Speaker #0En deux ans et demi, j'ai fait 51 dates et à l'ère du modern dating, je vais tous vous les raconter Bienvenue dans Romance, un podcast où je vous raconte mes histoires de rencontres avec les mecs d'aujourd'hui. Des histoires parfois drôles, parfois folles, parfois fucked up, mais toujours résolument humaines. Je suis Laurence et vous écoutez Romance. Romance Express, c'est tout l'été, c'est des épisodes plus courts qui prouvent qu'on n'a pas toujours besoin d'une relation pour avoir une bonne histoire à raconter. Enjoy ! On est en été et je match avec ce mec sur Bumble. Il a des bonnes photos, il a l'air dans ma tranche d'âge à moi. Il a une bonne gueule, il a l'air sympa et on commence un petit peu à discuter. Sans plus, mais c'est sympa, il y a une bonne vibe et puis on parle un peu. C'est un week-end où moi j'ai du temps, j'ai rien de prévu ce week-end-là, je me balade. On fait pas mal d'échanges et puis il m'explique que lui, il s'occupe seul de son fils qui a 14 ans. Et que donc, ses moyens de déplacement sont assez limités, entre guillemets, ou de faire des dates sont assez limités. Et du coup, on discute, on discute. Et puis à un moment, je lui dis, en même temps, ça peut peut-être être compliqué pour se voir. Il me dit, non, non, je peux m'arranger. Je suis en scout. Je le laisse un peu, mais pas trop longtemps. Mais écoute, je peux me déplacer, je peux m'organiser un peu. Généralement, il... Il passe des fois la soirée avec des potes, etc. Je peux me déplacer quand il passe la soirée avec des copains. Et donc, on discute pas mal ensemble. Et moi, je ne l'ai pas encore vu. Et j'accepte un truc que pourtant je n'ai jamais accepté dans ma vie. C'est du coup, comme il a son fils de 14 ans, et qu'en fait, c'est plus complexe pour lui de se déplacer. Il le laisse ce soir-là. Il peut arriver qu'à partir de 21h30 et rapidement. Et du coup, je lui dis... si tu veux, tu peux passer à la maison et on se retrouve chez moi. Donc c'était au début que je faisais du dating et au moment où je fais ça, je réalise pas vraiment qu'en fait, il n'y a pas de porte de sortie quand tu fais ça. Mais bon, je me dis que ok, j'y pense pas vraiment sur le moment en fait. Je percute pas de l'incidence que ça peut avoir. Et donc, le gars est très cool, les échanges sont sympas et donc je me dis, ben voilà, ça va bien se passer, j'y pense pas trop. Un moment dans la soirée, je me dis, bon, j'espère que ça va être cool, parce que c'est vrai que je lui ai proposé de me retrouver chez moi. C'est peut-être pas la plus confortable des options. Mais bon, je suis un peu dans l'insouciance. Je sais pas pourquoi, j'ai confiance. Je suis pas inquiète. Donc il sonne. Il arrive ce soir-là. Il est derrière la porte et au moment où moi j'ouvre la porte, déjà je le vois et il a ces lunettes-là de presbytie. Et il a une... doudoune quechua et des petites lunettes carrées, des loupes là pour les gens qui ne voient pas de près, de loin de Presbycie et en fait il est en train de lire les notes je pense pour avoir l'indication pour arriver jusqu'à ma porte genre monter tel étage à droite, à gauche etc et du coup je le vois sortir de l'ascenseur à ce moment là, il ouvre la porte et il est avec ses petites lunettes comme ça, je me dis mais il a 2000 ans ou quoi ? En fait, la première image que je vois, c'est de me dire « Putain, mais quel enfer ! » Et en fait, là, je réalise que toutes ces photos, en fait, ce n'est pas du tout des photos récentes. C'est des photos de lui à 10 ans ou des photos de lui à 5 ans. Mais ce ne sont pas des photos qui correspondent à la personne que j'ai devant moi avec ses petites lunettes carrées de presbytie. Et là, à la seconde où je vois ça, j'ai envie de refermer la porte comme ça. L'enfer. Je me dis mais... qu'est-ce que j'ai branlé ? Qu'est-ce qui m'a appris de le faire rentrer chez moi ? Donc il arrive et je dis salut, gentiment. Il a l'air par ailleurs gentil. Il rentre à la maison et en fait, je pense que mon langage corporel, je reste debout. C'est-à-dire que je reste debout. Je ne lui propose pas de s'asseoir, je ne lui propose pas un verre. Je reste debout et je lui parle debout. Et en plus, très rapidement, j'ai envie de crever parce qu'il me parle de sa belle voiture qui coûte cher et de son super appart. Il m'avait envoyé des photos par ailleurs. C'est vrai qu'il avait une très jolie maison décorée avec goût. Et en fait, très rapidement, il me parle de ça. Et là, je me dis, qu'est-ce que j'en ai à faire de sa belle bagnole ? En fait, ce n'est pas mon sujet. Et à un moment, il me dit « Est-ce que je peux m'asseoir quand même ? » Et je lui dis « Ah oui, bien sûr, prends place. » Ça faisait dix minutes qu'on était debout. En fait, je pense que je ne voulais tellement pas qu'il rentre. Je voulais tellement faire demi-tour de ce truc-là que je suis restée debout. Je ne voulais pas du tout l'accueillir, le refaire rentrer chez moi. Et bon, là, on s'assoit dans le canapé et on commence un petit peu à discuter péniblement. Il me raconte son histoire. Et ce qui me choque le plus, ce qui me reste... C'est que déjà, je n'arrive pas à me défaire du fait de me dire qu'il n'a pas du tout l'âge de ses photos. Et c'est qu'il n'arrête pas de passer sa main dans ses cheveux comme ça. Il passe sa main dans ses cheveux, mais il n'a plus de cheveux. En fait, il n'est pas chauve, mais il a une petite touffinette de reste de calvitie. Donc par rapport à ses photos où il devait en effet faire comme ça, et c'est l'impression que les photos donnaient, dans la réalité, ce n'est pas du tout ça en fait. Donc, il passe la main dans ses cheveux, ses petits cheveux tout fins. Et il n'y a pas de cheveux. J'ai envie de dire, mais arrête de balayer. Tu n'as rien à balayer, mon gars, là. Donc, voilà. Et en fait, c'était terrible. Et je me dis, mais qu'est-ce qui m'a pris ? Alors, il s'avère qu'au fur et à mesure de la discussion, on réalise que c'était l'ancien propriétaire d'un bar dans lequel j'allais tous les jeudis soirs à l'époque. Et donc, je ne percute pas. Mais en fait, on a tout un groupe. d'amis. En fait, c'est un pan de mon histoire d'il y a genre une quinzaine d'années. Et du coup, on a tout un groupe d'amis en commun. Donc ça, c'est assez rigolo. Et ça adoucit le moment. C'est-à-dire que tout d'un coup, la discussion devient intéressante et j'arrête de penser au fait qu'il a 15 ans de plus que les images qu'il a mises sur l'application de rencontre. Et aussi qu'il n'arrête pas de se recoiffer des cheveux qu'il n'a plus. Je ne pense plus à ça. Mais bon, quand même. Voilà. Il n'y a rien qui m'intéresse. Et lui, finalement, je le trouvais sympa. Il y avait un petit truc qui me plaisait. Il avait l'air d'avoir du goût et tout. Mais il y a un truc qui ne passe pas du tout dans l'énergie, dans l'histoire qu'il me raconte. Ça, ça ne me plaît pas. Il me raconte une histoire avec son ex qui était mannequin. Tout avait l'air merveilleux, mais au final, il ne sentait pas la win face à moi. Donc voilà. Et en fait, ce qui est assez drôle... C'est qu'à un moment, il me dit « Bon, je vais y aller, je pense que c'est mieux. » Je pense qu'il sent que je suis fermée comme pas possible. Il s'en va, je le salue. Et là, il part et il m'envoie un message en me disant « Tu ne m'as même pas proposé un verre d'eau. » C'est-à-dire qu'il me dit « On a discuté deux heures, tu ne m'as même pas proposé un verre d'eau. » Et en fait, je n'avais pas du tout envie, j'avais juste envie qu'il s'arrache. Donc, un, je ne lui ai pas demandé de s'asseoir et deux, je ne lui ai pas donné à boire. C'est une cata. Et en fait, c'était une bonne leçon. Parce que je me suis dit, mais quel enfer. Mais voyons, Laurence, on ne fait pas rentrer les gens chez soi sans les avoir vus. Même s'il y avait un bon match, même s'il y avait un bon feeling, c'est que dans les histoires que les nanas font une rencontre pendant le confinement sur Tinder et le mec arrive et il est génial et ils se marient. Ça n'arrive pas du tout dans ta vie à toi. J'aurais dû m'en douter. Qatar. Donc voilà, évidemment, le gars est parti. Et je lui dis, écoute, non, le feeling n'y était pas. Et puis, je me dis, en fait, je vais lui dire. Je vais lui dire quand même qu'il ne se ressemble pas du tout et que je trouve qu'il a un peu tromperie sur la marchandise. Donc je lui dis, d'autre part, je pense que tes photos ne sont pas assez récentes. Je ne te reconnais pas. Donc je lui dis, ça m'a un petit peu déçue. Et là, il fait un vieux message écrit du genre, mais tu ne crois pas que j'étais déçue, moi, en te voyant ? Bah, je sais pas. Moi, je crois que je ressemble à mes images, en fait. Personne ne m'a jamais dit le contraire, en fait. Et d'ailleurs, tout le monde m'a reconnue. Et t'avais l'air plutôt souriant en me voyant, donc peut-être que t'as changé d'avis. Mais du coup, le dernier échange qu'on a eu, c'est ça, j'ai envie de lui dire, bon, écoute, comme ça, tout le monde était déçu et c'est parfait. Avant de vous laisser, je vais conclure chaque épisode par une lettre. Une lettre fictive adressée au protagoniste de cette moderne dating story. Un endroit pour dire ce que je n'ai pas su dire sur le moment, et ce que cette histoire m'a appris. Cher toi, je crois que tu m'as rappelé une règle pourtant toute simple. Mets des photos qui te ressemblent aujourd'hui sur les apps. Pas celles de toi il y a dix ans, pas celles où tes cheveux vivaient encore leur meilleure vie. Parce que le problème, c'est pas d'avoir perdu ses cheveux, évidemment, ça, ça arrive. Le problème, c'est de me faire rencontrer quelqu'un que je n'avais tout simplement jamais vu. Et le plus fou dans cette histoire, c'est que mon cerveau a essayé d'être poli. Mais mon corps, lui, il a dit non avant que j'aie eu le temps de réfléchir. Je te souhaite de trouver quelqu'un qui tombera amoureux de l'homme que tu es aujourd'hui, pas celui que tu étais il y a dix ans. Avant de partir, pense à laisser un commentaire sous l'épisode sur Spotify et à laisser un commentaire sous l'émission sur Apple Podcasts. C'est nécessaire pour faire vivre le podcast. Merci.