- Speaker #0
Bonjour Jessica.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors tu as commencé ta carrière dans le monde de l'art classique si je puis dire avant d'évoluer vers le web 3, la blockchain, la crypto. Est-ce que tu peux me parler de cette évolution, de tes débuts et de ce qui t'a mené en fait vers le monde de la blockchain ?
- Speaker #1
Oui alors moi j'ai commencé mes études en tant qu'artiste, je voulais devenir artiste peintre donc j'ai fait l'école des arts décoratifs de Strasbourg. Rien à voir avec la crypto au début, mais quand j'ai eu mon diplôme, j'ai travaillé en tant qu'artiste pendant trois ans. J'ai fait des résidences d'artistes, des expositions un peu partout dans le monde, mais je me suis rendu compte que les jeunes artistes ne gagnaient pas leur vie grâce à leur art. C'était très difficile, il fallait rentrer en galerie ou avoir quelqu'un qui croit vraiment en toi pour que l'intermédiaire vende ton travail. Et moi, ça me gênait beaucoup parce que je me suis dit... En école d'art, on écrit quand même un mémoire, on a un master, et en fait, on n'a pas la possibilité de monétiser comme quelqu'un qui fait une école, tu vois, n'importe quelle université. Et du coup, j'en ai un peu parlé autour de moi, et j'ai fini par faire une école de commerce. Je me suis dit, bon, si j'ai un master en art, peut-être que si je fais une école de commerce, ça va m'aider pour la suite. Et en fait, en rentrant... en école de commerce, donc j'ai fait l'ESCP à Paris. J'avais comme idée de créer ma propre boîte. Je me suis dit, peut-être que moi, je pourrais aider les jeunes artistes à gagner leur vie. Et donc, j'ai fait un master en management de la culture à l'ESCP. C'était un master spécialisé de un an, où j'ai développé un business plan pour créer une galerie d'art en ligne, pour vendre les œuvres de jeunes artistes directement. Au collectionneur Millenials. Donc ça, c'était la deuxième étape. Et pendant que j'étais en école de commerce, j'avais des cours de marché de l'art. Et en fait, on avait un prof qui venait de chez Christie's. Et c'est là, en fait, où j'ai entendu parler de la blockchain. Et c'était en 2018. Et en fait, j'ai regardé un peu, j'ai fait des recherches sur Internet. Et je me suis dit, ça a l'air intéressant pour le monde de l'art. Et ça pourrait vraiment révolutionner ce milieu-là. Ensuite, j'ai eu mon master en 2019. Et puis, il y a eu le Covid en 2020, je crois. 2020-2021. Et à ce moment-là, j'étais chez moi sur Clubhouse. Et en fait, je suis tombée sur une personne qui s'appelait à ce moment-là encore Artémor. Et qui parlait de NFT. Et il parlait de comment il achetait des œuvres en ligne qui sont... que tu peux vérifier sur la blockchain, etc. Et en fait, à ce moment-là, j'ai commencé à être hyper intéressée par les NFT et comment les artistes peuvent vendre leurs œuvres en ligne sans intermédiaire.
- Speaker #0
Oui, alors effectivement, c'est le gros avantage pour monétiser lorsqu'on est artiste et lorsqu'on débute. C'est comme ça que tu as commencé finalement à créer des œuvres digitales. Parce qu'avant, tu voulais être artiste peintre, mais tu es passé du coup vers le digital à 100% à la suite de cette découverte.
- Speaker #1
Exactement. Quand j'ai entendu parler des NFT, je suis allée faire mes recherches un peu sur Tezos, surtout parce que Art&More parlait beaucoup de Iketnunk. À l'époque, c'était un marketplace NFT pour les œuvres d'art en ligne sur la blockchain Tezos. Et en fait, au début, j'ai commencé à collectionner parce que c'était plus simple pour moi pour comprendre un peu comment ça fonctionne. Et ensuite, je me suis dit, mais en fait, je suis artiste, donc pourquoi pas essayer de... Mettre les œuvres d'art que je faisais avant sur Conva, moi j'utilisais Conva, c'était facile, je pouvais ajouter des petits gifs, des choses comme ça, faire en sorte que mes peintures bougent, etc. Et en fait, j'ai commencé à créer des œuvres d'art en ligne comme ça, je les ai mis sur la blockchain et je commençais en fait à les vendre un peu à des personnes que je ne connaissais même pas, qui étaient sur internet un peu partout dans le monde et surtout qui étaient anonymes et je trouvais ça assez drôle.
- Speaker #0
Alors, ce qui est intéressant, c'est que tu as pas seulement un nom d'artiste, mais un véritable alter ego ou un online persona. Tu vas nous en parler, mais qui s'appelle Jesse Fries. C'est comme ça qu'on te connaît sur les réseaux. Qu'est-ce qui t'a amené à créer ce personnage et tout l'univers qui va autour ? Parce qu'encore une fois, ce n'est pas qu'un nom d'artiste, c'est beaucoup plus que ça.
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai que maintenant, tout le monde le connaît sous Jesse Fries. Je ne suis pas sûre que les gens connaissent mon vrai nom, et tant mieux. Alors déjà, c'est un peu compliqué comme histoire. C'est vrai que quand je suis arrivée dans le milieu NFT, crypto, etc., je voyais que beaucoup de gens étaient anonymes. Et aussi que c'était un monde très masculin, un peu toxique. Donc je suis rentrée avec un nom qui n'était pas le mien, Jesse Jan. En fait, c'est une amie qui m'avait donné ce nom. Je me suis dit, je vais l'utiliser. Pour rester un peu anonyme, parce qu'on ne sait jamais, sur Internet, il y a des gens un peu spéciaux. Et en fait, au fil du temps, j'étais vraiment active sur Twitter, dans le monde de l'art, des NFT, etc. Et je voyais pas mal de mecs qui postaient sur Twitter « I'm in it for the culture » . Donc, je suis dans cet espace pour la culture. En fait, c'était surtout des, je pense, des hommes un peu blancs qui avaient beaucoup... d'argent qui avaient réussi à se faire de l'argent dans les NFT, mais en fait, qui achetaient de l'art et qui flippaient les œuvres. Donc en fait, ils se faisaient de l'argent grâce aux œuvres d'art qu'ils achetaient à un prix plutôt bas, qu'ils revendaient après, quand l'artiste avait une cote un peu plus grande. Et moi, je trouvais ça quand même assez hypocrite, parce qu'en fait, t'es pas dedans pour la culture, t'es surtout dedans pour faire de l'argent. Et je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué, on avait beaucoup qui disparaissaient au moment des bear markets, etc. En tant qu'artiste, j'ai voulu créer la même chose mais version féminine. Je commençais à créer des œuvres avec « I'm in it for the fries » . Pour moi, les frites, c'est un peu un symbole d'une fille qui veut être indépendante. On a beaucoup ce hashtag et même depuis des années qui est « fries before guys » . Les frites avant les garçons. Et je me suis dit, ça c'est un peu une façon de me démarquer, de créer quelque chose d'un peu drôle autour de In It For The Culture. Et en fait, quand je suis commencée à créer des œuvres comme ça sur Tezos, il y a une artiste que j'apprécie beaucoup, qui est une OG du crypto-art, qui s'appelle Stella Bell, qui a commencé à acheter un peu toutes mes petites œuvres qui représentaient Fries Before Guys, In It For The Fries, etc. Et tout d'un coup, je me suis dit, en fait Créer une marque un peu personnelle, quelque chose qui se distingue de ce qui se fait déjà sur Twitter, ça intéresse des personnes qui sont un peu comme moi, qui sont féministes, qui aussi cherchent à se démarquer. Et en plus de ça, les gens commençaient à faire des blagues autour des frites, on m'envoyait des messages vocaux, des vidéos en DM. Les gens me disaient « regarde, je suis en train de cuire mes frites avec de l'herbe » . dessus, je l'ai fait au four, etc. Et je trouvais ça très drôle, en fait, que les gens me taguent sur des photos de Fride, etc. Et en fait, au départ, je ne me suis pas dit, ah, je vais créer ce personna, c'est juste que j'ai fait une blague et en fait, les gens ont tout de suite accroché. Et puis après, j'ai continué autour de ça.
- Speaker #0
Ça a commencé comme une plaisanterie, c'est devenu un mème et ensuite, c'est devenu ton alter ego, ton online persona. Parce que tu as un univers qui est très identifié et assez en décalage avec ce qu'on voit ailleurs sur les artistes blockchain. C'est très rose, c'est très girly, mais derrière le côté assez léger, il y a quand même des vraies valeurs. Tu parlais de féminisme, tu parlais de la place des femmes dans le milieu de la crypto. Est-ce que tu as eu tout de suite cette volonté de peut-être faire passer un message où ça a vraiment commencé, je dirais un petit peu... par hasard et après les valeurs sont venues derrière ?
- Speaker #1
Je pense que j'avais quand même déjà cette volonté parce que quand je suis arrivée sur Thésos, je sais que j'avais déjà ce côté un peu féministe. Moi j'ai toujours, en tant qu'artiste, j'ai toujours eu un message féministe. Même le mémoire que j'avais écrit à l'école des arts déco, ça s'appelait la révolte oubliée. Donc je parlais vraiment du féminisme. dans mon mémoire. Donc j'ai toujours été comme ça. Mais quand j'ai créé justement ces œuvres d'art autour de Five Before You Guys, c'est vrai que déjà, je remarquais que sur les plateformes, les marketplaces NFT, les galeries d'art en ligne, etc., il y avait beaucoup d'artistes qui étaient au top des ventes et c'était des hommes. Donc moi, c'était des choses que je remarquais, tu vois, des petits détails, ce que certaines personnes tweetaient sur Twitter. Les artistes qui se vendaient le mieux, les artistes qui étaient le plus visibles. Et en fait, quand j'étais sur ces plateformes, moi je voyais qu'il y avait beaucoup de femmes artistes qui venaient d'Argentine, du Brésil, qui créaient des œuvres magnifiques, mais qui n'étaient toujours pas dans les top 10, etc. Et je me suis dit, en plus venant du monde de l'art, où c'est pareil, c'est toujours les hommes artistes qui sont dans les top 5, top 10 des meilleures ventes, je me suis dit, en fait, le schéma ne fait que se répéter à chaque fois et il faut casser ça. C'était un peu le message que j'avais en tête quand j'ai créé Fries Before Guys.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu as l'impression que les lignes ont bougé ou que ça reste quand même encore très masculin au niveau des artistes. Il me semble que c'est quand même peut-être un peu plus équilibré, mais c'est quoi ta perception par rapport à ça ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question parce qu'en fait, au fil du temps, j'ai commencé à me détacher du monde de l'art dans la crypto. Donc, je ne sais pas si je pourrais répondre par rapport au monde de l'art. Mais ce que je me rends compte, en tout cas dans le monde de la crypto, c'est qu'il y a eu beaucoup plus de collectifs de femmes, de projets autour de femmes qui ont pour but en fait d'onboarder plus de femmes dans la crypto. Il y a Shify, il y a Berabadiz. Il y a plein de projets comme ça qui font que maintenant, quand tu vas sur Twitter, en fait, il y a plein de femmes dans la crypto, mais vraiment énormément. Après, est-ce que les femmes artistes sont mieux classées dans les classements d'artistes qui font le plus de ventes ? Ça, je ne sais pas.
- Speaker #0
Et alors, est-ce que cet alter ego, justement, qui est ultra marqué en termes d'esthétique, encore une fois, très girly, très paillette, tout ce qu'on veut, t'as permis d'attirer justement d'autres femmes autour de toi et autour des valeurs que tu diffusais. Est-ce que ça fait une espèce de filtre sélectif où tu attires un certain public qui au départ ne se retrouvait pas forcément dans cet univers-là ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, moi, c'était surtout sur Lens, qui est un réseau social décentralisé que j'ai connu en 2022, sur lequel j'ai commencé à poster, etc. que j'ai commencé à découvrir en fait que j'avais une audience qui existait vraiment en ligne mais que j'avais pas forcément trouvé sur Twitter avant. Et surtout en fait des femmes qui, je pense, étaient inspirées par le côté très sassy de Jessie Fries. Parce qu'en fait ce que je poste en ligne c'est vraiment la girly qui n'a pas peur de s'exprimer, qui en fait même de trop, tu vois, qui dit que les filles sont mieux que les garçons. qui monétisent. En plus, moi, je monétisais déjà très rapidement. Et je pense que les filles se sont dit « Ah, mais attends, en fait, tu peux être girly, tu peux mettre des photos de toi avec des mini-jupes, et tu peux en plus gagner de l'argent et être dans les top créateurs. » Et je pense que ça, ça a inspiré pas mal de personnes, parce que c'est vrai que quand tu es une femme dans ce milieu, il y a beaucoup de choses que tu n'oses pas faire.
- Speaker #0
C'est plus facile de trouver une audience sur Lance, sur par exemple Farcaster. que sur Twitter ou sur les réseaux plus classiques comme Instagram ?
- Speaker #1
Alors, je pense que ça peut être plus facile, mais je pense que ça peut l'être, mais ce n'est pas forcément plus facile. En fait, ce qui est plus simple, c'est qu'il y a moins de monde. Donc, sur Twitter, tu as des millions, enfin, je ne sais pas combien d'utilisateurs il y a sur Twitter, mais sur Lens, en 2022, on devait être, je pense, une centaine ou un peu plus, mais il n'y avait pas, je ne sais pas, peut-être mille personnes, je ne sais pas. Mais il n'y avait pas des millions de personnes sur Lens, donc c'était très facile de se démarquer au début. Et en plus, comme c'était nouveau, tout le monde avait soif de connexion. Donc tout le monde voulait être ami avec tout le monde, c'était très simple. En fait, on s'envoyait des messages, des DM, c'était facile de répondre à tous les commentaires qu'il y avait, etc. Donc c'est vrai que je pense que j'ai eu une chance, c'est que j'ai été early dessus. Après, il n'y a pas... plein de gens qui étaient hors-lit dessus et qui n'ont pas forcément réussi à faire la même chose. Mais je pense que quand on a un projet en tête et qu'on est très... Moi, je passais ma vie dessus. C'était vraiment... Je me levais le matin, je faisais des... Je répondais à tout le monde dans les commentaires. Enfin, j'étais partout. Tu ne pouvais pas ne pas me voir sur Lens.
- Speaker #0
Que te permet en fait de faire ces réseaux qui sont quand même très niches ? Que ne te permettrait pas peut-être de faire des réseaux sociaux où tu pourrais aller chercher une... Une audience peut-être plus large. C'est vraiment la connexion avec ton public ou c'est aussi de parler, de mettre en avant des thèmes ou une esthétique qui auraient peut-être moins de visibilité ailleurs ?
- Speaker #1
Je pense que c'est un peu tous ces points que tu viens de citer. Surtout ce que je me rends compte maintenant, parce que maintenant je mets le plus de focus sur Twitter, parce que je me suis rendu compte qu'au fil des années, j'ai mis beaucoup de focus sur Lens. Ensuite, Lens a un peu... C'est devenu silencieux, du coup je suis passée sur Farcaster. Et maintenant Farcaster c'est un peu plus silencieux parce qu'il y a BaseApp qui est en train de grandir. Et je me suis dit en fait c'est vrai que pour trouver des opportunités, il faut quand même que je grandisse aussi sur Twitter. C'est un réseau social qui est immense. Et ce que je me suis rendu compte en fait récemment, c'est que la facilité que j'avais sur Lens par exemple, c'était que je pouvais créer une communauté assez rapidement. La convertir en communauté engagée qui ensuite était prête à tester tous les produits, les services que je voulais essayer de mettre en ligne. Par exemple, en 2023, j'ai lancé un bot d'intelligence artificielle qui s'appelait Fry's GPT. C'était un peu au même moment où ChatGPT était à la mode. Je voulais, encore une fois, créer une version girly. Donc c'était Fries GPT, tu pouvais parler de frites, de tes problèmes d'amour, etc. Et elle était toujours très positive. Elle te disait qu'il fallait que tu slayes toute la journée, que les garçons, voilà, c'est trop nul et tout. Mais c'était marrant. Et donc, ma communauté a payé. Ce n'était pas grand-chose. Je crois que c'était genre 25 dollars. Bon, c'est quand même quelque chose. Ce n'était pas non plus énorme pour pouvoir avoir accès à Fries GPT et avoir accès à ma communauté privée. J'ai eu plus de 100 personnes qui ont payé pour ça. Et c'est vrai que ça permet en fait, je pense que si tu as une idée en tête, que tu as un MVP, que tu as envie de tester, c'est tellement simple de le tester sur Lens ou Farcaster parce que les gens sont vraiment là pour t'aider et la communauté est beaucoup plus petite. Et ce que je me rends compte maintenant sur Twitter, je viens d'être monétisée il y a deux semaines. Et là, je me dis, en fait, si j'ai envie de créer une communauté qui est token gated, où il faut que les personnes payent pour avoir accès à quelque chose de spécial, ça va être beaucoup plus dur parce que sur Twitter, tu as plein de grands influenceurs, créateurs de contenu qui sont déjà hyper établis. Et toi, tu dois en fait te démarquer à fond. Et c'est vrai que j'ai beaucoup pensé à ça récemment. Je me suis dit, c'est vrai que Farcaster et Lens, on teste tout beaucoup plus vite et beaucoup plus early. Maintenant, il y a pas mal de gens qui sont en train de faire du vibe coding sur Twitter, par exemple. Des créateurs qui offrent des applications un peu drôles qui sont créées à leur communauté. Mais ça, c'est quelque chose que moi, j'avais déjà fait en 2025 sur Farcaster. Et j'ai créé trois ou quatre mini-apps. Et c'est vrai que je me dis, en fait, Twitter est un peu en retard à chaque fois sur tout ça.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est plus mainstream et qu'il y a peut-être beaucoup... beaucoup plus de monde et qu'on ne voit peut-être pas émerger ces trends aussi vite qu'on le verrait sur d'autres réseaux. Si je réunis ce que tu dis, finalement, c'est que Farcaster ou Lens, c'est pratique pour tester de nouvelles idées dans une démarche artistique, aussi entrepreneuriale, parce qu'on peut faire du business dessus. Et si on voit que ça prend auprès d'une communauté qui est très niche, on peut ensuite se diriger sur des réseaux plus mainstream et la diffuser à une audience plus large. Est-ce qu'aujourd'hui... Twitter, c'est toujours le réseau de choix pour grandir sur la blockchain ? Ou est-ce que vraiment, toi, tu conseilles d'aller plus vers des réseaux, comme on le disait, Farkaster ou Hoolans ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question parce qu'en ce moment, je suis un peu hésitante là-dessus. Je pense qu'aujourd'hui, Twitter est indispensable si on veut grandir dans le monde de la crypto parce qu'il y a tous les projets. que ce soit des wallets, des protocoles, tout le monde est sur Twitter. Il faut avoir sa marque personnelle sur Twitter. Après, je pense que si la personne a assez d'énergie pour aller sur Farcaster, Base, je pense que c'est assez important parce que j'ai l'impression que Base App, l'application de Base qui est liée à Farcaster, Coinbase, etc., j'ai l'impression que c'est un peu comme Lens était en 2022-2023. C'est nouveau. Il y a des opportunités, en plus c'est lié à Coinbase, il y a des bourses qui peuvent aider les builders, les créateurs à grandir, etc. Donc je pense que ce n'est pas à ignorer, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Là on parle quand même à des gens qui sont dans le milieu de la crypto, qui connaissent en fait les codes et l'univers. Donc encore une fois, on est vraiment sur quelque chose de très niche. Et après, si on va sur Twitter ou ailleurs, sur Instagram, là c'est pour s'adresser à un public qui n'est peut-être pas... notre audience de base, on va dire.
- Speaker #1
Ouais, je pense que, en fait, c'est vrai que BASE et Farcaster, c'est assez compliqué au début, si on ne vient pas du monde de la crypto. C'est dur, mais je sais qu'il y a pas mal de personnes qui ont commencé sur Farcaster et qui n'étaient même pas sur Twitter avant, qui viennent de Instagram, par exemple, et qui ont trouvé leur bonheur, qui ont réussi à trouver plein de projets, de collabs, etc. Mais en fait, je ne sais pas si ça répond à ta question ou pas.
- Speaker #0
C'est un commentaire autant qu'une question, mais je suis d'accord avec toi. Moi, je trouve ça très intéressant, ces réseaux très niches qui permettent de se démarquer, de s'adresser à un public qui comprend de quoi on parle, parce que ce n'est pas toujours le cas si on va sur Instagram. Je ne dis pas que tu ne peux pas parler de crypto sur Instagram, mais ce ne serait peut-être pas forcément le premier choix des créateurs de contenu, des entrepreneurs qui sont dans la crypto. par des gens qui veulent nous vendre des formations pour devenir millionnaire en bitcoin ou ce genre de choses. Je caricature beaucoup, mais c'est aussi ça qu'on voit passer. Si on va sur la question de l'alter ego, parce que c'est ça qui m'intéresse beaucoup dans ta démarche, qu'est-ce que t'as permis, Jesse Fry, que t'aurais pas permis de rester ? J'allais dire toi-même, mais sans dire que tu n'es pas toi-même avec Jesse Frys. Mais qu'est-ce que Jesse Frys apporte à Jessica et vice-versa peut-être ?
- Speaker #1
Alors, je pense que ça me permet, en tout cas en tant que personne très réservée, ça me permet de pouvoir m'exprimer comme j'ai envie sur les réseaux. Parce que c'est vrai que, en fait... Quand tu regardes un peu, je ne dis pas que je suis une célébrité, attention, mais quand tu regardes un peu tout ce que pas mal de grandes créatrices de contenu ou des célébrités, etc. ont fait, c'est qu'ils ont tous des alter-égo. Parce que déjà, être sur les réseaux sociaux, c'est difficile. Alors t'imagines, si toi tu te mets avec ta vraie personnalité et toute ton authenticité sur les réseaux sociaux, les gens, ils vont te manger quoi, tout cru. Et du coup, moi, ça m'a permis en fait de me libérer un peu de qui je suis vraiment. Et de pouvoir aussi me mettre dans la peau de la fille que j'ai envie de représenter aux yeux des autres. Après, c'est vrai que Jessie Fraze, elle a aussi un côté qui est très cringe, que j'ai aussi eu envie de copier sur ce que font les crypto-bros dans le monde de la crypto, parce qu'ils sont hyper cringe et ça marche hyper bien. Et au début, ce que je me suis dit, c'est mais attends, si une femme faisait la même chose, est-ce que ça serait perçu de la même façon ? Parce que ces crypto-bros qui sont cringe, ils sont vus comme des héros. Et genre, c'est les plus forts, ils sont trop cools, etc. Quand c'est une femme qui fait ça, c'est pas forcément vu de la même façon. Alors d'un côté, j'ai des personnes qui adorent ce que je fais, etc. Mais je suis et j'ai été énormément critiquée par beaucoup de personnes. Parce que comment oses-tu, en tant que femme, dire des choses comme ça sur les réseaux ? Comment oses-tu monétiser ta féminité ? Non, en général, dans la crypto, il faut rester... En tant que femme, tu n'as pas le droit d'être féminine et pouvoir réussir dans ce space. Ça,
- Speaker #0
on peut la reprocher directement. Parce que ton contenu, il est quand même... Il y a un côté, comme tu disais un peu, ça s'y gentiment provoque. Je me dis toujours, quand je te lis sur X notamment. Mais ce n'est pas non plus particulièrement polémique. Je veux dire, tu n'attaques personne. Donc, on est vraiment venu de faire ces critiques-là. En attaquant le contenu, le persona et tout ce qui est autour ?
- Speaker #1
Oui, alors j'ai eu beaucoup déjà des commentaires sur les réseaux, surtout sur Lens, où on disait que ça venait surtout venant d'hommes qui disaient que, par exemple, ils en avaient marre que je parle de frites, que personne ne comprenait pourquoi Jesse Frye, ça marchait, qu'il fallait que je me rhabille, tu vois, des trucs un peu toxiques comme ça et que ce que je fais, c'est nul. J'ai eu ça, j'ai eu des DM et aussi j'ai eu des retours de personnes, même de femmes qui parlent entre elles et qui se demandent si je suis vraiment comme ça dans la vraie vie. Donc il y a des gens qui pensent que je suis un peu superficielle, qui ont cette image de la fille girly et un peu bête. Parce qu'en fait les gens ont du mal à associer le fait que tu sois girly et pas bête.
- Speaker #0
ils ont l'impression qu'être girly c'est être bête oui il y a le côté tout rose avec les frites les gens se disent c'est Barbie Crypto en fait si je dois résumer c'est pas comme ça que je le vois évidemment au départ quand j'ai découvert ton contenu moi je dois avouer que le côté frites et tout ça je ne comprenais pas trop l'obsession autour des frites mais c'est un truc qui reste en fait c'est à dire qu'il y a une vraie identité il y a un univers et tu as envie de creuser un peu et derrière tu partages aussi et ça on ne l'a peut-être pas dit suffisamment voire pas du tout dans cette interview mais Merci. Il y a des vrais conseils sur le monde de la crypto, c'est-à-dire, alors pas forcément du conseil en investissement, mais c'est un milieu que tu connais. En fait, tu maîtrises pas seulement les codes, mais vraiment tout ce qu'il y a autour en termes de business. Tu as une chaîne YouTube aussi, sur laquelle on peut apprendre à comment créer son branding online. Il y avait un épisode, je crois récemment, sur les key opinion leaders avec ton invité. Vous discutiez du fait, est-ce que c'est pertinent finalement ? ce type de personnes. Donc en fait, il y a vraiment du fond. Et je pense que si on s'arrête juste sur l'esthétique, alors qu'on aime ou pas, ça c'est une question de goût, on peut peut-être passer à côté de ça. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est effectivement pas juste de l'esthétique et la petite provoque qui va avec, mais derrière, tu maîtrises tes sujets.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Je pense que les gens le découvrent aussi un peu... Petit à petit, les personnes qui me connaissaient sur Lens et Farcaster, je pense qu'ils voient qu'en fait, je ne suis pas juste là pour faire de l'entertainment, même si j'adore et je pense que mon persona et mon projet, il y a une grosse part d'entertainment dans ce que je fais parce que je pense vraiment que les gens sont en ligne pour apprendre, mais aussi pour être divertis et moi, j'aime bien divertir aussi les gens. Et j'aime bien être divertie. Divertie, on dit ? Divertie. On dit ça, j'aime bien être divertie ? Et qu'est-ce que je voulais dire ? Et du coup, par exemple, il y a des personnes qui découvrent comme ça que je reçois des bourses, par exemple, Baze, c'est des énormes protocoles, etc. Que je fais de la création de contenu, qu'il y a des marques qui me sponsorisent. Et du coup, ils se disent, en fait, ce qu'elle fait, ce n'est pas juste pour faire des blagues. C'est vraiment, c'est solide. Parce que sinon, elle n'aurait pas tout ça. Tu vois ce que je veux dire ? Mais j'ai l'impression qu'avec mon personnage, je dois faire un double travail. C'est-à-dire qu'à chaque fois, peut-être une fois, deux fois par mois, il faut que je rappelle aux gens que ce que je fais, il y a un message qui est solide derrière et que ce n'est pas juste tout est rose et il y a des frites, etc.
- Speaker #0
Oui, encore une fois, il y a du fond, mais on n'est pas obligé d'être austère pour parler de choses sérieuses. Et ça, je trouve que tu le fais plutôt bien. C'est-à-dire que derrière le côté... effectivement assez léger dans l'esthétique, même si elle est plus travaillée qu'on l'imagine au départ. C'est ce côté où tu maries le fond et la forme et d'une manière que je n'ai pas vue chez d'autres créateurs de contenu. Aujourd'hui, c'est quoi l'évolution à venir pour toi ? Parce que ça a commencé finalement avec le côté un peu... Une blague, tu disais, qui est devenue un mème, qui est devenu ensuite un personnage, un mème, un alter ego. C'est quoi l'évolution pour toi ? C'est d'aller plus dans l'influence, plus dans l'entreprenariat, de lier les deux ? Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'influenceurs qui deviennent des entrepreneurs et d'entrepreneurs qui deviennent des créateurs de contenu ou des influenceurs. C'est de continuer en fait sur cette voie-là ? Tu as des idées, des projets pour l'année qui vient ?
- Speaker #1
Oui, alors comme je le disais avant, j'ai passé... On va dire trois ans sur les réseaux sociaux décentralisés. C'est juste en début d'année que j'ai commencé à mettre vraiment le turbo sur Twitter. Parce que, comme je disais, je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup d'opportunités dessus et qu'en fait, les gens ne me connaissaient pas forcément. On me connaissait sur Lens et sur Farcaster, mais le travail que j'avais fait, en fait, ne m'a pas servi à grand-chose parce qu'il fallait que je recommence du début sur Twitter. Et du coup, en tout cas, cette année, mon but, c'est de grandir ma marque sur Twitter. De parler de frites partout jusqu'à ce que les gens commencent à me détester parce que c'est la seule façon pour se faire connaître et monétiser dessus. Parce que moi, ce que j'essaye de faire, c'est d'apprendre à utiliser ces outils-là pour me monétiser et apprendre aux autres comment j'ai fait.
- Speaker #0
Je pense que c'est à portée de main pour tout le monde. Si on peut le faire et apprendre aux autres comment le faire, c'est génial. En plus de ça, je pense que c'est un peu le moment pour moi de sortir du online. J'ai un espèce de petit rêve depuis l'année dernière. C'est de faire un petit événement durant un événement crypto qui s'appellerait Fries and Champagne. Et en fait, je voudrais inviter des femmes qui sont créatrices de contenu dans la crypto et en fait de tout filmer. Et en fait, on discuterait de comment est-ce qu'on a fait pour devenir créatrice de contenu, nos conseils. Et les personnes, enfin les femmes qui s'y connaissent moins, mais qui sont intéressées pourraient poser des questions. Et en fait, tout filmer et mettre un peu les moments clés sur YouTube, etc. Je pense que ça pourrait être intéressant parce qu'il y a beaucoup... En fait, on parle beaucoup de création de contenu dans la crypto, tout le monde dit que c'est le moment de le faire. Il y a plein de side events, de dîners qui se font, mais en fait, il n'y a pas de traces. Et moi, je trouve ça un peu dommage parce qu'on sponsorise des événements, on fait des choses, mais en fait, comment est-ce qu'on va onboarder d'autres personnes si on ne met pas une vidéo sur YouTube qui pourrait inspirer des femmes qui ne sont peut-être pas dans la crypto, mais qui sont créatrices de contenu qui se disent, en fait, ce milieu-là m'intéresse, comment est-ce que je peux faire pour... pour rentrer dedans. Et même, ça peut être des femmes qui sont déjà dans le milieu, mais qui ne savent pas comment devenir créatrices de contenu, qui n'ont pas les moyens de voyager. Elles pourraient regarder cette vidéo et se dire « Ah, mais en fait, c'est comme ça, c'est vrai que c'est intéressant, etc. »
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que tout le monde n'a pas accès aux événements qui sont... parce que c'est quand même assez niche, encore une fois. Les événements, je dirais, de qualité. Ensuite, peut-être que les réseaux comme Leanne sous Farcaster, ça peut être... Enfin, je ne dirais pas que ça fait peur, mais au départ, on se dit que... Ce n'est pas forcément si simple que ça à utiliser, peut-être moins simple qu'Instagram, dont on connaît les codes plus largement. Donc, excellente idée en effet. C'est quoi ta vision justement du milieu Web3, crypto aujourd'hui ? Parce que tu y es depuis longtemps, depuis 2018, tu disais tout à l'heure. Donc, il y a eu un gros pic aux alentours de 2021-2022 avec toute la vague des NFT qui est venu et reparti, si je puis dire, parce qu'il y a eu beaucoup de... de hype autour de ça et puis c'est ça n'a pas disparu mais en tout cas on en parle beaucoup moins du fait de l'arrivée de l'IA mais pas seulement. Comment toi tu vois ce milieu évoluer ? Parce qu'il y a quand même beaucoup de gens qui travaillent encore qui build, il y a des artistes qui sont très très bons mais dont on ne parle plus beaucoup donc c'est quoi ta vision pour les années qui viennent ?
- Speaker #0
Alors déjà je voulais juste dire que je suis dans la crypto surtout depuis 2021 Alors c'est vrai que ce que tu viens de dire, il y a beaucoup moins de discussions autour de l'art dans la crypto. En fait, tout ce qu'il y avait en 2021, encore 2022, pour moi ça a disparu. Je ne sais pas si c'est parce que moi je ne suis plus trop dedans et donc je vois moins des discussions autour de l'art. Mais pour avoir discuté par exemple avec Artémor hier au téléphone qui est... un grand collectionneur de NFT, etc. C'est vrai qu'il n'y a plus grand-chose qui se fait et j'ai peur que ça ne revienne jamais à ce que c'était avant.
- Speaker #1
Là, on parle de la France ou en général, en fait ? Parce que toi, tu as l'occasion, tu ne vis pas en France, tu as l'occasion, tu voyages pas mal, tu participes à des événements, tu es speaker, etc. Donc, est-ce que c'est un phénomène qui est un peu franco-français ou c'est général ?
- Speaker #0
Je pense que c'est général et beaucoup franco-français. C'est-à-dire que... Je pense qu'aux Etats-Unis, il y a encore peut-être des artistes qui réussissent à vendre, des grands artistes, etc. Mais j'ai l'impression qu'en France, ça s'est vraiment arrêté soudainement. Je ne vois plus aucun artiste que je connaissais avant sur Twitter. J'ai l'impression que tout le monde a disparu. Et en fait, c'est aussi dû au marché, avec les trends, etc. Je pense qu'au moment où il y a eu les Meme Coins en 2024 qui sont arrivés, j'ai l'impression que ça a tué le marché des NFT. Et je ne sais pas si ça va revenir. Peut-être que ça reviendra à un moment. Parce que c'est vrai que la technologie de la blockchain, c'est révolutionnaire. Et qu'il y a eu une hype, mais ça ne veut pas dire que ça ne reviendra pas après. Ça ne reviendra pas sous une forme de hype, ça c'est sûr. Mais je pense que ça va prendre des années. Avant que les gens reviennent là-dedans, surtout les artistes, etc. Il faut absolument, je pense qu'il y ait plus d'éducation, d'événements en France, en tout cas si on ne parle que de la France, et des galeries qui s'y mettent vraiment. Parce que je pense que ce qui s'est passé, c'est qu'il y avait la hype, il y a eu des galeries, il y a eu la NFT Factory, etc. Il y a pas mal de projets qui ont essayé d'y rentrer. Mais c'était difficile pour tout le monde, en fait. Pour acheter des NFT, c'était compliqué. Pour expliquer aux gens comment acheter des NFT, avoir un wallet, etc., c'était compliqué. Donc tant que le monde de la crypto ne sera pas friendly pour le monde qui est en dehors de la crypto, je pense que ça ne sert à rien de penser que le monde de l'art pourra retrouver la hype qu'il y avait eu en 2021-2022. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Parce que la technologie de la blockchain, elle est intéressante pour des tas de raisons. La décentralisation, la sécurité, c'est un sujet qu'on connaît pas mal. Après, c'est vrai que pour l'utilisateur lambda, pour un peu monsieur tout le monde, avoir un wallet, ce n'est pas évident. Ça crée de la friction, c'est plus compliqué à utiliser que ce dont on a l'habitude avec son smartphone. Et peut-être que pour les artistes, tu parlais de la NFT Factory. Je pense qu'à l'époque, les œuvres coûtaient cher aussi, donc ce n'est pas forcément simple d'investir dedans. Et peut-être que pour pas mal de petits artistes, et toi tu as commencé petit si je puis dire, on pouvait monétiser ses œuvres, mais c'était peut-être compliqué d'en vivre, parce qu'il y a beaucoup de NFT ou d'art digital qui s'échangeaient pour quelques euros finalement.
- Speaker #0
Non, c'est sûr que c'est difficile. En fait, en tant qu'artiste, il fallait encore une fois faire partie des grands artistes qui se vendaient pour des milliers, etc. Vendre ses œuvres sur Tezos pour 50 dollars, ce n'est pas ça qui va te faire vivre, en tout cas pas en France. Peut-être que si tu habites dans un autre pays, ça peut t'aider, ça c'est sûr, mais c'était compliqué.
- Speaker #1
Alors justement, on parle de l'évolution du marché. On a parlé de ce qui arrivait pour toi, tes projets et le Fries and Champagne. On espère que ce sera pour 2026. Je serais ravi de voir ça sur ta chaîne YouTube, sur tes réseaux. Est-ce que tu as une volonté de laisser une trace ? Ou en tout cas, comment est-ce que tu aimerais qu'on te considère ou qu'on se rappelle de toi ? Tu aimerais être vue comme une entrepreneuse, comme une créatrice de contenu, comme quelqu'un qui fait passer un message ? Ou peut-être tout ça à la fois ?
- Speaker #0
Oui, alors je pense que... Moi, je me suis toujours vue comme entrepreneuse à partir du moment où je suis rentrée dans le milieu de la crypto. Après, c'est vrai que c'est compliqué parce que les gens ont tendance à vouloir mettre tout le monde dans des boîtes. Donc, si tu dis que tu es entrepreneuse, parfois, ils ne vont même pas comprendre que tu fais de la création de contenu. Ils vont penser que tu as une startup ou un projet comme ça. C'est très difficile. Donc, si tu ne te dis pas artiste, les gens ne vont pas comprendre que tu es artiste. Donc maintenant, pour l'instant... Je veux que les gens comprennent que je suis une créatrice de contenu, parce que c'est ce que je fais majoritairement, créatrice de contenu avec une communauté que moi j'ai créée. Mais en même temps, sur le long terme, je veux être vue comme une entrepreneuse qui a créé Jessie Fries et qui a créé un projet qui inspire d'autres femmes à faire la même chose, à utiliser tous ces outils qui sont devant nous en ligne pour monétiser leur marque personnelle sans avoir besoin de... D'intermédiaire ou quoi ?
- Speaker #1
Ok, c'est très clair. Et si j'ai une dernière question, peut-être, qu'est-ce qui fait que selon toi, ça a marché ? À quel moment tu t'es dit, en fait, que ça décollait ? Et est-ce qu'il y a une raison particulière, selon toi, qui fait que tout ça a pris et que ça te permet aujourd'hui de faire tout ce que tu fais ?
- Speaker #0
Je pense que quand j'ai remarqué que ça avait pris, c'était surtout quand j'ai commencé à monétiser sur Lens. Et que je voyais qu'à chaque fois que je mettais un collectible à vendre, les gens l'achetaient. Quand j'ai essayé de créer une communauté, les gens sont rentrés dans ma communauté. À chaque fois que je mettais un truc, les gens l'achetaient. J'ai vendu beaucoup sur Lens. Mais ensuite, c'est quand j'ai commencé aussi à avoir des opportunités. Donc j'ai eu des opportunités en 2024 pour commencer à être créatrice de contenu. Donc j'ai eu un contrat avec une plateforme crypto. Et en fait, je faisais du contenu pour eux et j'étais payée. J'avais aussi travaillé comme marketing lead pour un projet de cinéma décentralisé. En fait, les gens venaient vers moi, on me conseillait, on me disait « Voilà, si tu veux quelqu'un pour ton marketing, si tu veux quelqu'un qui crée du contenu, cette fille, il le fait très bien. » Donc, j'étais un exemple, en tout cas, sur Lens. Et puis, je pense qu'il m'a vraiment ouvert les yeux, c'est quand... Les fondateurs de Lens m'ont invité à hoster un de leurs événements à ETHCC en 2024. Et là je me suis dit, ah ouais, les gens à ce point en fait, on m'invite à des trucs trop cool comme ça et tout. Et je me suis dit en fait, ça a pris. Mais ce qu'il faut savoir c'est que c'est un travail qui est perpétuel. Donc dans la crypto, tout bouge très vite. Un jour tu peux être au top et le lendemain tout le monde t'aura oublié et ce sera quelqu'un d'autre. Et c'est pour ça que c'est un travail qui est infernal, un travail de jour et nuit, parce qu'il faut que tu restes, comment on dit en français, relevant ? Il faut que tu restes... Pertinent. Ah oui, pertinent. C'est parce que j'habite en Finlande, c'est pas pour me la péter. Pertinent aux yeux de tous. Et ça, c'est un travail vraiment de fou. Si tu ne tweetes pas pendant deux jours, les gens, ils t'ont zappé.
- Speaker #1
Donc il y a non seulement la veille pour savoir, continuer à comprendre ce qui se fait et qui le fait, et puis le fait d'être présent, en fait. Surtout sur Twitter, effectivement, où il faut être là tous les jours.
- Speaker #0
Il faut être là tous les jours et il faut être hyper visible. En fait, j'ai l'impression que ceux qui font le plus de bruit sont ceux qui, en général, vont être invités, vont avoir les opportunités, etc. Tu peux être très intelligente, avoir un knowledge de fou dans la crypto. Si on ne le voit pas et si tu n'as pas un réseau vraiment de fou, de personnes qui travaillent dans des projets clés, c'est mort pour toi. Donc, il y a des opportunités, mais il faut se montrer. Il ne faut pas avoir peur. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Si on ne parle pas de ce qu'on fait, ça n'existe pas. En fait, c'est un peu une des règles du monde actuel. Oui. OK, merci beaucoup. Est-ce qu'on peut te retrouver sur Lens, sur X, sur Farcaster ? C'est quoi les plateformes de choix ?
- Speaker #0
Oui. Alors aujourd'hui, je pense que surtout sur Twitter, sous le nom de Jessie Fries. sur Farcaster aussi mais je suis Jessie Jan sur Farcaster donc c'est un peu... On mettra tous les liens dans la description et sur Youtube aussi sur Youtube c'est des interviews finalement c'est un podcast filmé je fais aussi des vidéos pour apprendre aux personnes à créer une marque digitale etc et je... publie pas mal de petites vidéos. C'est des interviews que je fais quand je voyage, etc.
- Speaker #1
Ok, des vlogs, en fait, de tes déplacements. Très bien. Écoute, merci encore une fois. J'étais ravi. Et puis, je te souhaite beaucoup de bonnes choses pour la nouvelle année.
- Speaker #0
Merci à toi. Bonne année.