- Speaker #0
Sans pluie, pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteure. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle qui s'appelle K. Surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout. pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » . L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves. Sans pluie,
- Speaker #1
pas d'arc-en-ciel.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je vous propose un best-of de la saison 3 du podcast avec les témoignages forts et inspirants de mes invités. Un duo... Alexandra et François sur l'alcoolisme côté patient et aidant. Alice Gros partage son expérience du cancer du sang et ne le s'est mis au très jeune âge de 13 ans. Charlotte Denoisy évoque la relation dans laquelle elle s'est perdue jusqu'à mettre en danger sa vie. Amélie Prévost partage son expérience d'une grossesse sous contrôle de jumeaux, un petit garçon et une petite fille, et le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où elle vit l'impensable avec le décès de sa fille. et son combat pour son fils à l'époque. Il a 13 ans aujourd'hui, un ado qui va très bien. Enfin, Olivier Mourne raconte son TDAH, un trouble déficitaire de l'attention avec et sans hyperactivité, qui a été diagnostiqué il y a peu, à 46 ans, ce qui a permis un diagnostic plus précoce de ses enfants. Vous entendrez l'introduction de chaque épisode avant d'entendre l'extrait de l'invité. Merci de tout cœur à mes invités pour leur confiance. Je suis très touchée que vous ayez partagé avec moi ces moments forts de votre parcours, de votre vie. Et merci pour toute l'incroyable force et l'immense espoir que vous allez transmettre à tant de personnes grâce à votre témoignage, qu'elles traversent une tempête commune ou une autre de la vie. Je vous souhaite un bon voyage avec mes invités. N'hésitez pas à aller écouter chaque épisode en entier pour en savoir plus sur le parcours de chacun, chacune, de leur tempête jusqu'à leur arc-en-ciel. Bonne écoute ! Si vous aimez le podcast et voulez me soutenir, prenez une minute pour mettre une super note 5 sur 5 sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous suivez les épisodes, que ce soit Spotify, Apple Podcasts, Deezer ou une autre plateforme. Et partagez le lien de l'épisode et du podcast autour de vous, via les réseaux sociaux et dans la vraie vie. Merci à tous, toutes pour votre écoute et votre soutien. Prenez soin de vous. Aujourd'hui... Je reçois Alexandra et François. En couple depuis plus de dix ans, ils ont créé ensemble en octobre 2017 la Maison des Jus. Des jubiaux frais pressés à froid et aiguis près d'Aix-en-Provence. Ils viennent partager la tempête qu'ils ont traversée ensemble. L'alcoolisme de François, découvert par Alexandra et ses proches le soir de la célébration des 50 ans de ce dernier, en avril 2017. François se confie sur sa jeunesse, sur son frère aîné, décédé d'un accident de la route. alors qu'il n'avait que 18 ans et François un an de moins, et sur le silence qui a pesé dans sa famille suite à cet événement tragique. S'il a donné l'impression que ça allait plutôt bien pendant un certain nombre d'années, François a progressivement plongé dans l'alcool, devenu sa béquille. Il a cru qu'il pourrait s'arrêter quand il le voudrait, mais a vite réalisé que ce n'était pas possible. C'est avec Alexandra qu'il a eu le déclic pour s'en sortir. Il entre à l'hôpital en étant totalement décidé d'arrêter. S'en suive le sevrage, puis la cure de désintoxication. François le dit, il était indispensable pour lui de sortir avec un projet. Leur arc-en-ciel, c'est ce projet commun de la maison des jus, imaginé pendant sa cure, qui rejoint leur passion commune pour la nature, la cueillette et le jardinage. Comme le dit joliment Alexandra, on va faire des jus, pour mettre de la couleur dans la vie de François et dans la vie de tout le monde. Le conseil de François, être bien accompagné déjà si on peut, c'est primordial. J'ai appris avec tout ça à être résilient et je pense savoir faire le dos rond, laisser passer les averses parfois. Et puis, il y a des choses qui sont importantes dans la vie et d'autres qui ne le sont pas vraiment. Pour Alexandra, il faut toujours se souvenir que rien n'est figé dans la vie. Si quelqu'un ne va pas bien, j'aurais tendance à lui dire de créer. Alexandra et François de la Maison des Jus. Mon Dieu, accordez-moi le courage de changer les choses que je peux changer. La sérénité d'accepter celle que je ne peux pas changer et la sagesse d'en connaître la différence.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous donneriez comme conseil à quelqu'un qui serait dans la tempête ? Alors ça peut être celle-ci ou une autre, qui n'aurait pas pour le coup son phare et encore moins son arc-en-ciel. Est-ce qu'il y a quelques conseils ou un conseil en particulier que vous aimeriez lui donner ?
- Speaker #2
Moi, je ne suis pas très bon dans ce domaine-là, mais pour moi, le fait d'avoir été accompagné a été primordial. Ça, je peux le dire, notamment parce que pendant la cure, j'ai vu tout un tas de profils autour de moi et beaucoup de gens qui avaient tout perdu, mais tout à tâche, tout professionnel, machin et compagnie, et qui ont rechuté 250 fois derrière. C'est des gens que je suis un peu, donc l'accompagnement a été primordial pour moi. Donc, être bien accompagné, si on peut, c'est déjà un bon conseil. voilà après moi j'ai appris aujourd'hui avec tout ça à devenir un peu résilient je pense savoir faire le dos rond laisser passer les averses parfois et puis il y a des choses qui sont importantes dans la vie il y a d'autres choses qui ne le sont pas vraiment voilà c'est moi
- Speaker #3
alors moi ce que j'ai envie de dire c'est ce que j'ai appris par rapport à mon expérience et mon histoire à moi puisque Merci. Moi, je porte un corset pendant 4 ans à la distance. Régulièrement, à Necker, il y a un super professeur qui me dit que je serai paralysée à 30 ans et que je n'aurai pas d'enfant quand j'en visualise 5 ou 6. Et en fait, j'ai envie de dire que rien n'est figé. Toujours se souvenir que rien n'est figé dans la vie. Et que quelqu'un qui ne va pas bien, Quelqu'un qui, je pense que créer, faire quelque chose, et notamment à travers la cuisine, quand on met les mains dans la pâte, c'est une forme de méditation, c'est une forme de nourriture de l'âme, en fait, et on va s'évader, et de créer quelque chose, de donner forme à quelque chose, c'est bénéfique. Donc, quelqu'un qui ne va pas bien, j'aurais tendance à lui dire, crée. Quand l'année dernière, je suis intervenue pour les familles des parents, des familles endeuillées qui avaient perdu un enfant, je leur ai fait faire des énergie-bols sur lesquels je mettais le cacao, symbole de réconfort, la cannelle pour la chance, l'amande pour l'amour. Ça a été un moment extraordinaire. Et quand je les croise, ces parents, ils m'en parlent encore. Parce qu'à ce point-là, ils ont libéré leurs paroles.
- Speaker #1
Oui, incroyable. C'est une façon de le faire imager, métaphorique, qui permet que chacun puisse se livrer à sa manière. Enfin, voilà. C'est beau. J'ai compris que François n'était pas très mantra, donc c'est Alexandra qui va nous donner votre mantra préféré ou ton mantra préféré.
- Speaker #3
C'est un mantra que j'avais écrit il y a quelques années et je trouve qu'il me correspond bien. J'y vois mon ascendance agitaire et mes planètes en balance, mon stellium en balance. Et j'avais écrit que la vie est un voyage où la seule liberté consiste finalement à s'adapter à l'imprévu de manière optimale.
- Speaker #1
J'aime beaucoup. J'aime beaucoup. Très beau mantra.
- Speaker #3
Il est un peu long.
- Speaker #1
On en a des longs, ne t'inquiète pas. Il est très beau et fort. Et est-ce qu'il y a un lien ? Oui, dis-moi.
- Speaker #2
Je vais te dire une chose.
- Speaker #1
Je t'en prie.
- Speaker #2
Parce qu'en fait, depuis quelques années, c'est vrai que mon référentiel, c'est pas mal les alcooliques anonymes. Alors, je n'en fais pas partie et je ne vais pas à leur réunion, mais j'ai lu beaucoup de choses qu'ils ont faites et ils ont ce qu'ils appellent une prière. Alors, on peut dire un mantra qui me parle, pour le coup. Donc, je vais quand même le lire parce que c'est... Alors, ils ont tendance à faire beaucoup de religieux. Moi, je n'adhère pas à ça, mais bon, peu importe. Ça commence par mon Dieu, donc mon Dieu, accordez-moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je peux changer et la sagesse d'en connaître la différence. Voilà, ça, c'est quelque chose qui me parle beaucoup.
- Speaker #1
Oui, elle est très forte. Je le connaissais, celui-là. Elle est très forte aussi.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Ça fait deux beaux mantras. On va voir lequel va être le titre de l'épisode. Ça va être dur de choisir, là. Aujourd'hui, je reçois Alice Gros. Alice a 36 ans. Ingénieure dans le médical, elle est aussi patiente experte. Elle témoigne de son parcours, un cancer lorsqu'elle était adolescente, auprès de différents publics, et elle travaille avec des médecins pour améliorer la prise en charge. Alice vient nous parler de sa tempête, un cancer du sang, une leucémie, au très jeune âge de 13 ans. Elle raconte le diagnostic tardif, comme c'est malheureusement souvent le cas avec ce type de cancer car il y a peu de symptômes, la première hospitalisation de deux mois, la solitude de la chambre d'hôpital, ses parents qui se relaient pour qu'elle ne soit pas seule, les trois ans de traitement, Sa gratitude infinie pour le corps médical qui a pris si bien soin d'elle et comment avec ses parents et ses deux jeunes frères, ils ont continué à danser et à chanter pour continuer à vivre. Elle raconte aussi l'après-cancer qui est dur parce qu'on nous lâche un peu la main, que l'on a besoin de continuer à en parler alors que l'entourage aimerait tourner la page. Car comme le dit Alice, ça a été dur pour eux de me voir comme ça. Alors que moi, je me suis construite avec ça. Et je ne tournerai jamais la page parce que ça fait partie de moi. Ses arcs en ciel sont multiples. Son métier, l'ingénierie médicale, une passion née lorsqu'elle a observé les machines qui faisaient ses examens, le sport qui est son pilier dans la vie, s'entourer des bonnes personnes et son plus bel arc en ciel, c'est les deux livres qu'elle a écrits sur son expérience. Ma résilience, parue il y a quatre ans, et La mort a posé sa main sur mon épaule, qui vient de paraître. Son conseil, une des plus grandes leçons que j'ai apprises, c'est vraiment de se connaître. Tu te poses et tu te dis, qu'est-ce qui me fait du bien ? Qu'est-ce qui me fait du mal ? Et puis, qu'est-ce qui me rend heureux dans mes actions ? Rester en mouvement et dans ces actions-là qui me font du bien. Alice Gros, la vie a une dette envers toi. Prends-lui tout ce qu'elle te doit.
- Speaker #1
Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu arrives à te rendre compte comment la relation avec tes parents ? Donc, tes parents, ils ont été très présents, j'imagine. Et tes frères aussi. Sur les trois ans, tu t'es sentie soutenue ?
- Speaker #4
Oui, vraiment, pour le coup, je me suis sentie énormément soutenue. Et aussi, pas un truc qui plombe l'ambiance.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #4
Tu vois, par exemple, quand on est à table, il n'y a pas ma maladie qui est tout le temps là. Moi, j'ai, par exemple, un régime spécifique, corticoïdes et tout, sans sel, sans sucre. Oui, quand on est à Angers. fin. On continue à danser, à chanter. Il y a des vidéos où on fait ça et j'ai plus de cheveux et on me voit danser dehors avec eux. Et c'est vrai que ça m'a fait du bien aussi que tout ne tourne pas autour de ma maladie. Ça ne veut pas dire faire comme si ça n'existe pas. Bien sûr. Mais voilà, continuer à vivre parce qu'eux continuent à vivre aussi, moi aussi, et il fallait garder ce cap-là. Et c'est vrai que ça m'a fait du bien.
- Speaker #1
Oui, puis j'imagine que ça les a aidés aussi. Je me dis du côté d'enfants, comme tu disais tout à l'heure, ce côté de rester en mouvement, connecté à la vie aussi. Oui, c'est ça.
- Speaker #4
Puis on était des enfants aussi, il fallait garder ça. Donc, de continuer à jouer, à rêver, à faire des choses, à se disputer, bien sûr.
- Speaker #1
Normal.
- Speaker #4
La vie. La vie, exactement.
- Speaker #1
Et est-ce que du coup, qu'est-ce que ça... Ça a provoqué dans ton parcours dans la suite. Donc, est-ce qu'on t'a déclaré en rémission ? Comment ça s'est passé au bout des trois ans de traite ?
- Speaker #4
Oui, donc il y a rémission et après il y a guérison. D'accord. Qui est au bout de cinq ans. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de risque de rechute au bout de cinq ans.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #4
Et après, on te suit dix ans pour les effets à long terme de la chimio. D'accord. Sur le cœur, les os, enfin voilà.
- Speaker #1
Et donc là, tu as fini le suivi ? Oui,
- Speaker #4
là tout est fini. Je suis guérie et je n'ai plus de suivi. Voilà.
- Speaker #1
C'est incroyable, ça c'est une page...
- Speaker #4
Oui. Et l'air de rien, ce n'est pas forcément la plus facile. Oui, c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Comment ça se passe ? Mais oui, parce que je trouve qu'on n'en parle pas, en fait, de cet après.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #1
Et que c'est un petit peu... Et puis, je ne sais pas toi, je trouve qu'aussi dans l'entourage, il y a un petit côté où c'est fini. Parce que peut-être que tout le monde, certains sont contents, et on peut comprendre, bien sûr, soulagés et heureux que la page se tourne, parce qu'elle se tourne vraiment pour nous. parfois je trouve que c'est compliqué Comment ça a été justement, du coup, toi, cet après ?
- Speaker #4
Moi, je suis tout à fait d'accord avec toi. C'est-à-dire que moi, je ne le vis pas du tout comme mes proches. Donc, je sens qu'ils ont plutôt envie de tourner la page, de pas forcément parler, etc. Parce que ça a été dur pour eux de me voir comme ça. Bien sûr. Alors que moi, je me suis construite avec ça. Et je ne tournerai jamais la page. Et ce n'est pas négatif ce que je dis, c'est que ça fait partie de moi en fait. Donc moi, j'ai besoin que ce soit utile, j'ai besoin d'en parler. Donc on n'a pas du tout le même parcours avec ce qu'on est dans. Et j'ai vécu la place de l'aidant, je sais. Mais voilà, moi j'ai besoin d'en parler. Et l'après est dur parce qu'on nous lâche un peu la main. On dit, c'est comme un peu tu as vécu la guerre et tu reviens et on te dit, vas-y reprends ta vie. C'est pas possible, c'est impossible. Et donc, on est un peu perdu. Et c'est vrai que là, j'ai eu besoin d'être accompagnée dans cet après-là, tu vois, paradoxalement.
- Speaker #1
Oui, mais je comprends complètement. C'est vraiment un moment dont on ne parle pas assez. On a vraiment besoin qu'on nous tienne la main presque autant que pendant une fête. Voire plus.
- Speaker #4
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Il faut que ça se déclenche.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas encore son arc-en-ciel ?
- Speaker #4
Moi, une des... Une grande leçon que j'ai apprise, on va dire, c'est vraiment de se connaître. C'est-à-dire, tu te poses et tu te dis, qu'est-ce qui me fait du bien ? Moi, c'est de chanter, de peindre, de parler à des gens. Donc déjà, d'identifier ça. Qu'est-ce qui me fait du mal ? Quelles sont les situations qui me mettent dans le mal, qui font ressurgir des choses qui ne me vont pas ? Et puis, qu'est-ce qui me rend heureux dans mes actions ? Et de dire... de rester en mouvement et de rester dans cette action-là qui vous font du bien. Moi, je dirais ça. D'essayer vraiment de faire une introspection pour avoir les réponses à tout ça et d'en faire son quotidien de vie, carrément.
- Speaker #1
C'est bien. Je trouve que c'est un peu d'être son meilleur ami. Oui,
- Speaker #4
mais c'est ça. Je pense qu'on est le mieux placé pour être son meilleur ami, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il faut l'appliquer. Le fameux « Prends soin de toi » qu'on dit souvent, de se l'appliquer à soi.
- Speaker #4
J'ai une petite carte dans la salle de bain où il y a marqué « Prendre soin de soi, c'est la meilleure histoire d'amour de votre vie » ou un truc comme ça. C'est le début d'une histoire d'amour qui durera toute votre vie.
- Speaker #1
C'est bien ça.
- Speaker #0
Écoutez bien et appliquez surtout.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on n'aurait pas évoqué que tu aimerais partager avec les personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #4
Vraiment aussi d'accepter quand on va mal. J'ai le sourire. Mais j'aime bien aussi parler de... Il y a eu des phases très compliquées. Il y a aujourd'hui des choses qui sont compliquées pour moi dans ma vie. Et donc, de pas les... d'en tenir compte et de les accepter ou de ne pas avoir peur d'en parler et tout ça. Et je trouve que ça fait partie aussi de nous et qu'il ne faut pas s'en cacher. Je trouve que c'est important.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. On peut être très positif et tout, et on a tous nos jours.
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #1
Et ce n'est pas parce qu'il y a eu une grosse tempête qu'il n'y a pas d'autres tempêtes. Oui,
- Speaker #4
carrément. Super. Merci beaucoup Alice. Merci beaucoup à toi.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Charlotte Denoisy. Charlotte pratique les soins énergétiques à travers sa marque Your Body Knows. Elle travaille plus particulièrement avec les énergies sur la libération des mémoires cellulaires du corps et sur le transgénérationnel. Et elle a un podcast de méditation « Your Body Knows » , le podcast. Charlotte vient nous parler de sa tempête. Elle débute une relation jeune à 18 ans, l'évidence de s'être retrouvée au début. Et puis, au fil des années, elle s'est complètement éteinte dans cette relation. Mais sans en prendre complètement conscience et sans arriver à en sortir. « C'est comme si tu étais lancé sur l'autoroute, tu ne peux pas » , nous dit Charlotte. Il a fallu une fausse couche, suivie d'une hémorragie qui l'a conduit à l'hôpital et aurait dû la plonger dans le coma, comme lui disent les médecins. Elle est transfusée de plus de 3 litres de sang. Son arc-en-ciel, c'est finalement tout ce qui s'est passé ensuite. Elle retombe amoureuse de son corps, qui a survécu à cette épreuve, et elle trouve sa voie. Elle se forme alors aux soins énergétiques, puis crée sa méthode, et elle rencontre son amoureux. C'est comme si elle était née à nouveau, nous dit-elle, à 25 ans. Son conseil ? Ne jamais perdre espoir. On peut avoir plusieurs vies en une. Quand on est dans une tempête, nous dit Charlotte, on voit que l'aspect noir, comme une espèce d'ombre qui plane au-dessus de nous et dans laquelle on baigne. Et c'est le cas. Mais il y a une autre chose qui est possible. Et quand on rencontre cette autre chose, il y a un aspect de nous où on se rencontre soi-même. On rencontre sa résilience. On rencontre sa force. On rencontre aussi son aspect vulnérable, mais dans le bon sens. Il y a vraiment un côté où on apprend à s'aimer, où on apprend à être soi. Charlotte de Noisy La renaissance est possible.
- Speaker #5
Je suis tombée en amour pour le corps humain, mais de fou. Amour qui ne m'a toujours pas quittée aujourd'hui. Et du coup, à l'époque, il y avait un médecin de campagne, parce que j'ai une maison dans l'Aveyron, vraiment un petit trou, vraiment complètement paumé. qui m'avait déjà contactée plusieurs fois pour me dire qu'il savait que j'avais de l'énergie, je pouvais travailler avec. J'avais dit non, ça me fait peur, je ne sais pas, etc. Mais j'étais en déni total. En plus, ma grand-mère tire les cartes. J'étais déjà dans un environnement... Même si elle ne comprend pas trop ce qu'elle fait, j'ai une famille de liseuses de cartes déjà très importante dans la nuit de femme. et Mais j'étais en refus total. Et en fait, il s'avère que, comme par hasard, ce mec-là, du coup, a cherché à m'appeler. Du coup, un mois après, je pense, ça devait être en décembre 2019, du coup, un mois après tout ce cataplysme, il voulait de mes nouvelles. Tu sais, le mec, il a eu une lumière. Ah bah,
- Speaker #1
il a été inspiré, oui. Voilà, c'est ça. Comme quoi. Et...
- Speaker #5
Totalement. Et là, je me suis dit, wow. Et c'est juste un moment de genre, OK, bon. Et donc, du coup, on a fait des visios et des visios. Enfin, il m'a tout expliqué. On a beaucoup échangé. Et en fait, il m'a dit, écoute, si tu veux, je vais te former. Et moi, j'étais en mode, mais OK, allons-y. Et donc, du coup, il m'a formé à distance, du coup, parce que je ne pouvais pas aller en avion. En plus, je n'ai pas le permis.
- Speaker #1
Et il t'a formé, du coup, à l'énergie. Oui, c'est ça.
- Speaker #5
Il m'a formé à l'énergie. Vraiment, la base de ce que lui connaît, c'est que lui, c'est un médecin pour le coup, tu vois. Donc, il avait... Bon, il ne disait pas qu'il s'est énergétique, du coup. même si en campagne et surtout là-bas, c'est beaucoup plus courant.
- Speaker #1
J'ai l'impression, oui.
- Speaker #5
Mais en tout cas, dans l'ordre des médecins, vu que c'est interdit, il le disait pas. Oui, d'accord. Et donc, voilà, il m'a formée, il m'a tout expliqué. Et puis après, je me suis dit, bon, il faut quand même que je me forme aussi d'une autre manière, d'un truc un peu plus, on va dire, cadré. Et à ce moment-là, j'ai trouvé aussi une autre formation d'un médecin qui était spécialisé en plus en cancérologie clinique, qui s'était autoradié du coup, parce qu'il n'a pas le droit en France. Mais du coup, qui formait l'énergie ? Et je me suis dit, bah, allez, on va y aller, tu vois.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui serait dans sa tempête et qui n'aurait pas son arc-en-ciel, peut-être même pas son phare ?
- Speaker #5
Le conseil que je pourrais donner, du coup, ce serait simplement de ne jamais perdre espoir. Parce que je pense que quand on est dans une tempête, qu'importe quelle qu'elle soit... Il y a un côté où on ne voit que l'aspect noir, vraiment comme une espèce d'ombre qui nous plane au-dessus de la tête, qui est autour de nous, dans laquelle on est vraiment baigné. Et c'est le cas, en fait. Mais il y a autre chose qui est possible. Et justement, quand on rencontre cette autre chose, il y a un aspect de nous où on se rencontre soi-même, on rencontre sa résilience, on rencontre sa force. on rencontre aussi tout son aspect vulnérable, mais vraiment dans le bon sens, de vraiment le soi. On épouse aussi bien ses émotions positives que négatives. Il y a vraiment un côté où on apprend à s'aimer et on apprend à être soi, en fait, un non conditionné. Donc, moi, je pense que ce serait vraiment de jamais perdre espoir que la renaissance est possible, que la liberté est possible. Forcément, je le dis par rapport à mon histoire, par rapport à mon Christ, mais que... Alors, je ne dirais pas que... tout est possible, parce que bon, si demain tu veux être astrophysicienne, t'as 90 ans, c'est un peu chaud,
- Speaker #1
mais il y a quand même un côté... Tu peux faire la bibliothèque dessus.
- Speaker #5
Oui, totalement. Mais il y a un côté où, oui, je pense qu'il y a vraiment une forme de possible qui est possible ailleurs d'une tempête, et de toujours garder en tête qu'on le mérite, en fait. On a le droit de recevoir cette lumière, on a le droit d'être dans cette lumière, et on a le droit de... d'être qui on est et de vivre la vie qu'on souhaite, on le mérite. On ne s'est pas incarné ici pour juste en baver.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Amélie Prévost. Amélie est comédienne. Elle est la maman d'un petit garçon, César, qui a 13 ans et est toujours en couple avec le papa. Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu'elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alliée dès 3 mois, le col ayant commencé à s'ouvrir. Un coup dur pour l'hyperactif qu'elle est, avec plein de projets. Elle accouche très en avance, à 5 mois et demi. Son fils fait deux mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de quatre jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où ils viennent tous les jours pendant deux mois et demi, l'annonce du diagnostic de méningite de son fils, avec une chance sur deux qu'il soit normal. Les questions sans réponse face au médecin, elle le dit, ça a été très dur. Ce qui l'a aidé ? Avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui. Des infirmiers et infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seul. Son arc-en-ciel, c'est son fils. « On est toujours resté sur le positif » , nous dit Amélie. Elle ajoute qu'à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébé ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, Ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance, car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c'est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle. C'est un petit guerrier. Son conseil ? La vie n'est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L'important, c'est de continuer à avancer et être dans l'amour. C'est le plus important, parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas. Amélie Prévost. Tout ce que je sais, C'est que je ne sais rien.
- Speaker #6
Une autre chose qui nous a beaucoup aidé, c'était les infirmières et les infirmiers, qui étaient formidables. On en avait une en particulier qui s'appelle Anne. qui était extraordinaire, en fait. Qui sentait tout, tu vois. Parce que, par exemple, nous avait dit qu'il y avait un risque que César soit sourd. Donc, moi, parfois, j'arrivais près de son berceau et je tapais dans les mains pour voir s'il entendait. Et puis, il ne bougeait pas. Donc, je disais, mais rassurez-vous, Amélie, là, il dort, il est en sommeil profond. Il ne peut pas vous entendre. C'est normal. Et elle disait, vous savez, j'en ai vu passer des enfants de ce terme. Je vous assure, tout va bien.
- Speaker #1
Oh, c'était mignon. Et là,
- Speaker #6
Je pense qu'elle avait une grande expérience. Elle était optique. Elle a été formidable. Et d'autres, c'était celle qui était notre infirmière référente. Et le pire, c'est qu'elle-même nous racontait qu'elle était seule et qu'elle voulait des enfants. Et qu'elle allait en Espagne parce qu'elle n'avait pas de conjoint. Donc, on avait vraiment développé une relation assez forte avec elle, aux accompagnés. Et ça, ça fait aussi partie, je dirais, des personnes qui nous ont beaucoup, plus notre entourage familial. Oui, c'est un départ.
- Speaker #0
Oui, un départ, voilà,
- Speaker #6
c'est ça. Les infirmières, il y avait aussi une psychologue. Ça, c'était chouette parce que moi, j'en ai eu vraiment besoin à ce moment-là. J'avais le droit de voir une psychologue à l'hôpital et elle m'avait beaucoup aidée. Parce qu'en fait, le problème de l'entourage, c'est que c'est quelque chose que les gens connaissent peu.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #6
moi, je me retrouvais, je ne savais pas à qui parler de ça, avec qui échanger. Et on se retrouve un peu seule.
- Speaker #1
Bien sûr. Dans ton entourage, il y avait peut-être des personnes qui avaient eu...
- Speaker #6
Je crois que des amis de mon frère avaient eu des grands prémats. Donc, ils nous avaient donné des habits minuscules comme des habits de poupée pour le début. Mais voilà, même dans mes amis, je ne connaissais personne. Donc là aussi, je ne sais pas si tu connais l'association SOS Préma. Moi, qui m'avait pas mal aidée aussi. C'est juste le fait de pouvoir parler à des gens et de sortir un peu moins seule au monde. de pouvoir partager.
- Speaker #1
Qui te comprennent et qui peuvent aussi te conseiller ou partager des expériences.
- Speaker #6
Je ne saurais plus dire sur quoi, mais moi, ça m'avait été très utile même juste de parler à des gens au téléphone, d'échanger, parce qu'avant, on était dans une association jumeaux et plus. Donc, on s'était investis, on avait fait une jambe, patati patata, on avait tout préparé. On commençait. Et puis, j'ai changé l'association après. Mais c'est...
- Speaker #0
Des associations en tout cas qui sont extrêmement aidantes quand tu es en plein dans la tempête.
- Speaker #1
Bien sûr, oui.
- Speaker #0
Moi je suis quelqu'un qui a... j'ai beaucoup besoin de parler, d'échanger et là ça a été un vrai soutien. En plus des infirmières, de la psychologue...
- Speaker #1
Et puis te sentir vraiment compris en temps que... Oui,
- Speaker #0
parce que bien sûr j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'a toujours soutenu, beaucoup de gens sont venus me voir à l'hôpital mais ce n'est pas la même chose parce que voilà ils ne connaissent pas...
- Speaker #1
Je trouve que c'est similaire pour d'autres tempêtes de la vie aussi. L'entourage, bien sûr, c'est un soutien. Ils sont là. Mais c'est vrai que ce soit des associations ou des personnes qui sont passées par là, ça change tout en fait. Oui. Tu te comprends. Ça change tout. C'est différent je trouve. Parfois tu vas parler plus alors que pourtant tu te connais moins parce que tu as partagé la même chose.
- Speaker #0
Donc que ce soit de parler au téléphone ou de dire des témoignages ou d'avoir des conseils, c'est très très... Oui, c'est des phares comme tu dis dans cette tempête-là.
- Speaker #1
J'ai un beau lien pour si tu avais un conseil, ou plusieurs conseils à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas forcément ni son phare ni son arc-en-ciel.
- Speaker #0
Je ne suis pas grand chose pour donner un conseil. Je ne sais pas se dire qu'il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps. qui m'aide, que j'aime beaucoup écouter parce que c'est une chanson en allemand qui dit Es wird wieder gut, ça veut dire ça va aller mieux. Elle est très jolie cette chanson je l'ai découvert cette année dans un film, j'arrête pas d'écouter et en gros ça veut dire que la tempête elle va finir par passer et qu'on fait toujours de notre mieux et si tu veux, moi maintenant je perds. peut-être moins de temps à regarder le passé, à regretter, à me dire, à culpabiliser en me disant j'ai fait de mon mieux. C'est-à-dire qu'on fait toujours de son mieux et que il ne faut pas trop se mettre en cause parce qu'il y a des choses qu'on ne maîtrise pas et que on n'est pas coupable ni responsable de tout. Mais partir avec cette pensée que forcément les choses vont aller mieux, on va en sortir de cette tempête et qu'on fait de notre mieux, ça aide aussi.
- Speaker #1
On se crée un peu notre phare comme ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et que... Après l'appui et le beau temps, c'est peut-être un peu banal, mais les choses vont finir toujours par s'apaiser avec le temps, c'est sûr. Et on trouve toujours des solutions en nous pour traverser ça. Donc, après, c'est sûr que moi, je trouvais ça plus facile d'être entourée, d'avoir Vincent avec moi. de nous sentir unis. Mais après, chaque chemin est différent, chaque chemin est particulier. Et finalement, on n'est pas grand-chose dans ce monde. Voilà.
- Speaker #2
Aujourd'hui, je reçois Olivia Moore. Olivia est humoriste depuis 15 ans. Elle a, comme elle le dit, fabriqué trois enfants et en a éduqué cinq, car elle a été mère... et belle-mère. Elle joue actuellement en tournée son spectacle « Oui, je sais » après plusieurs dates à l'Européen. Olivia vient nous parler de sa tempête, son TDAH, un trouble déficitaire de l'attention avec et sans hyperactivité, qui a été diagnostiqué il y a peu, à 46 ans. Un diagnostic rassurant car ce qu'elle vivait portait un nom, mais aussi perturbant car on ne peut pas y faire grand chose. Ces trois enfants ont été diagnostiqués depuis… ce qui lui permet aujourd'hui de pouvoir les rassurer et les accompagner sur ce chemin. Un TDAH, nous dit Olivia, c'est un cerveau qui a besoin de discipline et qui n'en a aucune envie. On est performant quand on a envie de faire les choses. Et d'ajouter, si ça nous intéresse, on peut focusser pendant 5 heures et faire ce que quelqu'un ferait en 5 jours. Il n'y a pas d'accompagnement particulier, mais Olivia est en recherche permanente des meilleures façons de faire avec. Première méthode, le dire très vite. « J'ai besoin d'être honnête avec les gens, qu'ils n'attendent pas de moi des choses que je ne peux pas donner, comme retenir leur prénom du premier coup. Et c'est pas faute de se concentrer. Parfois, mon cerveau est comme une ardoise magique » , nous dit-elle. Son arc-en-ciel, c'est le chemin de la vulnérabilité et des relations authentiques. Elle est obligée de faire son coming-out mental, ce qui favorise un rapport authentique avec les individus et aide à faire le tri pour des gens qu'il ne pourrait pas accueillir. Même si elle ajoute que la plupart des gens sont bienveillants. Donc c'est aussi un cadeau. Son conseil à quelqu'un dans la tempête ? La patience. Parfois, c'est dur. Parfois, on se dit que c'est dur, ça ne va jamais se terminer. Mais si, ça se termine un jour. J'ai vraiment traversé beaucoup de crises dans ma vie. Ça s'est toujours terminé à un moment et d'une certaine façon. À un moment, quelque chose va changer, va bouger. Olivia Moore, faire de son cœur une île apeuplée.
- Speaker #3
Oui, là je digère petit à petit ce que ça raconte de moi avant. Moi j'ai eu mon diagnostic à 46 ans. ça veut dire quand même que ça fait, admettons que l'âge conscient c'est à partir de 6 ans 7 ans, ça fait 40 ans que je confonds mes symptômes et ma personnalité c'est quand même vertigineux donc passé en revue tout mon passé professionnel, je me suis rendu compte que bah oui j'ai fait un burn-out pour des raisons tout à fait valables mais aussi en grande partie à cause du TDAH parce qu'un TDAH non diagnostiqué, déjà diagnostiqué ça rend sujet au burn-out mais encore plus quand il est non diagnostiqué donc vraiment ça... Toutes les grandes orientations de ma vie sont liées à ça. Moi, j'ai dû faire un vrai travail d'acceptation. Je ne suis pas sûre qu'il soit complet aujourd'hui et peut-être qu'il ne le sera jamais. Puisque c'est par définition quelque chose que je n'ai pas choisi, qui est plus ou moins biologique, plus ou moins héréditaire. Les causes ne sont pas entièrement certaines. Et par ailleurs, j'ai des comorbidités comme par exemple un stress post-traumatique qui est très marqué aussi. Donc en plus faire la part des choses entre le TDAH et le stress post-traumatique est une énigme en soi. Donc je dois faire avec tous les jours.
- Speaker #1
Et tu te fais accompagner du coup ? Tu disais tout à l'heure que tu avais une psychothérapeute à un moment. Est-ce que c'est quelqu'un que tu vois par moment ou qui te suit quand tu as besoin peut-être ?
- Speaker #3
Je n'ai pas d'accompagnement précis pour le TDAH. J'ai été en psychothérapie très longtemps parce que j'avais vraiment beaucoup de choses qui ne me permettaient pas de tenir debout dans ma vie. Donc il était vraiment nécessaire de... Moi, j'ai vécu une forme de rééducation psychologique et dont je suis ravie. Aujourd'hui, je n'ai pas un accompagnement spécifique, mais je suis quand même sans arrêt en recherche de méthode pour ne pas être seule avec ça. Alors, je dirais que ma première méthode, c'est de le dire très vite. On va dire que le positif là-dedans, c'est que ça m'oblige à assumer ma vulnérabilité très vite vis-à-vis de nouveaux interlocuteurs ou nouvelles interlocutrices. Je fais mon coming out mental hyper rapidement parce que je ne me vois pas faire autrement. J'ai pas envie de mentir, maintenant que je suis au courant, ça me semble même honnête de le dire aux gens qui n'attendent pas de moi des choses que je ne peux pas leur donner, comme retenir leur prénom du premier coup. Complètement désolée, et pourtant je vous jure c'est pas faute de se concentrer. Mais parfois mon cerveau est comme une ardoise magique, donc je leur dis, je vous préviens j'ai une ardoise magique à la place du cerveau, il y a des choses que vous allez me dire, et il est possible que je vous repose la même question, et je me souviendrai que je vous ai déjà posé la question, mais en revanche la réponse n'est plus là, elle n'est pas imprimée. Moi ça me semble de la politesse, mais très clairement c'est aussi... afficher et assumer ma vulnérabilité devant les autres. Ça, il faut pouvoir le vivre parce qu'on ne croise pas dans sa vie que des gens en face de qui on se sent en sécurité.
- Speaker #1
Et avec tes enfants, comment ça s'est passé ? C'est toi qui as été diagnostiqué après ? Oui,
- Speaker #3
c'est moi qui ai été diagnostiqué et donc, en repérant, en ayant les idées beaucoup plus claires sur ce qui était caractéristique du TDAH chez moi, j'ai observé mes enfants et je me suis dit « Oh mon Dieu ! » Et donc, je me suis rendu compte qu'effectivement, tout le monde était concerné. Donc, les trois ont été diagnostiqués. Chacun trouve son équilibre ou pas avec ça. En revanche, le fait de moi avoir été diagnostiqué et d'avoir des souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse et de ce que ça a pu générer chez moi, fait qu'aujourd'hui, je peux les rassurer. Même pensent qu'on fait exprès. C'est-à-dire que moi, j'ai été harcelée à l'école pendant trois ans et un des facteurs de harcèlement, c'était « Ah, de toute façon, toi tu ne fais jamais tes exercices, toi tu travailles mal, etc. » Et en fait, « Toi, tu fais les trucs au talent. » Donc ça suscitait une espèce de jalousie parce qu'il se trouve que oui, j'avais un cerveau qui me permettait de compenser. Il y avait une compensation intellectuelle. Et j'ai notamment une de mes filles... Enfin non, même mes... Non, mes trois enfants ont vécu ça. Mes trois enfants ont vécu ce Ausha. Et moi, avant d'être diagnostiquée et de lire des choses là-dessus, je ne savais pas que c'était lié au TDAH et que c'était un motif très fréquent de harcèlement. Cette sensation que l'enfant ou l'adolescent ne fait pas d'efforts, parfois réussit sans effort et quand il ne réussit pas, c'est que de toute façon, il s'en fout, il est négligent ou négligente, fait rien, etc. J'ai dit, alors, j'entends et le côté « oui, ma Chine elle est nulle » c'est très dur à vivre. On se sent nulle et les autres viennent vous le confirmer. Donc c'est vraiment quelque chose de très douloureux.
- Speaker #1
Et en plus, c'est un moment où la validation des autres représente
- Speaker #3
100% du vécu, clairement. Et ça m'a permis au moins d'accompagner un peu mes enfants sur ce chemin-là en disant… Oui, les gens te perçoivent comme ça. Et ta nullité n'est pas réelle, même si toi tu as le sentiment d'être nulle et que les autres le disent aussi. Ça n'est pas la réalité. Ce qui se passe en revanche, c'est que ce sont les conséquences d'un handicap qui est invisible. Et ce handicap, il a ça et ça comme conséquence. Et donc, tu ne vas pas pouvoir jongler avec la perception des autres. En revanche, je peux déjà avertir tes enseignants, il peut y avoir un protocole qui est mis en place, etc. Mais ça me permet d'être une meilleure accompagnante.
- Speaker #1
C'est génial pour eux. J'espère,
- Speaker #3
ça ne leur épargne pas les épreuves du jugement.
- Speaker #1
Non, bien sûr, mais je me dis que d'être armée déjà de savoir ce que c'est, de savoir que tu l'as aussi... Moi, j'aurais préféré savoir ce que j'avais,
- Speaker #3
j'aurais préféré qu'on me réconforte.
- Speaker #1
Je me dis que ça leur fait gagner du temps aussi. Tu vois, ça va alors éviter d'autres épreuves. Enfin, tu vois, toutes les épreuves par lesquelles tu as dû passer, eux, ça va leur... Moi, je trouve que de toute façon,
- Speaker #3
c'était notre rôle de parents, je trouve, d'asseoir nos enfants sur nos épaules. c'est de leur permettre qu'ils voient le monde en étant nourris un petit peu de notre expérience. Un petit peu, parce qu'après on ne peut pas tout leur... Je rêverais de les truffer avec toutes mes expériences et que ils aient déjà accouté à 49 ans. Mais bon, ce n'est pas le cas. Mais s'ils peuvent en avoir un petit peu, s'ils peuvent partir déjà, je trouve la mission c'est ça, c'est qu'ils soient assis sur nos épaules. Comme ça, le jour où on disparaît, ils peuvent se tenir debout et ils sont déjà très solides.
- Speaker #1
Ça me paraît une très belle image.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui serait dans une tempête et qui n'aurait pas encore trouvé son arc-en-ciel, voire qui n'aurait pas son phare ?
- Speaker #3
Un conseil à une personne qui traverse une tempête et qui n'a pas encore trouvé ni son phare ni son arc-en-ciel, ça tombe bien puisque je viens d'en traverser une. Patience. Parfois c'est dur. d'être patient. Parfois, on se dit que ce n'est pas possible. Jamais ça ne va se terminer. Si, ça se termine un jour. J'ai traversé vraiment beaucoup de crises dans ma vie. Ça s'est toujours terminé à un moment et d'une certaine façon. En fait, à un moment, quelque chose va changer. À un moment, quelque chose va bouger. Il faut garder confiance en ça. C'est en ça que je garde confiance. Je sais qu'à un moment, même si la lumière paraît vraiment très loin au fond du tunnel, il y en a une, même si on ne la voit pas.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note 5 sur 5 sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, Alors tout est possible. Croyez en vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. En pluie, pas d'arc-en-ciel.