- Hélène Dumont
Bonjour, je m'appelle Hélène Dumont et vous écoutez Sex'Oh !, le podcast de Famille Chrétienne qui vous ouvre les portes de mon cabinet de sexothérapeute pour une sexualité de couple épanouie, réconciliée et apaisée.
- Marie
Bonjour Hélène.
- Hélène Dumont
Bonjour Marie.
- Marie
Alors dans cet épisode, vous allez nous parler de la ménopause, de son impact sur la sexualité de la femme et du couple. C'est un tournant important pour les femmes, la fin de leur période fertile avec des chamboulements physiologiques pas forcément évidents, l'entrée dans une nouvelle période de vie qui peut faire peur. Mais c'est aussi un moment qui peut être vécu positivement avec son conjoint et en tout cas certainement pas l'arrêt de toute sexualité. Alors d'abord, dites-nous ce qu'est la ménopause exactement et à quel âge elle arrive ?
- Hélène Dumont
Oui, c'est vrai que la ménopause, je vais reprendre les mots de Cécile de Villancourt dans son très joli livre Trésor de femmes. Elle écrit que la ménopause est l'arrêt du cycle ovarien dont le signe le plus visible est l'arrêt des règles aux alentours de 50 ans. Elle en dit beaucoup de choses en réalité, mais j'aime bien cette petite définition courte qu'elle développe ensuite de façon très intéressante. Mais c'est vrai que pour notre propos, je pense que cette définition sera suffisante puisqu'elle me permet de situer la femme finalement dans un contexte de vie, celui d'une transformation hormonale qu'il introduit dans une nouvelle étape de sa vie qui est tout à fait naturelle d'ailleurs.
- Marie
Oui, c'est ça. Donc on retient l'arrêt du cycle ovarien. Bon, alors ça n'intervient pas comme ça directement. Il y a eu toute cette phase de la préménopause avant, j'imagine. Mais là, on peut dire que c'est un peu comme ça. On parle de cette période où les règles se sont arrêtées. Voilà. Mais alors, à première vue, un peu peut-être facilement, on peut se dire que ça doit être très libérateur de ne plus avoir ces règles, enfin.
- Hélène Dumont
Oui, c'est vrai qu'on pourrait penser ça. Et c'est vrai que les femmes, et peut-être plus particulièrement les jeunes filles, elles le disent assez facilement. On les entend, peut-être même vous, entre amis, peut-être que vous vous êtes dit un jour, vivement, que je n'ai plus mes règles pour y aller. piscine.
- Marie
Surtout si ça fait souffrir en fait.
- Hélène Dumont
Voilà, surtout si ça fait mal, ou si ça peut compromettre un projet ou des choses comme ça. Mais en réalité, quand réellement la fin de ce temps cyclique arrive, accepter, intégrer que le corps ne sera plus capable de donner la vie, c'est un moment qui est plus ou moins facile à passer selon les femmes.
- Marie
Oui, j'imagine bien. Qu'est-ce qu'elles vous disent ces femmes précisément ?
- Hélène Dumont
Elles amènent de la tristesse, mais en fait, ce qu'il faut peut-être entendre au-delà de ça, c'est que la perte des règles ou la fin des règles signe la fin du temps maternel périodique. En tous les cas, moi, c'est comme ça que je l'appelle la fin du temps maternel périodique. C'est ce temps où la femme ne pourra plus porter un enfant. Et même si la femme n'avait pas forcément envie de redevenir mère, la réalité de la ménopause le lui rappelle tout en l'intégrant. finalement aussi dans une nouvelle génération de femmes, pour laisser la place aux plus jeunes.
- Marie
Pas facile.
- Hélène Dumont
Voilà, c'est pas facile. Et c'est vrai que ça peut provoquer un temps de crise. Et ce temps de crise, il fait penser aussi à celui de l'adolescence, où la jeune femme, la jeune fille plutôt, entre dans ce temps du maternel périodique, celui des règles, avec tout ce que cela représente, le fait de pouvoir devenir mère. mais aussi d'accueillir un sexe d'homme en soi. Et c'est vrai que la petite fille, en devenant réglée, rentre dans la communauté des femmes avec toutes les peurs que cela peut lui procurer, mais aussi avec l'enthousiasme ou la fierté de grandir, de changer de camp finalement. Et bien à la ménopause, la femme change à nouveau de camp.
- Marie
J'imagine que là c'est un peu plus difficile de ressentir cet enthousiasme et cette fierté-là, comme vous venez de dire.
- Hélène Dumont
Exactement. Et c'est vrai que cette... période de transition. Tout comme à la puberté, ça réactive des peurs. Mon corps se transforme. Quand mon corps se transforme, je n'en maîtrise pas grand-chose. C'est-à-dire que la puberté et la ménopause sont vraiment des temps de transition où le corps, en fait, nous échappe. Donc, à la puberté, c'est les poils qui poussent, les seins qui poussent. À la ménopause, c'est le corps qui vieillit, c'est le corps qui change. La femme peut aussi grossir. La question in fine de tout ça, c'est si mon corps change, Est-ce que je serais encore belle ? Est-ce que je serais encore aimée ? Est-ce que je serais encore femme ? Et c'est vrai que pour de nombreuses femmes, le regard de l'homme, l'homme désirant, valide sa capacité à être séduisante ou en tout cas à séduire encore. Et en vieillissant, la femme perd de sa jeunesse et de sa beauté, en tous les cas si l'on s'en réfère au canon de beauté sociétaux, on est bien d'accord. Donc, elle perd... Peut-être ce sentiment qu'elle pourrait séduire l'autre, en tout cas le capter. Et voilà, donc elle se trouve moins jolie. Et du coup, finalement, ça réinterroge sa légitimité à désirer, à être désirable. Sa légitimité aussi par rapport au plaisir. Voilà, est-ce que je peux encore faire l'amour alors que je deviens vieille ? On pourrait presque résumer de façon grossière les choses comme ça. Comme si la ménopause... en amenant l'idée de la perte provoquait un sentiment de castration. Je ne sais pas si vous me suivez, mais en tout cas c'est une blessure narcissique qui est parfois difficile à dépasser pour la femme et qui pourra du coup concrètement se manifester par de la tristesse, peut-être un peu de dépression, où la femme se sent vide. Il y a quelque chose qui part.
- Marie
C'est logique dans ce cas-là qu'effectivement, elles ressentent une perte de désir. Si on revient dans le domaine de la sexualité, si on est triste, on n'a pas de désir.
- Hélène Dumont
Voilà, si on est triste, en tout cas, ça peut avoir un impact sur la libido, sur le désir. Et ça peut se manifester effectivement par « je n'ai plus envie de faire l'amour » . Mais je pense qu'il est intéressant de rappeler dans ce contexte, dans notre propos, les deux fonctions de la sexualité procréative. Et unitive.
- Marie
Oui, procréative pour avoir des enfants. Et unitive pour unir les conjoints, leur donner de la joie.
- Hélène Dumont
Voilà, leur donner de la joie, leur donner ce sentiment d'être proche, etc. Et en fait, moi, ce que je constate, c'est que quand l'une des deux fonctions est bousculée, on constate que le désir sexuel peut baisser. En fait, on pourrait dire les choses autrement. À quoi bon faire l'amour si on ne peut plus donner la vie ? Voilà, on pourrait presque dire les choses comme ça. Et même si le couple ne désirait plus d'enfants, on peut faire l'hypothèse que le fait que ce soit encore possible, dans les années précédentes, que ce soit encore possible, ça nourrissait le fantasme de pouvoir encore donner la vie, nourrissant par conséquent le désir sexuel.
- Marie
C'est hyper intéressant, même si, par exemple, il y avait une contraception, etc.
- Hélène Dumont
Exactement.
- Marie
Voilà, il y a ce fantasme qui est derrière.
- Hélène Dumont
Il y a ce fantasme qui est là. La femme sait qu'elle peut donner la vie, donc elle se sent puissante. c'est inconscient ou conscient, ça dépend en fait des femmes et ça la motive dans sa sexualité voilà et au niveau alors il y a la ménopause avec tout ce qui se joue au niveau de la vieillesse, du fantasme de cette puissance de vie en tout cas qui peut se transmettre mais revenons au corps de façon très pratico-pratique d'un point de vue physiologique, le corps change Le périnée perd de sa tonicité et plus globalement, les tissus perdent de leur tonicité. On a des rides, la peau qui pend. Certaines femmes peuvent connaître des périodes de sécheresse vaginale. Ça, c'est dû vraiment au chamboulement hormonal. Et c'est vrai que ça entraîne parfois des douleurs et des irritations lors des rapports. En tout cas, s'il y a un rapport avec pénétration. Et à chaque fois, on le sait bien, dès qu'il y a de la douleur, Eh bien, la femme n'a pas envie d'y revenir. D'ailleurs, l'homme non plus, il n'a pas envie de faire mal à sa femme. Donc, ça a un impact sur le désir, sur le plaisir aussi, mais plus globalement sur l'envie de recommencer.
- Marie
D'ailleurs, ça pose un peu la question des représentations. Est-ce qu'une femme peut avoir du plaisir après 50 ans ? Des choses comme ça qu'on entend dans les médias, autour de nous.
- Hélène Dumont
Oui, très bonne question. Est-ce que la femme peut encore jouir après 50 ans ? Peut-elle d'ailleurs avoir une sexualité une fois devenue grand-mère ? Dans les représentations, les grands-parents ne font pas l'amour. Une grand-mère, ça ne fait pas l'amour, mais un grand-père non plus. Et c'est vrai que pour... contourner ça, certaines femmes reviennent dans le maternel en s'occupant des petits-enfants. Et du coup, pour échapper à cette question de l'érotisme, elles s'investissent à fond dans le maternel et elles délaissent du coup un peu le féminin érotique et parfois plus largement la dimension conjugale en réalité. Comme ça, elles mettent vraiment bien à distance tout ce qui pourrait les ramener à la sexualité.
- Marie
Et donc vous parlez des grands-pères, j'ai entendu parler de l'andropause. Est-ce que c'est une vraie réalité ça ou c'est faux ? Les hommes ne connaissent pas ça.
- Hélène Dumont
Heureusement que les hommes ont aussi leur questionnement, sinon ce ne serait pas juste. Et eux, ils ont la diminution, oui effectivement, on parle d'andropause avec la diminution progressive de la production de testostérone. Et oui, l'homme vieillit, il a peut-être pris du ventre, perdu ses cheveux. Peut-être qu'il se sent plus fatigué, ça c'est des choses qu'on entend aussi en entretien. Et puis il peut rencontrer tout simplement aussi des difficultés liées à son âge, des érections qui sont peut-être plus longues à venir, une éjaculation qui est plus longue aussi à venir. Il peut ressentir aussi moins de plaisir ou avoir moins de désir, tout simplement. Il est peut-être moins demandeur. Alors ce sont des choses qui sont tout à fait normales. Mais en fait, tout comme la femme, finalement, c'est la façon dont l'homme... va vivre cette transformation qui sera déterminante sur son désir et sur son plaisir.
- Marie
Alors donc, venons-en à la manière de vivre positivement les choses. Quelque chose qui peut aider, c'est cette libération de la peur de tomber enceinte qui pouvait peut-être freiner auparavant cette sexualité conjugale.
- Hélène Dumont
C'est paradoxal. À la fois, elles sont tristes et en même temps, il y a quand même ce soulagement. de se dire, plus de contraception ou plus d'observation du cycle, qui pouvait être en plus assez compliqué au moment de la périménopause. Donc, certaines femmes n'auront plus peur de tomber enceintes. Et donc, elles seront soulagées par les questions de fertilité. Et du coup, ça va laisser plus de place au désir. Et comme il y aura plus de place pour le désir sexuel, certaines femmes vont retrouver la joie de se relier à leur mari, à leur conjoint, dans la sexualité. Donc elles vont... se permettre d'explorer des nouvelles choses, d'explorer leur corps. C'est une redécouverte, une renaissance. En tout cas, c'est vraiment des choses qu'on peut entendre en consultation.
- Marie
Génial.
- Hélène Dumont
Et le deuxième point qui vient beaucoup aussi, c'est que les femmes me disent qu'en fait, arrivées à 50 ans, on n'a peut-être plus envie de se prendre la tête aussi.
- Marie
Oui, c'est-à-dire dans quel sens ?
- Hélène Dumont
Certaines disent qu'elles sont finalement bien dans leur peau. C'est paradoxal. Ce corps vieillit. Et en même temps, chez certaines, il y a cette impression de s'asseoir enfin en soi, d'habiter pleinement son propre corps. Donc elles se sentent beaucoup plus libres aussi par rapport au regard des autres. Il y a une maturité, il y a une expérience de vie.
- Marie
Elles s'assument.
- Hélène Dumont
Elles s'assument, libérées des attentes sociales aussi. Certaines découvrent aussi parce qu'elles en ont le temps aussi. Comme à 50 ans, souvent les enfants ont quand même grandi. elles ont plus de temps pour prendre soin de leur corps, de leur vie sociale, pour investir aussi parfois leur vie professionnelle différemment. Donc voilà, avoir 50 ans, c'est chouette parce que les enfants grandissent. Même si on les a eu à 40, ils ont 10 ans, donc ils rentrent doucement au collège. Et du coup, il y a quand même plus d'autonomie et ça permet à la femme d'investir d'autres espaces. Et ça, c'est tellement bon.
- Marie
Et puis j'imagine qu'il y a aussi autre chose qui peut les aider, c'est la façon dont leur conjoint les regardera et les encouragera dans cette période de vie.
- Hélène Dumont
Oui, ça c'est tellement vrai. C'est vrai que l'homme a un rôle à jouer, à mon sens. Plus il regarde sa femme de façon positive et aimante, plus ce regard va renforcer son estime d'elle-même. Pour moi, c'est le meilleur antiride. C'est-à-dire, monsieur, messieurs, si vous ne voulez pas avoir une femme. qui vieillit et qui dépense dans les antirides. Mais regardez-la ! Dites-lui qu'elle est belle ! D'ailleurs, l'inverse est vrai, mesdames. Renvoyez ce compliment aussi à votre homme, parce que je pense qu'il y a un réel effet aphrodisiaque et bienfaisant, en tout cas au niveau des couples. Après, il ne faut pas attendre d'avoir 50 ans, on est bien d'accord, pour dire à sa femme ou à son homme, tu es magnifique. Je pense que c'est plutôt le résultat de tout ce qui a quand même été semé en amont, même si on voit des renouveaux quand même à cette période-là, justement parce qu'il y a plus de temps. Mais c'est vrai que plus le temps aura investi cet espace du couple de façon imparfaite, mais juste bienveillante, plus ce sera facile de l'investir de nouveau, de le transformer ou de continuer de le nourrir au moment de la ménopause et de l'andropause.
- Marie
Dites-nous maintenant qu'on a vu ces impacts positifs et négatifs de la ménopause, qu'est-ce qu'elles vous disent les femmes en consultation au sujet de l'impact de cette période de vie dans leur sexualité de couple ? De quoi elles se plaignent ?
- Hélène Dumont
Je vois deux plaintes principales qui sont déposées en consultation. C'est celle de la régularité et celle de la complicité. La régularité, c'est-à-dire que la prise de conscience de ce vieillissement, peut renvoyer à des angoisses de perte ou de mort. Ces angoisses sont parfois vécues de façon plus projective, d'ailleurs quand un ami proche ou quand un parent est décédé à ce moment-là.
- Marie
J'imagine que l'effet mouiroir est assez dévastateur.
- Hélène Dumont
Oui, c'est dur. Et cette prise de conscience aiguë que la vie peut s'arrêter provoque parfois un élan de vie. Un regain de désir pour contrebalancer les angoisses de mort et pour rester en vie. La sexualité, c'est quand même la vie. permet de rester en vie. Alors, quand c'est partagé, même de façon imparfaite, tout va bien. C'est-à-dire, on va plus faire l'amour, on est content, etc. Mais en fait, ce n'est pas toujours le cas. Et parfois, l'un des deux se fait même plus pressant. Et quand l'un des deux se fait plus pressant par rapport à la fréquence, par rapport à la régularité, souvent, je constate que la demande est justifiée de la façon suivante. C'est-à-dire qu'il faut absolument que l'on fasse l'amour pour rattraper le temps perdu. On a gâché notre vie sexuelle parce qu'avant, on n'avait pas le temps, il y avait le travail, il y avait les enfants. Et du coup, c'est comme si d'un coup, l'un des deux voulait essayer plein de choses. Donc voilà, on est toujours quand même dans la continuité de ces angoisses d'effondrement, ces angoisses de mort, etc. Donc dans cette expression du désir, il y a de l'urgence, l'urgence de vivre. Mais il y a aussi l'idée d'un remboursement chez certains couples. C'est-à-dire, avant tu t'occupais des enfants, maintenant tu vas t'occuper de moi. Et ça se crispe, ça se projette sur la sexualité. Donc finalement, dans ce contexte-là, c'est l'angoisse ou la frustration qui est moteur. Et on sait très bien que quand l'angoisse ou quand la frustration est moteur, c'est jamais très bon, ça culpabilise. Et finalement, ça va plutôt étouffer le désir de l'autre, plutôt que de le nourrir. On pourrait presque dire que la demande sexuelle apparaît comme la conséquence d'une relation de couple où l'un des deux se sentait lésé.
- Marie
C'est ce que vous avez évoqué avec la réparation.
- Hélène Dumont
Comme le temps de la ménopause correspond souvent au moment où les enfants grandissent, voire partent, la personne se sentant lésée demandera une réparation de façon urgente au regard du temps qui passe.
- Marie
C'est la relation de couple à ce moment-là qu'il faut revisiter.
- Hélène Dumont
Oui, c'est la demande de régularité qui vient questionner la façon dont le couple a bien envie de se rapprocher, de se coller, de fusionner, de se décoller. Et quand l'un amène des angoisses ou des pressions, l'autre n'a pas envie forcément de se coller à ça. Donc tout partager, oui, mais récupérer les émotions désagréables de l'autre, non. On est bien d'accord, on n'est pas la poubelle émotionnelle de notre conjoint ou de notre femme. Donc comment on... en tant que couple, comment s'organiser pour établir dans un premier temps une relation peut-être plus apaisée. L'un des deux devra peut-être travailler sur soi pour comprendre ses peurs.
- Marie
Comme toujours, la sexualité c'est un peu la caisse de résonance de ce qui se passe dans le couple, chez chacun.
- Hélène Dumont
Exactement.
- Marie
C'était la régularité qui était questionnée par la ménopause. Après, vous nous avez parlé de complicité. C'est-à-dire ?
- Hélène Dumont
La complicité, peut-être ce qui est réinterrogé à ce moment-là, c'est comment vivre sa sexualité autrement. Puisque le corps change, il y a des choses qui changent. Si on reste focalisé sur la sexualité orgasmique, telle qu'elle est représentée dans les magazines, ça va poser un problème. En tout cas, à un moment donné, ça va poser un problème.
- Marie
Oui, on ne peut pas toujours vivre ça.
- Hélène Dumont
Oui, et puis peut-être qu'on en a fait le tour aussi à partir d'un certain âge. Donc, l'idée... Ce serait plutôt de prendre du recul sur ces représentations, sans chercher à rattraper tout ce qu'on n'a pas vécu. Les cueils... Justement, ce serait de rester axé sur une sexualité de performance et innovante. Ça peut redonner un coup de boost d'adrénaline et de pallier à ces fameuses angoisses de mort. Mais généralement, ça retombe assez vite, un peu comme un feu de paille. Et le couple, finalement, s'en trouvera assez désarmé.
- Marie
Alors, qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Hélène Dumont
Il y a la sexualité non pénétrative qui peut être une autre façon d'envisager l'intimité, surtout quand la femme a mal. Surtout quand l'homme rencontre parfois des problèmes au niveau de son érection. Par exemple, les hommes qui se font opérer de la prostate, parfois connaissent des difficultés à retrouver une érection, etc. Donc plutôt que de tout abandonner, on peut dire, tiens, on pourrait s'aimer de façon différente. Il y a la sexualité non orgasmique qui peut être cultivée de façon nouvelle. Moi, je le dis d'ailleurs aussi aux jeunes. Est-ce qu'on peut se permettre ? de faire l'amour mais sans viser l'orgasme et d'être plutôt dans le sensoriel, dans le sensuel. Donc une sexualité en tout cas plus basée sur les cinq sens, une sexualité qui pourrait permettre au couple de se rencontrer avec plus de conscience, moins de tensions sexuelles, plus de tendresse et tout autant de satisfaction. Il y a un couple pas plus tard que la semaine dernière qui me disait qu'ils avaient vraiment redécouvert le fait de faire l'amour en prenant leur temps, sans forcément courir après l'orgasme. Ils m'ont dit que ça avait été juste génial de prendre ce temps, de se poser, de se sentir, de se regarder. On peut aller même d'ailleurs jusqu'à la pénétration immobile. C'est quoi ça ? C'est se poser en l'autre. L'homme se pose dans le corps de sa femme et ne bouge plus.
- Marie
D'accord.
- Hélène Dumont
Les corps, en fait, nos corps savent très bien s'emboîter, connaissent le chemin, donc on les laisse un peu faire. Et c'est une façon de faire l'amour qui peut amener beaucoup de tendresse, mais c'est aussi intéressant quand la femme a mal, parce qu'il n'y a pas de frottement. Le couple est ensemble, fusionné, mais ne bouge pas. Et puis, dans cette complicité, il y a aussi Merci. En dehors de la sexualité, le regard de l'autre, on en parlait tout à l'heure. La gentillesse, la valorisation, en gros, l'intimité ordinaire. C'est-à-dire prendre soin de la relation.
- Marie
Tout simplement.
- Hélène Dumont
Bien en amont de la relation sexuelle. Voilà. Finalement, à 50 ans, si le corps change, le couple peut encore partager au moins 30 ans de vie commune. Et donc ? de sexualité.
- Marie
Et ça, c'est génial !
- Hélène Dumont
C'est la bonne nouvelle.
- Marie
Alors autant bien le vivre ! Et pourquoi pas rencontrer d'ailleurs une thérapeute. Non, c'est vrai, pour aller mieux, pour communiquer.
- Hélène Dumont
Pour questionner, questionner tout ça. Et embrasser cette nouvelle période de vie avec élan et joie.
- Marie
Merci Hélène.
- Hélène Dumont
Merci Marie. Merci pour votre écoute. Et merci d'être toujours plus nombreux à écouter Sex'Oh ! à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. C'est vraiment crucial pour que le podcast se fasse connaître et soit écouté. Et n'hésitez pas à découvrir les autres podcasts de Famille Chrétienne, Un beau jour, Tous Saints, Maman prie, Prières catholiques et d'autres encore. Encore merci et au prochain deuxième jeudi du mois pour un nouvel épisode.