- Speaker #0
« Sans pluie, pas d'arc-en-ciel » , un podcast dédié aux femmes inspirantes qui se sont révélées et ont trouvé leur voie suite à une épreuve. L'arc-en-ciel, c'est le bonheur après l'épreuve. Bonheur que l'on apprécie justement davantage grâce aux obstacles rencontrés sur son chemin. Je suis Sarah Pebro, comédienne, humoriste et auteur. J'ai eu un cancer du sein à 30 ans. 30 ans. J'en ai fait un spectacle qui s'appelle K-Surprise, après avoir publié un livre, Sarah, 30 ans, mon cancer, même pas peur. Suite à mon cancer, j'ai eu mon plus bel arc-en-ciel, un bébé. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel, un titre inspiré de ma grand-mère adorée, Mamé. Grâce au récit de mes invités, vous serez, je l'espère, inspirés, reboostés, emplis d'espoir, pour ne plus attendre, vous affirmer dans votre voix et donner tout pour réaliser vos rêves. Ronsard écrivait « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » . L'épreuve est une occasion donnée pour donner une nouvelle direction. à sa vie et réaliser ses rêves sans pluie pas d'arc-en-ciel aujourd'hui je reçois laure schmitz laure est comédienne autrice et elle donne des cours d'anglais laure vient nous parler de sa tempête elle perd sa soeur qui souffrait de santé mentale et dont elle était très proche d'un suicide en 2017 après des années à alterner des séjours en hôpital et des retours chez elle avec un accompagnement du corps médical très limité. Elle partage avec nous le parcours de sa sœur, qui souffrait de dépression depuis la fin de son adolescence et a été diagnostiquée schizophrène vers la fin. Et le sien, en tant qu'accompagnant, la difficulté de trouver comment être là et se connecter à une personne dont elle était si proche et qui change profondément, même de croyance, au fil des années. Laure évoque l'absurdité du système. Quand on veut être hospitalisé, il n'y a pas de place, donc il faut attendre. et quand on ne veut pas y aller, on vous force à y aller. Il reste encore beaucoup de progrès à faire quant au traitement des personnes qui souffrent de maladies mentales, ajoute-t-elle. La relation avec les aidants est inexistante. Ça a été très dur de perdre sa sœur parce qu'elle l'a vraiment vue se battre et mettre beaucoup de choses en place pour aller mieux, comme la méditation. Deux ans plus tard, son compagnon qui l'avait accompagnée durant son deuil est décédé dans un accident d'avion. Ce qui l'a aidé, c'est le soutien de ses proches. et de trouver une famille d'acteurs, Triss. Son arc-en-ciel, c'est sa pièce Chute, qu'elle a écrite pendant le confinement et qui vient d'être éditée aux éditions L'Armatant. Un hommage dans lequel elle retrace son expérience. Ce projet a été très cathartique pour Laure et une façon de sortir du tabou autour du suicide, du deuil, et de parler de la façon dont ça se transforme. Son conseil ? Être entourée. La solitude, c'est terrible. Le fait d'être entourée et d'être avec des gens qui sont dans le partage de l'intime. Ne pas être seul avec sa tempête. Tout le monde en traverse, nous dit-elle. Et trouver une activité physique qui nous plaît. Laure Schmitz. L'art est la manière de choir comme on s'envole.
- Speaker #1
Bonjour Laure. Bonjour Sarah. Merci beaucoup d'être avec moi.
- Speaker #2
Je suis ravie d'être avec toi.
- Speaker #1
Alors, est-ce que pour... commencer, je peux te demander de te présenter pour les personnes qui ne te connaîtraient pas.
- Speaker #2
Oui, alors je suis, déjà je m'appelle Laure Schmitz, je suis comédienne, autrice et voilà, je donne aussi des cours d'anglais en coaching.
- Speaker #1
Bon à savoir, pour les personnes qui nous écoutent, contactez Laure.
- Speaker #2
Voilà, voilà, est-ce que je dis d'autres choses que sur mon métier ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #2
Euh, bah non, voilà, c'est ça ma petite prèse.
- Speaker #1
Très bien, nickel. Est-ce que, avant qu'on parle de ta tempête, est-ce qu'on peut retourner un peu en arrière dans ton enfance ? Est-ce que tu te rappelles à quoi tu jouais enfant ?
- Speaker #2
Oui, alors, moi je jouais un peu au Barbie, mais surtout au Playmobil.
- Speaker #1
Ah, Team Playmobil. On en a eu, je crois qu'en plus on en a eu il n'y a pas longtemps, parce qu'on est entre Barbie et Playmobil ou extérieur. Playmobil, c'est bien, oui.
- Speaker #2
Playmobil, c'était ma passion et j'avais des Billy Ikea. remplies de Playmobil. Du coup, chaque étage, c'était des apparts différents et j'essayais un petit peu de faire une reproduction sociale de ce que je voyais dans la société. Donc, genre, il y avait les riches et pour les riches, il y avait un appartement, enfin, une étagère pour les enfants et les pauvres, ils avaient juste une tente.
- Speaker #1
D'accord. Je me mets dans l'ambiance.
- Speaker #2
Et j'avais des tonnes et tonnes de chevaux Playmobil qui me venaient aussi de mes cousins. En fait, je récupérais aussi beaucoup de Playmobil de mes cousins. Donc, plein de chouettes. Et je faisais des histoires. Je jouais toute seule, du coup, pendant des heures avec ça.
- Speaker #1
Quand on me demande est-ce qu'il y a un lien entre les arcs-en-ciel et l'enfance, ben oui. Pourquoi ces questions sur l'enfance ? Si, si, il y a une raison. Il y a souvent des échos. Et est-ce que tu te rappelles de quoi tu rêvais ou à quoi tu rêvais pour plus tard ?
- Speaker #2
Je pense que je rêvais d'avoir une vie un peu aventureuse. Au tout début, quand j'étais vraiment petite, je voulais être coiffeuse parce que j'adore les cheveux. J'avais plein aussi de chevaux qui avaient des longues crinières, des trucs comme ça. J'ai une tête à coiffer. Mais rapidement, ça m'est venu de vouloir être comédienne. Et de jouer, je commençais à jouer dans mon école primaire. J'avais monté avec une amie la famille Adams.
- Speaker #1
Génial !
- Speaker #2
Un remake de la famille Adams.
- Speaker #1
Tu faisais Mercredi ?
- Speaker #2
Non, je faisais Morticia.
- Speaker #1
Ah, bien !
- Speaker #2
Et elle, elle jouait Mercredi. Et on était un peu les chefs de troupe. Et donc, on répétait à chaque récré. On était hyper... Enfin, tu vois, comment dire ? Pas minutieuse, mais...
- Speaker #1
Petit investi.
- Speaker #2
Ouais, investi, c'est ça. Et on a monté la pièce, enfin la pièce, voilà la pièce qu'on avait réécrite, devant toute l'école primaire.
- Speaker #1
Mais tu avais quel âge ? Parce que je suis impressionnée là.
- Speaker #2
J'avais 9 ans.
- Speaker #1
Ah oui, incroyable quand même.
- Speaker #2
Ouais, c'était le début.
- Speaker #1
Ah non, mais c'est fort. Non, parce que tu vois, autant tu me dis, j'ai pris des cours de théâtre au primaire. Ok, non, excuse-moi, j'ai écrit une pièce. Pardon. Aucun lien avec l'arc-en-ciel, spoiler. Elle a créé sa première peste à 8 ans.
- Speaker #2
Après, c'était vraiment un gros remake de ce qui était déjà fait. Mais on s'est bien amusés. Et après, on a pris les cours de théâtre. Et ouais, donc j'ai commencé vers 8-9 ans les cours de théâtre. Et avec déjà l'idée de me dire, c'est ce que je veux faire.
- Speaker #1
C'est fort. Ouais. De se le dire et puis finalement, voilà.
- Speaker #2
Oui, oui, c'est vrai. Et en même temps, tu vois, en y réfléchissant, je me disais... Si je ne m'étais pas dit si tôt, ça doit être absolument mon métier, il faut que j'y arrive. J'aurais, je pense, pris plus de plaisir pendant les cours avec moins cet enjeu.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que tu veux dire. Oui, tu étais déjà dirigée.
- Speaker #2
Oui, j'avais fait même les Salles Gosses qui étaient déjà un truc de semi-professionnel. Ils avaient leur troupe professionnelle qui nous faisait un peu miroiter dans les cours.
- Speaker #1
Ah d'accord, oui.
- Speaker #2
Tu vois, on passait les auditions et il y avait une pression déjà. Et puis après, au cours du ciment aussi, il y avait une grosse pression. Donc, je me dis que si je l'avais pris un peu plus de façon légère, j'aurais retrouvé un peu plus de fun.
- Speaker #1
Après, je suis sûre que tu arrives à trouver du fun aujourd'hui.
- Speaker #2
Ah oui.
- Speaker #1
Ça, c'est le principal.
- Speaker #2
On le perd et on le retrouve. Oui.
- Speaker #1
Dans ce métier-là.
- Speaker #2
Oui, et dans certains jobs de ce métier. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. On parlera de l'arc-en-ciel après, on verra les liens avec ton enfance. Qu'est-ce que tu peux nous dire sur ta tempête ?
- Speaker #2
Ma tempête s'est arrivée en 2017. J'ai perdu ma sœur qui s'est suicidée en juin 2017, après une longue maladie mentale. Désolée déjà. Merci. Et en fait... Elle souffrait de maladies mentales et elle a eu une longue période de in and out de l'hôpital psychiatrique. Elle a eu beaucoup de séjours à l'hôpital, ce qui fait que c'était devenu insupportable pour elle. C'était une grande, grande souffrance. J'imagine. Oui, et donc je pense qu'elle a pris la solution, la seule solution qu'elle voyait possible. Donc ça a été... Ça a été extrêmement dur, évidemment, parce qu'on était très, très proches.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
C'était ma personne, quoi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Donc, voilà. Ma tempête. Et, ouais, voilà.
- Speaker #1
Et comment... Déjà, je suis désolée que tu aies traversé ça. J'ai envie de te faire un hug. On ne peut pas te hug, mais on peut faire des hugs demain. Oui, des hugs demain. On peut s'arrêter, on peut faire un hug aussi. et Comment est-ce que tu... Parce que j'imagine que ça va être compliqué pour que ça puisse peut-être parler à des personnes qui auraient aussi eu des personnes à leur entourage, qui puissent être internées, faire des séjours. Comment... Est-ce que si tu veux bien, bien sûr, nous parler de cette période-là d'avant. Parce que j'imagine que ce n'est pas évident, surtout si tu es aussi proche. En étant aussi proche, comment est-ce qu'on accompagne ? Je ne sais pas s'il y a une façon d'accompagner ou comment nous on vit. Parce que du coup, toi, tu avais le côté accompagnant finalement en ayant quelqu'un de très proche.
- Speaker #2
Oui, alors c'était très compliqué parce que, alors moi, ma sœur, elle souffrait de dépression depuis, enfin, je dirais la fin de son adolescence. Donc, elle avait beaucoup de périodes très, très mal où elle faisait, dans la famille, on les appelait les crises, où elle était vraiment au plus mal et elle était suivie avec juste des antidépresseurs et des, donc, psychos. psychiatre et psychologue qui la suivait mais en ville. Donc elle n'était pas encore dans le système.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
Et il se trouve qu'il y a un parallèle parce que ma mère souffre aussi de maladies mentales. Et ma sœur a eu des épisodes de schizophrénie. Donc on l'a diagnostiqué schizophrène à la fin.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Ma mère avait ce genre de pathologie, avec beaucoup de dépression, avec bouffée délirante aussi. Au bout d'un moment, pareil, elle est passée dans le même genre de chemin, avec beaucoup d'hospitalisation, avec bouffée délirante, paranoïa. À un moment de ma vie, j'allais d'hôpital en hôpital pour aller les voir. Oui, c'était une vraie épreuve. Et ce qui était, c'était un peu en miroir. Elles avaient parfois des choses qui étaient similaires, un petit peu différentes. Et puis dans des hôpitaux différents. Et ma sœur vivait aussi mal, la maladie de ma mère.
- Speaker #1
Oui, donc ça devait être une souffrance en plus pour elle, j'imagine. Elle avait sa propre souffrance et de voir sa mère, c'est forcément aussi... Avoir sa propre mère aussi en souffrance, ça devait être dur aussi.
- Speaker #2
C'est ça. Elle n'était pas capable de gérer. Je pense qu'elle a aussi beaucoup géré avec moi. On la soutenait, tout ça, on allait la voir. Et après, ma sœur, ça a été... Je pense que vers 30 ans, un peu avant, il y a eu une sorte de switch. Elle a commencé à développer un peu une personnalité. différentes presque. C'est comme si c'était une nouvelle personne qu'il fallait appréhender. Alors, il y a des trucs évidemment qu'on a, mais le fait d'avoir des croyances si éloignées de ce qu'elle pensait avant, de qui elle était, ça fait vraiment une sorte de gap entre la personne d'avant et qu'elle renie. Elle, elle a été très dans la... Oui. En fait, elle disait « j'étais dans le faux, je ne savais pas, maintenant je sais » .
- Speaker #1
Et donc c'était très fort dans un autre chemin, complètement à l'opposé.
- Speaker #2
C'est ça. Et comment se reconnecter à cette personne-là, avec qui on n'avait plus les mêmes croyances du tout, mais à tel point, parce qu'elle, elle était un peu dans une sorte de délire. Comment on appelle ça ? Un délire mystique. Elle croyait aux anges, aux guides, à la réincarnation. Il y a plein de gens maintenant, c'est hyper à la mode. C'est ouf parce qu'en 2017, même avant, encore 5 ans avant, c'était... Ça dénotait énormément et le fait, on peut tout à fait croire à des trucs comme ça, et pas être hospitalisée, mais comme elle pensait comprendre les signes et interpréter les signes, donc ce que les anges lui disaient, ce que les guides lui disaient, et elle devait faire des choses qui la mettaient en danger, notamment arrêter de manger, arrêter de boire. et courir non-stop.
- Speaker #1
Oh là là, d'accord.
- Speaker #2
Donc, on l'a retrouvé... Elle s'enfuyait, puis on la retrouvait à Pétahouchenoc, vraiment loin en plus. Elle ne s'arrêtait jamais de courir, sans boire ni manger. Et elle partait dans des bois la nuit. C'était dangereux. Et puis plusieurs fois, quand elle se faisait hospitaliser, elle s'enfuyait. C'était sa spécialité. Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Oui, donc dès qu'elle avait six jours à l'hôpital, ou sinon elle sortait, quand elle y était, vous étiez tout à coup mis au courant qu'il y avait une fuite. Oui.
- Speaker #2
Et là,
- Speaker #1
c'était l'angoisse parce que je ne savais pas où elle était.
- Speaker #2
La police était au courant. Et puis après, je me souviens d'une conversation avec la police. Elle me dit, mais vous savez ce qu'elle risque ? Je dis, vous me le dites à moi, je sais ce qu'elle risque.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Je dis, mais dites-lui bien, mais en fait, comme si on pouvait raisonner avec quelqu'un qui n'a plus du tout la même perception du monde.
- Speaker #1
C'est une autre réalité, en fait. Oui.
- Speaker #2
Et ce qui est très difficile, donc pour répondre à ta question, ce qui est très difficile, c'est de... revenir en lien avec quelqu'un qui n'a plus cette même perception. Et donc moi, ça m'a fait aussi beaucoup réfléchir. Moi, je suis très cartésienne. Ça m'a fait beaucoup réfléchir et essayer d'aller vers elle en faisant des stages, des trucs, des lectures qui n'étaient pas du tout ma tasse de thé. Et donc c'était... mais c'est... une lutte en fait. Et moi aussi, j'ai essayé de lui faire... Il y avait des conversations absurdes où j'ai essayé de lui faire revenir à la raison, entre guillemets. En tout cas, ma raison à moi, ma vision du monde, ce qui ne marchait pas. Et notamment, il y avait aussi beaucoup de lutte pour les médicaments. Ça, c'est vraiment un truc qui est compliqué parce qu'on soigne très mal la maladie mentale en France. Et en fait, ce qu'on fait, c'est qu'on ne la soigne pas, on met des camisoles chimiques.
- Speaker #1
C'est terrible ça.
- Speaker #2
Avant, on faisait des camisoles, on mettait des camisoles tout court. Et là, camisole chimique, ça veut dire des médicaments qui transforment encore la personne. Donc là, elle grossissait, elle devenait presque un peu légume. C'est terrible à voir, très très dur. Et elle perdait, et surtout ce qu'elle me disait, c'est qu'elle perdait toute envie de vivre, tout ce qu'il a... porté dans sa maladie, en fait, s'était enlevée et il n'y avait plus que les côtés négatifs. Mais en revanche, elle ne courait plus et elle mangeait. Donc, c'était...
- Speaker #1
Oui, c'est terrible parce qu'en fait, tu ne sais pas ce qui vaut mieux pour elle.
- Speaker #2
C'est ça. Et donc, parfois, je me souviens d'une fois où on avait fait une liste en disant, voilà, les côtés positifs avec les médicaments, sans les médicaments. Et c'était un peu la peste ou le choléra, quoi. Et à choisir, elle, elle préférait sans parce que ça la coûte. paix d'elle-même, de ses liens. Et ce qu'on dit, enfin moi ce que j'ai compris aussi de la schizophrénie, en tout cas des délires, c'est que c'est une façon de cope, de, comment on dit en français, de coping.
- Speaker #1
Je vois, mais j'essaye de le traduire. Il y a des mots qui sont plus durs.
- Speaker #2
De faire avec. La dépression. La dépression est tellement forte que ça va te... En tout cas, c'est ce que j'en ai compris. Ça va te permettre de la surmonter en te mettant des trucs qui sont décorrélés de la réalité. Et c'est vrai que, si on t'enlève le délire, il ne reste que la dépression et le mal-être.
- Speaker #1
C'est terrible,
- Speaker #2
ça.
- Speaker #1
Pour l'entourage de voir ça, c'est terrible aussi. Pour la personne et toi.
- Speaker #2
Ah oui, c'était horrible. C'était horrible de l'avoir souffrir comme ça. Et le soutien. Donc, moi, j'avais plus que mon père qui gérait un peu. Et c'est lui qui faisait de temps en temps. J'ai oublié tout le vocabulaire. C'est marrant parce qu'à un moment, j'étais vraiment experte. Et puis, ça, c'est bizarre. Ça s'étiole maintenant. Mais ce n'est pas condamnation, mais c'est les hospitalisations à demande d'un tiers. Ce n'est pas de l'étude. C'est quand tu hospitalises à demande d'un tiers, donc ça veut dire de force.
- Speaker #1
De force, ok.
- Speaker #2
Et ça, c'est extrêmement dur.
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr.
- Speaker #2
Parce qu'évidemment, elle, elle ne voulait pas aller à l'hôpital. L'hôpital est un lieu affreux. L'hôpital psy, c'est vraiment le dernier endroit sur Terre, moi je trouve, pour l'avoir vu pour ma mère et ma sœur. C'est des gens qui gueulent tout le temps. Il y a aussi beaucoup de gens qui sont à la rue, qui viennent et qui repartent. Donc, il y a aussi... Des gens qui sont agressifs, il y a les parano qui ne vont pas avec les... je ne sais pas quoi. Il y a toute pathologie. Et puis il y a ce système absurde qui est que quand on ne veut pas y aller, on vous force à rester. Et quand on veut s'en aller... Et quand on veut y aller, il n'y a pas de place et donc il faut attendre. Et donc ça lui est arrivé dans les deux cas, si tu veux, parce qu'elle détestait l'endroit. Mais il y a eu certainement un moment où elle s'est sentie si mal qu'elle avait besoin d'y retourner. Et là, elle y est retournée et donc parfois, on ne savait pas. Je me souviens d'une fois notamment, mais je crois que c'est arrivé une deuxième fois, où on ne savait pas où elle était et en fait, elle était à l'hôpital et les soignants ne nous ont pas appelés. ne nous ont pas prévenus du tout.
- Speaker #1
Comment c'est possible ça ?
- Speaker #2
Parce que c'est un système complètement défaillant où on n'inclut pas la famille, les aidants. Et le premier truc qu'il faut faire, c'est inclure les aidants.
- Speaker #1
Bien sûr. Sinon, d'ailleurs, comment peuvent-ils aider ? C'est déjà dur pour eux.
- Speaker #2
Mais oui, et puis c'est un ensemble. Et c'est ça le problème, c'est qu'après on les refout à la nature. la vraie vie, on va dire, et ils sont souvent pas préparés, ils sont souvent... Et ce retour-là...
- Speaker #1
Et puis il n'y a pas d'accompagnement, forcément, c'est ça, non ?
- Speaker #2
Oui, il y a.
- Speaker #1
C'est-à-dire que, en fait, c'est soit dans l'hôpital, oui, ce que je veux dire, c'est que c'est soit dans l'hôpital et tu es accompagnée, soit tu n'es pas dans l'hôpital et il n'y a pas d'accompagnement particulier, c'est ça ?
- Speaker #2
Il y a un accompagnement en CMP, normalement, mais c'est pareil, c'est sûr, il y a plein de monde, donc tu as un rendez-vous tous les je-ne-sais-pas-combien, donc c'est très compliqué et euh... Il y a aussi beaucoup de maltraitance à l'hôpital, en dehors. Il y a deux trucs que je voulais dire. Il y a un rapport avec la famille qui est distendue et qui est inexistante. Le suivi est très mauvais si on va d'un hôpital à l'autre. Normalement, on est sectorisé, mais ça arrivait qu'elle fasse des séjours aussi en clinique. Et là, aucun suivi, rien à foutre. Et puis, comme il y a beaucoup de turnover dans les soignants, dans les médecins, Quand certains médecins reprennent le dossier, moi, je me souviens d'avoir appelé une psychiatre qui était en hôpital où était ma sœur, et j'ai voulu lui dire un petit peu, et je lui ai dit, attention, elle va s'enfuir, elle va essayer de s'enfuir, elle va faire ci, etc. Et la meuf l'a vraiment pris comme un... Enfin, l'a mal pris, comme si c'était un problème d'ego, quoi. Oh là là !
- Speaker #1
En fait, tout le monde est là pour le bien-être de la personne, non ? De la patiente ? Enfin, je ne sais pas.
- Speaker #2
Et donc, elle a dit, mais qu'est-ce qui vous fait croire qu'elle va faire ça ? Je ne suis pas en train de remettre en cause.
- Speaker #1
Vous avez son dossier ou pas ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Donc, le dossier, on…
- Speaker #1
Il ne le laisse pas, oui.
- Speaker #2
Et puis, on refait les protocoles, on essaye. En fait, ce qui était aussi très dur, c'était les dosages de médicaments, le type de médicaments. donc là on essaye tel médicament pour voir si ça marche mieux. Il y a peu de recherche clinique sur... En tout cas, personne ne sait rien et tout le monde rajoute des médocs, ce qui fait une liste incroyable et les effets secondaires sont encore plus lourds. Donc, c'est un peu l'enfer. En tout cas, la relation avec les aidants n'existe pas. Quand ils reviennent, on ne sait pas. Il y a tous ces dysfonctionnements. Et en dehors de l'hôpital, il y a cette histoire de CMP une fois sur tous les 30 000. Et parce qu'il n'y a pas de place, parce qu'il n'y a pas de moyens, parce qu'on ne donne pas de moyens à la santé, mais encore moins à la santé mentale.
- Speaker #1
Oui, j'ai l'impression que c'est encore très stigmatisé aussi,
- Speaker #2
qu'on considère que ce n'est pas si important que ça. C'est une spécialité que peu de gens en médecine veulent prendre, parce que c'est très dur aussi. et... Et puis moi, ma sœur, ce qu'on lui a fait, qui était très très dur aussi, c'est que comme elle avait eu des rapports avec les... Je ne sais pas si c'était dû à ça, mais elle a eu des rapports avec les flics vu qu'ils l'ont ramenée plusieurs fois lors de ses fugues.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Et comme elle avait un traitement qu'on lui donnait, mais on l'obligeait à le prendre, c'était une sorte de condition sine qua non pour sa liberté. Tu prends le médicament. et tu sors, ou tu restes et tu le prends et t'es forcé. Il y a beaucoup de coercitions. C'est un peu une prison, l'hôpital psy. Ça fonctionne comme ça. Et donc...
- Speaker #1
J'ai l'impression que c'était dans un temps très ancien que c'était ça, mais en fait...
- Speaker #2
Quand ils arrivent, on leur enlève leur téléphone, leurs habits, on les met en machin, et c'est comme des sortes de privilèges. Si t'as été good girl, on te rend ton truc. C'est...
- Speaker #1
Il y a des carottes.
- Speaker #2
C'est horrible. Et puis on utilise la contention. Ma sœur, je sais qu'elle a été... On a utilisé la camisole, on l'a attachée au lit. Des trucs assez inhumains. On la met en isolement. Il y a plein de trucs où on dit c'est pour leur bien. À quel point ?
- Speaker #1
C'est compliqué de voir le bien.
- Speaker #2
Et donc, pour finir cette histoire de police, c'est qu'on l'avait contrainte. Elle avait choisi la liberté en échange d'un traitement. et le traitement c'était des injections retard. Donc si tu veux, c'est une injection, on te donne pour tout le mois et ça se diffuse dans ton corps progressivement. Ce qui fait qu'il n'y a plus ce truc de prendre le médicament tous les jours. Ce qui est un vrai problème pour les malades qui, comme ils ne se considèrent pas comme malades, ne veulent pas prendre de médicaments.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Et donc ce truc-là, je crois qu'un jour elle n'avait pas... pris le rendez-vous avec l'infirmière pour faire l'injection. Et donc, ils ont envoyé la police chez elle. Mais la police violente, quoi. Qui défonçait la porte, qui machin. Et elle avait peur, en fait. Elle avait peur. Elle était en détresse psychologique. C'était horrible pour elle. Donc, elle est venue se réfugier chez moi. Elle a écrit une lettre au juge. Et les efforts qu'elle faisait pour... Petite pause. Les efforts qu'elle faisait pour essayer d'être dans une vie normale, pour se battre, pour travailler, pour dire l'injustice qu'elle vivait, c'était fou. Elle écrivait cette lettre, elle nous demandait à mon copain de l'époque et à moi de relire pour essayer de plaider son cas parce que c'est ce qui arrive, c'est qu'il y a un juge des libertés et le juge des libertés décide si... la personne doit, si c'est légitime en gros, de la faire rester contre son gré dans l'hôpital. Le juge des libertés, on le voit au bout de 21 jours, je crois, je ne sais plus. Depardon a fait un beau documentaire là-dessus, un beau mais dur aussi à regarder, mais je trouve vraiment important. Et on voit ce juge, on voit tous ces gens qui plaident, si tu veux, pour dire mais je ne suis pas malade, c'est ma vision du monde. Et c'est ça qui est difficile, c'est à quel point on accepte d'autres façons de vivre, d'autres...
- Speaker #1
D'autres façons de penser aussi, parce qu'en fait, on dit que c'est un peu restreint, il faut rentrer dans une case et si tu en sors...
- Speaker #2
C'est ça, et à quel point, et donc la limite, c'est quand la personne se met en danger ou met en danger... Oui, c'est ce que j'allais dire,
- Speaker #1
j'imagine, oui, c'est ça. Donc c'est le juge qui décide de ça en fait, qui décide si finalement il y a peut-être une vision de la vie, il y a des choses différentes mais comme on est tous différents en même temps et est-ce que si elle n'est pas un danger pour elle-même ou pour quelqu'un d'autre ?
- Speaker #0
C'est nécessaire d'hospitaliser. On pourrait se dire que si ce n'est pas le cas, elle pourrait se rester à domicile.
- Speaker #1
Oui, et souvent, le problème, c'est que ça prend trop de pas. En gros, le délire prend trop de pas sur la réalité. et ça fait que elle se met en danger mais il reste énormément de progrès à faire quant au traitement de des personnes qui souffrent de maladies mentales. C'est vraiment un truc, moi, contre lequel je suis hyper remontée, parce que la façon dont... En fait, ma sœur s'est suicidée une semaine ou deux après être sortie d'une dernière hospitalisation. Et c'était une hospitalisation. On ne nous avait pas dit qu'elle était là-bas. Donc, nous, on la cherchait pendant des jours. Et les soignants l'ont un peu dismiss, enfin, lui ont dit de partir. Je pense qu'elle n'était pas prête. L'accompagnement après une sortie, en tout cas je le dis à celles et ceux qui en souffrent, c'est vraiment important, ça je l'ai compris plus tard, d'accompagner et d'être là, limite de vivre avec la personne juste après l'hôpital parce que c'est un choc entre deux.
- Speaker #0
J'imagine quand on passe de l'un à l'autre, ce que tu en dis, on ne sait pas ce que c'est de recevoir les traitements. Et puis le quotidien, c'est-à-dire qu'en tant qu'aidant, on vient et puis la personne est là toute la journée.
- Speaker #1
C'est ça, et puis ce qu'elle vit. Et ma sœur étant très pudique, elle me disait peu. Mais une fois, elle était sortie et je lui ai dit, ah viens, on va... Alors c'était un truc marrant, je lui ai dit, viens, on va à passage du désir au truc, regardez les sex toys.
- Speaker #2
Adore.
- Speaker #1
Pour lui changer les idées. Elle m'a dit, je ne suis pas prête en fait à... à faire des trucs normaux, en fait, je pense que tu ne te rends pas compte de ce que j'ai vécu. Et de la dureté de ce que c'était. Être attachée, être isolée. Et même être avec les gens. D'avoir des interactions dites normales ou sociales. Il fallait doser, tu vois. Elle ne pouvait pas être avec trop... Même avec moi, toute seule, il ne fallait pas que ce soit trop long. Ça lui prenait trop d'énergie. C'était aussi beaucoup de dosage, d'énergie à dépenser. Il fallait beaucoup qu'elle se ressente sur elle. Elle faisait aussi beaucoup de méditation, de yoga. Et la méditation, ça l'a beaucoup aidée. Mais elle mettait en place beaucoup de choses pour aller mieux. Mais elle s'est vraiment battue. pour aller mieux.
- Speaker #0
C'est incroyable ça. C'est ce qu'il faut garder, si je puis dire, après en plus de tout.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est ça.
- Speaker #0
C'est incroyable quand t'as une telle tempête d'arriver à mettre en place des choses qui peuvent te faire du bien et où tu trouves là, comment ça peut peut-être t'apaiser, je sais pas, ou te faire te sentir mieux en connexion avec les autres et avec toi surtout.
- Speaker #1
C'est ça. Et trouver en tant qu'accompagnante, moi j'essayais, je voyais bien que Paris c'était une mauvaise ville pour elle, c'est violent, c'est agressif, il y a beaucoup de monde, les gens ne prennent pas soin des autres. Mais je l'ai compris un peu tard que ça ne lui convenait pas et trouver un boulot dit normal, dans des conditions aussi, comme elle est artiste, elle était artiste peintre, elle s'occupait. des enfants pendant les ARE, je ne sais pas si ça existe encore, mais ces moments de périscolaire juste après l'école primaire où elles faisaient des activités avec les gosses et tout, mais la hiérarchie, le fait, tu vois, d'avoir des pressions, ce n'est pas adapté à des gens qui souffrent comme ça. Et donc, elles se battaient là-dessus et se battaient pour l'environnement avec cette ville qui n'est pas... qui n'est pas bonne pour elle. Et donc, en effet, comme tu dis, il faut trouver, elle-même, elle cherchait, mais trouver les endroits où elle peut aller un peu moins mal. Et moi, je l'ai poussée pour aller à la campagne. Mais pareil, il faut trouver l'environnement. Peut-être la famille, ce n'est pas forcément le meilleur cadre. Donc, il faut vraiment... C'est un gros boulot et il faut être là. Moi, ce que je regrette, je dirais, c'est de ne pas avoir été là tout le temps. Enfin, tout le temps, je veux dire assez. pour comprendre toutes ces choses-là.
- Speaker #0
Après, c'est compliqué en étant déjà à côté. Toi, c'était plein de choses à gérer de ton côté aussi. J'imagine, en étant si proche de l'avoir changé, ce n'était pas évident non plus. Je pense qu'on fait souvent plus. Avec le recul, on a l'impression qu'on n'a pas fait assez. Mais parce que pour d'autres choses qui ne sont pas vraiment qu'on n'a pas fait assez, c'est que tu ne sais pas. Quand tu ne sais pas, tu ne peux pas... Et en revanche, là, ce que tu fais, et merci de le faire, tu vois, ça va sans doute aider plein de personnes. Mais je suis sûre que tu as fait beaucoup plus que tu crois. Enfin, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Bah écoute, j'espère, mais c'est vrai que c'est compliqué de se dire qu'on est démuni, quoi, c'est ça.
- Speaker #0
Mais c'est ça, c'est exactement ça. Il n'y a pas le kit, et tu vois qu'en plus, il y a plein de choses qui ne sont pas mises en place. Donc, en fait, ce n'est pas toi, c'est que le système est défaillant, en fait. Que typiquement, moi, je ne pensais pas que c'était possible que tu sors d'une hospitalisation et qu'il n'y ait pas d'accompagnement, il est perçu. Enfin, ce terme ne veut rien dire, accompagnement sûr.
- Speaker #1
Si c'est un vrai accompagnement, il n'y a pas les moyens, il n'y a pas une volonté politique aussi derrière. Il faut se rendre compte qu'il y a tellement de gens qui souffrent de maladies mentales, qui ne sont pas soignés, qui ne sont pas traités.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a plein d'autres moyens qu'une hospitalisation pour les accompagner, c'est ça aussi. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Toi, du coup, quand elle est partie, qu'est-ce qui t'a aidée pour, je ne sais pas, est-ce qu'avec ton père, vous avez été très soudée, avec d'autres personnes de l'entourage, peut-être avec ta maman, même si elle aussi, elle était de son côté en hôpital,
- Speaker #1
comment est-ce que tu t'es épaulée ? Non, avec ma mère, c'est moi qui prends soin d'elle. Ça n'a pas été un soutien. C'est moi qui ai dû lui apprendre la nouvelle. C'est moi qui la gère. Moi, je suis sa tutrice maintenant, co-tutrice. D'ailleurs, j'étais contente parce qu'on a réussi avec son tuteur de l'époque, son curateur de l'époque. à la sortir de l'hôpital psychiatrique et un médecin aussi généraliste à la sortir de l'hôpital psychiatrique pour la mettre en maison de retraite.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce qui fait qu'elle a été en maison de retraite très tôt, très jeune. Enfin, je ne sais plus, elle devait avoir 65 ans, un peu comme ça. Donc, elle était avec des grabataires. C'était très dur aussi pour elle. Mais donc, ma mère... Pour moi,
- Speaker #0
ce n'était pas le même environnement.
- Speaker #1
Oui, heureusement, elle était sortie du système.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Parce qu'elle faisait des allers-retours. C'était vraiment très, très dur. Et donc, ma mère a été prise en charge par les EHPAD. Maintenant, elle est dans une EHPAD près de chez moi, dans le 13e. Ah,
- Speaker #0
c'est bien ça.
- Speaker #1
Ça permet que ce soit plus simple pour moi, et puis pour ses amis et ses sœurs. Mais donc, non, elle ne m'a pas aidée. Mais en revanche, mon père était là. lui Il est très... Alors, comment dire ?
- Speaker #2
Alors...
- Speaker #1
Je veux dire, ma sœur était très pudique et mon père est très pudique également et c'est pas le genre à vraiment en parler, donc on en parle très peu.
- Speaker #0
D'accord. Pas très expansif.
- Speaker #1
Voilà le mot.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on est deux.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a beaucoup de pères dans ce schéma.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et ce n'est pas évident, pas évident quand on vit ça, de ne pas pouvoir trop en parler. Et donc moi, ce qui m'a aidée, il y a plein de choses qui m'ont aidée. Et je suis contente de pouvoir en parler avec toi aujourd'hui. Il y a beaucoup de choses qui m'ont aidée. Je suis très reconnaissante pour toutes ces aides qui m'ont été apportées. Et je vais dire que ma famille, mes cousins et mes cousines ont été assez présentes. Et ils m'ont presque, tu vois, certaines de mes cousines m'ont vraiment pris comme une extra-sœur dans leur fratrie. Et elles m'ont fait participer à toutes les fêtes familiales, à toutes leurs fratries. Et ça, ça m'a vachement aidée parce que j'étais dans ma famille, je faisais partie d'un groupe. Et refaire en fratrie, c'était aussi très important.
- Speaker #0
J'imagine, oui.
- Speaker #1
Donc ça, ça m'a beaucoup aidée. Et le fait de... En fait, la chose numéro un, je dirais, c'est être entourée. Parce que seul, c'est l'enfer. Donc moi, j'étais avec mon copain de l'époque qui était là, mais comme il pouvait, il a aussi du mal à gérer. Les deux premiers jours, il était là tout le temps. Puis après, il a dit, c'est trop dur pour moi. Je ne peux plus passer ces nuits sans sommeil. Moi, je pleurais toutes les nuits. Donc lui, il ne pouvait pas dormir. Il m'a dit à un moment, je n'arrive plus. Donc, hum, Ça a été difficile pour moi parce que moi, je me voyais aussi un peu comme une trahison. Oui,
- Speaker #0
tu te dis que la personne qui est à côté de toi va être là pour te soutenir.
- Speaker #1
Et je pense qu'il a géré comme il a pu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'il se préservait aussi pour pouvoir m'épauler. Donc, j'ai dû trouver aussi d'autres relais. Mes amis étaient là. Mais plus que mes amis, qui avaient aussi leur vie, qui étaient là comme elles pouvaient aussi. mais... Pas forcément comme... Certaines ont été vraiment un gros soutien, notamment dans les premiers jours, si tu veux. J'avais des amis très proches qui m'ont aidé à voir le... Enfin, j'avais envie de voir le corps. Tu vois, la procédure, c'est que quand tu as un suicide, le corps est emmené à la morgue. Donc, il y a la possibilité de voir. Pour m'en rendre compte vraiment, j'avais besoin de voix. Et là, j'ai mon amie d'enfance, Myriam, qui m'a accompagnée et qui était aussi l'amie d'enfance de ma sœur. Et donc, dans ces moments-là, j'ai eu mes amis. J'ai aussi mon amie Murielle qui m'a... Je donne tous les noms.
- Speaker #0
C'est bien.
- Speaker #1
On pense à vous. Voilà, qui m'a aidée. Mais c'est tellement important. Bien sûr,
- Speaker #0
c'est essentiel.
- Speaker #1
Et ce n'est pas évident, je pense, en tant que... qui est dente d'aider quelqu'un en deuil dans cette période-là, savoir à quelle place, et c'est vrai que pour toutes les petites démarches, parce que je me suis retrouvée à faire les démarches avec mon père, pour tous les trucs du deuil qu'on ne connaît pas forcément, le truc du acheter le cercueil, organiser l'enterrement, qu'est-ce qu'on invite, comment on fait, la fête, enfin la fête. C'est horrible de dire ça. La fête de l'enterrement. Comment gérer ça ? La cérémonie, c'était hyper important pour moi de l'organiser comme un hommage. C'était très important de la rendre la plus belle possible avec le plus de monde. Et donc, il y a tout ça. Peut-être que ce n'était pas ta question, mais il y a toute cette partie qui... espèce d'effervescence où j'ai été vraiment soutenue. Et puis, il y a la partie qui est très dure, c'est après, une fois que c'est fait, une fois que tu es seule avec ton deuil. Et là, justement, ce qui m'a aidée, c'est ma famille, mes cousins, mes cousines qui m'ont un peu pris sous leurs ailes. Et puis, progresser... Attends, parce que j'essaie de me refaire la chronologie. ce truc-là en premier et puis des années plus tard et ça c'était, alors je sais qu'on parle que d'une tempête mais il se trouve que j'ai eu un deuxième deuil peu de temps après et c'était justement mon copain qui m'avait soutenue, lui est mort d'un accident d'avion donc deux ans plus tard et à ce moment-là vraiment parce que je connaissais le process si tu veux au bout d'un moment tu sais le moment où ça va être vraiment dur et c'est quand t'es toute seule l'enchaînement ouais là c'est Et ce qui m'a vraiment aidée à ce moment-là, c'était de me retrouver une sorte de famille d'artistes que j'ai trouvées dans mon training d'acteurice, le training des frigos. Je fais un coucou au passage. Et ça, ça a été, si tu veux, hyper libérateur pour moi. Parce que j'avais vécu ces deux deuils. Et la solitude, même si... Comment dire ? Le fait d'avoir ce truc de training toutes les semaines avec d'autres gens qui galèrent comme toi dans le métier de comédien, comédienne, et qui sont des artistes que tu vois évoluer, que tu vois, qui t'inspirent. Et ça, ça a été vraiment ce qui m'a portée. Parce qu'on avait notamment, enfin on a dans cette histoire de training, on a aussi un moment où on danse. Et ce truc est très libérateur. C'est une danse, pas du tout une danse esthétique, mais une danse libératrice, où tu peux crier, tu peux machin. C'est un exercice de Suzanne Batson que notre coach James nous fait faire tous les matins, une fois par semaine, tu vois. Et ce truc-là, c'est... Oui,
- Speaker #0
c'est un bon de liberté totale. Tu peux tout lâcher.
- Speaker #1
Et en fait, tous les trucs sont accueillis. Tes pleurs, tes cris, tes... dérirent. Oui,
- Speaker #0
c'est libérateur.
- Speaker #1
Et tu es en cercle avec les autres qui font un peu la même chose, qui doivent faire la même chose et essayer de vivre ce que tu vis. Et c'est vrai que ça a créé ce training qui a créé cette communauté d'acteuristes avec qui j'ai été beaucoup plus proche que des amis avec qui j'ai pas fait ce training parce qu'on partageait beaucoup de l'intime. Un peu comme ton podcast, là, si tu veux, c'est vraiment un truc où tu... Ou comme ton beau spectacle qui permet de bander avec... Je ne sais pas comment dire. Oui,
- Speaker #0
ça fait des connexions très fortes.
- Speaker #1
De connecter avec, via l'intime, tu te... J'ai envie de dire, tu te déverses, mais ce n'est pas très beau. Mais tu te confies.
- Speaker #0
Non, mais tu te livres quelque part et tout le monde se livre. Donc, c'est quelque chose de très beau. Grâce à l'art aussi, je veux dire, à l'artistique.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et c'est une force qu'on a quand on traverse des tempêtes.
- Speaker #1
Exactement. Et cette façon d'aborder l'artistique, tu vois, parce que j'ai essayé plein de méthodes. Et là, cette méthode-là, c'était un truc qui travaillait sur l'intime, où il fallait tout dire. Alors, c'était très dur pour moi, parce qu'au début, j'étais pudique. Maintenant, je ne le suis plus. Mais c'est vrai que...
- Speaker #0
C'est une bonne chose.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et puis t'en libérer, parce qu'après, des personnes, ça peut être des années après que la tempête est digérée, parce que chacun a son chemin et que ça devait être comme ça. Merci. C'est vrai peut-être que ça a aidé aussi d'avoir ce groupe, ce collectif, de sortir des choses de toi que tu aurais peut-être mis plus de temps à sortir seule, comme tu dis.
- Speaker #1
Carrément, mais tellement. Et d'ailleurs, je me souviens, en fait, l'enchaînement, c'est que mon mec de l'époque meurt dans un accident d'avion.
- Speaker #0
Non, désolée, je n'ai pas les mots face à tant de...
- Speaker #1
Merci, je ne sais jamais quoi dire quand on dit ça. Non,
- Speaker #0
mais il n'y a rien à...
- Speaker #1
mais oui, donc il meurt en 2019 donc ma soeur est morte en 2017 lui en 2019 et c'était mon soutien qui m'avait aidé pour le deuil 1 et donc j'avais plus de soutien pour le deuil 2 et c'est une amie, Claire Claire Olivier, je dis son nom parce qu'elle a une importance dans l'arc-en-ciel on arrive à l'arc-en-ciel après,
- Speaker #0
spoiler voilà,
- Speaker #1
c'est ça, je fais un petit teasing et en fait Elle m'a dit, quand j'ai annoncé, parce que j'ai eu le truc de le dire sur Facebook, même si je trouvais qu'à l'époque, je me dis, comment parler de ça ? Et j'ai voulu le partager sur Facebook. Ça a été vraiment un questionnement. Je me dis, est-ce que ce n'est pas, comment dire, tu sais, là, il y a un mot pour dire, ça va avec l'impudeur. Oui,
- Speaker #0
je vois, mais comme je ne pense pas que ce soit le cas, il ne me vient pas non plus.
- Speaker #1
On ne va plus dire impudique ou racoleur mais je me suis dit qu'est-ce que ça va m'apporter et c'est vrai que j'ai eu beaucoup de vagues de soutien online mais aussi des gens ça m'a permis de le premier truc je me suis dit en fait je vais faire ça, je vais le mettre en ligne parce que ça va me permettre de ne pas le redire 30 000 fois
- Speaker #0
Oui, ça c'est bien.
- Speaker #1
T'es tellement dur de le redire 50 000 fois. Donc, je me dis, je vais faire un message groupé, en gros, groupé au monde, au monde qui me connaissent. Et donc, je l'ai mis sur Facebook, pas sur Insta. À l'époque, c'était surtout Facebook. Et puis, les gens m'ont aussi reach out. Désolée, je fais moi Jean-Claude Van Damme.
- Speaker #0
Non, mais ils t'ont contacté, du coup.
- Speaker #1
Ils m'ont contacté dans la vraie vie. Et notamment cette amie, donc Claire, qui m'a dit de quoi tu as besoin ? Et c'était la première fois qu'on me posait la question.
- Speaker #0
Ce qui devrait être la première question, en fait. Mais ce n'est pas toujours facile de savoir. C'est pour ça que c'est pour les personnes qui nous écoutent. Et que soit la tempête, de quoi tu as besoin, c'est très bien comme question. On ne sait pas forcément, mais c'est très bien comme question.
- Speaker #1
Oui. On ne sait pas quoi dire. Je trouve que c'est ça qui est difficile. Quelqu'un vit quelques jours, on ne sait pas comment s'accroche, relate à cette personne. Et vers là, elle m'a dit ça. Et je lui ai dit, je sais d'expérience, du coup, qu'au bout de quelques, quand les premières effusions, l'enterrement et tout, les hommages sont passés, il y a la solitude. qui s'installent et ça c'est très dur et donc je lui ai dit moi j'ai besoin d'être entourée de voir le monde, de sortir et elle m'a dit ok alors allons donc on est allé au resto et on parlait de nos aspirations artistiques et moi je lui ai fait part de mon envie depuis longtemps de participer à un training hebdomadaire comme aux Etats-Unis puisque moi j'avais vécu aux Etats-Unis et hum Et là-bas, c'est ce qui se fait tout le temps, de travailler ton art sur le long terme et de faire un peu comme les musiciens. Et donc, cet entraînement, je le cherchais à Paris et je lui dis, c'est pas facile. Et elle est revenue vers moi et m'a dit, il y a ce truc-là, ce training des frigos, et j'y vais le mois prochain. Donc moi... J'ai perdu mon mec en mars et en avril, on a commencé avec ce cercle, avec ce truc. Et je me suis lancée et ça a été vraiment saluateur de se dire, je fais partie de ce groupe. Et c'est là où il y avait une échéance, tous les trois mois, une échéance qui est de faire quelque chose qui... Comment dire ? qui nous dépassent, comme une espèce de show, si tu veux, de spectacle avec que les gens du training. Et on fait quelque chose qui nous fait peur, qui nous dépasse, mais artistique et de façon pro, comme si on pouvait avoir un public payant. Il faut vraiment le préparer bien. Et dans les trucs qu'il proposait, il y avait un exercice de stand-up, numéro de stand-up.
- Speaker #0
On est en train d'arriver à l'arc-en-ciel. Spoiler. Je te dis qu'elle est en arc-en-ciel.
- Speaker #1
Voilà, alors mon arc-en-ciel, je te fais la genèse de mon arc-en-ciel. C'était à ce truc de, enfin, ce qu'on appelait Big Day, où je me décide de me dire, ok, je vais parler de ce qui m'est arrivé. Enfin, à la base, je ne m'étais même pas dit ça. C'est que je suis allée en résidence d'écriture avec des amis. J'emmène ma chatte. Et il se trouve qu'elle se casse et je ne la retrouve plus. Donc, je perds ma chatte. Et je trouvais ça marrant de dire que j'avais perdu ma chatte. Après avoir perdu ma sœur, mon mec, bim, je perds ma chatte. C'était drôle et pas drôle du tout parce que c'était vraiment mon dernier relais. Et ça m'est venu tout seul d'écrire un truc là-dessus. Le point de départ, c'est en gros des disparitions.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que ça fait, etc. Et je voulais prendre... d'un point de vue humoristique. Donc, j'ai commencé à écrire comme ça et j'ai écrit ça pour ce spectacle, enfin, spectacle entre nous. Et ce texte qui était assez long, ça a été vraiment le début de ma pièce, Mon arc-en-ciel. Mon arc-en-ciel, c'est la pièce de théâtre que j'ai écrite à partir de ce que j'avais vécu. et comme beaucoup j'ai écrit sur ce que j'avais vécu c'est très cathartique ça fait beaucoup de bien et ce monologue je l'ai laissé de côté pendant un an je pense je l'avais comme ça je travaillais un peu mais je savais que j'avais envie d'écrire pour rendre hommage à ma soeur c'était un truc que j'avais en tête depuis longtemps et mon mec qui est mort plus tard tard, il me disait, mais vas-y, écris là-dessus. Et je n'arrivais pas à trouver le... Donc lui, quand il est mort, là, ça faisait boum boum. Il fallait absolument que ça sorte. Et c'est sorti pendant le confinement, puisque là, à l'arrêt, il y avait le temps.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tout à coup. Enfin,
- Speaker #1
le temps. Je ne suis pas du tout originale, parce que moi, j'écris sur moi et j'écris pendant le confinement, comme beaucoup.
- Speaker #0
Oui, mais ce qui n'arrive pas à tout le monde, c'est que...
- Speaker #1
Oui, c'est que cette pièce, alors je le dis maintenant, c'est que cette pièce que j'ai écrite pendant le confinement, grâce aussi à Claire qui m'a fait écrire et qui a remodelé, qui a vraiment fait la dramaturgie de la pièce. Et cette pièce, donc plusieurs étapes de résidence, etc. Et là, j'ai appris récemment que j'allais être... publié.
- Speaker #0
Oui ! Par la loi ! Trop chouette !
- Speaker #1
Je suis hyper contente parce que ça va exister comme objet. Mais oui,
- Speaker #0
c'est génial, bravo !
- Speaker #1
Et même si la pièce n'est pas encore programmée, j'espère qu'elle le sera vraiment bientôt, parce qu'on a tout fait pour avec mon équipe, super, et donc Claire fait aussi la mise en scène.
- Speaker #0
Et donc comment s'appelle la pièce ?
- Speaker #1
La pièce s'appelle Chute. avec des points médians pour dire la chute, déjà, puisqu'on parle d'accident d'avion, de suicide, et le tabou autour de tout ça, c'est-à-dire le silence aussi, du deuil, du suicide, tabou autour du suicide, tabou autour du deuil. Donc, j'ai voulu parler de ça, de comment ça nous transforme.
- Speaker #0
Eh bien, je pense que tout le monde a hâte de te lire et de te voir sur scène. Si je croise les doigts, ça se montrera. Ah, je crois, trop chouette. Et est-ce que tu peux partager avec nous ton mantra préféré ?
- Speaker #1
Alors, mon mantra, il se trouve que c'est justement le sous-titre de ma pièce. Je ne sais pas si ça rentre dans la ligne du mantra, mais ça s'appelle, en fait, c'est une citation que j'ai empruntée de Bartabas, qui est un livre qu'il a écrit qui s'appelle « D'un cheval à l'autre » . Et donc, c'est un extrait. Et donc, je te dis la quote en entier, c'est « Avec mon cheval » . Nous apprendrons l'art et la manière de choir comme on s'envole en s'allégeant de ses appréhensions.
- Speaker #0
Très beau.
- Speaker #1
Voilà. Et donc mon sous-titre, c'est l'art et la manière de choir comme on s'envole. Et je trouvais ça très beau, cette histoire de s'alléger de ses appréhensions.
- Speaker #0
Complètement, oui.
- Speaker #1
Quand on tombe.
- Speaker #0
Oui. Et puis je le vois quand tu as dû lâcher au collectif aussi. On peut se livrer et sortir un peu de soi. Même si ça reste toujours...
- Speaker #1
Exactement. Et c'est un parallèle avec la chute de cheval. Ça parle aussi de ça, ma pièce, des chutes de cheval. Un parallèle avec l'équitation. Et je trouve que quand on est très angoissé de tomber, et en fait, ça nous arrive, ça va forcément arriver.
- Speaker #0
Je me rappelle d'une fois. Boum ! Il va piler, il va piler. Tu vas te prendre la barre, tu vas te prendre la barre. Et voilà. Quelques points. Et quel est le livre qui a changé ta vie ?
- Speaker #1
Alors, ça n'a pas forcément changé ma vie, mais en tout cas, ça a été très utile pendant cette période, notamment la période de l'écriture. Et pour faire ma réflexion sur le deuil, c'est un livre de Delphine Horvilleur qui s'appelle « Vivre avec nos morts » et qui est très beau sur l'accompagnement au deuil. Je crois qu'il y a une série qui a été adaptée de son livre et qui sort maintenant. Le livre, j'en fais aussi des citations dans ma pièce, qui est vraiment magnifique. Je trouve que ça accompagne... Je recommande aux gens de l'offrir pour des gens qui traversent le deuil parce qu'elle raconte en tant que rabbine comment elle accompagne les gens dans ces moments-là. Elle a la vacuité des mots et qu'est-ce qu'on est désemparé face à ces... Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Comment aider, tout ça. Donc, elle raconte... Très bien, Sarah. Voilà.
- Speaker #0
Un beau livre qui va rejoindre la bibliothèque du podcast. Et quelle est la musique qui te donne la pêche, qui va rejoindre la playlist ? Tu en as une playlist Spotify, « Sans plus pas d'arc-en-ciel » . Qu'est-ce que c'est le titre qui te donne la pêche ? C'est très éclectique, donc « Sans toi libre » .
- Speaker #1
D'accord. C'est pareil, c'est un titre qui donne la pêche, mais en même temps qui parle de ce genre de moments difficiles et de tempêtes à traverser. Le monde s'est dédoublé, déclaré. C'est une chanson qui raconte comment passer de l'autre côté des nuages et arriver vers le soleil. C'est une chanteuse qui a elle-même perdu sa mère, qui s'est noyée en aidant quelqu'un qui allait se noyer. terrible. Et donc, elle l'a vue, il me semble, elle l'a vue se noyer sous ses yeux.
- Speaker #0
Terrible.
- Speaker #1
Et elle a écrit cette chanson que je trouve très belle et très... À la fois, il y a un truc, alors je vais le dire en anglais, uplifting, c'est-à-dire que ça nous emmène vers le haut et à la fois, il y a cette tristesse, mais qui est là parce qu'on ne peut pas Nier, on ne peut pas faire abstraction, on ne peut pas dire « je dépasse ça, c'est choumier » . Et en même temps, il y a ce refrain qui est très beau.
- Speaker #0
J'ai hâte de l'écouter. Et est-ce que je peux te demander quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui serait dans une tempête, que ce soit celle-ci ou une autre, et qui n'aurait pas forcément trouvé son arc-en-ciel ? Est-ce que tu aurais un conseil à lui donner ? Alors oui, c'est un conseil qui m'est personnel, évidemment. Mais je dirais que le fait d'être entourée, c'est vraiment ce qui m'a aidée. La solitude, c'est terrible. C'est une espèce de double solitude parce qu'on est de toute façon seul, même avec les gens, parce qu'on est seul dans ce qu'on vit et dans son corps. Mais le fait d'être entouré... et d'avoir des gens bienveillants qui sont dans le partage aussi. C'est des gens où, je dirais, moi, ce qui m'a vraiment aidée, c'était que les gens enlèvent leur masque social et soient dans le partage de l'intime. J'ai eu beaucoup de gens qui sont venus me dire que dans leur famille, il y avait aussi des suicides, ils avaient traversé des deuils difficiles. Et c'est vrai que dans mon training, ça m'aide aussi beaucoup parce que tout le monde a traversé des trucs horribles, en fait. Et tu te rends compte que tu n'es pas seule avec ta tempête. Tout le monde en traverse. Tu ne sais jamais quoi. Et c'est tellement dommage de ne pas en parler parce que ça nous relie.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et on se sent moins seule. Je ne sais pas comment dire.
- Speaker #1
Mais oui, c'est vrai, c'est ça.
- Speaker #0
Ce serait ça. Oui,
- Speaker #1
c'est très fort le lien.
- Speaker #0
Et peut-être l'activité artistique. Je sais que la danse, c'est très aidant, l'activité artistique. Et un dernier point, désolé, l'activité physique. Parce que moi, je n'ai pas pris d'antidépresseurs, de trucs comme ça, alors que j'en avais pris pendant une période de ma vie. mais là je m'étais dit je vais essayer de faire ça avec le sport et le sport ça m'a gravé j'en fais 3-4 fois par semaine Ça me donne mon petit truc de sérotonine, tout ça, pour éviter de... C'est vraiment un truc mental, quoi.
- Speaker #1
Oui, mais ça, j'y crois beaucoup avec le mental.
- Speaker #0
Donc, je dirais les deux, tu vois. Être entourée et faire une activité sportive ou en tout cas physique qui vous plaît, eh bien, ça, c'est les clés.
- Speaker #1
Et pour finir, qu'est-ce que... C'est ta vision du bonheur aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, ma vision du bonheur, c'est... Je dirais de continuer à créer. En tout cas, c'est moi ce qui m'apporte de la joie. Je ferais une petite tenue entre bonheur et joie. Et je dirais que le bonheur, peut-être, c'est essayer de trouver sa joie dans chaque petit moment. Et c'est très dur parce qu'il y a plein de moments où il n'y a pas de joie. Et où, voilà, tu expérimentes plein de trucs. Mais aller vers sa joie, ce serait ça ma vision du bonheur. Et pour moi, aller vers ma joie. C'est la création, c'est l'écriture, c'est le jeu d'acteurice. C'est tous ces trucs-là qui me remplissent, en fait, qui m'inspirent. Et de voir aussi les gens, de voir les gens jouer, de voir les gens inspirants, artistes. J'adore.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Laure.
- Speaker #0
D'un grand prix. Merci, Sarah, d'avoir invité.
- Speaker #1
Merci pour tout ce que tu as partagé si généreusement. Merci pour l'émotion, merci pour le cadeau et merci pour toutes les personnes. que ça va aider, qui te reviendront grâce à toi des clés et de l'espoir, je pense. Et merci pour la lumière que tu es. Voilà, parce que j'ai la chance de te connaître dans la vie.
- Speaker #0
Merci beaucoup, ça va.
- Speaker #1
Et prends soin de toi. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous aimez le podcast, mettez une super note, 5 sur 5, sur les plateformes d'écoute. Envoyez le lien à une ou deux personnes que le podcast pourrait intéresser et aider, et partagez sur les réseaux sociaux. Merci pour votre soutien. Tant qu'on est en vie, tout est possible. L'épreuve est une occasion donnée de se révéler et de réaliser ses rêves. Si un bébé après un cancer c'est possible, alors tout est possible. Croyez en vos rêves les plus fous et donnez tout pour les réaliser. Sans pluie, pas d'arc-en-ciel.