- Speaker #0
Hello à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Savoir Faire, un podcast de la marque Jany. Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour ce tout nouvel épisode dans l'atelier le plus chou de la région, je pense, en compagnie de Lorraine. Lorraine, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va. Bon, on va pouvoir commencer. Tu vas pouvoir te présenter, nous raconter un petit peu ce que tu fais dans la vie.
- Speaker #1
Alors je suis céramiste depuis maintenant bientôt 4 ans. J'ai commencé juste pendant le confinement pour essayer un peu de me déstresser. Et du coup maintenant c'est mon métier. Même si de base mon projet futur c'est tout autre chose d'ouvrir un petit café social.
- Speaker #0
Ok, t'aimerais l'ouvrir ici du coup ? Je vais bon neuf. Ah très bien, c'est bien précis, super, ok, je note. Et du coup tu fais ça depuis 6 ans ?
- Speaker #1
2021... 5 ans.
- Speaker #0
Et c'est ton métier à temps plein. Qu'est-ce que tu fais un petit peu si tu veux nous parler de bichou, peut-être les objets un petit peu, nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Du coup je donne des cours, après je suis dans des boutiques qui vendent mes céramiques, je vends aussi sur internet et aussi le principal canal de vente pour moi c'est les marchés et à et à Médecins d'eau à Noël, que j'ai fait pour la première année et la dernière. Et après, les objets phares de bichous, c'est les visageureux, les petits mini-vases. Et après, les tasses.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a amenée à devenir céramiste ? Est-ce que tu veux nous parler peut-être un peu de ton parcours qui est très varié, si j'ai une bonne mémoire ?
- Speaker #1
C'est Camoulux. Du coup, j'ai un bac S que j'ai fait à Bayonne, lycée Logar. Je suis partie... Je voulais faire infirmière, mais je me suis rendue compte que j'étais hypochondriaque, donc j'ai vite changé de voie. Je voulais travailler dans les associations. Du coup, j'ai fait un stage dans une asso, mais on m'a bien fait comprendre qu'il n'y a pas beaucoup de boulot. C'est beaucoup du bénévolat ou alors les gens qui sont en poste, c'est des gens qui restent très longtemps, donc il n'y a pas beaucoup de turnover. Donc, on m'a dit de faire à peu près l'équivalent dans les collectivités territoriales. C'est pour ça que je me suis réorientée après. La tentative d'échouer d'infirmière sur AES, c'est une licence d'administration économique et sociale. Et après, en master droit public spécialité droit de gestion des collectivités territoriales, pour passer les concours de la fonction publique. Et faire un peu du social dans les collectivités avec la politique de la ville. Donc c'était créer des projets avec, parce que moi j'étais vraiment sensibilisée à l'éducation, donc piloter des projets avec les mairies, les associations et les écoles. Voilà, donc une fois que j'ai été diplômée par contre, on va dire qu'il y avait une politique pas très sociale et j'avais pas trop envie de me lancer à fond dedans. et qu'on m'annonce des barrières. Moi, quand je fais un truc, je suis bélier. Donc, il faut foncer. Et j'avoue que je n'avais pas trop envie de me lancer là-dedans et être un peu freinée. Et en fait, du coup, j'ai eu l'idée de rassembler toutes mes passions. Et en fait, quand j'étais étudiante, j'ai redoublé mon master. Donc, j'avais du temps et j'étais barista à Starbucks. J'ai adoré le service client parce que oui, il y a un service client à Starbucks. Il ne faut pas croire. J'ai adoré le service client. J'ai toujours aimé la faire à manger. J'ai fait beaucoup de bénévolat quand j'étais étudiante, même à 17 ans j'ai commencé. Et je me suis dit pourquoi pas rassembler toutes mes passions. Donc du coup, à la base je voulais ouvrir un restaurant à Paris, un restaurant solidaire, axé soutien scolaire pour les milieux populaires. Et donc il y aurait la cuisine, le bénévolat, le service client, tout ce que j'aime. Donc je me suis réorientée dans la restauration juste après ça, pour être sûre que ça me plaise. Je n'allais pas me dire oui je veux ouvrir un resto, au final ça ne me plaît pas. Donc j'ai fait à peu près 5 ans de resto. Et ensuite j'ai passé en CAP pâtisserie parce que depuis je suis petite j'adore les gâteaux. Et après j'ai fini responsable de boulangerie à Paris, pas en prod, en service. C'était génial parce qu'il y avait beaucoup beaucoup de services clients et encore plus intime entre guillemets parce que là c'est vraiment la vie de quartier. Et vraiment j'adore. Et c'est quand j'étais dans ce boulot là que je me suis mis à la céramique. Et je me suis dit, oh bah tiens, vu que je voulais ouvrir le café à Paris, je savais que c'était très cher, je me suis dit, oh bah je vais peut-être commencer. peut-être à les vendre pour me faire une petite économie, pour pouvoir après aller voir le banquier avec une petite crédibilité financière. Et donc naïvement, je me suis dit « Allez ! » Et après, j'ai rencontré ma business angel qui s'appelle Hélène à Paris, qui m'a donné ma première chance où j'ai fait les grands voisins du coup un super marché, enfin un super plus loin marché de créateurs à Paris. Et après, tout a découlé. Elle ouvrit une boutique de créateurs Boulevard Voltaire, elle m'a mis dedans. Même si au début, je faisais de la couture. Bref, j'ai fait couture et après céramique. Et voilà, et après je me suis lancée petit à petit et ça a grossi. J'avais de plus en plus envie de rester focus bichou parce qu'être responsable plus à côté avoir bichou c'était chaud patate. Et donc j'ai décidé de me lancer à fond sur le bichou et pour ça il fallait que je déménage parce que je pouvais pas subvenir au loyer de mon petit appart parisien plus l'atelier que j'avais à Montreuil. Et donc j'ai décidé de rentrer au Bercail pour me lancer. Voilà.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
C'est un peu brouillon.
- Speaker #0
Non, non, mais au moins on voit ton parcours et les différents métiers et au final tes différentes passions aussi que tu retrouves, je pense, dans la céramique un petit peu à certains niveaux. Quand je fais les marchés, les ateliers,
- Speaker #1
les marchés,
- Speaker #0
ouais. Trop bien. Et du coup, qu'est-ce qui t'a poussé à faire de Bichou qui était peut-être un petit Merci. Le projet au début pour créer ce plus gros projet, ton vrai métier, ton activité principale ?
- Speaker #1
Au final, la passion, parce que je n'aurais jamais imaginé que ça devienne vraiment mon métier. Déjà, c'est bizarre de me dire que c'est mon métier. De plus en plus, maintenant, j'ose le dire quand on me dit « t'es quoi toi ? » Je dis « je suis céramiste » . Alors avant, j'aurais dit
- Speaker #0
« je fais de la poudre » .
- Speaker #1
Ouais au final c'est la passion qui m'a fait réussir quoi, parce que moi dès que j'ai mis mes mains dans la terre, c'était trop bien quoi. Ce que je dis à mes élèves, essayer c'est l'adopter quoi.
- Speaker #0
Et dans ce métier de céramiste, qu'est-ce qui te plaît le plus ? On va peut-être commencer déjà par là.
- Speaker #1
Ce qui me plaît le plus c'est de rencontrer les gens déjà sur les marchés, de donner des cours aussi, j'aime trop. Parce que franchement je touche du bois mais à chaque fois j'ai des gens mais trop choux qui viennent. Et on est quatre max, donc des fois ça arrive que personne ne se connaît. Des fois ils viennent en couple, donc des fois il y a deux et deux, mais des fois il y a quatre personnes, ils ne se connaissent pas. Et il y a toujours une superbe synergie qui émerge dans ce groupe-là. Alors je ne sais pas si c'est le fait de créer ou ça vient vraiment un peu détendre les gens et casser un peu des barrières. J'adore passer ces moments autour de la création, où les gens passent un bon moment ensemble et créent quelque chose, où ils sont fiers après. Donc là c'est super chouette. Donc ça j'adore, après j'adore créer évidemment. créer quelque chose qui a du sens pour les gens aussi, ça c'est cool.
- Speaker #0
Tu dirais que tu étais créative déjà avant de faire de la céramique et du coup ça a un peu comblé ce besoin-là aussi ?
- Speaker #1
Ouais, alors j'ai toujours... j'ai adoré créer, mais je me suis toujours dit que j'étais hyper nulle artistiquement parlant, on va dire. Parce qu'en gros j'avais ma soeur, ma grande soeur qui est super forte en dessin, et moi hyper nulle. Donc c'est la même une fois j'avais dessiné un truc à ma grand-mère, mais pour moi c'était un chef-d'oeuvre. genre vraiment c'était sublime je lui ai apporté tout et puis elle m'avait dit franchement c'était la plus gentille des grand-mères la plus bienveillante et même là je pense qu'elle a pas pu dire non elle a dit écoute on est pas tous doués en dessin et chez moi ça m'avait choqué je me suis dit ah ouais d'accord du coup on s'est resté et je me suis dit je suis nulle mais par contre j'aimais trop créer je faisais de la couture très jeune enfin juste à la main pas avec la machine à coudre j'adorais faire mes cadeaux moi-même pour les amis pour les anniversaires Donc ouais. Et puis j'avais à l'époque, ça existait, c'était le dictionnaire des filles, ça existe peut-être toujours, mais c'était tous les ans, il y avait une réédition, et là c'était des recettes, il y avait beaucoup de do it yourself, c'était un énorme truc, et moi c'était trop bien, j'aimais trop. Donc ouais j'ai toujours été un peu créative.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce que dans tes journées, ou même dans ton métier en général, qu'est-ce que tu aimes peut-être le moins, même si c'est peut-être pas lié à la céramique et plus au fait d'être indépendante ou quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
Oh non. Ce que j'aime le moins, c'est juste émailler. C'est une partie de la production en céramique qui n'est pas folichonne. C'est juste ça. Et encore, ça va. Ce n'est pas une... Non. Franchement, quand j'y réfléchis, je ne trouve pas de trucs que je n'aime pas.
- Speaker #0
Tant mieux.
- Speaker #1
Oui. Mais en fond, je suis trop contente. Juste l'émaillage.
- Speaker #0
OK. C'est pas mal. Ce n'est pas non plus énorme.
- Speaker #1
Et encore, ça va.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, est-ce que c'est ton métier à temps plein ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et est-ce que tu en vis actuellement ? Tu ne fais rien d'autre à côté ?
- Speaker #1
Non, je ne fais rien d'autre. J'ai eu le chômage pendant deux ans quand j'ai quitté Paris. Et j'avoue, j'étais terrorisée de voir mes droits qui s'arrêtaient. Mais j'ai eu la chance de s'arrêter pile au moment où j'allais commencer la saison d'été. Pour nous, les créateurs, c'est là où on fait le plus d'argent. Donc ça allait, mais j'avoue, j'appréhendais le... Après, tout s'est très bien passé. Ça s'est fait petit à petit. Ma bonne étoile a fait que ça s'est très bien passé.
- Speaker #0
Et là, tu es dans ton nouvel atelier en plus.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Que tu viens de refaire.
- Speaker #1
Qui n'est pas totalement fini, mais qui est en bonne voie.
- Speaker #0
Donc, c'est une belle évolution depuis le début.
- Speaker #1
Oui, parce que de base, ici, c'était un garage. Il n'y avait rien. Je suis trop contente. Ma mère m'a aidé à fond les ballons. Trop chouette, c'est une histoire de famille tout ça. Même ma mamie, mon frère, ma soeur, mon père, tout le monde derrière les bichons.
- Speaker #0
Trop bien. Et pour finir, est-ce que tu as un petit mot de la fin sur l'artisanat en général ? Qu'est-ce que tu aimerais partager aux gens qui peut-être ne sont pas trop familiers avec l'artisanat ou qui le sont ? Mais voilà, un petit mot.
- Speaker #1
L'artisanat, c'est une petite part d'âme dans un objet déposé par un artiste. Quelqu'un qui a quelque chose à dire. En gros, c'est faire parler son cœur par les mains. Donc forcément, c'est les gens qui n'aiment pas trop. Après, je ne vois pas comment on ne peut pas trop aimer l'artisanat. Peut-être que c'est parce que des fois, ça peut être un peu cher. Mais voilà, si c'est cher, c'est pour une bonne raison. Ce n'est pas juste parce qu'on ne roule pas sur l'or. On ne fait pas ça pour s'en mettre plein les foufouilles. C'est qu'il y a pas mal de choses derrière. Pour moi, l'artisanat, c'est ce qu'il y a de plus beau. C'est ce qu'on laisse une trace de nous sur ce monde-là. Ça a pris aussi un impact environnemental, si c'est fait ici, et puis même sociétal. D'acheter quelque chose à quelqu'un que tu connais, moi, je trouve que c'est trop... Ça fait sens et ça rapporte une valeur ajoutée au produit que tu achètes. Oui,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #1
ça finir la vente. Tu sais tout.
- Speaker #0
On connaît un peu mieux aussi l'histoire de la personne.
- Speaker #1
C'est après tout ce qu'on voit sur Internet, le storytelling au final. On voit que ça cartonne parce que les gens, ils achètent. Moi, ça m'avait fait ça avec deux nanas que je suis sur YouTube. Mais je les adore tellement que quoi qu'elles sortent, elles n'en sortent pas souvent, merci, j'achète. Mais parce que je les adore. Pour moi, ça va au-delà de l'objet.
- Speaker #0
Oui, il y a un vrai sujet sur le fait que les gens veulent de plus en plus, et tant mieux, acheter de nouveau à d'autres personnes, et pas avoir l'impression d'acheter uniquement à des marques qui sont un peu impersonnelles par leur grandeur, on va dire, et de revenir un peu plus à la proximité.
- Speaker #1
Oui, voilà, ça valorise limite le client de se dire, je connais la personne qui l'a fait, c'est pas juste l'objet, il y a l'objet. Mais surtout la personne derrière. Alors sur les grandes marques, il n'y a pas assez un rideau, un écran. Tu ne vois pas.
- Speaker #0
Ok. C'est un beau message en tout cas. J'espère que les gens se reconnaîtront dedans. Et j'espère qu'ils apprendront mieux à te connaître aussi pour découvrir un peu mieux Bichou. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Retrouver peut-être tes pièces du coup ?
- Speaker #1
Alors je suis disponible à Transversal, rue Bourneuf. 15 rue Bourneuf à Bayonne. Je suis aussi dans un magasin de manière temporaire à Dax, qui s'appelle Le 10, c'est rue des pénitents. Et après sinon, sur mon site internet. Et l'été, sur les marchés. Là, on est en pleine candidature, donc on n'a pas encore les dates, enfin, les acceptations. Mais j'espère de tout mon cœur être prise à Saint-Jean-de-Luz, à Anglette et à Bidart. Donc si jamais, je mettrai les dates, le planning sur mon Instagram.
- Speaker #0
Et pour faire les cours, comment ça fonctionne avec toi ?
- Speaker #1
Je mets les plannings sur Instagram.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
À la une, épinglées. Et donc là, vous avez juste à aller regarder, m'envoyer un message, je sais votre créneau, et puis voilà.
- Speaker #0
Ok, super. Eh bien, merci beaucoup. Merci à toi. Merci de t'être prêté au jeu du podcast.
- Speaker #1
Merci à toi d'avoir bien voulu présenter Bichou.
- Speaker #0
Avec plaisir. Vous pourrez retrouver toutes les pièces de Lorraine sur son site. Et puis, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Savoir-Faire.
- Speaker #1
À bientôt. Salut.