à moins d'être un traître, un lâche, et personne ne peut nous comprendre vraiment. Il y a des moments où on se dit je suis seul, et c'est une souffrance parfois qui peut faire justement douter de tout. Donc c'est important déjà d'entourer les chefs, tous ceux que vous avez au-dessus de vous, dites-vous parfois que les responsabilités qu'ils portent sont parfois dures à porter, donc il faut les consoler, il faut les... Il faut les épauler, il ne faut pas dire du mal d'eux, même si parfois, comme tout le monde est humain, tout le monde parfois commet des erreurs. Mais c'est très important. Et puis quand on occupe des responsabilités, c'est normal aussi d'éprouver cette solitude. Mais ayez confiance, le métier de chef est un beau métier parce qu'il oblige celui qui est le détenteur d'une parcelle d'autorité à s'en rendre digne. Il est le... au service de vos frères en humanité, il ne permet pas longtemps de rester médiocre, et pour peu que vous ayez du cœur, il vous amène à vous dépasser vous-même. Ça, c'est vraiment, je pense, très important. Comme on dit, voilà, noblesse oblige, un homme, ça s'oblige. C'est vraiment, je pense, une des choses à garder en mémoire, tant dans l'éducation que pour soi-même. La vie, c'est s'obliger. La vie, c'est se forcer. La vie, c'est Voilà, se commander à soi-même, c'est faire des choses qu'on n'a pas envie de faire. Se lever le matin, c'est toujours un combat. Donc voilà, un chef, ça s'oblige. Et le fait de s'obliger en permanence, comme dit Pergat-Sangoura, c'est un métier qui ne tolère pas la médiocrité, le métier de chef. Et bien un chef, être chef, c'est une aventure qui nous amène à nous dépasser nous-mêmes, à faire des choses qu'on n'aurait jamais pu faire si on n'avait pas été à un moment donné obligé de les faire par la responsabilité. Croyez en ce métier. Et quoi qu'il arrive, donnez-vous à fond. Prenez comme devise, y croire, Avez comme principe, croyez en ce métier, et quoi qu'il arrive, donnez-vous à fond. Prenez comme devise, y croire, y croire. Ayez comme principe, croire et vouloir ses pouvoirs. Grâce à vous, il y aura des hommes dont la vie aura été plus belle, plus féconde. Grâce à vous... Il y aura un peu plus de bonheur sur la terre, et en tout cas, un peu plus d'idéal. C'est extraordinaire. Le chef, c'est celui qui justement va faire grandir des hommes, va les porter, va tirer avec lui des hommes pour les rendre plus humains, et finalement pour les rapprocher de Dieu. Dans l'accomplissement de votre mission, si exigeante, tour à tour crucifiante et exaltante, pensez que vous n'êtes jamais seul. Pensez à celui au nom de qui finalement vous avez reçu autorité, c'est-à-dire pouvoir de commander. Il faut toujours être chef en union avec Dieu, en union avec le Christ. Et finalement, notre passion, c'est une manière de suivre notre maître, notre seul chef, Jésus-Christ. Aux heures sombres, demandez-lui avec confiance sa lumière et sa force. Aux heures lumineuses, faites monter vers lui avec allégresse la joie de votre âme. Comme Foch, au soir du 11 novembre 1918, Non nobis domine, non nobis se nominit tu odagloriam. C'est extrait d'un psaume. Pas à nous, Seigneur, pas à nous, mais seulement ton nom à la gloire. Je traduis mal, mais vous avez compris. Au revoir, frère chef, et bon service. J'espère que cette série sur l'école des chefs vous aura plu. Faites-moi parvenir vos commentaires, vos aspirations, vos témoignages autour de cette école des chefs. Recommandez-la. Je ne peux que vous recommander d'acheter ce livre, d'essayer finalement de suivre cette école des chefs comme c'est recommandé. Semaine par semaine, en lisant, en 3-4 mois, on a le temps vraiment de méditer. Je pense qu'évidemment, ça ne fait pas tout. comme le dit le père Gasson-Gourdois, c'est de l'expérience, on n'apprend pas tout dans les livres, mais c'est un bon exercice de prise de conscience de pas mal de choses qui peuvent être des angles morts, en quelque sorte, dans notre aventure de commandement et d'autorité. Et chers amis, je vous dis à la semaine prochaine sur le Retour au Réel.