Speaker #0Bienvenue sur Sache Femme Authentique. Tout au long de ce mois de janvier, je vous propose de vivre pour la deuxième fois le défi j'envoie. Un épisode de podcast par jour avec une thématique ou une contrainte technique qui me sera imposée. Toujours au plus proche de vos questionnements sur la grossesse, la parentalité, les naissances respectées. Bonjour, bienvenue dans ce 23ème épisode du défi j'envoie. Aujourd'hui, la contrainte, c'est quand même de parler, raconter une rencontre marquante qui a changé ma vision du monde. C'est vaste en fait comme sujet, je trouve. Et bon, vision du monde, peut-être pas, mais des rencontres importantes dans ma vie, j'en ai eu tellement, des gens qui m'ont soutenue, des gens qui m'ont reconnue dans les difficultés que je pouvais avoir, notamment quand j'étais enfant. Je pense à des professeurs comme mon professeur de mathématiques au lycée, ma professeure de physique, l'infirmière du lycée aussi, des gens qui ont été un soutien pour moi et qui m'ont permis. de reconnaître ce que je vivais et puis de prendre mon envol en fait. Je ne les remercierai jamais assez. Mais est-ce qu'ils ont vraiment changé ma vision du monde ? Je ne pense pas. Je pensais à l'idée que... La rencontre qui a vraiment changé ma vision du monde finalement, c'est la rencontre avec mon fils Michel. C'est son impact transformateur dans ma vie, dans notre vie. Au tout début je m'étais dit, ouais je pourrais parler aussi de mon amoureux, 21 ans cette année. Et avant lui, je m'étais toujours dit que jamais je me marierais, parce que j'avais que... Que des exemples de familles un peu bancales, avec des histoires où les enfants vivaient des situations qu'ils n'auraient pas dû vivre, des choses qui n'étaient vraiment pas ok. Et du coup, ça ne me mettait pas du tout en confiance. Pas confiance notamment en les hommes, et ça c'était aussi certainement lié à mes traumas, à ces personnes qui avaient pris du pouvoir sur moi, etc. Mais aussi, oui, pas confiance en ce que pouvait être la vie en couple. De manière générale. Et puis, bizarrement, quand je l'ai rencontré, c'était comme une évidence qu'en fait, avec lui, c'était possible. Pourtant, c'est pas toujours... Voilà, les choses sont pas toutes roses et toutes belles, 24h sur 24 et 7 jours sur 7. On a nos propres traumas, nos propres histoires, nos propres défis. Et puis avec ça, on doit mixer les choses et puis en faire une famille stable. Bref, tout ça pour vous dire que j'ai bien réfléchi et que je pense que ce qui m'a vraiment... transformer ma vision du monde, c'est vraiment le fait de devenir maman et donc rencontrer mon fils Michel je crois que chaque naissance m'a apporté quelque chose clairement, chaque histoire de naissance, chaque grossesse chaque passage dans ma vie a forcément eu un impact, et je pense qu'il y a eu un impact pour chacune de ces enfants, de ces bébés ça a eu un impact aussi sur quelle sage-femme je suis devenue... Michel m'a offert le cadeau quand même de s'inviter alors qu'on ne l'attendait pas. Je venais de terminer mes études d'infirmière et je devais rentrer dans le cursus de sage-femme quand j'ai découvert que j'étais enceinte. Honnêtement, ma première plus grosse peur, c'était que je ne puisse pas rentrer en sage-femme parce que j'étais venue en Belgique pour ça en fait et que je ne voulais pas du tout être infirmière. Enfin voilà, je venais de terminer mes études mais c'était dans le but de profiter d'une passerelle et de pouvoir... J'ai commencé mes études de sage-femme. Donc évidemment, aux portes de la rentrée, là, me rendre compte que je suis enceinte, c'était comme un monde qui s'écroulait devant moi. Donc à la fois, j'étais heureuse parce qu'un enfant avec Pascal, pour moi, c'était le plus beau des cadeaux, même si ce n'était pas du tout le bon moment et que ce n'était pas du tout voulu à la base. Mais c'était de l'amour, ça c'était sûr. Puis à côté de ça, c'était la crainte de ne pas pouvoir faire ce que je voulais faire, de ne pas pouvoir devenir la sage-femme que je suis maintenant. Enfin, pas pouvoir être sage-femme tout court, parce que la sage-femme que je suis maintenant, je suis pas sûre que je la visualisais encore à l'époque. Mais euh... Voilà, moi je me souviens en tout cas appeler l'école et dire voilà, je suis Mélissa Chambard, je viens de finir mes études d'infirmière, je dois normalement rentrer en sage-femme, mais je viens de découvrir que je suis enceinte. Et je me souviens dire, dites-moi que je peux quand même faire sage-femme. Et la professeure que j'ai eue en ligne m'a tout de suite dit, mais félicitations, écoute, ce que je te propose c'est de venir maintenant, enfin voilà, dans les prochains jours. Avant la rentrée, pour qu'on puisse voir comment est-ce qu'on peut aménager ton année, il n'y a pas de soucis, c'est déjà arrivé, on peut faire les choses vraiment tranquillement, etc. Donc voilà, j'ai eu la chance en tout cas d'avoir une équipe de professeurs qui était bienveillante, puis qui m'a laissé vraiment faire les choses à mon rythme, parce que du coup j'ai pu aménager. Mes deux dernières années sur trois ans, mais du coup, avec le challenge, moi, je voulais avancer au maximum à chaque fois. Donc, faire toute ma théorie de troisième année la première fois, toute ma théorie de quatrième année la deuxième fois, et tout ce qui me restait, c'est-à-dire le TFE, les examens cliniques, etc., pour la dernière année. Ça m'a permis aussi des aménagements en termes de garde, moins de garde de nuit, pas de garde de nuit dans les premiers temps, en fait, et puis moins de garde de nuit après par la suite. Et quand on sait le rythme effréné de ces études, c'était aussi un cadeau quand même. Mais revenons à cette histoire de Michel qui a amené mon changement de vision dans le monde. Avant, on dit souvent ça, on dit avant j'avais des principes et puis après j'ai eu des enfants. Bizarrement, quand je nous visualisais, Pascal et moi, à l'époque, je me disais oui, moi je vais être une mère plutôt sévère, je vais être à cheval sur des principes, ça va être... Je sens que je vais être un peu comme ça. Alors que lui, je le sentais plus doux, plus cool, etc. Eh bien, spoiler alert, c'est totalement l'inverse en fait. C'est plutôt moi qui cherche à arrondir les angles et puis lui qui a tendance à un peu rentrer dedans. Mais c'était au point où je me souviens discuter avec des amis. Alors avant son arrivée évidemment, et on discutait notamment du cododo. Et il m'avait dit oui, est-ce que tu veux... tu penses faire du cododo, qu'est-ce que t'en penses, etc. Il faut savoir que c'était il y a 15 ans. Donc le cododo, c'était pas du tout... On ne trouvait pas des lits de cododo chez Lidl comme maintenant. C'était d'ailleurs que des lits de cododo en bois qui coûtaient assez cher, etc. C'était pas du tout ce qu'on a actuellement. Et en discutant, je me rappelle discuter avec cet ami et lui dire Oui, je sais que c'est important pour le bébé les premières semaines, les premiers mois, mais bon, après, je pense 6-8 semaines, et puis après, il va aller dans sa chambre, clairement. Oui, oui, oui, oui. Michel, il a quitté notre chambre, il avait bien trois ans passé. Il a été en co-dodo, je pense, jusqu'à un an et demi. Et puis après, il a été dans son petit lit dans notre chambre. Puis il y a eu sa sœur qui est arrivée, etc. Donc clairement, il y avait l'avant et puis il y avait l'après. Puis comme j'en ai déjà parlé aussi, l'arrivée de Michel, c'est venu bouleverser les choses. Au point quand même que mon mari avait eu besoin quand même de prendre soin de lui après la naissance de Michel. Donc ça ramenait aussi à son histoire personnelle, à son histoire de famille à lui. Et puis parce qu'en fait il avait perdu sa maman quand il était enfant. Enfin il a perdu sa maman quand il était enfant. Et ça l'a ramené un peu à cette vision justement de moi en tant que père. Et puis du coup ça l'a ramené à sa maman, etc. Donc c'est venu bouleverser beaucoup de choses dans notre quotidien. Jusqu'à ce que je sois seule en fait pour m'occuper d'un tout. tout petit, nouveau-né, et ne pas avoir de famille, etc. Donc c'était un postpartum bien, bien, bien difficile quand même, entre passer ses examens, parce que Michel est né fin avril, et en juin je passais mes examens de troisième année. Je me rappelle du grand-père de mon mari qui était en fin de vie aussi, et d'ailleurs qui est décédé pendant ma session d'examen, donc on avait postposé son... Tout ce qui allait être mis en place pour pouvoir l'aider a été postposé pour qu'on puisse aller au funérail de son grand-père. Et après ça, j'étais quand même assez isolée. Donc c'était vraiment pas facile. Mais j'avais l'impression qu'avec Michel, j'étais surpuissante et une super bonne femme qui allait traverser tout ça avec son petit loup. Et c'est ce qui s'est passé. Je pense que lui m'a donné... Cette force, puis cette vision de moi, parce que je pense que le moment où je l'ai mis au monde, tout s'est éclairé, en mode en fait, plus personne ne peut m'arrêter. J'ai repris une confiance en moi quand même qui était vraiment hyper importante. Parce que je pense que quand on enfante dans sa pleine puissance, on a accès à une part de nous-mêmes qu'on n'a pas en dehors et puis qu'on peut vraiment aller... Aller guérir des traumas, se reconditionner et avoir une nouvelle vision de soi-même. Et je crois que c'est ce que m'a offert mon fils, vraiment. Sa naissance, ça a été très très fort pour moi. Et puis, oui, quand on va avoir un enfant, on veut le mieux, on veut quelque chose qui a du sens. Et je me rappelle que pour lui, on a décidé d'utiliser les couches lavables. C'était la première marche de tout ce qu'on a mis en place après, dans notre démarche plus réfléchie, plus respectueuse, plus tournée vers le zéro déchet. Je veux dire, on achète. très très peu de vêtements neufs, ça nous arrive quasi jamais. Tous nos enfants ont été en couche lavable. On n'a plus d'essuie-tout depuis très très très longtemps et on a été jusqu'à ne plus avoir de papier toilette depuis déjà, je pense que ça date de la naissance de Rose, donc ça va faire 9 ans. Donc c'était tout des chemins, step by step, étape par étape, mais qui ont été amenés par son arrivée dans notre monde. C'est lui, la rencontre, qui a changé ma vision du monde, ça clairement. Michel a fait passer mon attention de nous-mêmes à une vision plus centrée sur l'autre. Et il a initié cette vision. Aussi de l'éducation, parce qu'à un niveau, on pense avoir des principes, et puis après, on se retrouve face à un enfant qui, au milieu d'un magasin, fait une crise. Comment est-ce qu'on réagit ? Je me rappelle avant, juger les gens qui avaient des enfants qui faisaient une crise dans un magasin, et puis le jour où ça m'est arrivé à moi, waouh, la claque ! Eh bien, ça nous a amenés quand même à nous positionner, à nous questionner. Pascal a fait des cours de Faber et Maslisch pour écouter pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent. Et... Et c'était justement réfléchir différemment en qu'est-ce que les enfants traversent dans ces moments-là. Chacun de nos enfants nous a amenés à cheminer sur ce point-là, vraiment. Ils ont tous quelque chose qui a été challengeant, qui nous a amenés à nous réinventer, à nous redéfinir, à réfléchir à qui on est pour cet enfant-là et pas que pour nos enfants, de manière générale. Mais lui, Michel, c'est... Ouais, c'est aussi celui qui m'a permis de vivre la maternité et vivre l'enfantement avant d'être moi-même sage-femme. Ça m'a amenée à des éléments de compréhension de ce que vivaient ces femmes pendant mes stages, au-delà de ce que j'aurais pu imaginer, parce que quand on parle théoriquement de la grossesse et de l'accouchement, ça reste très théorique. Tant que tu ne l'as pas vécu dans ta chair, c'est difficile en fait de se rendre compte de ce que ça représente. Et lui, il m'a offert ça. Lui, il a offert que j'étais déjà éclairée par ce qu'était l'enfantement avant d'être sage-femme. Ça, c'était un beau cadeau. Donc évidemment qu'il a changé ma vision du monde. Il m'a appris à devenir parent, à voir le monde autrement, à faire des choix plus conscients. Moi, j'aimerais vous demander, en fait, à vous, de réfléchir à... Ce qui dans votre vie a été peut-être déclencheur d'un changement profond. Est-ce que justement ça a été la maternité ? Comme beaucoup de femmes me le décrivent, dans l'épisode d'hier, même Mayra, qui est la sage-femme traditionnelle que j'ai interviewée hier, elle dit, elle, elle était physicienne et chimiste, et elle a été appelée par finalement la sage-famerie quand elle a été enceinte de ses filles et qu'elle a enfanté ses filles à la maison. Et il y a beaucoup de femmes qui reviennent vers moi en me disant Oui, moi, depuis que j'ai accouché, depuis que j'ai vécu ma maternité, j'ai envie de faire plus, je veux être doula, je veux être sage-femme. Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Donc, si ce n'est pas une des rencontres qui bouleverse notre vision du monde, si ce n'est pas celle de nos enfants, je ne sais pas ce que c'est, qu'est-ce que vous en pensez ? Venez me le partager, échangez-le-moi peut-être en message privé. Vous pouvez aussi faire une story et puis justement me taguer. Comme ça, je pourrai vous voir. Et puis, de toute façon, je vous donne rendez-vous demain. Et puis d'ici là, portez-vous bien.