- Speaker #0
Bienvenue dans Safe Club, un lieu de confidence entre femmes pour déposer ce qu'on ne dit pas ailleurs. Alors, installe-toi bien confortablement, je te laisse avec l'épisode du jour. Petit coucou de la Mélissa du montage pour vous dire que j'ai eu un léger problème de son à l'enregistrement avec la queen du jour, donc le son ne sera pas de la meilleure qualité possible par rapport aux autres épisodes, mais vous allez voir, c'est quand même... très très cool et l'épisode vaut vraiment la peine, donc allez l'écouter, foncez et faites-nous vos retours. Bienvenue dans votre rendez-vous entre girls et en toute intimité. Aujourd'hui, je ne suis pas seule, aujourd'hui je suis accompagnée de Lulu S'explique, médecin généraliste. Bonjour Lulu ! Bonjour ! Je suis trop contente de t'avoir aujourd'hui au Micro de Safe Club, c'est la première fois, ouais c'est ça, c'est la première fois que je reçois une médecin, donc c'est trop bien. Je t'ai découverte il y a un petit moment déjà sur Instagram. Tu venais tout juste de lancer ton compte. J'ai d'ailleurs eu l'honneur d'être interviewée sur ton podcast, Lulu s'explique. De toute façon, je mettrai tes liens dans la description du podcast. Mais voilà, en tout cas, comme je le disais, t'es médecin généraliste. Tu fais du contenu sur les réseaux sociaux pour donner des informations sans tabou sur la santé mentale et sur la santé sexuelle. Tu es également très investie dans la lutte pour les violences faites aux femmes. Bref, une femme exceptionnelle, dirons-nous.
- Speaker #1
À ma petite échelle, j'essaye en tout cas.
- Speaker #0
En tout cas, moi je trouve ça formidable tout ce que tu fais et donc c'est vraiment avec grand plaisir que je te reçois aujourd'hui. Et avant de rentrer dans le vif du sujet, pendant la préparation de notre échange, je t'ai demandé de réfléchir à un objet qui te représentait bien et tu as choisi la fleur. Est-ce que tu pourrais nous en parler s'il te plaît ?
- Speaker #1
Bonjour à tous, merci Mélissa de m'accueillir ici, je suis hyper honorée. Alors en fait j'ai choisi la fleur parce que... J'ai hésité avec le soleil, mais c'était moins un objet. C'est plus parce que je pense que mes amis et les gens qui m'entourent savent à quel point j'aime les fleurs, à quel point je mets tout le temps de la couleur dans ma vie, un peu comme on met des paillettes dans sa vie grâce à nous-mêmes et pas forcément à Kevin, d'ailleurs. Mais du coup, en fait, la fleur, ça me représente bien. Et pour moi, ça représente que quand on a des fleurs ou quand on en voit, on est toujours... plus de bonne humeur. Et donc, c'est un peu un leitmotiv dans la vie. Je me dis toujours qu'il y a des fleurs, c'est que ça va et si ça va mal, je vais aller voir des fleurs et ça va aller mieux. Voilà. Du coup, j'essaye d'être comme une fleur dans ma vie pro et dans ma vie perso parce que je trouve ça fabuleux, les fleurs.
- Speaker #0
J'adore. Je trouve que tu le fais plutôt bien. Et j'avais envie de te poser une autre question que j'adore poser. Qu'est-ce que tu... aimes faire de ton temps libre ? Est-ce que t'as des passe-temps, des hobbies, des passions ?
- Speaker #1
Eh bien, je crois qu'un de mes passe-temps, c'est justement aller me balader en nature. J'ai découvert ça hyper tard. J'ai l'impression d'avoir vraiment un âge avancé, mais pas du tout. J'ai eu un peu une crise de la trentaine et j'ai découvert à ce moment-là à quel point les bienfaits d'aller en nature étaient vertueux. Et depuis, c'est vrai que c'est devenu presque quelque chose d'addictif. Et donc, quand j'ai du temps libre, même 15-20 minutes, j'aime bien aller me ressourcer en balade en forêt, dans un coin un peu tranquille ou à la mer si j'en ai l'occasion.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Et tu vois, comme quoi, c'est marrant parce que tu dis j'ai découvert ça sur le tard, alors que... Bon, on va en parler de toute façon, mais tu sais, on a un peu ce cliché que les médecins, ils savent exactement tout ce qu'il faut faire pour être en bonne santé et qu'ils appliquent tout. à la lettre. J'ai bien conscience que c'est un gros cliché.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, j'aime débunker des fake news. Celle-là est particulièrement vraie, je crois. Et d'ailleurs, au-delà de notre difficulté à maintenir le système de santé français alors qu'on est en sous-nombre, je pense qu'on ne s'applique pas à soi-même, un peu comme les coordonnées sont mal chaussées. Les médecins n'ont très peu de cours sur ça, le bien-être pour soi-même avant de prendre soin des autres, comme j'aime bien dire. Donc, non, non, c'est vraiment une fake news. Il faudrait d'ailleurs que les médecins aient plus de cours sur leur propre bien-être. Donc, on découvre au fur et à mesure que nous-mêmes, on prend en charge des gens et que nous-mêmes, on doit avoir quelques ressources pour se sentir bien.
- Speaker #0
J'espère que les choses vont bouger en ce sens. Là, tu vois, typiquement, je crois que je n'en ai pas parlé sur le podcast encore. J'ai une super nouvelle. À partir de la rentrée, je vais donner des cours à la fac de médecine aux étudiantes en orthophonie pour faire de la prévention en santé mentale. parce que maintenant, c'est dans la nouvelle maquette de leur programme aussi de comment... prendre soin de soi en tant que professionnel de santé pour assurer un meilleur suivi à son patient aussi. Donc voilà, je me dis, si ça commence à bouger, c'est peut-être une bonne chose. Et c'est intéressant que tu parles de ça parce que justement, une des premières questions que j'avais envie de te poser, c'est parce qu'effectivement, là aujourd'hui, on va parler ensemble de santé mentale, de prévention notamment. Et est-ce que tu as l'impression que les médecins généralistes, à l'heure actuelle, sont bien placés pour parler de santé mentale ? Est-ce qu'on vous y forme finalement ?
- Speaker #1
Alors, juste pour que je rappelle un petit peu le parcours, parce qu'il y a six ans communes pour toutes les spécialités. Et ensuite, au bout de six ans, on repasse un concours qui nous font décider si on va en médecine générale ou pas. Du coup, durant les six premières années, on est quand même formé au tout le collège de psychiatrie, mais dans la théorie. Et si jamais on veut, ou qu'on en a l'occasion parce que ça dépend aussi des classements, on peut aller en stage de psychiatrie. On peut aller dans des stages, même de médecine de vie, la orientation de santé mentale. Et du coup, on peut, si on a une appétence, choisir ces stages. Et donc, ça nous fait un peu quand même du bagage. Alors moi, je vais parler à titre personnel, parce que toutes les facs de médecine générale ne sont pas identiques. J'ai eu très, très peu de cours de santé mentale à partir de l'internat. Donc, au bout de la septième année, de 7 à 10 ou 11, on a juste le cursus de médecine générale. on a très... peu de formation, on en a eu un peu sur la dicto, un peu en psychologie, voilà, entretien motivationnel, détection d'anxiété et tout ça. On a très peu de cours à proprement parler sur les coups tatoueurs, sur les médicaments, enfin voilà. Et du coup, moi, il s'avère que j'ai une appétence... En fait, le problème aussi de la médecine générale, c'est que chacun fait dans son coin en cabinet de ville. Et donc, on a pendant nos stages en cabinet, donc on passe dans... plusieurs cabinets, entre 4 et 6 cabinets dans tous les 3 centres de médecine générale et donc plus ou moins on choisit aussi les professionnels dont on a envie de voir la pratique, mais chacun fait comme il veut et chacun fait comme il peut et je me rends compte aujourd'hui que j'ai probablement moi-même accès sans le savoir, ma pratique avec des médecins qui étaient assez appétants à la santé mentale et qui savaient au moins bien les prendre en charge ou en tout cas faire un minimum en tant que médecin généraliste mais d'après les dires des patients je me rends compte que c'est loin d'être le cas pour tout le monde, alors il y a toujours l'aspect qu'il y a des médecins qui sont plus appétants à en faire que d'autres, mais pour moi la médecine générale franchement maintenant c'est une consulte sur deux une consulte sur trois selon les journées qui est dédiée à la santé mentale que ce soit un syndrome anxieux, une dépression une bipolarité un truc du comportement alimentaire il y a plein plein de motifs qui reviennent et puis parfois il y a des motifs Merci. du corps qui sont en fait des problèmes de santé mentale et encore faut-il savoir le détecter et du coup pour moi il y a une appétence certaine à faire de la santé mentale un peu plus plus dans le cabinet parce qu'on ne fait jamais de la médecine générale pure, souvent on se spécialise quand même un petit peu dans le cabinet de ville mais par contre ceux qui n'écoutent pas, ceux qui font des consultes de 5 minutes et ceux qui n'en ont rien à faire de ce que le patient dit moi je trouve ça un peu problématique et donc voilà on est Formé comme on peut, on n'est pour moi pas assez formé. Après, le médecin généraliste, il a aussi ce point de vue d'être le premier relais. Peut-être celui qu'on va voir parce qu'on ne sait pas trop qui aller voir.
- Speaker #0
Tu vois, c'est ça justement qui est important. C'est qu'effectivement, comme tu dis très bien, vous êtes le premier relais. Et le fait est que parfois, et pour en avoir beaucoup discuté avec soit des femmes qui sont passées au micro, soit des femmes avec lesquelles j'échange sur Instagram, c'est que c'est déjà parfois tellement difficile de faire le premier pas, d'aller voir le médecin et d'oser dire ça ne va pas parce que en plus en tant que femme notamment on culpabilise beaucoup de se sentir épuisée d'avoir des angoisses etc et du coup de se manger un mur ou quelqu'un qui nous entend pas à première vue ça fait que il y a plein de gens qui ne vont pas aller forcément plus loin donc il y a un vrai problème là dessus et en même temps j'entends aussi ce que tu dis dans le sens où vous pouvez pas non plus être à fond sur tout parce que il y a tellement de choses à savoir, tellement de choses à maîtriser maintenant comme tu dis une consultation sur deux, voire une consultation sur trois, c'est absolument énorme. Et en plus, il y a l'autre truc où tu dis très bien, c'est que parfois, il y a des symptômes corporels qui sont a priori des symptômes physiques qui, au final, sont le marqueur des signaux d'alarme et d'alerte aussi de quelque chose de mental. Mais comment, du coup, tu fais un peu le distinguo ? Tu vois, parce que ça me fait penser à la phrase qu'on va dire tout le temps aux gens, c'est « mais c'est dans la tête » , tu vois ?
- Speaker #1
Ah, je déteste cette phrase.
- Speaker #0
Ouais, tu vois. Et en plus, comme si le fait de dire c'est dans la tête, c'est pas grave. Enfin, tu vois, mais c'est pas parce que c'est dans la tête que c'est pas grave. Enfin, tu vois.
- Speaker #1
Ah oui, alors je déteste cette phrase parce que c'est genre, c'est de votre faute. Et puis, mais j'y peux rien, donc allez voir ailleurs. Et puis, c'est dans la tête. En fait, on dirait que du coup, c'est aller, n'y pensez plus, passez à autre chose. Alors que ça, c'est pas possible. Enfin, vrai. Alors, je pense que... Comment dire ? En fait, on est le premier roulé. Le message, c'est qu'être médecin de ville, il faut absolument avoir un match. Et donc, je sais à quel point c'est difficile d'avoir un médecin traitant et que parfois, il faut faire des kilomètres, des minutes de route. Mais c'est clair que si un professionnel de santé, mais d'ailleurs, c'est valable pour au-delà des médecins généralistes, ne vous écoute pas. Mais en fait, ça ne sert à rien. Vous êtes face à quelqu'un qui ne fait pas bien son travail ou en tout cas ne... n'est pas enclin à faire ça, alors il faut changer. Et ça se trouve, elle sera enclin à faire du bon travail d'alliance thérapeutique avec d'autres patients, mais si ce n'est pas votre cas, il faut absolument changer parce qu'aller voir plusieurs fois et continuer à être un médecin qui ne vous écoute pas, je ne comprends pas comment on peut faire une bonne médecine et surtout comment on peut, du coup, bien vous prendre en charge. Mais d'ailleurs, moi, je pense qu'il y a des gens qui n'ont pas aimé, que je cherche parfois, moi, du coup, Du coup, en santé mentale, quand je détecte qu'il y a un symptôme corporel et que je détecte que peut-être c'est lié à du psy, que peut-être c'est lié à des violences, justement, on va en reparler, peut-être que ça ne leur plaît pas ou que ce n'est pas dans leur temporalité et du coup, ils ne reviennent pas me voir. Voilà, donc je pense qu'il faut trouver son professionnel de santé, mais que chaque professionnel devrait avoir au moins un petit bagage en santé mentale parce qu'aujourd'hui, à l'heure où on se parle, et à l'heure où les centres médicaux psychosociaux, où les psychologues psychiatres en ville... ne peuvent plus absorber le flux de problématiques de santé mentale. Il faut absolument que le premier relais, qui sont les médecins généralistes, se forme ou soit formé pendant les études pour prendre en charge ces patients-là, même si, à la base, ils n'ont pas une grande appétence. Il faut un minimum. L'avantage du médecin généraliste, c'est que, du coup, on n'est pas spécialiste de tout, comme tu le disais, mais on peut relayer, on peut établir un réseau pour se dire « Vous allez aller voir telle personne, moi, je ne me sens pas forcément capable. » de vous prendre en charge en globalité ou je ne me sens pas capable de modifier les médicaments. Et ça, c'est chez nous. Je suis désolée. Ça, c'est au-delà de mes compétences. Je ne voudrais pas faire n'importe quoi. On parle quand même de médicaments qui peuvent avoir de gros effets sur le corps et l'esprit. Si je ne m'en sens pas capable ou si je vois que mon écoutatoire et que ma façon de travailler, elle a ses limites, dans ces cas-là, je délègue et je fais un réseau autour de la patiente.
- Speaker #0
Ça, c'est une vraie marque de professionnalisme et d'humilité, en fait, que de savoir dire. C'est au-delà de mes compétences. Et je sais que, moi, c'est comme ça que j'ai fini par aller voir un psychiatre quand ça n'allait pas. C'est Generaliste qui, au début, s'occupait de moi quand j'étais au début de mon burn-out et tout. Et à un moment donné, elle m'a dit, je suis désolée, là, je crois que ça dépasse mes compétences, que je ne sais plus, en fait, je ne veux pas faire de bêtises. Donc, il faut aller voir un psychiatre qui lui saura vraiment. Donc, ça, c'est hyper important. J'ai envie de te demander, mais je ne sais pas si elle est évidente cette question, mais à la lumière de ce que tu dis, je suis tellement d'accord où tu dis qu'il faut vraiment que ça matche. On en parle avec les psys, mais c'est vrai avec les médecins généralistes aussi. Comment on fait ? Là, la question, elle est horrible. Tu me vois venir avec mes grands sabots. Comment on fait dans un contexte de tension pour l'accès aux soins, dans des contextes de déserts médicaux ? Je vois ma famille, elle est dans le Poitou-Charentes, là-bas, pour avoir un médecin. À moins d'aller chez SOS Médecins ou de prendre rendez-vous un mois et demi à l'avance. Mais bon, quand tu es malade, ce n'est pas un mois et demi avant. Donc, est-ce que tu as... Je ne sais pas, c'est ouf de te demander ça, mais est-ce que tu as des tips, des trucs un peu pour pallier ça ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas de révolution. Moi aussi, dans la mongélie, c'est compliqué. Je pense qu'il faut faire le moins de nomadisme possible quand même. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui passent de SOS médecin en maison de garde, en j'ai trouvé le remplaçant de... Et en fait, c'est une multitude de soignants qui l'ont peut-être matché plus ou moins avec, mais du coup, personne ne suit vraiment le cursus. Pour en faire part, moi, donc, je n'ai pas une activité installée, je suis juste assistante. Assistante, c'est que j'ai des jours réguliers dans un cabinet où je ne prends pas forcément de gens en médecin traitant, mais du coup, les gens peuvent me revoir et ils sont pris en médecin traitant par le collègue ou en tout cas... Ils sont au moins suivis, même s'ils ne sont pas forcément déclarés. Et comme ça, je les revois au moins. Parce que je trouve que le suivi, même d'une personne qui ne vous déclare pas médecin traitant, mais qui accepte quand même de vous voir, ça peut aussi quand même remettre sur le droit chemin le suivi médical. Et peut-être que... Alors moi, souvent, ils vont voir les pharmacies. Les pharmacies sont au courant de tout ce que tous les médecins et toutes les nouvelles arrivées, que ce soit un interne ou que ce soit un... un remplaçant, un assistant, on a différents noms, mais en gros il y a beaucoup de médecins aujourd'hui qui ne s'installent pas en cabinet parce que c'est extrêmement compliqué, mais ça c'est un autre sujet, mais du coup qui se fixent quand même dans des jours réguliers en cabinet de ville, et donc en fait ils prennent quand même des médecins, des patients pardon, prennent quand même des patients, pas forcément en médecin traitant, mais du coup ils peuvent suivre des gens, et donc le patient a potentiellement un autre médecin traitant, mais c'est pas grave, il va voir quelqu'un avec lequel il a plus de matchs. Et si ça se trouve, ce sera sur une durée de un an. Mais si ça se trouve aussi, ce médecin-là qui est remplaçant au départ finira par s'installer. Voilà. Donc, il ne faut pas hésiter à demander, je pense, aux pharmaciens. Il ne faut pas essayer de demander aussi, du coup, à l'ensemble du réseau. Si vous allez voir un kiné, il a peut-être où y dire aussi. Enfin, tout professionnel de santé est au courant sur son secteur parce que généralement, on a des réunions en commun. Et donc, voilà, le moins de nomadisme médical et surtout pas essayer... Là, j'avais une patiente, la dernière fois, qui... Sa gynéco était son médecin traitant. Alors ça, c'est possible en tant que telle, si on a une grosse maladie gynéco, et qu'on préfère que ce soit le gynéco qui coordonne. Mais par contre, elle commençait, la gynéco, à traiter une douleur qui n'avait rien de gynécologique. Et ça, par contre, je pense que c'est dangereux. C'est-à-dire que quand on essaie de prendre le spécialiste comme un médecin généraliste, ça, par contre, c'est une très mauvaise idée. Mais par contre, chaque... professionnels à un réseau et en cas par exemple de difficulté ou de grosse maladie des 100% des affections de longue durée il y a forcément quelqu'un qui pourra peut-être passer un coup de fil ou dire écoute j'ai cette patiente elle a ça est-ce que tu pourrais la prendre ou au moins la dépanner et puis le jour où il y aura quelqu'un d'autre pour s'en prendre en charge on trouve toujours des solutions je sais que c'est très compliqué parfois c'est pas vrai dans chaque secteur moi je... Dans mon secteur, on arrive toujours à peu près. Et il faut pouvoir s'ouvrir à aller voir un remplaçant. Parfois, on a plus de matchs avec un remplaçant ou un interne qu'avec le médecin global. Et donc, il faut faire confiance aussi. Et puis par contre, si la première fois, ça n'a pas été, vous n'y retournerez pas. Mais voilà, je pense qu'il faut tester les alternatives. Et ces alternatives, parfois, elles se pérennisent quelque part.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
c'est mon mini-tips.
- Speaker #0
Oui, après, tu ne peux pas changer le système de santé à toi toute seule. Ce serait un autre sujet. Comme tu dis, l'important, c'est le suivi. En l'occurrence, notamment dans la santé mentale, je reprends mon exemple, mais je pense que tu en auras plein aussi à apporter. Si ma médecin ne m'avait pas suivie au long cours, je pense qu'elle n'aurait jamais compris que j'étais en burn-out, ou à quel point c'était urgent de m'arrêter pendant longtemps. Mais parce qu'elle m'avait suivie depuis longtemps, elle voyait, elle avait vu, elle savait. Oui, parce que toi,
- Speaker #1
t'avais conclu aussi tout... tes déboires alors que t'aurais pas confié à quelqu'un que t'aurais jamais vu ou que t'aurais vécu une ou deux fois enfin tu vois je pense que...
- Speaker #0
Bah en vrai ouais alors ouais carrément parce que je lui faisais hyper confiance en plus, elle était géniale mais il y a aussi le fait que pour moi à chaque fois je venais pour des symptômes qui n'avaient rien à voir les uns avec les autres c'était pour moi des trucs physiques donc on va en parler juste après mais c'était ouais j'y allais pas parce qu'il y a eu des périodes où j'y allais parce que j'étais hyper anxieuse, hypochondriaque machin mais À chaque fois, il y avait des symptômes. Tu vois, il y avait genre, j'y allais pour des migraines, j'y allais pour des reflux. Enfin, tu vois, des trucs a priori isolés, décorrélés. Et elle, elle le voyait, elle faisait le faisceau d'argument. Mais en même temps, elle avait aussi ce recul-là de se dire, mais en fait, elle n'est pas en mesure pour l'instant d'entendre que c'est un tout et qu'il va falloir s'arrêter à un moment donné. Elle savait que je ne pouvais pas, donc elle faisait comme elle pouvait. Mais là encore, ça montre à quel point c'est important d'avoir un suivi avec une personne quand on le peut. Et est-ce que toi-même... cette question piège un peu aussi mais est-ce que toi-même en tant que soignante en tant que médecin t'as déjà frôlé l'épuisement et si oui ou non d'ailleurs comment tu te protèges face à ça ?
- Speaker #1
Alors je crois que la stat c'est que 100% des soignants ont déjà frôlé l'épuisement alors pendant les études c'est encore plus vrai parce qu'on fait des gardes de 24h ce qui est complètement inhumain je suis vraiment vivre 24h en fait on est censé dormir un petit peu voire beaucoup, donc en fait 24h c'est vraiment inhumain, et donc moins on dort, c'est un peu comme quand on a un enfant, moins on dort, moins on est habile à traiter sa santé mentale, et à être bien au quotidien, que ce soit physique ou mentale, donc pendant les études c'était sacrément difficile, mais en fait en médecine générale, ça m'est aussi déjà arrivé, et d'ailleurs on ne peut pas dire que je sois en état d'équilibre satisfaite de ma pratique actuelle, parce que... On essaie du coup de combiner, de voir tous les patients possibles, de voir le maximum de patients possibles. Et en effet, parfois, ce n'est pas qu'on ne veut pas en voir de nouveau ou ce n'est pas qu'on veut en voir plus dans la journée, c'est que physiquement, mentalement, on n'est pas capable. Il suffit qu'on ait un pépin familial, personnel, qu'on n'ait pas bien dormi la veille, qu'on a des gros dossiers sur le feu. Et en fait, notre santé, elle est drôlement vite impactée. Donc ça m'arrive. Alors, j'essaye de moins en moins, mais ça m'est arrivé encore régulièrement. Et sur les derniers mois d'être au bord de l'épuisement, du coup, en effet, je me connais mieux maintenant. Donc, une des premières choses, de toute façon, c'est dormir. Donc, peut-être moins de soirées, plus de temps de sommeil, moins d'activités personnelles, mais plus dormir. Peut-être moins de passion aussi, moins de travail si on le peut. Et puis après, du coup, c'est vraiment prendre du temps off. Alors en médecine, c'est un peu compliqué. Parfois, on a en effet des patients et patientes sur le feu, comme on dit, mais donc qu'il faut sacrément surveiller, qu'il faut aller voir, qu'il faut revoir rapidement, qu'ils peuvent nous appeler. De façon, on n'est jamais trop. Parfois, on a des troubles du sommeil parce que du coup, on y pense, on se dit est-ce que j'aurais pu faire mieux ? Est-ce que je devrais faire ça ? Comment je vais faire ça ? Et si j'ai donné ça à la patiente, c'est tout un schmiedlik. Du coup, moi, par exemple, j'ai décidé d'aller marcher tous les matins. avant d'aller travailler parce que j'ai découvert mais je te dis ça, on est en sept hivers j'ai décidé de faire ça parce que parfois j'ai des grosses journées, je le sais, alors du coup je vais aller prendre ce temps pour moi là et comme ça, c'est comme si j'avais fait une grande respiration et me dire, allez c'est bon, je vais pouvoir endosser à la fois les plaintes des gens à la fois leurs émotions et je vais pouvoir essayer de les aider et puis Parfois, et je l'ai appris avec la prise en charge des violences, il ne faut pas confondre la sympathie, l'empathie et la compassion. En médecine, on est normalement empathique. C'est toujours cette image de l'homme à terre. Il y a la sympathie où on va se mettre à terre et on va essayer de remonter tous les deux. C'est quand même très épuisant sur la vie au travail et même dans la vie personnelle d'ailleurs, si on essaye de remonter tout le monde en étant soi-même. allongé, ça va être compliqué. La compassion, c'est regarder l'homme à terre et dire, ah bah, vous êtes à terre, c'est super, essayez de vous relever, quoi. Mais je ne ferai rien pour vous. Ça non plus, c'est normalement pas trop médicalement, c'est pas normalement ce qu'on fait. Et du coup, il y a cette empathie où donc, on regarde la personne au sol et on essaie de lui donner une échelle ou quelque chose pour la remonter. Et donc, je trouve qu'il faut prendre du recul parfois sur les situations. Et j'aime bien, moi, j'ai une psy dédiée à ça aussi. Génial, oui. Alors, moi, c'est ma psy juste pour ma vie perso. Et en fait, parfois, je suis obligée de lui dire, écoutez, cette séance, on va parler de ma patiente parce que je n'arrive pas à reprendre assez de recul. Et je suis hyper engagée. Et du coup, j'ai l'impression d'être au sol avec elle. Il faut que je remonte et que je lui donne une échelle, mais pas que je redescende avec elle. Et voilà, c'est tous ces petits tips, à la fois du temps, de... pause du temps de sport et du temps de psy s'il y en a besoin.
- Speaker #0
C'est super intéressant et j'aimerais revenir sur un truc que tu as dit en tout premier et qui me fait un peu tiquer. Mais du coup, on va en parler ensemble. Où tu as dit dans un premier temps, c'est de favoriser le sommeil et donc de restreindre des activités personnelles, de moins sortir avec des amis, etc. pour avoir plus de temps de repos. Je trouve que ce truc, il est à double tranchant parce que c'est pour moi déjà s'enfermer dans le cercle vicieux de l'épuisement. Dans le sens où c'est comme si tu mets un peu le cash sur des trucs perso qui te font à la base du bien et qui à la base se donnent de l'énergie pour conserver toute ton énergie pour ton travail, ce travail qui t'épuise et où du coup après tu vas dormir. pour retrouver de l'énergie, mais sans avoir quelque chose dans ton quotidien qui te nourrit. Bref, c'est vraiment le truc, c'est un truc dans lequel je me suis enfermée et aussi beaucoup, beaucoup d'étudiants s'enferment. Et je pense que c'est important d'en parler. Comment tu fais un petit peu cette balance entre ne pas tomber dans ce piège ?
- Speaker #1
C'est pertinent. En effet, c'est vrai que je l'ai calqué à ma propre vie. On est bien d'accord que... les deux trucs qui font du bien, c'est voir des gens qu'on aime et dormir. On supprime l'un pour faire plus l'autre. En effet, on ne fait pas les deux. Et du coup, si on fait que dormir et plus voir ses amis, on sera aussi en mauvaise posture. On aura juste bien dormi, en théorie. Alors, en fait, c'est juste que moi, par exemple, je me nourris de sortir beaucoup. Et en fait, ça me nourrit, mais en même temps, ça m'épuise. Du coup, si j'ai une grosse journée, et qu'après je ressors d'un côté je suis super contente d'avoir vu mes amis ou d'avoir fait un rendez-vous galant etc mais mais d'un autre côté je suis deux fois plus fatiguée le lendemain donc je pense qu'il faut juste parfois moi je suis très factuelle je regarde mon planning de la semaine avec les rendez-vous que j'ai et je me dis il y aura toujours une à deux soirées off et même s'il y a encore une amie qui me demande ce serait super que je la vois et bien il y a une soirée off et c'est aussi valable pour mes week-ends Je suis souvent en partie le week-end, même si ce n'est pas des grosses sorties. Mais je me dis, il y a un week-end par mois au moins où je ne fais rien. Et avoir des gens chez soi, c'est déjà faire quelque chose. Et donc, ce n'est pas pareil en termes de santé. Et donc, j'essaye, puisque je n'arrive pas à le faire de façon facile, de prendre mon planning et de me dire, OK, il me faudra forcément un soirée off et un week-end off. Et rien que ça déjà. Et en fait, c'est encore plus valable quand on habite avec quelqu'un ou quand on a une famille, quand on pose la question aux gens de, est-ce que vous avez pris le temps pour vous ? Ce n'est pas est-ce que vous avez pris du temps pour vous et votre famille, c'est est-ce que vous avez pris du temps pour vous-même parce que vous êtes une mère, vous êtes une entrepreneuse, une femme d'affaires ou que sais-je. Mais vous êtes d'abord un corps, une femme, vous et votre personnalité. Et en fait, souvent, la réponse, c'est non. Pas beaucoup de temps pour soi.
- Speaker #0
Mais parce qu'en même temps, prendre soin de soi, c'est un concept hyper flou. au final parce que qui nous a apprendu ? On nous dit tout le temps prends soin de toi. Bah ouais ok mais c'est-à-dire comment ? C'est hyper compliqué et du coup toi justement tu dois avoir maintenant un grand panel de patients que tu as vus et notamment pour cause de, que ce soit d'épuisement en allant vraiment dans l'extrême mais aussi troubles de la santé mentale à plus ou moins grande échelle. Est-ce que maintenant un peu avec ce recul t'es parvenue à identifier que ce soit des contextes ou des marqueurs un peu favorisants à la survenue de ces troubles de la santé mentale ?
- Speaker #1
Alors, c'est une très bonne question. Je pense que je m'améliore de jour en jour en en suivant. Je pense que, mais c'est aussi valable pour nous-mêmes, je pense que la première chose, c'est le corps qui parle et personne ne l'écoute. C'est-à-dire que, comme tu disais tout à l'heure, il y a un reflux tout d'un coup, il y a une plaque de psoriasis sur le coude. Il y a « je tombe malade tout l'hiver » , il y a « je ne sais pas pourquoi je pleure facilement en ce moment » , et puis il y a le fameux « je suis fatiguée tout le temps docteur » . Alors, on peut évidemment, et il faut, dépister les diagnostics différentiels de maladies organiques. Mais quand la personne vient plusieurs fois avec des symptômes hyper bénins, mais qui s'accumulent, je me dis à chaque fois, je leur dis d'ailleurs à chaque fois… Et vous, ça va la vie en ce moment ? Des petites contrariétés, une petite fatigue, un petit enfant malade ? Parce que quasiment 100% des gens me répondent oui, en ce moment, la petite ne dort pas. Oui, en ce moment, j'ai un problème au travail. Oui, ma mère est décédée. En fait, ça peut être plein de trucs. Et c'est juste que parfois, si on traite juste le symptôme à chaque fois et qu'on ne se pose pas la question est-ce qu'il y aurait quelque chose de santé mentale derrière ? on retrouve la personne du coup où un jour elle vient nous voir en disant ce matin j'ai pas réussi à aller travailler et donc pour moi il y a un aspect de prévention énorme à faire auprès des gens et puis après il y a un aspect d'écouter ce que le corps nous dit parce que souvent on fait tout ça vraiment je me mets dedans de se dire j'ai un peu mal au cervical ou alors j'ai re ma tendinite ou j'ai toujours mal à la gorge il faut qu'il y ait un rune je le chope Merci. on traite et on se dit allez on va être fort et on va continuer et on continue notre vie et on continue à gérer le tunnel du soir les douze sorties et tout ça et en fait le corps guérit guérit en partie mais il se souvient et donc on est moins étonné du coup en fait à chaque fois moi je dis qu'il y a deux options quoi, il y a vraiment soit on écoute tout de suite le corps qui nous parle et on accepte et on essaye de faire en sorte que ça parte soit on guérit juste le symptôme on essaye que ça aille mieux mais on fait moins de choses que si on l'avait vraiment pris en charge et du coup repartent les symptômes et moi vraiment je me milite pour les troubles du sommeil parce que le nombre de gens qui ont des troubles du sommeil et qui se disent ça ira mieux la nuit prochaine et qui en fait au bout de 3-6 mois n'ont pas été voir quelqu'un et se disent c'est juste là c'est juste parce qu'il m'est arrivé ça et ça va passer, puis ça passe pas, puis il y en a qui viennent prendre un anxiolytique et un somnifère. Et en fait, ça n'a pas réglé le fond du problème. Et je trouve qu'on avait analysé aujourd'hui les troubles du sommeil. C'est hyper normal de dormir 4-5 heures, c'est une catastrophe en fait, 4-5 heures.
- Speaker #0
En même temps, je crois que c'est... Je ne sais plus quel président de la République. En fait, limite, on s'en vante. C'est vraiment l'expression « je dormirais quand je serais mort » . Et en plus, il y a un truc avec... C'est vraiment cette idée-là. Et il y a un truc avec les somnifères, tu le confirmeras. Mais les somnifères sont... assez peu documentés comme étant efficaces, au final. Ils sont quand même assez montrés comme étant souvent pires que mieux. Il ne faut pas oublier que selon l'Organisation mondiale de la santé, la première thérapie à mettre en place pour les troubles du sommeil, c'est les thérapies cognitives et comportementales des insomnies. Je m'y suis formée parce que je trouve que c'est absolument fondamental et qu'en fait, on devrait tous... mettre un point d'honneur à notre sommeil, ce n'est pas pour rien que même le livre Le Guinness des records, qui te dit que tu peux faire tout et n'importe quoi, interdit les concours, les records de privation de sommeil. Tellement c'est la plus grande torture qu'on puisse impliquer à un être humain.
- Speaker #1
C'est de la torture. Je trouve qu'on ne vous apprend pas assez à tous les bienfaits que le sommeil apporte. C'est réparateur sur notre santé physique et mentale. Ça joue en effet sur la santé mentale, ça joue sur le système digestif, ça joue sur le système immunitaire, ça joue sur les maladies inflammatoires. On l'a documenté scientifiquement que le manque de sommeil augmente tout ça. Les maladies inflammatoires, les maladies auto-immunes, les cancers, les cardiovasculaires, tout ça c'est documenté. Et pourtant, comme tu dis, l'heure est à la performance, Et donc en fait, que ce soit sportive, au travail ou dans la vie perso, le sommeil c'est toujours la dernière roue du carrosse. Alors que c'est hyper important. On nous tanne vraiment sur un fait de physique, d'activité physique. Mais en fait, dormir. Dormir. Et autant à 20 ans, on sort, on a un peu plus de facilité à s'en remettre. Mais c'est déjà important. Et il ne faut absolument pas le banaliser. Du coup, ça ne doit pas réprimer la vie sociale. Mais il faut s'accorder du temps. Et en fait, c'est hyper mauvais de se dire, je dormirai ce week-end. Ce n'est pas ça qu'il faut marcher.
- Speaker #0
La dette de sommeil ne fonctionne pas.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et donc, la récupérer le week-end, c'est juste mettre en ressourci pour la semaine d'après. Mais du coup, ça ne guérit pas le problème initial.
- Speaker #0
Quid des choses, tu sais, qui ne sont pas résolues ? C'est-à-dire, tu as vécu un choc psychologique, un événement difficile et tu es passé à la suite. Tu vois, tu n'as pas travaillé dessus, etc. Est-ce que... t'es ok, est-ce que c'est scientifiquement ok de dire que quand quelques années après tu vas développer un cancer ou une maladie de l'enfer, c'est potentiellement lié à ça. Est-ce que t'as, tu vois, des trucs un peu scientifiques, des trucs à nous dire de l'impact de la psyché et des traumas et des problèmes non résolus sur la santé physique ?
- Speaker #1
Alors, je ne connais pas toute la bibliographie scientifique à ce sujet. Moi, je connais notamment les violences. qui développe du coup un syndrome de stress post-traumatique. Donc, je peux répondre sur cette partie-là. Un syndrome de stress post-traumatique, c'est donc d'avoir été exposé à un stress aigu, mais de manière chronique. Ça fait développer, du coup, des hormones de stress sur la manière chronique. En gros, il faut vous dire qu'un stress aigu, c'est comme si vous étiez courté par un guépard. Et donc, ça engendre le cortisol, l'adrénaline, toutes les hormones du stress. Et le corps, il est fait pour ça. On est saucés. S'enfuir quand on a un guépard. Par contre, quand le guépard, il nous poursuit pendant des semaines, des mois, des années, ou que du coup, on règle un peu ce stress. Donc, allez, admettons, le guépard, il va moins vite. Mais en gros, ça, on l'a très bien notifié d'un point de vue hormonal et métabolique que ça engendrait des maladies inflammatoires, auto-immunes, des cancers, des risques cardio-vasculaires, infarctus AVC, etc. La bouche moderne, c'est que... Si on a un cancer, ça ne veut pas dire que c'est parce qu'on n'a pas traité son syndrome de stress post-traumatique. Il faut voir que le cancer, ça reste un truc multifactoriel. Est-ce qu'on a été sédentaire ? Est-ce qu'on a des facteurs familiaux ? Est-ce qu'on a fumé ? Est-ce qu'on a mangé des perturbateurs endocriniens ? Et en plus, on avait un stress post-traumatique. Donc, je verrais ça comme un facteur de risque évident et évitable. Nous, en médecine, on appelle ça des facteurs de risque évitables. Contrairement à, par exemple, la génétique où on te dit que c'est à cause de ta famille que tu as du cholestérol, tu ne peux rien. Et donc ça, c'est hyper compliqué pour le patient parce qu'à part prendre des traitements préventifs pour pas qu'il lui arrive quelque chose, on peut pas lui enlever son facteur de risque. Par contre, le syndrome de stress et donc le stress et donc le manque de sommeil, c'est valable aussi. Du coup, le manque d'activité physique ou du coup, la gestion comme ça des émotions et de la santé mentale, ça, on sait le dire maintenant que ça a des réels impacts sur la santé physique et donc sur toutes les maladies qui peuvent se développer. Ça reste un facteur de risque. mais pas forcément la cause de tout ce qui nous arrive, quand même. Heureusement.
- Speaker #0
Oui, carrément. Et c'est cool parce que du coup, c'est un peu déculpabilisant aussi parce qu'il y a des personnes qui n'ont juste pas la possibilité, l'espace psychique, la possibilité financière, etc. de venir taffer ou résoudre ces traumas ou ce stress post-traumatique. Voilà, on n'est pas forcément tous égaux là-dessus. Et je trouve que parfois, ça peut... Tu sais, ça en rajoute une couche, tu vas te dire, en fait, ouais, mais comme tu n'as pas réglé ça... À cause de ça, tu vas avoir un cancer. C'est horrible.
- Speaker #1
Oui, et c'est là toute la difficulté d'avoir un problème de santé mentale. C'est qu'en fait, parfois, on n'est pas dans une bonne temporalité. C'est-à-dire que parfois, on peut être conscient du trouble et pourtant, ce n'est pas le bon moment pour le résoudre. Et c'est OK, en fait. Et donc, on ne peut pas se flageller comme ça pour se dire, du coup, je ne le résouds pas et du coup, je vais faire un cancer dans 15 ans. Non, il ne faut pas se culpabiliser à ce point. C'est juste qu'il faut être... conscient qu'à un moment donné, il faudra le prendre en charge. Peut-être qu'en ce moment, ce n'est pas le bon moment. Peut-être que du coup, vous sortez à peine du déni, que vous vous rendez compte que vous avez un problème de santé mentale. Il faut pouvoir le conscientiser. Il faut pouvoir se dire qui je vais voir, qu'est-ce que je prends, qu'est-ce que je fais pour que ça m'aide. Et donc, parfois, et c'est valable aussi pendant les violences, même si d'ailleurs, on a rencontré un professionnel, en fait, on n'est pas dans la temporalité de le faire. mais ça peut revenir. Moi, j'ai l'exemple d'une patiente qui avait eu un gros problème intrafamilial dans l'enfance, qui avait des répercussions sur sa vie actuelle. Et quand je lui ai provoqué un peu le lien, elle a vraiment touché en touche, beauté en touche, elle a beauté en touche en disant non, à mon avis, ce n'est pas ça. Je n'ai pas envie d'aller voir quelqu'un. Je n'ai pas envie de faire ça. Elle a vraiment refusé toutes mes idées. Et j'étais en mode, OK. Mais en fait, j'ai semé une graine et ça l'a fait travailler pour se dire que six mois plus tard, on a pu engendrer des choses. Et je pense que c'est ça la première difficulté, c'est de se dire qu'il faut accepter et après se dire comment je fais. Et comme tu disais, c'est hyper difficile aussi d'aller voir quelqu'un, un médecin ou un professionnel. Donc c'est difficile en fait de régler tout ça.
- Speaker #0
Je trouve ça trop bien ce que tu dis parce que c'est vrai que... Et là, je me mets en tant qu'aidant. C'est-à-dire pas la personne qui est en proie à des troubles de la santé mentale, mais celle qui accompagne ou qui est à côté. Et tu vois, je pense par exemple, j'ai le cas d'amis qui... Je les vois, enfin, je les vois en train de courir tout droit. Tu vas courir les bras grand ouverts vers le burn-out et tout ce qui s'ensuit. Mais le truc, c'est qu'à part planter des graines et mettre des petits points de vigilance et de mettre un petit éclairage par-ci, par-là, mais en douceur, en fait... je peux rien faire. Et en tant que proche, parfois, on peut juste rien faire. Parce que parfois, les gens, quand ils sont lancés dedans, c'est terrible à dire, mais ils ont besoin soit de se prendre un mur pour comprendre, soit d'avoir un faisceau de graines plantées au bout d'un certain temps pour pouvoir, ok, prendre en compte le truc et opérer des changements si nécessaire. Mais on peut pas... soit s'épuiser à vouloir résoudre les problèmes de quelqu'un qui n'est pas en mesure encore de les voir, pas parce qu'il n'a pas envie, mais parce que tout simplement, c'est un moment donné où il ne peut pas. Donc, c'est hyper important ce que tu dis, et sans être dans la culpabilisation. Chacun son timing. Effectivement, on a aujourd'hui un peu plus de connaissances sur la santé mentale, sur ce qu'il faut faire pour la préserver, etc. Mais il y a une question de timing, comme tu dis. Il y a une question, on n'a pas tous les mêmes moyens, qu'ils soient financiers en termes de temps, etc. Donc, on fait du mieux qu'on peut et c'est déjà bien.
- Speaker #1
C'est déjà beaucoup. Oui, c'est hyper important ce que tu dis parce que les aidants peuvent avoir des problèmes de santé mentale en essayant d'aider des gens qui ne veulent pas être aidés ou qu'en tout cas, ce n'est pas leur temporalité. Moi, je dis toujours que dans une relation, que ce soit au travail, entre amis ou dans le couple, on est à 50%. Donc, on met 50% en commun de nous et puis il y a toujours 50% de l'autre personne. Et donc, même moi, en tant que médecin, je suis donc à 50% liée à ma patiente. Mais si ma patiente ne veut pas me donner ces 50% pour les mettre en commun avec son effet de travailler, moi, je peux lui dire, voilà, ça, c'est ma perche, le jour où tu voudras la prendre. Mais par contre, ça ne sert à rien de m'épuiser à essayer de faire un truc. D'ailleurs, c'est très visible. Je reviens toujours à mes violences, mais parce que finalement, ça fait beaucoup d'exemples. En fait, en violence, il faut 7 à 8 allers-retours pour que la personne sorte de l'emprise. et en fait l'histoire c'est que parfois en tant que soignant on veut les sauver et on veut leur trouver un hébergement d'urgence et on veut les faire sortir de tout ça et les faire wake up et en fait si la patiente elle est pas dans le bon timing et dans la bonne temporalité ça va pas marcher la patiente elle va repartir sous emprise et avec son agresseur et c'est un peu pareil comme tu dis si t'es pas dans le bon timing si t'as d'autres problèmes à côté et bien Moi, je dis ça souvent pour les addictions. Quand on veut arrêter de fumer et arrêter de boire, ce sont les deux grosses addictions qu'on voit en médecine générale. Moi, je tends la perche de « Tenez, il y a des pages remboursées par la Sécu avec mon ordonnance. » Peut-être que ce n'est pas le bon timing, mais je vous explique quand même. Par contre, quand vous vous sentez bien en ce moment, peut-être qu'il faudra essayer d'arrêter de fumer. Mais n'essayez pas si vous êtes contrarié en ce moment, si vous ne dormez déjà pas, si vous êtes stressé. En fait, on n'arrivera jamais à un sevrage de tabac avec quelqu'un qui est… noyé par sa vie. Donc déjà, il faut détricoter, de se dire comment je peux aller mieux, comment je me sens mieux. Est-ce qu'il n'y a pas une échéance qui fera qu'en ayant payé les factures, en n'ayant plus le problème de la maladie de quelqu'un, est-ce que je me sentirais mieux à ce moment-là ou est-ce que l'été, je me sens mieux que l'hiver ? Enfin voilà, il y a plein, plein de facteurs possibles. Et bien à ce moment-là, on décide d'arrêter de fumer mais j'ai rarement vu des tabacs magiques se dire allez, je suis vraiment au bout du rouleau, un burn-out si je décidais d'arrêter de fumer. C'est un peu le même concept sur la santé mentale et c'est un peu le même concept sur la santé tout court. C'est toujours un nœud de plein de trucs qu'il faut savoir détricoter. Et parfois, tirer sur un fil plus qu'un autre, il faut plus de temps. Et c'est OK.
- Speaker #0
Mais ce que j'entends dans ta vision de la médecine et que j'espère se répand de plus en plus, ce qui n'était peut-être pas forcément le cas, même pas du tout, je pense, il y a quelques dizaines d'années en arrière. C'est que tu as une vision qui est beaucoup moins paternaliste de la médecine que ce qui a pu être avant et où tu es vraiment dans une démarche de partenariat avec ton patient en n'oubliant pas que certes tu es la professionnelle de santé, donc celle qui a les connaissances en matière de santé, mais que la professionnelle de sa propre personne, c'est la patiente en fait ou le patient. et que toi, tu peux juste te donner des clés avec ta science, avec ce que tu connais, mais qu'en fait, en face... Tu ne peux pas décider à la place d'eux et tu ne peux pas savoir pour la personne ce qui est absolument mieux pour elle. Et je trouve que c'est vraiment cool d'avoir cette vision-là de la médecine parce que ça rend aussi les patients plus responsables. Et du coup, ça les rend plus acteurs et un peu moins dans cette démarche de j'attends la pilule magique. Et du coup, maintenant que tu as construit ce partenariat un peu, est-ce que tu as des conseils pour tes patients, mais aussi pour les auditrices du podcast ? de choses à intégrer dans sa journée, dans son quotidien, pour préserver du mieux possible sa santé mentale et physique, sans vouloir faire un truc parfait, mais voilà, des grands principes.
- Speaker #1
Donc je rebondis, heureusement, il y a moins de médecins paternalistes, et si vous en voyez encore, allez chercher un médecin qui n'est plus paternaliste, sauf danger imminent, vous devez être acteur de votre santé, et comme tu disais, je rebondis aussi sur les somnifères de tout à l'heure, on prescrit de moins en moins de somnifères malgré le fait qu'on n'est pas très bien formé à la santé mentale et aux médicaments, parce que on s'est rendu compte que c'était donc traiter un symptôme mais pas traiter le fond, et que par contre les somnifères étaient très addictogènes et qu'ils étaient shootants, et que bref, on faisait pire que mieux. Donc ça quand même, ça évolue, alléluia. Donc oui, changez de médecin s'il vous bourre de médicaments alors que vous lui dites que vous en voulez pas, et qu'il vous écoute pas, alors que la base c'est quand même d'écouter son patient et d'acter en fonction de ce qu'il veut lui et pas le forcer à prendre des trucs qu'il veut pas. Ça, c'était mon impacté. Pour mes patients, de manière générale, je reviens au temps pour soi. Vraiment, je pense que le mal de notre société, c'est qu'on ne prend pas assez de temps pour soi. Mais en fait, on ne prend pas assez de temps pour soi sur une semaine et on ne prend pas assez de temps pour soi dans une journée. Et en fait, on est tous alpagués par le temps qui file. Et on manque tous de temps. De toute façon, c'est le mal de nos idées aussi. Et ça ne veut pas dire que j'ai la solution. Je suis aussi débordée et aussi mal chaussée que mes patients. Mais le premier truc, c'est prendre du temps pour soi. Et le deuxième truc, c'est vraiment d'écouter son covre. Je me rends compte maintenant à quel point... Du coup, j'ai fait des études un peu plus spécialisées sur la gynécologie. Et du coup, en termes hormonales aussi, je suis plus calée. Et en fait, c'est drôle parce que du coup, j'ai appris ou j'ai beaucoup plus conscientisé juste mon cycle hormonal. Et je me rends compte à quel point chaque journée est différente juste rien qu'avec notre cycle hormonal. C'est vrai. Donc en fait, ça veut dire que chaque jour, il y a un truc bien ou un truc mal. Enfin voilà, il y a une espèce de jauge qui se fait. Et c'est quand même important de s'écouter. On n'a pas toujours la cause hormonale, heureusement. Mais il faut se dire, 5 minutes dans la journée, OK, comment je me sens ? Est-ce que je me sens bien ? Et donc, en fait, OK, je vais accepter ce verre. OK, je vais pouvoir travailler un peu plus. OK, je vais avoir un peu moins de temps pour moi. Mais je me sentais bien au début de la journée. Ou est-ce que je me lève, j'ai super mal dormi. Je me sens mal, je me sens moche. Et en plus, je suis en SPM. J'exagère le truc. et bien en fait me dire peut-être que ce soir ce sera pas de carbo coucouning que j'avais prévu un truc je vais l'annuler le fait de savoir dire non ça veut pas dire qu'on aime pas les gens ça veut dire que là c'était trop pour nous et j'essaye de me dire d'avoir un seuil de tolérance est-ce que si je suis bien je peux le dépasser un petit peu ou est-ce que si je suis mal je peux m'accorder d'être de prendre du temps pour moi encore plus et donc c'est à la fois s'écouter corporellement et émotionnellement et à la fois prendre du temps en fonction de cette jauge-là sur le quotidien. Et en fait, vraiment, je me rappelle qu'il y a une dame où vraiment on ne trouvait pas où mettre un petit peu de temps pour elle, tellement elle était maman au sola, super chef d'entreprise et tout ça. Et bien en fait, je lui ai dit au lieu de rentrer le soir tout direct, vu qu'il y a quelqu'un qui vous garde les enfants juste avant de rentrer, prenez dix minutes. pour faire le tour du platé de maison à côté de la babysitter. Et en fait, elle a fait ça et rien de ça, alors que franchement, c'est quand même pas beaucoup. Et bien, elle a été beaucoup moins impactée sur le tunnel du soir après, sur sa vie, sur son sommeil, ça s'est amélioré. Enfin voilà, on parle de 10 minutes de marche par jour qui sont donc là entre le transport. Et en fait, ça a déjà créé un truc. Et en fait, à chaque fois, on voit des trucs de ouf sur Insta où on se dit, allez, j'ai pas le temps d'aller voir un MC, j'ai pas la thune, j'ai pas le temps de... Ou alors j'habite en vide, c'est beaucoup moins cool que la nature, etc. Il y a toujours un truc. Et oui, c'est clair, le pâté de maison d'une résidence, c'est pas forcément fou. Mais en fait, rien que la déconnexion du cerveau pendant 10 minutes, elle est énorme. Et en fait, ça a des répercussions de ma boule. Et ça, je pense qu'il faudrait vraiment qu'on milite encore plus.
- Speaker #0
C'est génial ce que tu dis, parce que pour le coup, c'est un conseil qui est simple. Et à la fois auquel on ne pense pas. Et du coup, je me dis que ça peut être applicable par toutes celles qui nous écoutent ici aujourd'hui. Et vraiment, il y a un truc, le fait de ne rien faire. Tu vois, déjà, comme tu dis, de prendre un moment et de s'interroger sur comment je me sens. C'est fondamental ce que tu dis, pourtant on n'y pense pas. Donc vraiment, trop, trop bon conseil. Et tu vois, le coup de faire le tour de pâté de maison pendant 10 minutes. Vraiment, c'est un truc. Faites-le même, par exemple, dans votre voiture. Arrêtez-vous cinq minutes avant de sortir de la voiture et de rentrer chez vous. Et juste pas de téléphone, rien. Juste vous avec vous-même parce qu'en fait, il y a un procédé cérébral. Il s'appelle le réseau du mode par défaut qui permet, qui est en fait le fait de laisser l'esprit vagabonder. Et on ne laisse plus ça se faire. Or, c'est un moment qui est hyper ressourçant pour le cerveau, qui permet ben de faire La créativité, mais la créativité dans tous les sens, c'est-à-dire même de résoudre des problèmes, de faire de nouvelles connexions, de se reposer, etc. Donc vraiment, c'est un procédé qui est tout simple, qui fait partie de nous, mais qu'on a mis sous le tapis parce qu'on va scroller dès qu'on a 5 secondes de libre, on va remplir, on va remplir, on va remplir. Donc c'est hyper important. Et c'est aussi, d'ailleurs, tu parlais beaucoup des insomnies, des troubles du sommeil, il y a aussi ce truc que, en fait, comme la journée, il y a absolument zéro moment. de rien et de silence, en fait, évidemment, le seul moment où le cerveau, il est dispo pour réfléchir et reconnecter toutes les informations de la journée, c'est le moment où on est dans le lit. Donc, évidemment, c'est hyper... Ce n'est pas du tout le moment qu'on a pour réfléchir normalement, mais c'est le seul. Donc, évidemment, il y a de la difficulté pour s'endormir, etc. Donc, c'est hyper, hyper important ce que tu...
- Speaker #1
Même 5 minutes, même en effet, bloqué dans la voiture au revoir ou vraiment au travail juste avant de partir. Il y a toujours des petits moments de pause comme ça. Ou même dans les transports, où en fait, si on a plein de stations à faire, on peut juste fermer les yeux et écouter quand c'est notre station. Mais sinon, rien penser. C'est vraiment hyper important. Parce que comme tu dis, sinon, ça se fait juste avant le sommeil. Sauf que ce n'est plus du tout le moment. Moi, je dis toujours que c'est comme si on avait un grand bureau avec plein de trucs à ranger par jour. Si on décide de tout ranger juste avant de dormir, on ne dort pas parce qu'on a plein de trucs à ranger. Et donc, le but, c'est de faire ce truc juste un petit moment dans la journée. Donc, soit on a la marche à 10 minutes, soit en faisant un temps calme 5 minutes, mais en effet, sans téléphone, sans sollicitation de « Maman, il me faut ça ! » et tout. Eh bien, déjà, il y aura le cerveau qui aura rangé plein de trucs et ça aidera peut-être, du coup, à dormir et à ne pas ranger le reste au moment où ce sera l'heure de dormir.
- Speaker #0
La métaphore du bureau, elle est trop, trop cool. Je pense que ça va aller à beaucoup de monde, je la garde. C'est ça. Bon, on a parlé des somnifères. On m'a parlé d'un sujet que j'aime beaucoup parce qu'ici, j'ai employé beaucoup d'énergie à essayer de les dédiaboliser aussi. On en avait fait tout un épisode sur ton podcast notamment, on en avait beaucoup parlé. Les antidépresseurs, évidemment, grand sujet. Et aujourd'hui, ils sont prescrits massivement en France. Donc, c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que les gens vont chez le médecin parce qu'ils ne vont pas bien. Mais c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que les gens ne vont pas bien et que c'est un peu le truc qu'on va donner assez rapidement. Bref, toi ? En tant que médecin généraliste et avec ton expérience, qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que, d'après toi, on sur-médicamentalise, on donne trop rapidement, trop facilement des antidépresseurs ? Ou est-ce que c'est une réponse qui est adaptée à une vraie demande ? Comment tu te situes là-dessus ? C'est la question !
- Speaker #1
C'est la question ! Alors, il y a beaucoup de questions. Alors, moi, ce qu'il faut déjà distinguer, c'est qu'il existe les antidépresseurs, les anxiolytiques et les somnifères. Parce que quand je dis est-ce que vous avez déjà été sous antidépresseur et qu'on me sort le nom d'un anxiolytique, c'est donc que la personne n'a pas compris qu'elle a eu. Déjà moi je suis en mode attendez vous n'avez pas très bien compris ce qui s'est passé. Donc les anxiolytiques c'est censé agir sur les crises d'angoisse, sur le stress aigu. Les antidépresseurs c'est quand du coup le stress aigu s'est chronicisé et que les hormones du plaisir et du bonheur n'ont pas. pas été renouvelées ou ne sont pas assez recréées par l'organisme ou recapturées. Et dans ces cas-là, les antidépresseurs recapturent les hormones du plaisir et du bonheur, la sérotonine, la dopamine, pour du coup qu'on en ait plus et qu'on ait plus de joie, plus de plaisir, plus de motivation. Les omnifères, eux, ils servent globalement à shooter la personne pour qu'elle s'endorme. Ce qui peut avoir une grosse vertu si jamais il y a eu un gros traumatisme et que la personne ne peut pas dormir dans les... dans la semaine qui suit, les normes traumatisent, genre les gens qui sont victimes d'attentats ou d'une grosse réélation sur leur vie, eh bien, ça peut être utile, je n'y pas. Aujourd'hui, on est quand même beaucoup plus... Du coup, on a beaucoup plus de recul pour se dire que, du coup, les anxiolytiques et les somnifères sont des choses très addictogènes, parce qu'en fait, problème égale solution. Si j'ai un stress, je prends l'anxiolytique, mais le problème, c'est que, du coup, quand j'ai un stress, je ne sais le résoudre que par mon anxiolytique, et ensuite, quand j'en prends de façon chronique, mon corps, lui... essaye de me dire, redonne-moi l'anxiolytique ou le somnifère, pourquoi tu ne m'en donnes plus ? Et puis donne-en plus, toujours plus. Et donne-en plus en plus, parce qu'en plus, il y a un effet de tolérance sur les anxiolytiques et les somnifères qui n'existent pas chez les antidépresseurs, où du coup, le corps en demande de plus en plus pour avoir le même effet. Ça, c'est la tolérance, Vanessa. Donc, je trouve qu'on prescrit trop d'anxiolytiques et de somnifères, et qu'on prescrit des antidépresseurs. Alors là aussi, je modère. déjà je pense que la société va de plus en plus mal et qu'on ne met pas en oeuvre le suivi tout autour donc en fait parfois on est obligé de donner des médicaments mais parce que le rendez-vous psychiatre c'est dans 6 mois que la psychologue il n'y en a pas ou j'ai pas assez d'argent etc et donc parfois la béquille de l'antidépresseur parce que je le répète ça ne fait pas tout et donc ça reste une béquille elle aide au moins à patienter pour le rendez-vous et ça c'est vraiment un problème parce que du coup je pense qu'on sur-médique les gens parce qu'on n'a pas le réseau autour de santé mentale qu'il faudrait. à cause de politiques de santé, il est clair. Donc je pense qu'on sur-médicalise la santé mentale, mais je pense aussi que du coup, quand on les propose, c'est que globalement, on pense que ça a une vertu. Et c'est d'autant plus vrai aujourd'hui, parce qu'autant on n'était pas bien informés sur la santé mentale, autant je pense qu'on a été assez bien informés sur la tolérance et l'addictogène et l'addiction que peuvent engendrer les médicaments de santé mentale. Et du coup, les jeunes médecins, en tout cas, parce que je parle pour ma génération, on est quand même beaucoup moins en plein à en prescrire de façon systématique. Donc si on en prescrit dès la première, c'est qu'on sent que l'état est déjà en presque état d'urgence, donc sans gravité qui nécessite d'aller aux urgences psychiatriques, mais que déjà le patient a attendu pour venir nous voir ou que du coup il est dans un état de détresse assez important. Mais sinon, moi, il est vrai que souvent j'attends plusieurs séances parce que c'est une béquille, comme je disais, ce n'est pas la résolution de tous les problèmes. Et donc quand je le propose, C'est que pour moi, ça va être une aide pour le patient. Et après, il y a l'histoire que les antidépresseurs mettent très longtemps à agir au début, plus de trois semaines à un mois. Et du coup, parfois, il faut aussi mettre des anxiolytiques le temps que l'antidépresseur fasse effet. Ça, je pense que c'est aussi une bonne chose qui est maintenant acquise par les médecins généralistes. qu'ils prescrivent les deux pour être sûrs que le patient s'en sort bien. Je pense que c'est aussi assez clair que les médecins généralistes savent switcher de molécule si jamais le patient ne les aime pas. Je pense qu'on s'améliore. Je pense que le fond du problème, c'est qu'il n'y a pas du tout du réseau autour de thérapie comme tu disais, cognitive ou comportementale, de MDR, d'arthérapie. Ils sont des... Chose alternative, maintenant qu'on dit un peu complémentaire, qui sont tout doucement en train d'être mises en étude scientifique, valables pour nous médicalement, scientifiquement, de dire qu'aujourd'hui, il y a l'hypnose et la méditation, je crois qu'ils sont reconnus comme étant des médecines complémentaires, qui sont valables et qui aident à la prise en charge en santé mentale. Tout le reste, que ce soit la sophrologie, le yoga... Je pense qu'il y a des choses qui... D'ailleurs, le gars, je pense que c'est en passe de dire que c'est aussi quelque chose de favorable pour la santé mentale. Mais tout ça, on a besoin de preuves, on a besoin d'études qui ne sont pas encore faites, parce que c'est des médecines qui émergent. Et attention aux charlatans. Mais du coup, je pense que c'est un tout. On prescrit comme on peut. Et je pense que maintenant, on prescrit quand même moins. Et c'est pareil, en fait, si vous avez un professionnel qui accumule les antidépresseurs, peut-être aller demander à un psychiatre ou peut-être changer de médecin pour voir ce qu'il en pense. Moi, parfois, j'ai des gens qui arrivent avec deux anxiolytiques, deux antidépresseurs. Normalement, on n'est pas censé garder les anxiolytiques sur le long cours. Donc, ça veut dire que soit l'antidépresseur n'est pas au bon dosage, soit il y a une accumulation de quelqu'un qui ne savait pas bien faire. Et dans ces cas-là, c'est bien d'aller voir quelqu'un qui s'y connaît pour remoduler.
- Speaker #0
Là, tu vois, on parle beaucoup de médecine moderne. Tu as un petit peu évoqué des choses un peu complémentaires ou alternatives. Est-ce que tu penses finalement que la médecine telle qu'elle est aujourd'hui, elle devrait évoluer vers plus de préventif et moins de curatif ? Je pense, par exemple, on entend beaucoup parler de la médecine chinoise, qui, moi, je ne connais pas bien, mais apparemment, c'est vraiment de la médecine préventive, ou par exemple, avec la naturopathie, etc. Est-ce que toi, tu penses que c'est un truc vers lequel on devrait aller ? Et est-ce que tu penses que... En tant que médecin généraliste, vous pouvez travailler main dans la main avec ces professionnels-là. Comment tu vois ça ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'on est en train, tout doucement, de sortir de cette fameuse dichotomie où, en fait, avant, c'était des médecins qui disaient, je ne crois qu'en la médecine, en la médecine médicamenteuse, en la médecine... Je pense que maintenant, on s'est rendu compte quand même qu'il y a des patients qui n'ont pas forcément écouté que les médecins, qui sont allés voir des autres alternatives. Et que finalement, ça s'est bien passé pour eux, que ça les a aidés. Donc, je pense que ça, c'est vraiment en train de s'ouvrir. Et je pense que c'est une bonne chose que ça s'ouvre. Parce qu'en effet, on le voit au quotidien sur les patients que quand ils vont voir une sophrologue, qu'ils vont voir une hypnothérapeuse, qu'ils vont voir, voilà, ça les améliore. Par contre, la grosse méfiance qu'on a, c'est déjà que là, on est en train de faire des études parce que... potentiellement toutes les médecines complémentaires qui sont vendues ne sont pas forcément favorables, recevables. Et du coup, parfois, c'est vraiment une prise en charge empirique. Ça a marché pour une patiente, mais ça ne veut pas dire qu'on peut le globaliser à tout le monde. À la fois, je suis pour parce que je vois bien que c'est une médecine complémentaire qu'il faut exploiter, mais à la fois, en effet, du coup, mon terme de médecine n'est peut-être pas bien posé parce que ce ne sont pas des choses assez prouvées. On est dans le bon sens, mais du coup, je pense qu'il faut surtout se demander quelle est la source. Moi, j'ai beaucoup de patients qui voient soit une personne sur TikTok et du coup, après, ils vont faire une visio avec, soit un magnétiseur qu'on a entendu de je ne sais pas qui, enfin, le téléphone est tellement loin. C'est ma belle-sœur qui a rencontré une dame que je ne connais pas qui m'a demandé ce contact. Déjà, quand vous ne rencontrez pas un soignant en vrai, c'est peut-être bizarre. Parfois, quand ils vous imposent directement un nombre de séances, c'est peut-être bizarre. Et du coup... attention aux réseaux sociaux, attention à la source de départ de ce professionnel parce que si c'est pas un autre professionnel qui vous l'a recommandé, c'est peut-être pas quelqu'un de bienveillant. Voilà. Et c'est juste vraiment que nous, on a aussi un biais parce qu'on voit tous les ratages des médecines complémentaires nous arriver et donc pour les gens, c'est du retard de diagnostic, du retard de traitement et du coup voire pire, voire ils ont fait pire quoi. Et donc, je trouve ça dommage. Voilà, je pense que le message, c'est d'abord la médecine vraie. reprouvée par la science et ensuite on voit comment on peut se faire entourer des arts thérapeutes et des personnes complémentaires.
- Speaker #0
C'est complémentaire de toute façon donc c'est dans ce cadre-là que c'est intéressant et pas en remplacement. Tu vois, moi je sais, j'ai eu l'expérience et je n'ai vu plusieurs retournements où la naturopathie a été hyper complémentaires, notamment dans le cadre de mon sevrage d'antidépresseurs, ou a été hyper complémentaire pour remonter en termes de ressources dans le burn-out. Parce que, tu vois, il y a un truc qui me dérange un peu, parce que je trouve qu'on manque, dans la médecine moderne, de choses pour nous aider, par exemple, à remonter après un burn-out, où on a vraiment... Toutes nos réserves qui ont été épuisées, qui ont été vidées physiologiquement. Et tu vois, en gros, on n'avait rien à me proposer, tu vois, à part les antidépresseurs, le suivi psy, etc. Et pour le coup, tu vois, c'est ma naturopathe qui s'est rendue compte que, bah ouais, mais j'étais à 8 ans, fait ritine, donc forcément ça ne pouvait pas aller. Mais ça n'apparaissait pas en gras parce que les marqueurs, machin. Donc, en fait, dans quelle mesure la médecine moderne est un peu limitée dans le sens où... C'est un peu nous prendre en charge pour qu'on ne soit pas malade, mais pas pour qu'on soit en bonne santé ou dans la santé la plus efficiente. Donc, moi, je ne suis pas, tu vois, en train de dire il faut aller contre la médecine moderne. Pas du tout. Mais je trouve que vraiment, les deux ensemble font un bon partenariat. Mais effectivement, comme tu le dis, il faut toujours être avec des personnes en confiance. Mais encore une fois, c'est la même chose avec des médecins in fine. parce que tu le disais au début, il y a des médecins, ils ne sont pas capables d'écouter, ils ne sont pas capables de remise en question et ça peut être des médecins très dangereux du coup. Donc voilà, toujours faire attention à qui on donne sa santé, à qui on confie des choses et toujours garder autant que faire se peut son libre arbitre. Après, on est bien d'accord, notamment les choses un peu parallèles, non conventionnelles, comme je ne suis pas coupeur de feu, etc. Le problème, c'est que ça va s'adresser bien souvent à des personnes qui sont en situation de fragilité mentale, qui vont chercher des réponses, qui vont chercher à se raccrocher à quelque chose. Et c'est dans ce cas-là où c'est difficile parce qu'on n'a pas forcément le même libre-arbitre.
- Speaker #1
Et c'est pareil. En fait, la naturopathie, ça fait partie aussi, et je suis d'accord avec toi, mais en fait, sur le fond, on est d'accord parce qu'on veut que ce soit complémentaire. Moi, j'avais une patiente qui ne voulait plus faire sa chimio parce qu'elle avait trouvé une super naturopathe qui lui avait dit qu'elle allait lui trouver. Et en fait, mais voilà, mais moi, j'ai plein d'histoires. Vous le savez, voilà, c'est toujours pareil. Mais j'ai aussi plein de patientes qui utilisent la naturopathie, par exemple, pour l'endométriose. Et ça marche super. Mais parce qu'en fait, elles se font aussi suivre par une gynéco adaptée en endométriose. Et du coup, le mix des deux, eh bien, elles vont hyper bien. Et c'est pareil en santé mentale. Mais c'est juste que si, par contre, elles n'écoutent plus que la naturopathe, ça veut dire qu'il y a une mésalliance avec le médecin. Dans ces cas-là, il faut voir comment améliorer l'alliance et pourquoi la patiente, elle a voulu. tout arrêter. Parce que je pense en effet que c'est les deux en même temps qui doivent se coordonner et pas l'un sans l'autre. Mais je suis tout à fait d'accord. Et c'est aussi vrai en violence. En violence, il y a toute une partie de perte de confiance en soi, de perte d'estime de soi qu'on ne peut pas avoir, comme tu dis, de remède médicamenteux. Enfin, voilà, on n'a pas de médicament qui redonne confiance en soi. Ça veut bien dire qu'il faut, tu vois, même ne serait-ce que l'activité physique, on pourrait considérer que c'est presque une médecine alternative, complémentaire. parce qu'en fait, elles ne nous donnent pas de médicaments et pourtant, ça fait des bienfaits. Eh bien, c'est pareil sur les art-thérapeutes qui font des séances de photos, de maquillage, des réunions de femmes qui ont été violentées. Tout ça, c'est des médecines complémentaires qu'on sait qu'elles ont une vertu parce qu'on les a étudiées et qu'on voit bien que rien VS ce genre d'atelier, ça marche mieux. Mais en effet, ce n'est pas vraiment de la médecine. Donc, franchement, je trouve que ça progresse. et que Et que c'est super et que les jeunes générations sont aussi plus enclins à ouvrir ça. Oui, c'est ça. Donc, méfiance toujours à qui on va voir. Et fiez-vous à votre instinct. Vraiment, souvent en médecine, je dis que quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. Bon, si vous voyez un professionnel que vous n'avez pas senti, même si en soi, ça vous a peut-être aidé, changez. Et donc, c'est pareil. Mais comme tu dis, pour les médecins, il peut y avoir des médecins qui ont fait des études et qui sont quand même mauvais ou qui ne se mettent pas à jour. Et puis, il y a des médecines complémentaires qui sont... Très bien, parce qu'elles se sont bien formées au reste et qui, du coup, complémentent la médecine classique.
- Speaker #0
Totalement. Et si tu devais donner un seul conseil, attention, change, à quelqu'un qui sent que ça commence à craquer en termes de santé mentale, que ça commence à pas aller, que l'épuisement, que machin, que le camion, il est pas bien loin, quoi. Avant même de venir te consulter, ce serait quoi ? Un seul conseil.
- Speaker #1
Un seul conseil, eh bien, ne pas prendre, j'appelle ça un clignotant, moi, au médecin, ne pas prendre ce clignotant à la légère quand votre corps parle ou que vous sentez bien que c'est une fatigue psychologique. Il faut absolument, tout de suite, prendre le problème. Ça se trouve, vous n'aurez même pas besoin de médecin ou de professionnel de santé. Ça se trouve... Rien que rajouter ces fameuses 10 minutes de pause ou rien que manger plus équilibré ou aller faire une séance de sport en plus dans la semaine ou partir en week-end, ça sera bénéfique et vous n'aurez pas probablement. Mais si vous ne vous écoutez pas dès le départ et qu'on se dit, allez, ça ira mieux demain, c'est là où les problèmes commencent. Donc, s'écouter dès les premiers instants où ça ne fonctionne pas. Et c'est vrai que moi, j'ai mis longtemps à m'écouter comme ça en premier. Et parfois, ce n'est pas aussi facile qu'on le veut parce qu'en effet, il y a la vie, comme d'habitude. Mais vraiment, c'est écouter dès le départ et ne pas laisser traîner. Et du coup, si vous n'arrivez pas vous-même, c'est vraiment ne pas laisser traîner trop longtemps. Et parfois, en fait, ça peut aller très, très vite et on ne s'en rend pas compte. Et du coup, consultez si vous n'y arrivez pas toute seule et de façon assez rapide, ne pas laisser traîner.
- Speaker #0
Effectivement, on a vite tendance à se dire ça ira mieux demain. Ou ouais, non, mais c'est parce que là, il y a ça, donc ça ira mieux après. Mais effectivement, de réagir tout de suite. Parfois,
- Speaker #1
on parle de... Sur une semaine, ça peut se méga dégrader. Parce que si on a eu une contrainte au travail, une contrainte familiale, et un gros déboire où on est en cycle hormonal négatif, c'est-à-dire, nous, on peut largement... Si ça fait plusieurs fois qu'on se dit « Allez, ça ira mieux demain » , celle-là, ça peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase, et on peut ne pas se lever le lendemain. Donc, voilà. Bye. Trop tarder et OK d'essayer tout seul avec ce qu'on sait et qui nous fait du bien parce qu'on se connaît en effet soi-même en tant qu'acteur, qu'est-ce qui nous fait du bien, mais ne pas trop traîner à aller consulter, c'est valable. Pour l'anxiété, c'est valable pour le sentiment de tristesse, de fatigue. C'est valable pour les troubles du sommeil. C'est valable pour l'alimentation. Enfin voilà, il y a vraiment plein plein de motifs. Je trouve que c'est un vrai truc. On ne nous apprend pas assez à se faire aider. Mais c'est d'ailleurs valable pour les amis en fait. Genre hier, j'étais à un déménagement. Et en vrai, on était nombreux. Et moi, j'avais fait la route et tout pour y aller. Et ils m'ont dit, ah non mais merci d'avoir fait le trajet et tout. Et j'étais en même temps, tu vois, on était dix. Ça s'est passé en trois heures, basta. Et vous auriez été trois et vous auriez trimé et tout. Moi, c'est ça mon aide, c'est ça mon langage. Et ça ne m'a coûté que dalle. J'étais trop contente de vous revoir. Et les gens, du coup, ils étaient trop en peine. En mode, on est désolés. On ne pensait pas qu'il y aurait autant de monde. Et du coup, peut-être que tu es venu pour rien. Ben non, en fait, tu m'as demandé de l'aide. Je t'aime en tant qu'ami. Je viens t'aider parce que j'en suis dispo. Et en fait, les gens, tout de suite, ils sont culpabilisés ou ils sont en mode, est-ce que tu peux venir m'aider ? Et en fait,
- Speaker #0
souvent,
- Speaker #1
pour les autres, c'est rien en fait.
- Speaker #0
Mais de la même manière, en fait, qu'on a un petit peu rendu normaux les troubles du sommeil ou le fait de ne pas dormir, de manquer de sommeil, on a aussi rendu un peu tabou le fait d'avoir besoin des autres. Tu vois, un peu en mode, je me suis fait tout seul, j'ai besoin de personne pour y arriver. Il y a un peu cet objectif ultime qui est hyper mal placé parce qu'en soi, c'est tellement dommage. On est des êtres sociaux, on est pensés comme ça, on est interdépendants forcément. Et du coup, ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Donc, d'accepter l'aide, c'est important. D'accepter les compliments, d'accepter... Tu vois, juste en disant merci plutôt qu'en se disant « Ah, t'aimes ma robe ? » « Ah oui, non, c'est parce que je l'ai eu en solde la semaine dernière. » Non, juste « Merci, ça fait plaisir. » « Merci de m'aider parce qu'en fait, j'en vaux la peine. » et parce que le jour où tu auras besoin d'aide t'en vaudras la peine aussi donc vraiment il y a ce truc là à déconstruire un petit peu et je pense qu'on se portera tous bien mieux en étant un peu plus dans le respect de nous même et dans l'acceptation de l'aide aussi on arrive à la fin de cet échange Lulu, j'aurais eu encore un million de questions à propos de vous évidemment franchement c'est tellement de choses à se dire Merci beaucoup. Si déjà aujourd'hui, tu devais conclure soit en me disant une chose que tu retiendras de cet échange ou soit en donnant un conseil, un mot que tu aimerais donner aux auditrices, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Eh bien, je pense qu'il faut souvenir que vous n'êtes pas seul. Et c'est ce que tu étais en train de dire sur « il y a toujours quelqu'un autour de vous » , c'est-à-dire que vous soyez dans un contexte de détresse psychologique, corporelle. au travail ou dans votre relation. En fait, vous n'êtes forcément pas seul. Et d'ailleurs, même quand vous êtes victime de violence, pour toujours référer à ça, il y a forcément quelqu'un qui peut vous tendre la main quelque part, qui va vous croire, qui va vous soutenir. Et on s'attèle toujours à essayer de ne pas embêter l'autre. Mais comme tu disais, les humains sont faits pour interagir et pour s'aider. Et en fait, déjà, le verbe aider, c'est un truc où on doit quelque chose à l'autre. Non, en fait, on se rend service. Et il y a toujours des gens, et notamment les professionnels de santé, mais dans votre entourage, qui seront vous guidés. Donc, ne restez pas seuls et vous n'êtes pas seuls. Écoutez-vous. L'instinct, c'est hyper, hyper précieux. Et c'est pareil sur les émotions. Écoutez vos émotions. Écoutez-vous, quoi. En fait, vous êtes le meilleur. le meilleur chef d'orchestre de votre vie. Et donc, s'il faut dire non, dites non. S'il faut prendre soin de vous, prenez soin de vous. Et s'il faut vous faire aider, faites-vous aider, que ce soit par une copine au travail ou par un professionnel de santé. Voilà, vraiment, n'oubliez pas votre valeur. Moi, je dis toujours que on est toutes des Beyoncé de départ. La vie nous a forcément un petit peu écorchées. Mais donc, si on est des Beyoncé, on se fait aider parce que Beyoncé, elle n'est pas montée comme ça toute seule. Elle a forcément demandé de l'aide. Elle a forcément peut-être été voir quelqu'un quand elle est devenue célèbre. Enfin, j'exagère. Je me prends pour une part. Oui, mais elle a forcément une équipe qui la pique, qui la laque, qui la machin. Si elle ne s'était pas aidée d'une team et si elle n'avait pas toute sa vie autour d'elle, elle ne serait pas Beyoncé. Eh bien, vous, c'est la même chose. C'est juste que personne ne sait que vous existez, mais vous êtes en sunshine tout pareil. et donc on va être faits. vraiment, rendez des services aux gens si ça leur fait du bien et inversement vous verrez que c'est très vertueux et du coup écoutez votre petite voix antérieure votre petite émotion c'est de là et on a tendance à l'oublier Il faut vraiment repartir des émotions et vous verrez si vous écoutez vos émotions, mais d'ailleurs que ce soit des émotions positives ou négatives, si vous vous dites je ne suis pas bien là, comment je fais pour aller mieux ? Parfois ce sera un choix qui ne deviendra pas forcément bon, pas forcément mauvais, mais du coup vous en ferez un autre. Et moi je vois ça un peu comme un jeu de cartes, où parfois dans la vie on n'a que des mauvaises cartes pour le jeu qu'on nous propose. Et bien si on se fait aider, genre on pioche une nouvelle carte, ou si on en pose une pour faire avancer le truc, Après, comme ça, on peut déclencher d'autres actions et d'autres choses qui feront qu'on va mieux et qu'on est mieux.
- Speaker #0
Merci infiniment, Lulu. Je crois qu'après cet épisode, vous serez toutes d'accord pour dire qu'on a toute envie d'être la patiente de Lulu. Donc, ne donne surtout pas ton adresse de cabinet parce que sinon, tu vas avoir le standard qui va débloquer. Non, mais voilà, vraiment, ça donne... confiance en la santé, en la médecine. Il y a des très bons médecins qui sont là, qui sont prêts à être à votre écoute, les filles. Donc, accrochez-vous. Si votre médecin, à l'heure actuelle, ne vous entend pas, ne vous écoute pas, essayez d'aller sonner à d'autres portes. Ça existe. Vous méritez d'être entendu. Vous méritez d'être écouté. En tout cas, en attendant, je vous mets dans la description, je vous le redis, le lien du podcast de Lulu et le lien de son compte Instagram. Allez ! allez, allez y faire un tour, ça va vous faire beaucoup de bien, c'est nécessaire, tout ce que tu partages Lulu donc merci beaucoup, merci pour le soleil que tu étais aujourd'hui merci à toutes pour votre écoute je te souhaite une très bonne journée et je vous souhaite une bonne journée à toutes