Speaker #0En deux ans et demi, j'ai fait 51 dates et à l'ère du modern dating, je vais tous vous les raconter. Bienvenue dans Romance, un podcast où je vous raconte les histoires de rencontres avec les mecs d'aujourd'hui. Des histoires parfois drôles, parfois folles, parfois fucked up, mais toujours résolument humaines. Je suis Laurence et vous écoutez Romance. Romance Express, c'est tout l'été, c'est des épisodes plus courts qui prouvent qu'on n'a pas toujours besoin d'une relation pour avoir une bonne histoire à raconter. Cette histoire-là, elle se passe en hiver, je me rappelle, c'est genre en décembre, ce moment de l'année où il faisait zéro degré, où c'était le blizzard en France. Et en fait, on matche sur Bumble et on commence un petit peu à discuter. Le gars a une bonne tête, je trouve qu'il a l'air plus jeune que moi sur les photos. Je me rendrai compte après qu'en fait, c'était des photos de lui plus jeune. Mais voilà, on discute, il y a une bonne énergie. il y a un peu de punchline dans ces échanges là, c'est marrant juste, c'est pas hyper suivi je me dis au début que c'est pas très suivi et je suis pas sûre que ça va donner quelque chose il y a quand même beaucoup d'échanges qui finissent un peu dans les abîmes sur les applis et puis au démarrage j'ai l'impression que ça va un peu être ça et puis finalement, c'est toujours pareil c'est une histoire de synchronisation d'être bien connecté au bon moment et il se trouve qu'on arrive à se catcher à un moment et surtout on discute ensemble Donc on se met à papoter ensemble et là, il me téléphone. Il me passe un coup de fil. Donc je suis un petit peu surpris. Et en même temps, je me dis que c'est sympa parce que ça favorise un échange bien plus fluide que celui des messages. Et donc on discutait au téléphone et on a genre une longue conversation d'une heure et demie. Ou on discute de plein de choses, ou on échange sur plein de sujets. Et il y a une bonne énergie. Alors c'est marrant parce que... Quand même, au téléphone, je le trouve un peu excité. C'est-à-dire que je le trouve un peu speed, le gars. Mais bon, il a l'air de bonne humeur, il a l'air un peu euphorique. Il est un peu euphorique et il n'en revient pas. Il me trouve génial et il adore nos conversations. Et je le trouve marrant. Je trouve les échanges rigolos. Et c'est vrai que je me rappelle raccrocher et me dire, le gars, il est wow. Il est tout azimut. Mais bon. Et puis après, il m'envoie des petits messages en me disant qu'il est hyper touché du lien qu'on a, de ses échanges qu'on a, la qualité des échanges, ça lui fait un truc. Voilà, ça crée une espèce d'émotion chez lui comme ça. Et on convient de se voir. On se dit qu'on pourrait se voir tel week-end, telle soirée. La date approche. Et en fait, je n'ai plus trop de nouvelles tout d'un coup. Donc, je me dis, bon, je relance. Dans ce cas-là, je relance juste une fois. Et s'il n'y a pas de suite, je laisse tomber. Et donc, je me rappelle envoyer un message du genre, ça tient toujours pour cet après-midi ? Et puis, pas grand-chose. Donc, en fait, le fameux jour de rendez-vous se passe et pas de nouvelles. Et il finit par me répondre, ah mais oui, oh là là, ça aurait été compliqué. Et puis, il s'est passé ça. Et finalement, je me suis endormie. Je suis désolée, on me s'est raté. Et là, je me dis, ouais, d'accord, le gars... Pas du tout fiable, quoi. Le gars, il est pas du tout fiable, mais bon. Il me dit, non mais attends, je me fais pardonner, on va se refaire un truc. Et c'est marrant, j'ai l'impression que ça sent un peu le rendez-vous manqué, quoi. Mais bon, un miracle arrive et à un moment, il se dit, de non, non, rendez-vous. On se refait une discussion au téléphone, un jour, où il me rappelle, et je me dis, c'est marrant, je le trouve un peu bizarre, hôtel. Alors après, je ne le connais pas, c'est une manière de rentrer en contact, je ne connais pas sa personnalité. Il est sympa, mais je me rappelle m'être dit, on dirait qu'il sort de l'apéro. Je sens un peu ça. Mais bon, les échanges ne durent pas très longtemps. Moi, c'est à une soirée où j'ai déjà quelque chose de prévu. Donc, ça ne me laisse pas vraiment le temps de réfléchir. Mais je me rappelle m'être dit, le gars est déjà passé par l'apéro. La discussion se fait et on convient de se voir. On a rendez-vous un soir, il me dit on va pas aller boire un verre, on va faire un truc cool et il me donne lui-même rendez-vous aux Tuileries. Il me donne rendez-vous aux Tuileries. Je rappelle qu'il fait 0°C, donc c'est les tuileries en hiver. Paris est à moitié sous la neige. J'arrive au point de rendez-vous et déjà je le trouve un peu différent de ce qu'il avait l'air. Il avait l'air... Déjà, il avait les cheveux bruns. Il avait l'air plus massif, plus carré sur les images. Et en fait, quand je le vois, je me rends compte que maintenant il est poivre et sel. Et que donc je percute tout à fait qu'il se ressemble, je le reconnais. Mais que c'était lui plus jeune sur les images. Et je le vois... Et on se salue. Et le premier truc qui me saute aux yeux, malheureusement, c'est qu'il a une crotte de nez. C'est-à-dire que je le regarde et je me dis « Ah putain, le pauvre, il a une crotte de nez. » Donc moi, je ne le connais pas, je le salue. En même temps, je vais dire « Ah là là, il faut que je le dise. » Et je suis un peu gênée, quoi. La conversation démarre et on va se balader, on se balade dans les tuileries, on va se balader dans les tuileries et je trouve, je le trouve un peu bizarre, je le trouve pas très chaleureux. Je trouve que c'est pas fluide les échanges, la conversation se fait pas, on va prendre un chocolat chaud tous les deux parce qu'il fait, il caille de fou. Lui, c'est lui qui a choisi le point de rendez-vous en extérieur, mais il arrive en scoot et il est congelé, je vois qu'il est crispé de froid en fait. Moi, je sors du métro, mais bon, on m'avait dit, on va y avoir rendez-vous dehors. Clairement, j'avais mis quatre couches de fringues, des gants, une écharpe, un bonnet, une sous-doudoune. J'étais hopée pour le grand blizzard, quoi. Mais lui, pas du tout. Je le vois, je me dis, évidemment que t'as froid. Alors que c'est lui qui a choisi le lieu, quoi. Donc, on se balade un peu et je trouve pas les échanges très fluides. Je trouve que c'est un peu froid, on papote. C'est gentil, mais il ne se passe pas grand-chose. Et puis surtout, on fait tout ce date avec une crotte de nez, il faut se le dire. Et puis à un moment, il me dit, allez viens, on fait un jeu, on va jouer au tir à la carabine. Je lui dis, ok, on joue au tir à la carabine. Et donc, on joue à ça, on s'amuse, on fait les petits stands un peu à l'américaine, genre date à l'américaine ou à la fête foraine. Et puis on fait ça, et on va regarder les gens qui font du patin à glace ensuite, et on papote. Et à un moment, je me dis, oh, il est chiant, ce date. Franchement, je trouve le date super chiant. Au bout de quand même une heure de balade, je dis, bah écoute, je vais y aller moi. Il me dit, ah ouais, et tout, je lui dis, ouais, ouais, je vais rentrer, etc. Et puis, on se quitte comme ça. Il me dit, tu vas par où, toi ? Tu pars par là ? En fait, je pense qu'il se dit qu'on va aller en poursuivre ou qu'on va aller dans un bar. Et moi, d'ailleurs, je... j'ai envie de rejoindre des potes. J'avais un apéro avec des collègues et en fait, je me dis je vais vite rejoindre mes collègues parce que ce date n'était pas ouf du tout. Et donc, je me revois rejoindre mes collègues et leur dire oh là là, le date était chiant, le gars n'était pas chaleureux. Je repense à nos conversations téléphoniques qui étaient bien plus rythmées où lui raccrochait en disant, mais j'adore la personne que tu es, tu dégages un truc de fou dans nos échanges, c'est hyper quali et en fait, je le trouvais hyper froid quand je le vois. Donc, je lui fais un petit message en lui disant, écoute Merci. « Merci pour cette balade, mais je pense qu'on ne se reverra pas. » Il me dit « Mais c'est hyper bizarre, mais toi je t'ai trouvé aussi un petit peu distante. » Après, j'avais hyper froid aussi. Il m'explique qu'il a froid. Je lui dis « Oui, mais tu as choisi le lieu et on a tous vu la météo. » Je lui dis « Oui, il fait froid. On est à Paris, c'est en hiver. » Il me dit « Oui, puis j'ai peut-être pas très bien aussi. » En fait, on est allé à tirer à la carabine. Il m'explique qu'il souffre de la perte. d'amis à lui, on n'est pas très longtemps après les commémorations des attentats du Bataclan il m'explique qu'il y a perdu quelqu'un et que le fait d'avoir tiré à la carabine c'est vraiment pas la bonne période pour lui, donc je lui dis écoute je suis désolée mais une fois de plus c'est toi qui m'as proposé qu'on fasse ça donc en fait il se plaint des circonstances, il explique son attitude un peu distante par les circonstances mais c'est lui qui a choisi les circonstances Donc en fait, ça finit de m'achever, vraiment ça me gonfle. Et puis voilà, on discute un peu, j'essaie d'être cordiale, mais en gros je lui dis, écoute, c'est dommage, je te trouve charmant. Je lui ai pas dit qu'il avait une crotte de nez. Mais bon, je lui dis, je te trouve charmant, mais vraiment, la conversation me convient pas. Il y a un truc qui passe pas. Et puis je rentre, je crois qu'une journée ou deux se passe, et puis un soir où je suis à la cool chez moi, tout d'un coup je reçois un appel, mais genre il est tard quoi. Il est 23h. Et je regarde et c'est lui qui m'appelle. Je décroche, je lui dis « Allô, mais tu fais erreur ? » Et il me dit « Non, et là, il commence à me parler. Il me dit « C'est pas possible, je pense qu'on s'est raté, Loance. » Je lui dis « Non, écoute, je vois pas l'intérêt de cet appel, vraiment. » Et en fait, là, je me rends compte que c'est le cliché du vieux appel du gars bourré qui rappelle quoi. Moi, j'ai envie de... de te voir ? Est-ce que je peux passer te voir pour qu'on parle et tout ? Je pense qu'on s'est raté. Ah mais je lui ai dit mais pas du tout. Tu vois, pas du tout me passer voir en fait. Et le gars a eu une tannasse et en fait, il me refait des messages et des messages et des appels. Je finis par bloquer le gars parce qu'en fait je le trouve méga oppressant quoi. Avant de vous laisser, je vais conclure chaque épisode par une lettre. Une lettre fictive adressée au protagoniste de cette moderne dating story. Un endroit pour dire ce que je n'ai pas su dire sur le moment et ce que cette histoire m'a appris. Vraiment ce que je retiens de ce date, c'est l'impression que rien n'était aligné. Tu avais choisi le lieu, mais tu n'aimais pas le lieu. Tu avais choisi une activité dehors, mais tu avais froid. Tu avais choisi le tir à la carabine, mais ça te renvoyait un souvenir douloureux. A chaque étape, tu avais fait un choix avant de reprocher Ausha d'exister. Je crois que c'est ça qui m'a le plus fatiguée. Parce que le modern dating, c'est déjà suffisamment compliqué. On y met du temps, de l'énergie, un peu d'espoir aussi. Alors quand la personne en face n'assume ni ses envies, ni ses décisions, ni même le date qu'elle-même a organisé, tout devient lourd. Je crois que la dating fatigue, c'est pas seulement d'enchaîner les mauvaises rencontres, c'est d'enchaîner les personnes qui ne se responsabilisent pas. Des personnes qui attendent que la vie, le lieu, la météo, leur ex, leur boulot, ou parfois même toi. viennent réparer leur propre inconfort. Aujourd'hui, je protège beaucoup plus mon énergie. Parce qu'un mauvais date, c'est pas grave. Mais une personne qui fait de son incapacité à choisir le problème de tout le monde, ça, c'est devenu un immense red flag. En résumé, tu as incarné la dating fatigue. Avant de partir, pense à laisser un commentaire sous l'épisode sur Spotify. et à laisser un commentaire sous l'émission sur Apple Podcasts. C'est nécessaire pour faire vivre le podcast. Merci.