- Speaker #0
Donc bienvenue aujourd'hui on va parler développement et futur du développement puisqu'aujourd'hui l'IA est partout et aussi et surtout dans le développement parce qu'il y a beaucoup de gens du développement qui se fait assister par l'IA. Comment est-ce que toi tu vois l'avenir du développement à l'ère de l'IA ?
- Speaker #1
Alors c'est une très bonne question il y a deux grands sujets, deux grands aspects on va dire, ça dépend si on prend si on regarde le verre à moitié plein ou à moitié vide. Sur le côté positif, il y a vraiment tout ce que ces outils apportent qui font gagner énormément en termes de productivité et encore on en est vraiment qu'au début donc on voit un petit peu ce qui se dessine et les usages qui vont devenir a priori standard dans les mois et années à venir. Donc ça c'est pour voir le verre à moitié plein et en regardant le verre à moitié vide ça pose aussi beaucoup de questions en particulier sur l'avenir des développeurs et sur... Certaines grandes questions qui se posent, si on devient en tant que développeur beaucoup plus productif, est-ce que ça ne veut pas dire aussi en même temps qu'il y a trop de développeurs sur le marché ? Et donc si c'est le cas, que deviennent ces développeurs-là ? Et puis les développeurs d'aujourd'hui, en fonction de leur connaissance et des habitudes qu'ils ont de travailler, est-ce que ces habitudes, ces compétences, cette expérience, est-ce qu'elle aura encore beaucoup de valeur demain ? Si oui, comment ? Laquelle ? C'est une question très large, il y a vraiment beaucoup de choses. à se poser autour de ce sujet-là, un sujet très vaste qui m'anime pas mal et qui pose beaucoup de questions pour les développeurs.
- Speaker #0
Alors en effet, on comprend bien que le contexte est en pleine mutation, comme d'autres, mais c'est vrai que particulièrement celui-là. Aujourd'hui, c'est quoi les compétences à privilégier si on veut devenir développeur ou si on l'est déjà ? Sur quoi est-ce qu'il faut se concentrer ?
- Speaker #1
Alors pour les gens qui sont déjà développeurs, aujourd'hui ce qui est primordial, c'est évidemment de tester tous les outils à base d'IA qui permettent de développer plus vite. de comprendre comment ils marchent, de comprendre leur force, de comprendre leur faiblesse. Parce que des faiblesses, il y en a évidemment. Il y a des erreurs, il y a des problèmes de qualité, il y a des problèmes de sécurité. Il y a beaucoup de problèmes, mais il ne faut pas utiliser ces problèmes comme prétexte pour ne pas s'intéresser au sujet. C'est un sujet qui permet de rendre les développeurs beaucoup plus productifs, qui permet d'aller beaucoup plus loin. Et donc, il faut regarder vraiment dans l'ensemble ce que ces outils proposent et ce qu'ils permettent. aussi bien en faisant attention aux défauts qu'ils ont et dans ces cas-là être vigilant, mais ne pas perdre au passage tous les avantages qu'ils proposent. Pour la question des nouveaux développeurs, enfin pour les gens qui voudraient devenir développeurs, c'est un moment où il est quand même un petit peu compliqué de se projeter sur ce métier-là aujourd'hui. Il faut comprendre que pour les développeurs débutants, la situation, le sujet est quand même assez compliqué, le marché est assez compliqué depuis longtemps déjà. Il y a une attente très forte des entreprises qui recrutent des développeurs, d'avoir des développeurs qui sont déjà expérimentés. Beaucoup de développeurs juniors ont beaucoup de mal sur le marché de l'emploi et ça avant l'IA, ça avant le Covid, c'est quelque chose qui n'est pas nouveau et qui est aujourd'hui évidemment amplifié avec l'arrivée d'intelligence artificielle qui propose dans ces différents outils de développer plus vite et en particulier de développer beaucoup plus vite tous les sujets un petit peu simples et faciles et répétitifs qui pouvaient être une grosse partie. du temps de travail d'un développeur junior. Donc il y a vraiment une espèce de double incertitude pour cette population-là, d'un marché qui n'était déjà pas hyper favorable pour des développeurs juniors, qui est un marché qui aujourd'hui est assez difficile. Le marché de la tech en France aujourd'hui se porte quand même assez mal globalement. Donc il y a ce terreau économique qui n'est vraiment pas idéal. Et puis il y a évidemment les perspectives que l'intelligence artificielle apporte et qui, dans ses propositions et ce que ses outils permettent, peuvent... remplacer déjà une bonne partie du travail qui était jusque là fait par des développeurs junior. Donc c'est un choix aujourd'hui qui est difficile, vu qu'on est dans une période encore incertaine, dans la mesure où 1. cette situation économique est encore assez instable, on ne voit pas très bien comment elle va évoluer dans le temps, et puis 2. sur le sujet de l'intelligence artificielle, où tous ces outils sont encore assez jeunes malgré tout, donc on ne sait pas exactement jusqu'où ils vont aller. Mais ça laisse quand même pas mal d'inconnus. Et donc c'est vrai que c'est un choix auquel il faut, à mon avis, bien réfléchir aujourd'hui pour des gens qui voudraient se lancer dans ce domaine-là, d'avoir une vraie passion pour, et puis surtout potentiellement se préparer à ce que ce métier-là ne soit pas ce qu'ils pensaient qu'il serait. Parce qu'il est en pleine mutation, et donc c'est trop difficile aujourd'hui de dire précisément comment le métier sera à horizon de 3 ou 5 ans.
- Speaker #0
Oui, c'est-à-dire qu'au moment où on commence une école d'informatique, une école d'ingénieur, le marché pourra avoir complètement changé au moment où on en ressortira. Donc il va falloir être capable de savoir se réinventer très régulièrement. C'est un peu ça le message.
- Speaker #1
Complètement. Et c'est vrai que là-dessus, ça soulève un autre problème, un autre sujet qui est que les programmes de formation des développeurs, que ce soit de la formation initiale ou les formations accélérées qu'on peut trouver sous forme de bootcamp, ont souvent une temporalité qui est... vraiment différentes de celles du marché pour s'adapter aux nouveaux outils, aux nouveaux langages, aux nouveaux frameworks, etc. Et alors, je ne suis pas certain qu'elles soient en mesure aujourd'hui de proposer un programme qui soit forcément pertinent dans cinq ans. Donc, c'est un challenge aussi pour ces institutions-là de se mettre à jour qui me semble être encore plus compliqué pour des écoles ou pour le corps enseignant qui, historiquement... On a souvent quand même un temps d'adaptation au marché qui est quand même un petit peu long, sachant qu'on est aujourd'hui sur un marché dans lequel, même nous les professionnels de la tech, on ne peut pas dire avec certitude comment ça va avancer. Donc sans être certain même nous de quels sont les outils, les méthodologies, les technologies, etc. qu'on va utiliser, pour les corps enseignants, ça doit être très compliqué aussi de s'adapter.
- Speaker #0
Donc oui, parce qu'au-delà du contenu, c'est même le format de ces formations, leur durée, qu'il va peut-être falloir revoir dans la mesure où tout va plus vite et les choses vont continuer à s'accélérer. Donc ça rend l'incertitude finalement pour tous les acteurs du marché. Entreprises, centres de formation et évidemment les premiers concernés, les gens qui se forment ou aimeraient se former.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc là, il y a vraiment un besoin de s'adapter qui est très très fort pour les différentes typologies de personnes ou d'institutions que tu mentionnais. En particulier, je pense surtout pour les développeurs, tout simplement, qui sont déjà en poste, qui exercent ce métier pour certains depuis 5, 10, 15, 20 ans, et qui est en train de se transformer comme il ne s'est jamais transformé par le passé. Parce que si on regarde un petit peu dans le rétroviseur, et qu'on regarde un petit peu les dernières révolutions technologiques auxquelles on a pu assister récemment, je pense aux mobiles dans les années 2000, je pense à l'internet grand public dans les années 90, C'est des révolutions technologiques qui ont amené... beaucoup de nouvelles choses à faire pour les développeurs qui ont permis aux devs de créer de nouvelles choses sur des nouveaux devices etc mais là cette révolution là de l'intelligence artificielle elle est un petit peu différente parce que oui certes elle permet de faire beaucoup de nouvelles choses aussi mais elle permet aussi de faire le boulot des développeurs à leur place donc c'est vrai qu'il y a des vraies questions qui se posent sur comment tout ça avance et comment on va s'y retrouver dans les mois et années à venir Ah ça c'est quelque chose qu'on n'avait pas anticipé parce que quand on avait arrivé les LLM et les
- Speaker #0
Chad, GPT, Claude et consorts, on voyait bien en fait qu'ils pouvaient produire du texte de qualité, répondre à des questions de manière pertinente, mais on n'était pas forcément certains qu'ils pourraient produire du code de manière quasi autonome. Aujourd'hui on en est là, demain peut-être que ça ira encore plus loin et plus fort. Il y a notamment l'arrivée des agents IA dont on parle beaucoup en 2025, alors on en est un peu au balbutiement mais ça commence à être de plus en plus présent. Demain, on peut imaginer des agents autonomes qui permettront de réaliser une évolution sur une application, une nouvelle fonctionnalité, voire même une application elle-même. Donc, comment est-ce que tu vois le métier de développeur par rapport aux agents autonomes ? C'est-à-dire, est-ce que le développeur va devenir une espèce d'architecte, de chef d'orchestre au milieu de ces agents IA, ou est-ce qu'on pourra aussi peut-être automatiser totalement certaines tâches ?
- Speaker #1
Oui, je pense que cette image-là est très bien, l'image du chef d'orchestre, où finalement on va devoir réfléchir un petit peu différemment, de manière un peu moins microscopique sur des détails d'écriture de lignes de code et de choses qui sont presque bas niveau en un sens, et se concentrer sur des problématiques un peu plus haut niveau, déléguer effectivement ces différentes tâches à des agents qui vont s'occuper chacun de faire une partie du travail sous la supervision d'un humain, d'un développeur, qui lui a quand même... Évidemment la connaissance a le contexte et donc peut interpréter et comprendre si les solutions proposées par l'intelligence artificielle sur les problématiques qui lui sont soumises sont bonnes ou pas. Et donc rediriger, corriger ou au contraire si c'est bien avancer, passer à la suite. Mais c'est effectivement quelque chose qui se dessine assez bien. On n'y est pas encore vraiment aujourd'hui. Aujourd'hui ça reste plus de l'ordre de l'assistant. Donc l'usage que je vois moi des développeurs d'intelligence artificielle, c'est plutôt un outil. annexe qui va venir aider dans la rédaction du code, mais qui n'est pas encore l'outil qui a pris le dessus, entre guillemets, sur la production complète de code. Ça reste quand même quelque chose qui est très dirigé par l'humain aujourd'hui, mais le scénario où la balance s'inverse, et donc finalement c'est l'IA qui génère de plus en plus de code, et l'être humain, le développeur, qui en retrait, est plus là pour un rôle de validation, d'encadrage, etc. semble une piste tout à fait crédible.
- Speaker #0
Et donc si on pousse la logique un peu plus loin, un peu à l'extrême on va dire, est-ce qu'on peut imaginer à terme une fusion des fonctions de peut-être product manager et développeur où le product manager est capable aussi de faire un peu de code et donc d'utiliser les agents ou les autres outils, on va en parler. Est-ce que ça paraît réaliste ou est-ce que ça restera quand même des... Des fonctions finalement assez séparées avec chacune leurs caractéristiques et leurs scopes.
- Speaker #1
Ça me semble une piste qui est envisageable en effet sur des product managers, mais finalement sur différents corps de métier, c'est-à-dire tous les corps de métier qui pourraient avoir à un moment un lien ou un autre avec un besoin tech, avec un besoin de création de services ou de produits tech, pourraient finalement s'onborder sur ces projets-là et apporter leur expertise métier sur le sujet sur lequel ils sont. Alors évidemment intempéré par la complexité du code sur lequel il est question de travailler, la taille des équipes, etc. Mais si on prend à toute petite échelle, par exemple, ça semble assez envisageable dès aujourd'hui d'ailleurs, que des profils qui ne soient pas tech commencent à développer. à vibe coder, donc vraiment en donnant des instructions en langage naturel à des LLM pour obtenir du code derrière qui ne sera pas forcément de très bonne qualité en termes de code, parce que forcément ce ne sont pas des gens qui sont du métier donc il y a des points d'attention qu'ils n'auront pas et le code qui sera généré derrière ne sera pas forcément extraordinaire mais pourra suffire et permettre à ces personnes-là d'obtenir et d'aboutir à ce qu'elles voulaient. Après ça va être une question vraiment de qualité, de complexité. Et dans ces cas-là, dans les cas où le besoin sera plus complexe et aura vraiment des prérequis de solidité, là, il faudra quand même clairement continuer à avoir des développeurs professionnels dans la boucle pour s'assurer que l'ensemble qui est généré est cohérent. Mais je pense que la frontière entre les expertises métiers, des différents corps de métiers, qui soient proches de la tech ou pas, d'ailleurs, ça pourrait être un comptable, ça pourrait être un juriste, ça pourrait être quelqu'un dans le market ou autre chose, qui peut avoir des besoins. d'outillage ou de fonctionnalité en lien avec son métier, qui aujourd'hui ne sont pas faisables de par ses compétences limitées sur la tech, et qui deviennent possibles grâce à ces outils-là.
- Speaker #0
Alors oui, justement, tu as cité le vibe coding, qui est une des tendances du moment dans le développement et dans l'IA. Donc le vibe coding, c'est des outils comme Cursor, comme Windsurf, qui permettent, en langage naturel, tu le disais, on rentre un prompt, par exemple, et on demande à l'IA. de nous construire une fonctionnalité, voire une application. On peut le faire évidemment par plusieurs étapes. C'est un développement fulgurant quand même du veicoding depuis quelques mois, avec Windsurf notamment qui a été racheté récemment par OpenAI, ce qui envoie quand même un sacré signe.
- Speaker #1
Surtout vu le montant,
- Speaker #0
oui. Oui, voilà. Quel est, toi, tes développeurs, quel est ton sentiment par rapport à ces outils-là ? Est-ce que tu les trouves performants ? Et comment tu les intègres finalement dans une stack ou au sein d'une entreprise ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est des outils qui sont hyper intéressants. Alors je mentionnerai peut-être d'autres outils, parce que là tu as parlé de Cursor et de Windsurf, qui sont ce qu'on appelle des IDE, donc c'est des outils de développement tout intégré, dans lesquels on va pouvoir taper du langage de programmation, qui va pouvoir être compilé, exécuté, etc.
- Speaker #0
C'est comme VS Code un peu.
- Speaker #1
Alors tous les deux, Windsurf et Cursor, sont des forks de VS Code, donc ils sont basés sur VS Code, auxquels ils ont rajouté des fonctionnalités pour justement intégrer. c'est leurs IA dedans, enfin même pas leurs IA en l'occurrence parce qu'on peut brancher n'importe quel moteur d'IA sur ces outils là que ce soit un moteur d'OpenAI, d'Anthropic ou autre mais ces outils là permettent vraiment de développer en mode développement plus plus donc c'est plus des outils qui sont destinés à des développeurs on va dire là où il y a des outils qui sont encore un peu plus haut niveau type Loveable, Bolt ou des outils comme ça qui vont être encore plus accessibles pour les gens non tech dans la mesure où là on va vraiment parler en langage naturel d'un côté dans un chat pour dire ce qu'on veut, ce qu'on attend d'une application, et le résultat va apparaître directement de l'autre côté. Là où les idéaux type Cursor, Windsurf restent des environnements de développement, et donc l'interface principale ça reste quand même le code, c'est-à-dire qu'on va parler dans un onglet sur un côté à un LLM pour lui demander « fais-moi telle fonctionnalité, fais-moi un site qui gère des réservations, que sais-je » et qui lui va générer le code, et après on va exécuter ce code là. pour voir le résultat. Dans les IDE que ressort Windsurf, le code reste central. Ce sont des outils qui sont quand même plus à vocation et qui sont encore aujourd'hui plus destinés à des développeurs, là où les lovable, bolt, etc. sont un peu plus haut niveau et donc s'adressent à une population un peu plus large en essayant de cacher un petit peu le code qui est derrière et donc de garder comme seule interface entre l'homme et la machine le langage naturel.
- Speaker #0
Le Vobol, par exemple, sur des gens qui ne veulent pas entendre parler de code du tout parce que ça ne les intéresse pas ou ils veulent peut-être tester une idée rapidement. Donc, c'est un équivalent finalement de ChatGPT, mais qui te construit une application uniquement avec du langage naturel.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Après, ce qui veut dire aussi qu'on rentre dans les procédés habituels de développement, c'est-à-dire que ce n'est plus du code qui est utilisé pour faire les fonctionnalités dont on a besoin, c'est du langage naturel. Mais il y a le même genre d'aller-retour avec la machine que celle d'un développeur. Donc un développeur, quand il a une fonctionnalité à créer, il va demander à la machine de faire la fonctionnalité en écrivant des lignes de code qui vont s'exécuter et donner la fonctionnalité. Le développeur va ensuite tester sa fonctionnalité. Et une fois qu'il a testé, il va constater des erreurs ou pas par rapport à ce qu'il attend. Et donc s'il y a des erreurs, il va revenir les corriger dans le code. Là, c'est exactement le même. process mental en fait c'est à dire que au lieu que c'est la seule différence c'est que le que ce soit du code c'est du langage naturel mais ça va être pareil c'est à dire qu'en langage naturel on va demander à un ordinateur quelque chose qui enfin qui nous fasse une fonctionnalité dont on a besoin une fois qu'il a fait cette fonctionnalité on l'essaye si il y a quelque chose qui marche pas ou qui est pas exactement ce qu'on attend on retourne discuter avec la machine pour lui dire de corriger ou d'améliorer de telle ou telle manière donc il y a ce process itératif qui reste assez similaire à ce qui est un petit peu la base de comment travaillent les développeurs aujourd'hui ou même comment les développeurs travaillaient avant l'IA.
- Speaker #0
Oui, on a reproduit finalement la relation qu'il peut y avoir entre une équipe de développeurs, mais là on a intégré l'IA dedans, qui fait qu'on automatise les choses et que ça va peut-être un peu plus vite. Moi j'ai testé certaines de ces solutions, je trouve ça très impressionnant franchement. Toi comment est-ce que tu vois la qualité du code qui est proposé ? par Windsurf par exemple ? Est-ce que tu trouves que c'est de bonnes factures ou que ça laisse à désirer ?
- Speaker #1
Je trouve que c'est plutôt pas mal dans les résultats qui sont retournés. Après, ces outils-là peuvent se brancher à différents LLM derrière. Donc en fait, si celui sur lequel tu es n'est plus assez à jour ou ne fonctionne pas assez bien par rapport à tes besoins, tu peux le brancher sur différents LLM. Donc tu peux avoir des résultats meilleurs en restant dans ton Windsurf ou dans ton Cursor. en fonction du modèle sur lequel tu es branché, qui donc va t'apporter les réponses. Donc il y a déjà une partie de la qualité du code qui va venir de là, il y a une autre partie de la qualité du code qui va venir aussi de comment ces outils type Cursor ou Windsurf se sont interconnectés avec ces outils-là. Mais globalement, je trouve que la qualité du code est quand même plutôt pas mal. Après, c'est des problématiques aussi à voir, encore une fois, sur des entreprises de tailles différentes, avec des projets de tailles différentes, et sur des... entreprises ou sur des projets de taille critique avec beaucoup de sujets autour de la sécurité ou d'autres sujets de ce type là, le code sera probablement pas à la hauteur de ce qui est attendu selon les critères d'exigence de la société qui fait ce type de produit. Mais c'est des choses qui peuvent se corriger parce que ces modèles là on peut aussi leur apprendre, on peut continuer à leur apprendre, c'est à dire qu'ils arrivent avec une base de connaissances qui est assez énorme, mais on peut leur donner des règles, il y a des systèmes de rules. tout simplement qu'on peut mettre dans ces outils-là, qui permettent de spécifier très précisément ce qu'on attend comme typologie de code. Donc quand on fait du code, on peut avoir, et beaucoup d'entreprises ont des règles qu'elles veulent suivre dans tout le code qu'elles génèrent, ou qu'elles écrivaient même avant l'IA. Il y a toujours eu des règles chez les développeurs pour dire, OK, quand on a tel type de problématique, on la résout plutôt comme ça. Quand on a tel autre type de problématique, on la résout plutôt comme ça. et donc d'avoir des espèces de règles qu'on essaye de suivre au sein des équipes de développement pour que le code d'une entreprise soit cohérent et qu'on règle les mêmes problèmes de la même manière. Ce genre de règles, on peut les donner aussi au LLM, on peut dire, on peut prévenir l'IA avec laquelle on travaille qu'on souhaite plutôt adopter tel ou tel type de résolution pour tel type de problématique, qu'on préfère utiliser tel type d'outil plutôt que tel autre, tel langage, telle librairie, etc. On garde quand même beaucoup de contrôle, ce qui permet quand même aussi de donner un contexte et un cadre dans lequel l'IA va être suffisamment guidée de manière à fournir un code qui est cohérent par rapport aux attentes des développeurs qui sont derrière.
- Speaker #0
Alors avec le Vibe Coding, qu'est-ce qu'on peut construire finalement ? J'imagine qu'on peut arriver à faire un MVP assez facilement. Si on veut tester une idée ou une première version d'un produit, on peut avoir recours à ce type de solution et le mettre entre les mains d'utilisateurs. Mais après, effectivement, tout ce que tu me dis là, est-ce que ça scale correctement ? Si on met en place toutes les règles que tu évoquais, est-ce qu'on peut arriver à faire un projet, même un produit grand public, à le mettre sur le marché et à avoir des centaines, peut-être des milliers d'utilisateurs ?
- Speaker #1
Sur des centaines, milliers d'utilisateurs, je pense que oui, sans trop de problèmes, même avec l'état des outils aujourd'hui. C'est probablement quand on passe à l'échelle du dessus que là, il va quand même y avoir plus de considération parce que les produits de lancement te permettent quand même généralement de faire l'impasse sur pas mal de sujets ou de problématiques. Tu n'as peut-être pas dans un premier temps à gérer, je ne sais pas, du multilingue par exemple. Ce n'est peut-être pas une problématique que tu as quand tu te lances au début. Là, on parlait de la sécurité aussi. Peut-être qu'au début, ce n'est pas forcément, tu n'as peut-être pas des informations très… très sensible et tu ne fais pas très gaffe parce que ce n'est pas le premier sujet sur lequel tu focuses quand tu lances un nouveau projet ou un nouveau produit ou un nouveau service. Donc effectivement pour toutes ces étapes de lancement, je pense que le gain de productivité est quand même assez dingue. Ça permet de tester très très vite quelque chose. Après, en se basant sur ce qui est faisable et les outils qu'on a aujourd'hui, il arrive forcément aujourd'hui un moment où tu arrives un petit peu à la limite et donc là il faut rebasculer sur une approche quand même beaucoup plus... contrôlés par un humain, avec vraiment un développeur, des développeurs en l'occurrence qui reprennent l'ownership sur le code pour s'assurer que tout est bien et ça fait d'ailleurs partie, ce sujet là fait partie d'une des craintes assez fréquentes des développeurs sur la question de l'intelligence artificielle dans le développement, c'est le fait que ça génère beaucoup, beaucoup, beaucoup de codes, parce que c'est quand même ça que ça fait de bien, enfin c'est ça une des grandes qualités de l'IA, c'est de pouvoir générer beaucoup de codes rapidement ... Mais ça, ça veut aussi dire derrière que le code, il ne suffit pas juste de le générer pour démarrer et lancer un projet. Après, il faut le maintenir dans la durée. C'est-à-dire que le projet, il faut continuer à le faire tourner dans la durée. Et ça, s'il y a beaucoup de code qui est généré et qu'il n'y a pas des bonnes règles qui ont été mises en place et qu'il n'y a pas une supervision derrière qui s'assure que ces règles-là sont respectées, ça risque de faire vraiment un paquet de codes très, très difficile à maintenir et de créer ce qu'on appelle de la dette technique. C'est vraiment quand on perd du temps. à avoir des choses qui sont mal faites, faites différemment, que certaines règles ne sont pas respectées, et que dans la durée deviennent vraiment, ajoutent une inertie assez lourde dans la vie et dans le développement du service.
- Speaker #0
Donc du coup, est-ce qu'il ne vaut pas mieux tout régénérer si on veut faire une V2 ? C'est un peu provocateur comme question, mais je trouve que la question se pose parce que ça va, si on parle en langage naturel et que ça génère du code aussi facilement, si rapidement, je comprends bien qu'il n'est pas très bien optimisé, mais Scoop d'un moment n'est pas sur quelque chose qui est suffisamment bon par rapport à ce qu'on peut faire et qui fonctionne et où l'entrepreneur ou le product manager va se dire, moi ça me convient. Donc on fonctionne comme ça, peut-être avec des applis donc pas super optimisées, mais qui donnent satisfaction.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ça, de toute façon, c'est clairement un des gros sujets à regarder par rapport à cette question de la qualité, qui est vraiment un des arguments contre l'IA qui revient le plus souvent dans le monde de la tech et chez les développeurs en particulier. Il y a celui-là qui est assez fréquent. Mais c'est vrai qu'il faut le mettre absolument en perspective du gain en termes de coût qui va avec cette perte de qualité. parce qu'effectivement si on perd Si on pouvait mesurer la qualité d'une échelle de 1 à 100, si on perd peut-être 10 points de qualité, mais qu'en contrepartie on a développé les fonctionnalités en question en 2 fois, 3 fois, 5 fois moins de temps, la question se pose vraiment, cette perte de qualité. Il y a quand même beaucoup de cas de figure dans lesquels elle est tout à fait acceptable, au regard de la baisse de coût qui va en face. Et puis n'oublions pas surtout que cette baisse de qualité, c'est une baisse de qualité, oui certes, Mais avant ça, on la compare au code qu'on écrivait nous, avec nos dix petits doigts en tant qu'être humain, et il n'a jamais été 100% parfait non plus. Donc travailler avec du code qui n'est pas parfait, c'est ce que tous les développeurs ont toujours fait. Donc en soi, il n'y a pas un changement complet de paradigme par rapport à ça, c'est juste que je conçois tout à fait qu'il y a une baisse de qualité là-dessus, mais encore une fois, il faut regarder cette baisse de qualité dans un cadre plus global, prendre un peu de recul par rapport à ça, et se rendre compte en fait qu'il y a plein de cas de figure dans lesquelles cette baisse de qualité, elle est tout à fait ok par rapport aux gains que ça apporte en même temps.
- Speaker #0
Elle est acceptable dans une certaine mesure et on n'oublie pas que c'est aussi important d'avoir un développeur expert qui peut éventuellement repasser sur le code pour l'optimiser, pour pointer des axes d'amélioration voire des erreurs parce que ça arrive aussi, je veux dire toutes ces solutions ne sont pas non plus exemptes d'erreurs, loin de là. Est-ce qu'il n'y a pas une question aussi autour de la De la propriété intellectuelle et de la propriété du code parce que moi si je fais des choses dans Windsurf et que j'ai envie en fait de créer une application, de la mettre sur le marché, d'avoir des clients qui me paient pour ce service, en quelle mesure est-ce que je suis vraiment propriétaire de mon code et du coup de mon application ? Alors j'imagine bien que Windsurf ne regarde pas Windsurf ou les autres d'ailleurs, mais tout ce que font chacun de leurs utilisateurs. Mais il y a un véritable enjeu quand même derrière tout ça. À une époque, on parle de souveraineté et encore une fois, juste... de propriété intellectuelle pour une startup.
- Speaker #1
C'est un très gros sujet qui est très compliqué. Sur la question du code à proprement parler, là où tous ces modèles ont un avantage, c'est-à-dire que ces modèles-là sont entraînés sur des quantités phénoménales de données. C'est comme ça qu'ils apprennent et c'est comme ça qu'ils ont leur savoir. Et parmi toutes les données sur lesquelles ils s'entraînent, il y a énormément de code. Il y a du code de plein de langages de programmation différents. qui sont disponibles en ligne et de manière open source, c'est à dire qu'on a le droit d'y accéder, on a le droit de s'en servir. Donc en fait sur le code en particulier, ces outils là ont déjà appris par rapport à des quantités phénoménales de codes qui sont disponibles de manière légale aujourd'hui en ligne. Ce qui est plus compliqué c'est plus sur les questions artistiques, là où effectivement si on commence à demander à un élève aujourd'hui de générer une image dans le style Intel ou dans le style Intel, Oui, là c'est sûr qu'il y a de l'inspiration des œuvres en question, et c'est beaucoup plus difficile, et là pour le coup c'est un sujet qui me dépasse complètement, parce que la complexité derrière, légale, de toutes ces questions de propriété intellectuelle, elle est quand même extrêmement complexe, mais dans le cas du code, je dirais qu'il y a quand même une partie qui est à peu près ok, dans la manière dont les LLM ont appris des connaissances qu'ils ont. Il s'appuie aussi évidemment sur toutes les documentations qui permettent de comprendre comment ces langages de programmation fonctionnent. Documentations qui sont évidemment accessibles publiquement et gratuitement en ligne, donc il n'y a pas trop de sujets là-dessus. Mais c'est vrai que ça pose des grosses questions là-dessus, mais je dirais que c'est plus sur les sujets artistiques, à mon avis, que la question se pose vraiment. Et c'est plus sur la question de comment les modèles sont entraînés plutôt que le code qui est généré derrière. et à la prochaine fois Toi tu as fait générer du code par une IA, sa propriété reste la tienne, tu peux l'exploiter toi-même, il n'y a pas de problème de ce côté-là. C'est un sujet qui est très vaste, mais qui à mon avis, ça vient aussi du fait qu'on est dans cette période un peu far-west, c'est un peu les grands débuts de l'intelligence artificielle de toute façon, donc il y a des choses qui ne vont pas du tout à la même vitesse. C'est-à-dire qu'on a la tech d'un côté, avec l'IA qui va à une vitesse. phénoménal depuis trois quatre ans enfin toutes les semaines on a des on a des nouvelles de révolution alors au début c'était des modèles de plus en plus performants ça continue à sortir très régulièrement puis en plus de ça on a des nouveaux usages etc enfin c'est quelque chose qui va très très vite et qui va évidemment beaucoup plus vite que le monde légal que tout là que tout ce qui est là toutes les parties qui encadrent toutes ces choses là n'ont évidemment pas la la la vélocité nécessaire pour poursuivre la vitesse exponentielle de ce que produisent tous ces outils là donc c'est un petit peu cette période un peu un peu far west où effectivement on sent bien qu'il ya des sujets qui sont qui sont problématiques Très certainement que des états ou des institutions regardent depuis un moment, je suppose maintenant, ces sujets pour savoir comment y répondre. Mais ça va tellement vite d'un point de vue technique que c'est difficile d'avoir une réponse immédiate pour dire que les notions de propriété intellectuelle ou de droit d'auteur devraient se gérer de telle ou telle manière et que ces outils-là, c'est encore beaucoup trop flou. Donc il y a une espèce de vide juridique, de zone grise actuellement là-dessus qui fait qu'on ne sait pas trop. C'est un peu ça l'état de la situation actuellement.
- Speaker #0
La temporalité politique ou juridique n'est pas du tout celle de la tech. Ça ne l'a jamais été, mais particulièrement en ce moment. Donc c'est vrai qu'on s'adapte plus qu'on ne construit finalement sur des règles juridiques solides.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Pardon. On parle de démocratisation de... du développement, de l'accès aux outils, de ce qu'on peut construire, même pour des profils non techniques. Et aussi, depuis quelques années, la démocratisation de l'entrepreneuriat avec le phénomène des solopreneurs, donc les personnes qui en solo montent un business, une entreprise, conçoivent un produit ou un service et le mettent sur le marché. On imagine que l'accès à ces outils de vibecoding va décupler les possibilités de solopreneuriat. est-ce que finalement... On parle aujourd'hui de solopreneur, de product manager, de développeur, est-ce que demain on ne sera pas juste tous builder et on aura, je dirais, une compétence qui vient soit du développement, soit du produit, soit de tout à fait autre chose et on pourra construire quelque chose avec les outils qui seront à notre disposition ?
- Speaker #1
Oui, c'est une piste qui est tout à fait envisageable parce que là, ces outils-là permettent effectivement d'un seul coup d'acquérir des espèces de super pouvoirs, on va dire, tech, que beaucoup de gens n'avaient pas jusqu'à maintenant. Donc c'est vrai que ça va être un accélérateur assez incroyable pour beaucoup de gens des métiers qui ne viennent pas de la tech et qui justement avaient jusque là ce frein, cette barrière qui les empêchait de concevoir ou de créer les outils ou services qu'ils avaient en tête. C'est quelque chose qu'on a déjà vu un petit peu avec le no-code, donc l'arrivée du no-code il y a une dizaine d'années de ça maintenant, qui a déjà permis à l'époque de faciliter l'accès à la tech de beaucoup de profils qui n'étaient pas tech de base. et qui leur a donné du coup une autonomie vis-à-vis de ces outils-là qu'ils n'avaient pas jusque-là. Là, ce qu'on est en train de voir, c'est la même chose avec un coefficient un peu supérieur. Donc effectivement, ça va être l'opportunité pour plein de métiers différents d'avoir accès à ces outils auxquels ils n'avaient pas ou peu accès jusqu'à maintenant et de pouvoir faire beaucoup plus de choses en plus grande autonomie. Mais j'ai l'impression que c'est quelque chose qui va être plus bénéfique aux non-développeurs qu'aux développeurs. Parce que les développeurs finalement, cet outil-là leur permet d'être plus productif, mais ça ne leur ajoute pas une nouvelle casquette, ça ne leur donne pas des compétences instantanément en marketing, en vente, en communication ou dans d'autres sujets ou d'autres domaines qui sont requis ou du moins intéressants pour lancer un business. Donc je pense que c'est surtout les gens qui ont une vraie connaissance, une bonne idée, une expertise sur un domaine, sur un... sur un marché et qui jusque là n'avaient pas les outils ou compétences pour créer l'outil qui allait dans la continuité de leur expertise sur ce domaine là, qui vont pouvoir jouer des coups effectivement qui n'auraient pas été possibles jusqu'à maintenant. Donc oui, il y a à mon avis beaucoup de solopreneurs qui vont émerger avec ces outils là, et probablement que dans ces solopreneurs, la proportion de développeurs ne sera pas très grande.
- Speaker #0
C'est une concurrence déloyale si on veut pousser un peu le... je dirais... être un peu provocateur en fait sur le terme parce qu'un développeur qui met des années à se former, à se perfectionner, à apprendre des langages, des frameworks, il y a une dizaine d'années encore, c'était vraiment ça. On apprenait un langage. Pour le maîtriser, ça prenait des années. Il fallait travailler sur de nombreux projets. Aujourd'hui, il y a des amateurs qui arrivent, qui utilisent. Alors le no-code, c'est vrai que c'était une première version de ça, mais ça ne permettait pas d'aller si loin, si vite. aujourd'hui avec le vibe coding on génère une application MVP en fait très facilement Est-ce que c'est quoi finalement l'avenir pour le développeur ? C'est de l'expertise ? C'est encadrer finalement un petit peu toutes ces personnes qui vont tester des choses ? Quels conseils on peut leur donner finalement ?
- Speaker #1
Oui tout à fait, c'est très certainement que l'expertise va devenir l'élément différenciant, le plus grand élément différenciant, parce que si on prend un petit peu effectivement les cas de figure qu'on venait d'évoquer sur des solopreneurs qui se lancent à développer des outils numériques sur leur domaine d'expertise, En vibe-codant toutes ces choses-là au début, si leur produit ou leur service marche bien et qu'ils commencent à grossir, il y a un moment tôt ou tard où ils vont quand même tomber dans des limitations techniques de ce qu'ils auront fait en première intention et que derrière, ils auront besoin de plus de connaissances techniques pour passer à l'étape du dessus. Parce que c'est une chose de lancer un petit serveur dans son coin qui reçoit quelques centaines de visites par jour. et qui fait quelques milliers d'euros de chiffre d'affaires par mois, c'en est une autre de devoir gérer plusieurs milliers d'utilisateurs tous les jours avec des langues différentes, des problématiques de sécurité, etc. Enfin, de déploiement et tout. Donc oui, il arrivera forcément un moment où l'aide de l'IA sur la partie tech, sur la partie dev sera quand même limitée et où il faudra du coup, à ce moment-là, faire appel à des profils plus pointus qui pourront venir un peu dégrossir, expliquer ce qui va pas, qu'est-ce qui a mal été fait par l'IA ou mal, enfin, c'est même pas mal été fait dans l'absolu, mais quels ont été les parties prises de l'IA sur la résolution du sujet du solopreneur en question, qui font qu'aujourd'hui, une fois que son projet a grossi, bah ça passe plus parce que, en termes de débit, ça tient pas la charge s'il y a trop de monde, la sécurité, il y a des vulnérabilités, c'est pas envisageable non plus. Donc, ça c'est des choses qui viendront plutôt dans un second temps, une fois que le projet aura percer, mais le plus dur, c'est peut-être pas de créer ce premier produit, c'est peut-être l'étape d'après. Donc ça aidera évidemment à passer cette première étape, à passer cette première marche qui jusqu'à maintenant aurait nécessité déjà l'aide d'un ou de plusieurs développeurs pour passer cette première étape, mais pour passer la marche d'après, il y aura quand même besoin un moment d'un vrai renfort de professionnels du développement pour s'assurer de pouvoir justement passer cette nouvelle marche.
- Speaker #0
Tu es plutôt optimiste par rapport à cette révolution technologique derrière le développement. Tu te dis que ça crée un vrai nivellement par le haut pour tous les profils ou qu'au contraire, ça va créer de plus en plus de concurrence et que ça va rendre la vie peut-être des solopreneurs, des freelances plus difficile finalement.
- Speaker #1
Il y a vraiment des deux. C'est-à-dire que cette ouverture sur toutes ces nouvelles possibilités et toutes les nouvelles choses qu'on peut faire avec ces outils-là, elle est quand même assez dingue. Donc ça va quand même aider pour beaucoup de profils. à aller tester des nouvelles choses qu'elles n'auraient pas pu tester avant. Il y a vraiment une piste assez intéressante là-dessus. Mais c'est en même temps une crainte, évidemment en particulier pour les développeurs. Je pense que c'est un décor de métier qui va être quand même pas mal impacté négativement par ces outils-là, dans la mesure, encore une fois, où tout simplement, le fait de rendre tous les développeurs plus productifs, mettons deux fois plus productifs à horizon trois ans, Quelque chose comme ça. Ça voudrait dire aussi mathématiquement qu'il y a deux fois trop de développeurs sur le marché. Donc il y a aussi, alors je grossis le trait, évidemment, on n'en est pas à ce niveau-là, mais la question se pose quand même. Et donc du coup, oui, je pense qu'il y a des enjeux pour des devs, pour beaucoup de devs, pour lesquels la situation va être assez compliquée. Et pour cela, je pense qu'une des manières de s'y préparer au mieux, c'est aussi de s'intéresser un petit peu à ce qui se passe autour d'eux. de sortir plus, de communiquer plus, parce que le métier de développeur a quand même été un métier qui a été extrêmement pénurique pendant quelques dernières décennies. Donc en fait c'est un métier dans lequel beaucoup de développeurs n'ont pas ou peu eu à chercher de boulot par exemple. Donc du coup c'est vrai que là d'un seul coup arriver sur un marché qui est en train de se transformer et où historiquement il y avait toujours des entreprises qui cherchaient des développeurs. Aujourd'hui, c'est en train de devenir les développeurs qui cherchent les entreprises. Donc la balance entre les deux est en train de s'inverser. Et donc du coup, ça veut dire qu'il va falloir pour ces développeurs se préparer. Et donc finalement, c'est aussi une menace indirecte sur leur métier, sur la manière de travailler, ou du moins sur la manière actuelle de travailler. Et donc le besoin vraiment de se mettre à jour, d'utiliser ces outils, de voir comment ils évoluent, de voir ce qu'ils peuvent faire, comment ils peuvent se positionner sur le marché. Mais c'est à la fois une piste d'opportunité, parce qu'évidemment, il y a plein de choses à faire, et là-dessus, les devs ont évidemment leur mot à dire, et leur connaissance et leur compréhension du domaine de la tech, ça leur permet aussi de voir comment ces nouveaux outils peuvent s'insérer, s'intégrer dans une idée ou dans un projet plus grand ou plus large, mais c'est en même temps potentiellement aussi une atteinte à leur métier en soi. Donc c'est un équilibre assez difficile, assez précaire à trouver en ce moment. mais sur lequel il faut garder les yeux ouverts et en tout cas s'intéresser, s'informer et suivre un peu ce qui se passe parce que ça bouge et ça bouge vite.
- Speaker #0
Ça c'est un discours qu'on entend peu je trouve encore, en tout cas en France, cette mise en garde finalement qu'on peut adresser peut-être aux développeurs. Tu penses qu'il y a une prise de conscience qui a déjà eu lieu ou que les gens n'ont pas forcément tous conscience de ce qui se passe et finalement de la vitesse à laquelle ça arrive ?
- Speaker #1
Oui, je trouve que le niveau de prise de conscience de la part des développeurs n'est pas encore assez... C'est assez clair, assez net. Ça s'explique peut-être aussi par différentes choses. C'est-à-dire que je sais qu'il y a beaucoup de développeurs qui ne sont pas trop au courant non plus de l'état assez mauvais de la situation économique actuelle. Et c'est normal, les développeurs qui sont en poste aujourd'hui depuis 2, 3, 4, 5 ans ou plus, n'ont pas forcément suivi ou réalisé qu'il y avait eu toute cette espèce de folie post-Covid où d'un seul coup, une fois qu'on est sorti du Covid, il y a... Il y a de l'argent qui s'est mis à couler à flot et toutes les semaines en 2021-2022, on avait des annonces de levée de fonds par dizaines, centaines de millions. Tous les mois, il y avait des nouvelles licornes, etc. Et que depuis fin 2022-2023, tout ça s'est cassé la gueule et qu'en fait aujourd'hui, sur le marché des développeurs, on est à peu près à moins 40% par rapport à après Covid. C'est-à-dire qu'on a à peu près autant d'offres de développeurs sur le marché aujourd'hui qu'au pire moment du Covid. Et ça, il y a beaucoup de devs qui ne s'en rendent pas compte. Les salaires ont baissé aussi. On a des baisses de salaire qui sont de l'ordre de 10, 15, 20% même des fois sur certains profils de développeurs, là très récemment, entre 2023 et 2024. Donc c'est vraiment tout frais. Et ça, il y a beaucoup de devs qui ne sont pas au courant de ça, parce que c'est normal, s'ils sont en poste, ils n'ont pas cherché du boulot récemment et ils ne sont pas forcément rendus compte que le marché s'est un peu retourné. Mais c'est le cas. Et donc du coup, il faut quand même s'y préparer. Et donc déjà prendre conscience un petit peu. de l'état actuel du marché, du mauvais état actuel du marché, et avec ça en plus, derrière la perspective en filigrane de toutes les évolutions de l'IA et tout l'impact que ça peut avoir sur le métier. Donc oui, il y a un manque de prise de conscience actuelle et j'espère que plus de devs vont s'intéresser ou suivent de plus près le sujet parce que ça risque d'avoir des transformations assez importantes sur le métier, sur l'écosystème.
- Speaker #0
La baisse des financements dans l'écosystème tech, en tout cas français, c'est vrai que c'est fin 2022, début 2023, ça correspond pile poil à l'apparition de ChatGPT fin 2022. Tu penses que c'est corrélé ou que c'est un peu le hasard ? Parce qu'au départ, quand ChatGPT est arrivé, même si c'était impressionnant, on n'imaginait pas qu'on ferait forcément du code tout de suite avec. Et puis c'est vrai que, alors je parle de ChatGPT, mais il y en a d'autres. Il y a Cloud aussi qui est très bien vu par les développeurs pour la génération de code. Tous ces outils, finalement, sont devenus de bons compagnons pour le développeur. Est-ce que tu penses que, finalement, cette irruption de l'IA a une... est vraiment corrélée à la baisse des financements ou est-ce qu'il y a aussi peut-être toute la conjoncture économique politique qu'on connaît en ce moment qui y contribue est-ce que tu vas revenir finalement les financements pour les startups comme on les a connus ou est-ce qu'on va aller plutôt vers le financement de boîtes très tech ou peut-être de boîtes à impact aussi c'est des choses dont on parle beaucoup en ce moment dans l'écosystème français j'ai l'impression qu'on est beaucoup moins en fait dans le produit consumer voire Ouais, consumer, je dirais ça comme ça, qu'on avait auparavant.
- Speaker #1
Je ne pense pas que ce soit lié comme ça directement. Je pense que ça a été une période de 2020, 2021, 2022, qui a été évidemment extrêmement secouée, ne serait-ce que par le Covid et le monde entier à l'arrêt pendant quasiment un an. C'était quand même du jamais vu et forcément, ça a eu des impacts et des conséquences sociales et économiques assez énormes. Derrière, s'en est suivi une espèce d'euphorie post-Covid qui a pris des dimensions vraiment délirantes. Concrètement, dans le marché des développeurs, ça s'est traduit par un nombre d'embauches qui a quasiment triplé.
- Speaker #0
Pendant le Covid ?
- Speaker #1
Juste après la période Covid. Quand l'argent s'est mis à couler à flot et d'un seul coup, toutes les startups, toutes les boîtes de la tech recrutaient à tour de bras par centaines, par milliers de développeurs. avec du coup les salaires qui montaient, etc. Enfin, ça a été une période assez dingue et qui est redescendue aussi vite qu'elle est remontée parce qu'il y a une des raisons qui était assez aberrante là-dessus, c'est que toutes ces boîtes-là ont recruté énormément. Quand je dis ces boîtes-là, c'est des grosses boîtes de la tech internationale, mais aussi des plus petites startups locales qui ont levé très facilement plusieurs millions ou dizaines de millions et qui ont recruté énormément de gens en se basant beaucoup sur les chiffres d'usage des produits de la tech. pendant le Covid et donc pendant les confinements. Donc c'est une période forcément pendant laquelle tout ce qui était les services numériques ont explosé. Tout le monde était enfermé à la maison avec que ça à faire. Donc tous ces services-là ont explosé. Et du coup, une fois que le Covid et les confinements sont terminés, on a l'impression que ces gens-là sont restés sur les projections des chiffres dingues qu'ils avaient eus pendant cette période-là en pensant que ça allait continuer de la même manière une fois que les gens allaient reprendre leur vie normale. Et donc ils ont recruté à tour de bras pour s'y préparer, avant de se rendre compte finalement, pas si longtemps que ça plus tard, parce que ça s'est cassé la gueule quoi, un an, un an et demi plus tard, que finalement ce n'était pas le cas et donc tout est retombé. Mais ça a été une espèce de bulle assez rapide, et du coup je ne pense pas que les deux soient corrélés avec l'arrivée de ChatGPT ou de ces premiers gros sujets autour de l'IA. Je pense que c'est juste plutôt les... La faute à cet espèce de moment de vie à la fois traumatique et en même temps qui a tout secoué que le Covid. Puis si on rajoute par-dessus tout ça toute la conjoncture actuelle géopolitique, ça donne un mélange un petit peu douteux par certains aspects.
- Speaker #0
Si on reste sur le sujet du recrutement, il y a eu en ce moment deux exemples proposés que je trouve intéressants. Il y a le cofondateur de Shopify qui a expliqué que pour tout nouveau recrutement, il allait falloir se poser la question de savoir si l'IA pouvait le faire avant d'engager une nouvelle personne. C'est vraiment un marqueur de l'époque par rapport à ce qu'on disait. Et puis l'opposé total de ça, c'est Klarna qui avait voulu automatiser avec l'IA au maximum tous ces process et notamment je crois la relation client. Et ils ont expliqué qu'ils estimaient qu'ils avaient fait une erreur, qu'ils revenaient en arrière et qu'ils allaient recruter à nouveau des personnes, des humains. Comment est-ce qu'on peut interpréter ces deux déclarations, ces deux phénomènes ? C'est les deux faces d'une même pièce, finalement.
- Speaker #1
Oui, complètement. Le coup de Clarnin, effectivement, est assez impressionnant, parce que je crois que ça doit être 1 000 ou 2 000 personnes au support. Je crois qu'il était question d'un ordre de grandeur comme ça, qui ont été licenciés ou... qui sont re-recrutés maintenant. Donc oui, alors évidemment, c'est des titres qui font beaucoup jaser dans la presse, parce que c'est une manière aussi de prouver, de dire, ah bah voilà, vous avez eu tort, vous êtes trompé, machin, etc. Donc oui, ça illustre un peu le fait que c'est possible évidemment de se planter sur ces technos-là, c'est possible de faire un choix et un pari trop risqué, trop osé et trop tôt sur ces technos-là, et à l'image de Clarnat, de se planter et de revenir en arrière. Ce audit en passant, ça a été très médiatisé. Je suppose qu'il y a quand même beaucoup d'autres initiatives d'un registre assez similaire qui ont eu des résultats assez désastreux, qui n'ont pas été médiatisés. Et probablement qu'il y en a d'autres aussi qui ont eu des bons résultats, qui n'ont pas été trop médiatisés non plus. Et sur le point de Shopify, oui, l'annonce a évidemment fait beaucoup polémique, mais elle illustre quand même assez fortement la... la perception du moins des dirigeants de ce qui est possible de faire avec ces outils-là. Donc c'est toujours à prendre avec des pincettes, je trouve, ce genre d'annonce un peu de grosses boîtes tech américaines qui font des fois des paris assez osés avec des phrases un peu chocs comme ça, mais à tempérer par la réalité du terrain, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on n'aura pas un message de recul arrière du patron de Shopify dans un an ou deux pareil en disant que finalement C'était peut-être un petit peu trop exigeant comme requête pour justifier des emplois d'êtres humains, de voir justifier d'abord qu'ils n'étaient pas « remplaçables » par des machines. Ça tire plein d'autres problématiques éthiques derrière, mais en même temps, c'est ce qui montre un petit peu aussi l'ambition des entreprises, les envies des entreprises, et c'est vrai que les promesses de l'IA pour plein de sujets permettent des fois de penser que... On va pouvoir arriver à ce niveau-là de productivité, d'efficacité, etc. A voir un petit peu avec le temps ce que ça donne concrètement, surtout sur des géants de la tech comme ça. Parce que dans les annonces aussi récentes de ce registre-là, il y en a deux autres que je trouve assez intéressantes. C'est les annonces de Meta et de Salesforce de ne pas recruter de développeurs en 2025. Donc ça, c'est des annonces qui ont été faites. de Mark Zuckerberg côté méta au début de l'année, c'est le nom de la personne qui a 17 chez eux, mais en gros vu la taille de ces boîtes-là, c'est quand même des boîtes qui emploient des milliers et des milliers de développeurs, annoncer qu'ils ne recrutent plus de développeurs, parce que la raison elle est clairement expliquée aussi, c'est parce qu'ils disent derrière que leurs développeurs actuels travaillent de plus en plus avec l'IA et que du coup ils n'ont pas besoin de recruter plus de développeurs. Donc c'est déjà un message qui est assez fort, envoyé par ces boîtes comme ça, qui sont des boîtes tech, surtout méta. Mais ce qu'il faut lire aussi entre les lignes quand ils envoient un message comme ça, c'est que ne pas recruter de nouveaux développeurs, ça ne veut pas dire juste conserver les développeurs actuels. Ça veut dire aussi ne pas remplacer tous les développeurs qui s'en vont. C'est des sociétés qui sont énormes, donc rien que le turnover naturel fait qu'il y a des centaines, voire des milliers de développeurs qui partent tous les ans, parce que ça fait 2, 3, 5, 10 ans qu'ils sont dans la boîte et qu'ils passent à autre chose et c'est à peu près normal. Donc ne pas recruter, ce n'est pas simplement garder les effectifs actuels au même niveau, c'est même garder les mêmes effectifs qui vont diminuer dans le temps, du moins sur 2025, on verra ce qu'ils feront sur 2026. Mais ça illustre assez bien aussi la philosophie dans laquelle ils se positionnent par rapport aux développeurs et par rapport à ce que l'intelligence artificielle apporte en termes de productivité aux développeurs.
- Speaker #0
Oui ça c'est un peu l'air du temps de 2025. Alors comme tu le dis on verra en 2026 ce que ces politiques amènent en fait pour ces sociétés. Il n'est pas dit qu'effectivement elles ne reviennent pas en arrière comme elles ont pu le faire sur d'autres sujets auparavant. Mais c'est vrai que ça envoie quand même un message. Autour de l'IA, j'ai le sentiment qu'on n'imaginait pas que les développeurs seraient menacés peut-être comme ils le sont aujourd'hui. On voyait plutôt une réduction des équipes produits, des équipes marketing, des équipes... RH ou relations clients, que sais-je. C'est quand même un vrai retournement de situation. C'est quelque chose qu'on ne prévoyait pas. Je ne dis pas que les autres équipes ne sont pas non plus forcément touchées. Mais est-ce que... Finalement, en recrutant moins de développeurs ou en ne remplaçant pas ceux qui partent, on ne risque pas de perdre peut-être un petit peu le edge technologique, le côté un peu ultra qualitatif qu'il peut y avoir dans une boîte comme Meta ou Salesforce d'ailleurs ?
- Speaker #1
Si, c'est forcément un risque aussi au bout d'un moment de perdre toute cette expertise-là, de perdre cette expérience-là. On le voit aujourd'hui, alors si on peut faire un comparatif avec d'autres choses, mais... Il reste aujourd'hui par exemple en France pas mal d'entreprises qui utilisent encore des très vieilles technos. Je pense à du Cobalt par exemple qui est un vieux langage de programmation qui n'est plus utilisé communément depuis très longtemps. Mais il y a encore beaucoup de boîtes qui ont une partie essentielle de leur SI qui tourne avec ces technos-là. Sauf qu'aujourd'hui les développeurs qui maîtrisent encore vraiment ce langage-là, ce sont des développeurs qui sont en train ou qui sont déjà partis en retraite. Et donc ouais, il y a une perte là-dessus et qui est un vrai risque pour pas mal de boîtes. Et on peut imaginer assez facilement un parallèle avec ce que ça pourrait être côté IA, effectivement, si on finit par perdre un petit peu la connaissance originelle de certaines choses. Alors ce serait plutôt pour moi, non pas des connaissances purement techniques, parce que les connaissances purement techniques, finalement, l'IA va finir par réussir à les retrouver. Elle a accès à toutes les documentations, elle a des milliards et des milliards de lignes de code de... de connaissances à son service, donc elle est très forte là-dessus, mais plus de la connaissance de contexte. Quelle est la personne dans l'entreprise qui va savoir expliquer pourquoi il y a eu tel ou tel choix de technologie qui a été fait à tel ou tel moment, pourquoi il y a eu tel ou tel choix d'implémentation, tel ou tel choix d'architecture, tel ou tel choix de librairie ou autre. Et ça, cette compétence, cette connaissance interne-là, effectivement, si elle vient à disparaître ça risque de poser des problèmes par la suite pour comprendre ce qui s'est passé par le passé et donc finalement si tu oublies un peu ton passé, tu finis par refaire les mêmes erreurs dans le futur. Donc il y a un risque là-dessus.
- Speaker #0
Aujourd'hui on a le sentiment aussi qu'il y a une forme d'optimisme autour de l'IA, surtout aux Etats-Unis, qu'en France on est un peu plus peut-être, je ne dirais pas sur la défensive, mais où on attend de voir et il y a peut-être une forme d'inquiétude au sein des professionnels, pas seulement des développeurs. Toi, est-ce qu'il y a quelque chose qui te... Enfin, quel conseil tu donnerais en général par rapport à l'IA ? Est-ce qu'il faut quand même qu'on s'inquiète ? Est-ce qu'il y a des choses qui te rendent optimiste ? C'est quoi finalement le conseil qu'on peut donner aujourd'hui, pas seulement aux développeurs, mais à toutes les personnes qui attendent un peu de voir comment les choses vont se dérouler.
- Speaker #1
Je pense que s'y intéresser de base, c'est important, savoir un peu ce qui s'y passe justement. Je ne dis pas devenir passionné du jour au lendemain et passer ses soirs et ses week-ends à éplucher les documentations scientifiques sur le sujet, parce que c'est chiant, tout simplement. Mais s'intéresser un petit peu à minima de loin pour voir ce qui se fait, et en particulier ce qui se fait en corrélation avec le métier dans lequel on travaille. Parce que l'adoption de l'IA et les possibilités de l'IA sont quand même assez variables en fonction des métiers dans lesquels on est. Évidemment que des métiers artisanaux ou des choses comme ça sont encore assez peu, à mon sens, inquiétés par ces outils-là. Mais tous les autres métiers du tertiaire, globalement, sont potentiellement aussi transformés ou vont se transformer. dans l'avenir par ces outils-là. À quelle vitesse ? On ne saura pas le dire non plus, parce qu'on sait aussi d'expérience que ces transformations technologiques, elles ne sont pas toujours instantanées. On continue aujourd'hui, typiquement, à remplir des formulaires en papier. C'est vrai. J'étais chez le dentiste la semaine dernière, j'ai eu une feuille de soin où il faut que je remplisse des choses avec un stylo que j'envoie par la poste. Alors qu'on a évidemment tous les outils nécessaires qui permettraient de faire ça de manière complètement dématérialisée, instantanée, sécurisée, etc. Mais c'est toujours pas le cas. Donc c'est pour ça aussi qu'il n'y a pas de garantie absolue qu'à horizon 3 ans pile, tous les métiers soient transformés complètement. Non, il y a encore plein de métiers, il y a encore plein d'institutions, d'entreprises qui fonctionnent à l'ancienne, dans des process anciens, parce que de par leur existence, de par leur fonctionnement, elles n'ont pas eu le temps. temps, elles n'ont pas eu les moyens, elles n'ont pas eu l'opportunité de se mettre à jour là-dessus, et finalement leur manière de fonctionner à l'ancienne fonctionne. Voilà, moi j'ai envoyé ma feuille de soin par la poste, bah elle va arriver quelque part et puis je recevrai un remboursement un jour. Bon, donc c'est que ça fonctionne encore, donc c'est... faut pas se dire non plus que c'est... on ne sait pas Terminator non plus, on va pas tous se faire bouffer par des machines après-demain, du moins je pense pas. Donc voilà, faut garder un peu la tête froide malgré tout. tout en s'intéressant, tout en restant curieux pour voir un petit peu ce qui se passe, et en particulier ce qui se passe en corrélation avec... avec son métier.
- Speaker #0
Ok, donc on peut être rassuré sur la continuité de notre mode de vie pour le moment en tout cas, tout ne va pas être transformé du jour au lendemain dans les 24 mois qui viennent.
- Speaker #1
Je ne crois pas.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une évolution que toi tu attends particulièrement ou en tout cas une qui vient d'apparaître et qui te séduit particulièrement ? Est-ce que c'est les agents IA ? Est-ce que c'est la fameuse l'AGI, l'intelligence artificielle générale ? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu as sur ton horizon ?
- Speaker #1
Oui, alors je m'intéresse de manière assez générale à tout ce qui se fait autour du dev, à tous les outils qui apparaissent et qui proposent des nouvelles manières de développer. Il y a deux sujets qui me parlent beaucoup par rapport à ça. Il y en a un qui n'est pas vraiment corrélé à l'intelligence artificielle, en fait, indirectement, mais tu vas voir que pas forcément, qui est celui de la mémoire. Je trouve qu'on oublie énormément de choses. On a un cerveau qui tourne à 100 à l'heure et qui a des idées par dizaines, toutes les secondes, toutes les heures, enfin tous les jours à minima. Et que dans l'eau, il y en a énormément qu'on oublie, tout simplement. Et en fait, cette notion de souvenir, de garder l'information, je trouve que malgré toutes les évolutions technologiques auxquelles on a accès et ce que l'IA nous permet de faire, elle nous permet de résoudre des problèmes extrêmement complexes. mais elle elle ne saura pas dire à ma place si j'ai oublié d'acheter du pain en rentrant hier soir. Il y a des petits trucs comme ça qui sont de l'ordre de la mémoire, et je trouve que cette question de mémoire est mise aussi en lumière par ce que l'IA apporte, dans la mesure où si on avait une connaissance plus profonde et plus fine de nous-mêmes, de nos souvenirs, de nos idées, de nos pensées, l'IA pourrait faire des choses probablement vraiment extraordinaires là-dessus, retrouver des corrélations, des liens, des idées. dans ce qu'on a fait, dans ce qu'on a pensé, nous éclairer sur certains sujets. Et ça mènerait à l'autre sujet sur lequel j'ai des attentes aussi, côté IA, qui est plus l'aspect humain, psychologique, en fait, tout simplement. C'est des outils qui, encore une fois, retiennent beaucoup de choses. Et donc, si on les alimentait beaucoup avec nos propres pensées, idées, informations, etc., elles seraient en mesure de faire des corrélations dans tout ça et de nous permettre de retrouver des choses ... qui nous seraient sortis de la tête, auxquelles on n'aurait pas pensé, ou justement de créer un petit peu toutes ces choses-là. Alors je sais qu'il y a des initiatives qui se lancent sur des questions un peu de psychologie, d'avoir l'IA non plus comme juste un outil technique pour assister sur une tâche technologique donnée, mais qui pourrait être juste un outil de discussion, d'échange limite quotidien, et qui dans la durée du coup aura une base d'informations tellement riche qu'elle pourrait suggérer des idées auxquelles on n'aurait pas pensé. ou nous rappeler des choses assez importantes. Ce qui pose évidemment énormément de questions éthiques, d'une part de sécurité, d'autre part évidemment aussi. Mais il y a cet aspect-là plus humain de l'usage de l'IA, qui me semble aussi être une des pistes vraiment intéressantes de cette technologie-là. En plus évidemment de tous les aspects plus techniques, pratiques, qu'on évoquait jusqu'à maintenant. qui déjà en soi sont quand même assez fascinants dans ce qu'ils permettent. Mais oui, j'attends un peu cette partie sur le côté AI for humans, un truc un peu dans ce genre-là. Je vais suivre de près s'il y a des initiatives qui sont lancées là-dessus.
- Speaker #0
Greg, merci infiniment, c'était passionnant. Où est-ce qu'on peut te suivre ou te retrouver si on veut suivre ton actualité ?
- Speaker #1
Alors écoute, sur LinkedIn principalement, Greg L'Hôtelier, c'est assez facile de m'y retrouver, je poste assez régulièrement. Et plus récemment, on a lancé un Slack qui s'appelle Dev with AI, qui est pour les développeurs qui se posent des questions sur l'intelligence artificielle, justement parce que c'est un gros sujet parmi les développeurs. Donc s'il y a des développeurs qui nous écoutent et qui veulent nous rejoindre, vous pouvez nous retrouver sur ce Slack, devw.ai.
- Speaker #0
.ai.com Le lien sera dans la description. Merci encore une fois. À très bientôt.
- Speaker #1
Merci.