Speaker #0Bienvenue sur Sage Femme Authentique. Tout au long de ce mois de janvier, je vous propose de vivre pour la deuxième fois le défi que j'envoie. Un épisode de podcast par jour avec une thématique ou une contrainte technique qui me sera imposée, toujours au plus proche de vos questionnements sur la grossesse, la parentalité, les naissances respectées. Bonjour, bienvenue dans l'épisode 26 du défi j'envoie. Aujourd'hui j'avais demandé, j'ai dû demander à quelqu'un de me donner un sujet au hasard, juste avant d'enregistrer. Alors c'est Alix qui m'a donné un sujet, Alix c'est justement une de nos toutes nouvelles sages-femmes référentes, qui va commencer à être référente à partir de cet été. Et elle m'a demandé de poser une question, enfin de répondre à des questions plutôt, enfin de faire un épisode sur la place de l'accompagnant. Que ce soit un papa, une maman, ou que ce soit la maman de la maman, ou le papa de la maman, etc. Mais à quel point, parfois, on minimise vraiment l'importance de cette personne, et comment ça peut tout changer si cette personne trouve sa place. Si il y a une chose dont je suis sûre, c'est que quand une femme décide qu'elle veut une personne auprès d'elle pour mettre au monde son bébé, c'est qu'elle lui fait entièrement confiance. Et si ce n'est pas le cas, il faudrait vraiment se questionner sur quelle serait l'autre personne auquel elle pourrait faire appel pour être présente à ce moment-là. Parce que pendant la naissance, les femmes vont se donner à un point que personne n'imagine, je pense. Même quand on essaye de l'imaginer... Avant de le vivre, on n'imagine pas du tout. Et oui, on dit oui, oui, je sais, ça ne va pas être facile. Oui, je sais, ça va être intense. Oui, mais bon, voilà, ça va aller. Mais je pense qu'il y a quand même souvent des accompagnants qui se rendent compte quand même de ce que ça représente réellement. Et parfois, ça peut réellement changer aussi la dynamique dans un couple parce que d'avoir vu sa compagne dans cette telle intensité, Ça vient bousculer les repères, ça vient changer aussi l'image qu'on a de cette personne. Mais clairement, si l'accompagnant n'est pas pleinement présent, il y a des situations dans lesquelles ça peut être vraiment compliqué pour la femme. Ça peut être jusqu'à être moteur finalement de grosses difficultés en postpartum parce qu'au final, elle ne se sera pas sentie soutenue. pleinement comme elle le souhaitait. Et ça peut avoir vraiment des impacts au niveau du couple, si c'est un compagnon ou une compagne. Ça peut aussi vraiment perturber la naissance, sans se mentir, clairement. Donc c'est vraiment important de se rendre compte finalement du rôle à jouer du parent. Il n'est pas là qu'en tant qu'observateur, le Ausha. Il est là vraiment comme un phare au milieu de la tempête, un soutien plein et complet. En fait, il devrait... Il ou elle, je dis il pour l'accompagnant, mais vraiment je n'engage pas de questions de genre dans la situation-là. Je veux vraiment parler de la personne qui partage sa vie avec cette femme qui est en train de mettre au monde son bébé. Et donc quand cette personne ne trouve pas sa place, et parfois inadéquat, que ce soit parce que c'est un stress finalement de voir sa compagne être dans cet état-là, c'est pas facile, c'est pas évident. J'ai des papas par exemple qui utilisent parfois l'humour, qui sont parfois un peu inadéquats clairement. Nous on essaye un petit peu de recentrer les choses pour qu'ils ne soient pas perdus au point d'utiliser des outils qui vont venir perturber le processus de la naissance. J'ai déjà eu une maman qui a demandé au papa de lui dire plein de blagues pendant l'accouchement pour l'aider justement à relativiser et à traverser l'intensité de la naissance. Ça c'est sa demande à elle. Par contre, un papa qui fait des blagues, mais en fait, dans ses blagues, souvent, c'est le reflet quand même de son mal-être, de sa manière d'essayer de dédramatiser la situation qu'il a devant les yeux. Et ça peut être des choses qui peuvent être vraiment inadéquates et qui peuvent vraiment venir blesser cette maman qui est en train de tout donner pour mettre au monde son bébé, pour mettre au monde leur bébé. Donc... Peut-être que l'humour, c'est pas la meilleure chose à faire. Peut-être que, en tout cas, quand elles sont dans leur pleine intensité, c'est compliqué. Évidemment, une femme qui est sous péridurale, elle relativise beaucoup plus. Et parfois, elle fait elle-même des blagues. Je les ai déjà vues faire. Mais une femme qui est en plein accouchement et qui est en train vraiment de vivre des contractions très très fortes, etc., des sensations qui sont très très fortes, elle n'a pas du tout envie de blaguer, en fait. Par contre, elle a besoin de soutien, elle a besoin d'amour. Et dans le soutien, ce n'est pas forcément le toucher parce que souvent on me demande, oui, qu'est-ce que je peux faire ? Où est-ce que je peux appuyer ? Comment est-ce que je peux l'amasser, etc. Donc tout ça, on explique parce que c'est vrai que ça peut vraiment soutenir et vraiment aider. Mais il y a des femmes qui ne supportent pas d'être touchées pendant le travail. C'est un peu difficile de s'en rendre compte avant qu'elles commencent le travail. Donc on donne des pistes tout en expliquant qu'en fait, sur le moment donné, on pourra encore montrer des manières de faire et des petites choses qui pourront aider. Mais dans la réalité, c'est que même sans faire des actes, même sans faire, ce qui va énormément aider, c'est d'être dans l'être. C'est de... comme envoyer tout son amour à cette personne. C'est les mots. Les mots ont une grande importance. Et justement, les mots, quand on joke un peu, qu'on rigole et qu'on fait un petit peu... on est un peu mal à l'aise et puis qu'on fait des blagues pas drôles, ben, les mots, ils ont leur importance. Par contre, quand les mots aussi... Ils vont dans le sens de je vais te soutenir, je vais te dire à quel point tu es merveilleuse, à quel point tu fais ça bien et à quel point je t'admire et que tu y arrives et que c'est merveilleux. Il faut se dire que c'est comme tout. Les points négatifs, il suffit de le dire une fois et ça vient s'ancrer très fort. Les points positifs, c'est comme s'il en fallait dix pour équivaloir, voilà j'ai inventé un mot là, pour être l'équivalent finalement en termes d'impact qu'une remarque négative. Ça c'est vrai pour toute la vie. chaque fois que vous faites une remarque négative c'est beaucoup plus difficile d'arriver à un équivalent en termes de remarques positives il va en falloir beaucoup pour qu'on s'en souvienne autant et bien pour la naissance c'est la même chose en plus de ça on dit que les femmes entendent tout haut ce que les gens pensent tout bas Donc, vraiment s'informer réellement sur ce qui va se passer pendant la naissance, c'est hyper important. Et donc, ça me ramène au fait que les personnes qui vont accompagner cette maman, que ce soit sa femme, son mari, son compagnon, sa compagne, sa soeur, sa cousine, sa voisine, son ami, son père, sa mère, etc. Il faut qu'ils viennent un minimum aux préparations à la naissance. Il faut qu'ils soient préparés, eux aussi, à ce qui va se passer. C'est pas sur le moment donné qu'il faut le découvrir, parce que ça peut être tellement bouleversant qu'alors on perd les moyens et ça ne va pas. Je me rappelle d'une maman qui est venue accompagner une maman à la maison de naissance. C'était une maman qui faisait une gestation pour autrui, et sa maman est venue pour l'accompagner pendant la naissance. Eh bien, je crois que cette femme n'était pas du tout prête à voir sa fille dans cet état-là. Et là... Elle a quand même un peu abandonné. Alors, je ne dis pas qu'elle n'était pas présente. Mais dans les moments où sa fille vraiment perd des pieds, plusieurs fois, en fait, j'ai été moi la soutenir, la masser, etc. Montrer à la maman qu'est-ce qu'il fallait faire. Mais en fait, elle partait parce que c'était trop difficile pour elle de voir sa fille dans cet état-là. Et du coup, je me suis dit, c'est dommage en fait. Parce que peut-être qu'elle aurait pu être plus adéquate et plus sereine, surtout si elle était venue plus aux consultations. évidemment c'était difficile parce qu'il y avait déjà cette maman et puis ses papas donc sa propre maman en plus je pense que ça aurait été compliqué mais avec le recul je me dis peut-être qu'on aurait dû faire une consultation avec elle aussi peut-être à part, peut-être pour justement donner l'opportunité de comprendre ce qu'elle est se passer parce que si cette femme n'avait pas elle-même enfanté comme ça je pense que ça peut être très très très très perturbant on va pas se leurrer, se voiler la face donc la présence au prépa est très très importante. Qui que ce soit qui accompagne, si c'est le compagnon, la compagne, que si c'est une amie, si c'est... Voilà, c'est vraiment important. Alors j'imagine que quand c'est une doula, normalement elle connaît à peu près ce qui va se passer. Mais en tout cas, être sûre de matcher avec cette personne, ça c'est très très important. Toujours être au clair sur les personnes qui vont être là pendant la naissance. Parce que une personne qui n'est pas la bonne, parfois elle peut faire aussi basculer les choses d'une manière ou d'une autre. Je me rappelle d'une... collègue, non, d'une maman qui m'avait parlé d'une collègue qui l'avait accompagnée pour une naissance au cocon, dans mes souvenirs, et qui lui avait dit quelque chose du genre, moi je te vois pas accoucher dans l'eau. Ça ira pas si tu vas dans l'eau, quoi. Et bien, en fait, cette maman, elle est marquée par ses mots, parce que c'était une personne en qui elle avait confiance, qui a porté, qui a émis un peu une idée, un jugement, sur ses capacités à gérer ou à faire les choses de telle ou telle manière. Et en fait, ça l'a fort marquée. Fort marquée dans sa vie de femme, dans sa vie de mère, avec cette sensation, en fait, de ne pas prendre les bonnes décisions. On ne se rend pas compte, en fait, à quel point on peut avoir un impact important. Donc, c'est aussi bien choisir l'équipe qui va être autour de vous. Parce que si on n'a pas ce climat de confiance, c'est difficile de lâcher prise. Et donc on a plus de difficultés à faire venir le bébé. Et donc plus de transferts, etc. C'est important aussi d'en avoir notion. Donc le compagnon, la compagne, la soeur, la mère, etc. Il faut vraiment qu'ils s'apprennent à avoir cette posture de phare au milieu de la tempête. De roc en fait, de personne sur laquelle cette femme va pouvoir s'appuyer. Puis qu'ils vont être dans la capacité de la voir dans cette grande vulnérabilité. sans prise de pouvoir sur elle. Parce que des papas, des fois j'en ai déjà entendu, des papas, je dois avouer, j'ai déjà accompagné des couples de femmes, mais évidemment c'est pas le plus que j'ai pu accompagner. Et j'ai jamais vu de femmes prendre le dessus sur leur propre femme dans ces situations-là. Mais des hommes, ça j'ai déjà vu, des hommes qui en fait se fâchent, et puis limite harcèlent ou deviennent vraiment... méchants en fait pour qu'elles plongent en fait mais vraiment de manière violente verbalement très fort et je pense que c'est assez fou finalement de cette sensation de devoir prendre le pouvoir encore dans ce moment là alors que c'est elle qui est en train de traverser un tsunami une tempête énorme donc c'est souvent des moments où on essaye de temporiser les choses aussi et où On va dire de manière un peu plus douce, on essaye de recadrer un petit peu ce qui est en train de se passer pour que chacun puisse le vivre le plus sereinement possible. Donc voilà, les compagnons, les compagnes, les frères, les sœurs, les grands-mères, les grands-pères, toute personne qui devrait être amenée à accompagner une naissance, qui devrait être présente pour une naissance. Donc ça inclut aussi les personnes qui pourraient être présentes pour les aînés et qui donc pourraient potentiellement être présentes pour la naissance. Il faut absolument que ces personnes soient au clair sur ce qui va se passer. C'est peut-être aussi l'opportunité d'aller regarder les vlogs de naissance, de regarder tous les comptes Instagram qui partagent tellement de vidéos qui normalisent finalement les naissances, l'intensité des naissances et la manière dont les bébés naissent quand ils ne naissent pas à l'hôpital avec une maman sur le dos, les pieds dans les étriers. Donc c'est vraiment important de normaliser ça. Donc c'est pour ça aussi que sur le compte Instagram de Sache Femme Authentique, je commence à partager des vidéos, parce que je pense que c'est important de normaliser finalement ce que c'est que la naissance. Donc aussi, si jamais vous avez des belles vidéos que vous avez envie que je partage, ce sera avec plaisir. Voilà, j'espère que cet épisode vous a plu. Merci à Alix pour le sujet. Je trouve que c'était hyper intéressant. En fait, il y a tellement à dire, on pourrait en faire plein de sujets différents, clairement, pour pouvoir parler de tout ça. donc merci en tout cas de votre écoute merci de m'avoir challengée sur ce sujet de podcast en last minute là, c'était quand même très intéressant, sans préparation, sans rien donc évidemment je ne dis jamais tout ce que je devrais dire et puis j'en parle dans un autre épisode mais c'est pas grave, c'est comme ça je vous donne rendez-vous demain pour le 27ème épisode qui sera à nouveau un épisode sans filet brut, sans préparation ben voilà Pas sur un sujet qu'on m'aura donné, mais sur un sujet sur lequel j'aurais décidé de travailler. Donc si jamais entre temps vous avez envie, vous avez une idée et un sujet que vous avez envie que je développe, et bien c'est pareil, je suis toute oui, n'hésitez pas. Par email, par message privé, c'est avec plaisir que je répondrai à vos demandes. Je vous donne rendez-vous demain. D'ici là, portez-vous bien.