Speaker #0Bienvenue dans Retrouve ton peps, le podcast qui vous fait voir le burnout autrement. Moi, c'est Delphine, coach professionnel spécialisé dans l'accompagnement du burnout. Ici, on met des mots sur ce qui se joue dans le burnout pour mieux le comprendre, accompagner celles et ceux qui le traversent et semer des graines en matière de prévention. Allez, c'est parti pour un nouvel épisode. Tu pensais qu'en t'arrêtant, tu allais pouvoir enfin souffler ? Alors pourquoi est-ce que tu peux te sentir aussi mal au moment même où tu es censé aller mieux ? Et si certaines des difficultés que tu rencontres pendant ton arrêt étaient justement celles qui t'empêchent de te reconstruire sereinement ? Alors avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à m'excuser platement auprès de mes fidèles auditeurs et auditrices parce que cet épisode arrive avec une bonne grosse semaine de retard sur le calendrier habituel des podcasts et des épisodes. Et comment te dire en fait que mon mois de septembre m'a littéralement mangé tout cru ? Alors finalement, c'est peut-être l'occasion justement de rappeler une chose, c'est que oui, je suis coach professionnel spécialisé dans l'accompagnement du burn-out, mais je reste quand même un être humain avec ses limites et ses moments de vie où finalement la vie a décidé de mettre mon agenda sans dessus-dessous pour ce mois de septembre. Bon, promis, je ne vais pas te faire un épisode sur le mois de septembre qui vient de s'écouler, on va plutôt parler de ce qui se passe quand on s'arrête de travailler et qu'on découvre que la reconstruction ne se déroule pas toujours comme on l'avait imaginé. Tu t'arrêtes enfin, après des semaines, des mois, parfois des années à tenir, et tu as essayé de continuer, de tenir, de faire face, de trouver des solutions, de surmonter les obstacles, comme tu en as sans doute l'habitude de le faire, parce que je te connais, et tu t'es peut-être dit que ça finirait par aller mieux en s'arrêtant. Effectivement, à un moment donné, l'arrêt de travail est nécessaire. Ce jour où tu n'as plus le choix, parce que ton corps, ton médecin, ou quelqu'un d'autre, quelque chose, t'a imposé cet arrêt. Alors au fond, après avoir refusé et nié l'évidence de la nécessité de s'arrêter, tu as peut-être enfin fini par penser « ça y est, maintenant je vais enfin pouvoir souffler » . Sauf que parfois, le plus difficile ne s'arrête pas au moment où tu mets la distance avec ton travail. Il peut même commencer autrement. Parce que tu pensais que tu allais enfin pouvoir prendre soin de toi, et tu te retrouves à culpabiliser de ne pas travailler, à te demander si tu es vraiment légitime dans cet arrêt, à avoir peur de croiser quelqu'un que tu connais lorsque tu fais tes courses. à avoir peur de croiser peut-être quelqu'un pendant que tu es en arrêt de travail, à te demander ce que tes collègues pensent de toi, et parfois à essayer de prouver que tu vas suffisamment mal pour avoir le droit de ne pas aller travailler. Alors oui, tu as bien entendu, pendant des mois, tu as peut-être tout fait pour cacher ton mal-être, et une fois à l'arrêt, tu passes parfois ton temps à essayer de le prouver. Parce que s'arrêter, c'est une chose, mais réussir à s'autoriser à récupérer, à traverser les émotions qui remontent à la surface et à retrouver progressivement confiance en soi et en ses ressentis, c'en est une autre. Et même si certaines émotions peuvent te donner envie de rependre au plus vite le travail simplement pour ne plus avoir à les supporter, j'aimerais que tu gardes ceci en tête. Ce que tu traverses pendant ton arrêt de travail ne signifie pas que tu es en train d'échouer à te reconstruire. Au contraire, comprendre ce qui se joue peut t'aider à avancer plus sereinement, sans te précipiter pour retrouver celui ou celle que tu étais avant. Et tu sais, ce qui est particulièrement difficile, c'est que parfois, même quand tu as enfin obtenu le droit de t'arrêter, tu continues à te comporter comme si tu devais mériter cet arrêt. Alors, première difficulté ou paradoxe pendant l'arrêt de travail, c'est la culpabilité. La culpabilité, c'est quelque chose qui revient très, très régulièrement. C'est très rare que je n'ai pas accompagné une personne qui se sente coupable d'être en arrêt de travail. Et il y a une phrase même qu'une de mes clientes m'avait dit un jour. et qui m'avait particulièrement marquée, elle m'avait dit « j'ai l'impression de frauder » . Elle parlait de son arrêt de travail. Donc, frauder comme si elle profitait du système, comme si elle prenait quelque chose qui ne lui appartenait pas, auquel elle n'avait pas le droit, comme si elle devait justifier chaque journée finalement qui était passée loin de son travail. Et pourtant, Dieu sait que ce n'était pas une personne désengagée. Au contraire, le profil des personnes qui vivent des burn-outs, c'est justement ces personnes qui sont loyales. engagés, fiables, qui ont justement l'habitude d'être responsables et sur qui on peut compter. Ce terme « fraudé » , je pense qu'il est tellement fort qu'il donne l'image et qui reflète vraiment le degré d'engagement, de loyauté et de fiabilité des personnes qui sont sujettes à l'épuisement professionnel. Cette culpabilité qu'il y a en général et que je retrouve très souvent, elle va nous pousser en général à vouloir absolument... aller mieux rapidement. C'est je devrais déjà aller mieux, pourquoi je ne vais pas déjà mieux, pourquoi ça allait hier, ça allait bien, aujourd'hui ça ne va pas mieux. Je devrais profiter de cet arrêt pour me remettre sur pied. Donc souvent, il y a quelque chose qui vient s'activer là sur le fait de devoir absolument se remettre sur pied au plus vite pour y retourner. Je ne peux pas rester comme ça pendant des mois. Voilà, il faut que je fasse tout pour... tout ce qu'il faut pour pouvoir reprendre au plus vite ou aller mieux au plus vite. Et finalement, je ne sais pas si tu remarques quelque chose, mais cette personne-là, même quand elle s'arrête, elle continue à fonctionner comme avant. Et peut-être que tu es comme ça, j'étais comme ça, c'est-à-dire qu'en fait, notre arrêt de travail devient une nouvelle mission. C'est un nouveau combat à mener. Bah oui, parce que la guerrière, maintenant je la sors tout le temps cette guerrière, mais elle va mettre toute son énergie restantes, du moins, à se battre contre ce burn-out, à se reconstruire à tout prix. Et puis, elle est coriace, la guerrière, donc elle ne lâche pas. Donc, il faut le guérir, il faut récupérer, il faut progresser. Donc, on va essayer de contrôler sa reconstruction et le temps que ça prend, comme on a contrôlé sa vie, en tout cas, jusqu'à présent. Sauf que maintenant, on se retrouve confronté à quelque chose qui est très compliqué à vivre, c'est cette incertitude et le fait qu'on ne contrôle, entre guillemets, plus rien. C'est notre corps qui décide et le temps, on ne le contrôle pas. Je prends encore un autre exemple parce que les personnes que j'accompagne au quotidien, un petit clin d'œil à elles si elles m'écoutent parce qu'elles sont juste formidables, mais souvent, il y a des phrases qu'elles me disent et je me dis mais mon Dieu, c'est tellement révélateur et je leur dis souvent, tu es normale. En fait, c'est vraiment quelque chose que je vois beaucoup et je trouve que prendre ces petites phrases permettent de se sentir encore plus comprise et moins seule. Il y en a une qui m'a dit récemment qu'elle avait de la chance d'être en arrêt. Voilà, qu'elle mesurait la chance qu'elle avait, qu'elle voyait les autres femmes qui étaient toutes au bout du rouleau aussi, complètement débordées, épuisées, et qui continuaient pourtant à tout gérer. Et en gros, en substance, c'est moi j'ai de la chance. Comme si finalement, le fait d'être en arrêt, alors qu'on est au bout du rouleau, qu'on a besoin de se reconstruire, qu'on a été jusqu'au bout de ses ressources, comme si le fait d'avoir... cet arrêt de travail était un privilège. Non, et je crois que d'ailleurs c'est à elle que je l'ai dit, petite dédicace à cette super cliente que j'accompagne, je lui ai dit non, en fait ton arrêt c'est ton médicament. Donc voilà, et c'est vrai qu'on a souvent cette image de ne pas avoir une jambe dans le plâtre. Donc cette culpabilité elle est vraiment très très présente. Derrière cette pensée, en fait, il y a quelque chose de bien plus profond, c'est la difficulté à reconnaître que son propre état nécessite réellement le fait qu'on s'arrête. Parce que parfois, c'est ça aussi. C'est qu'avant l'arrêt, on se dit j'en peux plus, mais on n'arrive pas à s'arrêter. Et puis finalement, une fois qu'on est en arrêt, on se dit peut-être qu'en fait, je n'avais pas besoin d'être arrêtée. Est-ce que mon état est si grave que ça ? Et est-ce que j'avais vraiment besoin de m'arrêter ? Parce que quand on est habitué à tenir, à compenser, à répondre, présent, et faire passer les besoins des autres avant les siens, prendre du temps pour soi peut devenir extrêmement difficile. Et c'est ce à quoi on est confronté quand on se retrouve en arrêt, c'est que finalement, on se retrouve à devoir prendre du temps pour soi. Le mot devoir, c'est terrible quand même, j'utilise ce mot-là, mais à prendre enfin du temps pour soi. Et en l'occurrence, ce n'est pas pour juste le fun, en l'occurrence, c'est pour guérir et se reconstruire. et un... culpabilise encore. Alors j'aimerais finalement te poser une question. Si tu t'étais cassé la jambe et que tu avais besoin d'un plâtre, est-ce que tu culpabiliserais autant de ne pas pouvoir courir ? Probablement pas de la même manière. Tu saurais que ton corps a besoin de temps pour réparer la fracture. Tu pourrais trouver ce temps long, frustrant, injuste, oui, mais tu comprendrais que tu ne peux pas décider de la vitesse à laquelle ton os va se consolider. Alors, pourquoi ? est-ce que c'est difficile d'accepter que la récupération après un burn-out ne se commande pas non plus à l'avance ? Alors attention, je ne compare pas le burn-out à une fracture sur le plan médical, c'est juste une image parce que c'est quelque chose qui revient souvent. Je veux juste parler de quelque chose de plus simple en prenant ces exemples, c'est qu'on peut décider de s'arrêter, ou en général on nous a forcé à nous arrêter, mais on ne décide pas toujours, voire pas du tout, du temps dont on aura besoin pour récupérer. Et c'est précisément ce manque de contrôle qui... qui peut être vraiment difficile à vivre. Tu voudrais aller mieux, tu voudrais retrouver ton énergie, tu voudrais pouvoir annoncer une date de reprise, rassurer ton employeur, retrouver tes habitudes, mais tu ne peux pas savoir combien de temps ça va prendre. Et plus tu essayes de contrôler ce processus sur lequel tu n'as pas ou très peu de moyens de contrôle, et plus tu risques de transformer finalement ta récupération en une source de pression supplémentaire. L'arrêt, ce n'est pas une récompense. Ce n'est pas non plus du temps libre. qu'il faudrait à tout prix rentabiliser pour aller mieux dans un minimum de temps, c'est un temps nécessaire pour ta santé, pour te reconstruire. Et tu n'as pas à mériter ce temps en souffrant suffisamment. Et je voudrais maintenant te parler d'autre chose, parce que cette culpabilité, elle ne reste pas toujours dans la tête. Parfois, elle finit par influencer des choses toutes simples, comme faire tes courses, accepter un café, sortir de chez toi, parce qu'au fond, tu as peur qu'on te voit et qu'on se demande si tu es vraiment en burn-out. Deuxième difficulté, et qui peut être liée à la première, mais aussi du fait de l'épuisement physiologique complet dans lequel on est, c'est la paranoïa. En fait, il y a une autre dimension de cette culpabilité dont on parle moins, celle qui peut te pousser à surveiller chacun de tes faits et gestes. Alors là, petite parenthèse personnelle, pendant mon propre arrêt de travail, j'avais décidé de ne plus sortir faire les courses. Je refusais catégoriquement que quelqu'un potentiellement me voit dans un magasin. Donc je faisais toutes mes grosses courses au drive, ou alors si vraiment, vraiment, je n'avais pas le choix que d'aller au magasin, je choisissais volontairement un créneau. où je n'allais croiser que des personnes âgées. Donc envisager, croiser potentiellement un collègue dans ce magasin, je choisissais en plus le magasin dans lequel potentiellement il n'y aurait aucun collègue. Bref, paranoïa totale. Donc maintenant, j'ai beaucoup plus de recul et j'en rigole, mais quand j'étais dedans, c'était vraiment, vraiment très compliqué. Donc voilà, pour moi, en fait, le fait de croiser quelqu'un qui se dirait « Tiens, j'ai vu Delphine, elle faisait ses courses. » c'était d'une aberration totale. C'est-à-dire que j'étais en arrêt. En gros, je n'avais pas le droit de faire des courses. Voilà. Donc, autant te dire que la partie café, aller prendre un café avec quelqu'un ou aller me promener au bord d'un lac, c'était quelque chose de très compliqué pour moi parce que je vivais en permanence en train de me dire mais qui va me voir en train de prendre un café ou qui va me voir en train de me promener ? Alors que justement, l'une des préconisations et des premières préconisations qu'on donne à une personne qui vient de s'arrêter, c'est va prendre l'air. va te promener, va prendre un café avec une amie. Voilà, donc c'est vraiment très compliqué à vivre. Ça ne parle peut-être pas à tout le monde, mais ça, c'est quelque chose, encore une fois, qui est normal, qui fait partie de ce qu'on peut vivre quand on est à l'arrêt. Il y a quelque chose qui est lié aussi à ça, c'est le fait qu'on ne se comprend pas forcément nous-mêmes, voire pas du tout au début. Et donc, on peut, par exemple, passer un moment où on va rire, vraiment rire. C'est ça le paradoxe aussi du burn-out, c'est qu'on peut... Très bien, rire avec une amie et on franchit la porte du travail, on se met à pleurer. Donc, voilà, personnellement, encore une fois, je passais parfois une super soirée avec des amis et j'oubliais pendant quelques instants ce que je traversais. Et ensuite, je culpabilisais. Donc, je me disais, mais ce n'est pas possible, en fait. Non, en fait, je vais bien, finalement, si je suis capable de rire. Donc, voilà, en fait, c'est comme si le fait d'avoir ri remettait en question la réalité de mon épuisement. Donc du coup... Si je reviens à la paranoïa, si je sortais à l'extérieur, c'est ce qui arrive aussi régulièrement, c'est de se dire, on se retrouve souvent confronté à « Ah, mais ta meilleure mine ou ta bonne mine, forcément, je vais prendre l'air, je vais me balader, je vois des amis, ça fait partie de ma reconstruction. J'ai besoin de ça pour récupérer et me ressourcer. » Donc voilà, parfois, c'est compliqué parce qu'on n'a pas envie de montrer cette partie de nous qui rit, en fait, pour... ne pas être jugé finalement. Et puis quand tu es de nature souriant, solaire, même si tu es éteint en partie avec ton burn-out, il y a quand même cette partie de toi qui, quand elle est en société, va quand même arborer potentiellement un sourire. Donc forcément, quel message ça envoie qu'on pense que ça envoie aux autres, on va mieux, en fait, on ne va pas si mal que ça. Donc, encore une fois, anecdote personnelle, parce que je pense que ce podcast me permet de me livrer aussi en partie, c'est que... Quand je sortais, je ne me maquillais plus parce que j'en avais marre d'avoir des « Ah, mais t'as bonne mine ! » Donc je ne me maquillais plus et parfois je me forçais à ne pas sourire. C'est assez violent quand j'y repense, mais parce que je n'en pouvais plus d'avoir des questions comme « Ah, mais tu vas mieux finalement, t'en es où ? » etc. Et devoir justifier que j'ai une meilleure mine, devoir justifier que j'ai quand même un sourire, c'était très compliqué. Donc on devient un petit peu potentiellement un peu parano pendant cette période et c'est encore une fois normal. Avec le recul, j'ai compris en fait quelque chose qui a changé ma façon de voir cette période, c'est que je ne cherchais plus seulement à guérir, j'essayais surtout d'être crédible. Et ça, c'est une charge supplémentaire, une charge mentale supplémentaire dont on parle très peu. Le fait de pouvoir vivre un moment agréable ne signifie pas qu'on a retrouvé sa capacité à faire face à son quotidien. On peut rire et rester profondément épuisé. On peut apprécier un repas, une promenade. Un moment avec ses proches sans pour autant avoir récupéré suffisamment pour reprendre son travail. Un moment agréable ne résume pas l'état d'une personne. Il ne raconte pas tout ce qu'elle traverse et surtout... La récupération n'est pas toujours linéaire. Tu peux avoir une journée où tu te sens mieux, puis une journée où tout te paraît de nouveau difficile. Ça ne signifie pas que tu reviens en arrière, que tu régresses, et ça ne signifie pas non plus que tu as menti sur ton état de la veille. Pourtant, quand tu culpabilises déjà de ton arrêt, tu peux interpréter chaque moment de ton mieux-être comme une preuve contre toi-même. Et c'est là que le regard des autres peut prendre énormément de place aussi, c'est que tu commences à anticiper ce qu'ils pourraient penser, Tu imagines leurs commentaires, tu te demandes ce qu'ils racontent au travail, tu peux même avoir peur de croiser un collègue dans un magasin, à la terrasse d'un café, et peu à peu tu vas adapter ton comportement à un jugement qui, parfois, et la plupart du temps, n'a même pas été exprimé. C'est toi qui t'imagines que les gens vont penser que. Alors tu vas commencer peut-être à te priver de sortie, tu vas refuser peut-être des invitations, peut-être que tu vas cacher certains moments de vie où t'as été bien pendant cet arrêt, non pas parce que t'as pas envie de les vivre, parce que tu as peur de ce qu'on pourrait penser de toi si tu les exprimes. Et en fait, ce qui est frappant là-dedans, c'est que parfois tu passes des mois avant de t'arrêter à cacher ton mal-être, et une fois que tu es en arrêt, tu continues à consacrer une partie de ton énergie à contrôler ce que les autres peuvent penser de toi. Troisième difficulté, quand tu es en arrêt mais que tu n'arrives pas vraiment à couper. Parce que même si tu es arrêté, ton lien avec le travail ne disparaît pas. Au contraire, il peut prendre énormément de place dans ta tête, tu peux avoir peur des conséquences de ton absence. Tu avais peut-être une promotion en perspective, une augmentation salariale qui devait arriver, tu avais peut-être un poste que tu aimais, une place dans une équipe, le sentiment d'être quelqu'un d'important sur qui on pouvait compter. Et maintenant tu te demandes, est-ce qu'ils vont m'en vouloir ? Est-ce qu'ils vont me remplacer ? Est-ce que je vais perdre cette opportunité ? Est-ce qu'ils vont finir par penser que je ne suis plus fiable ? Et tu n'as peut-être aucune preuve que ces choses vont arriver. Mais l'incertitude suffit à elle seule à alimenter toutes ces inquiétudes et peuvent créer de l'anxiété. Et là, tu te retrouves face à un véritable dilemme. D'un côté, tu sais que tu as besoin de prendre de la distance avec ton travail, parce que rien que de penser à ton entreprise ou à ton job, de voir apparaître le nom peut-être de ton responsable sur ton téléphone, ou d'imaginer une conversation avec lui, ou même un contact avec un collègue ou quelqu'un qui est en relation avec ton travail, tu sens peut-être déjà l'anxiété qui remonte. Les ruminations reprennent. tu repenses à ce qui s'est passé avant ton arrêt, t'anticipes de nouveau ce que tu pourrais dire, t'imagines toutes les réactions possibles, tu repasses éventuellement en boucle une discussion, un message, un mail, et ton cerveau se remet à tourner. Et parfois de nouveau, tu dors de nouveau moins bien, tu sens que ton corps se remet en alerte. Alors tu te dis que tu aurais besoin de couper le lien, au moins un temps pour pouvoir te concentrer sur ta récupération, mais d'un autre côté, tu as peur de ce que ce silence pourrait provoquer. Et s'ils pensent que je les abandonne, Et s'ils se disent que je ne fais pas d'efforts ? Et si mon absence finit par me coûter ma place ? Etc. Alors, tu te forces parfois à prendre contact ou tu n'oses pas refuser un appel de ton employeur, même si tu ne te sens pas prêt ou prête. Et quand tu envoies ton certificat d'arrêt de travail, tu peux ressentir éventuellement le besoin d'ajouter des explications, de justifier ton absence, de montrer que tu prends la situation au sérieux. Comme si le certificat ne suffisait pas et qu'il fallait aussi prouver ta bonne foi. Et si ton employeur te demande comment vas-tu, Est-ce que ça va mieux ? « Tu penses revenir quand ? » Alors là, tu peux te sentir complètement démuni, sachant que certaines de ces phrases sont tout à fait bienveillantes, comme le « Comment vas-tu ? » Il est totalement bienveillant. Mais comment répondre à ces questions quand toi-même, tu ne sais pas exactement où tu en es ? Tu ne vas pas bien, mais tu ne sais pas toujours expliquer pourquoi. Tu voudrais rassurer ton employeur, lui faire comprendre que tu n'as pas abandonné ton travail, que tu as toujours envie de revenir, mais tu ne sais pas quand. Certaines de mes clientes me racontent qu'elles préparent leurs réponses à l'avance. Elles les répètent parfois comme des mantras avant même de décrocher leur téléphone. Elles cherchent les mots justes, elles veulent être certaines de dire les choses correctement, de ne pas donner une mauvaise impression, de ne pas inquiéter ou de ne pas décevoir. Et derrière cette préparation, il y a une immense pression. Parce que c'est à la fois montrer qu'elles vont suffisamment bien pour rassurer, tout en essayant de faire comprendre qu'elles ne vont pas encore assez bien pour reprendre. Tu vois le paradoxe ? Tu vois dans quel impasse ? tu peux te retrouver. Si tu coupes le contact, tu as peur qu'on t'enveuille. Si tu gardes le contact, tu risques de raviver tout ce qui t'angoisse. Et pendant ce temps, tu continues à dépenser de l'énergie que tu n'as déjà pas forcément. Tu es en arrêt parce que tu ne peux plus continuer comme avant et pourtant tu continues à mobiliser de l'énergie pour montrer que tu restes une personne fiable, engagée, sur qui on peut compter. Comme si tu devais prouver que ton absence ne remet pas en question ta valeur professionnelle. Alors chaque situation est différente et les modalité de contact pendant un arrêt de travail. dépendent bien entendu du contexte, du relationnel avec l'employeur et du cadre applicable. Chaque situation est unique. L'enjeu n'est donc pas de dire qu'il faudrait... Couper ou pas couper le lien, ce n'est pas le débat dans cet épisode. Certaines personnes apprécient de garder un lien avec leur entreprise, tandis que d'autres ont besoin de davantage de distance pendant un certain temps. L'important, c'est surtout de pouvoir trouver l'équilibre, en fait, entre le maintien du lien professionnel et les besoins liés à ta récupération. Et pour ça, tu peux déjà commencer par observer ce que ces échanges, ou ces potentiels échanges, le fait d'y penser, provoquent à l'intérieur de toi. Est-ce que ça te rassure ? Est-ce qu'il t'aide à garder un lien serein avec ton travail ? Ou est-ce qu'au contraire ça ravive les ruminations, l'anxiété, les inquiétudes concernant ton retour ou ton avenir professionnel ? Ou ce qu'on peut penser de toi ? Et prendre conscience de ces effets peut t'aider à mieux identifier tes besoins et à réfléchir aux modalités de contact les plus adaptées à ta situation. Parce que tu n'as pas besoin de savoir expliquer parfaitement ton burn-out pour avoir le droit de prendre le temps de récupérer. Tu as le droit de ne pas savoir quand tu iras mieux Tu as le droit de ne pas avoir de réponse précise sur la date de ton retour et tu as le droit de ne pas être capable de résumer en deux phrases ce qui t'arrive. La récupération, ce n'est pas un calendrier que tu peux promettre à quelqu'un. Et si tu te reconnais dans cette situation, j'aimerais que tu gardes ceci en tête. Préserver ton énergie pendant ton arrêt de travail n'est pas un manque de professionnalisme. C'est aussi une façon de prendre soin de ce qui te permettra peut-être de revenir dans des meilleures conditions. Alors, pourquoi ? Pourquoi ressent-on le besoin de prouver sa souffrance ? Pourquoi une personne qui est en arrêt de travail sur prescription médicale peut-elle avoir l'impression de devoir démontrer qu'elle est réellement malade, qu'elle est légitime dans son arrêt et dans sa souffrance ? Alors, je crois qu'il faut revenir, pour le coup, à ce qui s'est passé avant l'arrêt. Pendant des semaines, des mois, parfois plus, cette personne, toi peut-être, tu as continué à travailler malgré les difficultés. Tu as compensé, tu as... essayer de tenir. Tu as peut-être et sans doute même minimisé les signaux. Tu as sans doute continué à donner le change. Les collègues ne voyaient pas forcément ce que tu traversais. Ton entourage ne comprenait pas toujours à quel point tu étais épuisé. Et toi-même, tu ne savais peut-être plus très bien comment expliquer ce qui t'arrivait. Et puis un jour, à force d'avoir épuisé tes ressources, tu t'arrêtes. Mais ce changement de situation ne fait pas automatiquement disparaître toutes les croyances que tu as construites au fil du temps. Si tu as appris à associer ta valeur à ta capacité à tenir des engagements, tu peux continuer à te juger à travers ce prisme. Si tu as toujours été celui ou celle sur qui on peut compter, tu peux avoir du mal à accepter de devenir celui ou celle qui a besoin d'aide à ton tour. Si tu as longtemps minimisé tes propres difficultés, tu peux continuer à douter de leur gravité. Et si ton entourage a régulièrement relativisé ce que tu vivais, tu peux avoir intériorisé certains messages. Tout le monde est fatigué, ça va passer. « T'es fort, tu vas y arriver » , c'est pareil pour tout le monde. Parfois, ces phrases partent d'une bonne intention, mais elles peuvent aussi renforcer une question qui est déjà là, « Est-ce que ce que je vis est suffisamment grave pour justifier que je m'arrête ? » Et même lorsque l'arrêt est posé, cette question continue souvent à tourner. C'est comme si, en fait, on avait besoin d'obtenir une autorisation supplémentaire. L'autorisation de se reposer, je dis bien se reposer pour récupérer, parce que c'est un chantier à l'intérieur. L'autorisation de prendre son temps. L'autorisation d'aller mieux et à son rythme. Un rythme qu'on ne maîtrise pas, je le rappelle. Et l'autorisation de ne pas aller bien tous les jours. Parce que la reconstruction après un burn-out n'est pas linéaire. Il y aura des hauts et des bas, mais ce ne sont pas des retours en arrière. Et puis il y a une autre difficulté. Lorsqu'on ne voit pas la souffrance de quelqu'un, on peut être tenté de la mesurer à ce qui est visible. Alors c'est là que je reviens à ce côté un petit peu où on retombe potentiellement dans une paranoïa. on va se dire, tiens, est-ce qu'elle sort de chez elle ? Est-ce qu'elle sourit ? Est-ce qu'elle fait ses courses ? Est-ce qu'elle a l'air en forme ? Et puis, on ne peut pas forcément des fois en vouloir à ces personnes parce qu'à l'inverse, on aurait peut-être eu les mêmes réflexes ou les mêmes réflexions. Mais ces éléments extérieurs, ce qu'on voit de l'extérieur, ne permettent pas à eux seuls de savoir ce que la personne est en train de vivre à l'intérieur et est capable de faire sur la durée. Ce n'est pas parce qu'elle sort une après-midi qu'elle n'est pas complètement épuisée et vidée en rentrant chez elle. après avoir fait un tour de pâté de maison ou après avoir été boire un café avec une amie parce que l'interaction sociale aura peut-être pris beaucoup d'énergie et qu'elle aura besoin de faire une sieste après. Tout ça, ça ne se voit pas. La souffrance ne disparaît pas parce qu'elle n'est pas visible à chaque instant. Et une personne n'a pas besoin d'avoir l'air mal en permanence pour que son épuisement soit réel. Donc c'est pour ça aussi que je trouve que la situation est si injuste pour la personne qui se retrouve à l'arrêt parce qu'elle a parfois passé des mois à cacher ce qu'elle vivait pour continuer à fonctionner et masquer sa souffrance, et lorsqu'elle s'arrête enfin, elle se retrouve à essayer de rendre visible ce qu'elle a appris à dissimuler. comme si elle devait maintenant apporter les preuves d'une souffrance qu'elle n'avait toujours pas réussi elle-même à nommer. Et ce besoin de prouver qu'on va mal ne se manifeste pas uniquement dans le rapport au travail ou par rapport au regard des autres. Il peut aussi s'inviter à la maison, dans la relation avec les personnes dont on attend justement qu'elles nous comprennent et nous soutiennent. Parce que quand tu traverses un burn-out, il peut être extrêmement difficile de faire comprendre ce que tu vis à ton entourage. Parce que toi-même, tu ne comprends pas forcément toujours ce qui t'arrive. Alors cette autre difficulté qu'on peut rencontrer quand on est à l'arrêt. Alors peut-être que tu vas me dire, je ne suis pas du tout en train de vendre du rêve avec cet arrêt de travail, mais c'est très important à mon avis d'être conscient des difficultés qu'on peut rencontrer quand on est en arrêt, et surtout de se dire, on n'est pas seul à les traverser. Donc celle dont je vais parler maintenant, c'est celle de ne pas se sentir comprise par ses proches, et notamment et surtout par son conjoint. Parce que le burn-out ne s'arrête pas. À la porte du travail, il rentre dans les maisons. Pendant des mois, des années, depuis peut-être toujours, tu as été celle qui gérait beaucoup de choses, celle sur qui on pouvait compter, celle qui anticipait, qui organisait, qui pensait à tout, qui prenait les choses en main. Et puis à un moment, tu n'y arrives plus. Ce qui semblait simple avant peut devenir très compliqué. Tu peux avoir besoin de dormir, de t'isoler, de ne plus prendre de décisions. Certains jours, tu te sens un petit peu mieux, tu retrouves de l'énergie, tu ris, tu as envie de faire des choses. Le lendemain, Tu peux te sentir à nouveau vidé et épuisé. Et pour ton conjoint, ses hauts et ses bas peuvent être très déroutants. Il a peut-être du mal à reconnaître la personne qu'il connaît, il ne sait pas toujours comment t'aider, ce qu'il peut demander, ce qu'il doit prendre en charge ou comment réagir lorsqu'il te voit aller mieux, puis aller moins bien. Et toi, de ton côté, peut-être que tu te sens incomprise. Tu peux avoir l'impression qu'il ne mesure pas ce que tu traverses, qu'il attend trop de toi ou qu'il ne comprend pas pourquoi tu n'arrives plus à faire certaines choses. Alors... Les tensions s'installent à ce moment-là, les échanges deviennent plus compliqués, tu peux lui en vouloir de ne pas te comprendre, et lui peut se sentir impuissant, démuni, voire lui aussi épuisé, ou ne pas trouver sa place dans cette nouvelle organisation. Alors il y a quelque chose d'important à comprendre. Comment expliquer clairement à quelqu'un ce dont on a besoin, quand soi-même on ne le sait pas encore ? Quand tu traverses un burn-out, tu peux avoir perdu tes repères, tu ne sais plus toujours ce qui te fait du bien, ce qui te coûte de l'énergie, ce dont tu as besoin pour te sentir en sécurité ou ce que tu es tout simplement capable de faire aujourd'hui. Alors, comment formuler une demande précise ? Comment dire j'ai besoin que tu m'aides à ou j'ai besoin que tu me laisses un petit peu d'espace pour faire ceci quand toi-même, tu découvres parfois d'un jour à l'autre que tes besoins sont différents et que tu ne connais pas encore ce qui est totalement juste pour toi. C'est normal, ça prend du temps. retrouver ses besoins. Apprendre à écouter ses limites, comprendre son propre fonctionnement fait partie du chemin de reconstruction. Et quand on a passé des années à s'adapter et à se suradapter, on est très souvent déconnecté de ses besoins. Donc, en attendant d'y voir plus clair, tu n'as pas besoin d'avoir toutes les réponses pour parler à ton conjoint. Au contraire, il faut anticiper cette partie-là. Tu peux commencer simplement par lui dire des choses beaucoup plus simples. Par exemple, je sais que ce n'est pas facile non plus pour toi en ce moment. Je sais que tu ne comprends pas forcément ce que je traverse, et puis pour être honnête, moi non plus, je ne comprends pas toujours ce qui m'arrive. Ça peut être aussi, je ne suis pas encore capable de te dire précisément ce dont j'ai besoin, ni combien de temps ça va prendre. Ce dont j'ai besoin, c'est de pouvoir me reposer sur toi pendant que je me reconstruis. J'attends pas forcément que tu trouves des solutions, j'ai surtout besoin que tu sois là, que tu m'écoutes, que tu me fasses confiance, même lorsque tu ne comprends pas tout. Et j'ai besoin que nous nous donnions du temps pour retrouver nos repères ensemble. C'est des choses qui sont... possible, encore une fois, à adapter à chaque situation. Donc bien sûr, chaque couple a son histoire et cette période de vie ne se vit pas de la même façon pour tout le monde. Mais il peut être très précieux de se rappeler que l'incompréhension ne signifie pas forcément un manque d'amour ou de soutien. Parfois, chacun essaye simplement de trouver sa place dans une situation qu'il ne comprend pas encore et où les repères sont complètement en train de changer. Et parfois, le premier pas vers une meilleure communication, ce n'est pas de réussir à tout expliquer, c'est de pouvoir simplement dire « je ne sais pas encore » . Mais j'ai juste besoin de temps et j'ai besoin qu'on avance ensemble. Et enfin, j'aimerais te parler d'une autre difficulté qui peut rendre la reconstruction plus complexe. C'est lorsque ta souffrance n'est pas reconnue par ceux ou celles qui y ont contribué, volontairement ou non. Apprendre à avancer, même sans obtenir toutes les réponses ou la reconnaissance espérée. Alors ici, je vais être très prudente sur le sujet parce que toutes les situations de burn-out ne se ressemblent pas. Toutes ne sont pas liées à un conflit relationnel ou à une organisation non soutenante. on ne peut pas attribuer la responsabilité d'un épuisement à une seule cause. ou à une seule personne. Mais dans certaines situations, la personne qui s'est arrêtée a le sentiment que personne ne cherche réellement à comprendre ce qui s'est passé, ce qu'elle a porté pendant tout ce temps, ce qu'elle a essayé de compenser, ce qui l'a progressivement conduite à ses limites, et parfois on minimise même ce qu'elle a vécu ou on essaye de trouver une autre explication pour se décharger de ses responsabilités. Parfois, on lui conseille simplement de tourner la page. Parfois, il ne se passe rien, aucune discussion, aucune remise en question, aucune reconnaissance de ce qui a pu contribuer. à notre épuisement. Et pendant ce temps, la personne essaye de se reconstruire. Elle peut se retrouver confrontée à une question qui est douloureuse. Comment avancer quand j'ai le sentiment que ce que j'ai vécu n'a jamais été reconnu ou n'est pas reconnu ? Parce qu'il y a une chose dont on parle beaucoup moins que des causes du burn-out, c'est cette difficulté à se reconstruire lorsque l'on ne se sent pas entendu dans ce qu'on a traversé ou dans ce qu'on traverse. On peut alors ressentir de la colère, un sentiment d'injustice, de l'incompréhension, du doute. Est-ce que j'ai vraiment vécu ? tout ça comme je le pense. Parce qu'à force d'être remise en question, tu peux finir par remettre toi-même en question ce que tu vis et ce que tu ressens. Et une question qui revient très souvent, c'est est-ce que je suis folle ? Est-ce que je m'invente ce qui est en train d'arriver ? Et derrière cette phrase, il y a souvent quelqu'un qui a passé tellement de temps à s'adapter, à relativiser, à comprendre les autres, à tenir, qu'elle ne sait même plus si elle peut faire confiance à ce qu'elle ressent. Alors, le besoin que quelqu'un reconnaisse ce qui s'est passé est humain, mais ça peut devenir une impasse et très très coûteux en énergie si toute la reconstruction dépend de cette reconnaissance. Parce qu'il arrive qu'on n'obtienne jamais les réponses attendues, que les personnes concernées ne reconnaissent jamais leur part de responsabilité, que l'organisation ne remette pas en question son fonctionnement, que l'histoire ne se termine pas comme on l'aurait espéré. Et je ne vais pas te dire qu'il suffit de pardonner, de lâcher prise ou de tourner la page, ce serait beaucoup trop simpliste. Mais se reconstruire, ce n'est pas oublier ce qui s'est passé, c'est retrouver confiance en sa propre perception. Ce que j'aime dire, c'est qu'on ne tourne pas toujours la page, mais on apprend à écrire la suite sans laisser cette page définir ce que nous valons, ni décider de toute l'histoire. Alors progressivement, tu peux apprendre à ne plus laisser cette expérience définir toute la valeur que tu t'accordes. Tu peux reconnaître ce que tu as vécu, même si tout le monde ne le reconnaît pas. Tu peux chercher à comprendre ce qui t'a conduit à cet épuisement. Même si les autres ne te donnent pas toutes les réponses. Et tu peux reconstruire la suite de ton histoire sans attendre nécessairement que toutes les personnes qui y ont contribué valident ton récit. Alors oui, ce chemin peut prendre du temps, voire beaucoup de temps, et nécessiter un accompagnement. Et il ne se fait pas de manière linéaire à chaque fois, mais il existe. Alors comment sortir de ces difficultés ? Pas en te forçant à ne plus culpabiliser. Pas en essayant de convaincre tout le monde non plus. mais en commençant peut-être à déplacer une... Une question qui est importante, c'est qu'au lieu de te demander sans cesse si tu as suffisamment de raisons d'être arrêté, qu'est-ce qui pourrait t'aider réellement à aller mieux ? Alors, concrètement, comment avancer dans sa reconstruction malgré ses difficultés potentielles ? Comment avancer quand toutes ces difficultés viennent parfois compliquer le chemin ? Alors, je ne vais pas te proposer une liste de 10 conseils pour aller mieux, parce que je sais que quand tu traverses un burn-out, ce n'est pas aussi simple que... je décide d'arrêter de culpabiliser, je dis non à tout le monde, etc. On ne peut pas arrêter non plus d'avoir peur du regard des autres ou réussir du jour au lendemain à exprimer clairement ses besoins. En revanche, j'aimerais te laisser aujourd'hui avec trois questions. La première, est-ce que je mesure mon état à ce que je suis capable de faire ponctuellement ou à ce que je suis capable de soutenir dans la durée ? Parce que réussir à faire les courses, à rire avec des amis ou gérer une tâche ne signifie pas que tu as forcément retrouvé toutes tes capacités habituelles. La deuxième, est-ce que je cherche à récupérer ou est-ce que j'essaye encore de prouver que je mérite de récupérer ? Cette question est importante, parce que si une partie de ton énergie est encore consacrée à convaincre les autres, à anticiper leur jugement ou à te justifier, il peut devenir alors difficile de te recentrer sur tes propres besoins. Et la troisième, est-ce que j'attends que les autres reconnaissent ma souffrance pour commencer à prendre au sérieux ce que j'ai vécu ? Je ne te pose pas cette question pour te demander de renoncer à la reconnaissance que tu espères. Je te la pose parce que tu peux avoir besoin d'aide pour avancer, même si cette reconnaissance ne vient jamais. Tu peux avoir besoin d'un espace dans lequel ta parole est accueillie, où tu peux mettre des mots sur ce que tu traverses, et comprendre ce qui se joue en toi. Et surtout, tu n'as pas besoin d'attendre d'avoir tout compris pour commencer à prendre soin de toi. L'arrêt de travail n'est pas une compétition. Tu n'as pas à récupérer plus vite que les autres. Tu n'as pas à démontrer que tu souffres suffisamment. Et tu n'as pas à passer chaque journée à prouver que tu vas mal pour avoir le droit de récupérer. Ton état ne se résume pas à ce que les autres peuvent observer de l'extérieur. Et ta reconstruction n'a pas à devenir une nouvelle performance ou un nouveau combat à mener. Bon, si t'es encore là... en train de m'écouter, c'est que tu es sacrément persévérant ou persévérante. Ou alors peut-être que tu es en train de faire la vaisselle en m'écoutant. Dans les deux cas, merci d'être encore là. Je te l'accorde, je ne t'ai pas vendu du rêve sur la reconstruction post-burnout. Et c'est justement pour ça que j'avais envie de faire cet épisode. Parce qu'on parle beaucoup de ce qui a conduit au burnout, de ses causes et de sa prévention. Mais on parle beaucoup moins de ce qu'on peut traverser après, une fois qu'on s'est arrêté et qu'on essaye de se reconstruire. Et je crois que c'est important d'en parler aussi, pas pour te décourager mais pour que tu puisses comprendre ce que tu vis, te sentir surtout moins seul et avancer à ton rythme. Et n'oublie pas, le médecin est l'interlocuteur principal à consulter. Et si je devais retenir une chose dans cet épisode, ce serait celle-ci. Parce que pendant des mois, tu as peut-être essayé de cacher ton mal-être pour continuer à fonctionner. Et une fois à l'arrêt, tu as parfois essayé de le rendre visible pour que les autres comprennent enfin. Peut-être que tu as culpabilisé de sortir, de rire, de passer un bon moment. Tu as peut-être eu peur de ce que tes collègues pensaient de toi. Tu as pu te sentir illégitime, voire même avoir l'impression de profiter du système ou de frauder, si je reprends l'expression. Et si ce que tu as vécu n'a pas été reconnu, tu as peut-être aussi dû faire face à cette difficulté supplémentaire, celle de te reconstruire sans obtenir toutes les réponses que tu attendais. Alors, si tu te reconnais dans ces situations ou dans l'une d'entre elles, j'aimerais que tu retiennes ceci. Tu n'as pas besoin d'avoir l'air mal à chaque instant. pour que ta souffrance soit réelle. Tu n'as pas besoin de te priver de moments agréables pour prouver que tu es épuisé. Tu n'as pas besoin de transformer ta récupération en une nouvelle course à la performance. Se reconstruire, ce n'est pas seulement retrouver de l'énergie, c'est aussi progressivement retrouver confiance dans ce que tu ressens, apprendre à reconnaître tes limites et arrêter de mesurer ta valeur à ta capacité à tenir, à produire ou à répondre aux attentes des autres. Et ce chemin, oui, peut être long. Mais tu n'as pas à le parcourir en te jugeant à chaque étape. Apprends step by step. Célèbre chaque petit pas. Et si tu as besoin d'aide pour comprendre ce que tu traverses et retrouver tes repères, tu peux te faire accompagner. Et tu trouveras les informations pour me contacter sur mon site pepsipotentiel.com Merci d'avoir passé ce moment avec moi. Même si tu es en train de faire ta vaisselle ou que tu m'écoutes à moitié, tu es toujours là. Rappelle-toi, l'arrêt n'est pas un échec. La reconstruction est parfois longue. Et c'est le début d'un chemin pour apprendre à fonctionner. autrement. Alors à très bientôt pour un nouvel épisode de Retrouve ton peps. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner pour ne rien manquer des suivants, à me laisser un avis 5 étoiles et à le partager avec ceux qui pourraient en bénéficier. On se retrouve très vite et d'ici là, prenez bien soin de votre peps.