- Speaker #0
Hello à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Savoir Faire, un podcast de la marque Jany. Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour ce nouvel épisode en compagnie d'une artisane que je rencontre tout juste. Aujourd'hui, on est dans son atelier et on est chez Caroline. Caroline, comment ça va ?
- Speaker #1
Bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu te sens prête ? On peut y aller ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu veux bien te présenter pour commencer et nous dire un petit peu ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #1
Alors, moi c'est Caroline. J'imagine que je fabrique des luminaires en laine feutrée pour ma marque qui s'appelle Letmissi. Également des objets de décoration comme des dessous de plat ou des vases.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps que tu es à ton compte ?
- Speaker #1
Alors, j'ai lancé le projet il y a à peu près trois ans, trois ans et demi. Après avoir travaillé dans la production textile, j'ai tout un parcours professionnel en tant qu'attachée de presse dans le textile. Après j'ai travaillé dans la production, j'ai travaillé dans le luxe à Paris. Et en fait, il y a 15 ans de ça, on a emménagé dans les Landes. J'ai eu l'opportunité de travailler en tant que développeuse produit pour une marque de skate pendant presque 10 ans. Et au bout de 10 ans, je pense que j'en avais fait le tour. Je ne voyais pas trop d'évolution. J'adorais ce que je faisais, mais... Je pense qu'avec la conjoncture déjà dans le textile qui s'annonçait, je ne trouvais plus trop d'intérêt à ce que je faisais. Et j'ai commencé, j'ai pris la décision de quitter cette entreprise sans réel projet derrière, pour dire ce qui est. Mais je savais qu'il fallait que je redonne du sens. Alors, tout le monde le dit, mais faire quelque chose d'utile, qui me plaise. Et c'est comme si la laine feutrée était venue à moi.
- Speaker #0
Après, c'est vrai qu'on est dans une région où elle est assez présente au final. Donc, c'est ça qui t'a...
- Speaker #1
En fait, voilà, l'idée du projet, s'il fallait que je lance un projet, c'était aussi de réfléchir un peu aux matières premières qu'on peut avoir ici, dans les Landes ou aux Pays Basques. Et quand je dis que la laine feutrée est venue à moi, c'est que tout ce que je regardais... J'ai eu besoin de luminaire à la maison. Tout ce que je regardais en matière de décoration, c'était de la laine feutrée. Et un jour, je me suis dit pourquoi pas me lancer dans la laine feutrée, apprendre. Et en fait, comme dans beaucoup de choses dans ma vie professionnelle, je suis autodidacte. J'ai commencé à regarder un petit peu comment se faisait la laine feutrée et je me suis lancée. Voilà, alors j'avais une idée très précise aussi, parce que moi j'adore le vintage. La maison est meublée un peu avec des choses vintage et des choses un peu plus modernes. Et pour faire les luminaires, je voulais vraiment trouver des petites opalines ou des petites choses comme ça qui serviraient de moule et qui me permettraient de refaire des petites baladeuses avec un petit côté vintage.
- Speaker #0
Donc c'est vrai que du coup ton... parcours, si tu veux nous en dire un peu plus, t'as quand même un peu amené aussi à toute cette peut-être réflexion de marque et de style, ça a un peu guidé tout ça pour t'amener ?
- Speaker #1
Alors c'est sûr que moi j'ai eu la chance de travailler dans le luxe, donc j'aime les belles choses, les belles matières. J'ai voulu que ma marque soit un peu comme un cocon, soit une partie de moi aussi, une extension. avec de la jolie matière et présenté en boutique avec un joli pochon quand on achète une de mes baladeuses par exemple. Et voilà, j'ai réussi. Alors quand j'ai lancé le projet, je n'avais pas encore trouvé de fournisseur de laine au Pays Basque, mais je ne me suis pas arrêtée là parce que sinon on ne fait jamais rien. Et en fait, l'opportunité a fait que j'ai trouvé un fournisseur. de laine manèche, chez qui j'achète ma laine cardée. OK. Voilà, les brebis manèches viennent du Pays Basque. Et aujourd'hui, effectivement, c'est vraiment ma marque de fabrique. C'est d'utiliser cette laine qui est une laine assez rustique, avec parfois quelques petites impuretés. Et donc, je la mets à l'intérieur de toutes mes baladeuses, de toutes mes lampes. D'accord. Et sur le dessus, ce qui est bien, c'est comme c'est une laine assez longue, je mélange avec une laine un peu plus courte, qui est un peu plus propre, on va dire. Et les deux réunis font un parfait mélange de laine feutrée pour que mes baladeuses aient une jolie tenue.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en plus, quand même au Pays Basque, la laine manège, c'est une filière qui a besoin aussi. aussi d'être un petit peu renouvelé. J'ai cru comprendre qu'il y avait quand même beaucoup de matières premières et parfois pas forcément beaucoup de marques derrière qui pouvaient les utiliser. Donc c'est cool de l'intégrer à ton projet.
- Speaker #1
Ce que je voulais aussi dans le projet, c'était souvent, on a une image un peu désuète de la laine feutrée qu'on va trouver peut-être sur des marchés avec des vases ou des chapeaux, mais parfois pas forcément, enfin un peu... un peu pas à la mode en fait et moi j'ai voulu vraiment revaloriser cette matière en la retravaillant de façon assez pas haut de gamme mais voilà moderne oui c'est le terme même si mais mon inspiration est vintage voilà je voulais montrer aussi qu'avec de la laine feutrée on pouvait faire des belles choses qui rentrent dans la maison de la belle décoration donc ça c'était C'était vraiment... C'était vraiment mon projet initial, d'autant que moi, j'ai fait de l'art plastique. Je voulais être décoratrice intérieure quand j'étais jeune, j'ai fait de l'archi. Et je savais qu'un jour ou l'autre, j'y retournerais par un biais ou un autre. Toute ma carrière, je l'ai faite dans le textile, parce que les opportunités à ce moment-là se sont ouvertes à moi pour travailler dans le textile. Mais je savais que je retournerais à la décoration à un moment donné.
- Speaker #0
Oui, tu avais un peu ce côté créatif qui allait finir par un peu s'exprimer par tes mains à un moment donné. Oui,
- Speaker #1
ce n'est pas par hasard que j'en suis arrivée là, parce que moi j'ai toujours rénové des meubles, j'ai fait de la tapisserie aussi, je tricote. Donc oui, la laine a toujours fait partie aussi de mon univers. Et faire des choses, en tout cas bricoler, mais je n'avais pas encore trouvé. Et c'est marrant parce que j'ai une amie psychologue qui m'avait dit de me laisser le temps et qu'en fait, le projet viendrait à moi tout seul.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est souvent le cas au final.
- Speaker #1
Et c'est fou parce que quand j'ai quitté mon entreprise dans laquelle je suis restée dix ans, je n'avais pas de projet, je ne savais pas vraiment ce que j'allais faire. Et effectivement, je me suis laissée le temps. Et tu m'aurais dit trois ans auparavant que j'allais lancer une marque de luminaire. Je ne t'aurais pas forcément cru en fait.
- Speaker #0
On est souvent pressés d'avoir de bonnes idées, mais au final, elles viennent souvent à nous, même par des chemins un peu de traverses et tout ça. Oui, c'est ça,
- Speaker #1
des rencontres. Et puis après, à force de créer, on a d'autres envies, on bouillonne en fait d'idées. Et effectivement, pour me lancer, c'était important. Moi, j'ai fait appel à une agence de communication. avec laquelle on a travaillé sur toute l'identité visuelle. Et ça, je pense que ça m'a vraiment mis le pied à l'étrier et sorti, comme je le dis souvent, sorti de ma cuisine. Moi, j'ai appris à feutrer toute seule. Pendant cinq mois, j'ai fait que ça. J'ai essayé de comprendre comment réagissait la laine. Je me suis trompée. J'ai acheté des laines qui étaient pour du rembourrage et non pas pour du feutrage. Mais tout ça, ça n'a été que bénéfique pour moi parce que j'ai vraiment appris. les différentes laines, les longueurs de poils. Et après, d'avoir travaillé avec cette agence, dès lors qu'ils m'ont fait une proposition de trois logos, c'est moi qui ai apporté le nom.
- Speaker #0
Ah voilà, j'allais te poser la question, justement.
- Speaker #1
Voilà. En fait, j'avais un autre nom à la base, mais c'est d'où l'intérêt d'être aussi conseillée par une agence, je pense, qui trouvait beaucoup trop long. et qu'ils ne trouvaient pas pertinent, en fait. Et c'est eux qui m'ont suggéré de retrouver un nom. Alors, ça a été très compliqué pour moi.
- Speaker #0
Je sais que c'est une étape assez...
- Speaker #1
C'était très, très compliqué parce qu'on a commencé à travailler l'identité visuelle, les couleurs. Ils ont tout à fait compris que je voulais quelque chose de très chic, mais de rester dans la simplicité. Et en fait, le jour où ils m'ont dit, bon, ton nom, maintenant, Caro, il faut qu'on te le dise, ça va pas. Il faut trouver un petit nom. Là, c'était comme si le sol s'ouvrait sous mes pieds. Mais ils ont eu raison. Et en fait, pendant deux semaines, j'ai pensé à ça, Je me disais, il faut un nom qui claque à ce moment-là. Et voilà, un jour, un matin... Let Me See, pareil, est venu tout seul. Mais je voulais l'écrire Let Me See. Je trouvais ça génial parce qu'avec l'anglais, fais-moi voir, je trouvais ça super. Pas seulement pour les luminaires, mais fais-moi voir ton projet, fais-moi voir ce que tu fais. Et donc, j'ai eu l'idée de l'écrire à la française, Let Me See, que je trouvais même écrit super classe, en fait.
- Speaker #0
C'est clair. Et puis, vachement... parlant quand on fait un peu d'anglais et en même temps assez simple à retenir quand on est français.
- Speaker #1
Et puis quand on a travaillé sur le logo, en fait, ils ont eu l'idée de faire un petit luminaire sur le i. Et j'ai trouvé ça top, en fait. Voilà, je pense qu'on a bien travaillé et j'étais hyper fière. Et c'est marrant parce que dès lors qu'on a tout validé, ça m'a propulsée. J'avais tout entre les mains pour me dire maintenant je peux... je peux proposer mes créations aux boutiques. J'ai l'identité visuelle, j'ai le nom, j'ai tout ce qu'il faut pour...
- Speaker #0
Tu étais en confiance pour lancer le projet un peu plus sereinement aussi ?
- Speaker #1
Ça a changé du tout, tout, tout, en fait.
- Speaker #0
OK. Parce qu'en plus, comme tu as un parcours en autodidacte, c'est vrai qu'on peut toujours avoir un peu ce petit syndrome de l'imposteur où on se remet beaucoup en question et on ne cesse d'apprendre de toute façon tout le temps. Donc, c'est cool si ça te donnait un peu ce cadre aussi qui te... Voilà, qui te lançait et qui te disait, ben si, tu peux y aller et tu peux tester comme ça avec cette base déjà aussi.
- Speaker #1
Ouais, et ben en plus, je pense, si je n'avais pas travaillé avec eux, je ne sais pas si j'aurais été aussi confiante, effectivement, et si je m'étais lancée aussi facilement. Même, effectivement, comme tu dis, on manque toujours de confiance en soi, mais le fait que déjà, ils valident le projet, qu'ils trouvent les produits super. Le nom, quand je l'ai trouvé, ils étaient emballés et ça leur a inspiré eux aussi le logo, finalement. Donc oui, je conseillerais à tout le monde d'être épaulé. S'il y a des professionnels qui sont là, dont c'est le métier, c'est pas pour rien non plus et je pense que c'est important.
- Speaker #0
C'est vrai qu'une identité de marque, ça peut aussi beaucoup jouer sur la perception par d'autres personnes. professionnels mais aussi les particuliers et c'est toujours intéressant d'aller creuser un peu quand on peut ce sujet là aussi quoi. Je pense que les parcours marketing on est toujours un peu intéressés par ça mais bon après...
- Speaker #1
Ouais et puis eux ils avaient travaillé avec plusieurs clients donc ils avaient aussi un regard extérieur ce qui est important parce que quand tu es tout seul, toi, à réfléchir à tes petits trucs c'est vrai que d'avoir un regard professionnel de l'autre côté Ils sont habitués à travailler sur des projets, à faire des logos. Donc moi, j'étais vraiment en toute confiance entre leurs mains pour justement pouvoir lancer ma propre marque.
- Speaker #0
C'est bien, c'est un beau choix de ta part et puis un beau lancement aussi, un bon début.
- Speaker #1
Mais après, c'est vrai que moi, je savais exactement ce que je voulais et où je voulais aller. Donc ce qui est bien, c'est qu'en travaillant pendant 10 ans dans la production textile, j'étais en... en contact avec différentes usines. Et en fait, au départ, on a lancé des étiquettes carton, mais moi, ce n'est pas du tout ce que je voulais. Et une fois que j'ai toutes les étiquettes carton, je les ai utilisées. En fait, je me suis remise, moi, sur mes labels. Et j'ai travaillé avec une ancienne de mes usines qui est au Portugal. Et ils m'ont fait exactement ce que je voulais. voilà un petit ben voilà qu'on appelle les hang tags en tissu, avec un petit texte. Et ça, ils n'ont pas réussi à me le faire. Donc moi, un an après, j'ai développé.
- Speaker #0
Oui, ça évolue toujours aussi, tous ces détails. Mais après, c'est vrai que tu as quand même un œil pour ce genre de choses qui est assez travaillé.
- Speaker #1
Depuis le début, je savais exactement ce que je voulais. Voilà, c'est pareil. Je ne me suis pas arrêtée à... Il ne faut pas s'arrêter à des petits détails. Je pense qu'on peut toujours y revenir et c'est ce qui s'est passé, en fait.
- Speaker #0
Quand on est entrepreneur et artisan, même entrepreneur en général, c'est vrai qu'on commence toujours d'une base et après, tout évolue. Et même l'identité visuelle, moi, j'ai une de mes meilleures amies qui le dirait, qu'une identité visuelle, ça évolue aussi avec la personne qui est derrière et que ce n'est jamais figé et qu'en fait, il faut être ouvert aussi il y a tous ces petits changements et tous ces... Petites évolutions pour que justement le projet prenne toute la vision qu'on a pour lui.
- Speaker #1
Il ne faut pas s'arrêter, c'est ce que je m'étais dit, parce qu'au début je n'avais pas de trésorerie pour acheter des sacs. J'avais des vieux tissus vintage, les petits pochons, je les ai faits avec des vieux tissus que j'avais. Et puis petit à petit, j'ai eu un peu de trésorerie, j'ai trouvé des fournisseurs, parce que le tout c'est aussi trouver des fournisseurs chez qui aujourd'hui j'achète des petits pochons. j'ai au départ fait un un tampon encreur voilà de ma marque l'ethnicie et j'ai trouvé un autre un autre un autre atelier qui m'en a fait un autre où là j'ai rajouté le logo ce que j'avais pas fait au début voilà je pense qu'il faut faut se lancer faut pas se mettre des barrières là où il y en a pas c'est pas grave tout le monde s'est lancé un jour si c'est pas complètement comme il faut mais voilà Moi, je savais exactement où j'avais envie d'aller. Donc aujourd'hui, je suis vraiment contente parce qu'il y a beaucoup de boutiques qui m'ont fait confiance. Et aujourd'hui, je suis vendue dans presque 14 boutiques à travers la France. Et voilà.
- Speaker #0
Et ça prend de l'ampleur petit à petit.
- Speaker #1
Et oui, j'ai des nouvelles boutiques chaque saison. Alors moi, même en tant que développeur produit, j'ai vraiment toujours C'était vraiment de la collaboration avec les usines. Et aujourd'hui, c'est marrant parce que c'est exactement ce que je reproduis avec toutes les boutiques avec lesquelles je travaille. Moi, c'est vraiment un partenariat presque que j'ai envie de développer. Et effectivement, toutes les boutiques avec lesquelles ça se passe super bien, elles me recommandent toutes les saisons. Et l'idée, ce n'est pas de leur vendre des créations qu'elles ne pourraient pas vendre, mais je préfère l'idée qu'elles m'achètent des petites quantités, des mini-séries, et puis qu'au fil de la saison, elles m'en rachètent 3, 4, 5 fois s'il faut.
- Speaker #0
Oui, vraiment vous collaborer étroitement pour que ça se passe bien et que tout le monde y trouve son compte aussi.
- Speaker #1
Moi, c'est vraiment ce vers quoi je tends et privilégier le relationnel. Je fais aussi du sur-mesure parce que les boutiques, souvent elles me demandent s'il faut que je fasse des choses de couleur. Elles me demandent des choses en accord avec ce qu'elles ont déjà dans leur boutique. Et après, pour éviter tout stock, moi je fabrique à la commande. Que ce soit pour les boutiques, alors il y a des modèles récurrents que je pourrais effectivement fabriquer et me constituer un petit stock, j'ai jamais le temps. Donc j'ai pris le parti pour le moment de fabriquer à la commande, mais ce qui me permet de ne pas avoir de stock et de ne pas gâcher de la matière première sur des créations qui ne seraient pas vendues après.
- Speaker #0
Oui, et puis ça se passe bien aussi comme ça, je crois que ça commence à être de plus en plus... Enfin, un modèle en tout cas qui fonctionne bien tant pour les pros que les particuliers. Donc, c'est vrai que c'est...
- Speaker #1
Comme un système de précommande, en fait, il y a de plus en plus. Et puis, c'est marrant parce que j'ai lancé aussi des petits modèles qui, on va dire, sont morts dans l'œuf. Donc, c'est bien aussi de voir quels sont les modèles qui fonctionnent, qui marchent, qui plaisent. Là, j'ai quelques petites nouveautés que je vais sortir, mais l'idée aussi, c'est de continuer avec mes petits modèles qui marchent, de les faire évoluer. Par exemple, celui-là, ce petit modèle qui s'appelle Denise, je le propose soit avec des petits trous, soit avec des petites étoiles dorées. J'ai un autre modèle de suspension sur lequel je vais rajouter des petites choses. Maintenant que les boutiques connaissent mes modèles, En fait, j'essaie de les faire évoluer et de ne pas avoir non plus 20 modèles. Parce que je pense que maintenant, on reconnaît les baladeuses un peu l'ethnicité avec ce côté un petit peu vintage. Et je pense qu'on reconnaît mes créations maintenant.
- Speaker #0
Ce qui est un très bon point. C'est ce qui montre qu'une marque aussi est bien implantée et originale quand on peut reconnaître ses créations.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce que j'ai vraiment des modèles. Trois, quatre modèles qui cartonnent, en fait.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Et c'est marrant aussi parce que j'ai des boutiques qui m'achètent toujours les mêmes modèles.
- Speaker #0
Ah ouais ? Ouais, c'est marrant.
- Speaker #1
Voilà. Et ils ont essayé d'autres modèles. Alors, ils ont deux, il y en a, c'est vraiment les trois modèles, dont deux qui cartonnent. Et ils ont essayé d'autres modèles, mais je pense que par rapport à leur offre dans leur boutique, ils ont trouvé les modèles qui se vendaient dans leur boutique, en fait.
- Speaker #0
Et du coup, aujourd'hui, dans ton métier, qu'est-ce qui te plaît le plus au quotidien un petit peu ?
- Speaker #1
Alors moi, ce que j'adore, c'est faire des recherches, c'est de me tenir au courant, puisque j'adore la décoration. Je suis tout le temps, tout le temps, puis je suis super curieuse, donc je suis tout le temps en train de regarder ce qui se fait. Et c'est bien aussi pour moi, parce que ça me repositionne, ça me permet de me repositionner, de voir si je suis dans l'air du temps. et éventuellement d'imaginer des nouveautés s'il faut. Ça, c'est vraiment la partie que j'adore. Après, évidemment, la partie recherche et développement et mettre au point des protos. C'est quand tu as une idée, que tu fais un petit dessin ou que tu prends des inspirations, puisque dans la mode, c'est un peu comme ça aussi qu'on fait ou que tout le monde fait plus ou moins, d'essayer d'avoir une vision et de mettre au point De mettre au point un proto et de voir que le rendu, c'est exactement ce que tu as levé dans la tête, il n'y a rien de mieux. D'être content du résultat, c'est génial.
- Speaker #0
C'est le but. C'est le but, mais après, il faut que ça plaise. Mais si déjà, ça te plaît...
- Speaker #1
Ça te plaît à toi ? Puis là,
- Speaker #0
c'est fait de tes mains. Donc, c'est vrai qu'il y a encore cette dimension, en plus de fierté, d'être capable d'accomplir un travail comme ça.
- Speaker #1
Et puis après, avant de le proposer, c'est vrai que souvent, j'envoie des petites photos aux uns aux autres pour avoir un petit regard extérieur. Et c'est toujours une satisfaction quand on te dit que c'est joli, que ça plaît.
- Speaker #0
La validation ça compte aussi, de ses proches en tout cas, ou des gens autour c'est toujours agréable.
- Speaker #1
C'est important quand même, oui c'est important pour moi en tout cas, comme tu parlais tout à l'heure du syndrome de l'imposteur, c'est vrai que quand tu es autodidacte de pas mal de choses, parfois tu te poses des questions aussi.
- Speaker #0
Et puis en plus, quand on est entrepreneur et artisan, on est souvent tout seul aussi dans son métier au quotidien et parfois même on n'a pas forcément toujours un entourage qui est hyper dans l'entrepreneuriat ou à son compte. Et du coup, c'est vrai que c'est cool quand on peut même, ne serait-ce qu'à quelqu'un qui n'est pas artisan, faire part de ses projets et de pouvoir avoir des retours.
- Speaker #1
Oui, parce que parfois j'ai des copines qui me suggèrent des petites choses. Donc c'est intéressant aussi parce que... Comme je disais tout à l'heure, plus tu crées, plus tu as d'idées, en fait. Et souvent, ça bouillonne. Après, il faut les canaliser aussi. Parce qu'au départ, je pense que souvent, tu as envie d'aller partout et nulle part. Donc, c'est ce qui m'est arrivé aussi. Je voulais faire plein de choses, j'avais plein de choses dans la tête. Et maintenant, j'essaie vraiment de me canaliser sur des choses. Et je suis toujours preneuse, pourquoi pas, de suggestions. sur des petits liserés ou des petites choses, ou des couleurs, pourquoi pas. Donc c'est toujours bon à prendre en fait.
- Speaker #0
Dans ton quotidien aussi, qu'est-ce qui te plaît le moins, peut-être en tant qu'artisan ou entrepreneur ?
- Speaker #1
Alors ce qui est compliqué, moi je me suis lancée grâce à une couveuse. Parce que moi toute la partie financière, administrative, pour moi c'était vraiment... En fait, je ne me voyais pas et j'ai eu la chance d'intégrer une couveuse. Mais c'est vrai que je me disais, créer en même temps, de gérer des devis, des factures, de l'argent. Je ne savais pas où j'allais pouvoir mettre ma tête en fait. Et je me suis enlevée toute cette partie-là grâce à la couveuse, ce qui m'a permis de me concentrer uniquement sur la création. Ce qui était, pour commencer, je pense que c'était une bonne chose en fait. Et aujourd'hui, la partie administrative, t'es obligée de la faire, mais c'est pas celle que je préfère.
- Speaker #0
Ça revient souvent, c'est pas une surprise, c'est vrai que tout ce qui est trait aux financiers et à l'admini, c'est pas...
- Speaker #1
Mais finalement, moi j'aime bien tout maîtriser. Tu apprends aussi. J'apprends, c'est vrai que moi j'aime bien l'idée de tout faire en fait. Tu vois, le site internet, c'est moi qui l'ai fait toute seule aussi. Je me suis lancée l'hiver dernier. J'aime bien l'idée de maîtriser. Je fais les photos, je m'occupe de mon Instagram, je fais mes créations. Et par contre, j'ai la chance, effectivement, Instagram m'a permis de démarrer mes ventes puisque toutes les boutiques, quasiment sauf une, m'ont découvert via Instagram.
- Speaker #0
C'est un bon canal, c'est vrai, de visibilité et d'acquisition client.
- Speaker #1
On m'avait dit que si au départ, j'étais rigoureuse dans le suivi Instagram, si je postais régulièrement, mais je ne pensais pas que toutes les boutiques me contacteraient via Instagram. Et aujourd'hui, effectivement, le luxe… Enfin, le luxe, non, mais maintenant que j'ai quand même pas mal de boutiques, moi, maintenant, j'ai fait des recherches, évidemment, et il y a des boutiques avec lesquelles j'aimerais travailler. Il y en a une notamment sur Paris, c'est la seule que moi j'avais contactée à l'époque. Il y a déjà, ça fait au moins deux ans qu'on travaille ensemble. Une très belle boutique et j'ai eu la chance. Je trouvais que mes produits colleraient parfaitement dans cette jolie boutique qui est un peu comme un loft dans une arrière-cour à Paris. Et voilà, cette personne a ouvert une deuxième boutique à Bruxelles et là elle m'a demandé également des lampes pour... pour Bruxelles, pour sa boutique de Bruxelles. Je suis ravie.
- Speaker #0
Oui, normal, tu m'étonnes.
- Speaker #1
C'est peut-être une autre ouverture.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'était complètement inopportune parce que je n'aurais pas eu l'idée d'aller me développer en Belgique. Mais là, grâce à elle, elle a des très belles choses dans sa boutique qui sont complètement dans l'air du temps et qui collent. Mes créations collent parfaitement à l'atmosphère de sa boutique. Je suis ravie.
- Speaker #0
Trop chouette. C'est une belle note, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est cool.
- Speaker #0
Aujourd'hui, est-ce que c'est ton métier à temps plein, le feutrage, ou est-ce que tu as quelque chose à côté ? Est-ce que tu vis de cette passion aussi, de ce métier ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, je commence à en vivre, effectivement. Après, tout dépend de ce que tu as besoin pour vivre. Jusqu'au mois dernier, j'avais... un autre travail, ce qui me permettait d'avoir une petite sécurité. Mais au-delà de l'aspect financier, moi j'ai toujours travaillé en équipe. Et pour moi, c'était essentiel aussi d'avoir une dynamique, de garder une dynamique aussi avec des horaires qui me permettaient. De jongler aussi et d'honorer toutes mes commandes. Alors, c'est beaucoup de travail. Il ne faut pas se mentir parce que c'est les week-ends, c'est les jours fériés. Oui, je sais. Voilà. Mais c'est le prix à payer, je pense aussi, pour commencer. Là, pour le moment, je me consacre pleinement à Alette Messi.
- Speaker #0
Trop chouette.
- Speaker #1
Et j'espère que ça va… En tout cas, là, les deux dernières années, j'avais des mois de janvier et février. où finalement c'était la période des soldes et c'était pas propice à des commandes et là cette année j'ai plein de commandes dans une nouvelle boutique à Deauville avec laquelle je termine une commande, avec laquelle j'ai commencé à collaborer. Donc pareil, je suis super contente et puis on va voir ce que ça donne effectivement. Après je me garde aussi pourquoi pas une opportunité. Se présenter pour continuer à avoir un mi-temps ou quelque chose, c'est toujours bien aussi. Mais après, tout dépend. Moi, j'ai toujours eu la sécurité de l'emploi, j'ai toujours travaillé en équipe, comme je viens de le dire. Et c'est quand même une situation qui est confortable. Et là, il y a des mois où c'est le métier de l'entrepreneuriat. Il y a des mois où chaque mois est différent. Oui,
- Speaker #0
ce n'est pas une courbe fixe.
- Speaker #1
Après, ça dépend de quoi on a besoin aussi pour vivre. Mais je pense que si on peut goupiller les deux, pourquoi pas aussi dans un premier temps ? Parce que ça enlève aussi une charge mentale qui est quand même pas mal pour pouvoir se consacrer à la création.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que du coup, ça équilibre un petit peu parfois en fonction de... Même des périodes d'activité et même aussi juste de l'équipe mentale, comme tu dis, d'avoir ce côté un peu... Je pense que c'est pas mal.
- Speaker #1
C'est pas mal. Après, tout dépend de chacun. Moi, j'ai besoin aussi... Travailler tout seul dans son atelier, c'est génial parce que c'est toi, ton propre patron. Mais parfois, ça peut être pesant. Oui,
- Speaker #0
surtout si on a eu l'habitude comme toi de travailler en équipe, c'est toujours agréable. Pour moi,
- Speaker #1
je pense que c'est ce qu'il y a de plus dur. De me retrouver, même si j'adore créer, même si quand je crée, c'est un peu comme moi j'ai fait un peu de céramie. C'est comme du yoga en fait, tu focalises que sur ce que tu fais, effectivement. Mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident, mais là où je suis vraiment contente, c'est le projet. Après dix ans de boîte, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'ai tout arrêté sans avoir vraiment de projet derrière. Mais j'ai rencontré tellement de gens intéressants, tellement de gens que je n'aurais jamais croisé si j'étais restée salariée. Rien que ça, je suis super contente d'avoir lancé ce projet.
- Speaker #0
Je te retrouve sur ça. C'est vrai que moi aussi, pour le coup, c'est vraiment... Ce partage entre d'autres indépendants qui fait qu'au final, ça peut être sa propre petite équipe et son propre entourage professionnel. C'est ça.
- Speaker #1
Je pense que se recréer, moi, c'est vraiment, je suis dans l'échange. J'étais attachée de presse. Moi, c'est vraiment, et c'est ce que j'essaye là avec mes différents projets. Tu vois, l'idée, c'était aussi de faire travailler comme moi des artisans locaux. sur des projets que je peux avoir, notamment en menuiserie, en ébénisterie. Et je suis ravie parce que c'est pareil, j'ai trouvé des artisans avec lesquels je collabore et qui ont des ateliers à un quart d'heure ou 20 minutes de chez moi. Et moi, je suis vraiment dans cet échange-là aussi de faire évoluer moins mon travail, mais si je peux...
- Speaker #0
le faire évoluer avec des gens qui ont un autre savoir-faire et qui peuvent m'apporter aussi plein de choses moi je suis partante à 200%
- Speaker #1
c'est tout bénef ça c'est clair est-ce que tu aurais un petit mot de la fin pour les gens qui nous regardent ou nous écoutent sur l'artisanat, ta vision des choses ou même sur ton métier libre à toi de partager ce que tu veux
- Speaker #0
L'artisanat, effectivement, aujourd'hui, est peut-être dans l'air du temps, mais il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas si facile que ça. Moi, je suis vraiment contente d'avoir sauté le pas. Si je n'étais pas partie de la boîte dans laquelle je travaille, je ne sais pas si j'aurais eu le cran ou le courage de sauter le pas. Parce que quand tu es dans une entreprise, finalement, tu as tes petites habitudes. Mais moi... En fait, ça ne me comblait plus. Donc j'ai eu besoin quand même d'aller voir ailleurs, de trouver, comme je disais tout à l'heure aussi au début de l'interview, du sens. Aujourd'hui, je suis super contente d'en être arrivée là où je suis. Il ne faut rien lâcher. Il ne faut rien lâcher. Mais voilà, pour toutes les belles rencontres que j'ai faites, le pas méritait vraiment d'être sauté en fait. Et rien que pour ça, je ne reviendrai pas en arrière.
- Speaker #1
Et du coup, tu t'épanouis aussi plus dans cette...
- Speaker #0
C'est mon bébé. De le voir dans les boutiques, c'est comme si ce n'était pas mes pièces à moi. Mais oui, je suis vraiment contente d'avoir posé.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux dire que tu as trouvé un peu de... On en a déjà parlé dans d'autres épisodes avec d'autres artisans, mais ce côté d'alignement aussi, parce qu'on... Ce qu'on fait aussi a une dimension qui va chez les autres et qui du coup transporte un message autour de l'artisanat. Est-ce que tu trouves que ça t'a un peu amené ça aussi ?
- Speaker #0
D'être alignée, oui, ça c'est sûr. Après, c'est vrai que dans l'artisanat, tu donnes beaucoup de toi. Donc moi, quand je fais mes lampes, effectivement, quand j'ai le bonheur de les découvrir, soit dans une boutique, soit chez des particuliers, c'est... C'est une partie de moi qu'ils ont aussi, c'est mes idées, les lampes ce sont des recherches, c'est des moules que j'ai fait faire selon mes envies et ça c'est vraiment une fierté aussi pour moi, même si ça fait toujours bizarre et c'est comme si oui, comme je disais tout à l'heure, comme si ce n'était pas mes produits, comme si c'était assez bizarre. Mais oui, un alignement sur... Je suis contente d'avoir de la laine, de travailler de la laine du Pays Basque. Voilà, ça a du sens. Et oui. Mais après, je me dis, aujourd'hui, je fais ça. Peut-être que l'ethnicité, dans quelques années, évoluera vers autre chose. Là, je suis en train de travailler sur des grosses suspensions aussi. Je pense que j'ai vraiment envie de tirer vers le haut et de... Comment je dirais ?
- Speaker #1
D'aller au bout de peut-être toutes les idées ? Alors,
- Speaker #0
je ne trouve pas le mot en français, mais d'upgrader peut-être, d'évoluer et de montrer encore plus de ce qu'on peut faire avec de la laine feutrée. Donc ça, j'y travaille aussi pour proposer d'autres choses, peut-être des plus grands modèles ou associés effectivement avec des ébénistes ou des choses comme ça, voilà. Mais c'est la plus belle aventure de ma vie, on va dire. Et je suis contente, même si ce n'est pas facile tous les jours. Je suis contente d'en être là aujourd'hui, en tout cas.
- Speaker #1
Trop bien. Félicitations, déjà. On peut toujours le dire.
- Speaker #0
Merci, Aroni.
- Speaker #1
Ravie pour toi et hâte de voir aussi l'évolution et tout ce que tu vas faire par la suite.
- Speaker #0
J'espère pouvoir te montrer tout ça, peut-être dans un an, pourquoi pas.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir participé à ce podcast.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Et puis, j'espère que ça vous aura plu. Et moi, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Salut.
- Speaker #0
Merci. D'en être là aujourd'hui, en tout cas. D'en être là aujourd'hui, en tout cas.
- Speaker #1
Trop bien. La félicitation. Trop bien. La félicitation, déjà.