- Speaker #0
Bienvenue sur Rider Radio, le podcast des aventures moto. Je suis Richard et je vous emmène à la découverte de celles et ceux qui font le monde de la moto. Avant de te laisser avec mon invité du jour, je tenais à vous remercier car vous êtes de plus en plus nombreux à écouter Rider Radio. Je vais donc avoir besoin d'un petit coup de pouce pour continuer à faire connaître le podcast et donner envie à des passionnés toujours aussi inspirants de venir nous raconter leurs aventures. N'hésite donc pas à prendre une minute pour laisser un commentaire sur Apple Podcasts, Spotify et à partager tes épisodes préférés. Si tu suis Rider Radio, tu sais qu'on était au Salon du Deux Roups et qu'on a fait des rencontres de dingue. Voici cette nouvelle série spéciale où chaque épisode te plonge dans leur univers. Un grand merci au Salon du Deux Roups pour cette opportunité. Maintenant, place à notre invité du jour. Lolo, Laurent Cochet, je suis très heureux, très honoré d'avoir quelqu'un qui a vécu l'aventure comme toi à travers ces nombreuses années sur Rider Radio. Donc Rider Radio, c'est un podcast d'aventure moto. Et qui de mieux pour parler d'aventure que toi, ici au S2R, au Salon du Deux Rous ?
- Speaker #1
Ma différence, c'est en tout cas d'avoir été un peu précurseur, mais à travers pas du voyage ni de l'aventure. Ça existe depuis bien longtemps, mais peut-être de le raconter effectivement sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Il y a une question qui est très importante pour Raider Radio, et nous on a envie de savoir ça. Quelle est ta définition de l'aventure ?
- Speaker #1
Il n'y en a pas. C'est un super grand mot, voire même un gros mot l'aventure. Il y a des gens qui définissent aventurier parce qu'ils ont l'impression que tu fais des choses exceptionnelles. Moi, je peux te dire que tourner dans les mers du sud sur un bateau en solitaire, par exemple, pour moi, la définition de l'aventure, ça serait celle-là. Ce n'est pas ce que je fais moi. Se jeter du haut d'une falaise avec un wingsuit, c'est une forme d'aventure pour moi même presque suicidaire. Donc, si tu veux, et surtout, je ne mets pas de graduation. ni de degrés derrière le nombre de kilomètres, la destination, le côté exotique. En fait, je pense que tout le monde peut le dire. L'aventure, c'est ce que tu as choisi de faire, tout simplement.
- Speaker #0
Souvent, ce qu'on dit, l'aventure, c'est déjà de mettre un pas en avant.
- Speaker #1
Ça, je l'ai souvent dit. Il y a des gens qui passent le permis moto et j'en vois de plus en plus d'ailleurs qu'ils le passent sur le tard et qu'ils redécouvrent que c'est sympa. C'est vrai que la première fois que tu prépares ta moto, tes bagages... et que tu dis « Waouh, je vais aller me faire une semaine la route des Grandes Alpes » , c'est une forme d'aventure, de pression, de stress, de s'organiser, de peut-être se représenter un monde incroyable en se disant « Waouh, ça va être compliqué, ça va être dur » , et puis de se rassurer au fur et à mesure.
- Speaker #0
J'ai bien aimé forcément ta définition de l'aventure. Et ce qui m'étonne, c'est que dans cette définition-là, tu ne te définis pas forcément comme un aventurier. C'est peut-être plus les autres qui te définissent comme aventurier.
- Speaker #1
Oui, mais à travers un résultat qui a été travaillé dans le sens de l'aventure. Je ne dirais pas transformé, mais en fait, une prise de vue à un moment, elle ne vaut que si elle est assemblée avec d'autres choses. Si on a mis un peu de musique derrière qui transmette une émotion, si on a fait un effort d'écriture pour raconter ce qu'on veut dire. Et c'est pour moi tout ça assemblé qui fait que finalement... L'aventure que vous regardez, elle est peut-être plus puissante que ce que j'ai vécu moi sur place. Malheureusement, je dis souvent que les très beaux paysages, je les vois souvent à travers l'écran de mon drone. C'est presque un peu dommage. Mais en même temps, c'est aussi cette responsabilité, cette envie de ramener des choses montées, construites, des belles vidéos qui me poussent aussi vers les gens à m'arrêter, à avoir de la curiosité. Donc, pour moi, c'est aussi ça l'aventure, finalement. Effectivement, je ne perds pas beaucoup de temps, mais il me faut beaucoup de temps pour filmer. Mais se dire que les rencontres, vous en témoignez, c'est important. Moi, c'est mon aventure à moi.
- Speaker #0
Le fait de filmer, de prendre du temps pour ça, c'est que tu ouvres aussi l'œil sur quelque chose qui va nous marquer et te marquer aussi.
- Speaker #1
Moi je le... En fait, je le raconte souvent parce qu'il y a souvent des gens qui me disent « Ouais, ce serait sympa si je pouvais venir avec toi » . Et en fait, je vis une aventure qui est une aventure d'un tournage et qui n'est pas vraiment une aventure d'un voyage. Je pense que s'arrêter, faire 25 000 fois demi-tour, quand vous voyagez entre potes, il y en a un qui dit « On va aller à l'apéro, ça va suffire, on va prendre quatre bières, t'es gentil avec ton drone, ça va quoi » . Alors que moi, je suis vraiment dans ce travail-là. Et je le raconte souvent, c'est qu'il m'est arrivé d'être en Inde et d'être... crevé un soir, j'avais vraiment plus envie de rien, et je vois un gars au bord de la route, qui se relève. Il y avait une noix de coco dans la main, qui se met à genoux, qui la lance, qui se met à plat ventre et qui rampe jusqu'à la noix de coco. Une borde nationale, il y avait des roues, des camions qui passaient, c'était ultra dangereux. Et le gars se relève, se remet à genoux, lance sa noix de coco et ainsi de suite. Et c'est cette envie de témoigner qui fait qu'à ce moment-là, sinon j'en avais ras-le-bol, que je m'arrête, que je vais le voir. Je me suis dit mais explique-moi, c'est un nouveau jeu, c'est quoi l'idée ? Son t-shirt était troué. Il me dit, non, en fait, en Inde, on a ce système de pénitence. Je fais pénitence. Et donc, du coup, ça fait 500 bornes que je suis parti. Et voilà, donc c'est quand même assez chaud et curieux. Bon, après, il y a un système de caste qui fait qu'il m'a expliqué qu'il ne le faisait pas forcément pour lui. Tu vois ? Et pour moi, c'est aussi cette façon de se tourner, de s'intéresser aux autres. Je peux même être super chiant et insupportable en voyage. Parce que je vais croiser quelqu'un, je vais rester une heure à discuter. Tu vas attendre derrière, c'est super chiant.
- Speaker #0
Ça sert à ça, les voyages, justement, c'est d'aller vers l'autre. Ça permet de définir aussi le voyage. C'est d'aller vraiment vers les autres et de revenir avec quelque chose. Parce que cette personne-là, tu n'aurais peut-être pas pu l'imaginer en restant chez toi. Quelqu'un que tu pourrais aller...
- Speaker #1
Ah ça, non, le jeu de la noix de coco, non, je confirme.
- Speaker #0
Tu ne peux pas te l'imaginer. Il faut voyager pour ça. On a pas mal avancé sur cette... C'est sur ta vision de l'aventure. Il y a très peu de gens qui ne te connaissent pas dans le monde de l'aventure à moto. Mais est-ce que tu peux te présenter en deux mots, en sachant qu'on va revenir sur plein de choses ?
- Speaker #1
Laurent Cochet, 58 ans. Voilà quoi. Ce qui me fait vieillir, c'est l'œil des autres. Moi, personnellement, je m'en fous. J'ai passé 23 années à Moto Journal pour un magazine hebdomadaire où j'ai fait plusieurs rôles. J'ai fait des essais de moto, j'ai couvert les Grands Prix. A l'époque, ça ne s'appelait pas le MotoGP, entre 1993 et 1997. Et puis, j'ai eu une forme de lassitude de l'écriture dans un magazine. Le web commençait à monter en 2007. Et plutôt que de faire un énième site internet, j'ai lancé l'idée de commencer à faire de la vidéo. 2007, YouTube n'a que deux ans. On poste plus sur Dailymotion ou sur Vimeo si on voulait de la qualité. Et je me dis, tiens, on va avec en toute candeur commencer à filmer nos aventures, des essais et se mettre sur YouTube. Et voilà comment c'est parti. J'en suis parti en 2014 pour vivre ma propre aventure à travers une boîte de production audiovisuelle. Et voilà, c'est vrai que ça devenait compliqué pour la presse papier. Et je ne voulais pas me faire enfermer par... forcément, il fallait trouver des moyens pour vivre. Et à l'époque, les réseaux sociaux n'étaient que des dépenses. Voilà. Donc, c'était très compliqué de trouver des ressources pour financer tout ça. Je me suis dit, moi, j'y vais. Et voilà, je me suis lancé dans cette aventure. Et ça fait donc, je ne vais pas m'appeler le papy de la moto, mais une forme de précurseur, en tout cas, pas de la moto, mais de YouTube. Voilà, autour des voyages. Mais j'en ai toujours autant envie, toujours autant soif. Et d'idées aussi de façon de le raconter.
- Speaker #0
Il y a ces aventures que tu arrives à nous donner, à relater. Mais il y a eu aussi des aventures, il y a eu des aventures avant que tu puisses les partager. On en a parlé un petit peu en off. Et il y a un pays qui, moi, qui me touche beaucoup, qui est Madagascar. Et en off, tu m'as dit que tu as eu la chance, parce que c'est une chance d'aller à Madagascar. Et ça, personne, tu ne l'as pas jamais vraiment parlé, vraiment dit. Tes premières aventures, tes premiers amours avec la moto et le voyage, ça a été Madagascar.
- Speaker #1
Alors oui, parce que moi, en fait, à l'époque où je faisais les Grands Prix, j'avais un pote, Philippe Perronou, qui avait une boîte qui s'appelait Trail Rando et qui faisait pas mal de recos. Je suis allé une fois au Maroc avec lui. On a vachement sympathisé. Il m'a dit viens, on va faire des recos à Madagascar. C'est vrai que Madagascar, c'est quand même une grande île, mais c'est fou, en fait, qui est super proche de la Réunion et on trouve toute la richesse et un mode de vie très européen à la Réunion. Et là-bas, c'est ultra sauvage. Et bon, j'en suis revenu quand même avec une méningite virale. On ne revient jamais indemne. On n'en revient jamais indemne. On a des histoires à raconter. Mais c'est vrai que ça fait partie d'un des pays les plus sauvages que j'ai traversé. Et aussi, j'ai ramené une photo qui est juste incroyable de là-bas, où je suis avec, à l'époque, on est dans les années 90. J'avais loué une 400XR là-bas, une vieille moto, un moteur refroidi par RR8 et huile. Et il y a des inondations partout. Et je fais une photo. Je suis en train de pousser ma moto dans une rivière. Et à côté, il y a un mec qui est en pirogue. Donc, tu vois, il y a quand même un truc un peu curieux qui se passe. On a vécu au milieu d'une nature qui est juste incroyable. Et je dirais que c'est vrai que j'avais très envie d'y retourner parce qu'à l'époque, je ne faisais même pas de la photo, c'est de la diapo que je faisais. Et je l'avais raconté.
- Speaker #0
Tu as toujours eu en toi cette envie quand même d'aller ailleurs parce que là, c'était tes premières aventures. Madagascar, c'est quand même l'autre bout du monde. Est-ce qu'il n'y a pas d'appréhension, du stress ?
- Speaker #1
Si, énormément, parce que tu n'es pas... spontanément le mec hyper zen, rassuré, qui voyage, qui maîtrise tout, qui discute avec tout le monde, avec le sourire, qui prend les situations difficiles du bon côté. Non, on est tous pareil. Et c'est vrai que j'ai vraiment halluciné devant la difficulté de ce que j'ai rencontré là-bas. Et ça fait partie quand même des deux souvenirs où de temps en temps, en voyage, quand j'ai des moments un peu difficiles, je me dis que tu n'atteindras jamais ce que tu as vécu là-bas. Rappelle-toi. finalement, là, c'est cool. Voilà. Et c'est vrai que ça m'aide. Après, avec le temps, mes premiers voyages en Afrique, c'est 95. Donc, on est quand même plus de 30 ans plus tard. C'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai une façon plus décontractée d'arriver, de rencontrer, d'appréhender la difficulté. Les gens, c'est quand même plus simple. Mais c'est vrai que Madagascar, c'est quand même assez détonnant.
- Speaker #0
Déjà, le premier rapport que tu as avec Madagascar, c'est Anna. Pour ceux qui ne connaissent pas, est-ce que tu as ces souvenirs de cette ville ?
- Speaker #1
C'est toujours la difficulté de ne pas arriver là-bas par soi-même, d'être accompagné par, j'irais malheureusement, entre guillemets, ce que je vais dire un peu malheureux, par un Français qui va un peu te dire, fais gaffe quand même, c'est dangereux, protège-toi. Et du coup, ce premier voyage de l'aéroport vers l'endroit où tu vas louer la moto, tu te mets presque dans une bulle où il ne faudrait pas être.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas le pire des mâles, ça ? Oui, putain ! te préviennent de quelque chose qu'il n'a peut-être pas forcément en plus vécu ?
- Speaker #1
Oui, parce que malheureusement... C'est la télé aujourd'hui. En fait, il y a aussi de la bienveillance envers toi. C'est-à-dire que ça peut arriver, ils essayent de te protéger. Il y a des gens qui vivent là-bas, parfois en cercle fermé, des gens qui vivent à l'année là-bas, qui ne sont pas en contact vraiment avec la population ni le pays et qui vont juste monter à Nocibé, qui est l'endroit où tu vas passer des vacances, qui vont ressembler à n'importe quelle plage. Et tu ne vas pas vraiment te fondre dans le pays. Mais je trouve que c'est presque naturel, normal. Mais après, quand tu voyages, c'est à toi de te sortir, entre guillemets, de ces pièges-là, de ces phrases-là et de ces peurs-là. Alors, il faut faire gaffe aussi. Mais voilà, à ne pas te laisser polluer par tout ça.
- Speaker #0
C'est quand même très dur parce que là, on te prévient, il y a de la bienveillance, etc. Mais aujourd'hui, on a aussi les réseaux sociaux négatifs. Toi, tu fais partie des gens qui donnent quand même... Une vision positive du monde, une vision positive de l'humanité. Aujourd'hui, quand on allume, ce qu'il ne faut pas faire forcément, quand on allume la télé, on n'a pas envie de bouger.
- Speaker #1
Moi, je suis malgré tout... Et encore une fois, ça nous ramène avec la notion du voyage et de la dimension du voyage et de la façon dont on le voit chacun. Aller au Maroc, pour certains, c'est déjà une aventure juste exceptionnelle, avec de l'appréhension, de la crainte. Est-ce que je vais trouver à manger ? Est-ce que je vais trouver de l'essence ? Est-ce que je ne vais pas me perdre ? Alors que bon, globalement, ta carte verte fonctionne là-bas. Si tu as un problème, ton assurance est censée te rapatrier. Je dis souvent aux gens quand ils partent au Maroc, au début, j'en ai de quoi bivouaquer, de quoi bouffer, être sûr, un peu de bouffe liovisée, un petit réchaud. Mais il y a toujours un tagine qui t'attend, le couscous le vendredi. Donc, il faudrait peut-être s'emmerder avec tout ça. Mais il faut le savoir et il faut y aller une première fois pour le comprendre et pour le vivre. Et au fur et à mesure, tu t'aguerris à ça. Et la deuxième étape où moi, je connais vraiment très bien, c'est la Mauritanie. Mais la Mauritanie, dès que tu en parles, les gens ont une frousse incroyable parce que pour eux, il y a un espèce d'imaginaire négatif là-bas. Et bon, ne serait-ce que si tu vas regarder les infos... du ministère des Affaires étrangères, on va t'expliquer que la piste de Choum, qui est la piste le long de la voie de chemin de fer, qui est effectivement frontalière avec le Maroc, la Mauritanie, l'Algérie, est très dangereuse. Il ne faut surtout pas y aller. Sauf qu'il y a juste un train touristique qui circule là-bas. Il y a un avion français qui arrive à Attar à la bonne saison d'octobre à avril. Donc, je ne dis pas qu'il ne faut pas écouter ces infos-là. Mais en fait, quand tu voyages, tu t'aperçois que... Il faut faire attention, mais qu'il y a beaucoup de gens comme toi qui voyagent et qu'il faut se défaire un peu de ces peurs-là.
- Speaker #0
Il faut aller au-delà de ces peurs, de ces craintes. C'est un peu ce qui se dit. Et puis après, peut-être quand même. Un peu de sécurité, une petite marge où il faut faire attention ? Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Il faut savoir reconnaître un petit peu ces moments-là. Et après, ça aussi, c'est une affaire de personnel. C'est-à-dire que, je le dis, c'est un peu chaud, mais moi, je roule souvent en open face avec un casque jet parce que la première impression qu'on donne, le premier sourire, la façon d'aborder les champs, ça change tout. Derrière un intégral, malheureusement, y compris si on a des lunettes Iridium ou un écran teinté, on est comme dans une bagnole. Et moi, j'utilise vachement ce sourire vis-à-vis des gens. Et après, ce que je voudrais rajouter aussi, c'est qu'il y a des pays qui sont beaucoup plus perturbants et beaucoup plus dérangeants. On se retrouve plus facilement dans l'inconfort. J'ai traversé la Russie. Ce n'est pas un voyage dur, incroyable, mais l'inconfort avec les gens parce que la barrière de la langue, parce que la différence, c'est un pays où on m'a toujours posé la question pourquoi vous ne nous aimez pas, alors que j'ai passé des soirées incroyables avec des gens super gentils qui sont persuadés qu'on ne les aime pas. Et je ne fais pas de politique sur le coup. Je raconte juste ce que j'ai vécu. Et Madagascar aussi en fait partie parce que... Voilà, t'es vraiment au cœur de la nature. Il y a beaucoup de dialectes. C'est très compliqué d'établir un contact avec les gens. Donc effectivement, ça te positionne dans l'inconfort.
- Speaker #0
Et c'est ce que tu recherches quand tu vas à Madagascar. On recherche un peu d'inconfort au final.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Là, j'ai été servi.
- Speaker #0
Sinon, on serait resté à la maison. On va chercher tout ça. Oui,
- Speaker #1
mais encore une fois, il n'y a pas de graduation dans l'inconfort. On peut le ressentir chacun différemment. Et voilà, mais souvent, je donne des conseils aux gens en disant, c'est marrant parce que nous, en Europe, on a presque une bulle de sécurité autour de nous. Quelqu'un qui va t'approcher à moins d'un mètre, ou voir te coller, tu vas presque te sentir mal à l'aise ou agressé. Il y a plein de pays où, à travers la Mongolie, tu laisses tes clés sur ta moto, c'est que toi, tu as donné le signe. que tout le monde pouvait monter dessus et s'en servir. Tu laisses ton portable sur la table, tant qu'il n'est pas rangé, le mec va se déconnecter de ton Facebook, rentrer ses codes, pour aller voir sur son Facebook si ça n'a pas bougé.
- Speaker #0
C'est un bien commun.
- Speaker #1
Voilà, c'est un bien commun. Et c'est toutes ces façons de faire, où si tu le prends avec le sourire, et si tu l'acceptes, et si tu vas dès le départ dans cet état d'esprit, ça peut tout changer dans un voyage.
- Speaker #0
Il y a une petite interlude que je fais par rapport à la Mongolie. J'ai eu la chance aussi d'aller en Mongolie. C'est que traditionnellement, il est très mal vu de toquer à la porte d'une yurte. Et je trouve le symbole exceptionnel. C'est-à-dire que tu rentres. Je trouve ça tellement juste. Signe d'hospitalité le plus extrême possible. C'est juste génial.
- Speaker #1
Et normalement, quand ils voyagent, eux, vers la yurte la plus loin, il est très mal poli de ne pas s'arrêter dans la yurte. dans les yurts que tu vois. C'est clair. Non, mais c'est des façons de fonctionner.
- Speaker #0
Et le voyage permet ça, vraiment, de vivre ça. Et je trouve que quand on part, il faut qu'on récupère quelque chose. Et à notre petite échelle, tu vois, quand on est en Europe, quand on est en France, si on fait ces petites actions, sans forcément laisser tes clés sur la porte, mais des petites choses d'hospitalité, de quelqu'un qui passe, un randonneur, ou tout ce que tu veux, ça permet d'être meilleur, je trouve.
- Speaker #1
C'est bien. Mais je trouve qu'il faudrait voyager tous les mois pour ne pas oublier. Parce que quand on rentre, forcément, tu te laisses à nouveau à paix par ta vie, par ton confort. Je ne rêve pas de vivre dans une cabane au fond d'un jardin. Tout va bien. Mais c'est vrai qu'en reprendre cet air-là, ce goût-là, se dire que ça fonctionne différemment ailleurs. Et je le disais tout à l'heure aussi, c'est assez rare. globalement, les gens ont le sourire partout. Je parle beaucoup d'Afrique, que je connais bien. Il y a peu de pays où tu rentres et les gens, des fois, te disent, ils te prennent à témoin en disant, regardez comment c'est chez nous, regardez les routes, regardez dans quelles conditions on vit, et te prennent presque pour un grand reporter de TF1 et te disent, mais témoignez, quoi. Et c'est vrai que quand tu rentres dans ces pays-là, où il y a, par exemple, l'aide humanitaire, effectivement, tu... Tu commences même à te dire, est-ce que ça a du sens que moi, je vienne voyager, même si c'est pour témoigner, même si c'est pour découvrir, s'y prendre du plaisir. Mais tu commences un petit peu à te poser des questions aussi.
- Speaker #0
Ça cogite, parce qu'on se dit est-ce qu'on est à la bonne place, est-ce qu'on est au bon endroit ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Il y a toujours ce questionnement en tant que voyageur de se dire est-ce que ce n'est pas du voyeurisme en partie, mais en même temps, je te rejoins sur le fait qu'on donne aussi un petit quelque chose, même si on n'est que de passage.
- Speaker #1
Et tu satisfais une curiosité de leur part aussi, qui est intéressante, parce que tu sors ton téléphone, montes tes photos de ton chat, ta femme, de tes enfants, et ils vont s'apercevoir finalement que tu vis différemment, mais que finalement, il y a aussi des points communs. Voilà, donc, il m'est arrivé de sortir un drone en Nigeria et de le remontrer, mais l'avion qui fait de la vidéo, c'est chaud quand même pour l'avion télé, c'est quand même assez loin. Mais en même temps, c'est un moment incroyable qui passe. Alors tu viens avec ta technologie, ouais. Et tu as des sous. Mais finalement, tu partages aussi des moments d'émerveillement comme ça, grâce à tout ça.
- Speaker #0
Je reviens à 20 ans en arrière, avec ces premiers amours de voyage à Madagascar. Donc, tu as cette ville qui est grouillante, qui est Tanna. Et puis après, tu vas à l'ouest, à Morondav. Qu'est-ce qui se passe un peu dans ta tête, sous ton casque ? Équipé comme aujourd'hui, du coup, c'est quoi les différences qu'il y a entre ce que tu as vécu à l'époque et aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ah bah déjà, tu pars à 4 et au bout de 100 bornes, il y en a un qui dit non mais vous êtes gentil, moi j'y vais pas. Donc il y en a déjà un qui fait demi-tour, tu te retrouves à 3, tu te dis bon j'espère que ça va durer quoi. Le troisième d'ailleurs se pose la question de savoir si...
- Speaker #0
C'est quoi, c'est la difficulté du...
- Speaker #1
En fait on est rentré aussi, c'était saison des pluies et là-bas la terre, c'est une espèce de glaise mais ultra compacte, c'est du verglas. Franchement on tombait, tout ça c'est vraiment très difficile. C'est plus cette difficulté là. Et après, quand même, une forme d'aventure, franchir un fleuve qui a débordé sur toutes les rives. Normalement, ils ont des gros 4x4 Bigfoot qui permettent de sauver la situation. Normalement, là, plus rien ne fonctionnait. Quand tu fais des appels de phare en espérant qu'un mec un kilomètre de l'autre côté, avec un radeau, vienne te chercher, c'est quand même rock'n'roll. et je te montrais les photos tout à l'heure où je suis sur un radeau avec... Les couleurs des années, quand on faisait du ski dans les années 80-90, du mauve, du... Il fallait être un peu visible avec le pare-pierre JT. Mais effectivement, on ne se posait pas la question de savoir est-ce que je vais emmener des bagages souples, des bagages en dur. Moi, le voyage, tout ce que j'ai fait au début, c'était un sac à dos d'hécatelon le plus volumineux possible. Pas de tente, forcément, duvet, de quoi bouffer, un peu d'outils. Et tu portais ça, c'était l'enfer. Je suis pour le progrès. Et tu te tapais ça toute la journée sur le dos. Et il y avait moins de questionnements sur est-ce que je vais avoir oublié quelque chose ?
- Speaker #0
Tu veux dire que c'était plus simple dans l'appréciation du voyage ?
- Speaker #1
Je pense que les réseaux sociaux ont fait que... Alors c'est génial, parce que finalement il existe plein d'outils vachement sympas, rigolos. Pour s'équiper, il y a un petit côté Castor Junior. Puis on aime acheter tous ces gadgets, toutes ces choses, pour être sûr que ça va bien se passer. Mais oui, finalement, quand on rentre tous de voyage, tu fais le tri, tu regardes et tu te dis, ça, ça ne m'a servi à rien, sauf que la fois d'après, tu le ramènes.
- Speaker #0
Quand même.
- Speaker #1
On n'apprend rien.
- Speaker #0
La carte, le papier, le GPS, forcément, c'est des inventions de dingue. Mais comment tu... À Madagascar, comment tu navigues à la carte ? Comment se passe le quotidien d'un voyage un peu sans satellite, sans technologie ?
- Speaker #1
Le gros avantage de Madagascar, c'est que pour être dans le dur, tu n'as pas besoin d'aller chercher un petit chemin. Même une grande piste, tu peux être dans le dur. Quand il y a un camion qui est passé devant toi, qui l'a creusé des ornières de 1 mètre de profond, tu es dans le dur. Donc tu peux rester malgré tout sur des grands chemins de traverse. En tout cas, à l'époque où j'y suis allé, moi. Et les conditions faisaient que c'était suffisamment dur sans aller chercher d'autres problèmes ailleurs. Mais moi, j'ai fait beaucoup de VTT et je suis encore un amoureux de la carte. Et souvent, quand je voyage, par exemple, quand j'ai fait les Balkans, moi, j'ai eu besoin d'acheter une carte de chaque pays, les scotcher entre elles. Et le soir, je monte sur mon lit, je déplie tout, je trace et je regarde. Je me dis, ouais, qu'est-ce que t'as fait ? Où est-ce que t'es allé ? En fait, le device lui ne t'apportera jamais ce que j'appelle moi le point de vue de Dieu tu mets derrière Dieu qui tu veux qui te permet de prendre de la hauteur et de regarder où tu veux aller, ce que tu veux faire Et souvent, j'entoure les endroits importants avant. Je ne définis pas mes routes, ni routes mines, ni mes traces. Je sais globalement ce que je veux faire à peu près. Et ça me permet de savoir est-ce que je vais repasser un peu de temps là ? Est-ce que je vais avoir un paysage complètement différent, des choses différentes à raconter ? Ce point de vue de haut est hyper intéressant sur le papier.
- Speaker #0
Et puis la carte, je trouve qu'il y a un côté assez romantique, tu vois, de voir ce qu'on a fait. Oui. D'avancer. à travers la carte, c'est une forme de romantisme dans l'aventure. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Par contre, une fois de plus, comme disait Coluche, je ne fais pas de politique. Je vous déconseille la carte Michelin à la sortie du Maroc. Parce qu'il y a marqué Sahara occidentale dessus. Et une fois, j'étais en VFR 1200, je descends à Dakar et j'arrive à la sortie du Maroc. J'avais une grosse sacoche réservoir et au-dessus, le film transparent. Et le douanier voit. que j'ai une carte Michelin. Et il sait forcément ce qu'il y a marqué dedans. Et il me dit, déplie-la. Je la déplie. Il regarde, il me dit, ça n'existe pas, il n'y a que le Maroc ici. Mais il me l'a confisqué et il m'a fait un bond m'expliquant pourquoi c'était confisqué.
- Speaker #0
Règle ou autre.
- Speaker #1
En même temps, je sortais du Maroc, je n'en avais plus besoin. Je ne connais pas sa collègue de carte Michelin du Maroc.
- Speaker #0
Il y a... Il y a quelque chose qui est assez fort avec toi, on a parlé de Madagascar et ton attachement avec l'Afrique. Tu y es allé combien de fois à Dakar ?
- Speaker #1
Surtout, le plus important dans le voyage, c'est de jamais compter combien de fois ou ce que tu as fait, parce que c'est plus de trouver une raison supplémentaire, différente d'y aller. La première fois où je suis descendu, je suis descendu quasiment que par la route. C'est vrai que le No Man's Land, c'était chaud à l'époque, la partie entre le Maroc et la Mauritanie. C'était mon premier voyage initiatique. Après, j'y suis retourné avec les Transalpes, où là, on s'est vraiment mis dans la Mauritanie. Après, on y est allé, mais on a quasiment traversé tout droit quand on a fait du Cap Nord jusqu'à Cape Town avec les Ténérés 700. Après, j'ai fait l'Africa Eco Race. Et les gens disent souvent, ouais, c'est une course, c'est un truc à la con, parce qu'en fait, tu t'arrêtes pas, tu vois pas les gens. N'empêche que grâce à eux et à du roadbook... J'ai noté des endroits que j'ai vus où je pense que je ne me serais jamais aventuré tout seul. Et j'y suis revenu l'année d'après avec une petite Yamaha AG100, 9 chevaux, 1976. Et même la course permet de donner des envies et de trouver des repères. Et j'y suis retourné pour une autre raison. À cette époque-là, je me suis dit que je vais faire un voyage. Et comme je donne la main souvent à un mécénat chirurgie cardiaque, je suis allé jusqu'à Dakar. J'ai ramené dans le même avion. Je me suis retrouvé avec ma moto en soute sur un siège. avec une gamine qui avait six mois dans les bras, qui devait se faire opérer en France. Donc voilà, c'était... Je voyage, en fait, je n'essaye pas de m'inventer des vies, mais comme tous, quand je fais des vidéos, l'idée, c'est de trouver une raison d'y aller et un fil sur lequel je vais tirer une pelote que je vais dérouler en permanence. Il me faut cet objectif-là tout le temps. je pourrais retourner à Dakar dix fois, pas pour aller à Dakar, pour trouver une autre raison à chaque fois.
- Speaker #0
Et puis, les raisons sont incroyables. Aujourd'hui, profitez de voyager et de faire quelque chose pour ce qu'on va traverser. Je reviens souvent sur cette phrase-là qui est, on n'est pas là que pour consommer les kilomètres. Et toi, aujourd'hui, tu relates tes aventures. Et en plus de ça, il y a une partie... humanitaire que tu arrives à faire vivre dans ces voyages-là. Et donc ça, c'est tout à ton honneur.
- Speaker #1
Alors déjà, je ne fais pas grand-chose parce qu'en fait, l'argent, c'est vous qui le donnez, globalement. Je fédère et j'en parle et ça permet. 2020, c'est juste incroyable. Mine de rien, quand même, la communauté motarde, c'est 190 000 euros qui sont collectés, qui permettent de sauver 17 enfants. Ça a été, à travers le milieu motard, la plus grosse collecte privée jamais réalisée par Mécénat, qui par ailleurs donne la main à Samantha Davis, à travers La Voix, les partenaires des 24 Heures Auto, du Tour de France Vélo. Donc voilà, c'est quand même une belle association, mais ça montre aussi la générosité des motards, c'est juste incroyable. Et je me dis juste, peut-être parce que je suis un peu trop sensible, parce que Je suis le papy précurseur de la vidéo sur YouTube à moto. Je me dis, quand on a telle communauté, si on peut faire quelque chose de temps en temps, on va dire d'autre que de juste voyager, c'est bien. Mais en même temps...
- Speaker #0
Voilà, chacun fait ce qu'il veut autour de la générosité. Et il y a deux jours, j'étais à une soirée Vintage Ride qui est juste à côté là. Et il y a Sylvain Tesson qui a pris la parole. Et ce mec-là me fascine parce que je l'ai entendu un jour à la grande librairie où il posait la question à tout le monde, à des mecs qui étaient là, des voyageurs. Pourquoi vous voyagez ? Et on était partis dans une philosophie juste hallucinante. Et à un moment, Tesson sonne la fin de la récré en disant « Non mais moi je voyage parce que c'est bon, c'est aussi con que ça quoi » . Donc, il est capable de partir dans des délires incroyables en même temps que ramener vers ce qui nous plaît tous, voyager, se faire du bien, se faire plaisir, profiter de la vie. Puis, de temps en temps, on peut en tirer d'autres choses philosophiques et aussi utiles. C'est cool aussi.
- Speaker #1
Bien sûr. Est-ce que ça t'aide aussi à avancer quand c'est difficile ? Maintenant que tu as un objectif, tu as une quête, est-ce que dans la difficulté, ça te permet de ne pas lâcher ?
- Speaker #0
Là, tu parles d'un souvenir récent très douloureux. Je viens d'abandonner l'Africa Eco Race. Parce que, du coup, là, on pourrait se dire, tiens, c'est le troisième. Finalement, ça se répète. Pas tant que ça, parce que mon objectif, ce n'était pas moi d'arriver à Dakar sur l'Africa Eco Race. C'était d'emmener ma moto turbo que j'avais mis beaucoup de temps à faire, même si je ne connais pas grand-chose, je m'étais intéressé au sujet. J'avais passé pas mal de temps dessus. Et voilà, ça a été un peu dur d'abandonner. En fait, ce qui est fou, c'est que... Il m'est arrivé de monter au Cap Nord avec des pneus cloutés, je ne l'avais jamais fait avant. Il y a plein de choses que j'ai tentées en se disant on verra, c'est quasiment tout le temps passé. Là, ce n'est pas passé.
- Speaker #1
Comment ça se fait que tu arrives toujours à trouver quelque chose de différent ? Alors tu as toujours un objectif et ça se permet d'avancer, mais comment ça se fait que tu souhaites tout le temps que ça soit différent ?
- Speaker #0
Alors là, c'est facile. Je te donne l'opportunité tous les matins de te dire, j'arrête mon boulot. La seule chose que j'ai à faire, c'est d'imaginer quelle connerie, quel voyage, quelle envie j'ai, et d'avoir, et je dois le reconnaître, la chance d'avoir les moyens de le faire. Qui se fait, je ne vais pas le cacher, à travers les marques qui me soutiennent. C'est pour ça que je n'aime pas le terme d'influenceur. Parce que j'ai commencé en 2007, ça n'existait pas. Et quand un mec part faire le tour du monde à la voile avec marqué banque populaire, c'est la même chose. Voilà. Mais ouais, voilà, c'est une chance. Et du coup, forcément, ça développe un peu la créativité. Je pense qu'imagine une ville motard où on dit t'inquiète pas, tu vas pouvoir faire tout ce que tu veux. C'est extraordinaire.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
La créativité, elle est là, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
Maintenant qu'on arrive un peu à la... à la fin du podcast, je sais que Madagascar ça a été un peu les débuts, je sais que t'as des projets qui arrivent, je sais pas si tu veux aussi en parler ou tu veux garder un petit peu de secret là-dessus mais je sais qu'en fin d'année je fais une petite passation avec Madagascar sur la fin d'année, c'est vrai que c'était cool d'en parler et j'ai trop hâte de te voir de nouveau à Mada donc est-ce que tu peux déjà un petit peu en parler ?
- Speaker #0
Alors après il y a différents types de voyages que je n'ai pas vécu un truc dans l'inconfort et dans la difficulté. Et j'ai envie de m'y refrotter. Sans doute avec mon pote Amaury Baratin, on a commencé à en parler. Et de retourner vers un truc vraiment authentique, basé sur la rencontre, le bivouac, la difficulté. Même si tu n'as pas de massif montagneux incroyable, de marches à franchir hallucinantes, ce n'est pas un coup d'enduro extrême. Mais voilà, j'aimerais bien me refrotter à ce côté authentique. L'année dernière, j'ai fait une vidéo sur l'Autriche, les grands cols, un petit coup en Roumanie, des choses comme ça. C'est génial, c'est de la proximité. Mais de temps en temps, j'ai besoin aussi d'un truc un peu plus difficile.
- Speaker #1
On va remédier à ça.
- Speaker #0
Oui, ça serait bien.
- Speaker #1
On va discuter de ça.
- Speaker #0
Tu m'as parlé de fixeur, non ? Tu t'es défini comme ça.
- Speaker #1
Oui, un peu. Dans ce podcast, imagine que tu es en train de travailler, en train de cuisiner, dans la voiture ou même dans ton casque, en train d'écouter Raider Radio. Qui aimerais-tu écouter sur ce podcast ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, on va reparler un tout petit peu de Tesson parce qu'il a fait le portrait de... d'Alex Zurker, qui est le fondateur de Vintage Ride. Et je me dis, souvent les gens viennent me voir, on me dit, tu as de la poésie, c'est sympa ce que tu écris, tu travailles et tout ça. Je me sens tout petit à côté de ce mec-là. Et il a fait le portrait d'Alex, il a pris le micro, il n'avait aucune note. Et le mec t'emmène dans un truc à la fois fleuri, poétique, mais compréhensible, pas chiant. Et tu mets cinq balles dedans et ça part. part super loin et c'est passionnant. Et voilà, c'est juste, moi qui suis un amoureux d'écriture, voilà, je n'ai pas d'idole, je suis fan de personne, mais par contre, il m'impressionne, ouais. Quand il prend la parole que tu l'écoutes, tu te dis, mais où il va chercher tout ça ? Pour moi, c'est le lukini de la moto.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
Tu mets 5 balles, c'est parti, quoi.
- Speaker #1
Je pense que si je l'interview, il faut que je recharge les batteries des micros. Ah bah là, ouais,
- Speaker #0
faites une nocturne.
- Speaker #1
C'est ça. Est-ce qu'il y a, pour le mot de la fin, est-ce qu'il y a un conseil un peu ultime à donner à quelqu'un qui rêve de vivre les voyages à travers ce que toi tu as fait pour vivre ce type d'aventure ?
- Speaker #0
Ne vous laissez pas influencer ni impressionner par qui que ce soit. Barrez-vous, partez, faites ce que vous avez envie de faire. Encore je le dis, il n'y a pas de graduation dans l'aventure, dans les envies, dans la destination. Sans faire d'auto-promo, j'ai un site qui s'appelle Cap2Cap. où moi je dépose beaucoup de tracés. Mais ce n'est pas juste que je laisse une trace GPS et on vient raconter des choses. Et en fait, je me suis dit, moi, pour le remplir, il me faudrait 25 vies et encore peut-être même plus. Je l'ai ouvert à tous les voyageurs de France et les gens viennent et viennent raconter leur voyage. Et ça peut être ultra simple. Il y en a un qui vient me déposer un voyage qui est le canal du Midi et ses écluses. Et ce n'est pas partir super loin. Et le mec raconte ça extraordinairement bien. Et je trouve ça vraiment magique. Ne pas mettre de graduation ni d'importance, ni de degré de difficulté derrière ce qu'on fait.
- Speaker #1
Merci Laurent Cochet. Merci à vous deux.
- Speaker #0
Vous êtes très patient et très sage. Merci.
- Speaker #1
Très fier, très heureux d'avoir partagé tout ça avec toi. Bravo encore. Merci. Merci à toi.