- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Révolution Intérieure. Aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de recevoir Jennifer, mère de deux enfants et cofondretrice de la très jolie marque de lingerie menstruelle, Per Diem. Nous avons bien sûr parlé de ses deux accouchements et de la maternité, mais aussi et surtout du chemin et de la découverte de soi, de l'audace d'oser, et le dépassement de ses propres limites. Mais je ne vous en dis pas plus et laisse place à ma conversation avec Jennifer. Bonjour Jen, merci d'avoir accepté mon invitation de participer dans mon podcast.
- Speaker #1
Salut, merci beaucoup pour cette invitation.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, je pense que tu as des choses très intéressantes à nous raconter, donc j'ai hâte de conduire cet entretien avec toi. Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots, nous dire qui tu es ?
- Speaker #1
Je m'appelle Jennifer Dominguez, j'ai 42 ans, je suis la maman d'Alexandre qui a 8 ans et de Léo qui a 5 ans. Et je suis aussi la cofondatrice d'une marque de lingerie menstruelle qui s'appelle Perdiem Lingerie.
- Speaker #0
Ok, super, merci. Et alors ? Qui étais-tu avant la première naissance ?
- Speaker #1
Alors, avant la première naissance, écoute, j'étais une femme épanouie. En tout cas, j'avais la sensation d'être épanouie. Je me considérais un peu comme une citoyenne du monde. J'adorais voyager. J'étais très impliquée dans mon travail. Très passionnée par ce que je faisais. Je dédiais beaucoup de temps à mon travail et à mes amis et à mon amoureux.
- Speaker #0
Ok. Tu veux bien partager ce que tu faisais avant ?
- Speaker #1
Oui. Écoute, j'ai travaillé pendant longtemps dans des grandes entreprises, gros groupe un peu du 440, on va dire. dans le retail et dans la distribution. J'ai travaillé plusieurs années chez Carrefour, en France, en Thaïlande. J'ai travaillé chez Casino, j'ai travaillé chez Coca-Cola aussi pendant pas mal d'années. J'étais vraiment dans des emplois, dans des grands groupes, sur des postes un peu transverses, de marketing.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Merci. Et alors, avant de devenir maman pour la première fois, comment tu t'imaginais la maternité, la maman que tu allais être ? Voilà, comment te voyais-tu en tant que maman avant de le devenir ?
- Speaker #1
Écoute, ce n'était pas évident, je trouve, à imaginer. J'ai eu envie d'avoir des enfants un peu tardivement, je dirais. J'ai quand même passé beaucoup d'années. Je profitais de ma vie sans penser forcément à ça. Je pense qu'à partir de 30 ans, j'ai commencé à sentir que j'avais envie d'être maman. Ça a commencé vraiment à devenir beaucoup plus prégnant. Et voilà, j'imaginais pouvoir devenir une maman aimante, mais à la fois toujours quand même très impliquée dans mon travail. J'avais quelques pensées un peu limitantes en me disant que j'aurais peut-être du mal à avoir de l'autorité vis-à-vis de mes enfants. Voilà, c'est un peu la vision que je pouvais avoir.
- Speaker #0
Ok, on va voir si ça a pu évoluer avec la réalité. Est-ce que tu veux bien nous raconter tes deux accouchements, dans le détail avec lequel tu te sens à l'aise, et puis nous dire qu'est-ce qui t'a le plus surprise ? pour ces deux fois et quels sont les souvenirs qui restent gravés en toi à tout jamais ?
- Speaker #1
Alors, donc du coup, mon premier accouchement, donc c'était pour Alexandre, c'était il y a huit ans. J'ai passé une super grossesse déjà. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette période-là, de préparation à l'arrivée d'un petit être. Donc voilà, j'ai beaucoup aimé. Après, j'avais... très peur de l'accouchement, notamment parce que j'avais eu des partages d'expérience de maman qui n'avaient pas été très positifs. Et en premier lieu, le partage de ma maman, de ma propre maman, qui m'avait décrit son accouchement, enfin l'accouchement qu'elle a eu de moi, comme étant... affreux, horribles, enfin vraiment terribles. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à l'époque où elle m'a eue, elle n'a pas eu de péridurale. Et bon, ça a été du coup pour elle très difficile. Donc voilà, j'avais déjà cette peur liée à celle de ma mère. Sachant qu'après, elle m'avait raconté, parce que j'ai trois frères. Elle m'avait raconté les accouchements qu'elle avait eu après. Et pour mes trois frères, elle a souhaité avoir la péridurale. Et elle était très contente. Elle était très contente de comment ça s'était passé. Ça a été évidemment plus facile avec cette aide médicalisée. Donc voilà, du coup, moi, quand j'arrive, première grossesse, du coup, je ne m'imaginais pas accoucher sans péridurale. C'était pour moi une évidence, même si je me posais un peu la question. Je me posais un peu la question de comment font les autres femmes qui n'ont pas forcément accès à la péridurale. J'avais quand même cette empreinte forte du partage de ma maman, mais j'avais quand même des questionnements. En tout cas, quand je suis arrivée à mon premier accouchement, je m'étais préparée à la péridurale. J'avais rencontré une femme qui m'avait dit que j'avais besoin de faire un appartement. rencontrer l'anesthésiste et tout ça. Et en fait, j'avais un dernier rendez-vous une semaine avant le terme. J'avais un rendez-vous à l'hôpital. Et quand j'ai fait ce rendez-vous, donc à ce moment-là, moi, je n'avais pas de contraction. Je me sentais encore très en forme. Là, on m'a dit, ah, vous avez une rupture de la poche des os. Donc, il va falloir rester. Donc, j'étais, ah bon ? Mais je n'ai pas prévu de rester. J'ai des plans pour cet après-midi, pour ce soir, je dois retrouver des amis, etc. Il me dit, non, non, madame, maintenant, le travail va commencer, il faut rester. Donc, mon mari est parti chercher la valise, puisque je ne l'avais pas. Et du coup, on est resté, donc je suis restée à la maternité. Et finalement, Alexandre n'est arrivé que trois jours après. Donc entre temps ils m'ont déclenché, première fois, ça n'a pas fonctionné, deuxième fois, et deuxième fois c'est là où du coup j'ai commencé à avoir les contractions, les douleurs, ça n'a pas été très facile, j'ai trouvé que c'était vraiment douloureux. Et puis, je leur demandais si je pouvais avoir la péridurale, en fait. Ils me disaient, ben non, c'est trop tôt, c'est pas possible, trop tôt, trop tôt. Donc, les heures passent. Je leur disais, mais donnez-moi la péridurale. Et puis, finalement, le samedi... Donc, je suis rentrée à la maternité le vendredi. Le samedi soir, vers minuit, ils finissent par me donner la péridurale. Et en fait, là, j'étais déjà épuisée. Donc, je me suis endormie pendant plusieurs heures. Le travail continuait un petit peu. Mais en fait, la péridurale, ça m'a vraiment... Je ne sais pas. Je me suis... Ça m'a soulagée. Ça m'a soulagée. Et du coup, je ne sentais plus rien. Donc, du coup, je me suis endormie. On me réveillait toutes les heures pour voir un peu l'avancement. Et puis après, ça a repris vers 5h du matin, où là, du coup, ça a été l'arrivée du petit. Donc assez difficile. Enfin voilà, ça n'a pas été vraiment très facile. Mais bon, je... Le moment où finalement Alexandre est arrivé, ça a été tellement magique. J'étais tellement heureuse au terme de toutes ces heures d'attente, qu'il soit là, qu'il soit en bonne santé, parce qu'il y a eu plusieurs fois où on me disait, son cœur, il faut qu'on y aille plus vite. Je ne sais pas comment faire. Il y a un côté un peu où on ne sait pas trop comment faire. Avec la péridurale, je ne sentais plus grand-chose. Donc, c'était assez difficile de me sentir. connectée. Après, j'avais une sage-femme qui était géniale, qui m'a guidée, qui m'a aidée. Mais c'est vrai qu'il y avait un peu une déconnexion. Je me sentais un peu déconnectée quand même du moment. Jusqu'à ce qu'il arrive où là, évidemment, toutes les heures précédentes sont oubliées. Là, c'est vraiment la communion avec l'enfant. Je me suis sentie heureuse, soulagée, j'ai ressenti tellement d'émotion. incroyable, enfin voilà, d'amour pour ce petit être que je découvrais enfin pour de vrai quoi. Voilà pour le premier accouchement.
- Speaker #0
Et t'avais pas senti, parce qu'ils t'ont parlé de rupture ?
- Speaker #1
Oui, rupture de la poche des os.
- Speaker #0
Ils ont dit rupture, ouais. Mais t'avais pas l'impression de... Non,
- Speaker #1
franchement j'ai pas du tout senti quoi que ce soit. C'était vraiment une... En fait c'était pas une rupture pardon, c'était une fissure.
- Speaker #0
Ah, donc ils ont dit fissure ?
- Speaker #1
Oui, oui, c'était une fissure.
- Speaker #0
C'était plutôt ça ma question. Parce que ça me paraît plus une fissure si tu sens pas grand-chose et que le travail tarde à se lancer. A priori, c'est bon. Mais OK, et donc ils ont quand même voulu te garder juste pour une fissure ?
- Speaker #1
Oui, parce que... Comment,
- Speaker #0
t'as dit trois jours ?
- Speaker #1
Par précaution. Par précaution, il fallait que je prenne des antibios, au cas où, tu vois, il y aurait une...
- Speaker #0
OK, t'avais le streptobé ?
- Speaker #1
Voilà. au cas où il y ait une infection bactérienne ou quoi que ce soit. Le protocole. Voilà, exactement, le protocole. Et puis après, pour le second accouchement, ça s'est passé vraiment différemment, pour le coup. Ça a été plus rapide, plus connecté, très différent. Alors déjà, le projet, mon projet d'accouchement était différent. En fait... Autre chose en fait par rapport au premier accouchement, c'est qu'après, durant le postpartum, avec la péridurale, le fait que j'ai été vraiment très anesthésiée au niveau des jambes, au niveau du bas du corps, j'ai eu du mal à marcher pendant plusieurs jours, j'avais du mal à porter mon bébé. Donc j'ai ressenti beaucoup de frustration de ne pas me sentir capable de pouvoir prendre soin de mon petit. dans les premières heures et dans les premiers jours. Heureusement, j'avais un papa qui était là et qui a pris le relais, et c'était dans un sens une bonne chose. Il a pu aussi lui connecter avec Alexandre. Mais moi, en tout cas, j'en gardais une frustration. Et donc, pour le deuxième accouchement, je m'étais dit que je souhaitais pouvoir être un peu plus connectée avec ce qui se passait, essayer pourquoi pas de le faire sans péridural. Donc j'en avais parlé à Massage Femme, on s'était préparé pour ce moment-là, comment gérer la douleur sans anesthésie, comment utiliser le souffle, etc. Et donc quand l'accouchement est arrivé, alors là j'avais senti des contractions, pas mal de temps avant le jour J. Et donc je suis allée, enfin on est allée en marchant jusqu'à l'hôpital avec mon mari, en prenant le temps, d'être à l'écoute de ce qui se passait, de me connecter à ce moment-là, à la préparation de l'arrivée du bébé. On est arrivés à la maternité, qui se situait pas très loin, qui était à une dizaine de minutes à pied, et puis là je leur ai dit « bon, je sens que le bébé arrive, il faut y aller » . Et effectivement, le bébé était presque là.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui ! Donc ils m'ont dit on va vous mettre dans une chambre et puis en fait quand elle m'a ausculté, enfin quand elle a regardé, elle m'a dit ah bah en fait on n'a même pas le temps d'aller dans la salle d'opération, on reste ici c'est plus sûr. Et puis en fait je sentais les contractions arriver, je sentais que le bébé descendait, je me sentais vraiment connectée à mon enfant, je sentais vraiment L'arrivée, c'était vraiment... C'est difficile à expliquer en réalité, mais c'était tellement différent de mon premier accouchement où je me sentais déconnectée. Là, je sentais vraiment les choses telles qu'elles étaient. J'étais connectée au moment, j'étais là, je sentais mon enfant, j'avais mon mari à côté, il y avait mes sages-femmes qui étaient là autour de moi, donc je me sentais rassurée aussi. Et puis voilà, après... À un moment donné, elle m'a dit, « Bon, ne poussez pas tout de suite, on n'est pas encore bien prêtes, mais retenez-vous ! » Et puis après, quand elles étaient prêtes, on y est allées, et il est arrivé. En fait, il est arrivé en quelques heures, ça a été vraiment très très rapide, beaucoup plus fluide que pour le premier accouchement, et ça a été après une fin. Une révélation, en fait.
- Speaker #0
J'écoute, j'écoute, je dis rien.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et juste pour me situer, donc tu arrives, tu étais déjà complète ?
- Speaker #1
Non, non, je n'étais pas complète, mais le travail avançait.
- Speaker #0
C'était du travail actif. Voilà,
- Speaker #1
le travail était actif. Le col s'ouvrait vite. Chaque contraction, c'était actif, ça avançait.
- Speaker #0
Génial. Après ce deuxième accouchement, ton post... Par thème immédiat, ça s'est passé comment dans les premières semaines ? Parce que tout à l'heure, tu as évoqué cette frustration, ce sentiment de ne pas être capable, déjà dans ta tête et même physiquement, c'était pas anodin pour ton corps. Là, ce coup-ci, ça a été comment ?
- Speaker #1
Ça a été beaucoup mieux. Franchement, ça n'a rien eu à voir. Je me sentais beaucoup plus en forme, j'ai pu marcher tout de suite, je suis même rentrée de la maternité deux jours après chez moi à pied avec mon enfant. C'était pendant le Covid, donc c'était une période un peu particulière, j'ai dû accoucher avec le masque.
- Speaker #0
Eh oui !
- Speaker #1
Eh oui, parce que c'était comme ça pendant cette période-là, et du coup mon mari ne pouvait pas rester non plus avec moi. à la maternité. Après, on avait notre premier enfant, donc de toute façon, ce n'était pas vraiment l'idée qu'il ne reste non plus trop longtemps, mais en tout cas, il ne pouvait pas du tout rester. Donc, c'est moi qui me suis occupée de Léo tout de suite, et de toute façon, j'étais seule pour le faire, et en fait, je me sentais bien, je me sentais capable de le faire, je me sentais en forme. Alors oui, évidemment, ça laisse des stigmates de... d'accoucher par voie basse. J'ai eu une petite déchirure aussi, donc ça n'a pas été non plus complètement anodin. Mais ça n'avait rien à voir, en fait, par rapport à ce que j'ai ressenti dans le postpartum, lors de mon premier accouchement. Là, sur le deuxième, même si j'avais... Il fallait quand même que mon corps se remette. Là, je me sentais quand même beaucoup mieux. Je me sentais... Je me sentais capable. Il y a le fait aussi d'être déjà maman, donc je pense qu'il y a ce côté où peut-être qu'on est plus à l'aise sur certaines choses, bien qu'il y avait quand même des choses que j'avais un peu oubliées. Mais bon, ça revient quand même plus vite, on va dire. Dans le postpartum, ça a été beaucoup plus facile.
- Speaker #0
Effectivement, on peut se dire qu'on est plus à l'aise. Même si on oublie, ça revient vite, comme tu dis. Mais il y a aussi ce côté, bon, j'ai pas trop le choix, en fait. Il y a le premier dont il faut s'occuper aussi. Donc, tant mieux, en fait, si toi, t'étais déjà plus en forme. Parce que, de fait, il fallait vite se remettre d'attaque.
- Speaker #1
Ah ben, c'est clair, c'est clair. Il fallait se remettre d'attaque. Surtout que le premier, à cet âge... Enfin, moi, il avait 3 ans. Enfin, il allait avoir 3 ans. Donc, à cette époque-là, il avait besoin encore de beaucoup. beaucoup d'attention, évidemment. Il n'était pas du tout autonome. Et puis pour lui, son univers était un peu bouleversé. Il était un peu le centre de notre monde. Il doit partager avec quelqu'un cette attention. Donc voilà, il avait besoin de le rassurer. Il avait besoin de beaucoup de présence. Donc c'est sûr qu'un postpartum, quand on a déjà un enfant, c'est quand même plus sport.
- Speaker #0
Donc autant que celui-ci se passe bien sur le plan physique et psychologique.
- Speaker #1
Donc si ça se passe mieux, si déjà on se sent mieux psychologiquement, physiquement, ça aide.
- Speaker #0
Oui, et aussi c'est vraiment cette sensation d'être capable, je trouve ça primordial que tout puisse rouler, la vie de famille, que chacun prenne sa place. Est-ce que tu trouves que ton identité, elle a changé ? Bon déjà, la première fois, évidemment, on passe de femme juste à femme et mère, donc ça on est d'accord, mais après ces deux accouchements, est-ce qu'à chaque fois tu as trouvé des différences en toi, dans ton identité ou ta vision sur le monde, ton rapport ? Aux autres, à toi-même, à ton entourage. Et est-ce que tu as vu des différences entre ces deux fois différentes ?
- Speaker #1
Oui, alors clairement, ça a chamboulé pas mal de choses en moi. Dans ma perception des choses, dans ma perception de moi-même, dans mon identité, ça c'est sûr, ça a vraiment beaucoup changé. Pour le premier, à l'arrivée du premier enfant, mon premier garçon, c'est déjà un bouleversement. d'habitude de vie, de rythme de vie, la mise en place de la famille, de la maternité. Ça chamboule beaucoup, on a moins de temps pour voir les amis, on a moins de temps pour soi-même. Tout va être tourné autour de l'enfant et c'est vrai que quand on n'est pas encore parent, c'est vrai que je me disais, j'avais du mal à imaginer que ça pouvait être passionnant, que ça pouvait être enrichissant, que j'allais pouvoir me sentir bien dans cette nouvelle vie. Mais bon, je me disais, voilà, il y a certainement des choses que je ne perçois pas encore qui font que ça sera bien. Mais c'était difficile, je trouve, de l'appréhender. Donc voilà, il y a ce chamboulement de rythme, d'attention, d'intérêt. Par rapport à mon travail, j'étais quand même assez contente de pouvoir retourner dans un travail où je me sentais à l'aise dans ce que je faisais, mais j'ai commencé à me sentir en dissonance, tu vois. Je commençais à me dire, quand Alexandre va me poser des questions sur mon travail, qu'est-ce que je vais lui dire ? Et là, tu vois, je sentais que je commençais à ne plus trop assumer mon travail. Avant, il y avait beaucoup de choses où je me disais, oui, bon, mon travail, il est ce qu'il est, c'est un travail, ça m'apporte de l'argent, ça me permet d'avoir une vie super. superbe, ça me permet d'être maman, ça me permet de construire ma vie. Et c'est vrai qu'avec l'arrivée d'Alexandre, je me suis questionnée sur, en fait, est-ce que ma vie, elle est vraiment celle que je veux qu'elle soit ? Est-ce que je suis fière de pouvoir en parler à mes enfants ? Est-ce que c'est une vie qui va être inspirante pour eux ? Il y avait un peu ce questionnement sur quelle image est-ce que je renvoie. à mon enfant. Et donc du coup, voilà, il y a eu un peu un cheminement où je me suis dit, en fait, ça fait longtemps que je suis dans mon travail, en fait, je ne suis plus trop en phase avec les valeurs de mon entreprise et mes valeurs personnelles. Donc, il va falloir que je fasse quelque chose. Donc j'ai commencé un peu à chercher, mais tu vois, j'avais toujours quand même des pensées limitantes, parce que ça faisait tellement longtemps que j'étais dans mon travail que je me disais... Je ne sais faire que ce que je fais dans mon travail, qui voudrait de mes compétences. J'avais un peu du mal à me projeter ailleurs. Je sentais que je voulais faire autre chose, mais il y avait toutes mes pensées qui me retenaient en fait et qui me disaient que je n'étais pas capable de changer. J'essayais de passer des entretiens, mais finalement, il n'y avait aucun entretien qui n'aboutissait. Parce que j'avais cette petite voix qui me disait que j'étais peut-être pas suffisante. Enfin, je sais pas, il y avait des choses, des pensées que j'avais qui me limitaient dans ce changement. Et pour le deuxième accouchement, en fait, là, j'ai vraiment eu un basculement dans mon mental, dans toutes mes pensées, dans ma psyché. où là, je me suis dit, j'avais très peur de l'accouchement, et j'ai réussi à mener à bien ce que je voulais, j'ai réussi à faire cette chose qui est incroyable de donner vie, comme beaucoup d'autres femmes, beaucoup d'autres mères évidemment, donc ce n'est pas un événement si exceptionnel dans un sens, puisque toutes les femmes le font. Mais pour moi, c'était vraiment exceptionnel. Et en fait, ça m'a ouvert les yeux sur le fait que je pouvais tout faire. Que si j'avais réussi un jour à mener à bien ce projet de naissance, eh bien, il n'y avait aucune raison que je ne puisse pas changer de boulot, en fait. C'est un peu bizarre à dire. Mais ça m'a enlevé ces pensées limitantes, en fait. Ça m'a révélé le fait que j'étais maîtresse de ma vie, que je pouvais choisir ce que je voulais faire de ma vie. Voilà.
- Speaker #0
J'en ai des frissons à t'écouter. Génial. D'accord. Donc, ouais, c'est comme si une espèce de carapace ou de prison autoconstruite, en fait, ça explose et tu sors et tu y vas à fond dans toute ta puissance, souveraineté, enfin, tout ce que tu veux, détermination. Et oui, en fait, c'est bon, on va y aller, quoi.
- Speaker #1
Exactement. En fait, ça permet d'ouvrir les yeux sur, en fait, le fait qu'avant, j'avais effectivement un espèce de voile. Enfin, je m'auto-limitais sur plein de choses. Et voilà, ça m'a révélé qu'en fait, j'étais ma propre limite. En fait, j'avais beaucoup de pouvoir en moi, que je pouvais faire plein de choses et qu'il suffisait juste de le faire.
- Speaker #0
No limit.
- Speaker #1
No limit.
- Speaker #0
Ok. Bon, on va y retourner sur les aspects de ta vie professionnelle. Mais est-ce que, particulièrement cette naissance aussi, est-ce qu'elle a changé ta relation de couple ou pas ? C'était vraiment plus centré sur la perception de tes capacités, plus sur le côté pro. Je fais juste un petit pas de côté, parce qu'on s'est beaucoup focalisé sur le travail, on va y revenir bien sûr, mais c'était pour savoir, oui, tes relations dans ton couple, et puis même d'autres relations importantes dans ta vie, est-ce qu'elles, elles ont été transformées suite à la deuxième naissance, du coup, de Léo ?
- Speaker #1
Je réfléchis. Dans ma relation de couple, je trouve que ça n'a pas changé. Que ce soit pour la naissance d'Alexandre ou la naissance de Léo, on a toujours tous les deux été très liés, avec mon mari, assez fusionnels mine de rien dans la parentalité, dans l'éducation. On discute beaucoup sur comment est-ce qu'on veut faire les choses pour nos enfants, qu'est-ce qui nous semble être le mieux. Donc en tant que parents, en tout cas, ça nous a... Il n'y a pas eu de changement particulier. Dans le couple, ça n'a pas changé énormément non plus. Je dirais qu'on a repris notre vie de couple quelques mois après. Et je dirais que le fait d'avoir moins de séquelles liées à la péridurale, à mon premier accouchement, je pense qu'on a pu retrouver plus facilement une vie de couple. Après le deuxième accouchement. Je pense que ça a été plus rapide.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses, ou peut-être qu'il te l'a dit, ou est-ce que toi tu as l'impression que son regard sur toi, il a un peu changé ? Parce qu'il a été présent à la naissance de Léo, malgré le Covid.
- Speaker #1
Oui, il était là.
- Speaker #0
Comment il a vécu ça, lui ? Est-ce qu'il s'est dit, waouh, mais ma femme... Qui est-ce ? Ou alors, mais quelle déesse ? J'en sais rien. Est-ce que t'as eu des échos ? En ce sens, c'est pas obligé, mais j'en sais rien, c'est des questionnements, parce que c'est des choses qui peuvent arriver.
- Speaker #1
C'est vrai que comme il avait eu... Enfin, il a vu les deux accouchements, donc oui, je pense qu'il était... qu'il était impressionné. Il était impressionné par... par ma gestion de la douleur. Il voyait bien que j'avais quand même mal, mais que je réussissais quand même à... à être dans le moment présent, à pouvoir reprendre de l'énergie entre deux contractions. Après, il était vraiment très présent avec moi. Il m'a vraiment accompagnée. C'est un peu comme un travail d'équipe, mine de rien, même s'il ne le vit pas dans son corps. reconnaissante et heureuse qu'il ait pu être là avec moi mais c'est vrai qu'après il me disait c'est arrivé si vite, avec une telle facilité presque par rapport au premier que oui c'était assez surprenant finalement d'accord
- Speaker #0
C'est sûr que indéniablement, le rôle du papa, il est hyper important.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Heureusement que de nos jours, les mentalités changent et que les pères s'impliquent aussi dans l'accouchement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De plus en plus. Parce que leur rôle, il est quand même important. Ok, du coup, on va revenir. Donc, si tu peux me parler, donc tu as mentionné ta marque de lingerie menstruelle, Pair Diem. Alors, est-ce que tu peux... m'ont parlé, mais justement à travers le prisme sur la temporalité, comment ça s'est passé ? Tu as eu Léo, à quel moment tu as justement switché ? Tu as dit ok, je quitte mon entreprise avec qui je ne me sens plus en phase. Et comment ça s'est passé après dans le temps, la création de cette marque ?
- Speaker #1
Alors, j'avais expliqué qu'entre les deux... Après Alexandre, entre les deux accouchements, j'avais essayé de changer de travail. J'avais un peu envie de changer de structure, de type de structure aussi, parce que j'avais travaillé vraiment que dans des très grosses structures, grosses entreprises. J'avais l'impression d'avoir très peu d'impact. Et donc, j'avais envie de tester plus des petites structures, donc des startups, l'entrepreneuriat, ça me titillait aussi, mais je ne m'en sentais pas du tout capable. Je ne voyais pas comment ça pouvait être possible avec mon background. J'avais l'impression d'être modelée pour travailler seulement dans des grands groupes, grandes entreprises. J'avais l'impression d'être faite pour ça. Et que du coup, changer, aller dans une plus petite structure, que ce serait peut-être déstabilisant. Mais en même temps, je sentais en moi que j'avais envie de ça. Donc c'était assez paradoxal.
- Speaker #0
Déjà entre les deux ?
- Speaker #1
Déjà entre les deux, oui. Donc j'essayais de postuler sur des jobs dans des petites structures, des start-up, mais bon, ça ne le faisait pas. Et puis surtout, je voulais avoir un travail qui ait plus d'impact, un impact positif sur la société, sur l'environnement, sur les gens. Quelque chose qui fasse plus de sens pour moi, qui soit plus utile à la société. Et donc après Léo, c'est vrai que j'ai eu cette révélation où je me suis dit, en fait... J'ai des choses à offrir, j'ai des choses à donner, j'ai des compétences, donc maintenant je peux tout faire, je peux y aller, il faut que j'y aille, il faut que je le fasse. Donc j'ai commencé à chercher, et puis en fait, l'opportunité est un peu venue à moi, puisque j'ai une de mes meilleures potes qui est venue me voir, qui m'a dit voilà, j'ai cette idée de lingerie menstruelle qui soit plus esthétique, plus jolie pour les femmes. pour que les femmes se sentent belles, qu'elles se sentent bien, qu'elles se sentent puissantes, qu'elles se sentent fortes, même quand elles ont leurs règles. Et c'est vrai que quand elle m'a dit ça, je me suis dit, mais c'est génial, je veux trop faire ça. Je veux trop faire ça. Et oui, c'est ça, je voulais trop faire ça. Et j'avais juste cette pensée où je me disais, mais bon, c'est vraiment une amie très, très proche. Est-ce que monter une entreprise avec elle, est-ce que ce n'est pas risqué pour notre amitié ? C'était la crainte que j'avais. J'avais discuté avec plusieurs personnes qui étaient dans l'entrepreneuriat et c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui m'ont plutôt dit « Non, tu risques les conflits, ce n'est pas évident de se lancer avec quelqu'un de très proche. » Donc voilà, c'est vrai que j'avais plutôt eu des feedbacks négatifs, mais en fait, on en a beaucoup discuté avec Flore et mon associé. Et en fait, je me suis dit, allez, il faut que j'y aille. Moi, je sens que j'ai envie, j'ai envie de le faire. Ça fait du sens pour moi. C'est ce que je cherchais depuis hyper longtemps. C'est là, c'est pour moi. Donc, il faut y aller. Et donc voilà, on s'est lancé comme ça en fait.
- Speaker #0
Donc elle avait cette idée-là, mais rien n'était encore fait. Vous l'avez sortie de terre ?
- Speaker #1
Si, si. Elle avait déjà créé la société, elle avait déjà lancé des produits, elle avait déjà commencé à vendre, mais c'était vraiment les prémices. Ça faisait une petite année qu'elle s'était lancée. Et en fait, elle s'était rendue compte qu'il y avait beaucoup... beaucoup de choses à faire quand on est seul et qu'il y avait beaucoup de choses qui ne lui plaisaient pas forcément dans toutes les choses à faire quand on est entrepreneur. Donc elle cherchait quelqu'un pour s'occuper de toute la partie plus marketing, toute la partie digitale, ce qui était exactement ce que je faisais moi quand j'étais chez Coca-Cola. Du coup, en fait, on s'est retrouvés avec des compétences très complémentaires sur des périmètres assez distincts, finalement.
- Speaker #0
Les planètes se sont alignées.
- Speaker #1
Les planètes se sont totalement alignées, exactement.
- Speaker #0
Et donc ça, c'était il y a combien de temps, quand tu t'es joint à elle pour développer la marque ?
- Speaker #1
Eh bien, du coup, c'était il y a cinq ans. Léo, il avait... Il y avait cinq mois, six mois. Ah oui,
- Speaker #0
si petit.
- Speaker #1
Il était tout petit. Il était tout petit.
- Speaker #0
D'accord. Donc vraiment, ah oui, donc vraiment dans le postpartum quasi immédiat. Allez, vas-y, je mets un gros coup de pied dans la fourmilière, je quitte mon ancienne vie et go pour l'entreprenariat avec mon ami. Ok, génial. T'as su en fait conjuguer les deux, voilà, maman d'un nourrisson et d'un plus grand, entre gros guillemets, et nouvelle vie pro avec ton ami associé, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, après l'avantage d'être à son compte, d'avoir son entreprise, c'est aussi de pouvoir décider du rythme, décider de ce qui se passe en fait. Et c'est vrai qu'avec Flore, qui est aussi maman, on est toutes les deux assez alignées sur le fait qu'on est des mamans aussi avant tout, avant d'être des chefs d'entreprise. Et donc du coup, si la crèche appelle pour nous dire que notre enfant a de la fièvre, on y va. On a la possibilité de pouvoir beaucoup plus adapter notre emploi du temps, surtout dans les premières années de vie d'un enfant. Il se passe toujours des choses imprévues.
- Speaker #0
Bien sûr, oui. Mais tes maîtresses à bord.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Comme pour la naissance de Léo.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, c'est la possibilité de décider de prendre une journée pour pouvoir s'occuper des enfants, si c'est important, si je n'ai pas d'autre solution. Enfin, voilà, c'est génial d'avoir cette liberté-là.
- Speaker #0
Oui, ça contribue aussi. Tout à l'heure, tu as parlé beaucoup d'alignement. Donc, c'était plus au sens des valeurs et ce que tu laisses pour la société, pour le monde. Mais là, c'est aussi alignement avec toi-même, en fait, et tes propres valeurs à toi pour ta vie. C'est mes enfants avant tout.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et si je dois tout lâcher pour être présente, je peux le faire.
- Speaker #1
C'est vrai que sur le premier accouchement, sur l'arrivée d'Alex, il y a eu une remise en question, il y a eu des questionnements, mais je n'ai pas pu mettre beaucoup de choses en place, alors qu'avec Léo, j'ai vraiment été plus loin que juste la réflexion. J'ai vraiment mis en œuvre les choses pour être plus en phase. Et c'est vrai que je me dis... J'ai la chance d'avoir deux petits garçons qui sont en bonne santé. J'ai envie de pouvoir profiter de ces moments de vie qui sont précieux. Ils grandissent très vite. J'ai quelques regrets, par exemple pour Alexandre. Je suis retournée au travail, il avait deux mois et demi, à peine trois mois. Je l'ai mis tout de suite avec une assistante maternelle. Parce que j'avais prévu les choses comme ça. Parce qu'avant, j'étais dans mon travail à fond. Du coup, j'avais prévu les choses pour que je puisse retrouver ma vie de professionnelle, de cadre, dynamique. Et en fait, après coup, c'est vrai que je me dis, c'est quand même... En tout cas, moi, j'ai des regrets de ne pas pouvoir être restée plus longtemps à ses côtés dans ses premiers mois de sa vie. J'aurais préféré peut-être prendre un congé parental. Enfin, voilà. Donc, je l'ai pas fait, je l'ai pas fait, c'est comme ça. Oui,
- Speaker #0
on peut pas réécrire l'histoire.
- Speaker #1
On peut pas réécrire l'histoire, mais c'est vrai que... Il y avait un peu certaines injonctions que j'avais dans ma tête. Tu vois, il fallait que je sois une femme qui réussisse dans mon travail. Et donc, je voulais être mère aussi. Je voulais bien faire les choses. Mais c'est vrai que... Il fallait, enfin, dans mon imaginaire, il fallait que je puisse retourner au travail, me sentir bien et à fond dans mon travail, et pouvoir mener de front ma vie de maman, ma vie de professionnelle. Alors qu'en fait, si je m'étais vraiment requestionnée... Peut-être que j'aurais fait les choses un peu différemment.
- Speaker #0
Oui, l'injonction, enfin en tout cas, tu avais la sensation de devoir revenir comme avant, entre guillemets, tout en étant en plus mère.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Continuer à faire les mêmes horaires. En fait, j'avais peu de collègues qui avaient des enfants dans mes équipes. Donc, je n'avais pas beaucoup d'exemples. de maman qui aurait été avec, on va dire, un équilibre vie pro, perso plus équilibré. Après, j'ai changé d'équipe et après, j'étais dans d'autres équipes où là, l'équilibre était plus sain. Tu vois, si on devait partir... À 16h45 ou à 17h pour aller chercher les enfants à la sortie de la crèche, où l'école c'était pas mal vu ou quoi que ce soit. Mais bon, il y avait quand même cette image que la société renvoyait, en tout cas que je sentais moi personnellement, où il fallait continuer à réussir, à être bien. Même si je venais de vivre un des moments les plus bouleversants de ma vie.
- Speaker #0
Oui. Et du coup, ça me mène un peu à la question. Que dirais-tu si tu pouvais te parler à toi avant ? Avant de devenir maman, justement. Puis si tu as des choses différentes à dire avant chacun de tes enfants, tu peux les dire les deux, mais... Que dirais-tu ?
- Speaker #1
Je me dirais profite, profite profite et ne te dépêche pas ne sois pas dans le dans l'empressement de retourner au travail tu vois toute cette partie-là là où j'aurais préféré j'aurais aimé que Merci. Mon futur moi me dise que ça aurait été quelque chose de précieux et d'important pour moi.
- Speaker #0
Et t'as un message pour toi que tu étais entre l'arrivée d'Alex et Léo ?
- Speaker #1
J'aurais eu envie de me dire, crois en toi, crois en toi, tu peux tout faire. T'es super, n'aie pas de craintes, n'aie pas de barrières. Enlève ces barrières.
- Speaker #0
De toute façon, tu verras, elles vont tomber.
- Speaker #1
C'est ça, de toute façon, elles vont tomber.
- Speaker #0
Et alors pourquoi, à ton avis, cette transformation qu'on vit particulièrement Quand on accouche de façon physiologique, parce que bon ben voilà, toi tu l'as vécu de cette façon-là, t'es pas la seule, pourquoi cette transformation est si peu connue et reconnue dans la société ? Parce que j'ai la sensation que la majorité des femmes et même des gens, ils sont pas au courant que ça puisse arriver, mais même j'ai aussi la sensation... On a parlé tout à l'heure des injonctions. On attend des mères de revenir comme avant, bounce back dans l'ancienne vie. Et tout le monde est un peu c'est bon, elle a eu son enfant, allez, on y retourne. J'ai l'impression qu'il y a même... Les gens ne reconnaissent pas qu'il y a une transformation. Pourquoi, à ton avis ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup de choses qui entrent en jeu. Je pense que les femmes se sont beaucoup battues pour pouvoir prendre une place dans la société, dans les entreprises. Et je pense que du coup, elles se sont calées un peu sur le modèle des hommes. Comme si ce qu'elles avaient vécu en tant que mère, à travers l'accouchement, l'arrivée de l'enfant, c'était quelque chose d'anodin. Comme les pères, quand ils rentrent, quand ils reviennent d'un congé parental, ils n'ont pas vécu dans leur chair, dans leur corps, ce changement, cette révolution. Donc quand ils reviennent, même s'ils ont un changement dans leur rythme de vie potentiel et tout ça, je pense qu'ils ont plus de facilité à reprendre leur marque et à se retrouver dans le moule d'avant. Quand on est femme, je pense qu'il y a ce côté où la société nous a un peu imposé de devoir être des super mamans, à la fois gérer le travail sans laisser transparaître quoi que ce soit, la fatigue, des nuits hachées, de l'allaitement potentiel. Du corps qui met du temps à se remettre, et puis en même temps, être une maman accomplie, une femme épouse accomplie, qui retourne faire du sport. Il y a quand même une image un peu parfaite de la femme, mais que je trouve un peu compliquée quand même.
- Speaker #0
Comment, à ton avis, peut-on concilier son identité de mère avec les autres dimensions de sa vie ?
- Speaker #1
Je pense qu'il faut laisser le temps, le temps aux choses. Il faut se questionner, prendre du temps pour soi aussi, se questionner, faire le point sur quelles sont les nouvelles priorités. nos envies parce que tu vois je repense à ce que je disais à ma mois passée je disais ne t'empresse pas il y avait un peu un côté je voulais repartir dans la vie d'avant sans du coup prendre le temps de me dire qu'est-ce qui m'est arrivé qu'est-ce que ça change pour moi qu'est-ce que ça change pour mes priorités pour ma vie j'avais un peu l'impression que ça allait se faire comme ça et ça peut se faire comme ça mais après je pense que quelques temps après il peut y avoir des dissonances, il peut y avoir des burn-out il peut y avoir des moments où le corps s'exprime à nouveau et revient pour dire est-ce que tu es au bon endroit donc oui le conseil ça serait de prendre de du temps avec soi-même pour pour intégrer, oui pour se questionner intégrer, se questionner ok,
- Speaker #0
et que dirais-tu à une femme qui doute profondément de ses capacités à mettre au monde son enfant Parce qu'on parlait des conseils, donc il était plus d'ordre général. Mais particulièrement ce qui touche la naissance, que dirais-tu à cette femme qui a peur, qui doute d'elle ?
- Speaker #1
Je lui dirais que je comprends. Que je comprends qu'elle ait peur parce que c'est un moment inconnu. Mais qu'en tout cas, ce que je peux lui dire, c'est que c'est les plus beaux moments de ma vie. Donc, ce que je peux lui dire, c'est que dans tous les cas, il y a un instinct qui est gravé en nous, en fait, qui fait que, dans tous les cas, toutes les femmes réussissent à enfanter, qu'elles soient guidées par une sage-femme. Mais on a cette capacité en nous.
- Speaker #0
Non mais c'est très bien, c'est très très bien. Et c'est vrai. En tout cas, moi j'en suis convaincue maintenant. Et alors, à ton avis, à quoi ressemblerait un monde qui honorait pleinement la transformation des femmes après le fait de devenir mère ?
- Speaker #1
Oh là là, ce serait un monde merveilleux. Je pense que il y a j'imagine en tout cas un monde où les femmes elles se sentiraient plus légitimes plus plus incroyables en fait donner la vie C'est quelque chose d'incroyable, en fait. C'est quelque chose d'exceptionnel. Et donc, je crois que les femmes devraient toutes se sentir comme ça. Elles devraient se sentir exceptionnelles, elles devraient se sentir incroyables. Et si les femmes se sentaient comme ça, je suis sûre qu'il y aurait plus d'amour dans le monde, qu'il y aurait plus de bienveillance, plus... Je ne sais pas, c'est peut-être une vision un peu idéalisée, mais un peu biseux-nours. Mais je suis sûre que ça ferait du bien, en tout cas, à la société et à la planète, que les femmes prennent un peu plus leur place et qu'elles se sentent plus lumineuses, plus rayonnantes.
- Speaker #0
C'est beau. Qu'on prenne notre juste place dans la société à travers, entre autres, le devenir mère et que ce soit... Pas un... comment... quelque chose qui nous pénalise, mais au contraire.
- Speaker #1
Oui, qui nous révèle.
- Speaker #0
Et bien justement, tu me fais une transition vers ma question signature du podcast. Quelle est la révolution intérieure que l'enfantement a révélé chez toi ?
- Speaker #1
Quelle est la révolution intérieure que l'enfantement a révélé chez moi ? C'est assez simple. L'enfantement m'a ouvert les yeux sur le fait que je pouvais être moi-même et que je devais même être moi-même.
- Speaker #0
C'est super. C'est une des choses les plus importantes en fait, de comprendre ça et de l'honorer. Merci pour cette réponse et une toute dernière question est-ce que tu peux nous dire si on a envie de se procurer une des merveilleuses pièces de Per Diem comment, où est-ce qu'on vous trouve ?
- Speaker #1
Bien sûr, vous pouvez trouver notre lingerie menstruelle sur notre site perdiem.com ou bien chez nos boutiques partenaires qui revendent notre marque un peu partout en France et en Europe. Vous pouvez trouver la liste sur notre site.
- Speaker #0
Super, je ne manquerai pas de taguer la marque dans les notes du podcast, comme ça nos auditrices pourront vous retrouver facilement.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci Jeanne de t'être prêtée à cet exercice. C'était super de discuter avec toi de ces sujets, de comprendre... ton parcours, par quoi tu es passée. Je suis reconnaissante que tu aies passé ce temps avec moi.
- Speaker #1
Merci à toi pour cette invitation. Je suis ravie d'avoir pu partager et j'espère que ça pourra aider certaines femmes à se sentir plus à l'aise avec ces étapes de vie.
- Speaker #0
Je suis sûre. En tout cas, on est là pour ça. c'est l'objectif merci encore une fois merci à toi voilà cet épisode est terminé merci d'être resté avec nous jusqu'au bout j'espère sincèrement que vous avez pris autant de plaisir à l'écouter que moi à conduire cette interview passionnante je suis toujours émue à écouter des femmes témoigner de leur renaissance et la prise de conscience de leur propre puissance j'espère que ce témoignage et ceux qui suivront contribueront à changer le regard que vous portez sur la naissance. Abonnez-vous pour ne pas les rater. Et je vous dis à bientôt dans un nouvel épisode de Révolution Intérieure.