- Speaker #0
Souvent, je ne vivais pas l'émotion, je la faisais. Ah bon ? Je sais que tu vis ces émotions-là, même très fort, parce que quand les autres faisaient les émotions, je les vivais mieux que quand je les faisais devant la caméra. On dirait que c'est comme toute ta vie, tu caches quelque chose que tu sens trop fort tout le temps. À un moment donné, tu le caches trop, tu ne peux plus le vivre normalement quand tu arrives. Même quand je vivais des émotions vraiment trop fortes, ça m'arrivait de « shutdown » complètement. Tu ne vis plus rien.
- Speaker #1
Dans le noir de la salle, une voix qui s'emballe, un enfant qui respire, prête à se laisser dire. Elle tremble sur la réplique, son cœur court, sa gorge pique, on lui dit regarde-moi. Tout à coup elle ose la voix, il improvise, il se trompe mais le rire brise la honte à force de jouer quelqu'un. Il découvre qu'il vaut bien plus qu'il ne...
- Speaker #2
Bonjour, mon nom est Caroline Bernard. Je suis comédienne, enseignante en arts dramatiques depuis un peu plus de 25 ans, et je suis propriétaire du studio Catarsis.
- Speaker #3
Et bonjour, je suis Charles Perroud. Je suis biochimiste de formation, enseignant de pleine conscience basé sur la neuroclassicité du cerveau, et également enseignant d'arts dramatiques aux primaires.
- Speaker #2
Ton enfant n'a peut-être pas peur de monter sur scène. Il a peut-être surtout peur de ce que les autres vont penser de lui, et si la scène pouvait justement lui apprendre à apprivoiser ce regard. Alors, aujourd'hui, à Scènes et neurones, on va parler d'hypersensibilité chez les enfants. Là, vous allez peut-être trouver ça un peu particulier, parce que là, on va joindre le théâtre à ça, l'hyper... pas l'hyperactivité, mais l'hypersensibilité, puis il y a peut-être des parents qui se demandent, « Oh, mais vraiment, ça peut aller ensemble ? » Oui, je crois que oui. Donc aujourd'hui, on vous présente Zélia. Bonjour Zélia, elle est comédienne, elle est enseignante au studio Catarsis. Je vais te laisser te présenter. Alors, qui es-tu, toi ?
- Speaker #0
Je suis chanteuse, auteure, compositrice, interprète et hypersensible moi-même aussi.
- Speaker #2
Ok, ça fait que ce sujet-là t'a interpellé.
- Speaker #0
Oui, beaucoup. Ok. Est-ce que,
- Speaker #2
depuis quand tu sais que tu es capable de mettre le mot sur « je suis quelqu'un d'hypersensible » ?
- Speaker #0
Ça fait... ça fait pas... tant longtemps. Je pense qu'étant jeune, quand j'étais plus jeune, c'était pas un mot qui était nécessairement dit partout. C'était pas très... C'était pas connu. C'est plus arrivé quand je suis arrivée au cégep. Moi, j'ai toujours été très, très bonne élève. J'ai l'impression que les hypersensibles, souvent, c'est ça. Ils décident de... Ils sont bonnes élèves, puis ils veulent pas dérailler. Quand je suis arrivée dans un cours de coaching, j'ai dit, toi, t'es hypersensible. Après, j'étais... Je sais pas. Peut-être.
- Speaker #2
Un coaching de ?
- Speaker #0
De jeu. De jeu ? OK. Bon,
- Speaker #2
bien, allez.
- Speaker #0
Puis elle était hypersensible toute sa vie. Puis elle a dit, t'as les mêmes, pas failles, les mêmes difficultés que moi en jeu. Puis elle trouvait que c'était drôle parce que c'était vraiment la même chose. Elle avait les mêmes difficultés que moi. Puis on a vraiment fait un gros chemin là-dessus puis d'aller chercher qu'est-ce qui me manquait en jeu ou qu'est-ce qui pouvait m'aider à mieux comprendre ces émotions-là. Fait que c'est vraiment plus tard, plus vers cégep que j'ai fait genre, ah oui, Ça expliquait plein de choses aussi de mon enfance, plein d'émotions que je n'avais pas bien amenées. Il y a eu plein de problèmes dans mon adolescence. J'aurais pu mieux comprendre mes émotions et mieux les vivre en sachant ça.
- Speaker #2
En sachant, oui, c'est ça. Tu as des parents qui le savent, mais qui ne veulent pas trop le dire à leur enfant non plus. Ils veulent les surprotéger, mais ça fait des fois l'effet inverse pour plus tard. Puis là, tu m'as dit, ta coach, et leur reconnu. des choses que toi, tu faisais ou qu'elle-même, elle faisait. Puis, es-tu capable de nous dire, c'est quoi les signes ? Parce qu'il faut être capable de les reconnaître. Puis, elle, comme elle l'avait vécu. En tout cas, exemple quoi ?
- Speaker #0
Bien, comme j'étais très bonne élève, souvent, je ne vivais pas l'émotion. Je la faisais. Ah bon ? Je sais que tu vis ces émotions-là, puis même très fort, parce que quand les autres faisaient les émotions, je les vivais mieux que quand je le faisais devant la caméra. Puis on dirait que c'est comme toute ta vie, tu caches quelque chose que tu sens trop fort tout le temps. Fait que là, à un moment donné, tu le caches trop. Puis là, tu ne peux plus le vivre normalement quand tu arrives. Puis même quand je vivais des émotions vraiment trop fortes, ça m'arrivait de « shut down » complètement. Tu ne vis plus rien. Fait que là, je trouvais ça important de vivre ces émotions-là bien, puis les laisser vivre dans ton corps, puis les comprendre, pour ne pas que ça fasse ça non plus. Parce que moi, ça a été un bon... De toute mon secondaire, pendant un bon trois ans, je ne vivais plus rien. J'avais vu des psychologues et des psychologues, puis je ne vivais absolument rien.
- Speaker #2
Comme si tu n'avais plus d'émotions ?
- Speaker #0
Comme si...
- Speaker #2
Tu t'étais coupée.
- Speaker #0
Oui, coupée de la réalité un peu. Tu vis comme...
- Speaker #2
Parce que, est-ce qu'en arrière de tout ça, c'est qu'il y a une certaine peur ? Qu'est-ce qui amène le jeune, l'enfant, peu importe, à se bloquer ? Parce que, tu sais, y a-tu peur de décevoir ? C'est-tu une peur qu'il y a ?
- Speaker #0
Bien, moi, c'était pas une peur. C'était plus, je pense que c'est à un moment donné, ton corps, il réagit. Tu as un effet de survie. que tu vis trop, puis là, on dirait qu'il sait plus comment vivre quelque chose, fait qu'il va juste plus le vivre.
- Speaker #2
Oh Ouais. Puis ça l'a débloqué comment ?
- Speaker #0
Ça l'a débloqué... Bien là, j'avais vu plein de psychologues. Oui, Puis j'ai fait beaucoup, beaucoup de théâtre, puis j'en faisais depuis vraiment longtemps, puis c'était tout comme tout le temps là que là, je ressentais plus, puis là, c'était plus le fun, puis je voyais que je sortais un peu de mon quotidien plate, là. Puis en secondaire 5, j'ai fait une audition pour être dans une troupe. On faisait le tour de la Beauce, de ma belle région.
- Speaker #2
OK.
- Speaker #0
Puis c'était une pièce pour désensibiliser l'homosexualité. OK. Parce que c'était comme une jeune femme lesbienne qui ne voulait pas l'avouer à sa famille, qui ne voulait pas l'avouer. Puis elle était fâchée tout le long de la pièce. Tout le long de la pièce, elle était fâchée. Puis moi, ça faisait longtemps que je n'avais pas vraiment exprimé la rage. Puis j'étais fâchée tout le temps. C'était comme...
- Speaker #2
Mais tu le vivais en dedans.
- Speaker #0
Oui. Puis là, c'était le fun de le vivre pour vrai. Puis là, j'étais là, OK. Je pense que ça m'a vraiment aidée, ça m'a mis même un pied dans la thérapie que je faisais à côté. Je pense que les deux ensemble, ça a vraiment aidé à juste vivre quelque chose. Ah oui,
- Speaker #2
OK. Fait que là, dans le fond, j'essaie de voir, c'est qu'en allant jouer un personnage qui vivait une colère, que toi, t'avais à l'intérieur, comme c'était pas toi, est-ce que le fait de le passer, parce que souvent on en parle, mais tu sais, ça reste, on dirait qu'on est dans l'ésotérisme, Le fait de le passer à travers un personnage, donc qui n'est pas toi, c'est ce qui t'a aidée ?
- Speaker #0
Oui, je pense que oui, parce que la situation n'était pas moi, mais l'émotion est quand même la reste de toi. C'est quand même ton émotion, puis c'est quand même ce que toi, tu peux ressentir, tu peux vivre aussi à l'intérieur de toi.
- Speaker #2
Puis avant ça, est-ce que tu as déjà explosé ? C'est-tu arrivé ou tu as tout le temps réprimé ?
- Speaker #0
Je pense que j'avais tout le temps réprimé. C'est rare que... Là, aujourd'hui, mon copain pourrait le dire, je suis quand même une personne qui exprime bien sa colère.
- Speaker #2
Mais c'est fantastique Il pose OK Mais là, tu me dis que, bon, c'est vers l'adolescence, il s'est passé quelque chose où il ne se passait plus rien. Puis là, tes parents, c'est eux qui t'ont amenée, j'imagine, à consulter. C'est quoi les premiers signes comme ça, qu'un parent peut voir chez son enfant ? Comment ils ont fait, eux, tes parents, pour faire ça ? C'est un peu là. Et pas comme d'habitude ? Oui,
- Speaker #0
bien moi, j'ai toujours été, on me disait tout le temps, un petit oiseau, un petit rayon de soleil. Puis à un moment donné, ça a vraiment shifté. J'étais pure rayon de soleil et je ne voulais plus voir personne. Il y avait plus personne. Ça ne me tente pas. C'est plate. Ça ne me tente pas. En même temps, ça pourrait être n'importe quel ado, mais c'est comme d'un point encore pire que même mes amis, je ne les voyais pas vraiment. J'avais une amie que je voyais plus. Je n'allais pas à la récré ou aux affaires comme ça. J'étais tout le temps à la bibliothèque. qui dorment. Pourtant, je suis quand même une personne sociale qui aime les gens, d'habitude. Je pense que ça vient montrer un peu... Si la personne n'est déjà pas sociable, peut-être que c'est plus dur aussi d'aller voir. Oui, j'imagine. Mais si tu vois que ton enfant ou que la personne que tu côtoies, d'habitude, n'est pas comme d'habitude, d'habitude, c'est parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #2
Mais comme là, tu disais que j'étais un rayon de soleil, tout le monde me disait que j'étais allumée, puis du jour au lendemain. Est-ce que tu... Bien, j'imagine que oui, mais... dès l'enfance, parce que tu le vivais, tu te dis depuis l'enfance, mais comme tu étais un rayon de soleil, tu étais camouflée. Mais là, si on recule, j'imagine qu'il y aurait eu un impact peut-être plus significatif avant, peut-être qu'il aurait évité, je ne sais pas, que tu te fermes complètement. Penses-tu que tes parents auraient pu avoir des signes bien avant ça ? Parce qu'on essaie de parler aux parents qu'ils ont eu des signes. qui ont des enfants hypersensibles, qui font comme toi, « Mais non, mais ça me rayonne le soleil, tout va bien, la vie est belle. » Puis c'est ça, comment tu arrives à...
- Speaker #0
Je pense que, comme on avait dit, c'est des bons élèves. D'habitude, les hypersensibles, c'est des gens qui aiment comprendre aussi. Comprendre ses émotions, comprendre tout. Puis moi, j'étais arrivée, puis il y avait plein de choses que je comprenais, mais pas trop. Puis il n'y a personne qui me l'a expliqué. Ils ne sont pas venus s'asseoir dans le fond.
- Speaker #2
Donne-moi un exemple.
- Speaker #0
Mon père, moi, il fait beaucoup, beaucoup de démence. Il y en a peut-être... toute ma vie. C'était plus dans ces eaux-là que ça a commencé, que j'étais pas bien. On le voyait plus du tout. Je savais pas pourquoi. Puis là, t'es... Il n'y a personne qui te l'explique, qui t'assied. Je pense que c'est quelque chose de bien d'expliquer. Il y a toujours une manière d'expliquer, d'être gentil, d'arriver et de ne pas dire juste ça. Tu ne verras plus ton père et tu t'en vas.
- Speaker #2
Je comprends que le fait de ne pas expliquer les choses peut influencer beaucoup le cours d'un enfant. Il y a peut-être un choc ou quelque chose. Je te pose la question. ta mère avait été comme, peut-être, elle n'a plus au courant, qu'est-ce qu'elle aurait pu voir chez toi à ce moment-là qui aurait pu lui donner des signes d'hyper... pas d'hyperactivité, d'hypersensibilité qui fait « Oh, attends un petit peu, j'ai un signal parce que, comme je disais tantôt, il y en a probablement qui vivent ça à la maison sans savoir qu'ils vivent ça. » En tout cas, comment on peut aider un enfant là-dedans de le voir ?
- Speaker #0
Oui, mais moi, je pense que j'étais... Dès très jeune, je pleurais des fois pour rien du tout. Des pour rien, ce n'est pas un bon exemple pour rien. Mais je pouvais jouer avec mes Barbies et je trouvais que la situation était vraiment triste. J'en pleurais et je l'accueillais quand j'étais plus jeune. À un moment donné, on me dit de cacher ces émotions-là parce que c'est trop intense. Mais je pense que ça peut être des bons signes. Ma soeur aussi est super sensible. Elle pleure tout le temps devant plein de films. Des fois, ce n'est même pas triste. Puis là, elle va pleurer.
- Speaker #2
OK. Ça peut être quelque chose de triste. Les parents font OK, mais là, c'est parce que tu es en train de jouer avec des poupées d'arbitre. On va essayer de creuser un peu. Penses-tu que dans l'hypersensibilité, on peut aller à l'autre extrême aussi, des enfants qui sont très colériques ?
- Speaker #0
Oui, ça peut être la colère, ça peut être la joie aussi. Ou même l'amour. Moi, mes premières relations plus intimes avec mes premiers amoureux, mes premières amoureuses. C'était tout le temps très, très, très intense, puis je l'adorais, puis je l'adorais, puis des fois, ça devient intense aussi pour l'autre personne. Ah,
- Speaker #2
OK Fait que ça peut devenir très étouffant.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Il faut quand même que toi aussi, tu fasses genre « je l'adore, cette personne-là » , mais il faut que je garde ça aussi pour moi, puis de bien comprendre.
- Speaker #2
J'ai quand même l'impression que c'est un ou l'autre, tu sais, toi, tu te laisses trop aller ou pas du tout.
- Speaker #0
OK,
- Speaker #2
puis là, j'imagine qu'il faut que tu apprennes. apprennent à vivre avec ça. C'est un peu comme, tu sais, on en parlait, un peu comme le vélo, c'est que, tu sais, au début, tu peux pas demander à l'enfant, « Hey, tu pars puis tu roules, tu sais, ah oui, tu gères ça comme un grand, comme un champion. » Non, mais tu l'accompagnes au début. J'imagine que c'est un peu ça qui est le geste. Tu reconnais en tant que parent qu'il y a quelque chose, là, tu sais, comme tu viens d'expliquer, là, tu sais, des... Des émotions...
- Speaker #0
Un peu d'artifice. Oui, d'accord. Puis là,
- Speaker #2
bien, OK, tu l'accompagnes. Puis là, à un moment donné, bien, une fois que l'enfant, tu sais, ça roule, bien là, tu le lâches tranquillement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est la même chose. Puis aussi, ça veut pas dire de... Parce que c'est aussi vivre en société. Tu peux pas commencer à broyer pendant que tu donnes une conférence ou des affaires comme ça.
- Speaker #2
Parce que t'es très touchée. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Mais il faut quand même que tu vives ces émotions-là puis que tu saches pourquoi ça t'a touchée puis pourquoi, tu sais, de comme... savoir comment bien gérer tes émotions.
- Speaker #2
Mais il faut que tu sois accompagnée là-dedans. Si je fais un lien avec le théâtre aussi, c'est que toi, ça t'a aidée. Est-ce que tu en as vu des jeunes ici au studio ou peut-être ailleurs que tu as été capable de faire comme ta coach a fait ? Je te cesse là. Oui, oui.
- Speaker #0
C'est-tu arrivé ? Surtout en chant, que je me rappelle bien, qu'elle était toute jolie. Ah, la boucle Tu sais, là, je disais, tu peux t'exprimer. Tu as le droit ici, on est en... En plus, on est un à un en chant. Je peux t'exprimer. Puis finalement, je pense que c'est une des élèves qui avait la plus belle voix puis la plus belle sensibilité dans tout ce qu'elle faisait. Tu l'avais reconnue que c'était juste qu'elle cachait quelque chose. Puis souvent, c'est ça. Quand il arrive sur scène, on dirait qu'il n'y a plus de barrière. Fait que là, il arrive, puis ça sort une belle fleur.
- Speaker #2
Ah, ça, c'est le fun. Puis j'imagine que ces enfants-là, quand tu les détectes, tu détectes quelque chose parce que tu le véhicules toi-même, mais peut-être qu'à force... de leur dire, « Hey, tu peux, tu as le droit, tu vas pouvoir te libérer. » Dans le cerveau, parce que, tu sais, nous autres, c'est vraiment neuroplasticité puis le théâtre qu'on essaie de mettre ensemble. J'imagine que ça doit avoir un impact positif sur l'enfant à force de lui dire, « Hey, t'es capable. Hey, on va aller ensemble. » Puis de faire une marque dans son cerveau de façon positive, c'est, ils disent, « Bien oui, ça se peut. Oui, je suis capable. » À force d'en faire, j'imagine. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Puis aussi, quand nous, on est ici en théâtre, même si on est en groupe, il n'y a aucun jugement. On peut vivre nos émotions. S'il y a du jugement, les autres sortiront et feront d'autres choses. C'est ça, on essaie que tout le monde... Tout le monde est égaux. dans une classe de théâtre, mais comme dans la vie de tous les jours, quand on fait du théâtre ou du cinéma, tout le monde est égaux, puis on vit nos émotions ensemble, puis là, on crée des super beaux liens.
- Speaker #2
C'est ça que j'expliquais aussi tout à l'heure, ce qui est le fun, c'est que quand, souvent, tu arrives dans un groupe de théâtre, les jeunes, souvent, c'est des jeunes qui vivent, pas en marge, mais qui sont un petit peu plus, des fois, expressifs. Et des fois, ça aide aussi à entrer puis à faire sa place, de voir que les autres... « Ah, OK, ils sont un peu différents. » Puis d'essayer de mettre en place, en pratique, ce qu'il a appris. « Ah, mais je suis capable, mais peut-être qu'il y a un personnage. Je vais y arriver. » À force de marteler de façon très positive que oui, ça se peut, puis essaie de le lever à travers un personnage. J'imagine que tu peux juste en ressortir gagnant.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Plus grand, plus... Tu ressens juste mieux tes émotions après ça.
- Speaker #2
parce que tu es passé par un autre intermédiaire.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Le fait de passer par un autre intermédiaire, c'est que tu l'as déjà, comme ce n'est pas tout à fait toi, parce que si c'était toi à l'enfance, tu ne ferais pas ça. Mais là, tu as un personnage, ça te permet. Oui.
- Speaker #0
Ça aide beaucoup aussi.
- Speaker #2
C'est drôle parce que c'est très contradictoire à ce que les parents souvent vont penser. Ils vont dire, non, mon enfant, c'est une hyper sensible, il ne va pas faire du théâtre. Parce qu'ils veulent bien faire les choses, c'est correct. On veut les protéger, nos enfants, mais ce n'est pas peut-être.
- Speaker #0
pas la bonne solution. Moi, je pense que le théâtre, ça peut aider dans plein, plein, plein de sphères de sa vie. Je pense que ça serait bon pour tout le monde d'en faire un peu.
- Speaker #2
Je crois que oui.
- Speaker #0
Même si tu ne veux pas faire ça dans la vie, je pense que c'est quand même une bonne... ça peut t'aider tellement dans tout que je pense que c'est une bonne chose de faire. Hey, veux-tu faire une session de théâtre ? Ça peut être juste une fois, mais ça va tellement... ça t'ouvre à plein d'horizons, puis ça t'ouvre à toi-même aussi.
- Speaker #2
Clairement.
- Speaker #0
Je trouve que c'est important pour tout.
- Speaker #2
L'idée, à la base, ce n'est pas de dire « mon enfant ne peut pas » . Non, mais on l'essaie, on va voir. Puis petit pas, on en a parlé aussi tantôt, un petit pas à la fois. Moi, j'en ai des enfants qui sont arrivés dans le cours ici et ils ne voulaient rien faire. Bon, bien, assieds-toi, regarde, prends ça doucement. Puis, au moment donné, tu le vois.
- Speaker #0
Oui, il veut s'intégrer quand même,
- Speaker #2
c'est ça. Mais c'est ça. Là, quand tu vois que c'est un enfant, comme tu dis, un enfant sage, un enfant modèle. Oups Là, t'es capable d'aller chercher un petit plus, mais des fois aussi, c'est par le biais d'une marionnette. Ça aussi, quand tu arrives à faire aussi par rapport à un personnage. Et c'est ça qui est beau quand tu arrives à le comprendre, que tout peut se passer. C'est un safe zone. C'est pas toi. Ce bout-là, il est dur, mais une fois qu'ils l'ont compris, je pense que...
- Speaker #0
Moi, souvent, je commence avec ça dans mes cours de théâtre. C'est qu'on fait... Je dis, le ridicule est ridicule jusqu'à temps que tu y crois. Si tu y crois pas, c'est pas ridicule.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
oui. J'ai fait beaucoup d'éveils musicals. Avec les bébés, au début, je me sentais tellement ridicule. Je faisais des faces bizarres de faire. À un moment donné, il y a eu un déclic dans mon cerveau. Je ne sais pas, je me rappelle plus c'est quoi le cours que je faisais. J'avais deux marionnettes. Ils faisaient des voix bizarres. Je les faisais manger les nez des enfants. À un moment donné, il y a eu un déclic que j'étais là, c'est le fun. Il n'y a pas de ridicule, c'est juste le fun. Oui. Ça m'a aidée quand ils étaient bébés-bébés. Ça n'existe pas le ridicule pour eux. Là, tu arrives. et tu ne peux pas être ridicule devant des gens qui ne savent pas que ça n'existe pas.
- Speaker #2
C'est vrai. C'est ça, exactement. Après ça, tu peux l'amener à un peu plus grand. On le voit déjà au primaire, les plus petits, ils ont une aisance. À un moment donné, il y a quelque chose qui se place de façon négative. Il faut déconstruire, mais à force d'en parler, d'ouvrir le sujet, de faire oui, mais tu peux, d'amener le cerveau à comprendre. On n'est pas obligé d'aller dans ces mots-là. On n'est pas obligé de dire... On va faire de la neuroplasticité. Non, non, mais de planter une petite graine qui est positive dans la tête de ces enfants-là, bien, on peut juste comme retirer du positif.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Et là, j'ai plein de questions pour toi. Alors, parce que là, ce n'était pas des questions. Bon, alors, qu'est-ce qui peut surprendre un parent qui a inscrit un enfant hyper sensible au théâtre ? Qu'est-ce qui peut surprendre un parent ?
- Speaker #0
Bien, je pense que moi, en tout cas, je me rappelle de ma mère qui m'avait dit que... Quand t'arrives sur scène, t'es pas la même personne. Ça fait comme... ça surprend, ça fait... On dirait que c'est toi, mais pas toi. Ça fait bizarre. Moi, je me rappelle, je vais faire des cours de chant en premier, puis mes premiers spectacles de chant, je suis toute gênée. Puis là, j'arrive, puis je suis toute stressée. Le jambard que ça scinde, ça fait fou. Puis là, on dirait que ça, ça surprend, parce que l'enfant est comme pas habitué. Puis là, on dirait qu'il y a comme une barrière qui s'enlève quand t'entends sur une scène. Puis là, tu deviens une autre personne.
- Speaker #2
Ce qui peut surprendre les parents, c'est de voir son propre enfant être sur une scène. émerger.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Ah, bien oui. C'est excellent. Donc, c'est du positif. Très bien. Alors, attention, je te pose une prochaine question. Comment crées-tu suffisamment de sécurité pour aider un enfant à sortir de sa zone de confort, mais sans le forcer ? Donc, comment tu arrives à l'amener à être dans une zone qui est confortable, c'est sécure, il n'y a rien qui va arriver, on ne veut pas le forcer non plus.
- Speaker #0
Oui, mais souvent, c'est ça. Je pense que les jeux qu'on fait au début pour... se ridiculiser tous devant un de l'autre. Ça nous met tous sur le même pied. Je leur dis, je ne suis pas là pour vous juger non plus. Je suis là pour vous améliorer. Moi aussi, je suis sur le même pied. Des fois, j'apprends de eux aussi. Je dis, oui, c'est une super bonne idée. Je vais apprendre avec eux. Je leur dis, on est tous là pour s'amuser. On est tous là pour avoir confiance en les autres. On devient un groupe ensemble. C'est ça tout le temps du théâtre, du cinéma. On est un groupe. Je pense que c'est ça. de faire confiance à ses petits partenaires de jeu tout le temps.
- Speaker #2
Oui, donc, tu sais, d'amener un terrain de confiance qui va devenir, c'est ça, leur safe zone, qui vont se sentir assez bien. Donc, ils vont se sentir en sécurité et tu n'as pas besoin de rien forcer parce que c'est pas ça qu'on... J'imagine que quand tu étais petite, tu te serais dit « OK, go » Ça n'aurait peut-être jamais fonctionné. Fait qu'un enfant hypersensible, surtout qui est hypersensible, je pense que c'est d'y aller doucement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Il y en a qui vont aller plus vite, mais je pense, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Mais même s'il ne veut pas, tu sais, je le dis, il n'est pas obligé de faire l'exercice, mais regarde, puis si tu as le goût d'embarquer, tu vas le sentir, puis tu vas... Si tu as le goût de le faire, fais-le. Oui. C'est ça, c'est comme si tu n'as vraiment pas le goût de le faire, assis-toi, regarde les autres. Puis souvent, ils voient les autres s'amuser puis faire des niaiseries, puis là, ils ont le goût d'embarquer avec les autres, puis c'est pas long qu'ils embarquent aussi, là.
- Speaker #2
Eh bien, voilà. Eh bien, bon, bien, puis je... J'ai pleinement confiance en ton talent et tes capacités. Je sais que tu étais capable de les amener. Ça, c'est super. J'ai une autre belle question ici. Est-ce que jouer un personnage peut permettre à un enfant qui n'ose pas s'exprimer, qui n'ose pas exprimer ce qu'il... Attends un peu. J'en parle. Qu'est-ce que jouer un personnage peut permettre à un enfant qui n'ose pas s'exprimer ce qu'il ressent ? Qu'est-ce que jouer un personnage peut permettre à un enfant... OK. Je pense qu'on y a déjà répondu, mais qu'est-ce que l'enfant peut... exprimer en étant, en jouant un personnage qui n'oserait pas, peut-être, comme hypersensible. Est-ce que tu penses que ça lui permet vraiment d'aller dans des extrêmes d'émotions ?
- Speaker #0
Je pense que oui. Ça peut aller dans les extrêmes, mais aussi ça peut aller juste dans... Parce que des fois, on le voit aussi, mettons, la tristesse aux enfants. Puis souvent, je leur demande plus. Tu te casse d'aller plus.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Plus, encore plus. Ça peut être niaiseux, niaiseux. Va plus, À un certain niveau. Oui, oui, oui. Si ils n'ont plus à l'aide, on arrête. Puis souvent, je suis comme surprise moi-même de voir qu'ils sont capables d'aller plus. Ils sont bien dans leur cocon. Puis à un moment donné, il faut sortir un petit peu du cocon et d'aller encore plus à l'aide aussi. Puis moi-même, j'étais comme ça, surtout avec la colère. On dirait que la colère, c'était comme... la pire émotion, je trouvais, d'aller faire. Pourtant, les rôles que j'ai faits, c'est tout le temps la colère.
- Speaker #2
Ah bon ?
- Speaker #0
Oui. Souvent, tous les rôles que j'ai faits, c'est tout le temps la colère. Finalement, je la maîtrise super bien.
- Speaker #2
OK. Bon, bien, regarde. Aujourd'hui, tu gères bien la colère. Oui. OK, c'est super. Tu sais, j'ai une dernière question. Le théâtre peut devenir un refuge.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux...
- Speaker #2
As-tu le goût de parler de ça ? Parce que moi, je l'ai vécu.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Et toi, probablement aussi. Mais quand... Le théâtre devient comme un refuge, un endroit où on est bien. J'imagine que ça prend du temps, mais là-dessus, as-tu des exemples ? As-tu quelque chose à me dire de positif là-dessus ?
- Speaker #0
Moi, ça a toujours été un refuge, le théâtre. Quand j'avais ma troupe au secondaire, déjà, je n'étais pas bien chez nous. Quand j'allais là, c'était super le fun. J'ai des photos, c'est drôle, j'ai plein de photos. J'ai juste des photos de tout ça. C'est bien cool. J'ai juste des photos de tout ça. Puis tu sais, ça se voit dans mon visage que j'aimais ça, que j'étais là avec les bonnes personnes aussi. Puis quand je suis arrivée au Cégep, bien là, j'étais en théâtre musical. Puis là, après ça, je me demandais tout le temps... J'avais peur qu'à chaque fois qu'on changeait d'année, parce qu'il y avait tout le temps des gens qui aimaient finalement, ils n'aimaient pas ça, fait qu'ils partaient. Puis les co-ops, ils changeaient beaucoup. Ça me faisait tout le temps peur de perdre les gens, les liens que j'avais faits avec les gens. Puis finalement, je me rendais compte que c'était le théâtre qui faisait ces liens-là. Puis c'est pas... Bien, les gens aussi étaient gentils, mais c'est tout le temps le théâtre... qui t'aident à faire ce lien-là. C'est tout le temps super facile d'arriver et faire du théâtre avec les gens si tu es déjà à l'aise de faire du théâtre. Moi, je suis une personne qui, des fois, a de la misère à juste approcher les gens comme ça. Ça m'a vraiment beaucoup aidée de juste faire « Hey, c'est une pièce de théâtre. » Tu arrives vers quelqu'un. Comment tu vas réagir ?
- Speaker #2
Oui Moi, je le vois quand il arrive des choses bizarres. Tu regardes des gens, tu te dis « Mon Dieu, mais ça se peut comme pas » Et là, je me dis... Ce sont des figurants dans ma vie. Ils sont là pour mon plaisir. Ça n'existe pas. Et merci beaucoup à Fanny, ma chum de fille, parce que c'est elle qui m'a montré ça. Oui, oui, ce sont des figurants. Du moment où ce sont des figurants, tu es comme dans une pièce de théâtre. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Parce que des fois, quand il y a des entrevues, ou quand tu arrives avec des films, il y a plein de monde, tu ne sais pas à qui parler, tu es juste là, en train de regarder tout le monde. Moi, ça me stressait tout le temps. Je me dis, dans une pièce de théâtre, je suis un personnage qui doit parler à des gens.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Ça aide tout le temps.
- Speaker #2
Ah, bravo. Mais tu as quand même été tranquillement, pas vite, tu en es arrivé là. Oui, c'est sûr. Mais quand même, c'est super. Et tantôt, ce que tu as dit, c'est... j'ai trouvé ça vraiment intéressant que tu dises, chez nous, c'était pas c'était pas, c'était pas yable, peu importe. Mais quand j'arrivais au théâtre, ah mon Dieu C'était là que, tu sais, c'était ma soupape, je retrouvais mon monde. Fait que ça devenait vraiment ton refuge à toi. Tu sais ? Après ça, c'est d'explorer plein de personnages. Fais, hé, je peux faire ça, je peux dire ça, hé, j'ai le droit.
- Speaker #0
Puis là,
- Speaker #2
de s'en aller dans plein de directions.
- Speaker #0
Avec les émotions aussi, tu sais, tu peux être en colère et être triste en même temps, être en colère et être heureuse en même temps. Puis là, il y a plein de petites lignes à faire. Puis c'est... Moi, j'aime beaucoup étudier. Puis comme je disais, on est bon élève. Il y a tout le temps un côté bon élève à étudier le texte, étudier ce que tu pourrais faire. Il y a le côté actrice, vraiment théâtral. Puis je trouve que souvent, les hypersensibles, ils sont habitués plus au côté élève. Puis là, je viens de chercher, puis améliorer un côté de moi aussi.
- Speaker #2
Fait que tu joins les deux ensemble, puis ça doit effectivement t'aider. Parce que des fois, les textes, justement, c'est plus difficile. le meilleur Toi, tu t'es habituée, tu apprends, tu étudies, tu es une studieuse, ça fait que ça, tu le gardes, parce que ça, c'est positif, puis tu amènes ça avec le côté, mettons, fou du théâtre, et là, tu mixes ensemble, c'est ça, tu te retrouves, effectivement. On a parlé un petit peu tantôt d'une amorce en début d'atelier. As-tu un jeu qui te vient en tête comme ça, mis à part l'intensité des émotions, qui pourrait aider, mettons, un enfant hypersensible, ou un petit truc qu'il pourrait faire à la maison ? Parce que des fois, les parents cherchent à pouvoir aider sans trop savoir, mais est-ce qu'il y a quelque chose en tête ? Ah, c'est ça, là Ça pourrait aider.
- Speaker #0
Ça pourrait aider. Un jeu.
- Speaker #2
Un petit truc que les parents pourraient faire avec l'enfant. Ça peut être à partir d'une lecture, ça peut être à partir de... Je sais pas, tu sais...
- Speaker #0
Oui. Bien, moi, des fois, qu'est-ce qu'on fait, c'est qu'on écrit une phrase, puis là, je leur dis, écrivez n'importe quoi. Ça peut être drôle, ça peut... Puis là, ça tourne autour de plein de choses drôles qu'ils trouvent. Fait que là, quelqu'un lit ça, il trouve ça drôle. C'était quoi ? Des fois, j'aime les sandwiches aux mouches. Je l'écris tout le temps. Il trouve ça bien drôle quand il lit ça. Je dis, OK. Comme si tu trouvais ça triste d'aimer ça, les sandwiches aux mouches. Puis, il lit ça. J'aime ça, les sandwiches aux mouches. Après ça, j'ai plein d'émotions. À un moment donné, je dis, tu ne seras pas là. Là, tu lis ça, mais tu penses à ton chien qui est malade. Là, ça vient chercher. Comment je me sens quand mon chien est malade ? « Ok, là, tu dois lire la phrase, mais ça n'a aucun rapport avec l'émotion que je viens de donner. » Mais ils viennent quand même comprendre qu'est-ce qu'ils vivent en lisant la phrase qui n'a pas rapport. Oui,
- Speaker #2
oui, effectivement. Mais dans le fond, un parent pourrait essayer ça, tu sais, de façon très « Hey, regarde, on va faire un jeu ensemble. Écris-moi une phrase, une phrase, n'importe quoi, une phrase drôle, puis moi aussi, je vais en écrire une, puis on va... » Parce que les parents, aussi, pourraient jouer. « Ok, comment tu pourrais jouer ça si tu étais en... » colère, mais peut-être que tu ne commencerais peut-être pas avec la colère. Oui, c'est ça. Ok, mais s'il était joyeux, s'il était triste, s'il était très triste, encore plus triste, tu sais, comme tantôt tu disais de monter l'intensité, puis juste d'essayer de les débloquer peut-être, les émotions, par le biais de quelque chose de drôle qui vient de l'enfant, je pense que ça peut être...
- Speaker #0
Ça aide, en tout cas dans les cours aussi, d'habitude c'est l'exercice que je commence, puis souvent tu es tout seul aussi devant tout le monde, ça vient briser une barrière, puis souvent au début, Personne ne veut le faire. Quand j'ai fait le cours l'autre fois avec mes plus jeunes au camp de la scène de français, c'est le premier exercice qu'on fait. Je dis « Qui veut commencer ? » Il n'y a aucune main. On entendait les mouches voler.
- Speaker #2
Il avait quel âge déjà ?
- Speaker #0
5 à 8 ans.
- Speaker #2
5 à 8 ans.
- Speaker #0
Il ne savait pas tout lire, donc je leur disais dans l'oreille. Pis là, j'ai dit, bien, je vais commencer. Pis je commence, là, ils trouvent ça drôle. Pis là, il y en a un qui commence, là, il y en a un. Pis finalement, à la fin, tout le monde voulait le faire en même temps. Pis il fallait que je choisisse ce qu'il fait. C'est ça, finalement, ils veulent le faire. Pis là, ils ne se rendent même plus compte que finalement, ils sont devant tout le monde. Pis ils ne sont pas jugés. Pis c'est ça qu'on aime aussi. Ben oui, effectivement.
- Speaker #1
Pis, tu sais, de faire ça, on est déjà comme dans un petit personnage. Pis là, on est en train de créer un... faire un ancrage dans la tête. C'est que... C'est pas dangereux. Ça peut être le drôle, ça peut être le fun. Puis là, on est en train de travailler autre chose. Puis tu sais, ils ne s'en rendent pas compte. C'est ça qui est merveilleux, c'est qu'on n'est pas obligé de faire « tatatitatat » . Non, non, non. Par le biais du jeu, on est capable de les amener à passer par-dessus, tu sais, une certaine timidité. Puis là, l'hypersensibilité, peut-être que les autres ne sont même pas au courant. Mais toi, tu serais génial pour les détecter parce que tu l'as déjà été. Et là, tu sais, de les amener tranquillement, pas doute, à sortir un truc de cocon.
- Speaker #0
C'est ça, surtout quand on vit dans une société qui nous oblige un peu à s'effacer et à ne pas vivre nos émotions. C'est dur d'arriver et de faire « oui, moi, je vis mes émotions fois deux. » Il faut que j'essaie de les baisser à la normale. Puis là, un moment donné, c'est dur de voir les baisser encore plus.
- Speaker #1
Oui, puis en tout cas, ce que je comprends, c'est que les hyper-sensibles ont... On a l'impression que vous ne vivez pas tant d'émotions, que c'est des hypersensibilités. C'est un petit peu la peau. Non, ça se vit tout à l'intérieur. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. On n'a pas parlé extérieur non plus, mais des fois aussi c'est extérieur. Des fois, je les reconnais à ça. Il y a une lumière qui clignote et ils vont le remarquer tout de suite.
- Speaker #1
Ah oui, parce que l'hypersensibilité, ça peut être les émotions, mais ça peut être peut-être aussi les sens.
- Speaker #0
Oui, les sens aussi. Comme moi, c'est le goût. Le poivre, je ne peux pas en manger. C'est trop. Je trouve ça vraiment pas bon. C'est trop pour moi.
- Speaker #1
OK, oui,
- Speaker #0
Mais ce n'est pas tous les aliments, mais souvent, il y a plein d'aliments comme ça que je trouve trop, trop intense. Parfait.
- Speaker #1
Tu vois, il y a ça, ça pourrait être des odeurs.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
les odeurs aussi. Ça peut être des sons. C'est ça, on y va avec... Il y en a, c'est des vêtements, ils n'y arrivent pas parce que souvent, on parle de... Ah oui, mais il est hypersensible. On ne peut pas lui faire porter n'importe quoi. Mais ça va plus loin que ça, souvent. C'est pas juste une question de tissu, c'est qu'il y a quelque chose à l'intérieur aussi.
- Speaker #0
Oui. Moi, je me rappelle, là, ça me dérange pas tant, mais des fois, ma mère me faisait porter des pulls, dans les années 2000, les pulls qui grattent.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, c'était tricoté par... Ah oui,
- Speaker #0
On avait plein de... Oh,
- Speaker #1
petite louve Oui, parce que je pense que c'est amplifié.
- Speaker #0
Oui. Tu n'es plus capable de te concentrer. Juste ça, ça détruit un peu ta concentration. Moi, des fois, ça troublait. Je pense que tu peux regarder aussi ton enfant. Il remarque des choses vite comme ça, comme des lumières qui portent, des affaires comme ça. Moi, des fois, le soleil, quand il ne trouve pas, j'ai tout le temps des lunettes de soleil aussi. Ça peut impacter aussi s'il y a trop de soleil. Il est tout le temps comme ça. Ça vient des gens vite. très sensible à tout.
- Speaker #1
Ah, c'est ça. Autant dans les émotions que tout ce qui est... Bien, c'est ça, les cinq sens. Moi, j'avais une jeune comédienne qui était vraiment les tissus et les oreilles. Elle venait toujours au cours avec des coquilles. Elle disait « Ok, c'est normal. Moi, j'ai besoin d'avoir ça. » Elle dit « Je vais les enlever. » Mais quand je sentais qu'il y en a trop, elle s'est quand même trouvé des trucs. Puis, en dessous de son costume, elle a trouvé que ça piquait. Je ne me souviens pas. Mais un chandail. qu'elle trouvait correctes, doux. Elle avait mis en dessous pour régler le problème pour elle. C'est ça, c'est de ne pas juger, mais d'arriver à trouver quelque chose qui va rendre la personne confortable, la personne hypersensible confortable, qui va juste pouvoir continuer. Des fois, ce n'est pas grand-chose, mais il faut juste être à l'écoute.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Parce que souvent, ces facteurs-là, ce n'est pas « la lumière qui me t'arrête, ce n'est pas grave » . Ça dérange beaucoup.
- Speaker #1
Mais c'est souvent le premier réflexe qu'on a. Bien là, reviens-en, la lumière, alors, regarde ailleurs. Regarde par là. Puis non, c'est pas ça.
- Speaker #0
Ça vient plus intense. La personne, elle la remarque tout le temps. Ça vient changer. Elle vient moins concentrée au cours, puis moins concentrée à tout ce que tu peux dire aussi.
- Speaker #1
Tu vois, ça, pour les parents, c'est que tantôt, on parlait des émotions, mais déjà, chez vous à la maison, vous vous rendez compte que... OK, les vêtements, l'étiquette, l'étiquette gratte, ah là, l'étiquette, c'est peut-être pas un caprice, là, tu sais, il faut voir autrement. Dans la bouche aussi, il y a des parents qui font, bien là, manger pareil, oui, mais là, c'est parce que... Il faut arriver à détecter le caprice versus « écoute, je ne peux pas là » . Donc, d'être à l'affût des sens aussi. Parce que ça aussi, c'est fois 1000, 2000, je ne sais pas trop. Oui, d'avoir des niveaux, effectivement, d'intensité là-dedans. Puis, ça peut être juste une chose, ça peut être juste les oreilles. Si tu vois que ton enfant, déjà, il est comme ça, à chaque petit bruit, pourtant, c'est peut-être un signe aussi. Oui,
- Speaker #0
mais c'est en train d'agir les ultrasons aussi. Oui L'ultrason, ça me dérangeait beaucoup. Autant, les oreilles, c'est pas si pire. Quand il y a beaucoup de bruit, je suis quand même incapable de me concentrer. Mais quand il y a des ultrasons, je suis capable. Ça me fait mal aux oreilles. Ah, bien,
- Speaker #1
c'est ça Bien, regarde, tu vois, mais... Puis j'imagine, comme on a parlé tout à l'heure, que plus c'est vu, c'est capté tôt, plus on peut s'adapter ou amener des...
- Speaker #0
Des trucs, des solutions.
- Speaker #1
Des solutions qui font en sorte que cet enfant-là... Parce que, tu sais... ce que ça me vient en tête, mais tu sais, un enfant qui peut être dérangé, mettons, par un ultrason, par une lumière qui clignote, j'imagine bien qu'à l'école, il n'est pas capable de se concentrer à son plein potentiel. Ça fait que ça lui demande encore plus d'efforts. Mais si on l'a déjà remarqué, puis qu'on lui amène, mettons, une coquille, on lui amène, bien, j'imagine qu'à ce moment-là, une fois que c'est pris en charge, l'enfant est capable de focusser sur ce qu'il entend, puis là, mettre son potentiel. Tout le temps à 100% parce qu'un enfant qui n'arrive pas à se concentrer, exemple en mathématiques, en français, peu importe, il va avoir des lacunes tout le temps.
- Speaker #0
En plus, si quelqu'un est studieux, ça vient encore plus.
- Speaker #1
En plus, vous devez avoir la perfection, le « oui » qui doit venir avec tout ça. Mais tu imagines que si on avait réglé juste à la base, « on te met des coquilles, mets-toi pour les oreilles » et que tu passes à travers tes années. ou tu t'es fait enseigner des choses. Sinon, tu cumules des lacunes que tu n'es pas capable de reprendre. Ce n'est pas parce que tu n'es pas intelligent, c'est parce que tu avais quelque chose qui faisait en sorte que tu ne pouvais pas entendre ou que tu ne pouvais pas comprendre.
- Speaker #0
Tu te concentrais moins. Ça peut être dérangeant.
- Speaker #1
En tout cas, bref, un mot de la fin, c'est que le théâtre, ça l'aide beaucoup. Puis plus on est positif, puis plus on amène des changements positifs dans la tête de l'enfant, plus on est gagnant au bout du compte.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
T'as pas qu'à dire ! Ah oui, évidemment, évidemment.
- Speaker #0
On n'est pas capable d'exprimer aussi en tant qu'adulte, c'est dur aussi de prouver ses émotions des fois.
- Speaker #1
Ah mais t'as raison, ça dépend aussi comment on a été élevé. Puis moi je trouve aussi que, on s'en allait vers la fin, mais dernière chose, des fois c'est par les enfants que les adultes se retrouvent. Des fois, moi je me suis retrouvée à travers un livre que je lisais à mon fils pour parler du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. Puis c'est là que j'ai fait, mais mon Dieu que ça meurs. « Coudonc, je vais passer des tests. » « Ah, bien, coudonc, ça venait de moi. » Mais je ne l'aurais pas su avant. Des fois, c'est ça, par le biais de l'enfant. Aussi, l'adulte se reconnaît. Si l'adulte fait un travail sur lui-même et est capable d'amener l'enfant à travailler plus tôt dans sa vie, c'est sûr qu'on lui donne une chance.
- Speaker #0
Ça aide son enfant à développer ses émotions. Ça nous aide aussi à développer nos propres émotions.
- Speaker #1
Écoute, merci beaucoup Zélia, c'était un plaisir, c'était une super belle entrevue, donc merci infiniment. Donc voilà, on va vous revenir la semaine prochaine avec un autre sujet palpitant, mais on regarde ça pour la semaine prochaine.