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EPISODE 37 - Amélie Prévot - "Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien" cover
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Sans pluie pas d'arc-en-ciel par Sarah Pébereau

EPISODE 37 - Amélie Prévot - "Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien"

EPISODE 37 - Amélie Prévot - "Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien"

52min |01/04/2025
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Sans pluie pas d'arc-en-ciel par Sarah Pébereau

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52min |01/04/2025
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Description

🌈 Aujourd'hui je reçois Amélie Prévot. Amélie est comédienne. Elle est la maman d’un petit garçon, César, qui a 13 ans et est toujours en couple avec le papa.


☔ Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu’elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s’ouvrir - un coup dur pour l’hyper-active qu’elle est avec plein de projets. Elle accouche très en avance à 5 mois et demi. Son fils fait 2 mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de 4 jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital où ils viennent tous les jours pendant 2 mois et demi, l’annonce du diagnostic de méningite de son fils avec une chance sur 2 qu'il soit normal, les questions sans réponses face aux médecins..Elle le dit, ça a été très dur.

Ce qui l’a aidée : avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui, les infirmiers/infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seule.


☔ Son arc-en-ciel, c’est son fils : “On est toujours resté sur le positif, nous dit Amélie. Elle ajoute qu’à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébés ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c’est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle, c’est un petit guerrier.


🩵Son conseil : “La vie n’est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L’important, c’est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. C'est le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu’on ne maîtrise pas”.


Amélie Prévot - “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”


Bonne écoute!


TW - Attention, cet épisode est plein de la lumière, de la pudeur et de la positivité d'Amélie à travers sa tempête mais il aborde le sujet difficile du deuil périnatal. À écouter dans les meilleures conditions.


✍️ Si vous aimez le podcast et voulez me soutenir : prenez une minute pour mettre une super note 5/5 sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous suivez les épisodes. Et envoyez le lien à vos proches, vos collègues, toute personne qu'il pourrait inspirer ou aider. Merci à tous! 💟






Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteure. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle. qui s'appelle K, surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves.

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Aujourd'hui, je reçois Amélie Prévost. Amélie est comédienne. Elle est la maman d'un petit garçon, César, qui a 13 ans, et est toujours en couple avec le papa. Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu'elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s'ouvrir. Un coup dur pour l'hyperactif qu'elle est, avec plein de projets. Elle accouche très en avance, à 5 mois et demi. Son fils fait deux mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de quatre jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où ils viennent tous les jours pendant deux mois et demi, l'annonce du diagnostic de méningite de son fils, avec une chance sur deux qu'elle soit normale. Les questions sans réponse face au médecin, elle le dit, ça a été très dur. Ce qui l'a aidé Avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui. Des infirmiers et infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seul. Son arc-en-ciel, c'est son fils. On est toujours resté sur le positif nous dit Amélie. Elle ajoute qu'à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébé ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, Ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance, car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c'est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle. C'est un petit guerrier. Son conseil La vie n'est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L'important, c'est de continuer à avancer et être dans l'amour. C'est le plus important, parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas. Amélie Prévost. Tout ce que je sais... C'est que je ne sais rien.

  • Speaker #0

    Bonjour Amélie.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Merci d'être avec moi.

  • Speaker #2

    Avec plaisir, je t'en prie.

  • Speaker #0

    Alors Amélie, est-ce que pour commencer, je peux te demander de te présenter

  • Speaker #2

    Oui, je m'appelle Amélie Prévost, je suis maman d'un petit garçon qui s'appelle César, qui a 13 ans et je suis toujours en couple avec son papa et je suis comédienne. Ok.

  • Speaker #0

    Alors, avant de parler de ta tempête, on va aller un petit peu dans l'enfance. Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais quand t'étais enfant

  • Speaker #2

    Ah Alors, je sais que je détestais les poupées Barbie. J'avais horreur de tout. J'aimais pas du tout les trucs trop féminins et tout. Moi, c'était plutôt... Je jouais beaucoup au Lego, au Playmobil. Je jouais beaucoup dehors. Je faisais des cabanes parce que je viens d'Alsace, une petite ville. Et on était beaucoup, beaucoup dehors. Et j'ai, juste après moi... J'ai six frères et sœurs, donc j'ai une famille nombreuse. Et juste après moi, j'ai deux frères. Et donc voilà, on jouait beaucoup ensemble. Et c'était plutôt des jeux, ni filles ni garçons, des jeux auxquels on peut jouer tous ensemble.

  • Speaker #0

    Il y avait déjà des histoires. Les gens ne voient pas toujours le lien avec l'enfance, mais on voit après.

  • Speaker #2

    Oui, peut-être. Mais en tout cas, je me souviens qu'on m'offrait des Barbies. Je n'avais pas courant de faire ces trucs-là. Je n'aimais pas du tout.

  • Speaker #0

    Tu n'es pas la team Barbie. Il y en a bien les deux.

  • Speaker #2

    J'ai finalement regardé le film cette année, mais au départ, ça ne va pas.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une évidence.

  • Speaker #2

    Ce n'est pas une évidence, mais je ne sais pas pourquoi. Bref, si je sais, je n'aimais pas mettre des jupes. Il y avait un truc en rapport avec ça, peut-être.

  • Speaker #0

    C'était moins pratique pour construire les maisons dehors.

  • Speaker #2

    Voilà, exactement. Non, c'était plutôt vélo, ping-pong, je cours, ce genre de trucs.

  • Speaker #0

    Donc le short, c'est mieux.

  • Speaker #2

    Exactement.

  • Speaker #0

    Le confort.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu te rappelles à quoi tu rêvais quand tu étais enfant

  • Speaker #2

    Tu veux dire...

  • Speaker #0

    Est-ce que tu rêvais, alors ça peut être, est-ce que tu rêvais pour plus tard Je sais qu'à un moment donné,

  • Speaker #2

    mais c'était très banal, je rêvais d'avoir quatre enfants que je puisse mettre dans une Renault Espace. C'était mon...

  • Speaker #0

    C'est pas mal ça.

  • Speaker #2

    Ce que je n'ai pas du tout, mais je ne sais pas pourquoi il y avait. Bon, après, c'était l'époque de la Renaud Espace, c'était tout nouveau, donc je ne suis pas toute jeune. Mais il y avait ce truc, je ne sais pas, c'est un peu la famille parfaite. Ce n'est pas du tout ce que je suis devenue, mais c'était, on va dire, un de mes souhaits pour plus tard. Après, le reste, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes rêves. Je voulais être chimiste au départ et faire plein de potions, pharmacienne, mélanger des produits, des couleurs. Mais ça, c'était plus sur les métiers, tu vois. Oui, un petit peu la création.

  • Speaker #0

    Un petit peu la création, c'est vrai.

  • Speaker #2

    On est sur l'aventure et la création.

  • Speaker #0

    C'était pas mal.

  • Speaker #2

    Enfin là, je parle de quand j'étais vraiment enfant. Après, des rêves, j'en ai eu plus tard. Enfin, des rêves plus conscients, mais c'est un peu mes souvenirs.

  • Speaker #0

    Écoute, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce que tu peux nous dire sur ta tempête

  • Speaker #2

    Tu veux dire que je te dise de quoi il s'agit Oui. En gros. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    La tempête dont je viens de parler aujourd'hui, c'est qu'il y a 13 ans, je suis tombée enceinte. Moi, j'ai eu du mal à tomber enceinte, donc j'ai fait des injections.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Des injections d'hormones. Et ça a marché. Et je suis tombée enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Et comme ça arrive parfois, mais bon, moi, je n'étais pas très au courant à l'époque, j'ai accouché très en avance. J'ai accouché à 5 mois et demi ou 26 semaines plus 4 pour les femmes qui connaissent un petit peu plus ça de près. Mon fils, enfin notre fils avec Vincent a fait 2 mois et demi de couveuse et on a perdu notre fille au bout de 4 jours. Donc ça a été une épreuve... Une épreuve à laquelle on ne s'attendait pas, qu'on a traversée et qui forcément nous a marqués tous les deux, tous les trois. Voilà.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était un long parcours. Ça a été long ton parcours avant de

  • Speaker #2

    FIV Je n'ai pas fait de FIV en fait. Non,

  • Speaker #0

    pardon.

  • Speaker #2

    Moi, je suis tombée enceinte à 35 ans. En fait, une fois que ça arrive, ça paraît plus court, mais en gros, il y a tout un moment où, en l'occurrence, si tu veux rentrer dans les détails, je n'avais pas d'ovulation, donc on m'a donné des médicaments pour stimuler, qui s'appellent du Faston, du Clomid, ça ne venait pas. J'ai dû faire un suivi psy parce que ça peut débloquer des choses dans la tête. Et ma gynéco était hyper pessimiste, elle me disait que je ne tomberais jamais enceinte, donc ça, c'était vraiment très motivant. C'est fou quand même.

  • Speaker #0

    Les médecins, la psychologie, merci.

  • Speaker #2

    Et donc, en fait, dès que j'ai essayé l'épicure, ça a marché au bout de deux mois, très rapidement. Et je suis tombée enceinte le jour de la Saint-Valentin. Parce que du coup, on peut savoir précisément quand est-ce qu'on tombe enceinte. Et ça ne m'a pas paru si long que ça, mais je ne sais pas, trois ans. Mais à l'époque, en vrai... Comme tu vois, moi, j'étais jeune comédienne. C'était quelque chose dans lequel je m'étais vachement investie. Alors, ça faisait déjà un moment. J'ai fait mon école vers 23 ans, 24 ans. Mais, comment dire, ça ne faisait pas 15 ans que je voulais être enceinte. Donc, j'avais très envie d'avoir un enfant. Mais il y avait aussi le truc, bon, il ne faut pas tarder parce que sinon, je vais être trop vieille après, etc. Donc, je n'étais pas tous les jours en train de me reprendre. Après, ça change tout parce que c'est quand même un échec en tant que femme. Quand tu as envie d'avoir des enfants, de ne pas y arriver, c'est quelque chose qui... qui est pesant, qui est déprimant. Et ça, ça ouvre tout. Moi, je sais qu'à partir du moment où je suis tombée enceinte, les gens me le disaient, j'étais solaire, j'avais l'air resplendissante. Enfin, tu vois, il y a un truc qui s'ouvre. On n'est pas dans le situation d'échec où on n'y arrive pas. Et avec du recul, je pense que ça semble beaucoup plus court que ce qu'on a vécu en vrai. Ou quand on se dit pas que ça va marcher, ou on se dit qu'il va falloir que j'adopte ou que je fasse une fille. Enfin, je ne sais pas si on en était encore là, mais c'est vrai que je n'étais pas du tout partie au départ pour que ça marche. J'avais été très peu briefée, donc je ne savais pas qu'il y avait un risque. En tout cas, qu'il y avait... Pas mal de grossesses gémellaires suite à des stimulations. Et voilà, mais ça n'a pas duré dix ans. D'accord. Donc voilà.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce qu'on gère sur, bien sûr, ce que tu souhaites partager avec nous J'imagine ce qui est... Je ne sais pas si tu peux nous parler un petit peu de ce temps après l'accouchement. Donc tu te retrouves... Oui. D'avoir le bébé de... En fait,

  • Speaker #2

    tout l'avant est très particulier. Parce que si tu veux, moi, je suis tombée enceinte. Au bout de... Je ne sais plus au bout de combien de mois. Donc, on fait une échographie. Donc, on sait que c'est des jumeaux. Puis après, on me dit que c'est un petit garçon et une petite fille. Donc, j'étais hyper heureuse. C'était genre le truc parfait. Et en parallèle, on devait partir tourner un film en Roumanie avec mon compagnon Vincent, qui est réalisateur. Dans lequel j'avais le rôle principal. Et je m'étais vraiment... On s'est beaucoup investi. On avait... collecté pas mal d'argent via du crowdfunding. C'était vraiment notre bébé. Un bébé qui, à l'époque, était plus présent que moi, les bébés que j'avais. Et quand j'étais enceinte de trois mois et demi, vraiment, j'avais la pêche. Je faisais encore un peu de danse. Je faisais des tournages. Je vais à ma première consultation à la maternité. Je devais accoucher au Diakonès. D'accord. Et pour l'inscription, ça s'appelle la première consultation. Et là, ils me font une échographie et une échographie du col de l'utérus. Et là, on me dit, vous n'allez pas pouvoir rentrer chez vous. Et moi, je ne comprenais rien. Je me disais, qu'est-ce qui se passe et tout C'est quoi ce truc Mais attendez, moi, je pars tourner dans un mois. Non, mais écoutez, votre col a commencé à s'ouvrir. En plus, moi, c'était du charabia pour moi. Si tu veux, c'était ma première grosse neige.

  • Speaker #0

    J'imagine, puis on n'est pas du tout briefés.

  • Speaker #2

    Non, et puis ma mère a eu sept enfants comme ça. C'est hyper facilement. Donc, pour moi, une fois que tu avais passé le stade de la fausse couche et des nausées et tout, c'était bon, quoi. Pour moi, c'était ça y est.

  • Speaker #0

    Oui, tu avais passé le premier mois.

  • Speaker #2

    Donc là, ils me disent, voilà, votre col a commencé à s'ouvrir. Il faut qu'on vous fasse ce qui s'appelle un cerclage, c'est-à-dire qu'on te met une petite ficelle autour du col de l'utérus, comme si on fermait une bourse, pour que les enfants ne sortent pas. D'accord. Vous allez devoir rester une semaine à l'hôpital. Et après, donc là, ça a été vraiment... Je tombais d'un précipit. de pisse, vous allez devoir rester alité jusqu'à la fin de votre grossesse. Donc moi, vraiment, ça a été extrêmement difficile. J'étais encore... Enfin voilà, j'avais plein de projets en tant que comédienne, je voyais tout qui s'effondrait. Je me disais, mais enfin... Et c'est vrai, c'est un peu bizarre de dire ça maintenant, mais à l'époque, le projet de film, il était plus concret que les bébés que j'avais dans mon ventre. Voilà, c'était trois mois et demi de grossesse. Bon, du coup... Du coup, ça a été extrêmement difficile. Je passe cette semaine, on fait ce cerclage et je rentre chez moi. Je dois être alitée, c'est-à-dire, en gros, je dois être allongée le plus souvent possible sur mon canapé ou sur mon lit. Ce qui était un peu absurde, c'est qu'on me disait toujours écoutez votre corps. Mais moi, mon corps ne me disait rien. En fait, moi, j'étais en pleine forme. J'aurais pu aller courir. Et du coup, ce n'est pas comme quand tu te fais une tendinite. te casses le pied ou tu as mal ou tu ne peux pas marcher. Là, en fait, rien ne me disait que je ne pouvais pas me lever. Donc, c'était que mon cerveau qui devait dire non, non, il faut rester couché.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et c'était hyper dur. Moi, j'avais envie de faire ci, de faire ça. Finalement, mon compagnon a décidé de ne pas aller faire le tournage. Moi, je lui avais dit, mec, pour sa carrière, ça serait peut-être mieux. Mais bon, heureusement, parce que je ne sais pas comment j'aurais fait, en fait, ne serait-ce que pour l'exemple.

  • Speaker #0

    C'est tout.

  • Speaker #2

    Je ne peux rien faire.

  • Speaker #0

    Je ne peux rien porter, pour qu'on comprenne. Tu dois être allongée trois quarts du temps et tu peux rien porter.

  • Speaker #2

    Je peux prendre ma douche debout le moins possible. Heureusement, je n'avais pas d'enfants. Parce qu'il y a des femmes à qui ça arrive qui ont des enfants en bas âge aussi. C'est très difficile. On me disait surtout n'y pensez pas. Mais moi, qu'est-ce que tu voulais que je pense à toi pendant la journée à part ça J'étais dans mon lit ou sur mon canapé. Je lisais, je commençais à regarder des films. C'est... Avec du recul, c'est facile d'en parler, mais sur le moment, je faisais énormément de sport, je faisais beaucoup de la danse trois fois par semaine, j'étais un peu hyperactive. Et tout s'arrête, tu vois, du jour au lendemain. Je me disais, mais comment je vais faire pour ma carrière Mon compagnon me rassure en me disant, mais de toute façon, personne ne se connaît. J'étais là, bon.

  • Speaker #0

    Oui, d'accord.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort avec du recul.

  • Speaker #0

    Sur le coup, c'était peut-être parce que tu voulais entendre.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort. Bref. En plus, je me souviens que quand j'étais pendant ma semaine d'hospitalisation au Diakonès, c'est là, je venais de faire un atelier avec des directeurs de casting. Pour la première fois, on me rappelait, j'étais sur le lit d'hôpital. Et là, je dis, je suis enceinte, je ne dis pas que je suis hospitalisée. Mais non, ça n'ira pas pour le casting. Parce qu'avec des jumeaux, j'avais déjà un ventre. Oui,

  • Speaker #0

    j'imagine.

  • Speaker #2

    J'en avais un gros, même à trois mois et demi. Bref. Et donc, voilà, je suis allitée chez moi, sur mon canapé, sur mon lit. Et je devais quand même de temps en temps aller faire des examens médicaux. Et à 4 mois et demi de grossesse, je vais faire une échographie du col dans un salon de radiologie pas très loin de chez moi. de contrôle. Et là, ils me disent Oh là là, mais ça, c'est encore aggravé. Vous ne pouvez pas rester chez vous. Et du coup, j'ai dû aller en urgence à l'hôpital de Port-Royal, qui est une maternité de niveau 3, contrairement au Diaconès, qui est une maternité de niveau 2. Donc, je ne pouvais plus rester là où je devais accoucher. Parce que c'est trop dangereux. Vous pouvez accoucher n'importe quand et il faut qu'il y ait un service de néonatologie juste à côté de là où vous allez être. Donc là, je me suis retrouvée à Port-Royal, hospitalisée. Au départ, c'était un peu difficile parce que j'étais dans un... Dans une chambre à deux où il y avait... Elle n'est pas toute seule. Au début, non. Et puis, j'avais d'autres femmes qui avaient des problèmes divers et variés de grossesse, que ce soit de l'éclampsie, des choses comme ça. Ça avait été très dur parce que la première personne avec qui j'ai partagé ma chambre, elle était tellement mal qu'en fait, elle ne me parlait jamais. On avait un petit rideau pour nous séparer.

  • Speaker #0

    C'était un moment de solidarité.

  • Speaker #2

    En fait, c'était hyper dur pour moi de ne pas pouvoir échanger avec elle. Et après, il y a eu une jeune de 19 ans qui est arrivée et qui regardait que des trucs que je n'aimais pas trop à la télé. Mais ça m'a fait tellement de bien d'avoir quelqu'un avec qui je pouvais parler, échanger. Et c'était assez dur. Et puis finalement, comme moi, je suis restée longtemps, j'ai eu une chambre à moi toute seule.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et donc, comment ça s'est passé Le jour où j'ai accouché... Moi, c'était en plein mois d'août, donc il n'y avait pas beaucoup de médecins à l'hôpital, il n'y avait pas plein de gens en vacances. C'était une interne qui s'occupait du service. Le matin, elle me dit bon, ça commence à aller mieux, vous allez pouvoir rentrer chez vous à la fin de la semaine et tout Et puis, je me souviens que je commençais à avoir des douleurs dans la matinée et je demandais un médicament pour ces douleurs. Alors, c'était des contractions, mais moi, je ne le savais pas. D'accord. Parce que je n'en avais jamais eu.

  • Speaker #0

    C'est vrai qu'on ne le sait pas.

  • Speaker #2

    Et du coup, je me souviens, je leur dis un truc bizarre, puis les internes étaient en réunion. Bref. Et en fait, le soir, j'accouchais. Donc, ce n'était pas du tout prévu. Vincent, mon compagnon, était en tournage, donc il est revenu en urgence. Et alors, en fait, ce qui a été assez bizarre et douloureux, c'est que j'accouchais, mais je n'étais pas contente, en fait. Parce que je savais que c'était beaucoup trop tôt. Donc, en fait, normalement, quand tu accouches, même si pour une femme, c'est douloureux, etc., c'est un moment de joie.

  • Speaker #0

    Bien sûr, c'est un moment d'accueil.

  • Speaker #2

    Et en fait, c'est ce sentiment. J'accouche, mais je sais que ça va être compliqué, même si je n'y connaissais pas grand-chose. Mais si, parce qu'on nous a posé beaucoup de questions. En fait, quand on est arrivé à la maternité, on nous a posé plein de questions auxquelles on avait beaucoup de mal à répondre. À partir de quels termes vous voulez réanimer votre enfant 24, 26 semaines Je ne sais plus très bien les chiffres. Et nous, on ne savait pas trop, en fait. Oui,

  • Speaker #0

    tu m'étonnes.

  • Speaker #2

    On m'en est des conseils, on m'en est des statistiques. Parce qu'en France, je crois qu'à partir de 25 semaines... On peut réanimer les bébés qui ne respirent pas naturellement. D'accord,

  • Speaker #0

    ok.

  • Speaker #2

    Mais il y a des risques de séquelles, en fait. Et donc, plus tu réanimes les bébés tôt, plus il y a des risques de séquelles qui peuvent être de 30%, enfin des séquelles graves.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    ok. Et donc, toi, tu dois dire un terme à partir duquel tu veux qu'on réanime ton enfant. Et c'est un peu arbitraire.

  • Speaker #0

    Oui, parce que c'est ça. Et puis, j'imagine que façon les statistiques, parfois, il n'y a pas forcément de... Voilà,

  • Speaker #2

    donc nous, on avait décidé que c'était 26 semaines, mais avec des... J'ai accouché à 26 semaines plus 4, ça aurait été 3 jours avant. Alors, si le bébé avait respiré naturellement, mais ce qui est assez rare à ce terme, il serait peut-être resté en vie, mais sinon, voilà. Aux États-Unis, je crois que c'est plus tôt. Donc oui, c'était un peu, beaucoup de questions comme ça, mais effectivement, les soignants ne peuvent pas prendre les décisions à notre place. Mais toi,

  • Speaker #0

    tu n'es pas du tout arrêtée pour décider.

  • Speaker #2

    Ah non, mais moi, je n'étais pas du tout prête, j'ai accouché. J'avais jamais fait de cours de préparation à l'accouchement.

  • Speaker #0

    Bah oui, bien sûr. Les étapes que tu aurais dû avoir.

  • Speaker #2

    Ah oui, bon, ne parlons pas des prénoms, bien sûr, on ne les avait pas. Et j'étais... Je ne savais même pas ce que... La péridurale, je n'en avais pas du tout parlé, c'était beaucoup trop tôt. Donc, voilà, et puis après, ça a été la néonatologie. Pour moi, j'ai un peu vécu ça comme un monde parallèle. Oui, j'ai vu. Où, du coup, Du coup, on allait tous les jours pendant deux mois et demi. Parce qu'à partir de ce moment-là, j'ai dû quitter ma chambre.

  • Speaker #0

    Et tu ne savais pas comment ça... D'accord, donc à ce moment-là, tu quittes l'hôpital.

  • Speaker #2

    Oui, alors je ne sais pas si c'était... En tout cas, pour moi, je ne sais pas comment ça se passe pour d'autres personnes. Pour moi, comme c'était à Paris, du coup, oui, j'ai dû quitter ma chambre. Puisqu'il n'y avait plus de raison que je sois moi-même au hospitalité. D'accord.

  • Speaker #0

    Enfin, oui.

  • Speaker #2

    Oui, moi, en tout cas, je n'ai pas eu de soucis. J'ai accouché normalement, en fait. D'accord. Si tu veux, techniquement, j'ai accouché de mon fils d'abord et après, ils viennent chercher l'autre enfant avec la main, surtout qu'ils sont plus petits que si tu accouchais avec 9 mois. Donc, je n'ai eu aucun souci lors de mon accouchement. D'accord. Je n'ai pas eu de césarienne, je n'ai pas eu d'épisiotomie ou de choses comme ça. Et puis après, oui, donc direct, je rentre chez moi. Alors, c'est assez bizarre, tu rentres chez toi sans enfant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Déjà, tu es partie beaucoup trop tôt. Voilà. Et en plus, tu reviens.

  • Speaker #2

    Après, avec du recul, quand le monde s'est effondré et que je pensais être alitée jusqu'à la fin de ma grossesse, je me suis dit, ah, ça risque de s'arrêter. Avant, si j'avais su, ça aurait peut-être été plus simple. Parce qu'au final, j'ai été alitée que deux mois et pas autant que ce que je pensais.

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr, vous vous êtes arrêtée beaucoup plus.

  • Speaker #2

    Et donc...

  • Speaker #0

    Vous reveniez tous les jours.

  • Speaker #2

    On venait tous les jours et moi, je devais tirer mon lait aussi tout le temps, tout le temps. Parce qu'en fait, les grands prémats ne peuvent boire que du lait maternel. D'accord,

  • Speaker #0

    je ne savais pas.

  • Speaker #2

    Et au départ, ils ne peuvent pas boire le lait de leur mère parce qu'il y a un petit temps où le lait doit être analysé pour vérifier que tout va bien. Donc, c'est là qu'ils boivent du lait de lactarium. C'est pour ça que c'est assez important que les femmes fassent, si elles peuvent, des dons de lait, le lait maternel, ce que j'ai fait par la suite. Donc, moi, je suis rentrée avec mon tire-lait. Je découvrais ce que c'était. Vraiment, j'avais été briefée sur rien. Après, ça, ça prend vie. Donc, j'avais des seins énormes. Un tiers lait, ça ne pompe encore plus qu'un enfant. Ils avaient un petit frigidaire rempli de bouteilles de lait. Et au bout d'un moment, quand ils l'ont analysé et qu'ils ont vu que ça allait, ils ont nourri mon fils, ma fille, je ne sais pas si elle était encore en vie, avec mon lait. Mais ils ne peuvent pas prendre de lait en poudre, en tout cas les grands prémats. Après, moi, j'ai fait le choix de la laiter parce que c'était mieux. Mais je ne sais pas si de toute façon... Une obligation, tu ne peux pas, parce que toutes les mamans ne peuvent pas allaiter. Oui, bien sûr. Et voilà, donc oui. Et puis, ce qui est assez étrange, c'est que la première fois qu'on a vu nos enfants, c'était... On avait un peu peur, en fait. Donc, ils sont dans cette couvreuse avec des lunettes de ski sur les yeux. On les a encore, qui sont violettes. Un masque à oxygène pour respirer et une sonde pour être nourrie. C'est des enfants à peine formés, donc c'est très étrange.

  • Speaker #0

    J'imagine, oui. Puis tu devais avoir de l'épaisseur, c'était très fragile.

  • Speaker #2

    Et après, on a commencé le pot à pot, donc c'est pour ça qu'on venait vraiment tous les jours avec Vincent. Au départ, on prenait tour à tour chacun un bébé, puis après, on n'avait plus qu'un. Donc voilà, et ça... L'aspect positif de ça, c'est qu'en quelque sorte, le père participe à la grossesse. Je sais que César, notre fils, il est très proche de son père. Est-ce que c'est dû à ça ou pas, je ne sais pas, mais en tout cas... Ça, il y a forcément contribué. Et ça, ça a été... Oui, c'est une manière de finir la grossesse en venant tous les jours, en se portant ce temps avec l'enfant sur nous.

  • Speaker #0

    Oui, ça fait un lien très fort. En plus, je crois que le pot à pot, c'est vraiment une des choses qui les aide beaucoup. Enfin, je ne sais pas comment... Il y a le lien et j'ai l'impression aussi qu'il y a... Bon, après, on n'y croit pas, mais moi, j'y crois. Enfin, je ne sais pas, cette chaleur humaine, c'est bête de dire ça, mais le contact...

  • Speaker #2

    Je pense que c'est important pour les enfants, pour les parents. Et puis de toute façon, aujourd'hui, c'est ce qui se fait de mieux. Donc voilà, on passait nos journées, on venait à l'hôpital pour ça, on voyait. Et puis après, il y avait le côté information sur la santé. Parce qu'après, il y a eu des complications. D'accord. C'était un peu les premiers moments. Et c'est vrai que cette sensation d'accoucher sans être contente, c'est un peu... Après, il y a sûrement d'autres cas où ça arrive peut-être, mais en tout cas, c'était assez étrange. Oui,

  • Speaker #0

    c'est étrange. C'est pas sûr pourquoi tu te prépares. Et puis,

  • Speaker #2

    c'est vrai que moi, pour le coup, je ne connaissais personne de mon entourage qui avait vécu ça. Donc, j'étais complètement perdue. J'avais personne de mon entourage, peut-être aussi parce que les gens n'en parlent pas. C'est comme quand j'ai fait cette stimulation, j'avais un peu honte au début. Je n'en parlais à personne. Puis un jour, j'en parle à une cousine et je me rends compte qu'elle a la fête de filles, mais en fait, je ne le savais pas. Il y a plein de gens autour de moi qui avaient eu des stimulations, des filles où je ne sais quoi, du mal à tomber enceinte, mais qui n'en parlaient pas. Donc, ça m'avait rassurée. Je me sentais un peu moins seule. Mais c'est vrai qu'au départ, on culpabilise beaucoup. Et ça, c'est un...

  • Speaker #0

    Tu veux dire d'avoir fait...

  • Speaker #2

    Alors, au départ, déjà, de ne pas réussir à avoir d'enfant, de faire une stimulation, moi, je me sentais un peu à part, pas normale. Et alors, après...

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #2

    moi, je me suis rendue compte de ça en en parlant. C'était... Donc, ça m'avait aidée. Et alors, par contre, de culpabiliser, quand j'ai été hospitalisée, je passais mon temps. Et quand j'ai accouché trop tôt, j'ai... Ça, mais ça, je pense que c'est toutes les femmes qui ont des enfants prématurés. tous les jours, je me voyais mes jours d'avant, on me disait, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû faire ça.

  • Speaker #0

    Je veux dire, c'est déjà assez dur de vivre ça, mais en plus de culpabiliser.

  • Speaker #2

    Ouais, alors est-ce que c'est inévitable Je sais pas. Mais en tout cas, mon cerveau était parti comme ça et je revoyais vraiment tous les jours et là, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû me lever à tel moment.

  • Speaker #0

    Oui, tu te refais tout. Je pense que c'est humain et tout, mais je trouve ça terrible parce que tu vis déjà quelque chose de très dur. D'accoucher si tôt dans ces conditions-là et puis de perdre un enfant, il n'y a pas de... Oui,

  • Speaker #2

    de toute façon, on était au jour le jour, mais c'est vrai que ça... Et ça, ça met du temps à partir, je pense, la culpabilité. Ça met pas mal de temps. Moi, j'avais la chance que Vincent n'était pas... Il était hyper positif, mais pas positif pour rien. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    Il m'a énormément aidé, très très présent. Il ne m'a jamais culpabilisé. Il lui dit que c'est normal, mais en tout cas, il n'y a jamais eu ça. Donc,

  • Speaker #0

    tu te sentais soutenu.

  • Speaker #2

    Oui,

  • Speaker #0

    oui. J'imagine, comme tu dis, dans ce qui est, je pense, dans les épreuves les plus terribles de la vie, d'avoir... D'être soudée, je pense que ça soude aussi.

  • Speaker #2

    Oui, oui. Moi, ça m'a énormément aidée de sentir qu'on était uniques.

  • Speaker #0

    C'est ça, en réalité.

  • Speaker #2

    Parce qu'en fait, ce qui a été compliqué, c'est qu'au bout de quatre jours, on nous annonce que notre fille est morte d'une hémorragie cérébrale. Mais il faut savoir que les enfants, à ce stade-là, elles pesaient 800 grammes à la naissance, et ces parents, ils pesaient un kilo. Ils n'ont aucune protection, très peu d'anticorps, donc ils attrapent un peu tout ce qui passe. Donc, il y en a pas mal qui meurent. Les médecins, ils ont l'habitude.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    oui. Ça peut être d'une hémorragie cérébrale, pulmonaire ou d'une infection. Je ne suis pas assez calée. Et donc, on nous annonce ce jour-là que Louise, notre fille, malheureusement, est morte. Et ce jour-là, on nous annonce aussi que César a eu une méningite bactérielle et qu'il y a une chance sur deux qu'il soit normal, si je schématise.

  • Speaker #0

    Oh là là, oui.

  • Speaker #2

    Donc là, c'était éventuellement moi. J'ai hurlé dans l'hôpital. Comme j'ai perdu ma mère à 14 ans et je pensais avoir eu son diminuté, tu sais. Oui. Moi j'ai ça, il ne pourra plus rien m'arriver. Donc là, c'était très dur. J'ai hurlé, je disais mais je ne sais pas à qui je parlais. Et puis en plus, les médecins qui t'annoncent ça, forcément, on ne les aime pas trop parce qu'ils nous annoncent des nouvelles.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas toujours le tact.

  • Speaker #2

    Non. Et c'est vrai que... Et puis on essayait d'avoir des informations sur la méningite bactérielle. On lui a balancé pas mal d'antibiotiques, donc ça a été soigné. Mais il y avait un risque. On nous disait, il peut par exemple devenir saut. Les médecins nous disaient, on ne peut pas savoir tant qu'il ne grandit pas. Et Vincent était très, très confiant, en fait. Non, je vois que tout va bien. Et ça m'a beaucoup aidé.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était vraiment ton rock, si je puis dire. Oui,

  • Speaker #2

    oui, c'est sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je ne peux pas imaginer ce que c'est, mais de me dire au moins que c'est solide.

  • Speaker #2

    Oui, et puis... Une autre chose qui nous a beaucoup aidé, c'était les infirmières et les infirmiers qui étaient formidables. On en avait une en particulier qui s'appelle Anne, qui était extraordinaire. Elle sentait tout. Par exemple, elle nous avait dit qu'il y avait un risque que César soit sourd. Parfois, j'arrivais près de son berceau et je tapais dans les mains pour voir s'il entendait. Et puis, il ne bougeait pas. Je disais, rassurez-vous, Amélie. Là, il dort, il est en sommeil profond, il ne peut pas vous entendre, c'est normal. Et elle disait, vous savez, j'en ai vu passer des enfants de ce terme, je vous assure, tout va bien.

  • Speaker #0

    Oh,

  • Speaker #2

    c'est tellement bien. Je pense qu'elle avait une grande expérience. Elle a été formidable, et d'autres, c'était celle qui était notre infirmière référente. Et le pire, c'est qu'elle-même nous racontait qu'elle était seule et qu'elle voulait des enfants. Elle est allée en Espagne parce qu'elle n'avait pas de conjoint. Donc, on avait vraiment développé une relation assez forte avec elle. Elle nous a accompagnées. Ça, ça fait aussi partie des personnes qui nous ont beaucoup, plus notre entourage familial. Un départ. Oui, un départ. Voilà, c'est ça. Les infirmières. Les infirmières, il y avait aussi une psychologue. Ça, c'était chouette parce que moi, j'en ai eu vraiment besoin à ce moment-là. J'avais le droit de voir une psychologue à l'hôpital. Et elle m'avait beaucoup aidée. Parce qu'en fait, le problème de l'entourage, c'est que c'est quelque chose que les gens connaissent peu. Donc, moi, je me retrouvais, je ne savais pas à qui parler de ça, avec qui échanger. Et on se retrouve un peu seule.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Dans ton entourage, il y avait peut-être des personnes qui avaient eu...

  • Speaker #2

    Je crois que des amis de mon frère avaient eu des grands prémats, donc ils nous avaient donné des habits minuscules comme des habits de poupée pour le début.

  • Speaker #0

    Voilà, même dans mes amis, je ne connaissais personne. Donc là aussi, je ne sais pas si tu connais l'association SOS Préma, qui m'avait pas mal aidée aussi. C'est juste le fait de pouvoir parler à des gens et de sortir un peu moins seul au monde, de pouvoir partager.

  • Speaker #1

    Qui te comprennent et qui peuvent aussi te conseiller ou partager des expériences. C'est ça,

  • Speaker #0

    je ne saurais plus dire sur quoi, mais moi ça m'avait été très utile, même juste de parler à des gens au téléphone. d'échanger, parce qu'avant, on était dans une association jumeaux et plus. Donc, on s'était investis, on avait fait une chambre, patati patata, on avait tout préparé, on commençait. Et puis, j'ai changé d'association. Mais, ouais, c'est des associations, en tout cas, qui sont extrêmement aidantes quand t'es en plein dans la tempête. Moi, je suis quelqu'un qui a... J'ai beaucoup besoin de parler, d'échanger et là, ça a été un vrai soutien. En plus des infirmières, de la psychologue.

  • Speaker #1

    Et puis de se sentir vraiment compris en tant que...

  • Speaker #0

    Parce que bien sûr, j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'a toujours soutenue. Beaucoup de gens sont venus me voir à l'hôpital, mais ce n'est pas la même chose parce qu'ils ne connaissent pas.

  • Speaker #1

    Je trouve que c'est similaire pour d'autres tempêtes de la vie aussi. L'entourage, bien sûr, c'est un soutien, ils sont là. Mais c'est vrai que ce soit des associations ou des personnes qui sont passées par là, ça change tout en fait. Tu te comprends, ça change tout. C'est différent, je trouve. Puis parfois tu vas parler plus alors que pourtant... Pourtant, tu te connais moins parce que tu as partagé la même chose.

  • Speaker #0

    Donc, que ce soit de parler au téléphone ou de lire des témoignages ou d'avoir des conseils. C'est très, très... Oui, c'est des phares, comme tu dis, dans cette tempête.

  • Speaker #1

    Et qu'est-ce que tu dirais... Quel est ton arc-en-ciel

  • Speaker #0

    Mon arc-en-ciel, c'est notre fils.

  • Speaker #1

    J'allais dire, mais je...

  • Speaker #0

    C'était une tempête, nous on a eu la chance On a toujours considéré qu'elle s'était bien terminée On est vraiment On est toujours resté sur le positif Il faut savoir qu'à l'hôpital on a vu des gens qui repartaient sans bébé, on a vu des gens dont les bébés avaient des séquelles très graves On a vu une mère qui avait des quadruplés, qui avait pas voulu faire de réduction parce que c'était arbitraire et qui chaque jour perdait un bébé Donc même si ça a été difficile de payer à Louise, on s'est vachement axé sur On a On a un petit garçon qui, au final, va très bien. Qui va bien,

  • Speaker #1

    en plus.

  • Speaker #0

    Et on s'est beaucoup axés là-dessus. Même s'il a fallu, malheureusement, gérer... On a dû enterrer notre fille. Moi, je n'étais pas en état. Ma belle-mère nous avait beaucoup aidés.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je n'étais pas du tout en état à l'école. Je dirais ça. Et c'est vrai que... Enfin, bref, la tombe, le machin, les obsèques, c'est un truc...

  • Speaker #1

    Oui, c'est pas possible.

  • Speaker #0

    Mais on a eu cette chance, parce qu'on a vu des gens repartir sans enfant, d'avoir un an. Et donc, oui, c'est notre arc-en-ciel et on s'est vraiment axé là-dessus. Moi, je me suis pas... Si tu veux, oui, il y a eu un deuil. Alors peut-être au départ, je me disais non, c'est pas grave et tout. Donc après, il faut aussi accepter que c'est quand même quelque chose qui nous arrive et que ça peut effectivement laisser des traces par la suite. Mais on est vachement resté là-dessus. On a eu beaucoup de chance. On est sortis de là en disant on va, beaucoup de chance. On a frôlé de près. Et puis, notre enfant va très bien. Maintenant, il a 13 ans. C'est un ado, donc voilà. Avec le côté qui va avec. Il est très calme. Donc, c'est très, très, très calme. Est-ce que ça vient du pot à pot Je ne sais pas. Je ne sais pas si ça va. Ça, c'est plutôt un bon côté. Mais oui, c'est notre arc-en-ciel, mon arc-en-ciel.

  • Speaker #1

    Vous avez été très fortes, tous les deux. Et tous les trois.

  • Speaker #0

    Oui, lui, c'est un petit... Écoute, maintenant, il s'appelle César, mais c'est un petit guerrier. Oui, c'est ça. Ça l'a forcément marqué. En plus, je ne sais pas les détails, mais il avait dû être opéré dans un autre hôpital plus tard. Ce n'est pas assez simple. Oui,

  • Speaker #1

    j'imagine.

  • Speaker #0

    Mais il est sorti de l'hôpital mi-octobre, alors qu'il devait naître mi-novembre. D'accord. Attends, je dis... Août, septembre, octobre... Non, presque trois mois. Pas deux mois et demi, trois mois pratiques.

  • Speaker #1

    Il a dû se faire opérer quand il était encore en couveuse Non,

  • Speaker #0

    après on a dû aller à l'hôpital Trousseau pour une opération par la suite. C'était un reparti, ce n'était pas évident de repartir dans un autre service de néonate. C'était le process en fait. Mais bon écoute, c'est un petit guerrier.

  • Speaker #1

    Un beau petit guerrier, super parent.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas s'ils sont super, mais en tout cas, les parents qui essayent de faire le mieux.

  • Speaker #1

    En tout cas, tout ce que vous avez pu traverser en étant aussi unis.

  • Speaker #0

    Oui, évidemment, ça aide vachement d'être unis. J'ai eu la chance qu'on soit très unis et ça m'a beaucoup aidée. Moi, j'étais un peu ramassée à la petite cuillère.

  • Speaker #1

    J'imagine. Je ne peux même pas dire j'imagine.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a du temps qui a passé, donc j'en parle avec plus de recul. Mais c'est vrai que je trouvais que le monde était bien injuste.

  • Speaker #1

    Tu m'étonnes. Je pense qu'il y a de plus terrible.

  • Speaker #0

    Après, on sait bien qu'on a tous la vie et n'est pas rose et linéaire pour tout le monde. Donc, chacun a ses tempêtes. Et puis, l'important, c'est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. ça reste le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas.

  • Speaker #1

    Complètement. Ça fait un beau lien pour si tu avais un conseil, ou plusieurs conseils à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas forcément ni son phare, ni son arc-en-ciel.

  • Speaker #0

    Bon, je ne suis pas grand-chose pour donner un conseil. Je ne sais pas, se dire que... Il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps, que j'aime beaucoup écouter, parce que c'est une chanson en allemand qui dit Es fiel, vieler gut ça veut dire ça va aller mieux Elle est très jolie cette chanson, je l'ai découverte cette année dans un film, je n'arrête pas d'écouter. Et en gros, ça veut dire que la tempête va finir par passer et qu'on fait tout. toujours de notre mieux. Moi, maintenant, je perds peut-être moins de temps à regarder le passé, à regretter, à culpabiliser en me disant j'ai fait de mon mieux. C'est-à-dire qu'on fait toujours de son mieux et qu'il ne faut pas trop se mettre en cause parce qu'il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. On n'est pas coupable ni responsable de tout. Mais partir avec cette pensée que forcément les choses vont aller mieux, on va en sortir de cette tempête et qu'on fait de notre mieux, ça aide aussi.

  • Speaker #1

    On se crée un peu notre phare, comme ça.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Et que, après la pluie et le beau temps, c'est peut-être un peu banal, mais les choses vont finir toujours par s'apaiser avec le temps, c'est sûr. Et on trouve toujours des solutions en nous pour traverser ça. Après, c'est sûr que moi, j'ai trouvé ça plus facile d'être entourée, d'avoir Vincent avec moi. de nous sentir unis. Mais après, chaque chemin est différent, chaque chemin est particulier. Et finalement, on n'est pas grand-chose dans ce monde. Voilà. Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et quel est ton mantra préféré

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si j'ai un mantra. Quand j'étais jeune, j'avais vraiment ce truc dans la tête. Là où il y a la volonté, il y a le chemin, tu sais. En anglais, il y a where there is the will, there is the way Mais j'en suis un peu revenue parce que ça me rendait plutôt malheureuse. Finalement, je me suis dit qu'on n'est pas tout puissant.

  • Speaker #1

    Oui, par rapport à ce que tu disais sur on ne contrôle pas tout Oui,

  • Speaker #0

    moi, le fait, je ne sais pas si j'en parlais tout à l'heure, mais l'acceptation, c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps et qui m'aide beaucoup. Un de mes mantras, c'est la phrase tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien Ça m'aide parfois à relativiser les choses et à avancer, à prendre les choses peut-être avec plus de recul, avec moins de sérieux. Moi, je suis quelqu'un d'assez… Je me bats, tu vois, le mantra initial. Je ne sais pas si on peut parler de mantra que j'avais quand j'étais jeune. J'avance, je fais les choses, je me bouge, mais au bout d'un moment… On ne peut pas tout contrôler. Non. Ça, c'est un peu une chose que j'ai appris avec le temps, avec la vie. Et de se ramener à ça, finalement, on ne sait pas grand-chose, mais on avance. Oui, c'est ça. Le mieux qu'on peut et avec le plus d'amour possible, en fait. Donc, voilà. Après, c'est vrai que je ne suis pas forcément une personne avec des mantras tous les jours, mais peut-être que c'est une chose que je devrais faire. Là, en ce moment, je suis sur pas mal de projets, donc je suis un peu à 100 valeurs.

  • Speaker #1

    Oui, si, si, mais ça en fait plusieurs. Mais c'est intéressant, je trouve, sur le contrôle, d'accepter avec le temps le fait qu'on est moins de contrôle. Je pense que ça enlève aussi, je ne sais pas comment dire, un poids.

  • Speaker #0

    Oui, ça m'a pris beaucoup de temps, je l'avoue. Et puis, je pense qu'on me le disait beaucoup autour de moi, mais il faut aussi le temps de l'admettre, de l'accepter, de le comprendre, pas que dans sa tête, mais dans son corps. Ce qui n'empêche pas qu'on peut vouloir quelque chose à fond et tout mettre en place. Ça donne ça. ça donne des fruits, mais voilà, il y a des choses qui sont malheureusement hors de notre contrôle. Et je sais que, par exemple, quand j'étais à l'hôpital, c'était très difficile parce que nous, on passait notre temps à poser des questions aux médecins. Dans combien de temps il va sortir Il y a combien de pourcentages de change Peut-être pas aussi précise, mais qu'est-ce qui va se passer avec la méningite Et on nous répondait, la médecine n'est pas une science exacte. Et moi, je ne supportais pas cette phrase, en fait. J'avais envie d'avoir des réponses précises. Demain, il peut exagérer, mais il pèdera tant. Et ça a été très difficile. Et puis, au bout d'un moment, c'est d'accepter aussi ça. Les choses, elles ne se contrôlent pas. On ne sait pas grand-chose. On avance comme on peut. Ça peut être difficile au quotidien, mais c'est comme ça, en fait. Peut-être que les épreuves, elles t'aident aussi à comprendre ça. Et du coup, peut-être... être plus indulgent avec soi-même, plus indulgent avec les autres aussi. Et aussi, quand il y a une petite tempête qui passe, tu sais, c'est comme le surfeur qui prend la vague. Si tu as les jambes pliées et que tu es dans une attitude d'acceptation, de souplesse, tu la prends beaucoup plus facilement que si tu es tout tendu, tout trop volontaire, à vouloir absolument. Et l'attitude avec laquelle on va prendre les choses va vachement aider aussi. Et peut-être que moi, à l'époque, j'ai eu Je pense que j'ai avancé là-dessus et je prendrais peut-être, si ça me réarrivait, des choses avec plus de souplesse. Après, au final, tout va bien, mais c'est aussi de prendre les choses un peu plus comme elles viennent, de voir le verre à moitié plein plutôt que vide. Nous, c'est ce qu'on a quand même beaucoup fait en se disant qu'on a beaucoup de chance. Ça, ça nous a beaucoup aidé de ne pas rester trop dans... le deuil non plus, mais même si, bien sûr, notre fille... Ça, c'est un sujet qui est aussi important. On en a très vite parlé à notre fils. Il est au courant. Il a été sur sa tombe. On n'avait pas envie de le cacher parce que je pense que les secrets de famille, ça peut créer plus de problèmes que la chose en elle-même. Mais voilà, on a voulu se concentrer sur la vie, etc. Même si Louis est toujours présente, mais tu vois, pas dans un truc forcément noir ou négatif parce qu'on n'avait pas envie de ça. Je ne sais plus ce que je disais. Mais je ne sais plus, je ne sais plus. Bref.

  • Speaker #1

    Non, mais que oui, vous avez de voir le verre à moitié plein et que vous, c'est plutôt ce que vous avez fait.

  • Speaker #0

    Oui, je ne dis pas qu'on y arrive pas. Je ne suis pas forcément exemplaire.

  • Speaker #1

    Non, mais d'essayer d'être là-dedans et de se dire qu'on ne maîtrise pas tout.

  • Speaker #0

    Et puis parfois, le fait, c'est sûr que le fait d'avoir vécu des tempêtes te rend... Voilà, moi, je pense que le fait d'avoir perdu ma mère jeune, ça m'a rendu... être plus angoissée sur certaines choses. Maintenant, je l'accepte. Je ne l'acceptais pas avant. C'est comme ça, rien à voir. Mais j'ai eu un accident de voiture assez impressionnant. Quand j'avais 20 ans, j'ai encore des stress en voiture. Les choses ne partent pas complètement de notre corps. Donc, on n'est pas ça. Et ça aussi, moi, j'ai fini par l'accepter.

  • Speaker #1

    Oui, que ça fait partie de nous, en fait, les tempêtes. Ça fait partie des choses qu'on ne fait pas.

  • Speaker #0

    Il reste des marques dans le corps aussi, pas que dans le mental. Mais de l'accepter, ça rend les choses plus faciles, plus coulantes. Plutôt que de se dire, j'aimerais que ça parte. Non, en fait, ça fait pas trop.

  • Speaker #1

    Comme tu dis, c'était intéressant par rapport au surfeur sur la vague, se dire, oui, le côté doron,

  • Speaker #0

    d'être plus souple.

  • Speaker #1

    Et préaccueillir les choses, qu'elles soient positives ou négatives, et les tempêtes, et de se dire...

  • Speaker #0

    Et qu'il y en aura forcément.

  • Speaker #1

    Il y en aura, c'est comme... Oui, c'est ce qu'on me dit d'ailleurs souvent sur ce podcast, et je trouve ça intéressant, c'est qu'il y a des tempêtes. Toi, c'est vrai que tu en as déjà eu beaucoup, donc je pense qu'on peut laisser Amélie tranquille, s'il vous plaît, maintenant. Oui, mais bon, t'es apprise.

  • Speaker #0

    C'est marrant, j'avais cette croyance un peu inconsciente quand j'étais jeune, que j'avais cette immunité, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, mais je comprends en même temps ce que t'avais déjà eu des choses telles. de dire à un moment, ça va, en fait, je vais...

  • Speaker #0

    Après, terrible, tout est relatif. Parce que si tu veux, oui, de perdre sa mère à 14 ans, quand on est en France, dans les années où j'étais au collège-lycée, ce n'était pas commun. Mais après, tu es allée voyager en Afrique. Quand je disais ça, il y avait plein de gens qui avaient... Enfin, voilà, c'est une question aussi d'où on se trouve.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais c'est sûr qu'en France, ça va être tout un souci. Enfin, ce qui est normal, mais on va en faire beaucoup plus cas que dans certains pays où la mort est peut-être plus fréquente. Mais oui, ça, je ne crois plus ça.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la vie est comme ça. Après, je pense que ces tempêtes nous apprennent beaucoup et tout. Oui,

  • Speaker #0

    je pense qu'effectivement, il y a cette phrase, tout ce qui ne tue pas en plus fort. Je ne sais pas si c'est ma devise, mais en tout cas, c'est sûr que ça te... Ça te renforce Est-ce que ça nous enrichit Oui, ça nous renforce d'une certaine manière. Ça nous rend peut-être plus souples pour l'avenir, pour les choses. Mais bon, ça n'empêche pas que c'est toujours difficile d'être dans des pans de tempête. Et que ça reste des moments qui ne vont pas forcément être agréables à traverser. Avec du recul, c'est beaucoup plus facile d'en parler.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, et puis c'est vrai que, tu vois, je te parlais tout à l'heure des infirmières, de Vincent, de ma famille, de mon entourage. Moi, ça a été tellement important pour moi, tous ces gens autour.

  • Speaker #1

    Évidemment, c'était une force.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que tout seul, je n'aurais pas réussi à traverser ça.

  • Speaker #1

    Et est-ce qu'il y a un livre qui a changé ta vie Il peut être associé à ta tempête, ça peut être un autre moment. Parfois, c'est la première lecture.

  • Speaker #0

    Des livres qui m'ont marquée, il y en a plein.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas s'il y en a un ou peut-être auquel tu repenses à différents moments de ta vie.

  • Speaker #0

    Il y a un livre qui m'a beaucoup marquée, c'était 24 heures de la vie d'une femme de Stephen Sveig. Alors, ce n'est pas spécialement lié à ce que j'ai vécu. Je me souviens quand je l'ai lu. Il se trouve que là, en plus, je le joue au théâtre dans une petite compagnie.

  • Speaker #1

    Ah, super

  • Speaker #0

    Mais je ne pense pas que c'est un livre qui ait changé ma vie, mais qui m'a beaucoup marquée. Et là, je repense à cette phrase de fin, parce que cette femme qui tombe éperdument amoureuse de ce jeune homme qu'elle pense pouvoir, entre guillemets, soigner de son addiction au jeu, et ça ne marche pas. Et finalement, à la fin... Elle dit, quand j'ai appris qu'il est mort, je ne sourcillais même plus. Elle est passée à autre chose. Donc, il y a quand même un truc. Et elle a été, voilà, ces 24 heures ont à la fois changé sa vie, mais finalement, au bout d'un moment, elle est passée à autre chose. Et dans la vie, parfois, il faut passer à autre chose aussi. Même si c'est évidemment très triste qu'il soit mort de cette addiction. Je sais que ce livre, comme je pense pas mal de gens...

  • Speaker #1

    Je pense qu'il a marqué. Oui,

  • Speaker #0

    il a pas mal marqué. Il y a sûrement d'autres livres,

  • Speaker #1

    mais là,

  • Speaker #0

    comme je suis en plein...

  • Speaker #1

    Non, mais il y a une bibliothèque, tu vois, il y a la playlist, mais après on va passer à la musique, mais il y a la bibliothèque aussi, donc régulièrement je donne un peu les tips livres, ça donne des idées.

  • Speaker #0

    Il y a bien sûr d'autres livres, mais...

  • Speaker #1

    Non, mais c'est bien, on ne l'avait pas encore en plus. Donc c'est parfait, directement la bibliothèque du podcast. Il faut que je fasse une bibliothèque maintenant. Et ensuite, la musique qui te donne la pêche. Alors qui rejoindra la playlist sur Spotify son plus grand succès.

  • Speaker #0

    Il y a la chanson dont je te parlais tout à l'heure. J'écoute pas forcément beaucoup de chansons en allemand, mais pour ceux qui ont l'occasion, je l'ai découverte dans un film qui s'appelle Unamore de... Attends, je vais te redire. C'est une réalisatrice espagnole qui s'appelle Isabelle. Qui s'appelle Isabelle Coixet.

  • Speaker #1

    Ah oui, j'aime beaucoup. Voilà.

  • Speaker #0

    Et c'est son dernier film. J'ai adoré cette chanson.

  • Speaker #1

    Attends, tu peux nous redire le titre.

  • Speaker #0

    Alors attends, je vais te redire le... Sinon, moi, vraiment, j'adore écouter de la musique. Quand je ne suis pas très bien, j'écoute de la musique.

  • Speaker #1

    C'est un bon remède. Oui,

  • Speaker #0

    c'est un bon remède d'écouter des éclectiques. J'adore. Enfin, je peux écouter aussi bien du reggae, du ragamuffin, du Chopin, d'un musique traditionnelle française. J'adore. Donc ça, je pourrais t'en citer plein. Mais c'est vrai que... Alors, je vais te dire exactement...

  • Speaker #1

    C'est très éclectique, la liste. La plus liste.

  • Speaker #0

    la playlist elle est très éclectique et ça s'appelle Max Rabeu Palast Orchestra Es wird wieder gut bon moi je parle allemand vu que je suis alsacienne mais c'est une chanson je trouve qui est assez en lien avec avec ce dont on parle pas un inflo des tempêtes de la vie et j'adore les sonorités je sais pas moi elle me fait du bien elle va rejoindre la plis donc après on a beaucoup beaucoup je crois que mon petit kiff c'est

  • Speaker #1

    parfois je suis jamais aussi bien que quand je suis dans mon canapé à écouter de la musique mais oui ça fait du bien je me rends compte que je le fais plus assez que je suis moins souvent seule mais ça fait tellement de bien la musique et c'est pour ça parfois même je me dis tiens j'ai créé cette playlist il faudrait que je l'écoute plus au réveil parce

  • Speaker #0

    que c'était le but au réveil ou dans les moments où ça peut nous faire du bien voilà mais après on va chanter mille tu vois ça c'est plus une chanson en lien avec ce dont on parle aujourd'hui

  • Speaker #1

    Et quelle est ta vision du bonheur aujourd'hui

  • Speaker #0

    Ah ah Je pense que le bonheur aujourd'hui, il est à la fois dans les petits moments de vie, dans mon cas, c'est des petits moments en famille. Ça peut être, je ne sais pas, maintenant notre fils a 13 ans, des moments où on écoute de la musique, on se fait des blind tests, des moments très simples. C'est vraiment ces moments. Un peu unique, où on rigole ensemble. Puis après, il y a les moments de bonheur aussi qui sont liés, personnellement, au projet que je vais réussir à mettre en place. Là, c'est plus lié aux professionnels. Pas cette année, mais l'été dernier, je suis allée tourner à Budapest dans une grande série israélo-anglaise. Jamais j'aurais pu penser vivre une expérience pareille. C'était extraordinaire. C'était incroyable. J'étais hyper heureuse. Moi qui, au départ, n'ai aucun comédien dans ma famille, ne viens pas du tout d'un milieu artistique. C'était un rêve. C'est quelque chose dont je n'avais même pas rêvé qui se réalisait. Donc, c'était assez incroyable. C'était un petit moment de bonheur. Et là, le film qu'on va faire avec Marion Chrisman, que je prépare en ce moment, c'est hyper excitant en ce moment. Je ne sais pas si c'est du bonheur, mais c'est très...

  • Speaker #1

    Ah bah oui, c'est galvanisant.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, ça a été... Je n'en ai pas parlé tout à l'heure. Ça a pu être aussi... Est-ce que c'est un arc-en-ciel ou un phare Je ne sais pas. Mais un moyen aussi de mettre un petit pansement. Je ne sais pas si c'est un moyen de mettre un pansement, mais d'aller au-delà de ça, pour moi, ça a été la création. Et quand on a fait notre... C'était un film de Micone, un film très court, qui s'appelait Poussière d'étoiles, qui parlait du deuil. Moi, et notre film, on parlait d'une certaine manière, même si je ne veux pas trop en parler auparavant. C'est aussi un moyen, en fait, de... de parler de ce qui nous arrive ou de ces tempêtes, sans forcément tomber dans un pathos ou dans un truc où personne n'a envie d'être victimisé non plus, qu'on est là, ça ne va pas et tout. C'est quelque chose d'assez important pour moi et qui m'apporte aussi du bonheur de Dieu, d'une certaine manière. C'est un peu des différentes sortes de bonheur, mais des moments très très simples en famille ou même toute seule avec de la musique. C'est aussi des moments de bonheur, en fait. C'est à des petits endroits, à des petits moments. Ce n'est pas tout le temps, bien évidemment. Mais d'accepter que ça puisse être très simple, c'est chouette.

  • Speaker #1

    Oui, c'est important.

  • Speaker #0

    Voilà. Top.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et prends soin de toi.

  • Speaker #0

    Toi aussi, merci. Merci.

  • Speaker #1

    Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note 5 sur 5 sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyons vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.

Description

🌈 Aujourd'hui je reçois Amélie Prévot. Amélie est comédienne. Elle est la maman d’un petit garçon, César, qui a 13 ans et est toujours en couple avec le papa.


☔ Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu’elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s’ouvrir - un coup dur pour l’hyper-active qu’elle est avec plein de projets. Elle accouche très en avance à 5 mois et demi. Son fils fait 2 mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de 4 jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital où ils viennent tous les jours pendant 2 mois et demi, l’annonce du diagnostic de méningite de son fils avec une chance sur 2 qu'il soit normal, les questions sans réponses face aux médecins..Elle le dit, ça a été très dur.

Ce qui l’a aidée : avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui, les infirmiers/infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seule.


☔ Son arc-en-ciel, c’est son fils : “On est toujours resté sur le positif, nous dit Amélie. Elle ajoute qu’à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébés ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c’est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle, c’est un petit guerrier.


🩵Son conseil : “La vie n’est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L’important, c’est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. C'est le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu’on ne maîtrise pas”.


Amélie Prévot - “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”


Bonne écoute!


TW - Attention, cet épisode est plein de la lumière, de la pudeur et de la positivité d'Amélie à travers sa tempête mais il aborde le sujet difficile du deuil périnatal. À écouter dans les meilleures conditions.


✍️ Si vous aimez le podcast et voulez me soutenir : prenez une minute pour mettre une super note 5/5 sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous suivez les épisodes. Et envoyez le lien à vos proches, vos collègues, toute personne qu'il pourrait inspirer ou aider. Merci à tous! 💟






Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteure. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle. qui s'appelle K, surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves.

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Aujourd'hui, je reçois Amélie Prévost. Amélie est comédienne. Elle est la maman d'un petit garçon, César, qui a 13 ans, et est toujours en couple avec le papa. Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu'elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s'ouvrir. Un coup dur pour l'hyperactif qu'elle est, avec plein de projets. Elle accouche très en avance, à 5 mois et demi. Son fils fait deux mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de quatre jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où ils viennent tous les jours pendant deux mois et demi, l'annonce du diagnostic de méningite de son fils, avec une chance sur deux qu'elle soit normale. Les questions sans réponse face au médecin, elle le dit, ça a été très dur. Ce qui l'a aidé Avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui. Des infirmiers et infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seul. Son arc-en-ciel, c'est son fils. On est toujours resté sur le positif nous dit Amélie. Elle ajoute qu'à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébé ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, Ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance, car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c'est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle. C'est un petit guerrier. Son conseil La vie n'est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L'important, c'est de continuer à avancer et être dans l'amour. C'est le plus important, parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas. Amélie Prévost. Tout ce que je sais... C'est que je ne sais rien.

  • Speaker #0

    Bonjour Amélie.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Merci d'être avec moi.

  • Speaker #2

    Avec plaisir, je t'en prie.

  • Speaker #0

    Alors Amélie, est-ce que pour commencer, je peux te demander de te présenter

  • Speaker #2

    Oui, je m'appelle Amélie Prévost, je suis maman d'un petit garçon qui s'appelle César, qui a 13 ans et je suis toujours en couple avec son papa et je suis comédienne. Ok.

  • Speaker #0

    Alors, avant de parler de ta tempête, on va aller un petit peu dans l'enfance. Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais quand t'étais enfant

  • Speaker #2

    Ah Alors, je sais que je détestais les poupées Barbie. J'avais horreur de tout. J'aimais pas du tout les trucs trop féminins et tout. Moi, c'était plutôt... Je jouais beaucoup au Lego, au Playmobil. Je jouais beaucoup dehors. Je faisais des cabanes parce que je viens d'Alsace, une petite ville. Et on était beaucoup, beaucoup dehors. Et j'ai, juste après moi... J'ai six frères et sœurs, donc j'ai une famille nombreuse. Et juste après moi, j'ai deux frères. Et donc voilà, on jouait beaucoup ensemble. Et c'était plutôt des jeux, ni filles ni garçons, des jeux auxquels on peut jouer tous ensemble.

  • Speaker #0

    Il y avait déjà des histoires. Les gens ne voient pas toujours le lien avec l'enfance, mais on voit après.

  • Speaker #2

    Oui, peut-être. Mais en tout cas, je me souviens qu'on m'offrait des Barbies. Je n'avais pas courant de faire ces trucs-là. Je n'aimais pas du tout.

  • Speaker #0

    Tu n'es pas la team Barbie. Il y en a bien les deux.

  • Speaker #2

    J'ai finalement regardé le film cette année, mais au départ, ça ne va pas.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une évidence.

  • Speaker #2

    Ce n'est pas une évidence, mais je ne sais pas pourquoi. Bref, si je sais, je n'aimais pas mettre des jupes. Il y avait un truc en rapport avec ça, peut-être.

  • Speaker #0

    C'était moins pratique pour construire les maisons dehors.

  • Speaker #2

    Voilà, exactement. Non, c'était plutôt vélo, ping-pong, je cours, ce genre de trucs.

  • Speaker #0

    Donc le short, c'est mieux.

  • Speaker #2

    Exactement.

  • Speaker #0

    Le confort.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu te rappelles à quoi tu rêvais quand tu étais enfant

  • Speaker #2

    Tu veux dire...

  • Speaker #0

    Est-ce que tu rêvais, alors ça peut être, est-ce que tu rêvais pour plus tard Je sais qu'à un moment donné,

  • Speaker #2

    mais c'était très banal, je rêvais d'avoir quatre enfants que je puisse mettre dans une Renault Espace. C'était mon...

  • Speaker #0

    C'est pas mal ça.

  • Speaker #2

    Ce que je n'ai pas du tout, mais je ne sais pas pourquoi il y avait. Bon, après, c'était l'époque de la Renaud Espace, c'était tout nouveau, donc je ne suis pas toute jeune. Mais il y avait ce truc, je ne sais pas, c'est un peu la famille parfaite. Ce n'est pas du tout ce que je suis devenue, mais c'était, on va dire, un de mes souhaits pour plus tard. Après, le reste, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes rêves. Je voulais être chimiste au départ et faire plein de potions, pharmacienne, mélanger des produits, des couleurs. Mais ça, c'était plus sur les métiers, tu vois. Oui, un petit peu la création.

  • Speaker #0

    Un petit peu la création, c'est vrai.

  • Speaker #2

    On est sur l'aventure et la création.

  • Speaker #0

    C'était pas mal.

  • Speaker #2

    Enfin là, je parle de quand j'étais vraiment enfant. Après, des rêves, j'en ai eu plus tard. Enfin, des rêves plus conscients, mais c'est un peu mes souvenirs.

  • Speaker #0

    Écoute, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce que tu peux nous dire sur ta tempête

  • Speaker #2

    Tu veux dire que je te dise de quoi il s'agit Oui. En gros. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    La tempête dont je viens de parler aujourd'hui, c'est qu'il y a 13 ans, je suis tombée enceinte. Moi, j'ai eu du mal à tomber enceinte, donc j'ai fait des injections.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Des injections d'hormones. Et ça a marché. Et je suis tombée enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Et comme ça arrive parfois, mais bon, moi, je n'étais pas très au courant à l'époque, j'ai accouché très en avance. J'ai accouché à 5 mois et demi ou 26 semaines plus 4 pour les femmes qui connaissent un petit peu plus ça de près. Mon fils, enfin notre fils avec Vincent a fait 2 mois et demi de couveuse et on a perdu notre fille au bout de 4 jours. Donc ça a été une épreuve... Une épreuve à laquelle on ne s'attendait pas, qu'on a traversée et qui forcément nous a marqués tous les deux, tous les trois. Voilà.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était un long parcours. Ça a été long ton parcours avant de

  • Speaker #2

    FIV Je n'ai pas fait de FIV en fait. Non,

  • Speaker #0

    pardon.

  • Speaker #2

    Moi, je suis tombée enceinte à 35 ans. En fait, une fois que ça arrive, ça paraît plus court, mais en gros, il y a tout un moment où, en l'occurrence, si tu veux rentrer dans les détails, je n'avais pas d'ovulation, donc on m'a donné des médicaments pour stimuler, qui s'appellent du Faston, du Clomid, ça ne venait pas. J'ai dû faire un suivi psy parce que ça peut débloquer des choses dans la tête. Et ma gynéco était hyper pessimiste, elle me disait que je ne tomberais jamais enceinte, donc ça, c'était vraiment très motivant. C'est fou quand même.

  • Speaker #0

    Les médecins, la psychologie, merci.

  • Speaker #2

    Et donc, en fait, dès que j'ai essayé l'épicure, ça a marché au bout de deux mois, très rapidement. Et je suis tombée enceinte le jour de la Saint-Valentin. Parce que du coup, on peut savoir précisément quand est-ce qu'on tombe enceinte. Et ça ne m'a pas paru si long que ça, mais je ne sais pas, trois ans. Mais à l'époque, en vrai... Comme tu vois, moi, j'étais jeune comédienne. C'était quelque chose dans lequel je m'étais vachement investie. Alors, ça faisait déjà un moment. J'ai fait mon école vers 23 ans, 24 ans. Mais, comment dire, ça ne faisait pas 15 ans que je voulais être enceinte. Donc, j'avais très envie d'avoir un enfant. Mais il y avait aussi le truc, bon, il ne faut pas tarder parce que sinon, je vais être trop vieille après, etc. Donc, je n'étais pas tous les jours en train de me reprendre. Après, ça change tout parce que c'est quand même un échec en tant que femme. Quand tu as envie d'avoir des enfants, de ne pas y arriver, c'est quelque chose qui... qui est pesant, qui est déprimant. Et ça, ça ouvre tout. Moi, je sais qu'à partir du moment où je suis tombée enceinte, les gens me le disaient, j'étais solaire, j'avais l'air resplendissante. Enfin, tu vois, il y a un truc qui s'ouvre. On n'est pas dans le situation d'échec où on n'y arrive pas. Et avec du recul, je pense que ça semble beaucoup plus court que ce qu'on a vécu en vrai. Ou quand on se dit pas que ça va marcher, ou on se dit qu'il va falloir que j'adopte ou que je fasse une fille. Enfin, je ne sais pas si on en était encore là, mais c'est vrai que je n'étais pas du tout partie au départ pour que ça marche. J'avais été très peu briefée, donc je ne savais pas qu'il y avait un risque. En tout cas, qu'il y avait... Pas mal de grossesses gémellaires suite à des stimulations. Et voilà, mais ça n'a pas duré dix ans. D'accord. Donc voilà.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce qu'on gère sur, bien sûr, ce que tu souhaites partager avec nous J'imagine ce qui est... Je ne sais pas si tu peux nous parler un petit peu de ce temps après l'accouchement. Donc tu te retrouves... Oui. D'avoir le bébé de... En fait,

  • Speaker #2

    tout l'avant est très particulier. Parce que si tu veux, moi, je suis tombée enceinte. Au bout de... Je ne sais plus au bout de combien de mois. Donc, on fait une échographie. Donc, on sait que c'est des jumeaux. Puis après, on me dit que c'est un petit garçon et une petite fille. Donc, j'étais hyper heureuse. C'était genre le truc parfait. Et en parallèle, on devait partir tourner un film en Roumanie avec mon compagnon Vincent, qui est réalisateur. Dans lequel j'avais le rôle principal. Et je m'étais vraiment... On s'est beaucoup investi. On avait... collecté pas mal d'argent via du crowdfunding. C'était vraiment notre bébé. Un bébé qui, à l'époque, était plus présent que moi, les bébés que j'avais. Et quand j'étais enceinte de trois mois et demi, vraiment, j'avais la pêche. Je faisais encore un peu de danse. Je faisais des tournages. Je vais à ma première consultation à la maternité. Je devais accoucher au Diakonès. D'accord. Et pour l'inscription, ça s'appelle la première consultation. Et là, ils me font une échographie et une échographie du col de l'utérus. Et là, on me dit, vous n'allez pas pouvoir rentrer chez vous. Et moi, je ne comprenais rien. Je me disais, qu'est-ce qui se passe et tout C'est quoi ce truc Mais attendez, moi, je pars tourner dans un mois. Non, mais écoutez, votre col a commencé à s'ouvrir. En plus, moi, c'était du charabia pour moi. Si tu veux, c'était ma première grosse neige.

  • Speaker #0

    J'imagine, puis on n'est pas du tout briefés.

  • Speaker #2

    Non, et puis ma mère a eu sept enfants comme ça. C'est hyper facilement. Donc, pour moi, une fois que tu avais passé le stade de la fausse couche et des nausées et tout, c'était bon, quoi. Pour moi, c'était ça y est.

  • Speaker #0

    Oui, tu avais passé le premier mois.

  • Speaker #2

    Donc là, ils me disent, voilà, votre col a commencé à s'ouvrir. Il faut qu'on vous fasse ce qui s'appelle un cerclage, c'est-à-dire qu'on te met une petite ficelle autour du col de l'utérus, comme si on fermait une bourse, pour que les enfants ne sortent pas. D'accord. Vous allez devoir rester une semaine à l'hôpital. Et après, donc là, ça a été vraiment... Je tombais d'un précipit. de pisse, vous allez devoir rester alité jusqu'à la fin de votre grossesse. Donc moi, vraiment, ça a été extrêmement difficile. J'étais encore... Enfin voilà, j'avais plein de projets en tant que comédienne, je voyais tout qui s'effondrait. Je me disais, mais enfin... Et c'est vrai, c'est un peu bizarre de dire ça maintenant, mais à l'époque, le projet de film, il était plus concret que les bébés que j'avais dans mon ventre. Voilà, c'était trois mois et demi de grossesse. Bon, du coup... Du coup, ça a été extrêmement difficile. Je passe cette semaine, on fait ce cerclage et je rentre chez moi. Je dois être alitée, c'est-à-dire, en gros, je dois être allongée le plus souvent possible sur mon canapé ou sur mon lit. Ce qui était un peu absurde, c'est qu'on me disait toujours écoutez votre corps. Mais moi, mon corps ne me disait rien. En fait, moi, j'étais en pleine forme. J'aurais pu aller courir. Et du coup, ce n'est pas comme quand tu te fais une tendinite. te casses le pied ou tu as mal ou tu ne peux pas marcher. Là, en fait, rien ne me disait que je ne pouvais pas me lever. Donc, c'était que mon cerveau qui devait dire non, non, il faut rester couché.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et c'était hyper dur. Moi, j'avais envie de faire ci, de faire ça. Finalement, mon compagnon a décidé de ne pas aller faire le tournage. Moi, je lui avais dit, mec, pour sa carrière, ça serait peut-être mieux. Mais bon, heureusement, parce que je ne sais pas comment j'aurais fait, en fait, ne serait-ce que pour l'exemple.

  • Speaker #0

    C'est tout.

  • Speaker #2

    Je ne peux rien faire.

  • Speaker #0

    Je ne peux rien porter, pour qu'on comprenne. Tu dois être allongée trois quarts du temps et tu peux rien porter.

  • Speaker #2

    Je peux prendre ma douche debout le moins possible. Heureusement, je n'avais pas d'enfants. Parce qu'il y a des femmes à qui ça arrive qui ont des enfants en bas âge aussi. C'est très difficile. On me disait surtout n'y pensez pas. Mais moi, qu'est-ce que tu voulais que je pense à toi pendant la journée à part ça J'étais dans mon lit ou sur mon canapé. Je lisais, je commençais à regarder des films. C'est... Avec du recul, c'est facile d'en parler, mais sur le moment, je faisais énormément de sport, je faisais beaucoup de la danse trois fois par semaine, j'étais un peu hyperactive. Et tout s'arrête, tu vois, du jour au lendemain. Je me disais, mais comment je vais faire pour ma carrière Mon compagnon me rassure en me disant, mais de toute façon, personne ne se connaît. J'étais là, bon.

  • Speaker #0

    Oui, d'accord.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort avec du recul.

  • Speaker #0

    Sur le coup, c'était peut-être parce que tu voulais entendre.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort. Bref. En plus, je me souviens que quand j'étais pendant ma semaine d'hospitalisation au Diakonès, c'est là, je venais de faire un atelier avec des directeurs de casting. Pour la première fois, on me rappelait, j'étais sur le lit d'hôpital. Et là, je dis, je suis enceinte, je ne dis pas que je suis hospitalisée. Mais non, ça n'ira pas pour le casting. Parce qu'avec des jumeaux, j'avais déjà un ventre. Oui,

  • Speaker #0

    j'imagine.

  • Speaker #2

    J'en avais un gros, même à trois mois et demi. Bref. Et donc, voilà, je suis allitée chez moi, sur mon canapé, sur mon lit. Et je devais quand même de temps en temps aller faire des examens médicaux. Et à 4 mois et demi de grossesse, je vais faire une échographie du col dans un salon de radiologie pas très loin de chez moi. de contrôle. Et là, ils me disent Oh là là, mais ça, c'est encore aggravé. Vous ne pouvez pas rester chez vous. Et du coup, j'ai dû aller en urgence à l'hôpital de Port-Royal, qui est une maternité de niveau 3, contrairement au Diaconès, qui est une maternité de niveau 2. Donc, je ne pouvais plus rester là où je devais accoucher. Parce que c'est trop dangereux. Vous pouvez accoucher n'importe quand et il faut qu'il y ait un service de néonatologie juste à côté de là où vous allez être. Donc là, je me suis retrouvée à Port-Royal, hospitalisée. Au départ, c'était un peu difficile parce que j'étais dans un... Dans une chambre à deux où il y avait... Elle n'est pas toute seule. Au début, non. Et puis, j'avais d'autres femmes qui avaient des problèmes divers et variés de grossesse, que ce soit de l'éclampsie, des choses comme ça. Ça avait été très dur parce que la première personne avec qui j'ai partagé ma chambre, elle était tellement mal qu'en fait, elle ne me parlait jamais. On avait un petit rideau pour nous séparer.

  • Speaker #0

    C'était un moment de solidarité.

  • Speaker #2

    En fait, c'était hyper dur pour moi de ne pas pouvoir échanger avec elle. Et après, il y a eu une jeune de 19 ans qui est arrivée et qui regardait que des trucs que je n'aimais pas trop à la télé. Mais ça m'a fait tellement de bien d'avoir quelqu'un avec qui je pouvais parler, échanger. Et c'était assez dur. Et puis finalement, comme moi, je suis restée longtemps, j'ai eu une chambre à moi toute seule.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et donc, comment ça s'est passé Le jour où j'ai accouché... Moi, c'était en plein mois d'août, donc il n'y avait pas beaucoup de médecins à l'hôpital, il n'y avait pas plein de gens en vacances. C'était une interne qui s'occupait du service. Le matin, elle me dit bon, ça commence à aller mieux, vous allez pouvoir rentrer chez vous à la fin de la semaine et tout Et puis, je me souviens que je commençais à avoir des douleurs dans la matinée et je demandais un médicament pour ces douleurs. Alors, c'était des contractions, mais moi, je ne le savais pas. D'accord. Parce que je n'en avais jamais eu.

  • Speaker #0

    C'est vrai qu'on ne le sait pas.

  • Speaker #2

    Et du coup, je me souviens, je leur dis un truc bizarre, puis les internes étaient en réunion. Bref. Et en fait, le soir, j'accouchais. Donc, ce n'était pas du tout prévu. Vincent, mon compagnon, était en tournage, donc il est revenu en urgence. Et alors, en fait, ce qui a été assez bizarre et douloureux, c'est que j'accouchais, mais je n'étais pas contente, en fait. Parce que je savais que c'était beaucoup trop tôt. Donc, en fait, normalement, quand tu accouches, même si pour une femme, c'est douloureux, etc., c'est un moment de joie.

  • Speaker #0

    Bien sûr, c'est un moment d'accueil.

  • Speaker #2

    Et en fait, c'est ce sentiment. J'accouche, mais je sais que ça va être compliqué, même si je n'y connaissais pas grand-chose. Mais si, parce qu'on nous a posé beaucoup de questions. En fait, quand on est arrivé à la maternité, on nous a posé plein de questions auxquelles on avait beaucoup de mal à répondre. À partir de quels termes vous voulez réanimer votre enfant 24, 26 semaines Je ne sais plus très bien les chiffres. Et nous, on ne savait pas trop, en fait. Oui,

  • Speaker #0

    tu m'étonnes.

  • Speaker #2

    On m'en est des conseils, on m'en est des statistiques. Parce qu'en France, je crois qu'à partir de 25 semaines... On peut réanimer les bébés qui ne respirent pas naturellement. D'accord,

  • Speaker #0

    ok.

  • Speaker #2

    Mais il y a des risques de séquelles, en fait. Et donc, plus tu réanimes les bébés tôt, plus il y a des risques de séquelles qui peuvent être de 30%, enfin des séquelles graves.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    ok. Et donc, toi, tu dois dire un terme à partir duquel tu veux qu'on réanime ton enfant. Et c'est un peu arbitraire.

  • Speaker #0

    Oui, parce que c'est ça. Et puis, j'imagine que façon les statistiques, parfois, il n'y a pas forcément de... Voilà,

  • Speaker #2

    donc nous, on avait décidé que c'était 26 semaines, mais avec des... J'ai accouché à 26 semaines plus 4, ça aurait été 3 jours avant. Alors, si le bébé avait respiré naturellement, mais ce qui est assez rare à ce terme, il serait peut-être resté en vie, mais sinon, voilà. Aux États-Unis, je crois que c'est plus tôt. Donc oui, c'était un peu, beaucoup de questions comme ça, mais effectivement, les soignants ne peuvent pas prendre les décisions à notre place. Mais toi,

  • Speaker #0

    tu n'es pas du tout arrêtée pour décider.

  • Speaker #2

    Ah non, mais moi, je n'étais pas du tout prête, j'ai accouché. J'avais jamais fait de cours de préparation à l'accouchement.

  • Speaker #0

    Bah oui, bien sûr. Les étapes que tu aurais dû avoir.

  • Speaker #2

    Ah oui, bon, ne parlons pas des prénoms, bien sûr, on ne les avait pas. Et j'étais... Je ne savais même pas ce que... La péridurale, je n'en avais pas du tout parlé, c'était beaucoup trop tôt. Donc, voilà, et puis après, ça a été la néonatologie. Pour moi, j'ai un peu vécu ça comme un monde parallèle. Oui, j'ai vu. Où, du coup, Du coup, on allait tous les jours pendant deux mois et demi. Parce qu'à partir de ce moment-là, j'ai dû quitter ma chambre.

  • Speaker #0

    Et tu ne savais pas comment ça... D'accord, donc à ce moment-là, tu quittes l'hôpital.

  • Speaker #2

    Oui, alors je ne sais pas si c'était... En tout cas, pour moi, je ne sais pas comment ça se passe pour d'autres personnes. Pour moi, comme c'était à Paris, du coup, oui, j'ai dû quitter ma chambre. Puisqu'il n'y avait plus de raison que je sois moi-même au hospitalité. D'accord.

  • Speaker #0

    Enfin, oui.

  • Speaker #2

    Oui, moi, en tout cas, je n'ai pas eu de soucis. J'ai accouché normalement, en fait. D'accord. Si tu veux, techniquement, j'ai accouché de mon fils d'abord et après, ils viennent chercher l'autre enfant avec la main, surtout qu'ils sont plus petits que si tu accouchais avec 9 mois. Donc, je n'ai eu aucun souci lors de mon accouchement. D'accord. Je n'ai pas eu de césarienne, je n'ai pas eu d'épisiotomie ou de choses comme ça. Et puis après, oui, donc direct, je rentre chez moi. Alors, c'est assez bizarre, tu rentres chez toi sans enfant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Déjà, tu es partie beaucoup trop tôt. Voilà. Et en plus, tu reviens.

  • Speaker #2

    Après, avec du recul, quand le monde s'est effondré et que je pensais être alitée jusqu'à la fin de ma grossesse, je me suis dit, ah, ça risque de s'arrêter. Avant, si j'avais su, ça aurait peut-être été plus simple. Parce qu'au final, j'ai été alitée que deux mois et pas autant que ce que je pensais.

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr, vous vous êtes arrêtée beaucoup plus.

  • Speaker #2

    Et donc...

  • Speaker #0

    Vous reveniez tous les jours.

  • Speaker #2

    On venait tous les jours et moi, je devais tirer mon lait aussi tout le temps, tout le temps. Parce qu'en fait, les grands prémats ne peuvent boire que du lait maternel. D'accord,

  • Speaker #0

    je ne savais pas.

  • Speaker #2

    Et au départ, ils ne peuvent pas boire le lait de leur mère parce qu'il y a un petit temps où le lait doit être analysé pour vérifier que tout va bien. Donc, c'est là qu'ils boivent du lait de lactarium. C'est pour ça que c'est assez important que les femmes fassent, si elles peuvent, des dons de lait, le lait maternel, ce que j'ai fait par la suite. Donc, moi, je suis rentrée avec mon tire-lait. Je découvrais ce que c'était. Vraiment, j'avais été briefée sur rien. Après, ça, ça prend vie. Donc, j'avais des seins énormes. Un tiers lait, ça ne pompe encore plus qu'un enfant. Ils avaient un petit frigidaire rempli de bouteilles de lait. Et au bout d'un moment, quand ils l'ont analysé et qu'ils ont vu que ça allait, ils ont nourri mon fils, ma fille, je ne sais pas si elle était encore en vie, avec mon lait. Mais ils ne peuvent pas prendre de lait en poudre, en tout cas les grands prémats. Après, moi, j'ai fait le choix de la laiter parce que c'était mieux. Mais je ne sais pas si de toute façon... Une obligation, tu ne peux pas, parce que toutes les mamans ne peuvent pas allaiter. Oui, bien sûr. Et voilà, donc oui. Et puis, ce qui est assez étrange, c'est que la première fois qu'on a vu nos enfants, c'était... On avait un peu peur, en fait. Donc, ils sont dans cette couvreuse avec des lunettes de ski sur les yeux. On les a encore, qui sont violettes. Un masque à oxygène pour respirer et une sonde pour être nourrie. C'est des enfants à peine formés, donc c'est très étrange.

  • Speaker #0

    J'imagine, oui. Puis tu devais avoir de l'épaisseur, c'était très fragile.

  • Speaker #2

    Et après, on a commencé le pot à pot, donc c'est pour ça qu'on venait vraiment tous les jours avec Vincent. Au départ, on prenait tour à tour chacun un bébé, puis après, on n'avait plus qu'un. Donc voilà, et ça... L'aspect positif de ça, c'est qu'en quelque sorte, le père participe à la grossesse. Je sais que César, notre fils, il est très proche de son père. Est-ce que c'est dû à ça ou pas, je ne sais pas, mais en tout cas... Ça, il y a forcément contribué. Et ça, ça a été... Oui, c'est une manière de finir la grossesse en venant tous les jours, en se portant ce temps avec l'enfant sur nous.

  • Speaker #0

    Oui, ça fait un lien très fort. En plus, je crois que le pot à pot, c'est vraiment une des choses qui les aide beaucoup. Enfin, je ne sais pas comment... Il y a le lien et j'ai l'impression aussi qu'il y a... Bon, après, on n'y croit pas, mais moi, j'y crois. Enfin, je ne sais pas, cette chaleur humaine, c'est bête de dire ça, mais le contact...

  • Speaker #2

    Je pense que c'est important pour les enfants, pour les parents. Et puis de toute façon, aujourd'hui, c'est ce qui se fait de mieux. Donc voilà, on passait nos journées, on venait à l'hôpital pour ça, on voyait. Et puis après, il y avait le côté information sur la santé. Parce qu'après, il y a eu des complications. D'accord. C'était un peu les premiers moments. Et c'est vrai que cette sensation d'accoucher sans être contente, c'est un peu... Après, il y a sûrement d'autres cas où ça arrive peut-être, mais en tout cas, c'était assez étrange. Oui,

  • Speaker #0

    c'est étrange. C'est pas sûr pourquoi tu te prépares. Et puis,

  • Speaker #2

    c'est vrai que moi, pour le coup, je ne connaissais personne de mon entourage qui avait vécu ça. Donc, j'étais complètement perdue. J'avais personne de mon entourage, peut-être aussi parce que les gens n'en parlent pas. C'est comme quand j'ai fait cette stimulation, j'avais un peu honte au début. Je n'en parlais à personne. Puis un jour, j'en parle à une cousine et je me rends compte qu'elle a la fête de filles, mais en fait, je ne le savais pas. Il y a plein de gens autour de moi qui avaient eu des stimulations, des filles où je ne sais quoi, du mal à tomber enceinte, mais qui n'en parlaient pas. Donc, ça m'avait rassurée. Je me sentais un peu moins seule. Mais c'est vrai qu'au départ, on culpabilise beaucoup. Et ça, c'est un...

  • Speaker #0

    Tu veux dire d'avoir fait...

  • Speaker #2

    Alors, au départ, déjà, de ne pas réussir à avoir d'enfant, de faire une stimulation, moi, je me sentais un peu à part, pas normale. Et alors, après...

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #2

    moi, je me suis rendue compte de ça en en parlant. C'était... Donc, ça m'avait aidée. Et alors, par contre, de culpabiliser, quand j'ai été hospitalisée, je passais mon temps. Et quand j'ai accouché trop tôt, j'ai... Ça, mais ça, je pense que c'est toutes les femmes qui ont des enfants prématurés. tous les jours, je me voyais mes jours d'avant, on me disait, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû faire ça.

  • Speaker #0

    Je veux dire, c'est déjà assez dur de vivre ça, mais en plus de culpabiliser.

  • Speaker #2

    Ouais, alors est-ce que c'est inévitable Je sais pas. Mais en tout cas, mon cerveau était parti comme ça et je revoyais vraiment tous les jours et là, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû me lever à tel moment.

  • Speaker #0

    Oui, tu te refais tout. Je pense que c'est humain et tout, mais je trouve ça terrible parce que tu vis déjà quelque chose de très dur. D'accoucher si tôt dans ces conditions-là et puis de perdre un enfant, il n'y a pas de... Oui,

  • Speaker #2

    de toute façon, on était au jour le jour, mais c'est vrai que ça... Et ça, ça met du temps à partir, je pense, la culpabilité. Ça met pas mal de temps. Moi, j'avais la chance que Vincent n'était pas... Il était hyper positif, mais pas positif pour rien. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    Il m'a énormément aidé, très très présent. Il ne m'a jamais culpabilisé. Il lui dit que c'est normal, mais en tout cas, il n'y a jamais eu ça. Donc,

  • Speaker #0

    tu te sentais soutenu.

  • Speaker #2

    Oui,

  • Speaker #0

    oui. J'imagine, comme tu dis, dans ce qui est, je pense, dans les épreuves les plus terribles de la vie, d'avoir... D'être soudée, je pense que ça soude aussi.

  • Speaker #2

    Oui, oui. Moi, ça m'a énormément aidée de sentir qu'on était uniques.

  • Speaker #0

    C'est ça, en réalité.

  • Speaker #2

    Parce qu'en fait, ce qui a été compliqué, c'est qu'au bout de quatre jours, on nous annonce que notre fille est morte d'une hémorragie cérébrale. Mais il faut savoir que les enfants, à ce stade-là, elles pesaient 800 grammes à la naissance, et ces parents, ils pesaient un kilo. Ils n'ont aucune protection, très peu d'anticorps, donc ils attrapent un peu tout ce qui passe. Donc, il y en a pas mal qui meurent. Les médecins, ils ont l'habitude.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    oui. Ça peut être d'une hémorragie cérébrale, pulmonaire ou d'une infection. Je ne suis pas assez calée. Et donc, on nous annonce ce jour-là que Louise, notre fille, malheureusement, est morte. Et ce jour-là, on nous annonce aussi que César a eu une méningite bactérielle et qu'il y a une chance sur deux qu'il soit normal, si je schématise.

  • Speaker #0

    Oh là là, oui.

  • Speaker #2

    Donc là, c'était éventuellement moi. J'ai hurlé dans l'hôpital. Comme j'ai perdu ma mère à 14 ans et je pensais avoir eu son diminuté, tu sais. Oui. Moi j'ai ça, il ne pourra plus rien m'arriver. Donc là, c'était très dur. J'ai hurlé, je disais mais je ne sais pas à qui je parlais. Et puis en plus, les médecins qui t'annoncent ça, forcément, on ne les aime pas trop parce qu'ils nous annoncent des nouvelles.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas toujours le tact.

  • Speaker #2

    Non. Et c'est vrai que... Et puis on essayait d'avoir des informations sur la méningite bactérielle. On lui a balancé pas mal d'antibiotiques, donc ça a été soigné. Mais il y avait un risque. On nous disait, il peut par exemple devenir saut. Les médecins nous disaient, on ne peut pas savoir tant qu'il ne grandit pas. Et Vincent était très, très confiant, en fait. Non, je vois que tout va bien. Et ça m'a beaucoup aidé.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était vraiment ton rock, si je puis dire. Oui,

  • Speaker #2

    oui, c'est sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je ne peux pas imaginer ce que c'est, mais de me dire au moins que c'est solide.

  • Speaker #2

    Oui, et puis... Une autre chose qui nous a beaucoup aidé, c'était les infirmières et les infirmiers qui étaient formidables. On en avait une en particulier qui s'appelle Anne, qui était extraordinaire. Elle sentait tout. Par exemple, elle nous avait dit qu'il y avait un risque que César soit sourd. Parfois, j'arrivais près de son berceau et je tapais dans les mains pour voir s'il entendait. Et puis, il ne bougeait pas. Je disais, rassurez-vous, Amélie. Là, il dort, il est en sommeil profond, il ne peut pas vous entendre, c'est normal. Et elle disait, vous savez, j'en ai vu passer des enfants de ce terme, je vous assure, tout va bien.

  • Speaker #0

    Oh,

  • Speaker #2

    c'est tellement bien. Je pense qu'elle avait une grande expérience. Elle a été formidable, et d'autres, c'était celle qui était notre infirmière référente. Et le pire, c'est qu'elle-même nous racontait qu'elle était seule et qu'elle voulait des enfants. Elle est allée en Espagne parce qu'elle n'avait pas de conjoint. Donc, on avait vraiment développé une relation assez forte avec elle. Elle nous a accompagnées. Ça, ça fait aussi partie des personnes qui nous ont beaucoup, plus notre entourage familial. Un départ. Oui, un départ. Voilà, c'est ça. Les infirmières. Les infirmières, il y avait aussi une psychologue. Ça, c'était chouette parce que moi, j'en ai eu vraiment besoin à ce moment-là. J'avais le droit de voir une psychologue à l'hôpital. Et elle m'avait beaucoup aidée. Parce qu'en fait, le problème de l'entourage, c'est que c'est quelque chose que les gens connaissent peu. Donc, moi, je me retrouvais, je ne savais pas à qui parler de ça, avec qui échanger. Et on se retrouve un peu seule.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Dans ton entourage, il y avait peut-être des personnes qui avaient eu...

  • Speaker #2

    Je crois que des amis de mon frère avaient eu des grands prémats, donc ils nous avaient donné des habits minuscules comme des habits de poupée pour le début.

  • Speaker #0

    Voilà, même dans mes amis, je ne connaissais personne. Donc là aussi, je ne sais pas si tu connais l'association SOS Préma, qui m'avait pas mal aidée aussi. C'est juste le fait de pouvoir parler à des gens et de sortir un peu moins seul au monde, de pouvoir partager.

  • Speaker #1

    Qui te comprennent et qui peuvent aussi te conseiller ou partager des expériences. C'est ça,

  • Speaker #0

    je ne saurais plus dire sur quoi, mais moi ça m'avait été très utile, même juste de parler à des gens au téléphone. d'échanger, parce qu'avant, on était dans une association jumeaux et plus. Donc, on s'était investis, on avait fait une chambre, patati patata, on avait tout préparé, on commençait. Et puis, j'ai changé d'association. Mais, ouais, c'est des associations, en tout cas, qui sont extrêmement aidantes quand t'es en plein dans la tempête. Moi, je suis quelqu'un qui a... J'ai beaucoup besoin de parler, d'échanger et là, ça a été un vrai soutien. En plus des infirmières, de la psychologue.

  • Speaker #1

    Et puis de se sentir vraiment compris en tant que...

  • Speaker #0

    Parce que bien sûr, j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'a toujours soutenue. Beaucoup de gens sont venus me voir à l'hôpital, mais ce n'est pas la même chose parce qu'ils ne connaissent pas.

  • Speaker #1

    Je trouve que c'est similaire pour d'autres tempêtes de la vie aussi. L'entourage, bien sûr, c'est un soutien, ils sont là. Mais c'est vrai que ce soit des associations ou des personnes qui sont passées par là, ça change tout en fait. Tu te comprends, ça change tout. C'est différent, je trouve. Puis parfois tu vas parler plus alors que pourtant... Pourtant, tu te connais moins parce que tu as partagé la même chose.

  • Speaker #0

    Donc, que ce soit de parler au téléphone ou de lire des témoignages ou d'avoir des conseils. C'est très, très... Oui, c'est des phares, comme tu dis, dans cette tempête.

  • Speaker #1

    Et qu'est-ce que tu dirais... Quel est ton arc-en-ciel

  • Speaker #0

    Mon arc-en-ciel, c'est notre fils.

  • Speaker #1

    J'allais dire, mais je...

  • Speaker #0

    C'était une tempête, nous on a eu la chance On a toujours considéré qu'elle s'était bien terminée On est vraiment On est toujours resté sur le positif Il faut savoir qu'à l'hôpital on a vu des gens qui repartaient sans bébé, on a vu des gens dont les bébés avaient des séquelles très graves On a vu une mère qui avait des quadruplés, qui avait pas voulu faire de réduction parce que c'était arbitraire et qui chaque jour perdait un bébé Donc même si ça a été difficile de payer à Louise, on s'est vachement axé sur On a On a un petit garçon qui, au final, va très bien. Qui va bien,

  • Speaker #1

    en plus.

  • Speaker #0

    Et on s'est beaucoup axés là-dessus. Même s'il a fallu, malheureusement, gérer... On a dû enterrer notre fille. Moi, je n'étais pas en état. Ma belle-mère nous avait beaucoup aidés.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je n'étais pas du tout en état à l'école. Je dirais ça. Et c'est vrai que... Enfin, bref, la tombe, le machin, les obsèques, c'est un truc...

  • Speaker #1

    Oui, c'est pas possible.

  • Speaker #0

    Mais on a eu cette chance, parce qu'on a vu des gens repartir sans enfant, d'avoir un an. Et donc, oui, c'est notre arc-en-ciel et on s'est vraiment axé là-dessus. Moi, je me suis pas... Si tu veux, oui, il y a eu un deuil. Alors peut-être au départ, je me disais non, c'est pas grave et tout. Donc après, il faut aussi accepter que c'est quand même quelque chose qui nous arrive et que ça peut effectivement laisser des traces par la suite. Mais on est vachement resté là-dessus. On a eu beaucoup de chance. On est sortis de là en disant on va, beaucoup de chance. On a frôlé de près. Et puis, notre enfant va très bien. Maintenant, il a 13 ans. C'est un ado, donc voilà. Avec le côté qui va avec. Il est très calme. Donc, c'est très, très, très calme. Est-ce que ça vient du pot à pot Je ne sais pas. Je ne sais pas si ça va. Ça, c'est plutôt un bon côté. Mais oui, c'est notre arc-en-ciel, mon arc-en-ciel.

  • Speaker #1

    Vous avez été très fortes, tous les deux. Et tous les trois.

  • Speaker #0

    Oui, lui, c'est un petit... Écoute, maintenant, il s'appelle César, mais c'est un petit guerrier. Oui, c'est ça. Ça l'a forcément marqué. En plus, je ne sais pas les détails, mais il avait dû être opéré dans un autre hôpital plus tard. Ce n'est pas assez simple. Oui,

  • Speaker #1

    j'imagine.

  • Speaker #0

    Mais il est sorti de l'hôpital mi-octobre, alors qu'il devait naître mi-novembre. D'accord. Attends, je dis... Août, septembre, octobre... Non, presque trois mois. Pas deux mois et demi, trois mois pratiques.

  • Speaker #1

    Il a dû se faire opérer quand il était encore en couveuse Non,

  • Speaker #0

    après on a dû aller à l'hôpital Trousseau pour une opération par la suite. C'était un reparti, ce n'était pas évident de repartir dans un autre service de néonate. C'était le process en fait. Mais bon écoute, c'est un petit guerrier.

  • Speaker #1

    Un beau petit guerrier, super parent.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas s'ils sont super, mais en tout cas, les parents qui essayent de faire le mieux.

  • Speaker #1

    En tout cas, tout ce que vous avez pu traverser en étant aussi unis.

  • Speaker #0

    Oui, évidemment, ça aide vachement d'être unis. J'ai eu la chance qu'on soit très unis et ça m'a beaucoup aidée. Moi, j'étais un peu ramassée à la petite cuillère.

  • Speaker #1

    J'imagine. Je ne peux même pas dire j'imagine.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a du temps qui a passé, donc j'en parle avec plus de recul. Mais c'est vrai que je trouvais que le monde était bien injuste.

  • Speaker #1

    Tu m'étonnes. Je pense qu'il y a de plus terrible.

  • Speaker #0

    Après, on sait bien qu'on a tous la vie et n'est pas rose et linéaire pour tout le monde. Donc, chacun a ses tempêtes. Et puis, l'important, c'est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. ça reste le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas.

  • Speaker #1

    Complètement. Ça fait un beau lien pour si tu avais un conseil, ou plusieurs conseils à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas forcément ni son phare, ni son arc-en-ciel.

  • Speaker #0

    Bon, je ne suis pas grand-chose pour donner un conseil. Je ne sais pas, se dire que... Il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps, que j'aime beaucoup écouter, parce que c'est une chanson en allemand qui dit Es fiel, vieler gut ça veut dire ça va aller mieux Elle est très jolie cette chanson, je l'ai découverte cette année dans un film, je n'arrête pas d'écouter. Et en gros, ça veut dire que la tempête va finir par passer et qu'on fait tout. toujours de notre mieux. Moi, maintenant, je perds peut-être moins de temps à regarder le passé, à regretter, à culpabiliser en me disant j'ai fait de mon mieux. C'est-à-dire qu'on fait toujours de son mieux et qu'il ne faut pas trop se mettre en cause parce qu'il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. On n'est pas coupable ni responsable de tout. Mais partir avec cette pensée que forcément les choses vont aller mieux, on va en sortir de cette tempête et qu'on fait de notre mieux, ça aide aussi.

  • Speaker #1

    On se crée un peu notre phare, comme ça.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Et que, après la pluie et le beau temps, c'est peut-être un peu banal, mais les choses vont finir toujours par s'apaiser avec le temps, c'est sûr. Et on trouve toujours des solutions en nous pour traverser ça. Après, c'est sûr que moi, j'ai trouvé ça plus facile d'être entourée, d'avoir Vincent avec moi. de nous sentir unis. Mais après, chaque chemin est différent, chaque chemin est particulier. Et finalement, on n'est pas grand-chose dans ce monde. Voilà. Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et quel est ton mantra préféré

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si j'ai un mantra. Quand j'étais jeune, j'avais vraiment ce truc dans la tête. Là où il y a la volonté, il y a le chemin, tu sais. En anglais, il y a where there is the will, there is the way Mais j'en suis un peu revenue parce que ça me rendait plutôt malheureuse. Finalement, je me suis dit qu'on n'est pas tout puissant.

  • Speaker #1

    Oui, par rapport à ce que tu disais sur on ne contrôle pas tout Oui,

  • Speaker #0

    moi, le fait, je ne sais pas si j'en parlais tout à l'heure, mais l'acceptation, c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps et qui m'aide beaucoup. Un de mes mantras, c'est la phrase tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien Ça m'aide parfois à relativiser les choses et à avancer, à prendre les choses peut-être avec plus de recul, avec moins de sérieux. Moi, je suis quelqu'un d'assez… Je me bats, tu vois, le mantra initial. Je ne sais pas si on peut parler de mantra que j'avais quand j'étais jeune. J'avance, je fais les choses, je me bouge, mais au bout d'un moment… On ne peut pas tout contrôler. Non. Ça, c'est un peu une chose que j'ai appris avec le temps, avec la vie. Et de se ramener à ça, finalement, on ne sait pas grand-chose, mais on avance. Oui, c'est ça. Le mieux qu'on peut et avec le plus d'amour possible, en fait. Donc, voilà. Après, c'est vrai que je ne suis pas forcément une personne avec des mantras tous les jours, mais peut-être que c'est une chose que je devrais faire. Là, en ce moment, je suis sur pas mal de projets, donc je suis un peu à 100 valeurs.

  • Speaker #1

    Oui, si, si, mais ça en fait plusieurs. Mais c'est intéressant, je trouve, sur le contrôle, d'accepter avec le temps le fait qu'on est moins de contrôle. Je pense que ça enlève aussi, je ne sais pas comment dire, un poids.

  • Speaker #0

    Oui, ça m'a pris beaucoup de temps, je l'avoue. Et puis, je pense qu'on me le disait beaucoup autour de moi, mais il faut aussi le temps de l'admettre, de l'accepter, de le comprendre, pas que dans sa tête, mais dans son corps. Ce qui n'empêche pas qu'on peut vouloir quelque chose à fond et tout mettre en place. Ça donne ça. ça donne des fruits, mais voilà, il y a des choses qui sont malheureusement hors de notre contrôle. Et je sais que, par exemple, quand j'étais à l'hôpital, c'était très difficile parce que nous, on passait notre temps à poser des questions aux médecins. Dans combien de temps il va sortir Il y a combien de pourcentages de change Peut-être pas aussi précise, mais qu'est-ce qui va se passer avec la méningite Et on nous répondait, la médecine n'est pas une science exacte. Et moi, je ne supportais pas cette phrase, en fait. J'avais envie d'avoir des réponses précises. Demain, il peut exagérer, mais il pèdera tant. Et ça a été très difficile. Et puis, au bout d'un moment, c'est d'accepter aussi ça. Les choses, elles ne se contrôlent pas. On ne sait pas grand-chose. On avance comme on peut. Ça peut être difficile au quotidien, mais c'est comme ça, en fait. Peut-être que les épreuves, elles t'aident aussi à comprendre ça. Et du coup, peut-être... être plus indulgent avec soi-même, plus indulgent avec les autres aussi. Et aussi, quand il y a une petite tempête qui passe, tu sais, c'est comme le surfeur qui prend la vague. Si tu as les jambes pliées et que tu es dans une attitude d'acceptation, de souplesse, tu la prends beaucoup plus facilement que si tu es tout tendu, tout trop volontaire, à vouloir absolument. Et l'attitude avec laquelle on va prendre les choses va vachement aider aussi. Et peut-être que moi, à l'époque, j'ai eu Je pense que j'ai avancé là-dessus et je prendrais peut-être, si ça me réarrivait, des choses avec plus de souplesse. Après, au final, tout va bien, mais c'est aussi de prendre les choses un peu plus comme elles viennent, de voir le verre à moitié plein plutôt que vide. Nous, c'est ce qu'on a quand même beaucoup fait en se disant qu'on a beaucoup de chance. Ça, ça nous a beaucoup aidé de ne pas rester trop dans... le deuil non plus, mais même si, bien sûr, notre fille... Ça, c'est un sujet qui est aussi important. On en a très vite parlé à notre fils. Il est au courant. Il a été sur sa tombe. On n'avait pas envie de le cacher parce que je pense que les secrets de famille, ça peut créer plus de problèmes que la chose en elle-même. Mais voilà, on a voulu se concentrer sur la vie, etc. Même si Louis est toujours présente, mais tu vois, pas dans un truc forcément noir ou négatif parce qu'on n'avait pas envie de ça. Je ne sais plus ce que je disais. Mais je ne sais plus, je ne sais plus. Bref.

  • Speaker #1

    Non, mais que oui, vous avez de voir le verre à moitié plein et que vous, c'est plutôt ce que vous avez fait.

  • Speaker #0

    Oui, je ne dis pas qu'on y arrive pas. Je ne suis pas forcément exemplaire.

  • Speaker #1

    Non, mais d'essayer d'être là-dedans et de se dire qu'on ne maîtrise pas tout.

  • Speaker #0

    Et puis parfois, le fait, c'est sûr que le fait d'avoir vécu des tempêtes te rend... Voilà, moi, je pense que le fait d'avoir perdu ma mère jeune, ça m'a rendu... être plus angoissée sur certaines choses. Maintenant, je l'accepte. Je ne l'acceptais pas avant. C'est comme ça, rien à voir. Mais j'ai eu un accident de voiture assez impressionnant. Quand j'avais 20 ans, j'ai encore des stress en voiture. Les choses ne partent pas complètement de notre corps. Donc, on n'est pas ça. Et ça aussi, moi, j'ai fini par l'accepter.

  • Speaker #1

    Oui, que ça fait partie de nous, en fait, les tempêtes. Ça fait partie des choses qu'on ne fait pas.

  • Speaker #0

    Il reste des marques dans le corps aussi, pas que dans le mental. Mais de l'accepter, ça rend les choses plus faciles, plus coulantes. Plutôt que de se dire, j'aimerais que ça parte. Non, en fait, ça fait pas trop.

  • Speaker #1

    Comme tu dis, c'était intéressant par rapport au surfeur sur la vague, se dire, oui, le côté doron,

  • Speaker #0

    d'être plus souple.

  • Speaker #1

    Et préaccueillir les choses, qu'elles soient positives ou négatives, et les tempêtes, et de se dire...

  • Speaker #0

    Et qu'il y en aura forcément.

  • Speaker #1

    Il y en aura, c'est comme... Oui, c'est ce qu'on me dit d'ailleurs souvent sur ce podcast, et je trouve ça intéressant, c'est qu'il y a des tempêtes. Toi, c'est vrai que tu en as déjà eu beaucoup, donc je pense qu'on peut laisser Amélie tranquille, s'il vous plaît, maintenant. Oui, mais bon, t'es apprise.

  • Speaker #0

    C'est marrant, j'avais cette croyance un peu inconsciente quand j'étais jeune, que j'avais cette immunité, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, mais je comprends en même temps ce que t'avais déjà eu des choses telles. de dire à un moment, ça va, en fait, je vais...

  • Speaker #0

    Après, terrible, tout est relatif. Parce que si tu veux, oui, de perdre sa mère à 14 ans, quand on est en France, dans les années où j'étais au collège-lycée, ce n'était pas commun. Mais après, tu es allée voyager en Afrique. Quand je disais ça, il y avait plein de gens qui avaient... Enfin, voilà, c'est une question aussi d'où on se trouve.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais c'est sûr qu'en France, ça va être tout un souci. Enfin, ce qui est normal, mais on va en faire beaucoup plus cas que dans certains pays où la mort est peut-être plus fréquente. Mais oui, ça, je ne crois plus ça.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la vie est comme ça. Après, je pense que ces tempêtes nous apprennent beaucoup et tout. Oui,

  • Speaker #0

    je pense qu'effectivement, il y a cette phrase, tout ce qui ne tue pas en plus fort. Je ne sais pas si c'est ma devise, mais en tout cas, c'est sûr que ça te... Ça te renforce Est-ce que ça nous enrichit Oui, ça nous renforce d'une certaine manière. Ça nous rend peut-être plus souples pour l'avenir, pour les choses. Mais bon, ça n'empêche pas que c'est toujours difficile d'être dans des pans de tempête. Et que ça reste des moments qui ne vont pas forcément être agréables à traverser. Avec du recul, c'est beaucoup plus facile d'en parler.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, et puis c'est vrai que, tu vois, je te parlais tout à l'heure des infirmières, de Vincent, de ma famille, de mon entourage. Moi, ça a été tellement important pour moi, tous ces gens autour.

  • Speaker #1

    Évidemment, c'était une force.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que tout seul, je n'aurais pas réussi à traverser ça.

  • Speaker #1

    Et est-ce qu'il y a un livre qui a changé ta vie Il peut être associé à ta tempête, ça peut être un autre moment. Parfois, c'est la première lecture.

  • Speaker #0

    Des livres qui m'ont marquée, il y en a plein.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas s'il y en a un ou peut-être auquel tu repenses à différents moments de ta vie.

  • Speaker #0

    Il y a un livre qui m'a beaucoup marquée, c'était 24 heures de la vie d'une femme de Stephen Sveig. Alors, ce n'est pas spécialement lié à ce que j'ai vécu. Je me souviens quand je l'ai lu. Il se trouve que là, en plus, je le joue au théâtre dans une petite compagnie.

  • Speaker #1

    Ah, super

  • Speaker #0

    Mais je ne pense pas que c'est un livre qui ait changé ma vie, mais qui m'a beaucoup marquée. Et là, je repense à cette phrase de fin, parce que cette femme qui tombe éperdument amoureuse de ce jeune homme qu'elle pense pouvoir, entre guillemets, soigner de son addiction au jeu, et ça ne marche pas. Et finalement, à la fin... Elle dit, quand j'ai appris qu'il est mort, je ne sourcillais même plus. Elle est passée à autre chose. Donc, il y a quand même un truc. Et elle a été, voilà, ces 24 heures ont à la fois changé sa vie, mais finalement, au bout d'un moment, elle est passée à autre chose. Et dans la vie, parfois, il faut passer à autre chose aussi. Même si c'est évidemment très triste qu'il soit mort de cette addiction. Je sais que ce livre, comme je pense pas mal de gens...

  • Speaker #1

    Je pense qu'il a marqué. Oui,

  • Speaker #0

    il a pas mal marqué. Il y a sûrement d'autres livres,

  • Speaker #1

    mais là,

  • Speaker #0

    comme je suis en plein...

  • Speaker #1

    Non, mais il y a une bibliothèque, tu vois, il y a la playlist, mais après on va passer à la musique, mais il y a la bibliothèque aussi, donc régulièrement je donne un peu les tips livres, ça donne des idées.

  • Speaker #0

    Il y a bien sûr d'autres livres, mais...

  • Speaker #1

    Non, mais c'est bien, on ne l'avait pas encore en plus. Donc c'est parfait, directement la bibliothèque du podcast. Il faut que je fasse une bibliothèque maintenant. Et ensuite, la musique qui te donne la pêche. Alors qui rejoindra la playlist sur Spotify son plus grand succès.

  • Speaker #0

    Il y a la chanson dont je te parlais tout à l'heure. J'écoute pas forcément beaucoup de chansons en allemand, mais pour ceux qui ont l'occasion, je l'ai découverte dans un film qui s'appelle Unamore de... Attends, je vais te redire. C'est une réalisatrice espagnole qui s'appelle Isabelle. Qui s'appelle Isabelle Coixet.

  • Speaker #1

    Ah oui, j'aime beaucoup. Voilà.

  • Speaker #0

    Et c'est son dernier film. J'ai adoré cette chanson.

  • Speaker #1

    Attends, tu peux nous redire le titre.

  • Speaker #0

    Alors attends, je vais te redire le... Sinon, moi, vraiment, j'adore écouter de la musique. Quand je ne suis pas très bien, j'écoute de la musique.

  • Speaker #1

    C'est un bon remède. Oui,

  • Speaker #0

    c'est un bon remède d'écouter des éclectiques. J'adore. Enfin, je peux écouter aussi bien du reggae, du ragamuffin, du Chopin, d'un musique traditionnelle française. J'adore. Donc ça, je pourrais t'en citer plein. Mais c'est vrai que... Alors, je vais te dire exactement...

  • Speaker #1

    C'est très éclectique, la liste. La plus liste.

  • Speaker #0

    la playlist elle est très éclectique et ça s'appelle Max Rabeu Palast Orchestra Es wird wieder gut bon moi je parle allemand vu que je suis alsacienne mais c'est une chanson je trouve qui est assez en lien avec avec ce dont on parle pas un inflo des tempêtes de la vie et j'adore les sonorités je sais pas moi elle me fait du bien elle va rejoindre la plis donc après on a beaucoup beaucoup je crois que mon petit kiff c'est

  • Speaker #1

    parfois je suis jamais aussi bien que quand je suis dans mon canapé à écouter de la musique mais oui ça fait du bien je me rends compte que je le fais plus assez que je suis moins souvent seule mais ça fait tellement de bien la musique et c'est pour ça parfois même je me dis tiens j'ai créé cette playlist il faudrait que je l'écoute plus au réveil parce

  • Speaker #0

    que c'était le but au réveil ou dans les moments où ça peut nous faire du bien voilà mais après on va chanter mille tu vois ça c'est plus une chanson en lien avec ce dont on parle aujourd'hui

  • Speaker #1

    Et quelle est ta vision du bonheur aujourd'hui

  • Speaker #0

    Ah ah Je pense que le bonheur aujourd'hui, il est à la fois dans les petits moments de vie, dans mon cas, c'est des petits moments en famille. Ça peut être, je ne sais pas, maintenant notre fils a 13 ans, des moments où on écoute de la musique, on se fait des blind tests, des moments très simples. C'est vraiment ces moments. Un peu unique, où on rigole ensemble. Puis après, il y a les moments de bonheur aussi qui sont liés, personnellement, au projet que je vais réussir à mettre en place. Là, c'est plus lié aux professionnels. Pas cette année, mais l'été dernier, je suis allée tourner à Budapest dans une grande série israélo-anglaise. Jamais j'aurais pu penser vivre une expérience pareille. C'était extraordinaire. C'était incroyable. J'étais hyper heureuse. Moi qui, au départ, n'ai aucun comédien dans ma famille, ne viens pas du tout d'un milieu artistique. C'était un rêve. C'est quelque chose dont je n'avais même pas rêvé qui se réalisait. Donc, c'était assez incroyable. C'était un petit moment de bonheur. Et là, le film qu'on va faire avec Marion Chrisman, que je prépare en ce moment, c'est hyper excitant en ce moment. Je ne sais pas si c'est du bonheur, mais c'est très...

  • Speaker #1

    Ah bah oui, c'est galvanisant.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, ça a été... Je n'en ai pas parlé tout à l'heure. Ça a pu être aussi... Est-ce que c'est un arc-en-ciel ou un phare Je ne sais pas. Mais un moyen aussi de mettre un petit pansement. Je ne sais pas si c'est un moyen de mettre un pansement, mais d'aller au-delà de ça, pour moi, ça a été la création. Et quand on a fait notre... C'était un film de Micone, un film très court, qui s'appelait Poussière d'étoiles, qui parlait du deuil. Moi, et notre film, on parlait d'une certaine manière, même si je ne veux pas trop en parler auparavant. C'est aussi un moyen, en fait, de... de parler de ce qui nous arrive ou de ces tempêtes, sans forcément tomber dans un pathos ou dans un truc où personne n'a envie d'être victimisé non plus, qu'on est là, ça ne va pas et tout. C'est quelque chose d'assez important pour moi et qui m'apporte aussi du bonheur de Dieu, d'une certaine manière. C'est un peu des différentes sortes de bonheur, mais des moments très très simples en famille ou même toute seule avec de la musique. C'est aussi des moments de bonheur, en fait. C'est à des petits endroits, à des petits moments. Ce n'est pas tout le temps, bien évidemment. Mais d'accepter que ça puisse être très simple, c'est chouette.

  • Speaker #1

    Oui, c'est important.

  • Speaker #0

    Voilà. Top.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et prends soin de toi.

  • Speaker #0

    Toi aussi, merci. Merci.

  • Speaker #1

    Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note 5 sur 5 sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyons vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.

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Description

🌈 Aujourd'hui je reçois Amélie Prévot. Amélie est comédienne. Elle est la maman d’un petit garçon, César, qui a 13 ans et est toujours en couple avec le papa.


☔ Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu’elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s’ouvrir - un coup dur pour l’hyper-active qu’elle est avec plein de projets. Elle accouche très en avance à 5 mois et demi. Son fils fait 2 mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de 4 jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital où ils viennent tous les jours pendant 2 mois et demi, l’annonce du diagnostic de méningite de son fils avec une chance sur 2 qu'il soit normal, les questions sans réponses face aux médecins..Elle le dit, ça a été très dur.

Ce qui l’a aidée : avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui, les infirmiers/infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seule.


☔ Son arc-en-ciel, c’est son fils : “On est toujours resté sur le positif, nous dit Amélie. Elle ajoute qu’à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébés ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c’est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle, c’est un petit guerrier.


🩵Son conseil : “La vie n’est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L’important, c’est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. C'est le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu’on ne maîtrise pas”.


Amélie Prévot - “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”


Bonne écoute!


TW - Attention, cet épisode est plein de la lumière, de la pudeur et de la positivité d'Amélie à travers sa tempête mais il aborde le sujet difficile du deuil périnatal. À écouter dans les meilleures conditions.


✍️ Si vous aimez le podcast et voulez me soutenir : prenez une minute pour mettre une super note 5/5 sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous suivez les épisodes. Et envoyez le lien à vos proches, vos collègues, toute personne qu'il pourrait inspirer ou aider. Merci à tous! 💟






Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteure. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle. qui s'appelle K, surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves.

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Aujourd'hui, je reçois Amélie Prévost. Amélie est comédienne. Elle est la maman d'un petit garçon, César, qui a 13 ans, et est toujours en couple avec le papa. Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu'elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s'ouvrir. Un coup dur pour l'hyperactif qu'elle est, avec plein de projets. Elle accouche très en avance, à 5 mois et demi. Son fils fait deux mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de quatre jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où ils viennent tous les jours pendant deux mois et demi, l'annonce du diagnostic de méningite de son fils, avec une chance sur deux qu'elle soit normale. Les questions sans réponse face au médecin, elle le dit, ça a été très dur. Ce qui l'a aidé Avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui. Des infirmiers et infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seul. Son arc-en-ciel, c'est son fils. On est toujours resté sur le positif nous dit Amélie. Elle ajoute qu'à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébé ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, Ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance, car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c'est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle. C'est un petit guerrier. Son conseil La vie n'est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L'important, c'est de continuer à avancer et être dans l'amour. C'est le plus important, parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas. Amélie Prévost. Tout ce que je sais... C'est que je ne sais rien.

  • Speaker #0

    Bonjour Amélie.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Merci d'être avec moi.

  • Speaker #2

    Avec plaisir, je t'en prie.

  • Speaker #0

    Alors Amélie, est-ce que pour commencer, je peux te demander de te présenter

  • Speaker #2

    Oui, je m'appelle Amélie Prévost, je suis maman d'un petit garçon qui s'appelle César, qui a 13 ans et je suis toujours en couple avec son papa et je suis comédienne. Ok.

  • Speaker #0

    Alors, avant de parler de ta tempête, on va aller un petit peu dans l'enfance. Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais quand t'étais enfant

  • Speaker #2

    Ah Alors, je sais que je détestais les poupées Barbie. J'avais horreur de tout. J'aimais pas du tout les trucs trop féminins et tout. Moi, c'était plutôt... Je jouais beaucoup au Lego, au Playmobil. Je jouais beaucoup dehors. Je faisais des cabanes parce que je viens d'Alsace, une petite ville. Et on était beaucoup, beaucoup dehors. Et j'ai, juste après moi... J'ai six frères et sœurs, donc j'ai une famille nombreuse. Et juste après moi, j'ai deux frères. Et donc voilà, on jouait beaucoup ensemble. Et c'était plutôt des jeux, ni filles ni garçons, des jeux auxquels on peut jouer tous ensemble.

  • Speaker #0

    Il y avait déjà des histoires. Les gens ne voient pas toujours le lien avec l'enfance, mais on voit après.

  • Speaker #2

    Oui, peut-être. Mais en tout cas, je me souviens qu'on m'offrait des Barbies. Je n'avais pas courant de faire ces trucs-là. Je n'aimais pas du tout.

  • Speaker #0

    Tu n'es pas la team Barbie. Il y en a bien les deux.

  • Speaker #2

    J'ai finalement regardé le film cette année, mais au départ, ça ne va pas.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une évidence.

  • Speaker #2

    Ce n'est pas une évidence, mais je ne sais pas pourquoi. Bref, si je sais, je n'aimais pas mettre des jupes. Il y avait un truc en rapport avec ça, peut-être.

  • Speaker #0

    C'était moins pratique pour construire les maisons dehors.

  • Speaker #2

    Voilà, exactement. Non, c'était plutôt vélo, ping-pong, je cours, ce genre de trucs.

  • Speaker #0

    Donc le short, c'est mieux.

  • Speaker #2

    Exactement.

  • Speaker #0

    Le confort.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu te rappelles à quoi tu rêvais quand tu étais enfant

  • Speaker #2

    Tu veux dire...

  • Speaker #0

    Est-ce que tu rêvais, alors ça peut être, est-ce que tu rêvais pour plus tard Je sais qu'à un moment donné,

  • Speaker #2

    mais c'était très banal, je rêvais d'avoir quatre enfants que je puisse mettre dans une Renault Espace. C'était mon...

  • Speaker #0

    C'est pas mal ça.

  • Speaker #2

    Ce que je n'ai pas du tout, mais je ne sais pas pourquoi il y avait. Bon, après, c'était l'époque de la Renaud Espace, c'était tout nouveau, donc je ne suis pas toute jeune. Mais il y avait ce truc, je ne sais pas, c'est un peu la famille parfaite. Ce n'est pas du tout ce que je suis devenue, mais c'était, on va dire, un de mes souhaits pour plus tard. Après, le reste, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes rêves. Je voulais être chimiste au départ et faire plein de potions, pharmacienne, mélanger des produits, des couleurs. Mais ça, c'était plus sur les métiers, tu vois. Oui, un petit peu la création.

  • Speaker #0

    Un petit peu la création, c'est vrai.

  • Speaker #2

    On est sur l'aventure et la création.

  • Speaker #0

    C'était pas mal.

  • Speaker #2

    Enfin là, je parle de quand j'étais vraiment enfant. Après, des rêves, j'en ai eu plus tard. Enfin, des rêves plus conscients, mais c'est un peu mes souvenirs.

  • Speaker #0

    Écoute, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce que tu peux nous dire sur ta tempête

  • Speaker #2

    Tu veux dire que je te dise de quoi il s'agit Oui. En gros. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    La tempête dont je viens de parler aujourd'hui, c'est qu'il y a 13 ans, je suis tombée enceinte. Moi, j'ai eu du mal à tomber enceinte, donc j'ai fait des injections.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Des injections d'hormones. Et ça a marché. Et je suis tombée enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Et comme ça arrive parfois, mais bon, moi, je n'étais pas très au courant à l'époque, j'ai accouché très en avance. J'ai accouché à 5 mois et demi ou 26 semaines plus 4 pour les femmes qui connaissent un petit peu plus ça de près. Mon fils, enfin notre fils avec Vincent a fait 2 mois et demi de couveuse et on a perdu notre fille au bout de 4 jours. Donc ça a été une épreuve... Une épreuve à laquelle on ne s'attendait pas, qu'on a traversée et qui forcément nous a marqués tous les deux, tous les trois. Voilà.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était un long parcours. Ça a été long ton parcours avant de

  • Speaker #2

    FIV Je n'ai pas fait de FIV en fait. Non,

  • Speaker #0

    pardon.

  • Speaker #2

    Moi, je suis tombée enceinte à 35 ans. En fait, une fois que ça arrive, ça paraît plus court, mais en gros, il y a tout un moment où, en l'occurrence, si tu veux rentrer dans les détails, je n'avais pas d'ovulation, donc on m'a donné des médicaments pour stimuler, qui s'appellent du Faston, du Clomid, ça ne venait pas. J'ai dû faire un suivi psy parce que ça peut débloquer des choses dans la tête. Et ma gynéco était hyper pessimiste, elle me disait que je ne tomberais jamais enceinte, donc ça, c'était vraiment très motivant. C'est fou quand même.

  • Speaker #0

    Les médecins, la psychologie, merci.

  • Speaker #2

    Et donc, en fait, dès que j'ai essayé l'épicure, ça a marché au bout de deux mois, très rapidement. Et je suis tombée enceinte le jour de la Saint-Valentin. Parce que du coup, on peut savoir précisément quand est-ce qu'on tombe enceinte. Et ça ne m'a pas paru si long que ça, mais je ne sais pas, trois ans. Mais à l'époque, en vrai... Comme tu vois, moi, j'étais jeune comédienne. C'était quelque chose dans lequel je m'étais vachement investie. Alors, ça faisait déjà un moment. J'ai fait mon école vers 23 ans, 24 ans. Mais, comment dire, ça ne faisait pas 15 ans que je voulais être enceinte. Donc, j'avais très envie d'avoir un enfant. Mais il y avait aussi le truc, bon, il ne faut pas tarder parce que sinon, je vais être trop vieille après, etc. Donc, je n'étais pas tous les jours en train de me reprendre. Après, ça change tout parce que c'est quand même un échec en tant que femme. Quand tu as envie d'avoir des enfants, de ne pas y arriver, c'est quelque chose qui... qui est pesant, qui est déprimant. Et ça, ça ouvre tout. Moi, je sais qu'à partir du moment où je suis tombée enceinte, les gens me le disaient, j'étais solaire, j'avais l'air resplendissante. Enfin, tu vois, il y a un truc qui s'ouvre. On n'est pas dans le situation d'échec où on n'y arrive pas. Et avec du recul, je pense que ça semble beaucoup plus court que ce qu'on a vécu en vrai. Ou quand on se dit pas que ça va marcher, ou on se dit qu'il va falloir que j'adopte ou que je fasse une fille. Enfin, je ne sais pas si on en était encore là, mais c'est vrai que je n'étais pas du tout partie au départ pour que ça marche. J'avais été très peu briefée, donc je ne savais pas qu'il y avait un risque. En tout cas, qu'il y avait... Pas mal de grossesses gémellaires suite à des stimulations. Et voilà, mais ça n'a pas duré dix ans. D'accord. Donc voilà.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce qu'on gère sur, bien sûr, ce que tu souhaites partager avec nous J'imagine ce qui est... Je ne sais pas si tu peux nous parler un petit peu de ce temps après l'accouchement. Donc tu te retrouves... Oui. D'avoir le bébé de... En fait,

  • Speaker #2

    tout l'avant est très particulier. Parce que si tu veux, moi, je suis tombée enceinte. Au bout de... Je ne sais plus au bout de combien de mois. Donc, on fait une échographie. Donc, on sait que c'est des jumeaux. Puis après, on me dit que c'est un petit garçon et une petite fille. Donc, j'étais hyper heureuse. C'était genre le truc parfait. Et en parallèle, on devait partir tourner un film en Roumanie avec mon compagnon Vincent, qui est réalisateur. Dans lequel j'avais le rôle principal. Et je m'étais vraiment... On s'est beaucoup investi. On avait... collecté pas mal d'argent via du crowdfunding. C'était vraiment notre bébé. Un bébé qui, à l'époque, était plus présent que moi, les bébés que j'avais. Et quand j'étais enceinte de trois mois et demi, vraiment, j'avais la pêche. Je faisais encore un peu de danse. Je faisais des tournages. Je vais à ma première consultation à la maternité. Je devais accoucher au Diakonès. D'accord. Et pour l'inscription, ça s'appelle la première consultation. Et là, ils me font une échographie et une échographie du col de l'utérus. Et là, on me dit, vous n'allez pas pouvoir rentrer chez vous. Et moi, je ne comprenais rien. Je me disais, qu'est-ce qui se passe et tout C'est quoi ce truc Mais attendez, moi, je pars tourner dans un mois. Non, mais écoutez, votre col a commencé à s'ouvrir. En plus, moi, c'était du charabia pour moi. Si tu veux, c'était ma première grosse neige.

  • Speaker #0

    J'imagine, puis on n'est pas du tout briefés.

  • Speaker #2

    Non, et puis ma mère a eu sept enfants comme ça. C'est hyper facilement. Donc, pour moi, une fois que tu avais passé le stade de la fausse couche et des nausées et tout, c'était bon, quoi. Pour moi, c'était ça y est.

  • Speaker #0

    Oui, tu avais passé le premier mois.

  • Speaker #2

    Donc là, ils me disent, voilà, votre col a commencé à s'ouvrir. Il faut qu'on vous fasse ce qui s'appelle un cerclage, c'est-à-dire qu'on te met une petite ficelle autour du col de l'utérus, comme si on fermait une bourse, pour que les enfants ne sortent pas. D'accord. Vous allez devoir rester une semaine à l'hôpital. Et après, donc là, ça a été vraiment... Je tombais d'un précipit. de pisse, vous allez devoir rester alité jusqu'à la fin de votre grossesse. Donc moi, vraiment, ça a été extrêmement difficile. J'étais encore... Enfin voilà, j'avais plein de projets en tant que comédienne, je voyais tout qui s'effondrait. Je me disais, mais enfin... Et c'est vrai, c'est un peu bizarre de dire ça maintenant, mais à l'époque, le projet de film, il était plus concret que les bébés que j'avais dans mon ventre. Voilà, c'était trois mois et demi de grossesse. Bon, du coup... Du coup, ça a été extrêmement difficile. Je passe cette semaine, on fait ce cerclage et je rentre chez moi. Je dois être alitée, c'est-à-dire, en gros, je dois être allongée le plus souvent possible sur mon canapé ou sur mon lit. Ce qui était un peu absurde, c'est qu'on me disait toujours écoutez votre corps. Mais moi, mon corps ne me disait rien. En fait, moi, j'étais en pleine forme. J'aurais pu aller courir. Et du coup, ce n'est pas comme quand tu te fais une tendinite. te casses le pied ou tu as mal ou tu ne peux pas marcher. Là, en fait, rien ne me disait que je ne pouvais pas me lever. Donc, c'était que mon cerveau qui devait dire non, non, il faut rester couché.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et c'était hyper dur. Moi, j'avais envie de faire ci, de faire ça. Finalement, mon compagnon a décidé de ne pas aller faire le tournage. Moi, je lui avais dit, mec, pour sa carrière, ça serait peut-être mieux. Mais bon, heureusement, parce que je ne sais pas comment j'aurais fait, en fait, ne serait-ce que pour l'exemple.

  • Speaker #0

    C'est tout.

  • Speaker #2

    Je ne peux rien faire.

  • Speaker #0

    Je ne peux rien porter, pour qu'on comprenne. Tu dois être allongée trois quarts du temps et tu peux rien porter.

  • Speaker #2

    Je peux prendre ma douche debout le moins possible. Heureusement, je n'avais pas d'enfants. Parce qu'il y a des femmes à qui ça arrive qui ont des enfants en bas âge aussi. C'est très difficile. On me disait surtout n'y pensez pas. Mais moi, qu'est-ce que tu voulais que je pense à toi pendant la journée à part ça J'étais dans mon lit ou sur mon canapé. Je lisais, je commençais à regarder des films. C'est... Avec du recul, c'est facile d'en parler, mais sur le moment, je faisais énormément de sport, je faisais beaucoup de la danse trois fois par semaine, j'étais un peu hyperactive. Et tout s'arrête, tu vois, du jour au lendemain. Je me disais, mais comment je vais faire pour ma carrière Mon compagnon me rassure en me disant, mais de toute façon, personne ne se connaît. J'étais là, bon.

  • Speaker #0

    Oui, d'accord.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort avec du recul.

  • Speaker #0

    Sur le coup, c'était peut-être parce que tu voulais entendre.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort. Bref. En plus, je me souviens que quand j'étais pendant ma semaine d'hospitalisation au Diakonès, c'est là, je venais de faire un atelier avec des directeurs de casting. Pour la première fois, on me rappelait, j'étais sur le lit d'hôpital. Et là, je dis, je suis enceinte, je ne dis pas que je suis hospitalisée. Mais non, ça n'ira pas pour le casting. Parce qu'avec des jumeaux, j'avais déjà un ventre. Oui,

  • Speaker #0

    j'imagine.

  • Speaker #2

    J'en avais un gros, même à trois mois et demi. Bref. Et donc, voilà, je suis allitée chez moi, sur mon canapé, sur mon lit. Et je devais quand même de temps en temps aller faire des examens médicaux. Et à 4 mois et demi de grossesse, je vais faire une échographie du col dans un salon de radiologie pas très loin de chez moi. de contrôle. Et là, ils me disent Oh là là, mais ça, c'est encore aggravé. Vous ne pouvez pas rester chez vous. Et du coup, j'ai dû aller en urgence à l'hôpital de Port-Royal, qui est une maternité de niveau 3, contrairement au Diaconès, qui est une maternité de niveau 2. Donc, je ne pouvais plus rester là où je devais accoucher. Parce que c'est trop dangereux. Vous pouvez accoucher n'importe quand et il faut qu'il y ait un service de néonatologie juste à côté de là où vous allez être. Donc là, je me suis retrouvée à Port-Royal, hospitalisée. Au départ, c'était un peu difficile parce que j'étais dans un... Dans une chambre à deux où il y avait... Elle n'est pas toute seule. Au début, non. Et puis, j'avais d'autres femmes qui avaient des problèmes divers et variés de grossesse, que ce soit de l'éclampsie, des choses comme ça. Ça avait été très dur parce que la première personne avec qui j'ai partagé ma chambre, elle était tellement mal qu'en fait, elle ne me parlait jamais. On avait un petit rideau pour nous séparer.

  • Speaker #0

    C'était un moment de solidarité.

  • Speaker #2

    En fait, c'était hyper dur pour moi de ne pas pouvoir échanger avec elle. Et après, il y a eu une jeune de 19 ans qui est arrivée et qui regardait que des trucs que je n'aimais pas trop à la télé. Mais ça m'a fait tellement de bien d'avoir quelqu'un avec qui je pouvais parler, échanger. Et c'était assez dur. Et puis finalement, comme moi, je suis restée longtemps, j'ai eu une chambre à moi toute seule.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et donc, comment ça s'est passé Le jour où j'ai accouché... Moi, c'était en plein mois d'août, donc il n'y avait pas beaucoup de médecins à l'hôpital, il n'y avait pas plein de gens en vacances. C'était une interne qui s'occupait du service. Le matin, elle me dit bon, ça commence à aller mieux, vous allez pouvoir rentrer chez vous à la fin de la semaine et tout Et puis, je me souviens que je commençais à avoir des douleurs dans la matinée et je demandais un médicament pour ces douleurs. Alors, c'était des contractions, mais moi, je ne le savais pas. D'accord. Parce que je n'en avais jamais eu.

  • Speaker #0

    C'est vrai qu'on ne le sait pas.

  • Speaker #2

    Et du coup, je me souviens, je leur dis un truc bizarre, puis les internes étaient en réunion. Bref. Et en fait, le soir, j'accouchais. Donc, ce n'était pas du tout prévu. Vincent, mon compagnon, était en tournage, donc il est revenu en urgence. Et alors, en fait, ce qui a été assez bizarre et douloureux, c'est que j'accouchais, mais je n'étais pas contente, en fait. Parce que je savais que c'était beaucoup trop tôt. Donc, en fait, normalement, quand tu accouches, même si pour une femme, c'est douloureux, etc., c'est un moment de joie.

  • Speaker #0

    Bien sûr, c'est un moment d'accueil.

  • Speaker #2

    Et en fait, c'est ce sentiment. J'accouche, mais je sais que ça va être compliqué, même si je n'y connaissais pas grand-chose. Mais si, parce qu'on nous a posé beaucoup de questions. En fait, quand on est arrivé à la maternité, on nous a posé plein de questions auxquelles on avait beaucoup de mal à répondre. À partir de quels termes vous voulez réanimer votre enfant 24, 26 semaines Je ne sais plus très bien les chiffres. Et nous, on ne savait pas trop, en fait. Oui,

  • Speaker #0

    tu m'étonnes.

  • Speaker #2

    On m'en est des conseils, on m'en est des statistiques. Parce qu'en France, je crois qu'à partir de 25 semaines... On peut réanimer les bébés qui ne respirent pas naturellement. D'accord,

  • Speaker #0

    ok.

  • Speaker #2

    Mais il y a des risques de séquelles, en fait. Et donc, plus tu réanimes les bébés tôt, plus il y a des risques de séquelles qui peuvent être de 30%, enfin des séquelles graves.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    ok. Et donc, toi, tu dois dire un terme à partir duquel tu veux qu'on réanime ton enfant. Et c'est un peu arbitraire.

  • Speaker #0

    Oui, parce que c'est ça. Et puis, j'imagine que façon les statistiques, parfois, il n'y a pas forcément de... Voilà,

  • Speaker #2

    donc nous, on avait décidé que c'était 26 semaines, mais avec des... J'ai accouché à 26 semaines plus 4, ça aurait été 3 jours avant. Alors, si le bébé avait respiré naturellement, mais ce qui est assez rare à ce terme, il serait peut-être resté en vie, mais sinon, voilà. Aux États-Unis, je crois que c'est plus tôt. Donc oui, c'était un peu, beaucoup de questions comme ça, mais effectivement, les soignants ne peuvent pas prendre les décisions à notre place. Mais toi,

  • Speaker #0

    tu n'es pas du tout arrêtée pour décider.

  • Speaker #2

    Ah non, mais moi, je n'étais pas du tout prête, j'ai accouché. J'avais jamais fait de cours de préparation à l'accouchement.

  • Speaker #0

    Bah oui, bien sûr. Les étapes que tu aurais dû avoir.

  • Speaker #2

    Ah oui, bon, ne parlons pas des prénoms, bien sûr, on ne les avait pas. Et j'étais... Je ne savais même pas ce que... La péridurale, je n'en avais pas du tout parlé, c'était beaucoup trop tôt. Donc, voilà, et puis après, ça a été la néonatologie. Pour moi, j'ai un peu vécu ça comme un monde parallèle. Oui, j'ai vu. Où, du coup, Du coup, on allait tous les jours pendant deux mois et demi. Parce qu'à partir de ce moment-là, j'ai dû quitter ma chambre.

  • Speaker #0

    Et tu ne savais pas comment ça... D'accord, donc à ce moment-là, tu quittes l'hôpital.

  • Speaker #2

    Oui, alors je ne sais pas si c'était... En tout cas, pour moi, je ne sais pas comment ça se passe pour d'autres personnes. Pour moi, comme c'était à Paris, du coup, oui, j'ai dû quitter ma chambre. Puisqu'il n'y avait plus de raison que je sois moi-même au hospitalité. D'accord.

  • Speaker #0

    Enfin, oui.

  • Speaker #2

    Oui, moi, en tout cas, je n'ai pas eu de soucis. J'ai accouché normalement, en fait. D'accord. Si tu veux, techniquement, j'ai accouché de mon fils d'abord et après, ils viennent chercher l'autre enfant avec la main, surtout qu'ils sont plus petits que si tu accouchais avec 9 mois. Donc, je n'ai eu aucun souci lors de mon accouchement. D'accord. Je n'ai pas eu de césarienne, je n'ai pas eu d'épisiotomie ou de choses comme ça. Et puis après, oui, donc direct, je rentre chez moi. Alors, c'est assez bizarre, tu rentres chez toi sans enfant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Déjà, tu es partie beaucoup trop tôt. Voilà. Et en plus, tu reviens.

  • Speaker #2

    Après, avec du recul, quand le monde s'est effondré et que je pensais être alitée jusqu'à la fin de ma grossesse, je me suis dit, ah, ça risque de s'arrêter. Avant, si j'avais su, ça aurait peut-être été plus simple. Parce qu'au final, j'ai été alitée que deux mois et pas autant que ce que je pensais.

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr, vous vous êtes arrêtée beaucoup plus.

  • Speaker #2

    Et donc...

  • Speaker #0

    Vous reveniez tous les jours.

  • Speaker #2

    On venait tous les jours et moi, je devais tirer mon lait aussi tout le temps, tout le temps. Parce qu'en fait, les grands prémats ne peuvent boire que du lait maternel. D'accord,

  • Speaker #0

    je ne savais pas.

  • Speaker #2

    Et au départ, ils ne peuvent pas boire le lait de leur mère parce qu'il y a un petit temps où le lait doit être analysé pour vérifier que tout va bien. Donc, c'est là qu'ils boivent du lait de lactarium. C'est pour ça que c'est assez important que les femmes fassent, si elles peuvent, des dons de lait, le lait maternel, ce que j'ai fait par la suite. Donc, moi, je suis rentrée avec mon tire-lait. Je découvrais ce que c'était. Vraiment, j'avais été briefée sur rien. Après, ça, ça prend vie. Donc, j'avais des seins énormes. Un tiers lait, ça ne pompe encore plus qu'un enfant. Ils avaient un petit frigidaire rempli de bouteilles de lait. Et au bout d'un moment, quand ils l'ont analysé et qu'ils ont vu que ça allait, ils ont nourri mon fils, ma fille, je ne sais pas si elle était encore en vie, avec mon lait. Mais ils ne peuvent pas prendre de lait en poudre, en tout cas les grands prémats. Après, moi, j'ai fait le choix de la laiter parce que c'était mieux. Mais je ne sais pas si de toute façon... Une obligation, tu ne peux pas, parce que toutes les mamans ne peuvent pas allaiter. Oui, bien sûr. Et voilà, donc oui. Et puis, ce qui est assez étrange, c'est que la première fois qu'on a vu nos enfants, c'était... On avait un peu peur, en fait. Donc, ils sont dans cette couvreuse avec des lunettes de ski sur les yeux. On les a encore, qui sont violettes. Un masque à oxygène pour respirer et une sonde pour être nourrie. C'est des enfants à peine formés, donc c'est très étrange.

  • Speaker #0

    J'imagine, oui. Puis tu devais avoir de l'épaisseur, c'était très fragile.

  • Speaker #2

    Et après, on a commencé le pot à pot, donc c'est pour ça qu'on venait vraiment tous les jours avec Vincent. Au départ, on prenait tour à tour chacun un bébé, puis après, on n'avait plus qu'un. Donc voilà, et ça... L'aspect positif de ça, c'est qu'en quelque sorte, le père participe à la grossesse. Je sais que César, notre fils, il est très proche de son père. Est-ce que c'est dû à ça ou pas, je ne sais pas, mais en tout cas... Ça, il y a forcément contribué. Et ça, ça a été... Oui, c'est une manière de finir la grossesse en venant tous les jours, en se portant ce temps avec l'enfant sur nous.

  • Speaker #0

    Oui, ça fait un lien très fort. En plus, je crois que le pot à pot, c'est vraiment une des choses qui les aide beaucoup. Enfin, je ne sais pas comment... Il y a le lien et j'ai l'impression aussi qu'il y a... Bon, après, on n'y croit pas, mais moi, j'y crois. Enfin, je ne sais pas, cette chaleur humaine, c'est bête de dire ça, mais le contact...

  • Speaker #2

    Je pense que c'est important pour les enfants, pour les parents. Et puis de toute façon, aujourd'hui, c'est ce qui se fait de mieux. Donc voilà, on passait nos journées, on venait à l'hôpital pour ça, on voyait. Et puis après, il y avait le côté information sur la santé. Parce qu'après, il y a eu des complications. D'accord. C'était un peu les premiers moments. Et c'est vrai que cette sensation d'accoucher sans être contente, c'est un peu... Après, il y a sûrement d'autres cas où ça arrive peut-être, mais en tout cas, c'était assez étrange. Oui,

  • Speaker #0

    c'est étrange. C'est pas sûr pourquoi tu te prépares. Et puis,

  • Speaker #2

    c'est vrai que moi, pour le coup, je ne connaissais personne de mon entourage qui avait vécu ça. Donc, j'étais complètement perdue. J'avais personne de mon entourage, peut-être aussi parce que les gens n'en parlent pas. C'est comme quand j'ai fait cette stimulation, j'avais un peu honte au début. Je n'en parlais à personne. Puis un jour, j'en parle à une cousine et je me rends compte qu'elle a la fête de filles, mais en fait, je ne le savais pas. Il y a plein de gens autour de moi qui avaient eu des stimulations, des filles où je ne sais quoi, du mal à tomber enceinte, mais qui n'en parlaient pas. Donc, ça m'avait rassurée. Je me sentais un peu moins seule. Mais c'est vrai qu'au départ, on culpabilise beaucoup. Et ça, c'est un...

  • Speaker #0

    Tu veux dire d'avoir fait...

  • Speaker #2

    Alors, au départ, déjà, de ne pas réussir à avoir d'enfant, de faire une stimulation, moi, je me sentais un peu à part, pas normale. Et alors, après...

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #2

    moi, je me suis rendue compte de ça en en parlant. C'était... Donc, ça m'avait aidée. Et alors, par contre, de culpabiliser, quand j'ai été hospitalisée, je passais mon temps. Et quand j'ai accouché trop tôt, j'ai... Ça, mais ça, je pense que c'est toutes les femmes qui ont des enfants prématurés. tous les jours, je me voyais mes jours d'avant, on me disait, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû faire ça.

  • Speaker #0

    Je veux dire, c'est déjà assez dur de vivre ça, mais en plus de culpabiliser.

  • Speaker #2

    Ouais, alors est-ce que c'est inévitable Je sais pas. Mais en tout cas, mon cerveau était parti comme ça et je revoyais vraiment tous les jours et là, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû me lever à tel moment.

  • Speaker #0

    Oui, tu te refais tout. Je pense que c'est humain et tout, mais je trouve ça terrible parce que tu vis déjà quelque chose de très dur. D'accoucher si tôt dans ces conditions-là et puis de perdre un enfant, il n'y a pas de... Oui,

  • Speaker #2

    de toute façon, on était au jour le jour, mais c'est vrai que ça... Et ça, ça met du temps à partir, je pense, la culpabilité. Ça met pas mal de temps. Moi, j'avais la chance que Vincent n'était pas... Il était hyper positif, mais pas positif pour rien. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    Il m'a énormément aidé, très très présent. Il ne m'a jamais culpabilisé. Il lui dit que c'est normal, mais en tout cas, il n'y a jamais eu ça. Donc,

  • Speaker #0

    tu te sentais soutenu.

  • Speaker #2

    Oui,

  • Speaker #0

    oui. J'imagine, comme tu dis, dans ce qui est, je pense, dans les épreuves les plus terribles de la vie, d'avoir... D'être soudée, je pense que ça soude aussi.

  • Speaker #2

    Oui, oui. Moi, ça m'a énormément aidée de sentir qu'on était uniques.

  • Speaker #0

    C'est ça, en réalité.

  • Speaker #2

    Parce qu'en fait, ce qui a été compliqué, c'est qu'au bout de quatre jours, on nous annonce que notre fille est morte d'une hémorragie cérébrale. Mais il faut savoir que les enfants, à ce stade-là, elles pesaient 800 grammes à la naissance, et ces parents, ils pesaient un kilo. Ils n'ont aucune protection, très peu d'anticorps, donc ils attrapent un peu tout ce qui passe. Donc, il y en a pas mal qui meurent. Les médecins, ils ont l'habitude.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    oui. Ça peut être d'une hémorragie cérébrale, pulmonaire ou d'une infection. Je ne suis pas assez calée. Et donc, on nous annonce ce jour-là que Louise, notre fille, malheureusement, est morte. Et ce jour-là, on nous annonce aussi que César a eu une méningite bactérielle et qu'il y a une chance sur deux qu'il soit normal, si je schématise.

  • Speaker #0

    Oh là là, oui.

  • Speaker #2

    Donc là, c'était éventuellement moi. J'ai hurlé dans l'hôpital. Comme j'ai perdu ma mère à 14 ans et je pensais avoir eu son diminuté, tu sais. Oui. Moi j'ai ça, il ne pourra plus rien m'arriver. Donc là, c'était très dur. J'ai hurlé, je disais mais je ne sais pas à qui je parlais. Et puis en plus, les médecins qui t'annoncent ça, forcément, on ne les aime pas trop parce qu'ils nous annoncent des nouvelles.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas toujours le tact.

  • Speaker #2

    Non. Et c'est vrai que... Et puis on essayait d'avoir des informations sur la méningite bactérielle. On lui a balancé pas mal d'antibiotiques, donc ça a été soigné. Mais il y avait un risque. On nous disait, il peut par exemple devenir saut. Les médecins nous disaient, on ne peut pas savoir tant qu'il ne grandit pas. Et Vincent était très, très confiant, en fait. Non, je vois que tout va bien. Et ça m'a beaucoup aidé.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était vraiment ton rock, si je puis dire. Oui,

  • Speaker #2

    oui, c'est sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je ne peux pas imaginer ce que c'est, mais de me dire au moins que c'est solide.

  • Speaker #2

    Oui, et puis... Une autre chose qui nous a beaucoup aidé, c'était les infirmières et les infirmiers qui étaient formidables. On en avait une en particulier qui s'appelle Anne, qui était extraordinaire. Elle sentait tout. Par exemple, elle nous avait dit qu'il y avait un risque que César soit sourd. Parfois, j'arrivais près de son berceau et je tapais dans les mains pour voir s'il entendait. Et puis, il ne bougeait pas. Je disais, rassurez-vous, Amélie. Là, il dort, il est en sommeil profond, il ne peut pas vous entendre, c'est normal. Et elle disait, vous savez, j'en ai vu passer des enfants de ce terme, je vous assure, tout va bien.

  • Speaker #0

    Oh,

  • Speaker #2

    c'est tellement bien. Je pense qu'elle avait une grande expérience. Elle a été formidable, et d'autres, c'était celle qui était notre infirmière référente. Et le pire, c'est qu'elle-même nous racontait qu'elle était seule et qu'elle voulait des enfants. Elle est allée en Espagne parce qu'elle n'avait pas de conjoint. Donc, on avait vraiment développé une relation assez forte avec elle. Elle nous a accompagnées. Ça, ça fait aussi partie des personnes qui nous ont beaucoup, plus notre entourage familial. Un départ. Oui, un départ. Voilà, c'est ça. Les infirmières. Les infirmières, il y avait aussi une psychologue. Ça, c'était chouette parce que moi, j'en ai eu vraiment besoin à ce moment-là. J'avais le droit de voir une psychologue à l'hôpital. Et elle m'avait beaucoup aidée. Parce qu'en fait, le problème de l'entourage, c'est que c'est quelque chose que les gens connaissent peu. Donc, moi, je me retrouvais, je ne savais pas à qui parler de ça, avec qui échanger. Et on se retrouve un peu seule.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Dans ton entourage, il y avait peut-être des personnes qui avaient eu...

  • Speaker #2

    Je crois que des amis de mon frère avaient eu des grands prémats, donc ils nous avaient donné des habits minuscules comme des habits de poupée pour le début.

  • Speaker #0

    Voilà, même dans mes amis, je ne connaissais personne. Donc là aussi, je ne sais pas si tu connais l'association SOS Préma, qui m'avait pas mal aidée aussi. C'est juste le fait de pouvoir parler à des gens et de sortir un peu moins seul au monde, de pouvoir partager.

  • Speaker #1

    Qui te comprennent et qui peuvent aussi te conseiller ou partager des expériences. C'est ça,

  • Speaker #0

    je ne saurais plus dire sur quoi, mais moi ça m'avait été très utile, même juste de parler à des gens au téléphone. d'échanger, parce qu'avant, on était dans une association jumeaux et plus. Donc, on s'était investis, on avait fait une chambre, patati patata, on avait tout préparé, on commençait. Et puis, j'ai changé d'association. Mais, ouais, c'est des associations, en tout cas, qui sont extrêmement aidantes quand t'es en plein dans la tempête. Moi, je suis quelqu'un qui a... J'ai beaucoup besoin de parler, d'échanger et là, ça a été un vrai soutien. En plus des infirmières, de la psychologue.

  • Speaker #1

    Et puis de se sentir vraiment compris en tant que...

  • Speaker #0

    Parce que bien sûr, j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'a toujours soutenue. Beaucoup de gens sont venus me voir à l'hôpital, mais ce n'est pas la même chose parce qu'ils ne connaissent pas.

  • Speaker #1

    Je trouve que c'est similaire pour d'autres tempêtes de la vie aussi. L'entourage, bien sûr, c'est un soutien, ils sont là. Mais c'est vrai que ce soit des associations ou des personnes qui sont passées par là, ça change tout en fait. Tu te comprends, ça change tout. C'est différent, je trouve. Puis parfois tu vas parler plus alors que pourtant... Pourtant, tu te connais moins parce que tu as partagé la même chose.

  • Speaker #0

    Donc, que ce soit de parler au téléphone ou de lire des témoignages ou d'avoir des conseils. C'est très, très... Oui, c'est des phares, comme tu dis, dans cette tempête.

  • Speaker #1

    Et qu'est-ce que tu dirais... Quel est ton arc-en-ciel

  • Speaker #0

    Mon arc-en-ciel, c'est notre fils.

  • Speaker #1

    J'allais dire, mais je...

  • Speaker #0

    C'était une tempête, nous on a eu la chance On a toujours considéré qu'elle s'était bien terminée On est vraiment On est toujours resté sur le positif Il faut savoir qu'à l'hôpital on a vu des gens qui repartaient sans bébé, on a vu des gens dont les bébés avaient des séquelles très graves On a vu une mère qui avait des quadruplés, qui avait pas voulu faire de réduction parce que c'était arbitraire et qui chaque jour perdait un bébé Donc même si ça a été difficile de payer à Louise, on s'est vachement axé sur On a On a un petit garçon qui, au final, va très bien. Qui va bien,

  • Speaker #1

    en plus.

  • Speaker #0

    Et on s'est beaucoup axés là-dessus. Même s'il a fallu, malheureusement, gérer... On a dû enterrer notre fille. Moi, je n'étais pas en état. Ma belle-mère nous avait beaucoup aidés.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je n'étais pas du tout en état à l'école. Je dirais ça. Et c'est vrai que... Enfin, bref, la tombe, le machin, les obsèques, c'est un truc...

  • Speaker #1

    Oui, c'est pas possible.

  • Speaker #0

    Mais on a eu cette chance, parce qu'on a vu des gens repartir sans enfant, d'avoir un an. Et donc, oui, c'est notre arc-en-ciel et on s'est vraiment axé là-dessus. Moi, je me suis pas... Si tu veux, oui, il y a eu un deuil. Alors peut-être au départ, je me disais non, c'est pas grave et tout. Donc après, il faut aussi accepter que c'est quand même quelque chose qui nous arrive et que ça peut effectivement laisser des traces par la suite. Mais on est vachement resté là-dessus. On a eu beaucoup de chance. On est sortis de là en disant on va, beaucoup de chance. On a frôlé de près. Et puis, notre enfant va très bien. Maintenant, il a 13 ans. C'est un ado, donc voilà. Avec le côté qui va avec. Il est très calme. Donc, c'est très, très, très calme. Est-ce que ça vient du pot à pot Je ne sais pas. Je ne sais pas si ça va. Ça, c'est plutôt un bon côté. Mais oui, c'est notre arc-en-ciel, mon arc-en-ciel.

  • Speaker #1

    Vous avez été très fortes, tous les deux. Et tous les trois.

  • Speaker #0

    Oui, lui, c'est un petit... Écoute, maintenant, il s'appelle César, mais c'est un petit guerrier. Oui, c'est ça. Ça l'a forcément marqué. En plus, je ne sais pas les détails, mais il avait dû être opéré dans un autre hôpital plus tard. Ce n'est pas assez simple. Oui,

  • Speaker #1

    j'imagine.

  • Speaker #0

    Mais il est sorti de l'hôpital mi-octobre, alors qu'il devait naître mi-novembre. D'accord. Attends, je dis... Août, septembre, octobre... Non, presque trois mois. Pas deux mois et demi, trois mois pratiques.

  • Speaker #1

    Il a dû se faire opérer quand il était encore en couveuse Non,

  • Speaker #0

    après on a dû aller à l'hôpital Trousseau pour une opération par la suite. C'était un reparti, ce n'était pas évident de repartir dans un autre service de néonate. C'était le process en fait. Mais bon écoute, c'est un petit guerrier.

  • Speaker #1

    Un beau petit guerrier, super parent.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas s'ils sont super, mais en tout cas, les parents qui essayent de faire le mieux.

  • Speaker #1

    En tout cas, tout ce que vous avez pu traverser en étant aussi unis.

  • Speaker #0

    Oui, évidemment, ça aide vachement d'être unis. J'ai eu la chance qu'on soit très unis et ça m'a beaucoup aidée. Moi, j'étais un peu ramassée à la petite cuillère.

  • Speaker #1

    J'imagine. Je ne peux même pas dire j'imagine.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a du temps qui a passé, donc j'en parle avec plus de recul. Mais c'est vrai que je trouvais que le monde était bien injuste.

  • Speaker #1

    Tu m'étonnes. Je pense qu'il y a de plus terrible.

  • Speaker #0

    Après, on sait bien qu'on a tous la vie et n'est pas rose et linéaire pour tout le monde. Donc, chacun a ses tempêtes. Et puis, l'important, c'est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. ça reste le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas.

  • Speaker #1

    Complètement. Ça fait un beau lien pour si tu avais un conseil, ou plusieurs conseils à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas forcément ni son phare, ni son arc-en-ciel.

  • Speaker #0

    Bon, je ne suis pas grand-chose pour donner un conseil. Je ne sais pas, se dire que... Il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps, que j'aime beaucoup écouter, parce que c'est une chanson en allemand qui dit Es fiel, vieler gut ça veut dire ça va aller mieux Elle est très jolie cette chanson, je l'ai découverte cette année dans un film, je n'arrête pas d'écouter. Et en gros, ça veut dire que la tempête va finir par passer et qu'on fait tout. toujours de notre mieux. Moi, maintenant, je perds peut-être moins de temps à regarder le passé, à regretter, à culpabiliser en me disant j'ai fait de mon mieux. C'est-à-dire qu'on fait toujours de son mieux et qu'il ne faut pas trop se mettre en cause parce qu'il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. On n'est pas coupable ni responsable de tout. Mais partir avec cette pensée que forcément les choses vont aller mieux, on va en sortir de cette tempête et qu'on fait de notre mieux, ça aide aussi.

  • Speaker #1

    On se crée un peu notre phare, comme ça.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Et que, après la pluie et le beau temps, c'est peut-être un peu banal, mais les choses vont finir toujours par s'apaiser avec le temps, c'est sûr. Et on trouve toujours des solutions en nous pour traverser ça. Après, c'est sûr que moi, j'ai trouvé ça plus facile d'être entourée, d'avoir Vincent avec moi. de nous sentir unis. Mais après, chaque chemin est différent, chaque chemin est particulier. Et finalement, on n'est pas grand-chose dans ce monde. Voilà. Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et quel est ton mantra préféré

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si j'ai un mantra. Quand j'étais jeune, j'avais vraiment ce truc dans la tête. Là où il y a la volonté, il y a le chemin, tu sais. En anglais, il y a where there is the will, there is the way Mais j'en suis un peu revenue parce que ça me rendait plutôt malheureuse. Finalement, je me suis dit qu'on n'est pas tout puissant.

  • Speaker #1

    Oui, par rapport à ce que tu disais sur on ne contrôle pas tout Oui,

  • Speaker #0

    moi, le fait, je ne sais pas si j'en parlais tout à l'heure, mais l'acceptation, c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps et qui m'aide beaucoup. Un de mes mantras, c'est la phrase tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien Ça m'aide parfois à relativiser les choses et à avancer, à prendre les choses peut-être avec plus de recul, avec moins de sérieux. Moi, je suis quelqu'un d'assez… Je me bats, tu vois, le mantra initial. Je ne sais pas si on peut parler de mantra que j'avais quand j'étais jeune. J'avance, je fais les choses, je me bouge, mais au bout d'un moment… On ne peut pas tout contrôler. Non. Ça, c'est un peu une chose que j'ai appris avec le temps, avec la vie. Et de se ramener à ça, finalement, on ne sait pas grand-chose, mais on avance. Oui, c'est ça. Le mieux qu'on peut et avec le plus d'amour possible, en fait. Donc, voilà. Après, c'est vrai que je ne suis pas forcément une personne avec des mantras tous les jours, mais peut-être que c'est une chose que je devrais faire. Là, en ce moment, je suis sur pas mal de projets, donc je suis un peu à 100 valeurs.

  • Speaker #1

    Oui, si, si, mais ça en fait plusieurs. Mais c'est intéressant, je trouve, sur le contrôle, d'accepter avec le temps le fait qu'on est moins de contrôle. Je pense que ça enlève aussi, je ne sais pas comment dire, un poids.

  • Speaker #0

    Oui, ça m'a pris beaucoup de temps, je l'avoue. Et puis, je pense qu'on me le disait beaucoup autour de moi, mais il faut aussi le temps de l'admettre, de l'accepter, de le comprendre, pas que dans sa tête, mais dans son corps. Ce qui n'empêche pas qu'on peut vouloir quelque chose à fond et tout mettre en place. Ça donne ça. ça donne des fruits, mais voilà, il y a des choses qui sont malheureusement hors de notre contrôle. Et je sais que, par exemple, quand j'étais à l'hôpital, c'était très difficile parce que nous, on passait notre temps à poser des questions aux médecins. Dans combien de temps il va sortir Il y a combien de pourcentages de change Peut-être pas aussi précise, mais qu'est-ce qui va se passer avec la méningite Et on nous répondait, la médecine n'est pas une science exacte. Et moi, je ne supportais pas cette phrase, en fait. J'avais envie d'avoir des réponses précises. Demain, il peut exagérer, mais il pèdera tant. Et ça a été très difficile. Et puis, au bout d'un moment, c'est d'accepter aussi ça. Les choses, elles ne se contrôlent pas. On ne sait pas grand-chose. On avance comme on peut. Ça peut être difficile au quotidien, mais c'est comme ça, en fait. Peut-être que les épreuves, elles t'aident aussi à comprendre ça. Et du coup, peut-être... être plus indulgent avec soi-même, plus indulgent avec les autres aussi. Et aussi, quand il y a une petite tempête qui passe, tu sais, c'est comme le surfeur qui prend la vague. Si tu as les jambes pliées et que tu es dans une attitude d'acceptation, de souplesse, tu la prends beaucoup plus facilement que si tu es tout tendu, tout trop volontaire, à vouloir absolument. Et l'attitude avec laquelle on va prendre les choses va vachement aider aussi. Et peut-être que moi, à l'époque, j'ai eu Je pense que j'ai avancé là-dessus et je prendrais peut-être, si ça me réarrivait, des choses avec plus de souplesse. Après, au final, tout va bien, mais c'est aussi de prendre les choses un peu plus comme elles viennent, de voir le verre à moitié plein plutôt que vide. Nous, c'est ce qu'on a quand même beaucoup fait en se disant qu'on a beaucoup de chance. Ça, ça nous a beaucoup aidé de ne pas rester trop dans... le deuil non plus, mais même si, bien sûr, notre fille... Ça, c'est un sujet qui est aussi important. On en a très vite parlé à notre fils. Il est au courant. Il a été sur sa tombe. On n'avait pas envie de le cacher parce que je pense que les secrets de famille, ça peut créer plus de problèmes que la chose en elle-même. Mais voilà, on a voulu se concentrer sur la vie, etc. Même si Louis est toujours présente, mais tu vois, pas dans un truc forcément noir ou négatif parce qu'on n'avait pas envie de ça. Je ne sais plus ce que je disais. Mais je ne sais plus, je ne sais plus. Bref.

  • Speaker #1

    Non, mais que oui, vous avez de voir le verre à moitié plein et que vous, c'est plutôt ce que vous avez fait.

  • Speaker #0

    Oui, je ne dis pas qu'on y arrive pas. Je ne suis pas forcément exemplaire.

  • Speaker #1

    Non, mais d'essayer d'être là-dedans et de se dire qu'on ne maîtrise pas tout.

  • Speaker #0

    Et puis parfois, le fait, c'est sûr que le fait d'avoir vécu des tempêtes te rend... Voilà, moi, je pense que le fait d'avoir perdu ma mère jeune, ça m'a rendu... être plus angoissée sur certaines choses. Maintenant, je l'accepte. Je ne l'acceptais pas avant. C'est comme ça, rien à voir. Mais j'ai eu un accident de voiture assez impressionnant. Quand j'avais 20 ans, j'ai encore des stress en voiture. Les choses ne partent pas complètement de notre corps. Donc, on n'est pas ça. Et ça aussi, moi, j'ai fini par l'accepter.

  • Speaker #1

    Oui, que ça fait partie de nous, en fait, les tempêtes. Ça fait partie des choses qu'on ne fait pas.

  • Speaker #0

    Il reste des marques dans le corps aussi, pas que dans le mental. Mais de l'accepter, ça rend les choses plus faciles, plus coulantes. Plutôt que de se dire, j'aimerais que ça parte. Non, en fait, ça fait pas trop.

  • Speaker #1

    Comme tu dis, c'était intéressant par rapport au surfeur sur la vague, se dire, oui, le côté doron,

  • Speaker #0

    d'être plus souple.

  • Speaker #1

    Et préaccueillir les choses, qu'elles soient positives ou négatives, et les tempêtes, et de se dire...

  • Speaker #0

    Et qu'il y en aura forcément.

  • Speaker #1

    Il y en aura, c'est comme... Oui, c'est ce qu'on me dit d'ailleurs souvent sur ce podcast, et je trouve ça intéressant, c'est qu'il y a des tempêtes. Toi, c'est vrai que tu en as déjà eu beaucoup, donc je pense qu'on peut laisser Amélie tranquille, s'il vous plaît, maintenant. Oui, mais bon, t'es apprise.

  • Speaker #0

    C'est marrant, j'avais cette croyance un peu inconsciente quand j'étais jeune, que j'avais cette immunité, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, mais je comprends en même temps ce que t'avais déjà eu des choses telles. de dire à un moment, ça va, en fait, je vais...

  • Speaker #0

    Après, terrible, tout est relatif. Parce que si tu veux, oui, de perdre sa mère à 14 ans, quand on est en France, dans les années où j'étais au collège-lycée, ce n'était pas commun. Mais après, tu es allée voyager en Afrique. Quand je disais ça, il y avait plein de gens qui avaient... Enfin, voilà, c'est une question aussi d'où on se trouve.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais c'est sûr qu'en France, ça va être tout un souci. Enfin, ce qui est normal, mais on va en faire beaucoup plus cas que dans certains pays où la mort est peut-être plus fréquente. Mais oui, ça, je ne crois plus ça.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la vie est comme ça. Après, je pense que ces tempêtes nous apprennent beaucoup et tout. Oui,

  • Speaker #0

    je pense qu'effectivement, il y a cette phrase, tout ce qui ne tue pas en plus fort. Je ne sais pas si c'est ma devise, mais en tout cas, c'est sûr que ça te... Ça te renforce Est-ce que ça nous enrichit Oui, ça nous renforce d'une certaine manière. Ça nous rend peut-être plus souples pour l'avenir, pour les choses. Mais bon, ça n'empêche pas que c'est toujours difficile d'être dans des pans de tempête. Et que ça reste des moments qui ne vont pas forcément être agréables à traverser. Avec du recul, c'est beaucoup plus facile d'en parler.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, et puis c'est vrai que, tu vois, je te parlais tout à l'heure des infirmières, de Vincent, de ma famille, de mon entourage. Moi, ça a été tellement important pour moi, tous ces gens autour.

  • Speaker #1

    Évidemment, c'était une force.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que tout seul, je n'aurais pas réussi à traverser ça.

  • Speaker #1

    Et est-ce qu'il y a un livre qui a changé ta vie Il peut être associé à ta tempête, ça peut être un autre moment. Parfois, c'est la première lecture.

  • Speaker #0

    Des livres qui m'ont marquée, il y en a plein.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas s'il y en a un ou peut-être auquel tu repenses à différents moments de ta vie.

  • Speaker #0

    Il y a un livre qui m'a beaucoup marquée, c'était 24 heures de la vie d'une femme de Stephen Sveig. Alors, ce n'est pas spécialement lié à ce que j'ai vécu. Je me souviens quand je l'ai lu. Il se trouve que là, en plus, je le joue au théâtre dans une petite compagnie.

  • Speaker #1

    Ah, super

  • Speaker #0

    Mais je ne pense pas que c'est un livre qui ait changé ma vie, mais qui m'a beaucoup marquée. Et là, je repense à cette phrase de fin, parce que cette femme qui tombe éperdument amoureuse de ce jeune homme qu'elle pense pouvoir, entre guillemets, soigner de son addiction au jeu, et ça ne marche pas. Et finalement, à la fin... Elle dit, quand j'ai appris qu'il est mort, je ne sourcillais même plus. Elle est passée à autre chose. Donc, il y a quand même un truc. Et elle a été, voilà, ces 24 heures ont à la fois changé sa vie, mais finalement, au bout d'un moment, elle est passée à autre chose. Et dans la vie, parfois, il faut passer à autre chose aussi. Même si c'est évidemment très triste qu'il soit mort de cette addiction. Je sais que ce livre, comme je pense pas mal de gens...

  • Speaker #1

    Je pense qu'il a marqué. Oui,

  • Speaker #0

    il a pas mal marqué. Il y a sûrement d'autres livres,

  • Speaker #1

    mais là,

  • Speaker #0

    comme je suis en plein...

  • Speaker #1

    Non, mais il y a une bibliothèque, tu vois, il y a la playlist, mais après on va passer à la musique, mais il y a la bibliothèque aussi, donc régulièrement je donne un peu les tips livres, ça donne des idées.

  • Speaker #0

    Il y a bien sûr d'autres livres, mais...

  • Speaker #1

    Non, mais c'est bien, on ne l'avait pas encore en plus. Donc c'est parfait, directement la bibliothèque du podcast. Il faut que je fasse une bibliothèque maintenant. Et ensuite, la musique qui te donne la pêche. Alors qui rejoindra la playlist sur Spotify son plus grand succès.

  • Speaker #0

    Il y a la chanson dont je te parlais tout à l'heure. J'écoute pas forcément beaucoup de chansons en allemand, mais pour ceux qui ont l'occasion, je l'ai découverte dans un film qui s'appelle Unamore de... Attends, je vais te redire. C'est une réalisatrice espagnole qui s'appelle Isabelle. Qui s'appelle Isabelle Coixet.

  • Speaker #1

    Ah oui, j'aime beaucoup. Voilà.

  • Speaker #0

    Et c'est son dernier film. J'ai adoré cette chanson.

  • Speaker #1

    Attends, tu peux nous redire le titre.

  • Speaker #0

    Alors attends, je vais te redire le... Sinon, moi, vraiment, j'adore écouter de la musique. Quand je ne suis pas très bien, j'écoute de la musique.

  • Speaker #1

    C'est un bon remède. Oui,

  • Speaker #0

    c'est un bon remède d'écouter des éclectiques. J'adore. Enfin, je peux écouter aussi bien du reggae, du ragamuffin, du Chopin, d'un musique traditionnelle française. J'adore. Donc ça, je pourrais t'en citer plein. Mais c'est vrai que... Alors, je vais te dire exactement...

  • Speaker #1

    C'est très éclectique, la liste. La plus liste.

  • Speaker #0

    la playlist elle est très éclectique et ça s'appelle Max Rabeu Palast Orchestra Es wird wieder gut bon moi je parle allemand vu que je suis alsacienne mais c'est une chanson je trouve qui est assez en lien avec avec ce dont on parle pas un inflo des tempêtes de la vie et j'adore les sonorités je sais pas moi elle me fait du bien elle va rejoindre la plis donc après on a beaucoup beaucoup je crois que mon petit kiff c'est

  • Speaker #1

    parfois je suis jamais aussi bien que quand je suis dans mon canapé à écouter de la musique mais oui ça fait du bien je me rends compte que je le fais plus assez que je suis moins souvent seule mais ça fait tellement de bien la musique et c'est pour ça parfois même je me dis tiens j'ai créé cette playlist il faudrait que je l'écoute plus au réveil parce

  • Speaker #0

    que c'était le but au réveil ou dans les moments où ça peut nous faire du bien voilà mais après on va chanter mille tu vois ça c'est plus une chanson en lien avec ce dont on parle aujourd'hui

  • Speaker #1

    Et quelle est ta vision du bonheur aujourd'hui

  • Speaker #0

    Ah ah Je pense que le bonheur aujourd'hui, il est à la fois dans les petits moments de vie, dans mon cas, c'est des petits moments en famille. Ça peut être, je ne sais pas, maintenant notre fils a 13 ans, des moments où on écoute de la musique, on se fait des blind tests, des moments très simples. C'est vraiment ces moments. Un peu unique, où on rigole ensemble. Puis après, il y a les moments de bonheur aussi qui sont liés, personnellement, au projet que je vais réussir à mettre en place. Là, c'est plus lié aux professionnels. Pas cette année, mais l'été dernier, je suis allée tourner à Budapest dans une grande série israélo-anglaise. Jamais j'aurais pu penser vivre une expérience pareille. C'était extraordinaire. C'était incroyable. J'étais hyper heureuse. Moi qui, au départ, n'ai aucun comédien dans ma famille, ne viens pas du tout d'un milieu artistique. C'était un rêve. C'est quelque chose dont je n'avais même pas rêvé qui se réalisait. Donc, c'était assez incroyable. C'était un petit moment de bonheur. Et là, le film qu'on va faire avec Marion Chrisman, que je prépare en ce moment, c'est hyper excitant en ce moment. Je ne sais pas si c'est du bonheur, mais c'est très...

  • Speaker #1

    Ah bah oui, c'est galvanisant.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, ça a été... Je n'en ai pas parlé tout à l'heure. Ça a pu être aussi... Est-ce que c'est un arc-en-ciel ou un phare Je ne sais pas. Mais un moyen aussi de mettre un petit pansement. Je ne sais pas si c'est un moyen de mettre un pansement, mais d'aller au-delà de ça, pour moi, ça a été la création. Et quand on a fait notre... C'était un film de Micone, un film très court, qui s'appelait Poussière d'étoiles, qui parlait du deuil. Moi, et notre film, on parlait d'une certaine manière, même si je ne veux pas trop en parler auparavant. C'est aussi un moyen, en fait, de... de parler de ce qui nous arrive ou de ces tempêtes, sans forcément tomber dans un pathos ou dans un truc où personne n'a envie d'être victimisé non plus, qu'on est là, ça ne va pas et tout. C'est quelque chose d'assez important pour moi et qui m'apporte aussi du bonheur de Dieu, d'une certaine manière. C'est un peu des différentes sortes de bonheur, mais des moments très très simples en famille ou même toute seule avec de la musique. C'est aussi des moments de bonheur, en fait. C'est à des petits endroits, à des petits moments. Ce n'est pas tout le temps, bien évidemment. Mais d'accepter que ça puisse être très simple, c'est chouette.

  • Speaker #1

    Oui, c'est important.

  • Speaker #0

    Voilà. Top.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et prends soin de toi.

  • Speaker #0

    Toi aussi, merci. Merci.

  • Speaker #1

    Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note 5 sur 5 sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyons vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.

Description

🌈 Aujourd'hui je reçois Amélie Prévot. Amélie est comédienne. Elle est la maman d’un petit garçon, César, qui a 13 ans et est toujours en couple avec le papa.


☔ Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu’elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s’ouvrir - un coup dur pour l’hyper-active qu’elle est avec plein de projets. Elle accouche très en avance à 5 mois et demi. Son fils fait 2 mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de 4 jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital où ils viennent tous les jours pendant 2 mois et demi, l’annonce du diagnostic de méningite de son fils avec une chance sur 2 qu'il soit normal, les questions sans réponses face aux médecins..Elle le dit, ça a été très dur.

Ce qui l’a aidée : avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui, les infirmiers/infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seule.


☔ Son arc-en-ciel, c’est son fils : “On est toujours resté sur le positif, nous dit Amélie. Elle ajoute qu’à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébés ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c’est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle, c’est un petit guerrier.


🩵Son conseil : “La vie n’est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L’important, c’est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. C'est le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu’on ne maîtrise pas”.


Amélie Prévot - “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”


Bonne écoute!


TW - Attention, cet épisode est plein de la lumière, de la pudeur et de la positivité d'Amélie à travers sa tempête mais il aborde le sujet difficile du deuil périnatal. À écouter dans les meilleures conditions.


✍️ Si vous aimez le podcast et voulez me soutenir : prenez une minute pour mettre une super note 5/5 sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous suivez les épisodes. Et envoyez le lien à vos proches, vos collègues, toute personne qu'il pourrait inspirer ou aider. Merci à tous! 💟






Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteure. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. J'en ai fait un spectacle. qui s'appelle K, surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir. Pour ne plus attendre, vous affirmez dans votre voix et donnez tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction à sa vie et réaliser ses rêves.

  • Speaker #0

    Sans pluie,

  • Speaker #1

    pas d'arc-en-ciel. Aujourd'hui, je reçois Amélie Prévost. Amélie est comédienne. Elle est la maman d'un petit garçon, César, qui a 13 ans, et est toujours en couple avec le papa. Amélie vient nous parler de sa tempête. Il y a 13 ans, alors que sa gynéco lui avait dit qu'elle n'y arriverait pas, grâce à une stimulation, elle tombe enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Une grossesse sous contrôle puisqu'elle est alitée dès 3 mois, le col ayant commencé à s'ouvrir. Un coup dur pour l'hyperactif qu'elle est, avec plein de projets. Elle accouche très en avance, à 5 mois et demi. Son fils fait deux mois et demi de couveuse et elle perd sa fille au bout de quatre jours. Elle raconte sa grossesse, le monde parallèle du service de néonatologie de l'hôpital, où ils viennent tous les jours pendant deux mois et demi, l'annonce du diagnostic de méningite de son fils, avec une chance sur deux qu'elle soit normale. Les questions sans réponse face au médecin, elle le dit, ça a été très dur. Ce qui l'a aidé Avoir Vincent, son compagnon à ses côtés, se sentir unie avec lui. Des infirmiers et infirmières qui étaient formidables, une en particulier, Anne, la psychologue de l'hôpital et l'association SOS Préma, un vrai soutien pour parler, échanger et se sentir moins seul. Son arc-en-ciel, c'est son fils. On est toujours resté sur le positif nous dit Amélie. Elle ajoute qu'à l'hôpital, ils ont vu des gens repartir sans bébé ou avec des bébés avec des séquelles très graves. Et même si ça a été très difficile de perdre leur fille, Ils se sont concentrés sur le fait qu'ils avaient eu de la chance, car leur petit garçon allait très bien. Il a 13 ans aujourd'hui, c'est un ado. Il s'appelle César, nous dit-elle. C'est un petit guerrier. Son conseil La vie n'est pas linéaire et rose pour tout le monde. Chacun a ses tempêtes. L'important, c'est de continuer à avancer et être dans l'amour. C'est le plus important, parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas. Amélie Prévost. Tout ce que je sais... C'est que je ne sais rien.

  • Speaker #0

    Bonjour Amélie.

  • Speaker #2

    Bonjour.

  • Speaker #0

    Merci d'être avec moi.

  • Speaker #2

    Avec plaisir, je t'en prie.

  • Speaker #0

    Alors Amélie, est-ce que pour commencer, je peux te demander de te présenter

  • Speaker #2

    Oui, je m'appelle Amélie Prévost, je suis maman d'un petit garçon qui s'appelle César, qui a 13 ans et je suis toujours en couple avec son papa et je suis comédienne. Ok.

  • Speaker #0

    Alors, avant de parler de ta tempête, on va aller un petit peu dans l'enfance. Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais quand t'étais enfant

  • Speaker #2

    Ah Alors, je sais que je détestais les poupées Barbie. J'avais horreur de tout. J'aimais pas du tout les trucs trop féminins et tout. Moi, c'était plutôt... Je jouais beaucoup au Lego, au Playmobil. Je jouais beaucoup dehors. Je faisais des cabanes parce que je viens d'Alsace, une petite ville. Et on était beaucoup, beaucoup dehors. Et j'ai, juste après moi... J'ai six frères et sœurs, donc j'ai une famille nombreuse. Et juste après moi, j'ai deux frères. Et donc voilà, on jouait beaucoup ensemble. Et c'était plutôt des jeux, ni filles ni garçons, des jeux auxquels on peut jouer tous ensemble.

  • Speaker #0

    Il y avait déjà des histoires. Les gens ne voient pas toujours le lien avec l'enfance, mais on voit après.

  • Speaker #2

    Oui, peut-être. Mais en tout cas, je me souviens qu'on m'offrait des Barbies. Je n'avais pas courant de faire ces trucs-là. Je n'aimais pas du tout.

  • Speaker #0

    Tu n'es pas la team Barbie. Il y en a bien les deux.

  • Speaker #2

    J'ai finalement regardé le film cette année, mais au départ, ça ne va pas.

  • Speaker #0

    Ce n'est pas une évidence.

  • Speaker #2

    Ce n'est pas une évidence, mais je ne sais pas pourquoi. Bref, si je sais, je n'aimais pas mettre des jupes. Il y avait un truc en rapport avec ça, peut-être.

  • Speaker #0

    C'était moins pratique pour construire les maisons dehors.

  • Speaker #2

    Voilà, exactement. Non, c'était plutôt vélo, ping-pong, je cours, ce genre de trucs.

  • Speaker #0

    Donc le short, c'est mieux.

  • Speaker #2

    Exactement.

  • Speaker #0

    Le confort.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et est-ce que tu te rappelles à quoi tu rêvais quand tu étais enfant

  • Speaker #2

    Tu veux dire...

  • Speaker #0

    Est-ce que tu rêvais, alors ça peut être, est-ce que tu rêvais pour plus tard Je sais qu'à un moment donné,

  • Speaker #2

    mais c'était très banal, je rêvais d'avoir quatre enfants que je puisse mettre dans une Renault Espace. C'était mon...

  • Speaker #0

    C'est pas mal ça.

  • Speaker #2

    Ce que je n'ai pas du tout, mais je ne sais pas pourquoi il y avait. Bon, après, c'était l'époque de la Renaud Espace, c'était tout nouveau, donc je ne suis pas toute jeune. Mais il y avait ce truc, je ne sais pas, c'est un peu la famille parfaite. Ce n'est pas du tout ce que je suis devenue, mais c'était, on va dire, un de mes souhaits pour plus tard. Après, le reste, je n'ai pas beaucoup de souvenirs de mes rêves. Je voulais être chimiste au départ et faire plein de potions, pharmacienne, mélanger des produits, des couleurs. Mais ça, c'était plus sur les métiers, tu vois. Oui, un petit peu la création.

  • Speaker #0

    Un petit peu la création, c'est vrai.

  • Speaker #2

    On est sur l'aventure et la création.

  • Speaker #0

    C'était pas mal.

  • Speaker #2

    Enfin là, je parle de quand j'étais vraiment enfant. Après, des rêves, j'en ai eu plus tard. Enfin, des rêves plus conscients, mais c'est un peu mes souvenirs.

  • Speaker #0

    Écoute, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #2

    Voilà.

  • Speaker #0

    Et alors, qu'est-ce que tu peux nous dire sur ta tempête

  • Speaker #2

    Tu veux dire que je te dise de quoi il s'agit Oui. En gros. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    La tempête dont je viens de parler aujourd'hui, c'est qu'il y a 13 ans, je suis tombée enceinte. Moi, j'ai eu du mal à tomber enceinte, donc j'ai fait des injections.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Des injections d'hormones. Et ça a marché. Et je suis tombée enceinte de jumeaux, un petit garçon et une petite fille. Et comme ça arrive parfois, mais bon, moi, je n'étais pas très au courant à l'époque, j'ai accouché très en avance. J'ai accouché à 5 mois et demi ou 26 semaines plus 4 pour les femmes qui connaissent un petit peu plus ça de près. Mon fils, enfin notre fils avec Vincent a fait 2 mois et demi de couveuse et on a perdu notre fille au bout de 4 jours. Donc ça a été une épreuve... Une épreuve à laquelle on ne s'attendait pas, qu'on a traversée et qui forcément nous a marqués tous les deux, tous les trois. Voilà.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était un long parcours. Ça a été long ton parcours avant de

  • Speaker #2

    FIV Je n'ai pas fait de FIV en fait. Non,

  • Speaker #0

    pardon.

  • Speaker #2

    Moi, je suis tombée enceinte à 35 ans. En fait, une fois que ça arrive, ça paraît plus court, mais en gros, il y a tout un moment où, en l'occurrence, si tu veux rentrer dans les détails, je n'avais pas d'ovulation, donc on m'a donné des médicaments pour stimuler, qui s'appellent du Faston, du Clomid, ça ne venait pas. J'ai dû faire un suivi psy parce que ça peut débloquer des choses dans la tête. Et ma gynéco était hyper pessimiste, elle me disait que je ne tomberais jamais enceinte, donc ça, c'était vraiment très motivant. C'est fou quand même.

  • Speaker #0

    Les médecins, la psychologie, merci.

  • Speaker #2

    Et donc, en fait, dès que j'ai essayé l'épicure, ça a marché au bout de deux mois, très rapidement. Et je suis tombée enceinte le jour de la Saint-Valentin. Parce que du coup, on peut savoir précisément quand est-ce qu'on tombe enceinte. Et ça ne m'a pas paru si long que ça, mais je ne sais pas, trois ans. Mais à l'époque, en vrai... Comme tu vois, moi, j'étais jeune comédienne. C'était quelque chose dans lequel je m'étais vachement investie. Alors, ça faisait déjà un moment. J'ai fait mon école vers 23 ans, 24 ans. Mais, comment dire, ça ne faisait pas 15 ans que je voulais être enceinte. Donc, j'avais très envie d'avoir un enfant. Mais il y avait aussi le truc, bon, il ne faut pas tarder parce que sinon, je vais être trop vieille après, etc. Donc, je n'étais pas tous les jours en train de me reprendre. Après, ça change tout parce que c'est quand même un échec en tant que femme. Quand tu as envie d'avoir des enfants, de ne pas y arriver, c'est quelque chose qui... qui est pesant, qui est déprimant. Et ça, ça ouvre tout. Moi, je sais qu'à partir du moment où je suis tombée enceinte, les gens me le disaient, j'étais solaire, j'avais l'air resplendissante. Enfin, tu vois, il y a un truc qui s'ouvre. On n'est pas dans le situation d'échec où on n'y arrive pas. Et avec du recul, je pense que ça semble beaucoup plus court que ce qu'on a vécu en vrai. Ou quand on se dit pas que ça va marcher, ou on se dit qu'il va falloir que j'adopte ou que je fasse une fille. Enfin, je ne sais pas si on en était encore là, mais c'est vrai que je n'étais pas du tout partie au départ pour que ça marche. J'avais été très peu briefée, donc je ne savais pas qu'il y avait un risque. En tout cas, qu'il y avait... Pas mal de grossesses gémellaires suite à des stimulations. Et voilà, mais ça n'a pas duré dix ans. D'accord. Donc voilà.

  • Speaker #0

    Et comment est-ce qu'on gère sur, bien sûr, ce que tu souhaites partager avec nous J'imagine ce qui est... Je ne sais pas si tu peux nous parler un petit peu de ce temps après l'accouchement. Donc tu te retrouves... Oui. D'avoir le bébé de... En fait,

  • Speaker #2

    tout l'avant est très particulier. Parce que si tu veux, moi, je suis tombée enceinte. Au bout de... Je ne sais plus au bout de combien de mois. Donc, on fait une échographie. Donc, on sait que c'est des jumeaux. Puis après, on me dit que c'est un petit garçon et une petite fille. Donc, j'étais hyper heureuse. C'était genre le truc parfait. Et en parallèle, on devait partir tourner un film en Roumanie avec mon compagnon Vincent, qui est réalisateur. Dans lequel j'avais le rôle principal. Et je m'étais vraiment... On s'est beaucoup investi. On avait... collecté pas mal d'argent via du crowdfunding. C'était vraiment notre bébé. Un bébé qui, à l'époque, était plus présent que moi, les bébés que j'avais. Et quand j'étais enceinte de trois mois et demi, vraiment, j'avais la pêche. Je faisais encore un peu de danse. Je faisais des tournages. Je vais à ma première consultation à la maternité. Je devais accoucher au Diakonès. D'accord. Et pour l'inscription, ça s'appelle la première consultation. Et là, ils me font une échographie et une échographie du col de l'utérus. Et là, on me dit, vous n'allez pas pouvoir rentrer chez vous. Et moi, je ne comprenais rien. Je me disais, qu'est-ce qui se passe et tout C'est quoi ce truc Mais attendez, moi, je pars tourner dans un mois. Non, mais écoutez, votre col a commencé à s'ouvrir. En plus, moi, c'était du charabia pour moi. Si tu veux, c'était ma première grosse neige.

  • Speaker #0

    J'imagine, puis on n'est pas du tout briefés.

  • Speaker #2

    Non, et puis ma mère a eu sept enfants comme ça. C'est hyper facilement. Donc, pour moi, une fois que tu avais passé le stade de la fausse couche et des nausées et tout, c'était bon, quoi. Pour moi, c'était ça y est.

  • Speaker #0

    Oui, tu avais passé le premier mois.

  • Speaker #2

    Donc là, ils me disent, voilà, votre col a commencé à s'ouvrir. Il faut qu'on vous fasse ce qui s'appelle un cerclage, c'est-à-dire qu'on te met une petite ficelle autour du col de l'utérus, comme si on fermait une bourse, pour que les enfants ne sortent pas. D'accord. Vous allez devoir rester une semaine à l'hôpital. Et après, donc là, ça a été vraiment... Je tombais d'un précipit. de pisse, vous allez devoir rester alité jusqu'à la fin de votre grossesse. Donc moi, vraiment, ça a été extrêmement difficile. J'étais encore... Enfin voilà, j'avais plein de projets en tant que comédienne, je voyais tout qui s'effondrait. Je me disais, mais enfin... Et c'est vrai, c'est un peu bizarre de dire ça maintenant, mais à l'époque, le projet de film, il était plus concret que les bébés que j'avais dans mon ventre. Voilà, c'était trois mois et demi de grossesse. Bon, du coup... Du coup, ça a été extrêmement difficile. Je passe cette semaine, on fait ce cerclage et je rentre chez moi. Je dois être alitée, c'est-à-dire, en gros, je dois être allongée le plus souvent possible sur mon canapé ou sur mon lit. Ce qui était un peu absurde, c'est qu'on me disait toujours écoutez votre corps. Mais moi, mon corps ne me disait rien. En fait, moi, j'étais en pleine forme. J'aurais pu aller courir. Et du coup, ce n'est pas comme quand tu te fais une tendinite. te casses le pied ou tu as mal ou tu ne peux pas marcher. Là, en fait, rien ne me disait que je ne pouvais pas me lever. Donc, c'était que mon cerveau qui devait dire non, non, il faut rester couché.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça.

  • Speaker #2

    Et c'était hyper dur. Moi, j'avais envie de faire ci, de faire ça. Finalement, mon compagnon a décidé de ne pas aller faire le tournage. Moi, je lui avais dit, mec, pour sa carrière, ça serait peut-être mieux. Mais bon, heureusement, parce que je ne sais pas comment j'aurais fait, en fait, ne serait-ce que pour l'exemple.

  • Speaker #0

    C'est tout.

  • Speaker #2

    Je ne peux rien faire.

  • Speaker #0

    Je ne peux rien porter, pour qu'on comprenne. Tu dois être allongée trois quarts du temps et tu peux rien porter.

  • Speaker #2

    Je peux prendre ma douche debout le moins possible. Heureusement, je n'avais pas d'enfants. Parce qu'il y a des femmes à qui ça arrive qui ont des enfants en bas âge aussi. C'est très difficile. On me disait surtout n'y pensez pas. Mais moi, qu'est-ce que tu voulais que je pense à toi pendant la journée à part ça J'étais dans mon lit ou sur mon canapé. Je lisais, je commençais à regarder des films. C'est... Avec du recul, c'est facile d'en parler, mais sur le moment, je faisais énormément de sport, je faisais beaucoup de la danse trois fois par semaine, j'étais un peu hyperactive. Et tout s'arrête, tu vois, du jour au lendemain. Je me disais, mais comment je vais faire pour ma carrière Mon compagnon me rassure en me disant, mais de toute façon, personne ne se connaît. J'étais là, bon.

  • Speaker #0

    Oui, d'accord.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort avec du recul.

  • Speaker #0

    Sur le coup, c'était peut-être parce que tu voulais entendre.

  • Speaker #2

    Il n'avait pas tort. Bref. En plus, je me souviens que quand j'étais pendant ma semaine d'hospitalisation au Diakonès, c'est là, je venais de faire un atelier avec des directeurs de casting. Pour la première fois, on me rappelait, j'étais sur le lit d'hôpital. Et là, je dis, je suis enceinte, je ne dis pas que je suis hospitalisée. Mais non, ça n'ira pas pour le casting. Parce qu'avec des jumeaux, j'avais déjà un ventre. Oui,

  • Speaker #0

    j'imagine.

  • Speaker #2

    J'en avais un gros, même à trois mois et demi. Bref. Et donc, voilà, je suis allitée chez moi, sur mon canapé, sur mon lit. Et je devais quand même de temps en temps aller faire des examens médicaux. Et à 4 mois et demi de grossesse, je vais faire une échographie du col dans un salon de radiologie pas très loin de chez moi. de contrôle. Et là, ils me disent Oh là là, mais ça, c'est encore aggravé. Vous ne pouvez pas rester chez vous. Et du coup, j'ai dû aller en urgence à l'hôpital de Port-Royal, qui est une maternité de niveau 3, contrairement au Diaconès, qui est une maternité de niveau 2. Donc, je ne pouvais plus rester là où je devais accoucher. Parce que c'est trop dangereux. Vous pouvez accoucher n'importe quand et il faut qu'il y ait un service de néonatologie juste à côté de là où vous allez être. Donc là, je me suis retrouvée à Port-Royal, hospitalisée. Au départ, c'était un peu difficile parce que j'étais dans un... Dans une chambre à deux où il y avait... Elle n'est pas toute seule. Au début, non. Et puis, j'avais d'autres femmes qui avaient des problèmes divers et variés de grossesse, que ce soit de l'éclampsie, des choses comme ça. Ça avait été très dur parce que la première personne avec qui j'ai partagé ma chambre, elle était tellement mal qu'en fait, elle ne me parlait jamais. On avait un petit rideau pour nous séparer.

  • Speaker #0

    C'était un moment de solidarité.

  • Speaker #2

    En fait, c'était hyper dur pour moi de ne pas pouvoir échanger avec elle. Et après, il y a eu une jeune de 19 ans qui est arrivée et qui regardait que des trucs que je n'aimais pas trop à la télé. Mais ça m'a fait tellement de bien d'avoir quelqu'un avec qui je pouvais parler, échanger. Et c'était assez dur. Et puis finalement, comme moi, je suis restée longtemps, j'ai eu une chambre à moi toute seule.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #2

    Et donc, comment ça s'est passé Le jour où j'ai accouché... Moi, c'était en plein mois d'août, donc il n'y avait pas beaucoup de médecins à l'hôpital, il n'y avait pas plein de gens en vacances. C'était une interne qui s'occupait du service. Le matin, elle me dit bon, ça commence à aller mieux, vous allez pouvoir rentrer chez vous à la fin de la semaine et tout Et puis, je me souviens que je commençais à avoir des douleurs dans la matinée et je demandais un médicament pour ces douleurs. Alors, c'était des contractions, mais moi, je ne le savais pas. D'accord. Parce que je n'en avais jamais eu.

  • Speaker #0

    C'est vrai qu'on ne le sait pas.

  • Speaker #2

    Et du coup, je me souviens, je leur dis un truc bizarre, puis les internes étaient en réunion. Bref. Et en fait, le soir, j'accouchais. Donc, ce n'était pas du tout prévu. Vincent, mon compagnon, était en tournage, donc il est revenu en urgence. Et alors, en fait, ce qui a été assez bizarre et douloureux, c'est que j'accouchais, mais je n'étais pas contente, en fait. Parce que je savais que c'était beaucoup trop tôt. Donc, en fait, normalement, quand tu accouches, même si pour une femme, c'est douloureux, etc., c'est un moment de joie.

  • Speaker #0

    Bien sûr, c'est un moment d'accueil.

  • Speaker #2

    Et en fait, c'est ce sentiment. J'accouche, mais je sais que ça va être compliqué, même si je n'y connaissais pas grand-chose. Mais si, parce qu'on nous a posé beaucoup de questions. En fait, quand on est arrivé à la maternité, on nous a posé plein de questions auxquelles on avait beaucoup de mal à répondre. À partir de quels termes vous voulez réanimer votre enfant 24, 26 semaines Je ne sais plus très bien les chiffres. Et nous, on ne savait pas trop, en fait. Oui,

  • Speaker #0

    tu m'étonnes.

  • Speaker #2

    On m'en est des conseils, on m'en est des statistiques. Parce qu'en France, je crois qu'à partir de 25 semaines... On peut réanimer les bébés qui ne respirent pas naturellement. D'accord,

  • Speaker #0

    ok.

  • Speaker #2

    Mais il y a des risques de séquelles, en fait. Et donc, plus tu réanimes les bébés tôt, plus il y a des risques de séquelles qui peuvent être de 30%, enfin des séquelles graves.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    ok. Et donc, toi, tu dois dire un terme à partir duquel tu veux qu'on réanime ton enfant. Et c'est un peu arbitraire.

  • Speaker #0

    Oui, parce que c'est ça. Et puis, j'imagine que façon les statistiques, parfois, il n'y a pas forcément de... Voilà,

  • Speaker #2

    donc nous, on avait décidé que c'était 26 semaines, mais avec des... J'ai accouché à 26 semaines plus 4, ça aurait été 3 jours avant. Alors, si le bébé avait respiré naturellement, mais ce qui est assez rare à ce terme, il serait peut-être resté en vie, mais sinon, voilà. Aux États-Unis, je crois que c'est plus tôt. Donc oui, c'était un peu, beaucoup de questions comme ça, mais effectivement, les soignants ne peuvent pas prendre les décisions à notre place. Mais toi,

  • Speaker #0

    tu n'es pas du tout arrêtée pour décider.

  • Speaker #2

    Ah non, mais moi, je n'étais pas du tout prête, j'ai accouché. J'avais jamais fait de cours de préparation à l'accouchement.

  • Speaker #0

    Bah oui, bien sûr. Les étapes que tu aurais dû avoir.

  • Speaker #2

    Ah oui, bon, ne parlons pas des prénoms, bien sûr, on ne les avait pas. Et j'étais... Je ne savais même pas ce que... La péridurale, je n'en avais pas du tout parlé, c'était beaucoup trop tôt. Donc, voilà, et puis après, ça a été la néonatologie. Pour moi, j'ai un peu vécu ça comme un monde parallèle. Oui, j'ai vu. Où, du coup, Du coup, on allait tous les jours pendant deux mois et demi. Parce qu'à partir de ce moment-là, j'ai dû quitter ma chambre.

  • Speaker #0

    Et tu ne savais pas comment ça... D'accord, donc à ce moment-là, tu quittes l'hôpital.

  • Speaker #2

    Oui, alors je ne sais pas si c'était... En tout cas, pour moi, je ne sais pas comment ça se passe pour d'autres personnes. Pour moi, comme c'était à Paris, du coup, oui, j'ai dû quitter ma chambre. Puisqu'il n'y avait plus de raison que je sois moi-même au hospitalité. D'accord.

  • Speaker #0

    Enfin, oui.

  • Speaker #2

    Oui, moi, en tout cas, je n'ai pas eu de soucis. J'ai accouché normalement, en fait. D'accord. Si tu veux, techniquement, j'ai accouché de mon fils d'abord et après, ils viennent chercher l'autre enfant avec la main, surtout qu'ils sont plus petits que si tu accouchais avec 9 mois. Donc, je n'ai eu aucun souci lors de mon accouchement. D'accord. Je n'ai pas eu de césarienne, je n'ai pas eu d'épisiotomie ou de choses comme ça. Et puis après, oui, donc direct, je rentre chez moi. Alors, c'est assez bizarre, tu rentres chez toi sans enfant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Déjà, tu es partie beaucoup trop tôt. Voilà. Et en plus, tu reviens.

  • Speaker #2

    Après, avec du recul, quand le monde s'est effondré et que je pensais être alitée jusqu'à la fin de ma grossesse, je me suis dit, ah, ça risque de s'arrêter. Avant, si j'avais su, ça aurait peut-être été plus simple. Parce qu'au final, j'ai été alitée que deux mois et pas autant que ce que je pensais.

  • Speaker #0

    Oui, bien sûr, vous vous êtes arrêtée beaucoup plus.

  • Speaker #2

    Et donc...

  • Speaker #0

    Vous reveniez tous les jours.

  • Speaker #2

    On venait tous les jours et moi, je devais tirer mon lait aussi tout le temps, tout le temps. Parce qu'en fait, les grands prémats ne peuvent boire que du lait maternel. D'accord,

  • Speaker #0

    je ne savais pas.

  • Speaker #2

    Et au départ, ils ne peuvent pas boire le lait de leur mère parce qu'il y a un petit temps où le lait doit être analysé pour vérifier que tout va bien. Donc, c'est là qu'ils boivent du lait de lactarium. C'est pour ça que c'est assez important que les femmes fassent, si elles peuvent, des dons de lait, le lait maternel, ce que j'ai fait par la suite. Donc, moi, je suis rentrée avec mon tire-lait. Je découvrais ce que c'était. Vraiment, j'avais été briefée sur rien. Après, ça, ça prend vie. Donc, j'avais des seins énormes. Un tiers lait, ça ne pompe encore plus qu'un enfant. Ils avaient un petit frigidaire rempli de bouteilles de lait. Et au bout d'un moment, quand ils l'ont analysé et qu'ils ont vu que ça allait, ils ont nourri mon fils, ma fille, je ne sais pas si elle était encore en vie, avec mon lait. Mais ils ne peuvent pas prendre de lait en poudre, en tout cas les grands prémats. Après, moi, j'ai fait le choix de la laiter parce que c'était mieux. Mais je ne sais pas si de toute façon... Une obligation, tu ne peux pas, parce que toutes les mamans ne peuvent pas allaiter. Oui, bien sûr. Et voilà, donc oui. Et puis, ce qui est assez étrange, c'est que la première fois qu'on a vu nos enfants, c'était... On avait un peu peur, en fait. Donc, ils sont dans cette couvreuse avec des lunettes de ski sur les yeux. On les a encore, qui sont violettes. Un masque à oxygène pour respirer et une sonde pour être nourrie. C'est des enfants à peine formés, donc c'est très étrange.

  • Speaker #0

    J'imagine, oui. Puis tu devais avoir de l'épaisseur, c'était très fragile.

  • Speaker #2

    Et après, on a commencé le pot à pot, donc c'est pour ça qu'on venait vraiment tous les jours avec Vincent. Au départ, on prenait tour à tour chacun un bébé, puis après, on n'avait plus qu'un. Donc voilà, et ça... L'aspect positif de ça, c'est qu'en quelque sorte, le père participe à la grossesse. Je sais que César, notre fils, il est très proche de son père. Est-ce que c'est dû à ça ou pas, je ne sais pas, mais en tout cas... Ça, il y a forcément contribué. Et ça, ça a été... Oui, c'est une manière de finir la grossesse en venant tous les jours, en se portant ce temps avec l'enfant sur nous.

  • Speaker #0

    Oui, ça fait un lien très fort. En plus, je crois que le pot à pot, c'est vraiment une des choses qui les aide beaucoup. Enfin, je ne sais pas comment... Il y a le lien et j'ai l'impression aussi qu'il y a... Bon, après, on n'y croit pas, mais moi, j'y crois. Enfin, je ne sais pas, cette chaleur humaine, c'est bête de dire ça, mais le contact...

  • Speaker #2

    Je pense que c'est important pour les enfants, pour les parents. Et puis de toute façon, aujourd'hui, c'est ce qui se fait de mieux. Donc voilà, on passait nos journées, on venait à l'hôpital pour ça, on voyait. Et puis après, il y avait le côté information sur la santé. Parce qu'après, il y a eu des complications. D'accord. C'était un peu les premiers moments. Et c'est vrai que cette sensation d'accoucher sans être contente, c'est un peu... Après, il y a sûrement d'autres cas où ça arrive peut-être, mais en tout cas, c'était assez étrange. Oui,

  • Speaker #0

    c'est étrange. C'est pas sûr pourquoi tu te prépares. Et puis,

  • Speaker #2

    c'est vrai que moi, pour le coup, je ne connaissais personne de mon entourage qui avait vécu ça. Donc, j'étais complètement perdue. J'avais personne de mon entourage, peut-être aussi parce que les gens n'en parlent pas. C'est comme quand j'ai fait cette stimulation, j'avais un peu honte au début. Je n'en parlais à personne. Puis un jour, j'en parle à une cousine et je me rends compte qu'elle a la fête de filles, mais en fait, je ne le savais pas. Il y a plein de gens autour de moi qui avaient eu des stimulations, des filles où je ne sais quoi, du mal à tomber enceinte, mais qui n'en parlaient pas. Donc, ça m'avait rassurée. Je me sentais un peu moins seule. Mais c'est vrai qu'au départ, on culpabilise beaucoup. Et ça, c'est un...

  • Speaker #0

    Tu veux dire d'avoir fait...

  • Speaker #2

    Alors, au départ, déjà, de ne pas réussir à avoir d'enfant, de faire une stimulation, moi, je me sentais un peu à part, pas normale. Et alors, après...

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #2

    moi, je me suis rendue compte de ça en en parlant. C'était... Donc, ça m'avait aidée. Et alors, par contre, de culpabiliser, quand j'ai été hospitalisée, je passais mon temps. Et quand j'ai accouché trop tôt, j'ai... Ça, mais ça, je pense que c'est toutes les femmes qui ont des enfants prématurés. tous les jours, je me voyais mes jours d'avant, on me disait, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû faire ça.

  • Speaker #0

    Je veux dire, c'est déjà assez dur de vivre ça, mais en plus de culpabiliser.

  • Speaker #2

    Ouais, alors est-ce que c'est inévitable Je sais pas. Mais en tout cas, mon cerveau était parti comme ça et je revoyais vraiment tous les jours et là, j'aurais pas dû faire ci, j'aurais pas dû me lever à tel moment.

  • Speaker #0

    Oui, tu te refais tout. Je pense que c'est humain et tout, mais je trouve ça terrible parce que tu vis déjà quelque chose de très dur. D'accoucher si tôt dans ces conditions-là et puis de perdre un enfant, il n'y a pas de... Oui,

  • Speaker #2

    de toute façon, on était au jour le jour, mais c'est vrai que ça... Et ça, ça met du temps à partir, je pense, la culpabilité. Ça met pas mal de temps. Moi, j'avais la chance que Vincent n'était pas... Il était hyper positif, mais pas positif pour rien. Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr.

  • Speaker #2

    Il m'a énormément aidé, très très présent. Il ne m'a jamais culpabilisé. Il lui dit que c'est normal, mais en tout cas, il n'y a jamais eu ça. Donc,

  • Speaker #0

    tu te sentais soutenu.

  • Speaker #2

    Oui,

  • Speaker #0

    oui. J'imagine, comme tu dis, dans ce qui est, je pense, dans les épreuves les plus terribles de la vie, d'avoir... D'être soudée, je pense que ça soude aussi.

  • Speaker #2

    Oui, oui. Moi, ça m'a énormément aidée de sentir qu'on était uniques.

  • Speaker #0

    C'est ça, en réalité.

  • Speaker #2

    Parce qu'en fait, ce qui a été compliqué, c'est qu'au bout de quatre jours, on nous annonce que notre fille est morte d'une hémorragie cérébrale. Mais il faut savoir que les enfants, à ce stade-là, elles pesaient 800 grammes à la naissance, et ces parents, ils pesaient un kilo. Ils n'ont aucune protection, très peu d'anticorps, donc ils attrapent un peu tout ce qui passe. Donc, il y en a pas mal qui meurent. Les médecins, ils ont l'habitude.

  • Speaker #0

    D'accord,

  • Speaker #2

    oui. Ça peut être d'une hémorragie cérébrale, pulmonaire ou d'une infection. Je ne suis pas assez calée. Et donc, on nous annonce ce jour-là que Louise, notre fille, malheureusement, est morte. Et ce jour-là, on nous annonce aussi que César a eu une méningite bactérielle et qu'il y a une chance sur deux qu'il soit normal, si je schématise.

  • Speaker #0

    Oh là là, oui.

  • Speaker #2

    Donc là, c'était éventuellement moi. J'ai hurlé dans l'hôpital. Comme j'ai perdu ma mère à 14 ans et je pensais avoir eu son diminuté, tu sais. Oui. Moi j'ai ça, il ne pourra plus rien m'arriver. Donc là, c'était très dur. J'ai hurlé, je disais mais je ne sais pas à qui je parlais. Et puis en plus, les médecins qui t'annoncent ça, forcément, on ne les aime pas trop parce qu'ils nous annoncent des nouvelles.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas toujours le tact.

  • Speaker #2

    Non. Et c'est vrai que... Et puis on essayait d'avoir des informations sur la méningite bactérielle. On lui a balancé pas mal d'antibiotiques, donc ça a été soigné. Mais il y avait un risque. On nous disait, il peut par exemple devenir saut. Les médecins nous disaient, on ne peut pas savoir tant qu'il ne grandit pas. Et Vincent était très, très confiant, en fait. Non, je vois que tout va bien. Et ça m'a beaucoup aidé.

  • Speaker #0

    J'imagine. C'était vraiment ton rock, si je puis dire. Oui,

  • Speaker #2

    oui, c'est sûr.

  • Speaker #0

    Parce que je ne peux pas imaginer ce que c'est, mais de me dire au moins que c'est solide.

  • Speaker #2

    Oui, et puis... Une autre chose qui nous a beaucoup aidé, c'était les infirmières et les infirmiers qui étaient formidables. On en avait une en particulier qui s'appelle Anne, qui était extraordinaire. Elle sentait tout. Par exemple, elle nous avait dit qu'il y avait un risque que César soit sourd. Parfois, j'arrivais près de son berceau et je tapais dans les mains pour voir s'il entendait. Et puis, il ne bougeait pas. Je disais, rassurez-vous, Amélie. Là, il dort, il est en sommeil profond, il ne peut pas vous entendre, c'est normal. Et elle disait, vous savez, j'en ai vu passer des enfants de ce terme, je vous assure, tout va bien.

  • Speaker #0

    Oh,

  • Speaker #2

    c'est tellement bien. Je pense qu'elle avait une grande expérience. Elle a été formidable, et d'autres, c'était celle qui était notre infirmière référente. Et le pire, c'est qu'elle-même nous racontait qu'elle était seule et qu'elle voulait des enfants. Elle est allée en Espagne parce qu'elle n'avait pas de conjoint. Donc, on avait vraiment développé une relation assez forte avec elle. Elle nous a accompagnées. Ça, ça fait aussi partie des personnes qui nous ont beaucoup, plus notre entourage familial. Un départ. Oui, un départ. Voilà, c'est ça. Les infirmières. Les infirmières, il y avait aussi une psychologue. Ça, c'était chouette parce que moi, j'en ai eu vraiment besoin à ce moment-là. J'avais le droit de voir une psychologue à l'hôpital. Et elle m'avait beaucoup aidée. Parce qu'en fait, le problème de l'entourage, c'est que c'est quelque chose que les gens connaissent peu. Donc, moi, je me retrouvais, je ne savais pas à qui parler de ça, avec qui échanger. Et on se retrouve un peu seule.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Dans ton entourage, il y avait peut-être des personnes qui avaient eu...

  • Speaker #2

    Je crois que des amis de mon frère avaient eu des grands prémats, donc ils nous avaient donné des habits minuscules comme des habits de poupée pour le début.

  • Speaker #0

    Voilà, même dans mes amis, je ne connaissais personne. Donc là aussi, je ne sais pas si tu connais l'association SOS Préma, qui m'avait pas mal aidée aussi. C'est juste le fait de pouvoir parler à des gens et de sortir un peu moins seul au monde, de pouvoir partager.

  • Speaker #1

    Qui te comprennent et qui peuvent aussi te conseiller ou partager des expériences. C'est ça,

  • Speaker #0

    je ne saurais plus dire sur quoi, mais moi ça m'avait été très utile, même juste de parler à des gens au téléphone. d'échanger, parce qu'avant, on était dans une association jumeaux et plus. Donc, on s'était investis, on avait fait une chambre, patati patata, on avait tout préparé, on commençait. Et puis, j'ai changé d'association. Mais, ouais, c'est des associations, en tout cas, qui sont extrêmement aidantes quand t'es en plein dans la tempête. Moi, je suis quelqu'un qui a... J'ai beaucoup besoin de parler, d'échanger et là, ça a été un vrai soutien. En plus des infirmières, de la psychologue.

  • Speaker #1

    Et puis de se sentir vraiment compris en tant que...

  • Speaker #0

    Parce que bien sûr, j'ai la chance d'avoir un entourage qui m'a toujours soutenue. Beaucoup de gens sont venus me voir à l'hôpital, mais ce n'est pas la même chose parce qu'ils ne connaissent pas.

  • Speaker #1

    Je trouve que c'est similaire pour d'autres tempêtes de la vie aussi. L'entourage, bien sûr, c'est un soutien, ils sont là. Mais c'est vrai que ce soit des associations ou des personnes qui sont passées par là, ça change tout en fait. Tu te comprends, ça change tout. C'est différent, je trouve. Puis parfois tu vas parler plus alors que pourtant... Pourtant, tu te connais moins parce que tu as partagé la même chose.

  • Speaker #0

    Donc, que ce soit de parler au téléphone ou de lire des témoignages ou d'avoir des conseils. C'est très, très... Oui, c'est des phares, comme tu dis, dans cette tempête.

  • Speaker #1

    Et qu'est-ce que tu dirais... Quel est ton arc-en-ciel

  • Speaker #0

    Mon arc-en-ciel, c'est notre fils.

  • Speaker #1

    J'allais dire, mais je...

  • Speaker #0

    C'était une tempête, nous on a eu la chance On a toujours considéré qu'elle s'était bien terminée On est vraiment On est toujours resté sur le positif Il faut savoir qu'à l'hôpital on a vu des gens qui repartaient sans bébé, on a vu des gens dont les bébés avaient des séquelles très graves On a vu une mère qui avait des quadruplés, qui avait pas voulu faire de réduction parce que c'était arbitraire et qui chaque jour perdait un bébé Donc même si ça a été difficile de payer à Louise, on s'est vachement axé sur On a On a un petit garçon qui, au final, va très bien. Qui va bien,

  • Speaker #1

    en plus.

  • Speaker #0

    Et on s'est beaucoup axés là-dessus. Même s'il a fallu, malheureusement, gérer... On a dû enterrer notre fille. Moi, je n'étais pas en état. Ma belle-mère nous avait beaucoup aidés.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Je n'étais pas du tout en état à l'école. Je dirais ça. Et c'est vrai que... Enfin, bref, la tombe, le machin, les obsèques, c'est un truc...

  • Speaker #1

    Oui, c'est pas possible.

  • Speaker #0

    Mais on a eu cette chance, parce qu'on a vu des gens repartir sans enfant, d'avoir un an. Et donc, oui, c'est notre arc-en-ciel et on s'est vraiment axé là-dessus. Moi, je me suis pas... Si tu veux, oui, il y a eu un deuil. Alors peut-être au départ, je me disais non, c'est pas grave et tout. Donc après, il faut aussi accepter que c'est quand même quelque chose qui nous arrive et que ça peut effectivement laisser des traces par la suite. Mais on est vachement resté là-dessus. On a eu beaucoup de chance. On est sortis de là en disant on va, beaucoup de chance. On a frôlé de près. Et puis, notre enfant va très bien. Maintenant, il a 13 ans. C'est un ado, donc voilà. Avec le côté qui va avec. Il est très calme. Donc, c'est très, très, très calme. Est-ce que ça vient du pot à pot Je ne sais pas. Je ne sais pas si ça va. Ça, c'est plutôt un bon côté. Mais oui, c'est notre arc-en-ciel, mon arc-en-ciel.

  • Speaker #1

    Vous avez été très fortes, tous les deux. Et tous les trois.

  • Speaker #0

    Oui, lui, c'est un petit... Écoute, maintenant, il s'appelle César, mais c'est un petit guerrier. Oui, c'est ça. Ça l'a forcément marqué. En plus, je ne sais pas les détails, mais il avait dû être opéré dans un autre hôpital plus tard. Ce n'est pas assez simple. Oui,

  • Speaker #1

    j'imagine.

  • Speaker #0

    Mais il est sorti de l'hôpital mi-octobre, alors qu'il devait naître mi-novembre. D'accord. Attends, je dis... Août, septembre, octobre... Non, presque trois mois. Pas deux mois et demi, trois mois pratiques.

  • Speaker #1

    Il a dû se faire opérer quand il était encore en couveuse Non,

  • Speaker #0

    après on a dû aller à l'hôpital Trousseau pour une opération par la suite. C'était un reparti, ce n'était pas évident de repartir dans un autre service de néonate. C'était le process en fait. Mais bon écoute, c'est un petit guerrier.

  • Speaker #1

    Un beau petit guerrier, super parent.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas s'ils sont super, mais en tout cas, les parents qui essayent de faire le mieux.

  • Speaker #1

    En tout cas, tout ce que vous avez pu traverser en étant aussi unis.

  • Speaker #0

    Oui, évidemment, ça aide vachement d'être unis. J'ai eu la chance qu'on soit très unis et ça m'a beaucoup aidée. Moi, j'étais un peu ramassée à la petite cuillère.

  • Speaker #1

    J'imagine. Je ne peux même pas dire j'imagine.

  • Speaker #0

    Maintenant, il y a du temps qui a passé, donc j'en parle avec plus de recul. Mais c'est vrai que je trouvais que le monde était bien injuste.

  • Speaker #1

    Tu m'étonnes. Je pense qu'il y a de plus terrible.

  • Speaker #0

    Après, on sait bien qu'on a tous la vie et n'est pas rose et linéaire pour tout le monde. Donc, chacun a ses tempêtes. Et puis, l'important, c'est de continuer à avancer et d'être dans l'amour. ça reste le plus important parce que le reste, il y a pas mal de choses qu'on ne maîtrise pas.

  • Speaker #1

    Complètement. Ça fait un beau lien pour si tu avais un conseil, ou plusieurs conseils à quelqu'un qui serait dans la tempête et qui n'aurait pas forcément ni son phare, ni son arc-en-ciel.

  • Speaker #0

    Bon, je ne suis pas grand-chose pour donner un conseil. Je ne sais pas, se dire que... Il y a une chanson que j'ai découverte il n'y a pas longtemps, que j'aime beaucoup écouter, parce que c'est une chanson en allemand qui dit Es fiel, vieler gut ça veut dire ça va aller mieux Elle est très jolie cette chanson, je l'ai découverte cette année dans un film, je n'arrête pas d'écouter. Et en gros, ça veut dire que la tempête va finir par passer et qu'on fait tout. toujours de notre mieux. Moi, maintenant, je perds peut-être moins de temps à regarder le passé, à regretter, à culpabiliser en me disant j'ai fait de mon mieux. C'est-à-dire qu'on fait toujours de son mieux et qu'il ne faut pas trop se mettre en cause parce qu'il y a des choses qu'on ne maîtrise pas. On n'est pas coupable ni responsable de tout. Mais partir avec cette pensée que forcément les choses vont aller mieux, on va en sortir de cette tempête et qu'on fait de notre mieux, ça aide aussi.

  • Speaker #1

    On se crée un peu notre phare, comme ça.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Et que, après la pluie et le beau temps, c'est peut-être un peu banal, mais les choses vont finir toujours par s'apaiser avec le temps, c'est sûr. Et on trouve toujours des solutions en nous pour traverser ça. Après, c'est sûr que moi, j'ai trouvé ça plus facile d'être entourée, d'avoir Vincent avec moi. de nous sentir unis. Mais après, chaque chemin est différent, chaque chemin est particulier. Et finalement, on n'est pas grand-chose dans ce monde. Voilà. Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et quel est ton mantra préféré

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si j'ai un mantra. Quand j'étais jeune, j'avais vraiment ce truc dans la tête. Là où il y a la volonté, il y a le chemin, tu sais. En anglais, il y a where there is the will, there is the way Mais j'en suis un peu revenue parce que ça me rendait plutôt malheureuse. Finalement, je me suis dit qu'on n'est pas tout puissant.

  • Speaker #1

    Oui, par rapport à ce que tu disais sur on ne contrôle pas tout Oui,

  • Speaker #0

    moi, le fait, je ne sais pas si j'en parlais tout à l'heure, mais l'acceptation, c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps et qui m'aide beaucoup. Un de mes mantras, c'est la phrase tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien Ça m'aide parfois à relativiser les choses et à avancer, à prendre les choses peut-être avec plus de recul, avec moins de sérieux. Moi, je suis quelqu'un d'assez… Je me bats, tu vois, le mantra initial. Je ne sais pas si on peut parler de mantra que j'avais quand j'étais jeune. J'avance, je fais les choses, je me bouge, mais au bout d'un moment… On ne peut pas tout contrôler. Non. Ça, c'est un peu une chose que j'ai appris avec le temps, avec la vie. Et de se ramener à ça, finalement, on ne sait pas grand-chose, mais on avance. Oui, c'est ça. Le mieux qu'on peut et avec le plus d'amour possible, en fait. Donc, voilà. Après, c'est vrai que je ne suis pas forcément une personne avec des mantras tous les jours, mais peut-être que c'est une chose que je devrais faire. Là, en ce moment, je suis sur pas mal de projets, donc je suis un peu à 100 valeurs.

  • Speaker #1

    Oui, si, si, mais ça en fait plusieurs. Mais c'est intéressant, je trouve, sur le contrôle, d'accepter avec le temps le fait qu'on est moins de contrôle. Je pense que ça enlève aussi, je ne sais pas comment dire, un poids.

  • Speaker #0

    Oui, ça m'a pris beaucoup de temps, je l'avoue. Et puis, je pense qu'on me le disait beaucoup autour de moi, mais il faut aussi le temps de l'admettre, de l'accepter, de le comprendre, pas que dans sa tête, mais dans son corps. Ce qui n'empêche pas qu'on peut vouloir quelque chose à fond et tout mettre en place. Ça donne ça. ça donne des fruits, mais voilà, il y a des choses qui sont malheureusement hors de notre contrôle. Et je sais que, par exemple, quand j'étais à l'hôpital, c'était très difficile parce que nous, on passait notre temps à poser des questions aux médecins. Dans combien de temps il va sortir Il y a combien de pourcentages de change Peut-être pas aussi précise, mais qu'est-ce qui va se passer avec la méningite Et on nous répondait, la médecine n'est pas une science exacte. Et moi, je ne supportais pas cette phrase, en fait. J'avais envie d'avoir des réponses précises. Demain, il peut exagérer, mais il pèdera tant. Et ça a été très difficile. Et puis, au bout d'un moment, c'est d'accepter aussi ça. Les choses, elles ne se contrôlent pas. On ne sait pas grand-chose. On avance comme on peut. Ça peut être difficile au quotidien, mais c'est comme ça, en fait. Peut-être que les épreuves, elles t'aident aussi à comprendre ça. Et du coup, peut-être... être plus indulgent avec soi-même, plus indulgent avec les autres aussi. Et aussi, quand il y a une petite tempête qui passe, tu sais, c'est comme le surfeur qui prend la vague. Si tu as les jambes pliées et que tu es dans une attitude d'acceptation, de souplesse, tu la prends beaucoup plus facilement que si tu es tout tendu, tout trop volontaire, à vouloir absolument. Et l'attitude avec laquelle on va prendre les choses va vachement aider aussi. Et peut-être que moi, à l'époque, j'ai eu Je pense que j'ai avancé là-dessus et je prendrais peut-être, si ça me réarrivait, des choses avec plus de souplesse. Après, au final, tout va bien, mais c'est aussi de prendre les choses un peu plus comme elles viennent, de voir le verre à moitié plein plutôt que vide. Nous, c'est ce qu'on a quand même beaucoup fait en se disant qu'on a beaucoup de chance. Ça, ça nous a beaucoup aidé de ne pas rester trop dans... le deuil non plus, mais même si, bien sûr, notre fille... Ça, c'est un sujet qui est aussi important. On en a très vite parlé à notre fils. Il est au courant. Il a été sur sa tombe. On n'avait pas envie de le cacher parce que je pense que les secrets de famille, ça peut créer plus de problèmes que la chose en elle-même. Mais voilà, on a voulu se concentrer sur la vie, etc. Même si Louis est toujours présente, mais tu vois, pas dans un truc forcément noir ou négatif parce qu'on n'avait pas envie de ça. Je ne sais plus ce que je disais. Mais je ne sais plus, je ne sais plus. Bref.

  • Speaker #1

    Non, mais que oui, vous avez de voir le verre à moitié plein et que vous, c'est plutôt ce que vous avez fait.

  • Speaker #0

    Oui, je ne dis pas qu'on y arrive pas. Je ne suis pas forcément exemplaire.

  • Speaker #1

    Non, mais d'essayer d'être là-dedans et de se dire qu'on ne maîtrise pas tout.

  • Speaker #0

    Et puis parfois, le fait, c'est sûr que le fait d'avoir vécu des tempêtes te rend... Voilà, moi, je pense que le fait d'avoir perdu ma mère jeune, ça m'a rendu... être plus angoissée sur certaines choses. Maintenant, je l'accepte. Je ne l'acceptais pas avant. C'est comme ça, rien à voir. Mais j'ai eu un accident de voiture assez impressionnant. Quand j'avais 20 ans, j'ai encore des stress en voiture. Les choses ne partent pas complètement de notre corps. Donc, on n'est pas ça. Et ça aussi, moi, j'ai fini par l'accepter.

  • Speaker #1

    Oui, que ça fait partie de nous, en fait, les tempêtes. Ça fait partie des choses qu'on ne fait pas.

  • Speaker #0

    Il reste des marques dans le corps aussi, pas que dans le mental. Mais de l'accepter, ça rend les choses plus faciles, plus coulantes. Plutôt que de se dire, j'aimerais que ça parte. Non, en fait, ça fait pas trop.

  • Speaker #1

    Comme tu dis, c'était intéressant par rapport au surfeur sur la vague, se dire, oui, le côté doron,

  • Speaker #0

    d'être plus souple.

  • Speaker #1

    Et préaccueillir les choses, qu'elles soient positives ou négatives, et les tempêtes, et de se dire...

  • Speaker #0

    Et qu'il y en aura forcément.

  • Speaker #1

    Il y en aura, c'est comme... Oui, c'est ce qu'on me dit d'ailleurs souvent sur ce podcast, et je trouve ça intéressant, c'est qu'il y a des tempêtes. Toi, c'est vrai que tu en as déjà eu beaucoup, donc je pense qu'on peut laisser Amélie tranquille, s'il vous plaît, maintenant. Oui, mais bon, t'es apprise.

  • Speaker #0

    C'est marrant, j'avais cette croyance un peu inconsciente quand j'étais jeune, que j'avais cette immunité, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, mais je comprends en même temps ce que t'avais déjà eu des choses telles. de dire à un moment, ça va, en fait, je vais...

  • Speaker #0

    Après, terrible, tout est relatif. Parce que si tu veux, oui, de perdre sa mère à 14 ans, quand on est en France, dans les années où j'étais au collège-lycée, ce n'était pas commun. Mais après, tu es allée voyager en Afrique. Quand je disais ça, il y avait plein de gens qui avaient... Enfin, voilà, c'est une question aussi d'où on se trouve.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais c'est sûr qu'en France, ça va être tout un souci. Enfin, ce qui est normal, mais on va en faire beaucoup plus cas que dans certains pays où la mort est peut-être plus fréquente. Mais oui, ça, je ne crois plus ça.

  • Speaker #1

    Oui, c'est la vie est comme ça. Après, je pense que ces tempêtes nous apprennent beaucoup et tout. Oui,

  • Speaker #0

    je pense qu'effectivement, il y a cette phrase, tout ce qui ne tue pas en plus fort. Je ne sais pas si c'est ma devise, mais en tout cas, c'est sûr que ça te... Ça te renforce Est-ce que ça nous enrichit Oui, ça nous renforce d'une certaine manière. Ça nous rend peut-être plus souples pour l'avenir, pour les choses. Mais bon, ça n'empêche pas que c'est toujours difficile d'être dans des pans de tempête. Et que ça reste des moments qui ne vont pas forcément être agréables à traverser. Avec du recul, c'est beaucoup plus facile d'en parler.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, et puis c'est vrai que, tu vois, je te parlais tout à l'heure des infirmières, de Vincent, de ma famille, de mon entourage. Moi, ça a été tellement important pour moi, tous ces gens autour.

  • Speaker #1

    Évidemment, c'était une force.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que tout seul, je n'aurais pas réussi à traverser ça.

  • Speaker #1

    Et est-ce qu'il y a un livre qui a changé ta vie Il peut être associé à ta tempête, ça peut être un autre moment. Parfois, c'est la première lecture.

  • Speaker #0

    Des livres qui m'ont marquée, il y en a plein.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas s'il y en a un ou peut-être auquel tu repenses à différents moments de ta vie.

  • Speaker #0

    Il y a un livre qui m'a beaucoup marquée, c'était 24 heures de la vie d'une femme de Stephen Sveig. Alors, ce n'est pas spécialement lié à ce que j'ai vécu. Je me souviens quand je l'ai lu. Il se trouve que là, en plus, je le joue au théâtre dans une petite compagnie.

  • Speaker #1

    Ah, super

  • Speaker #0

    Mais je ne pense pas que c'est un livre qui ait changé ma vie, mais qui m'a beaucoup marquée. Et là, je repense à cette phrase de fin, parce que cette femme qui tombe éperdument amoureuse de ce jeune homme qu'elle pense pouvoir, entre guillemets, soigner de son addiction au jeu, et ça ne marche pas. Et finalement, à la fin... Elle dit, quand j'ai appris qu'il est mort, je ne sourcillais même plus. Elle est passée à autre chose. Donc, il y a quand même un truc. Et elle a été, voilà, ces 24 heures ont à la fois changé sa vie, mais finalement, au bout d'un moment, elle est passée à autre chose. Et dans la vie, parfois, il faut passer à autre chose aussi. Même si c'est évidemment très triste qu'il soit mort de cette addiction. Je sais que ce livre, comme je pense pas mal de gens...

  • Speaker #1

    Je pense qu'il a marqué. Oui,

  • Speaker #0

    il a pas mal marqué. Il y a sûrement d'autres livres,

  • Speaker #1

    mais là,

  • Speaker #0

    comme je suis en plein...

  • Speaker #1

    Non, mais il y a une bibliothèque, tu vois, il y a la playlist, mais après on va passer à la musique, mais il y a la bibliothèque aussi, donc régulièrement je donne un peu les tips livres, ça donne des idées.

  • Speaker #0

    Il y a bien sûr d'autres livres, mais...

  • Speaker #1

    Non, mais c'est bien, on ne l'avait pas encore en plus. Donc c'est parfait, directement la bibliothèque du podcast. Il faut que je fasse une bibliothèque maintenant. Et ensuite, la musique qui te donne la pêche. Alors qui rejoindra la playlist sur Spotify son plus grand succès.

  • Speaker #0

    Il y a la chanson dont je te parlais tout à l'heure. J'écoute pas forcément beaucoup de chansons en allemand, mais pour ceux qui ont l'occasion, je l'ai découverte dans un film qui s'appelle Unamore de... Attends, je vais te redire. C'est une réalisatrice espagnole qui s'appelle Isabelle. Qui s'appelle Isabelle Coixet.

  • Speaker #1

    Ah oui, j'aime beaucoup. Voilà.

  • Speaker #0

    Et c'est son dernier film. J'ai adoré cette chanson.

  • Speaker #1

    Attends, tu peux nous redire le titre.

  • Speaker #0

    Alors attends, je vais te redire le... Sinon, moi, vraiment, j'adore écouter de la musique. Quand je ne suis pas très bien, j'écoute de la musique.

  • Speaker #1

    C'est un bon remède. Oui,

  • Speaker #0

    c'est un bon remède d'écouter des éclectiques. J'adore. Enfin, je peux écouter aussi bien du reggae, du ragamuffin, du Chopin, d'un musique traditionnelle française. J'adore. Donc ça, je pourrais t'en citer plein. Mais c'est vrai que... Alors, je vais te dire exactement...

  • Speaker #1

    C'est très éclectique, la liste. La plus liste.

  • Speaker #0

    la playlist elle est très éclectique et ça s'appelle Max Rabeu Palast Orchestra Es wird wieder gut bon moi je parle allemand vu que je suis alsacienne mais c'est une chanson je trouve qui est assez en lien avec avec ce dont on parle pas un inflo des tempêtes de la vie et j'adore les sonorités je sais pas moi elle me fait du bien elle va rejoindre la plis donc après on a beaucoup beaucoup je crois que mon petit kiff c'est

  • Speaker #1

    parfois je suis jamais aussi bien que quand je suis dans mon canapé à écouter de la musique mais oui ça fait du bien je me rends compte que je le fais plus assez que je suis moins souvent seule mais ça fait tellement de bien la musique et c'est pour ça parfois même je me dis tiens j'ai créé cette playlist il faudrait que je l'écoute plus au réveil parce

  • Speaker #0

    que c'était le but au réveil ou dans les moments où ça peut nous faire du bien voilà mais après on va chanter mille tu vois ça c'est plus une chanson en lien avec ce dont on parle aujourd'hui

  • Speaker #1

    Et quelle est ta vision du bonheur aujourd'hui

  • Speaker #0

    Ah ah Je pense que le bonheur aujourd'hui, il est à la fois dans les petits moments de vie, dans mon cas, c'est des petits moments en famille. Ça peut être, je ne sais pas, maintenant notre fils a 13 ans, des moments où on écoute de la musique, on se fait des blind tests, des moments très simples. C'est vraiment ces moments. Un peu unique, où on rigole ensemble. Puis après, il y a les moments de bonheur aussi qui sont liés, personnellement, au projet que je vais réussir à mettre en place. Là, c'est plus lié aux professionnels. Pas cette année, mais l'été dernier, je suis allée tourner à Budapest dans une grande série israélo-anglaise. Jamais j'aurais pu penser vivre une expérience pareille. C'était extraordinaire. C'était incroyable. J'étais hyper heureuse. Moi qui, au départ, n'ai aucun comédien dans ma famille, ne viens pas du tout d'un milieu artistique. C'était un rêve. C'est quelque chose dont je n'avais même pas rêvé qui se réalisait. Donc, c'était assez incroyable. C'était un petit moment de bonheur. Et là, le film qu'on va faire avec Marion Chrisman, que je prépare en ce moment, c'est hyper excitant en ce moment. Je ne sais pas si c'est du bonheur, mais c'est très...

  • Speaker #1

    Ah bah oui, c'est galvanisant.

  • Speaker #0

    D'ailleurs, ça a été... Je n'en ai pas parlé tout à l'heure. Ça a pu être aussi... Est-ce que c'est un arc-en-ciel ou un phare Je ne sais pas. Mais un moyen aussi de mettre un petit pansement. Je ne sais pas si c'est un moyen de mettre un pansement, mais d'aller au-delà de ça, pour moi, ça a été la création. Et quand on a fait notre... C'était un film de Micone, un film très court, qui s'appelait Poussière d'étoiles, qui parlait du deuil. Moi, et notre film, on parlait d'une certaine manière, même si je ne veux pas trop en parler auparavant. C'est aussi un moyen, en fait, de... de parler de ce qui nous arrive ou de ces tempêtes, sans forcément tomber dans un pathos ou dans un truc où personne n'a envie d'être victimisé non plus, qu'on est là, ça ne va pas et tout. C'est quelque chose d'assez important pour moi et qui m'apporte aussi du bonheur de Dieu, d'une certaine manière. C'est un peu des différentes sortes de bonheur, mais des moments très très simples en famille ou même toute seule avec de la musique. C'est aussi des moments de bonheur, en fait. C'est à des petits endroits, à des petits moments. Ce n'est pas tout le temps, bien évidemment. Mais d'accepter que ça puisse être très simple, c'est chouette.

  • Speaker #1

    Oui, c'est important.

  • Speaker #0

    Voilà. Top.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup.

  • Speaker #0

    Je t'en prie.

  • Speaker #1

    Et prends soin de toi.

  • Speaker #0

    Toi aussi, merci. Merci.

  • Speaker #1

    Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note 5 sur 5 sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyons vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.

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