- Speaker #0
En fait, c'est un sujet qui touche la plupart des gens parce que quand on a de la difficulté à gérer ses émotions, qu'on n'est pas connecté envers soi-même, ça peut avoir un impact qui est quand même assez important sur notre entourage, sur notre carrière, sur nos relations. Alors, c'est vraiment important de bien se connaître, bien connaître nos émotions pour éviter justement d'exploser en soi. Je me rappelle quand j'étais plus jeune, par exemple au secondaire, Le théâtre, ça m'a vraiment permis à explorer ces émotions-là.
- Speaker #1
Bonjour, mon nom est Caroline Bernard. Je suis comédienne, enseignante en arts dramatiques depuis un peu plus de 25 ans, et je suis propriétaire du Studio Catharsis.
- Speaker #2
Et bonjour, je suis Charles Perroud. Je suis biochimiste de formation, enseignant de... de pleine conscience basée sur la neuroclassité du cerveau, et également enseignant d'art dramatique aux primaires.
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, on reçoit à notre podcast Scènes et neurones, Mariliz Turla-Vadnais. Bonjour Mariliz. Bonjour Caroline. Alors nous, on se connaît depuis belle lurette. En fait, même quand tu m'as recontactée, j'avais comme oublié tout le temps qui a passé. Tu sais, il faut que le temps passe vite. Mais nous, on s'est connus. au moment où j'étais ton enseignante. Et tu étais mon élève au secondaire. Et tu as montré tout ce que je pouvais te montrer. Et à toute la classe, les bienfaits du théâtre. Je pense que je t'ai donné peut-être la piqûre parce que plusieurs, plusieurs années après, tu m'as recontactée. Oui. Je pense que tu es peut-être la meilleure personne pour moi parce que j'ai des enjeux, j'ai le goût d'aller plus loin, j'ai le goût de me découvrir. Te souviens-tu de la première approche que tu m'as faite quand tu m'as contactée ?
- Speaker #0
Oui, en fait, je voulais en apprendre plus sur le domaine en soi, au niveau de la télévision, comment ça fonctionnait sur les plateaux, comment on pouvait obtenir justement des auditions en soi quand on est nouveau dans le milieu. Et donc, moi, je suis vraiment une personne qui adore apprendre. Donc, je vais toujours aller chercher vers les ressources quand je ne sais pas quelque chose. Et puis, c'est là qu'il a été mis en jeu. lorsque j'étais à la recherche de plus d'informations en lien avec ça. Alors, c'était ma première approche. Je l'ai écrite sur Facebook, puis finalement, ça a fini par un API, puis ça a fini ici, au studio Cathartic.
- Speaker #1
Bien oui, mais là, on s'est rencontrées, je t'ai coachée, il s'est passé plein de belles choses. Mais là, actuellement, en l'espace de très peu de temps, est-ce que tu vas nous dire qui tu es maintenant ? Bon, à part la merveilleuse personne que tu es, mais là, tu vas...
- Speaker #0
Mais c'est pas plus ça.
- Speaker #1
Là, tu t'en vas vers autre chose.
- Speaker #0
Oui, exactement. Donc, en ce moment, je suis en pleine campagne électorale pour le provincial. Donc, je me présente comme candidate libérale à Sainte-Assain, où est-ce que je suis née et j'ai grandi. Alors, vraiment, l'industrie du théâtre, oui, c'est toujours dans mon bagage, mais là, je m'enligne vers la politique en soi pour nos communautés à Sainte-Assain et les environs. Bien,
- Speaker #1
tu sais, je trouve ça merveilleux parce que c'est ça que je dis souvent. aux jeunes, aux parents, peut-être qu'ils vont devenir comédiens. Peut-être pas du tout non plus, mais c'est sûr que ça va aider. Parce que prendre la parole devant le public, avoir une certaine aisance, en tout cas, bref, j'arrête pas de vendre une érythrée de théâtre, mais aujourd'hui, probablement, à quelque chose d'espérant, que tu bénéficies de tout ça pour avoir une certaine aisance, d'aller vers les gens, de t'exprimer. En tout cas, moi, je les regarde, tes vidéos. Puis tu te trouves vraiment très bonne, très à l'aise. Puis là, des fois, j'ai voulu me dire, « Ah, il y a peut-être une petite part de moi maintenant. » Oui,
- Speaker #0
il y a Caroline, là, qui est en intérieur. C'est une coach, là, en même temps que je suis à mes vidéos. Ça, c'est sûr. Oh,
- Speaker #1
bien, bravo pour où tu es rendue. Merci. Moi, je te souhaite... On peut-tu me dire « merde » tant que ce n'est pas une pièce de théâtre ? En tout cas, beaucoup de succès.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Tu mérites beaucoup. Tu es à ta place.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Ça paraît très important. Donc, nous aujourd'hui, on va parler des émotions. On avait un petit peu une analogie avec la coca-cocaine, où tu as les émotions qui sont là, puis à un moment donné, il y a comme une espèce de pression à l'intérieur, puis là, la soupape, elle explose. C'est le sujet que tu as décidé qu'on allait explorer ensemble. Donc, qu'est-ce qui est venu te chercher dans ce sujet-là ? Pourquoi tu as décidé qu'on allait vers ça avec toi ?
- Speaker #0
En fait, c'est un sujet qui... touche la plupart des gens parce que quand on a de la difficulté à gérer ses émotions, qu'on n'est pas connecté envers soi-même, ça peut avoir un impact qui est quand même assez... important sur notre entourage, sur notre carrière, sur nos relations. Alors, c'est vraiment important de bien se connaître, bien connaître nos émotions pour éviter justement d'exploser en soi. Je me rappelle quand j'étais plus jeune, par exemple au secondaire, le théâtre, ça m'a vraiment permis à explorer ces émotions-là. Donc, à vraiment apprendre à connaître par les personnages, par exemple, par les pièces de théâtre, les scripts en soi. Ça m'a vraiment cherché au niveau de l'émotion intérieure. Puis, ça nous permet d'avoir cette espèce de porte d'escapade, si on peut dire, pour vraiment vivre nos émotions. Donc, pour les parents qui nous écoutent, c'est vraiment important, en fait, de reconnaître que ça existe, cette petite explosion-là chez plusieurs jeunes. C'est super normal parce que dans notre société, en fait, moi, je me souviens quand j'étais jeune, ce n'était pas la mode de parler de nos émotions. Donc, on refoulait beaucoup, beaucoup. Puis, justement, le théâtre, c'est ce qui m'a permis. de pouvoir m'évader et de vraiment vivre les émotions que j'avais à vivre. Et encore aujourd'hui, c'est quelque chose que je trouve très essentiel au niveau de notre société et qu'est-ce qu'on devrait impliquer aux jeunes de bien vouloir parler de ces émotions, de les vivre, surtout. Très important de ne pas les garder en soi parce que ça peut venir vous rattraper plusieurs années plus tard.
- Speaker #1
Oui, effectivement. Puis, est-ce que tu penses que le théâtre, le fait de... Jouer un personnage qui vit une certaine émotion, comme Névoie et Colère, ce n'est pas toujours facile à jouer, mais de la jouer de façon juste. Parce que de jouer et de faire une Tarkatus, c'est quand même... Mais le fait d'avoir le droit de s'autoriser à jouer une peine, de s'autoriser à jouer la joie... Est-ce que tu crois que le fait d'avoir le droit, parce que c'est sous le couvert d'un personnage, ça peut être une belle porte d'entrée ? pour après ça faire des liens avec soi-même.
- Speaker #0
Oui, exactement. Je trouve que le lien est vraiment interrelié dans le sens que, comme je disais, il y a certaines familles ou il y a certaines situations où on a l'impression qu'on n'a pas le droit de vivre ces émotions-là. Tandis qu'au théâtre, on a le droit. Je ne parle pas de violence extrême au niveau de l'agressivité qu'on peut aller là-dedans. Ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt dans un cadre qui est respectueux, toujours respectueux envers les autres, envers soi-même. C'est vraiment, je dirais, un espace qui est sécuritaire pour aller vivre ces émotions-là. Puis une fois qu'on les a vécues, qu'on a utilisé notre voix pour vivre ces émotions-là, on a utilisé notre corps même dans tous nos mimiques ou notre gestuel qu'on peut avoir. Par exemple, on parle de colère, à ce moment-là... Pour nous, c'est comme si on envoie un message dans notre cerveau que, « Ah, OK, je peux vivre cette colère-là de cette façon-là. » Alors, c'est plutôt facile par la suite, une fois qu'on a réellement cette colère-là, par exemple, dans la vie, de la vivre. Là, je parle de colère, mais ça peut être de tristeur aussi. Oui, oui, oui. Tu sais, un personnage qui est hyper triste, on va aller chercher vraiment l'intérieur d'une émotion profonde. Puis par la suite, une fois qu'on a une situation, un deuil, par exemple, quoi de si ça va bête on peut se laisser aller. On est capable avec soi-même par la suite de vivre cette émotion-là sainement. Parce que le chemin,
- Speaker #1
j'imagine qu'il est fait via le personnage. On a un chemin qui s'est fait. On a été capable de le nommer. Parce que c'est ça, au théâtre, souvent c'est nommé. Dans les didascalies, ce sont des petits mots, des petites phrases en parenthèse qui vont suggérer une émotion, un truc technique. À ce moment-là, quand tu le vois, bien là, tu dis un, j'ai le droit. Deux, c'est déjà nommé. La possibilité de voir comment je peux aller jouer, d'aller chercher. Une fois que le canal est fait, j'imagine que personnellement, quand tu revis quelque chose, tu peux peut-être aller faire un lien. « Ah, mais je laissais ce chemin-là. » Alors que c'était compacté, comme on parlait tantôt de la SPAP,
- Speaker #0
mais que là,
- Speaker #1
dans la vie, on ne savait pas comment le gérer. Via le théâtre, on a créé cette ouverture-là. Donc, toi, ce que je comprends, c'est que ça t'a aidé peut-être à créer ce petit chemin-là. Pour ta vie personnelle.
- Speaker #0
Oui, vraiment, ça m'a aidée à créer ce chemin-là, et non seulement pour moi, mais pour bien comprendre, ou plutôt mieux comprendre les autres. Oui Parce que ça, c'est super important, puis on n'en parle pas assez, mais l'empathie, c'est une valeur humaine qu'on ne devrait jamais, jamais négliger. Et justement, ça devrait vraiment être une force quand on parle avec les gens, quand on comprend mieux les émotions des autres. Puis le théâtre, ça nous permet de faire ça, parce que veut, veut pas, on se met dans les souliers. de l'autre personne, de l'autre personnage. Puis là, on dit, oh, OK, cette personne-là a vu telle situation, mais je suis capable de mieux la comprendre. Donc, il y a cet aspect-là aussi que je trouve intéressant au niveau des émotions et le théâtre.
- Speaker #1
Mais tu as raison, effectivement, de le voir chez l'autre. Ça a un pouvoir extraordinaire aussi chez l'autre personne qui regarde, parce qu'effectivement, l'empathie, c'est ça, c'est la qualité. Peut-être que tu as peur de se mettre à la place de l'autre, puis le théâtre, bien, c'est ça aussi.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Tantôt, tu as soulevé quelque chose au niveau de la neuroplasticité. C'est de te répéter les choses, de dire « Ah, attends, je connais ça. » Puis « Ah oui, c'est déjà là dans ma tête. » Puis là, je peux le remettre. Mais c'est là que… Parce que tu le sais, nous, c'est un podcast sur le théâtre et la neuroplasticité. Mais tout s'imbrique et c'est là qu'il y a des liens qui se font. À force de te répéter des choses que tu connais, que tu sais que c'est correct. Oui, c'est correct de vivre des émotions. Mais à ce moment-là, je trouve que le mien avec les deux, vraiment, il va faire une différence dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tu sais que je n'ai pas encore commencé à te poser des questions. Alors ? Je vais regarder mes questions et je te les pose. Alors. Je repasse à la Marie, qui était avec moi au secondaire, celle que j'ai connue. Comment est-ce que tu la décrirais émotionnellement ?
- Speaker #0
Je dirais que j'ai toujours essayé d'être forte. Ça, je me suis rendue compte de ça toute ma vie. À un jeune âge, justement, au secondaire, c'était très difficile pour moi d'être vulnérable, de justement montrer ces émotions-là, de demander de l'aide même. J'ai toujours essayé de faire tout par moi-même. Alors, je me décrirais de cette façon-là quand j'étais plus jeune, à l'époque, où je pensais justement que c'était des faiblesses de vivre la tristesse, de vivre la colère, de demander de l'aide. Alors, je me décrirais comme une jeune fille qui essayait d'être forte et qui ne savait pas nécessairement comment exprimer ses émotions à cette époque-là.
- Speaker #1
Hum, non, on le dit à l'époque parce que maintenant… C'est mieux Oui Tu as réussi à me défaire pendant tout ça Oui, exact Donc là, il y avait des émotions que tu trouvais plus difficiles à cette époque-là. Tu as-tu une émotion, le temps de toi, tu en as nommé quelques-unes, mais une qui te vient en tête et tu te dis, OK, celle-là, je n'étais pas capable de la sortir. Aujourd'hui, par contre, ça va mieux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
As-tu quelque chose qui te vient en tête ?
- Speaker #0
La tristesse.
- Speaker #1
Oh, la tristesse Oui. Tu ne te donnais pas le droit d'être triste ?
- Speaker #0
Non. C'était mal vu, je ne pouvais pas pleurer. On entend des fois des discours chez les parents qui vont dire, et il n'y a aucun jugement dans ce que je vais dire, mais moi je parle vraiment de ma situation où, par exemple, c'était mal vu de pleurer, que ce soit par mes collègues à l'école, par exemple, « ah, pleure pas, pleure pas » , on entend souvent ça, alors que c'est quand même important. dans certaines situations, d'avoir un véhicule de pouvoir s'exprimer. Donc, je dirais la tristesse, ça a été... J'ai vu ça comme une grande faiblesse pendant très longtemps.
- Speaker #1
Oh Puis, tu sais, on se dit, à l'époque, on n'en parlait pas tant que ça. Aujourd'hui, on en parle plus, mais c'est quand même pas tout à fait réglé. Il doit y avoir des parents aussi qui nous écoutent, qui voient peut-être chez leurs jeunes, ou qui ne le voient pas non plus du tout, parce que, tu me corrigeras, mais c'est quand même bien camouflé.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je ne suis pas triste, mais j'ai toujours le point de vue comme un beau visage, une fille forte. Alors qu'il y a des émotions qui se vivent à l'intérieur qui sont la tristesse qui n'est pas une émotion qu'on dit négative. Pour toi, ça a cette connotation-là. Exact. Mais il y a des parents peut-être qui pourraient, grâce à ton témoignage, dire « Fous donc moi de mon enfant, ça va, il est tout le temps jovial, mais ça se peut aussi. » Est-ce qu'il y a des moments où je pourrais lui parler peut-être ? Essayer de voir. Comment je peux l'amener à lui faire dire des choses qu'il n'aurait pas osé par lui-même ? Est-ce que les situations te rendent triste ? J'ai l'impression que tu n'es jamais en colère, mais peut-être que c'est un enfant qui refoule d'avoir cette ouverture en tant que parent. Peut-être que tu sais ce qui t'aurait aidé. Est-ce que tes parents auraient pu te questionner davantage ? Est-ce que tu aurais, à ce moment-là, été ouverte à discuter ou tu aurais peut-être aimé ? Ça aurait été fait, je suppose.
- Speaker #0
C'est une excellente question. Je dirais que mes parents ont fait du mieux qu'ils pouvaient. J'ai reçu beaucoup d'amour dans ma jeunesse et encore aujourd'hui, j'aime mes parents, on a une super relation. Mais je dirais en fait, non, je n'étais pas prête à en parler. Donc, ce n'est pas nécessairement de leur faute. Non, non, non. Alors, justement, j'ai toujours gardé ça pour moi. Donc, je ne pense pas que j'aurais eu l'ouverture. justement, ou la maturité, disons, de vouloir leur en parler à cette époque-là.
- Speaker #1
Donc, quand même, il aurait voulu ouvrir la discussion là-dessus. Ça n'aurait pas été un bon filon. Tu n'étais pas prête.
- Speaker #0
Je pense que je n'étais pas prête, sauf qu'au niveau du théâtre, justement, si on revient à ça, pour moi, ça a été très sécurisant justement de pouvoir vivre ces émotions-là. Donc, je dirais que si l'enfant en soi n'est pas nécessairement prêt à parler à leur père, parce qu'on s'entend, des fois on est à dos. Nos parents, ce n'est plus pas nos amis. On veut tous garder ce qu'il est. Tu as raison.
- Speaker #1
On était au secondaire.
- Speaker #0
On les voit moins comme des amis qu'en tant qu'adultes. En tant qu'adultes, c'est des bons amis à moi. Mes parents, je les considère de cette façon-là. Mais c'est ça. Je pense que le théâtre, justement, ça nous permet d'avoir cette belle ouverture-là. sans nécessairement passer par les parents. Ça peut être autant des amis ou peut-être même des enseignants qu'on a un lien de confiance, par exemple. Donc, je pense que ça dépend.
- Speaker #1
Tu sais, j'ai l'impression qu'il y a des choses qui se mettent en place, peut-être au secondaire. Bon, là, on est dans les émotions, qui s'installent, qui ne ressortent pas immédiatement, mais qui, plus tard, étant donné que le chemin a déjà été fait, On parle beaucoup de chemin aujourd'hui. Mais peut-être que plus tard, c'est là qu'on reçoit les bénéfices de tout ça. Mais peut-être qu'au secondaire, on n'est pas prêt en tant qu'ado. Mais la petite voie, tout ce qui s'est fait comme chemin au niveau de la neuroplasticité reste. Puis à un moment donné, soudainement, ça émerge. Puis tant mieux si tout ce qu'on a fait au niveau du théâtre n'a plus comme terminé tranquillement, pas vite, à éventuellement être... La femme au corps extraordinaire que tu es, beaucoup plus libérée. Alors, maintenant, est-ce que le théâtre te permettait, à l'époque, d'exprimer certaines choses que tu ne t'autorisais pas à monter ? Là, on a parlé pas mal de la tistesse. Je ne me souviens plus avec toi. As-tu déjà joué des scènes qui étaient… Mon Dieu, je ne me souviens plus. Si on oublie la colère, je ne me souviens plus. C'est sûr que les élèves ne sont plus… ils se souviennent plus de ce que leur enseignant leur a montré dans le sens que nous, comme enseignants, on enseigne à un paquet d'élèves, puis à un moment donné, on ne sait plus ce qu'on a enseigné à qui. Mais est-ce qu'il y a un moment où tu te souviens où il y a une scène où ça a fait un déblocage parce que là, il y a eu quelque chose mis à part, mettons, on parlait de la tristesse du coup. Tu veux donner l'exercice peut-être, quelque chose que j'ai dit.
- Speaker #0
Moi, je me souviens en fait au niveau de la peur.
- Speaker #1
Ah, bien oui, la peur.
- Speaker #0
Au niveau de la peur. où justement on était dans un environnement contrôlé et j'avais le droit d'avoir peur. Ça, ça a l'air vraiment niaiseux, mais à des fois, justement quand je disais que je devais être forte, que je ne devais pas être triste, que je ne devais pas être en collage, que je ne devais pas avoir peur non plus, donc toutes les situations de vulnérabilité, je dirais qu'il y a des exercices qu'on a faits où je ressentais la peur, mais c'était correct parce qu'on était sur la scène. où on n'était pas nécessairement sur la scène, mais on était dans le local en soi. Le local de Grâve, oui. Puis c'était correct, dans le sens qu'il n'y a rien qui allait m'arriver de grave. C'est en lien avec... Je réfléchis aussi au cégep, parce que j'ai aussi fait du théâtre au cégep. Oh oui, ok J'ai fait quatre ans de théâtre au cégep de cette scène. Puis je me souviens d'un exercice où on était avec des flashlights.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Puis là, il faisait super noir. Puis en tout cas, justement, il y avait une musique efférente, dramatique. Et c'était justement pour illustrer à quel point nos émotions peuvent être sollicitées, même par nos sens, finalement. Alors ça, ça me vient vraiment en tête au niveau de la peur en soi. Puis j'ai trouvé ça super intéressant, justement, d'explorer cette voix-là. Mais tu vois,
- Speaker #1
tu as même un autre point intéressant. C'était fantastique. Mais c'est pas nécessairement par un personnage. Ça peut être dans les exercices.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Quand on est dans un espace où les gens avec qui on est vont vivre la même chose que nous, on est dans le même bateau, puis on est dans un espace sécuritaire avec un enseignant, une enseignante qui nous dirige, qui est là, à qui on fait confiance, on peut se permettre de vivre des choses, et ça, c'est correct. Comme tu dis, on est dans un environnement safe zone. On est avec des gens qui font sensiblement la même chose. On n'est pas au centre commercial avec des gens qu'on ne connaît pas, puis on essaie de vivre leur part, finalement, mais on est avec des gens qui vont vivre la même chose. Et on a quelqu'un qui est là pour nous diriger là-dedans. Tout ça est mis en place pour que, justement, on arrive à aller plus loin. C'est fantastique. Je vais y aller avec peut-être une dernière question. Je vais la choisir comme il faut. Parce que ça va être ma dernière question. OK, je prends la dernière. Dans ton travail avec moi, avec Charles, parce que tu as travaillé aussi avec Charles au niveau de la neuropathie, est-ce qu'il y a eu un moment où tu as réalisé que certaines limites que tu croyais avoir n'étaient peut-être pas aussi permanentes que tu le pensais ? Parce que même adultes, on peut avoir des limites, on n'est pas tout réveillé. Quand on fait des trucs, quand on est jeune, tout ça, ça nous amène à émerger, mais ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de limites. Est-ce qu'il y en a ? Tu as une limite, quelque chose que tu vois, que tu as réalisé en faisant soit un peu de théâtre, un peu de neuroplasticité avec Charles. Est-ce qu'il y a quelque chose qui vient en tête ?
- Speaker #0
Je pense de façon générale, au niveau du parcours personnel ou professionnel en soi, des fois on se répète des choses sans s'en rendre compte. Donc ça, j'ai trouvé ça très intéressant de me rendre compte de ça. Juste de te rendre compte de ça.
- Speaker #1
De te rendre compte que tu ne te rends pas compte.
- Speaker #0
Exactement. Quelque chose d'inconscient qui se passe dans notre cerveau. Finalement, on ne sait pas du tout que ça existe. Ce qui est super intéressant. Donc, on fait un petit travail de détective, si on peut dire. Sur soi. Sur soi. Puis le fait d'apprendre à se connaître de cette façon-là. Puis je pense que c'est un travail éternel. D'apprendre à se tenir parce qu'on est toujours en constante évolution. Puis une fois qu'on se connaît bien, à ce moment-là, c'est très, je dirais, pas très facile, mais plus facile de vivre ces émotions-là, mais aussi de réduire ces limites-là qui sont dans notre cerveau, qu'on se répète à tous les jours. Ça peut être autant en lien avec la confiance en soi. qu'on peut travailler dans les cours de théâtre que toi et Charles vous offrez. Ça peut être au niveau des limites de ce qu'on peut faire dans le futur au niveau professionnel, au niveau de l'éducation, par exemple, parce que j'ai suivi aussi des cours avec toi, avec les élèves au cégep, puis qu'eux, justement, sont en train de bâtir leur carrière. Oui, quand on est... plus jeune, puis j'ai plus jeune peut-être 10 ans de moins que moi, on apprend encore à se mettre, etc. Alors, je pense que dans tous les cas, ça peut être très intéressant quand on est en train de démystifier ou de décortiquer ce qui se passe dans notre cerveau. Alors non, je n'ai pas d'exemple en soi précis pour en lien avec la limite, mais je peux dire que j'ai exploré beaucoup en lien avec mes propres pensées limitantes. Puis comment justement partir à partir de nos propres limites, notre propre cerveau, si on peut dire, pour aller guérir certaines choses, je dirais. C'est sûr que moi, je ne suis pas experte en neuroplasticité, mais par contre, je peux vraiment comprendre qu'il y a des façons de faire au niveau de notre confiance en soi et de nos propres limites à comment construire finalement passer par-dessus ces limites-là.
- Speaker #1
Oui, puis ça dit quelque chose d'apprendre à reconnaître.
- Speaker #0
Tu sais,
- Speaker #1
puis de faire « Oh, un tapeteur, là » Tu sais, juste en amont, avant qu'on commence, tu sais, si tu as entendu dire quelque chose, ça fait « Et tu t'es reprise tout de suite » Enfin, attends, là, c'est la neuroplasticité. On y va de façon positive. Mais déjà, de le reconnaître, de l'appliquer. Ça change parce que là, au lieu d'être dans une zone négative où on se dit « Ah, mais je ne pourrais pas faire ça. Ah non, mais ce n'est pas ma tâche de tingue. » C'est sûr que ça ne le sera jamais. Tu passes ton temps à te le répéter. Mais déjà, quand tu t'aperçois « Oh, attends, je suis en train de faire quelque chose, de le reconnaître que je ne devrais pas faire à mon cerveau et de tout de suite casser ça. » Non, j'essaie, je suis capable, je peux. Là, je pense qu'il y a des choses qui débloquent. De le reconnaître, c'est déjà un premier pas.
- Speaker #0
Oui, vraiment. Puis je dirais même que, oui, de le reconnaître, puis c'est de s'arrêter.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Juste avant qu'on se dise cette chose-là, ça peut être aussi banal que, « Ah, je vais arriver en retard. » Ou, « Ah, ça n'ira pas bien. » Des trucs comme ça que, « Ah, maintenant, on transforme ça en positif. » Puis, bien non, ça va bien aller. Pourquoi qu'on... qu'on pense que ça n'irait pas bien, par exemple. Donc, c'est vraiment d'aller vers le positif. Je pense que je me considère comme une personne quand même assez positive. Oui. Alors, c'est d'écouter sa petite voix, finalement. Puis, si... Si cette petite voix-là, elle est négative envers soi-même, j'ai tout le temps, c'est comme si on parlait à notre meilleure amie. C'est comme si, est-ce qu'on dirait telle chose à notre meilleure amie ? À cette personne-là.
- Speaker #1
On est très sévère envers nous-mêmes.
- Speaker #0
Voilà. Puis je pense que c'est quelque chose qu'on doit tous, on travaille là-dessus, moi-même, je travaille là-dessus à tous les jours. Tout le monde. C'est ça, exactement. Ça nous arrive à tout le monde d'être négatif à l'intérieur de ça, puis c'est de travailler vers le positif. d'être bienveillant vers soi-même.
- Speaker #1
Ah, bienveillant, j'aime ça. Ça va être notre mot, ça, de la fête. Être bienveillant. Donc, on reconnaît, on accepte. Par exemple, je suis stressée. OK, oui, je le suis. Maintenant, bon, bien, une petite phrase pour distinguer. Je peux être plus calme. Je peux le faire. Donc, on reconnaît ce qui se passe. Des fois, on peut même dire, attends, ça se passe où dans mon corps, là ? Oh, moi, tu vois, ça se passe ici. Quand je sens quelque chose, il y a quelque chose. Là, on lui a dit, ah non, je suis encore stressée, je suis stressée, je suis encore stressée. Je reconnais qu'on est stressée. Puis, à ce moment-là, qu'est-ce que je peux faire pour m'amener ? Fait qu'on reconnaît, on accepte l'émotion, puis après ça, on va de l'avant, puis on y va de façon positive.
- Speaker #0
Puis c'est vrai, quand on parle d'ici, je vais juste ajouter qu'on a des corps, oui, nous avons des corps. Oui, j'ai un meilleur point en principe. Ce que j'allais dire, c'est que notre corps nous parle aussi des... quoi. Puis, c'est d'écouter. Ça aussi, ça peut être les mains moites, ça peut être la respiration qui va vite, le cœur qui débat, par exemple. Donc, c'est vraiment de reconnaître, oui, l'émotion à l'intérieur, mais aussi notre corps nous parle quand on ne nous écoute pas, quand on ne s'écoute pas soi-même.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
nous aimons bien le mot bienveillant. Nous allons le bienveillant. Ça, merci beaucoup Ça m'a fait vraiment plaisir Donc, moi, je vous quitte pour... pour cette fois-ci. Mais je vais remercier. On a d'autres merveilleuses invitées. Donc, merci encore une fois, Marie-Lise. À la semaine prochaine.
- Speaker #0
Bye-bye. Ciao, ciao.
- Speaker #3
Dans le noir de... La salle, une voix qui s'emballe, un enfant qui respire, prête à se laisser dire. Elle tremble sur la réplique, son cœur court, sa gorge pique. On lui dit regarde-moi, tout à coup elle ose la voir. Il improvise, il se trompe, mais le rire brise la honte à force de jouer quelqu'un.