- Speaker #0
Réemployer, repenser, réinventer, ralentir, rêver, réenchanter, rééquilibrer, régénérer.
- Speaker #2
Scénogrrrraphie
- Speaker #1
Bienvenue dans Scénogrrrraphie, le podcast qui explore la transformation écologique de la culture.
- Speaker #2
Suivez-nous dans les coulisses de l'éco-conception de spectacles et d'expositions guidées par des professionnels engagés. Observez avec vos oreilles, écoutez des conversations libres et inspirantes pour envisager un futur résilient et joyeux.
- Speaker #0
Le chassis tu le mets un peu plus à jardin s'il te plait.
- Speaker #2
Me voilà donc à la réserve des arts méditerranéens. Un très bel ancien espace usine, époque début du XXe, avec une architecture intérieure Gustave Eiffel, avec des boutons métalliques et des rails en plafond, dont on ne sait pas trop à quoi ils servaient à l'époque, mais qui aujourd'hui sont réemployés en système d'éclairage. Et ces deux grandes portes rouges qui nous mènent vers la boutique de la réserve. Je suis Mélinée Faubert, membre de l'Auburlab Scénographie. Je suis directrice artistique et scénographe d'exposition. Et aujourd'hui, je vous emmène à Marseille à la rencontre d'Ariane Leblanc, qui est responsable de partenariat et de l'économie circulaire à la Réserve des Arts Méditerranée. La Réserve des Arts est une ressourcerie spécialisée dans le secteur culturel. Après avoir ouvert en 2014 un entrepôt à Antin, ils ont ouvert une antenne marseillaise pour développer leurs activités en 2020. Ariane y travaille notamment au développement des pratiques de valorisation et de mutualisation des matériaux. Travaillant moi-même principalement en marché public, je suis curieuse de savoir si les freins au réemploi et recyclage que je rencontre dans ma pratique sont les mêmes que ceux auxquels est confrontée Ariane dans le cadre de ses missions.
- Speaker #0
L'idée aussi de la Casanova, c'est de faire de cet endroit un lieu ouvert sur le quartier. sur les habitants, sur les associations qui nous préexistaient sur ce territoire et de ne pas être juste un lieu un peu réservé aux artistes. Nous, on a toute une programmation événementielle de la réserve des arts qui est plutôt tournée autour des co-conceptions, les réemplois, nos résidences artistiques.
- Speaker #2
Donc, bonjour Ariane, nous sommes donc à la réserve des arts à Marseille, donc antenne méditerranéenne qui a son pendant à Paris. Comment est-ce que vous en êtes arrivée à vous pencher sur ces questions spécifiques de l'éco-conception, de l'économie circulaire, du renflot ? Est-ce qu'il y a une sorte d'événement climatique qui vous a fait un sursaut ? Ou est-ce que c'est un processus de réflexion qui est issu peut-être de votre parcours ?
- Speaker #3
Je dirais que c'est un processus de réflexion plutôt, en tout cas au début du premier travail. J'ai travaillé au laboratoire d'Aubervilliers, qui est un centre de recherche et de résidence artistique à Aubervilliers, en Ile-de-France. Je m'occupais d'un projet qui s'appelle la Semeuse, qui est un projet qui mêle art, écologie et société, et qui prend place dans un jardin. Je faisais de la programmation d'artistes et d'ateliers pour les habitants et habitantes du quartier autour des enjeux d'écologie. assez large, très riche. Et j'ai pu me confronter aux questions écologiques, mais à d'autres endroits. Donc, notamment, sur la question des plantations, des plantes, des graines, etc. Donc, sensibiliser les habitants et habitantes. Et donc, des artistes qui venaient travailler dans le jardin et proposer de tirer des fils autour de ces enjeux-là et donc de sensibiliser autour des enjeux écologiques et sociétés, parce qu'ils sont mêlés Ciao ! Le déplacement des plantes et des humains et humaines sont liés, forcément, et s'ancrent dans une histoire de la colonisation. Du coup, c'est des enjeux intéressants quand on travaille aussi dans des quartiers populaires qui parlent aussi de ces enjeux-là. Et j'ai travaillé aussi avec des artistes qui étaient programmés par les labos, et des artistes qui aussi prenaient des enjeux. des questions écologiques, etc., mais qui, dans les faits, dans le concret, étaient complètement à côté des artistes plutôt connus. qui ont proposé des choses assez aberrantes écologiquement. Et donc, il y a eu un peu un moment où on s'est dit, en fait, là, il y a un enjeu où les artistes, certains artistes s'en fichaient complètement de cette manière de comment est-ce qu'on va amener la matière, comment est-ce qu'elle va sortir, comment est-ce qu'on va construire, et que ce n'était pas leur sujet, mais qu'aussi les équipes n'étaient pas forcément formées à ça et n'avait pas l'appétence. et la compétence, en fait. Du coup, il y a eu un peu un moment aussi de craquage, en disant « En fait, là, il y en a marre des artistes qui parlent de... »
- Speaker #2
Un peu comme Olafur E. Jasson qui fait venir un iceberg du Groenland pour le mettre sur une place parisienne pour prendre conscience du réchauffement climatique.
- Speaker #3
Voilà. En fait, du coup, il y avait un peu ces questions-là. Donc, comment est-ce qu'on accompagne ? les professionnels, les artistes là-dedans. Et c'est plus, au lieu de condamner, il y a un enjeu d'accompagnement fort et aussi de choix avec qui on travaille. Donc voilà, c'est dans ce cadre-là que je suis rentrée à la réserve des arts et d'être un peu sur la tranche entre ces deux-là.
- Speaker #0
C'est pour voir les matériaux au poids, ce qui rentre est pesé, tout ce qui sort est pesé, tout ce qui est éventuellement jeté ou envoyé au recyclage aussi, tout ce qui est valorisé en interne pour de la construction s'est pesé. Donc on a une idée assez précise. On est en mesure de savoir quels sont les matériaux qui ont un taux de réemployabilité hyper fort, d'autres qui vont stagner pendant des années. On sait très bien que tout ce qui est un peu standard, de bois, des panneaux de bois, du tasseau, du rouleau textile, ça déconneront Donc, ça part assez vite. Il n'y a pas trop de problèmes. Après, il y a des choses un peu plus étroites, pas tellement.
- Speaker #3
Dans le Réserve des Arts, le QR LogMeeting, on est une plateforme logistique de manière à l'emploi. Donc, on intervient à la fin de vie des événements culturels, que ce soit l'exposition ou la dévestation, etc., le festival notamment. Mais aussi, on intervient au début du cycle de vie, parce qu'on accompagne les acteurs du secteur, les acteurs professionnels du secteur, sur le sourcing matériau, au début des événements. On fait aussi deux missions principales. Les missions satellites, c'est notamment la formation. une mission importante pour former les professionnels aux questions du sourcing et de l'éco-conception. Et de la sensibilisation, ce qui envoie la sensibilisation notamment des étudiants et étudiantes, ce qui fait qu'on travaille beaucoup avec les écoles. Et ce qu'on fait aussi, c'est des résidences, notamment de créateuristes, qui viennent travailler dans nos espaces pour justement les accompagner dans cette démarche.
- Speaker #2
Et vous, votre mission plus spécifiquement au sein de toute cette structure ProTiForm, qui fait plein de choses, c'est quoi vos missions à vous ?
- Speaker #3
Donc moi je suis coordinatrice des partenariats et je m'occupe du développement stratégique de l'antenne en collaboration avec le responsable de l'antenne, Louis-Xavier. Il y a différents niveaux. Il y a des partenariats avec des petites structures, des individuels, des professionnels qui cherchent un espace de travail simple et un accompagnement simple. Il y a des partenariats avec des plus grosses structures qui ont besoin d'un sourcing spécifique. Là, on était en échange avec Planète d'Émergence. Après, il y a des partenariats avec les musées. donc les structures publiques, et là on est sur d'autres types d'accompagnement plus spécifiques selon les besoins. Et après il y a les partenariats plus sociaux qui sont liés au territoire, donc du 14e arrondissement, qui sont liés aussi à la sensibilisation, les écoles notamment, qui sont aussi des structures importantes à accompagner. Et après, sur tout ce qui est enjeu de développement stratégique, on travaille avec les collectivités territoriales. On est vraiment sur ce qu'on appelle, ce qu'on peut appeler du loaming, auprès des collectivités territoriales pour changer des mentalités et justement travailler les mains dans la main, parce que c'est essentiel.
- Speaker #2
Ok, et justement, est-ce qu'il y a une spécificité territoriale méditerranéenne par rapport aux activités de la réserve des arts, par rapport au travail que ferait la réserve des arts en région parisienne ?
- Speaker #3
Oui, tout à fait. On est maintenant sur deux territoires différents. On a travaillé sur un essai MAJ qu'on a fait en 2020. L'idée, c'est vraiment de se déployer sur toute la région. Donc, la région Bacarne, l'interview festival, ça me parle aussi de tournage, tout ce qui est audiovisuel. Donc, il y a vraiment ces deux enjeux. Après, on a aussi une spécificité ici en région et aussi au département, c'est que nous sommes sur un département ici qui est une ville qui n'a pas énormément de moyens. Donc, du coup, on est aussi obligé de s'adapter pour pouvoir accompagner au mieux nos partenaires. Et donc c'est des leviers aussi à faire sauter, mais ce n'est pas toujours évident.
- Speaker #2
Qui ne seront pas les mêmes. Et tout à l'heure, on en parlait pendant la déondulation et la visite des ateliers, justement, ces spécificités des partenaires barésiens qui sont plutôt dans le luxe, qui vont du coup faire que vous avez plus de disponibilité dans les matériaux textiles, qu'ici à Marseille, vous avez beaucoup plus de mal à... à réunir et à récupérer ? Et par contre, vous allez peut-être avoir plus d'autres types de matériaux spécifiques aux activités des institutions et des structures culturelles avec lesquelles vous bossez. Est-ce qu'il y a des matériaux qui viennent en tête, qui sont vraiment ceux que vous allez le plus souvent pouvoir récupérer en dons et ou alors qui sont les plus demandés en fonction des spécificités des activités de vos adhérents ?
- Speaker #3
Notre matériau phare qui est la moquette, un de nos gros partenaires, c'est le festival de Cannes. Donc là on a vraiment ce matériau qui arrive chaque année, c'est un gisement qui arrive quand même régulièrement, qui aujourd'hui nos adhérents et adhérentes savent qu'il arrive à cette période-là. Donc avant on mettait un an à l'épauler, maintenant on met un mois, donc c'est intéressant de voir comment. une ressource va tirer aussi une demande. Alors, ce n'était pas forcément le cas. On parle de moquettes simples quand même. Donc, la moquette, il y a eu beaucoup de demandes, de plus en plus de demandes de moquettes. Donc, on est obligé de trouver d'autres ressources pour pouvoir satisfaire la demande de nos ADN2. Sinon, tout ce qui est… Ça, c'est aussi à l'échelle nationale, tout ce qui est boîte à seau. On reçoit pas mal de tout ce qui est événementiel. mais ça part très vite, c'est une demande, tout ce qui est bois de tout le monde part très vite parce que c'est très cher dans le neuf. Ça se fait dévaliser assez rapidement. On a aussi beaucoup lié à l'événementiel du coton gratté, ça c'est un matériau qu'on a beaucoup et qu'on a du mal à écouler, parce que peut-être que l'info n'a pas encore bien circulé, mais on en a une très très grande quantité. C'est l'événementiel qui veut ça. Donc c'est ça qui est intéressant, c'est que, en tout cas de mon point de vue, je dirais qu'à la réserve des arts méditerranéens, on a beaucoup moins de choses standardisées, on a des choses très particulières en petite quantité. Et ça arrive régulièrement, par des bons, etc. Nos adhérents aussi apportent pas mal de ressources. Mais on ne peut pas parler de gisement.
- Speaker #0
Vous achetez une planche à la Réserve des Arts, vous avez envie de la découper sur place, vous pouvez le faire. Mais vous avez aussi un projet de conception, de construction, de décor, de mobilier. Vous pouvez le louer à des tarifs solidaires, à la demi-journée, à la journée, à la semaine. Et vous avez sur place de quoi vous servir. Vous aurez un peu de la quincaille, des outils, un accompagnement. Et voilà, vous mutualisez un concept.
- Speaker #2
Dans le cadre de ces activités et de ces missions que vous mettez en place, notamment en partenariat avec différentes institutions, vous travaillez avec des institutions publiques et avec des acteurs du secteur privé, quels sont les principales freins et contraintes que vous avez pu identifier et est-ce qu'il y a des différences entre ces deux volets de vos activités ?
- Speaker #3
Pour le secteur privé, on a des freins, par exemple, Au revoir. Ce qui pourrait être intéressant, c'est travailler avec... On a accroché une structure privée qui s'appelle Décoflamme, qui est une structure privée événementielle. qui brasse énormément de matériaux et qui pourrait être une ressource de gisement régulière, en tasseau. On les a approchés, mais ça a été très compliqué. Faire comprendre aux structures privées qu'ils doivent payer pour qu'on puisse valoriser leurs matériaux. Il y a aussi tout un enjeu de sensibilisation, de vision, qui n'est pas du tout. quasiment au point zéro. Et donc, du coup, c'est un vrai frein. Et puis, ils ne me prennent aussi pas au sérieux, clairement. Enfin, il faut se le dire. Pour eux, ça leur paraît trop cher. Et donc, ils n'ont pas du tout cette habitude-là. Donc, il y a vraiment ces deux enjeux. C'est le prix et la sensibilisation et le changement de pratique, qui n'est pas énorme.
- Speaker #0
La Casanova, c'est plusieurs acteurs, comme je vous disais, il y a la réserve des arts et le café qui ont énormément de place. Il y a aussi cette cycle logistique qui fait de la livraison, du déménagement à vélo avec des remorques, des vélos électriques. Et l'idée, c'est le dernier kilomètre, décarboner aussi la logistique et la livraison.
- Speaker #2
Oui, peut-être qu'on peut préciser le mode de fonctionnement de la réserve des arts, c'est un fonctionnement par adhésion. Peut-être que vous pouvez nous expliquer en effet qu'est-ce que ça coûte aux adhérents. D'ailleurs, on a vu qu'il y avait un parrain de prix en fonction de la typologie de l'adhérent, si ça date du particulier à la structure institutionnelle.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. C'est plutôt pour la sortie des matériaux, mais pour tout ce qui est collecte, pas besoin d'adhésion, c'est sur devis. Les devis varient selon le dimensionnement de la prestation de service. C'est-à-dire que si on est sur du démontage, de la valorisation, une valorisation forte parce que le matériau a besoin, et que ça demande beaucoup de monde, parce qu'on crée de l'emploi, parce qu'on embauche des gens pour s'y valoriser, là, on est sur un gros devis. Si, par exemple, on nous ramène le matériau ici et qu'il y a très peu de valorisation à faire, le devis est quasiment nul. Donc on est vraiment sur ce dimensionnement-là et on s'adapte. Et c'est aussi pour pousser à nos partenaires collectes à soit démonter proprement ou faire penser à cette fin de vie qui fait que c'est moins cher en termes de travail, de valorisation des matériaux par la suite.
- Speaker #0
C'est comme si le début de la chaîne, c'était là. C'était pesé par ici, valorisé par les gens que vous voyez. Petit à petit, une fois que c'est valorisé, c'est déposé ici.
- Speaker #2
Petite parenthèse sur la valorisation, le processus de valorisation, parce qu'on en parle beaucoup dans le cadre de notre échange. Pour les gens qui connaissent moins du tout au processus de revalorisation, recyclage et emploi, C'est quoi la valorisation, c'est quoi le travail de la Réserve des Arts quand vous dites on fait de la valorisation ou de la revalorisation ?
- Speaker #3
Alors la valorisation, on reçoit différentes typologies de matériaux, on peut recevoir un remède cube de tasseaux qui ont été démontés dans le cadre du festival. Donc les tasseaux en général sont cloués, enfin vissés, et il y a aussi tout ce qui est coton gratté, donc agrafé. avec le contrat de gradé pour créer des espaces, par exemple on parle de village associatif, etc. Nous on arrive avec les tasseaux où il y a pas mal d'agrafes, il y a encore des vis dedans, donc l'idée de valoriser ces tasseaux-là, c'est d'enlever les agrafes, d'enlever les vis, on ne peut pas proposer à nos adhérents des tasseaux où il y a encore du tissu dessus, etc. Donc nous tout le travail c'est d'aller redonner, revaloriser la matière, et redonner ça son sens premier. et pour que les adhérents et adhérentes puissent se projeter dans le matériau et pas avoir un tas de tasseaux par terre, parce que du coup, il y a toute la vision qu'on a, c'est des déchets. Alors que là, l'idée, c'est qu'on parle de ressources. Donc, le travail de valorisation, c'est la transformation de déchets à la ressource.
- Speaker #0
Il y a de la construction un petit peu bateau. avec l'atelier et là on est vraiment sur des trucs de... pas des technologies de pointe mais en tout cas c'est des gens qui vont aller réinventer complètement des techniques, essayer de détourner le matériau en profondeur pour créer du design, pour créer de la scénographie à partir de gisements les plus horribles, les gisements d'agglomérés qui sont enterrés, que personne n'achète, qu'on file gratos et que personne ne peut les prendre.
- Speaker #2
Si on revient sur nos freins et nos contraintes,
- Speaker #3
côté marché public,
- Speaker #2
institution, culturel d'État ?
- Speaker #3
Aujourd'hui, les établissements publics ont l'obligation légale de prévenir les déchets pour favoriser leur emploi. Il y a la loi Climat et Résilience de 2021 qui a une évolution qui permet aujourd'hui aux établissements publics Merci. notamment mobiliers et décors, de pouvoir utiliser le réemploi en fin de vie d'exposition envers les associations non lucratives, mais à condition que leur valeur unitaire soit inférieure à 300 euros. Donc ça, souvent, c'est possible. Sauf que c'est une obligation légale, a priori, sauf qu'elle est très peu utilisée Euh... pour plusieurs raisons, et c'est là les contraintes, c'est là où j'arrive justement les contraintes et tous nos impacts. C'est la complexité administrative des établissements publics. En effet, il faut estimer la valeur des biens, et donc c'est tout un travail qui freine les équipes. Donc ça dépend si on dimensionne par un nombre de grosses collectes et qu'on va estimer toute la valeur des biens. Du coup, il y a toute une traçabilité. normalement qui est faite dans le tablissement public, mais qui demande du travail, et donc ça, ça freine les équipes. Un absence de budget dédié au réemploi, donc ça, c'est vraiment le gros frein, mais qui aussi intervient dans le privé, donc ça, dans tout projet lié à la conception, à la scénographie, enfin, la mise en place de la scénographie par exemple dans le musée, etc., il y a tout l'enjeu en amont de prévoir un budget pour la fin de vie, mais ça, c'est en général très faible. peu fait, quasiment jamais. Et aussi, il y a de la part des états publics, il y a la crainte de créer de la valeur par la revente des biens publics. Donc voilà, il y a cet enjeu-là. Alors, on ne crée pas de la valeur, on est vraiment sur la redistribution. En tout cas, pas de valeur marchande. Pas de valeur marchande, exactement. C'est vraiment nos trois freins qui sont complexes aujourd'hui.
- Speaker #2
Donc, si on se projette un petit peu dans le futur, quelles sont les choses qui vous paraissent aller dans le bon sens en termes d'évolution des pratiques, des consciences dans les différents acteuristes avec lesquels vous travaillez ? Et est-ce qu'il y a des choses qui vous inquiètent un peu parce que ça n'avance pas comme ça devrait avancer ?
- Speaker #3
Ce que je trouve enthousiasmant, c'est que les professionnels du secteur, de manière individuelle, sont de plus en plus mobilisés pour plein de raisons différentes, mais aussi parce qu'il y a une prise de conscience générale, et que dans la prise de conscience, ça va dans sa pratique. Je parle notamment des techniciens et techniciennes, qui sont aussi des personnes qu'on voit beaucoup dans nos entrepôts. Je parle aussi des artistes sur les contenus, des scénographes. Et des personnes aussi qui travaillent dans des grosses structures, mais qui prennent les choses en main d'elles-mêmes et qui viennent nous contacter et créer des partenariats. Ça, c'est assez intéressant. C'est comme des petits îlots qui se créent comme ça et qui font lien. Et on arrive à bouger ensemble. Mais après, quand on va de manière beaucoup plus structurelle, et qu'on parle d'argent notamment et qu'on parle des enjeux plus systémiques là je suis évidemment il y a des lois qui passent etc mais comme je l'ai dit un peu plus tôt il y a encore des leviers très durs à faire à actionner les questions écologiques sont en train de reculer en tout cas d'être plus au centre Merci. des enjeux comme ça l'a été il y a, je dirais, trois, quatre ans.
- Speaker #2
Ça paraît un peu paradoxal entre le fait qu'on s'est dit que la loi climat qui impose aux institutions d'avoir tant de pourcents de réemploi dans leurs nouvelles activités ou leurs nouvelles productions, toutes ces choses-là.
- Speaker #3
En fait, la question, quand je parle de recul, sur les enjeux des scénographies, des corps, etc., il y a les lois. qui sont là, qui maintenant vont devenir au vigueur. et qui vont être conditionnées par des subventions. Donc ça, ça avance. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est vraiment comment les lois sont interprétées et comment après les indicateurs sont mis en valable. Aujourd'hui, on en est encore là. On manque aussi de tout ce qui est, même si ça se met en place, c'est comment est-ce qu'on va valoriser des indicateurs et comment est-ce qu'on va jouer aussi avec ces indicateurs pour pouvoir bénéficier des subventions.
- Speaker #2
Oui, et puis il ne suffit pas d'imposer une loi, encore faut-il qu'il y ait la ligne budgétaire qui va arriver à la mise en place.
- Speaker #3
Exactement, et c'est là la complexité de la mise en pratique, c'est-à-dire que oui, il y a la loi, mais alors du coup, la ligne budgétaire, des fois, elle est divisée en quatre sur d'autres types d'enjeux. Et c'est pareil sur la question des scénographies dans les musées. Aujourd'hui, les scénographes, on leur impose... en tout cas, c'est des indicateurs qui leur permettent de gagner le marché, sauf que c'est comment ils arrivent à jouer avec ces indicateurs-là, parce que ça leur complexifie la tâche. Et du coup, aujourd'hui, souvent la fin de vie est mise de côté, parce que ce n'est pas l'essentiel. Et qu'on parle aussi de la question du recyclage, alors que le remploi, on n'en parle pas beaucoup. beaucoup moins d'impact, on va dire, sur notre environnement.
- Speaker #2
Bon, du coup, c'est un bilan qui est un peu mitigé, on va dire, à date, au jour d'aujourd'hui. Quelles sont les évolutions que vous envisagez dans votre pratique ? Et du coup, les objectifs à court terme pour remédier à tout ça ? Et puis, peut-être, j'imagine aussi quand même avoir une sorte de… continuer à travailler avec quelque chose qui fait sens.
- Speaker #3
Pour moi, il y a plusieurs enjeux importants. C'est développer des partenariats plus étroits avec les collectivités locales pour remplir les pratiques de réemploi. Ça, c'est assez, parce qu'après, notamment sur les musées publics, ils sont aussi gérés par les collectivités. Et il y a un travail qui doit être réfléchi. au niveau du territoire et donc de travailler par îlot. Ça, c'est assez important, je pense, aujourd'hui, en tout cas, à court-moyen terme pour nous. Et donc, lever ces freins dont on parlait un peu plus tôt. C'est pour ça qu'on se forme, c'est pour ça qu'on…
- Speaker #2
Et vous vous faites accompagner.
- Speaker #3
On se fait accompagner, etc. Il y a aussi tout ce qui est le travail de la mise en place de la mutualisation. Comment est-ce qu'on va mutualiser du matériel à l'échelle des territoires ? J'aime bien utiliser le terme d'archipel. Comment est-ce qu'on réfléchit en termes d'archipel ? Et ça va, travailler avec les collectivités électorales, ça se suit. Et donc, parce que nous, à la réserve des armes ultranées, Merci. On veut travailler avec toute la région BACA, mais on ne peut pas concentrer tous les services à Marseille, parce qu'il y aurait des incohérences. On peut travailler, mettre en place des archipels qui soient autonomes et dont nous, on gérerait aussi la mutualisation, ou en tout cas, on pourrait former et accompagner. Ça, ce serait plutôt à moyen terme, long terme, je dirais. Et après, il y a tous les enjeux de sensibilisation qui sont très forts, et de la formation des professionnels. Donc ça, c'est quelque chose qu'on fait à l'échelle nationale. Donc former les professionnels, c'est hyper important, à des postes clés. Et à partir de là, même si les professionnels n'ont pas trouvé peut-être d'autres solutions, nous, l'enjeu, c'est que ça avance. C'est pas obligé qu'ils viennent forcément chez nous, on les aura formés, donc il y aura un accompagnant et de créer aussi un peu une toile comme ça qui, je pense...
- Speaker #2
De compétences, de connaissances. Exactement. Qui peut aussi redistribuer, notamment les institutions, si vous formez le responsable du marché public à cette question-là, il va pouvoir faire redescendre en cascade les outils. C'est ça. Ok.
- Speaker #0
Le but, c'est de pouvoir aller toucher les structures ou les personnes et d'aller travailler les curseurs qui les intéressent selon leurs envies, selon leurs feuilles de route, selon leurs critères RSE. Est-ce que c'est plus intéressant de faire de la sensibilisation pour vos équipes ? Ou alors, est-ce que vous voulez réduire votre empreinte carbone directement sur les déchets ? Est-ce que vous voulez acheter ?
- Speaker #2
Si vous, alors là, c'est vraiment, ça s'adresse à Ariane, pourtant qu'actrice de ce réseau-là. Si vous aviez un conseil à partager, tirer de vos expériences pour ces activités dans le domaine de l'éco-conception ? Qu'est-ce que ce serait ? Parce qu'en fait, votre activité en tant que chargée de départ de partenariat, c'est beaucoup aussi tisser du réseau sur le territoire, justement, et dont vous parliez tout à l'heure, qui sont un peu aussi des enjeux futurs de ces archipels.
- Speaker #3
En fait, après, je me permets un peu de faire un pas de côté. En effet, mon travail, c'est la mise en place de partenariats. Donc, moi, mon travail, c'est d'aller écouter mon interlocutrice et de comprendre ses besoins, ses enjeux. et pour trouver un... un moyen de lui proposer une ressource qui puisse correspondre, tout en lui permettant de faire un bas de côté sur les enjeux d'éco-conception et de réemploi. Donc du coup, de lui proposer qu'on peut faire autrement avec l'existant, et on ne va pas travailler sous contrainte, on va faire évoluer nos pratiques. indiquant Je dirais que, je ne sais pas si c'est un conseil, mais en tout cas, c'est dans ce sens-là que je travaille. Et pour aider l'écoute, c'est important. Donc, si on est, par exemple, sur des personnes qui sont fermées à ces questions-là, c'est comment est-ce qu'on va les accompagner dans l'écoute et dans les possibilités que ça peut créer, plutôt que les contraintes, parce qu'on voit mon cas comme des contraintes. et donc là c'est vraiment de transformer en jeu de la contrainte, enfin transformer ce que les personnes perçoivent comme leur contrainte comme une évolution et comme une transformation.
- Speaker #2
Et pour finir, si vous aviez un outil magique pour accélérer les transformations écologiques dans le milieu culturel ?
- Speaker #3
Fonds public massif ! Avec beaucoup d'argent. En tout cas, oui, pour moi, il y a un logis financier qui est important. Pour moi, il y a un enjeu politique fort de la part de l'État, qui est, si on veut faire évoluer ce secteur, en tout cas, du réemploi, des co-conceptions, il faut investir.
- Speaker #2
Et du coup, juste conclut-t-elle, ce merveilleux fonds magique et incommensurable financier, Euh... Peut-être aussi parce que ce qu'on a aussi entendu, je trouve, dans votre démarche du travail à la Réserve des Arts, peut-être on ne l'a pas nommé spécifiquement, mais c'est le cycle de vie d'un projet ou d'un produit ou d'un décor. Et donc, en fait, cet argent miraculeux, il faut qu'il soit à chaque étape du cycle de vie, c'est-à-dire de la conception à la réalisation et ensuite à la... Fin de vie, recyclage ou réemploi, en sachant qu'on favorise le réemploi et pas le recyclage, parce que comme vous le disiez tout à l'heure, ce n'est pas le même bilan carbone.
- Speaker #3
Je dirais un enjeu d'accompagnement aussi dans ces étapes-là. Après, c'est plus au niveau des politiques structurantes, et qu'il y ait un accompagnement sur ce cycle de vie et à des endroits, des fonds dédiés.
- Speaker #2
Ok, merci beaucoup Ariane.
- Speaker #3
De rien.
- Speaker #2
toutes ces réponses et ces informations. Ah si ! Cet épisode a été conçu et réalisé par Mélanie Faubert avec l'aide précieuse de Béatrice Roche à l'enregistrement et à la technique. Merci à elle et à bientôt pour de nouveaux épisodes.