Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode du Seikin Call, le podcast qui t'invite à prendre soin de toi, de ta spiritualité et à développer ta soif d'apprendre. Je suis Selma, fondatrice de la librairie musulmane Seikin, et aujourd'hui on se retrouve pour parler d'un sujet qui est assez négligé dans notre société en tout cas, à notre époque, et c'est la patience. Malheureusement, on vit une époque où parfois il y a des débats qui sont assez superficiels. on se permet de critiquer La tenue de notre sœur, on se permet de critiquer le comportement d'un tel, et des détails parfois qui sont vraiment superficiels, où on oublie de garder le bon soupçon envers nos frères et sœurs. On oublie qu'on n'a parfois pas toute l'histoire de la personne, et qu'on n'est personne, bien sûr, pour juger. Et le fait d'être focalisé sur les erreurs, les comportements des autres, ça nous fait oublier. d'avoir une véritable introspection sur notre comportement, notre caractère et sur ce qu'on devient petit à petit au fil des années. Alors que je rappelle qu'en islam, la foi, ce n'est pas juste des actes extérieurs. Bien sûr qu'il y a la prière, bien sûr qu'il y a le jeûne, bien sûr qu'il y a la lecture du Coran. Oui, c'est essentiel, je ne suis pas en train de minimiser ces actes-là. Mais la foi, c'est aussi ce qui se passe à l'intérieur de nous, ce qui se passe dans notre cœur. Le comportement que j'ai quand je vais être éprouvée, quand je vais être frustrée. Quand les choses, elles ne vont pas aller comme j'en ai envie. Et c'est vrai que cette qualité qu'est la patience, c'est devenu extrêmement difficile à acquérir dans notre société. Parce qu'on vit dans une époque où on a tout, tout de suite. On commande, on reçoit le lendemain. On envoie un message, on veut une réponse immédiate. On passe vite à autre chose. On jette au lieu de réparer. Et forcément, dans ce contexte, la patience, ça devient presque contre nature, je dirais. Alors qu'en islam, la patience, c'est pas... un détail, c'est pas une option c'est pas une qualité réservée aux prophètes et c'est tout c'est une valeur fondamentale qui fait partie de notre foi si Allah il en parle autant c'est pas juste comme ça il y a un chapitre entier sur la patience dans le livre Riyad Salihin le jardin des vertueux, donc ça veut dire qu'il y a plusieurs ressources dans le Coran et la Sunna qui en parlent si Allah il insiste autant sur ce sujet c'est pas pour rien c'est peut-être parce qu'on a tendance à le négliger ou à mal le comprendre Allah, il nous dit clairement que cette vie-là, ce n'est pas une vie facile, c'est une vie d'épreuve. Dans le surat al-Baqara, verset 155, il nous dit Il ne nous dit pas que tout ira comme on le veut. Il nous dit que oui, il y aura de la peur, il y aura de la faim, il y aura des pertes. Mais il nous dit que c'est une... annonce réservée à une catégorie précise, les patients, les endurants. Donc, la récompense de la patience, c'est pas une récompense qui va être chiffrée, mais elle est immense. Dans la surah 39, le verset 10, Allah nous dit, seuls les patients reçoivent leur salaire pleinement et sans compter, ou sans subir de jugement, selon la version. Donc, on voit s'il y a une immense récompense comme ça, une sorte de récompense illimitée, on va dire. C'est que la patience, ce n'est pas évident à acquérir. Ce n'est pas facile, on claque des doigts, c'est bon, on est patient. C'est difficile. Mais il y a la récompense qui va avec cet effort. Allah nous dit dans Surat Baqara, encore une fois, Et Allah est avec les patients. Ça veut dire, quand tu es dans une épreuve, quand tu fais l'effort de retenir ta langue, d'apaiser ton cœur, de rester droite, Même quand il y a des injustices, quand il y a de la douleur, tu n'es pas toute seule, Allah il est avec toi. Parce que tu patientes avec une bonne intention. Le prophète sallallahu alayhi wa sallam, il nous rappelle aussi que chaque douleur, même minime, elle est là pour une raison. Dans un hadith, il nous dit que tout ce qui touche le croyant, comme fatigue, comme maladie, comme souci, comme tristesse, comme gêne, comme angoisse, même une épine qui le pique, c'est une expiation des péchés. En fait, c'est une miséricorde d'Allah parce que quelque chose qui peut nous sembler anodin ici comme une épine qui nous pique, ça peut être désagréable sur le coup, mais après on peut vite oublier. En fait, ça peut nous préserver d'un châtiment dans l'autre vie et ça peut être notre porte pour le paradis. Allah, il ne nous laisse pas souffrir pour rien, entre guillemets. Il utilise tout ce qu'on va vivre pour être un sébep de khir, pour effacer nos péchés. Donc il n'y a rien qui est inutile, il n'y a rien qui est perdu. Mais concrètement, ça va être quoi la patience ? Parce qu'on nous a souvent transmis une définition un peu dangereuse, je dirais, de la patience, comme si patienter, ça voulait dire je subis, peu importe ce qui m'arrive, j'attends et puis ça va passer. Comme si patienter, ça voulait dire je me tais, je fais rien. Je reste coincée dans ma situation qui peut être parfois injuste, voire même dangereuse. Et je dis, c'est le destin. Sabri binti. Le fameux sabri. Mais c'est pas du tout ça la patience en islam. Moi, je vous parle de la patience en islam, c'est quoi ? Ça veut pas dire qu'on attend que l'orage y passe et je fais rien. Ça, c'est plus être fataliste. Je vais pas... Nier non plus ma souffrance. Je ne vais pas dire non pas du tout. Je suis musulmane, je ne peux pas dire que je souffre. Non. Donc ça ne va pas être non plus. Je me dis pourquoi ça m'arrive à moi et pourquoi ça n'arrive pas aux autres. Pourquoi les autres, ils ont des choses mieux que moi. Parce qu'on ne sait pas déjà ce qui se passe dans la vie privée des gens, pour commencer. Et je me rappelle que c'est Allah qui a décidé pourquoi ça m'arrivait à moi. C'est que je suis la personne qui peut... encaisser cette épreuve. En fait, la patience, ça va être accepter le décret d'Allah sincèrement, que ce soit avec mon cœur, avec ma langue, je le dis, je ne me plains pas, et avec le comportement que je vais avoir. Donc ça va être avoir une certaine posture. C'est être convaincu que ce qui nous arrive, même quand ça nous déplait, forcément, c'est pas inutile, c'est pas absurde, ça a un sens derrière. C'est comprendre que dès l'instant où l'épreuve Elle me touche, Allah, il me prépare une issue. Il faut que je sois convaincue de ça, même si je ne la vois pas encore. Donc, patienter en islam, ça ne veut pas dire être passif. Et je veux bien insister là-dessus, parce qu'on utilise trop souvent ce mot pour faire taire, pour faire supporter des fois des choses injustes et compliquées, dangereuses. Donc, ça fait culpabiliser les personnes qui veulent s'en sortir. Parce que parfois... on peut avoir, alhamdoulilah, des options pour quitter cette situation injuste, partir de quelque chose qui ne nous convient plus. Et on va entendre ce patiente, patiente. Sauf que jusqu'à où je patiente ? Et en réalité, patiente, ce n'est pas le bon terme. Dans ce qu'on nous demande, ça va être subi et tétois. Sauf que l'islam, évidemment, ne demande pas du tout ça. L'islam nous dit de faire les causes. On n'a qu'à voir la sirah du prophète, sallallahu alayhi wa sallam, donc la vie de notre plus grand modèle. Il subissait des choses dans le sens où il allait vivre beaucoup, beaucoup d'épreuves, comme les négociations avec les Quraish, leurs maltraitances. Il subissait, les musulmans, énormément de choses à la Mecque. Pourtant, est-ce que le prophète sallallahu alayhi wa sallam et les musulmans restaient comme ça sans rien faire ? Non. Il faisait des actions, tout en obéissant à Allah, bien sûr. Il faisait des actions pour s'en sortir. Par exemple, il y a eu l'émigration en Abyssinie. Il y a eu le prophète sallallahu alayhi wa sallam qui se déplaçait dans d'autres villes pour... prêcher la religion comme un taïf, même si ça ne s'est pas bien passé, il faisait les causes pour sortir de cette situation qui était dangereuse. Et donc, c'est pareil pour nous. On ne peut pas dire, ah ben non, c'est Allah qui m'a mis dans cette situation, du coup, je reste comme ça. Ce n'est pas ça, patienter. Patienter, c'est je fais les causes et même si ça ne vient pas tout de suite, je patiente. Allah, il ne nous dit pas, restez dans la douleur coûte que coûte. L'islam ne demande pas ça. L'islam ne demande pas non plus de se mettre en danger, que ce soit physiquement, psychologiquement, spirituellement. La patience, c'est je fais les causes, je cherche des solutions, je me protège, j'agis. Et ensuite, j'accepte que le résultat n'est pas toujours entre mes mains. Mais voilà, je ne reste pas forcément dans le malheur. J'avance, je travaille ma foi, le chemin il est compliqué, mais je patiente. C'est ça la distinction, c'est ça la nuance entre les deux. Allah il nous dit clairement que cette vie-là c'est une vie de lutte, mais aussi que cette vie elle est éphémère, donc même notre épreuve est éphémère. Ce que tu traverses aujourd'hui ça ne va pas durer éternellement. Sois-en convaincu, la miséricorde d'Allah arrive pour toi. Et il y a beaucoup de versets du Coran qui sont là pour nous remotiver. Par exemple, quand Allah il nous promet que Il nous le dit deux fois. Certes, avec la difficulté, il y a la facilité. Ce n'est pas après la difficulté, c'est avec. Tu es dans ton épreuve, à côté, il y a une facilité. Au regard d'autour, tu vas la trouver. Et ça ne vient pas forcément sous la forme qu'on attend. Mais cette facilité, elle est toujours là, c'est une promesse divine. Des fois, tu vas mettre du temps à la voir, mais elle est là. Il nous promet aussi de répondre à nos invocations. Invoquez-moi, je vous exaucerai. Et répondre, ça ne veut pas dire, encore une fois, nous donner exactement ce qu'on demande. Ne vous dites pas, moi j'ai demandé ça, je ne l'ai pas eu. Des fois, il va nous éloigner d'un mal. Et peut-être que ce que toi, tu es en train de demander, c'est un mal pour toi, donc il va t'en éloigner. Des fois, il va te le donner, mais plus tard. Parce que c'est meilleur pour toi. Ou des fois, il va te donner quelque chose de meilleur. Peut-être que ça vous est déjà arrivé, je pense que ça est arrivé à tout le monde si on est honnête avec soi-même. Parfois on est là, on n'est pas content de notre situation, on pleure même. Mais quand on réfléchit avec le recul, on se dit mais alhamdoulilah que j'ai pas eu ce que je voulais. Allah il m'a éloignée d'un grand mal par ce qu'il m'a donné au début. Peut-être que tu vas pas aimer ce que tu reçois. Il le dit ça aussi dans le Coran. Il se peut que vous détestiez une chose alors qu'elle est un bien pour vous. Et en fait, avec le temps, vous vous rendez compte que ce que vous avez détesté, c'était vraiment un bien pour vous. Vous le voyez de vous-même avec le recul que, heureusement que vous n'avez pas eu ce que vous avez demandé de base. Et quand on médite sur les histoires des prophètes, vous savez que je suis une grande passionnée d'histoires des prophètes. Il y a de très beaux livres dessus, que ce soit pour les enfants, pour les adultes. Et d'ailleurs, même des adultes me... prennent des livres pour enfants dans la librairie. Notamment sur les prophètes, ils sont fans. Donc je vous invite vivement à les prendre. Mais les prophètes, c'était les personnes les plus éprouvées. Et ça ne veut pas dire qu'Allah les détestait, bien au contraire. C'était les meilleures créatures, c'était les personnes qu'Allah aimait le plus. Donc ils étaient le plus éprouvés. Que ça soit Youb alayhi salam, Yousuf alayhi salam, le prophète Mohamed salallahu alayhi salam. Tous ont traversé des épreuves immenses. Et pourtant ils sont restés droits, ils sont restés convaincus qu'Allah était avec eux. Et ils ont patienter. Pareil pour les femmes, les modèles féminins qu'on a, et on a beaucoup de biographies sur elles. Elles sont encore trop peu connues, malheureusement. Je vous donne l'exemple d'Oumou Salama. C'est une femme qui a été séparée de son mari, alors qu'elle voulait faire la hijra pour suivre le prophète. Elle a aussi été séparée de son enfant. Il a été blessé. C'est une femme qui a pleuré, qui a souffert, qui a perdu son époux. Une fois qu'elle l'a retrouvée, son époux est décédé lors d'une bataille. Et pourtant, elle a invoqué Allah. avec une magnifique doa que le prophète sallallahu alayhi wa sallam lui a donnée. Alors que pour elle, elle se disait, mais comment est-ce que Allah va me donner un meilleur époux que celui que j'avais, qu'Abu Salama ? Parce que le prophète, il lui avait donné une doa. Il lui avait dit, dis-la, Allah va te donner une situation meilleure que celle dans laquelle tu es actuellement. Elle ne comprenait pas comment c'était possible parce que l'homme qu'elle aimait était décédé. Pourtant, peu de temps après, C'est le prophète sallallahu alayhi wa sallam qui est devenu son époux, c'est-à-dire le meilleur des hommes est devenu son époux. En fait, forcément, la confiance, ça va englober aussi du tawakkul. Par exemple, la mère de Moussa alayhi sallam, quand Allah lui dit de mettre son enfant, sa chair, son sang dans le Nil, elle ne le fait pas parce qu'elle est inconsciente, c'est parce qu'elle a confiance en Allah. Elle sait que là, elle va être séparée de son fils, qu'elle aime tant. Et elle a peur pour lui parce qu'il y a quand même Pharaon et son armée qui sont en train de tuer les enfants. Mais pourtant, elle fait confiance à Allah et elle va patienter en étant convaincue qu'ils vont se retrouver. Et c'est ce qui se passe. Après avoir patienté, elle a pu le revoir et rester avec lui. Et la patience, au final, ça va se travailler. Ça ne vient pas comme ça. Ah ben c'est bon, je ne suis pas quelqu'un de patient. Ben tant pis, c'est comme ça et je ne peux pas changer. Non, c'est justement, je vais renforcer ma confiance en Allah. Je vais apprendre à le connaître. Je vais lire le Coran. Je vais écouter des rappels pour nourrir mon cœur. Je vais l'invoquer. Je vais demander à Allah de m'aider à être plus patient. Qu'Allah me permette d'être parmi les patients. Et je travaille tout ça petit à petit pour devenir plus patiente. Et des fois, Allah va tarder à nous donner des choses. Enfin tarder, entre guillemets, vous m'avez compris. Pour nous rappeler, pour nous faire un rappel. Par exemple, des fois, on veut absolument quelque chose qu'on attend depuis longtemps. que ce soit Un statut, un diplôme, un mariage, un travail. Et des fois, ça tarde, on va souffrir. C'est totalement normal. Mais des fois, le fait de patienter, ça nous rappelle quelque chose d'essentiel. C'est que tout ça, c'est éphémère. Et ce qui compte le plus, c'est Allah. Le seul dont j'ai besoin, le seul qui me suffit, c'est Allah. S'il enlève quelque chose de ta vie, c'est qu'il n'y avait plus de bien dedans pour toi. Ou que ça t'éloignait de lui. Et des fois... Ce genre de choses, tu vas le comprendre, la plupart du temps en tout cas, tu vas le comprendre bien après, si t'es honnête avec toi-même. Comme d'habitude, ce genre de rappel, je le fais pour moi en premier, ensuite pour vous, et je vous invite à ce qu'on se motive ensemble pour parfaire notre comportement, réformer notre cœur, pour apprendre à retenir notre langue, pour apprendre à... accepter ce qu'Allah nous donne, à lui demander à faire les causes pour s'en sortir, pour avoir ce qu'on veut, mais à se rappeler que c'est lui qui a le résultat entre ses mains. Qu'Allah nous permette d'être parmi les patients, qu'Allah nous permette d'être parmi les gens du Firdaus, et qu'il réforme nos cœurs pour qu'on soit sur le droit chemin. Voilà, c'est tout pour cet épisode. J'espère qu'il t'aura plu. Si c'est le cas, je t'invite à laisser 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute, ça m'aiderait énormément. Tu peux aussi le partager autour de toi pour un maximum de hassanet. Tu peux me retrouver sur les réseaux sociaux Librairie Sekine Où tu trouveras toute l'actualité de la librairie On se dit à très vite pour un nouvel épisode Salam alaikum