Speaker #0Elle m'a écrit trois lignes, pas un paragraphe ni une analyse, mais seulement trois lignes. Vivre sans lui, c'est comme mon vertige face au vide. Et ça, c'est une peur panique, parce que ces trois lignes, en vérité, c'est une femme qui ne souffre pas d'amour. Elle souffre de la peur de disparaître. Je m'appelle Sandra Recolin, je suis psychologue spécialisée dans les sorties d'emprise, et aujourd'hui, je vais vous parler de cette femme qui m'a répondu à un de mes mails. Cette femme qui a 60 ans et elle est toujours avec ce même homme depuis... 30 ans. Aujourd'hui, je veux que vous alliez chercher quelque chose de difficile à admettre, la vraie raison pour laquelle on ne part pas. Pas la raison que l'on donne aux autres, mais la vraie raison. Qu'est-ce qui fait que même si on est avec une personne qui nous rend malheureuse, on ne part pas ? On va parler de tout ça dans ce podcast. Déjà, sache que cet épisode est pour toi si tu t'es déjà dit « je sais que cette relation me détruit, mais je ne peux pas partir » . Si tu as fait la liste des pours et des contres aussi, 20 fois, et si tu as même peut-être essayé de partir et que tu es revenu ou que tu l'as repris. Et surtout si au fond de toi, ce qui te terrifie le plus ce n'est pas tant lui, c'est le vide que lui va laisser quand il partira ou quand tu le quitteras. Aujourd'hui on va explorer tout ça. Et c'est vrai que cette sensation-là, moi je l'ai connue, je l'ai connue dans ma propre vie de femme. Cette impression que la révélation me consumait, mais que sans elle, j'étais qui exactement ? Je me définissais comment ? Je ne savais plus trop. J'avais construit mon quotidien et mes habitudes, mes peurs et mes petites joies autour d'une présence, autour d'un climat. Et puis de certaines choses aussi que l'on se dit, voilà, j'ai ma maison, j'ai mes enfants, j'ai mon chien. Il y a un petit peu tout ça qui fait qu'on se construit autour de ça. Et cette présence, même si cette présence n'est pas toujours bienveillante, elle est rassurante. C'est une présence. Et je me souviens que j'avais parlé avec d'autres thérapeutes comme moi aussi. Et une m'avait interpellé sur cette notion-là de tu n'as pas peur de le perdre lui. Tu as peur de qui tu seras toi et de te perdre toi-même. Et il y a cette notion-là, effectivement, sur le moment. Je n'avais pas trouvé ça... Enfin, j'avais trouvé ça plutôt poétique, mais pas très... Voilà, ça fait un peu guindé, quoi. Mais j'ai réalisé que oui, tout ça, au fur et à mesure du temps qui passait, et puis aussi maintenant, de voir toutes mes patientes qui peuvent avoir cette même difficulté de se sentir... Cette notion de vide, de solitude, au-delà du seul, c'est la solitude. Moi, je me souviens quand je me suis séparée, l'annonce de cette séparation-là qui m'a été faite, parce que ce n'est pas moi qui suis partie, on m'a quittée, l'annonce m'a renvoyée directement à ce vide-là. Je me souviens la première nuit, ça a été horrible par rapport à ça, parce que j'étais vraiment terrifiée par ce vide. terrifié, percevite, ce qui m'avait choqué, ce n'est pas que je n'allais plus être avec lui, c'est que j'allais être. Seule ? Voilà, c'est cette solitude-là qui m'effrayait beaucoup plus que... Enfin, même le fait de ne plus le voir lui, ça ne m'effrayait pas du tout. Mais pas du tout. Et c'était assez paradoxal à vivre à l'intérieur de moi-même parce que je me disais, je ne l'aime plus, pourquoi ? Pourquoi c'est si compliqué que ça ? Alors bon, il y avait d'autres choses pour celles qui me connaissent, celles et ceux qui me connaissent un petit peu plus et un peu plus mon histoire savent plus par rapport à ça, mais... Voilà, si je veux rester vraiment sur ce sujet-là de la solitude et de la perte de soi ou de la perte de l'autre, voilà, c'était ça. L'autre, je savais très bien qu'il n'allait pas me manquer. Par contre, moi, intérieurement, j'étais vraiment perdue, esselée et j'avais extrêmement peur de ça. Alors, la première chose à savoir, c'est qu'on ne reste pas par amour. La plupart du temps. quand on est dans cette relation toxique, on reste parce qu'on a oublié qui on est sans cette personne. Alors, on se raconte plein de choses pour expliquer pourquoi on reste. C'est compliqué, on a une histoire, les enfants, il n'a pas toujours été comme ça, j'ai 60 ans, je ne vais quand même pas tout recommencer, je ne rencontrerai pas un autre amoureux. Et c'est là que ça devient intéressant parce que cette peur-là, ce n'est pas l'amour. Le vrai discours intérieur, ce qu'on se dit à 3h du matin, il ressemble plutôt à, sans lui, je suis qui ? Qu'est-ce que je fais de mes soirées, de mes week-ends, de ma vie ? Qui je suis sans cette relation ? C'est ça, c'est vraiment ça, c'est pas tant je l'aime, il va me manquer, ces moments-là avec lui vont me manquer, ça, ça peut venir. Mais vraiment, ce qui est en général au premier plan, c'est pas tant ça. C'est plutôt une peur existentielle, la peur du vide, la peur de se retrouver face à soi-même et de ne plus savoir ce qu'on voit. Après des années dans une relation où on s'est effacé, où on a adopté son humeur à la sienne, moduler ses mots pour éviter les crises ou encore mettre ses propres besoins en pause pour que ça tienne, pour que ça marche. On perd progressivement le fil de qui on est, et c'est tout à fait normal. Ce n'est pas une faiblesse, c'est vraiment quelque chose, et je l'explique dans la masterclass « Sortir de l'amour toxique et ne plus y retourner » , même si on a la sensation d'être accro, mais j'explique vraiment que c'est neurologique. Et cette masterclass, vous pouvez la retrouver juste en dessous, dans les liens de la description, si vous voulez un petit peu en savoir plus sur les mécanismes d'emprise, et notamment cette... notion un petit peu d'addiction à l'autre, alors qu'au final, je vous explique vraiment dans cette masterclass-là que c'est neurologique et que c'est un conditionnement. C'est ce qu'on appelle l'impuissance apprise. Le cerveau a réorganisé son identité autour de la relation, alors que quand on s'imagine la vie sans lui, il ne trouve plus rien. Pas parce qu'il n'y a rien, attention, pas parce qu'il n'y a rien. Mais parce que ça fait trop longtemps qu'on n'a pas regardé, qu'on ne s'est pas entraîné sur ça. Vous voyez, n'importe quelle situation, un sport, une recette de cuisine, si on ne la fait pas depuis longtemps, si on ne fait plus ce sport depuis longtemps, on est un peu rouillé quoi. C'est pareil par rapport à ça, d'accord ? Donc c'est de se dire, ok, comme je n'ai pas regardé, comme je ne suis pas... sur ça depuis longtemps. Et comme je suis centralisée sur l'autre, parce que là, c'est ce qu'on voit aussi très souvent, moi, c'est ce que j'explique à mes patientes, cette notion-là de... Les premières fois qu'elles viennent, en fait, les premières fois qu'on me parle, ça va être tout centré sur lui. Et comment il a réagi, comment il fait, ce qu'il ne fait pas, ce qu'il aurait dû faire, pourquoi il se comporte comme ça, presque aller chercher des excuses sur... Oui, mais son enfance, elle n'est pas simple. Voilà, donc c'est peut-être par rapport à ça, Donc, on est centré sur l'autre. Et au final, mon premier job, j'ai envie de dire, c'est de ramener la personne à elle, à ce qu'elle vit, à ce qu'elle ressent, à ses besoins, à ses envies, à se recentrer sur elle. D'ailleurs, la première chose qu'il y a dans mon programme L'Impactante, qui est pour sortir de l'amour toxique, c'est ça. C'est recentrer sur soi. La première des choses, c'est ça. Ça va être calmer le système nerveux. qui est en hypervigilance et se recentrer sur soi grâce à de l'autocompassion. Donc on est vraiment sur cette forme centrale d'aller rechercher ce qu'il y a au fond de soi et se retrouver soi. Je vais te demander quelque chose d'inconfortable. La prochaine fois que tu te dis je ne peux pas partir, pose-toi plutôt cette question. Est-ce que je ne peux pas partir ou est-ce que j'ai peur de qui je suis sans cette relation ? De qu'est-ce que je vais vivre sans cette relation ? Ce n'est pas la même chose et c'est fondamental. Ce que tu dois vraiment lâcher, c'est l'idée que rester c'est de l'amour. Ce que tu dois reconnaître en fond, c'est que tu... que ce que tu appelles vivre sans lui, c'est en réalité vivre avec toi. Et ça, ça fait peur quand ça fait des années qu'on ne sait plus fréquenter soi-même. Et c'est vrai que moi, les premières choses que j'ai réalisées quand je me suis vraiment séparée physiquement, c'est que je me retrouvais quoi. Tu vois, j'ai encore le... Je me retrouvais. Je me retrouvais, j'avais de nouveau de l'énergie, de la vivacité, j'étais de nouveau pétillante quoi, voilà, je retrouvais ce peps et je me retrouvais moi et plus ça allait, plus j'étais heureuse d'être avec moi, plus j'aimais ma compagnie et c'est vraiment ça que je te souhaite, c'est d'aller retrouver cet amour de ta propre compagnie, seulement ça et c'est fantastique ça. Mais attends, si tu as peur du vide, c'est pas de ta faute. Ça ne veut pas dire que tu es perdu. Parce que je te vois, je te vois peut-être dire « Ah, mais elle vient de me dire que je reste pas par amour et maintenant, elle me dit que c'est normal, mais c'est contradictoire. » Alors oui, je viens de te dire que tu restes par peur du vide plutôt que par amour. Et là, tu peux te sentir jugé, te dire « Super, donc en plus d'être dans une relation toxique, je suis quelqu'un qui ne sait pas exister seul. » Alors là... Stop ! Ce vide que tu ressens, il n'était pas là avant. Il a été creusé, et progressivement, par des jours, des semaines, des mois, des années de relations qui t'ont coupé de toi-même. Ce n'est pas ton identité profonde, c'est une blessure. Et les blessures, ça se soigne. Dans l'emprise, le cerveau fait quelque chose de fascinant et de dévastateur. Il se reconfigure pour suivre et pour survivre dans l'environnement au style dans lequel il est. Il met en veille les parties de toi qui prenaient trop de place, tes désirs, tes limites, ta voix. Et il hypertrophie une seule chose, la vigilance à l'autre. Alors comment il va ? Vraiment quand tu te dis ces choses-là, comment il va ? Qu'est-ce qui va le déclencher ? Comment est-ce que je peux éviter les prochaines crises ? Vraiment, le cerveau... Il va se concentrer sur ça. Il va se reconfigurer pour survivre dans cet environnement-là. Le résultat, c'est que quand la relation disparaît dans la tête, même juste comme hypothèse, le cerveau ne trouve plus rien. Pas parce que tu es vide, mais parce que tu es anesthésié sur le reste, parce que tu es hyper focus sur lui. La femme que tu étais, curieuse, forte, avec des envies, des projets, une façon bien à toi de voir le monde, elle est toujours là et elle attend. Elle s'est juste tue. pour que tu puisses survivre. Et la bonne nouvelle dans tout ça, c'est que tu n'as pas à trouver la force avant de partir. Tu la retrouves en partant. Et ça, c'est essentiel. Et tu ne vas pas la retrouver d'un coup, et pas le premier jour, mais progressivement, en te reconnectant à toi, en te demandant pour la première fois depuis longtemps, qu'est-ce que moi j'aime ? Qu'est-ce que moi je veux ? Ce n'est pas un prérequis, c'est une conséquence. Et très souvent, J'ai des personnes qui viennent me voir, qui me disent, oui, mais j'aimerais bien le quitter, ou j'aimerais bien être accompagnée pour le quitter, mais là, je n'en ai pas la force. C'est normal. C'est normal parce qu'il y a tous les freins. On retrouve la force en le faisant. C'est en marchant, c'est en y allant, en avançant, qu'on arrive. à dépasser tout ça. Ce n'est pas en attendant, alors ce qu'on appelle en psychologie un biais cognitif, c'est la pensée magique de se dire, voilà, à un moment donné, je vais avoir le déclic, ou à un moment donné, il va faire le truc de trop qui va faire que je vais prendre la force de. Cette force, tu la retrouves en avançant, en te disant, voilà, je suis avec, mais je veux partir, je me fais accompagner pour partir. Dans 70% des cas, quand on n'est pas accompagné, on rechute. 70% des cas. Donc si toi, tu es dans cette relation que tu as déjà voulu partir, que tu es peut-être potentiellement parti une fois, deux fois, trois fois, j'ai des personnes qui me disent ça fait neuf ans que je suis avec cette personne-là, ça fait dix fois que je suis partie et dix fois que je suis revenue. Et je veux que ce soit la bonne cette fois-ci. Et donc, pour que ce soit la bonne, la meilleure des choses, c'est d'être accompagnée, pas de le faire seul et de se retrouver seule face à ça. C'est très très compliqué et donc dans 70% des cas, on revient, c'est normal. Et je veux finir ce point sur quelque chose d'important. Si tu t'es reconnu dans cet épisode, ce que je veux que tu emportes, ce n'est pas de la honte. Ce n'est pas j'aurais dû comprendre ça avant, mais c'est plutôt maintenant je comprends. Maintenant je sais ce que j'ai vraiment à traverser. Et ce n'est pas lui dont il faut que je me libère en premier, c'est ma peur de moi-même et du vide. Alors voilà, ce que j'ai envie que tu retiennes aujourd'hui, ce sont deux choses qui semblent s'opposer et qui font en réalité un seul chemin. Tu ne restes pas parce que tu l'aimes, tu restes parce que tu as perdu le fil de qui tu es sans lui. Et retrouver ce fil, ce n'est pas un travail que tu peux faire dans la relation, c'est un travail que tu fais en te retournant vers toi. Si tu t'es reconnu aujourd'hui dans cette peur du vide, dans cette sensation d'exister à travers lui plutôt que pour toi, je t'invite à me l'écrire. en message, en commentaire ou directement si tu veux qu'on parle de ta situation. Tu n'as pas à rester ça, seul avec ça. Et si cet épisode a résonné pour quelqu'un que tu connais, partage-le. Parfois les mots qu'on ne trouve pas pour soi, on les entend dans la voix de quelqu'un d'autre et c'est très important. Juste en dessous aussi, tu verras en description, il y a le lien de la masterclass Sortir de la mort toxique et ne plus y retourner même si tu te sens accro. Je t'invite vraiment à regarder cette vidéo gratuite. Cette masterclass gratuite qui est bien plus longue que ce podcast, elle te permettra vraiment d'y voir plus clair dans cette notion-là de pourquoi je ne pars pas, pourquoi je reste alors que je sais que c'est toxique, pourquoi j'y retourne, pourquoi je laisse la porte ouverte ou pourquoi je le laisse revenir. Tu vas vraiment avoir des pistes par rapport à ça, des pistes et vraiment des solutions par rapport à ça. Prends le temps de le regarder. Et si ce podcast t'a plu et t'a apporté des solutions ou des éclairages, je t'invite à noter ce podcast pour me permettre de diffuser un maximum ce message-là et pour aider les femmes à sortir elles aussi de relations toxiques. Voilà, je t'embrasse bien fort et je te dis à très vite. Bye !