Speaker #0Bienvenue sur Shido Podcast, le podcast indispensable pour tous les dirigeants, managers et consultants en quête d'astuces et de bonnes pratiques digitales pour simplifier leur quotidien pro et perso. Ce programme est disponible sur l'ensemble des plateformes de diffusion de podcasts. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce tout nouvel épisode de Shido Podcast. Je suis Raphaël et aujourd'hui, on s'attaque à un monstre sacré, le changement. Vous connaissez forcément cette situation, moi je l'ai vécu plusieurs fois. Vous arrivez tout excité avec un nouvel outil numérique, que ce soit pour votre équipe au boulot ou bien pour simplifier la vie de vos parents, et là, c'est le mur. On vous répond, c'était mieux avant, c'est trop compliqué, ou pire, un silence poli et personne ne l'utilise. Pourquoi ? Tout simplement parce que la technologie va souvent plus vite que les humains. Alors comment on fait ? Comment on ne laisse personne sur le bord de la route numérique ? Comment est-ce qu'on peut vulgariser sans être infantilisant ? Eh bien aujourd'hui, je vais vous donner ma méthode complète pour devenir un vrai traducteur du digital. Dans cet épisode, on va voir les outils qui mâchent le travail, on va voir les postures managériales qui rassurent, et surtout, mes petites astuces de terrain qui font toute la différence. Allez, c'est parti ! On dit souvent qu'un mauvais ouvrier a toujours de mauvais outils. Mais qu'un bon ouvrier sait choisir les siens. Allez, avant de parler psychologie, il faut qu'on s'équipe. Pour vulgariser, il ne suffit pas de bien parler, il faut aussi montrer. J'ai trouvé pour vous 10 outils digitaux qui vont faire le travail d'explication en votre place. Ouvrez votre boîte à outils, allez c'est parti. Le premier outil c'est Loom. Alors Loom ça s'écrit L-O-O-M. C'est une extension qui permet d'enregistrer simultanément votre écran et votre webcam pour créer des tutoriels vidéo rapides et personnalisés. Vous allez voir, c'est beaucoup plus humain et chaleureux qu'un email froid et l'information visuelle et orale est mieux retenue. On parle de 70% de rétention contre 10% à l'écrit. Attention juste à oser se montrer à l'écran, parce que c'est quand même plus sympa de pouvoir voir votre bouille à l'écran. Un petit exemple concret, plutôt que d'envoyer un PDF de procédure de 10 pages sur comment se connecter au nouveau serveur, ... vous envoyez une vidéo de deux minutes où vous le faites en direct. Vous allez montrer exactement comment on fait pour se connecter sur ce fameux serveur. Tout ça avec le sourire et en expliquant vraiment simplement. Le deuxième outil que je voulais vous présenter, c'est Scribe. Ça s'écrit S-C-R-I-B-E. Ouda, son concurrent qui est pas mal non plus, qui s'appelle Tango. Scribe, c'est un outil assez magique qui génère automatiquement des guides pas à pas pendant que vous effectuez une manipulation. Il va capturer vos clics. faire des screenshots, c'est des captures d'écran, il va écrire les instructions tout seul. Donc c'est un vrai gain de temps phénoménal pour vous. On va finir de faire des copiés-collés sur un document Word ou autre. On va vraiment avoir quelque chose de très précis et le résultat est visuel, il est standardisé, donc c'est vraiment bien foutu. Un exemple d'utilisation, vous pouvez créer en 30 secondes le guide « Comment poser ses congés sur le nouveau logiciel RH » . Et puis là, vous allez le partager via un simple lien URL à toute l'entreprise. Le troisième outil, c'est Kout. Kout, ça s'écrit K-A-H-O-O-T, point d'exclamation, tout ça attaché. Là, on est vraiment sur une plateforme d'apprentissage basée sur le jeu, avec des quiz interactifs, accessibles via smartphone bien évidemment, ou bien tablette ou ordinateur. L'avantage, c'est que ça rend la formation ludique et un peu compétitive. Ça réveille les réunions. Par contre, il faut que tout le monde ait un téléphone sous la main. Comment l'utiliser ? À la fin d'une réunion de présentation d'un projet, vous lancez un quiz de 5 minutes du type, le premier qui trouve où se trouve le bouton enregistrer, gagnez un café. Et là, vous allez voir qu'il va y avoir un petit peu de challenge et puis ça va être un peu de la gamification. On va apprendre en jouant, donc ça marche très très bien. Un quatrième outil, c'est Notion. J'en ai déjà parlé plusieurs fois. C'est un espace de travail tout en un qui permet de créer des wikis. On fait une pause là. C'est quoi du coup un wiki ? Un wiki, c'est une base de collaboration, c'est un document où on peut collaborer et donc donner des informations pour que tout le monde puisse s'y retrouver. Ça peut être pour faire de la gouvernance sur un document, comment est-ce qu'on va utiliser le document, on peut faire un wiki là-dessus, ou bien tout simplement comment mieux collaborer en équipe, on peut faire des wikis. Avec Notion, on peut aussi créer des bases de données ou des pages de documentation qui sont très visuelles. C'est vraiment génial pour centraliser toute l'info du changement au même endroit. Vous pouvez faire des foires aux questions, vous pouvez faire des tutos. C'est flexible, c'est facile à mettre à jour, même si la prise en main demande un petit peu de rigueur. Vous voulez un exemple ? Eh bien, vous pouvez créer le wiki de la transformation. Ce serait une page d'accueil simple avec des gros boutons, « Je suis perdu » , « Tutoriel » , « Qui contacter en cas de… » je ne sais pas quoi. Et vous donnez bien sûr l'accès à tout le monde. Le cinquième outil, c'est Mentimeter. Mentimeter, ça s'écrit M-E-N-T-I-M-E-T-E-R. C'est un outil de présentation interactive. Moi, je l'utilise beaucoup pour faire des sondages. Quand vous voulez sonder votre audience en direct via des nuages de mots, par exemple, ou des votes, ça fonctionne très bien. Ce qui est fort ici, dans cet outil, c'est l'anonymat. Ça libère la parole, surtout sur des sujets de résistance au changement, et ça vous donne la température immédiate de l'adhésion. En pratique, par exemple, en début de séminaire, poser la question en un mot que vous inspire ce changement de logiciel. Là, vous allez pouvoir faire apparaître un nuage de mots, peut-être comme compliqués, inutiles, etc., qui vont ressortir. Et puis, vous allez pouvoir désamorcer les craintes immédiatement et surtout les prendre en compte dans votre approche et votre présentation. Un autre outil que j'aime bien utiliser, alors là, je vais l'utiliser différemment de ce qu'on peut utiliser d'habitude, c'est Canva. Canva, je ne le présente plus, tout le monde le connaît. C'est un outil de design graphique simplifié pour... créer des visuels percutants sans être vraiment graphiste dans la main. On va pouvoir utiliser des modèles, par exemple. Et ça permet de rendre sexy des sujets techniques ou rébarbatifs grâce à des milliers de modèles. Donc, c'est l'idéal pour faire de la vulgarisation visuelle. Par exemple, vous pouvez créer une infographie avant-après bien colorée, bien sympathique, pour montrer concrètement le temps gagné grâce aux nouvelles outils. Et puis, vous l'affichez à la machine à café, par exemple. Ça va marcher, ça va fonctionner. Le septième outil, c'est un outil de collaboration en équipe. Alors on peut utiliser Slack, on peut utiliser Teams, il y en a plein. Là, l'idée, c'est de parler des canaux dédiés sur votre messagerie d'entreprise. L'immédiateté permet de casser les silos hiérarchiques pour l'entraide et de créer une communauté. Alors attention juste au bruit numérique, n'en faites pas trop, il faut bien gérer les notifications. Mais concrètement, si vous créez un canal spécifique nommé SOS Nouvel Outil, par exemple, où la règle est très simple, il n'y a pas de question bête, et où les experts répondent rapidement à tout le monde, vous allez voir que vous allez pouvoir vraiment donner une assistance immédiate à tous les utilisateurs de votre nouvel outil. Je vous ai parlé de Slack ou Teams, mais il y en a plein d'autres des outils. Tiens, allez écouter l'épisode numéro 13, comment mieux collaborer en équipe, et vous allez voir qu'il y a plein d'outils qui peuvent faire le job. Mon huitième outil, c'est ChatGPT ou Gemini. Bref, une intelligence artificielle. Vous allez voir que ce sont de vrais assistants de vulgarisation. Ces intelligences artificielles sont capables de reformuler, de résumer ou expliquer du texte avec une patience infinie. Une patience que je n'ai pas moi. Elles ont une capacité incroyable à vulgariser des concepts techniques par des analogies. Alors attention tout de même à ne pas leur donner de données confidentielles, mais vous pouvez les utiliser pour par exemple présenter un concept technique comme le cloud hybride à l'équipe commerciale. Vous demandez tout simplement à Gemini, tiens, explique-moi le cloud hybride comme si j'étais un enfant de 10 ans, avec une métaphore sur le stockage de jouets. Et là, vous pouvez utiliser cette métaphore pour votre discours. Et puis ensuite, vous allez, par exemple, lui demander, explique-moi simplement, ou comment je peux l'expliquer à mes équipes, ce fameux cloud hybride, en utilisant des mots simples. Et vous allez voir qu'il va vous donner une trame de discours très précise et très intéressante, qui sera très très vulgarisée. Mon neuvième outil, c'est Miro. Miro, ça s'écrit M-I-R-O, tout simplement. C'est un tableau blanc. infinis collaboratifs en ligne. C'est parfait pour les cerveaux visuels. Alors ça permet de faire participer tout le monde en même temps avec des post-it virtuels. Comment on l'utilise ? Tout simplement, vous allez organiser un atelier, par exemple, on efface tout et on recommence. Et là, vous allez pouvoir dessiner ensemble le processus de travail idéal sur cet outil Miro, avant d'implémenter le logiciel pour que l'équipe se sente actrice de la solution. Autre alternative à Miro, Klaxoon, qui est une boîte française. Donc je les cite aussi parce que c'est pas mal non plus. de pouvoir utiliser soit Klaxoon, soit Miro pour faire ce genre de choses, quand vous voulez vraiment faire du visuel. Et enfin, mon dixième outil, c'est Trello. C'est un outil de gestion de tâches très visuel, basé sur des colonnes de cartes, avec un système Kanban. Pour faire ça, vous allez faire trois colonnes, une colonne affaires, une colonne en cours et une colonne fait. Vous allez voir que ça va rassurer énormément sur l'avancement du projet, puisque visuellement, vous allez voir où est-ce que vous en êtes. Donc vous pouvez par exemple créer un Trello public, avec comme intitulé, je ne sais pas moi, par exemple, la roadmap. de déploiement, partagé bien évidemment à tous les employés. Et avec Trello, ils vont pouvoir voir concrètement quand leur service sera impacté et formé, ce qui évitera l'effet de surprise, souvent anxiogène. Bon, bon, bon, super Raphaël. Maintenant, tu les as armés jusqu'au dent avec les meilleurs judiciaires. Mais attention aux pièges classiques. Ce n'est pas parce que vous offrez une Ferrari à quelqu'un qu'il sait la piloter ou qu'il a envie de la conduire, tout simplement. L'outil ne fait pas l'adoption. Ce qui fait l'adoption, c'est l'humain. C'est l'empathie, la pédagogie, le sens que vous allez donner. Alors, comment est-ce qu'on transforme cette technologie froide en une aventure humaine ? Eh bien, on pose la souris deux minutes et on parle management. La première pratique, et c'est la base de tout, c'est commencer par le pourquoi. C'est le concept qu'a appelé Why Simon Sinek. Simon Sinek, je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler, mais tapez Why sur internet et puis tapez Simon Sinek en français et vous allez voir tout ce concept-là qui est intéressant. L'erreur classique, en fait, c'est d'arriver en disant « Regardez ce super outil ! » Non. Il faut vendre le sens avant la fonctionnalité. Pourquoi c'est vital ? Parce que ça transforme une contrainte externe comme le chef m'oblige, en motivation interne. Ça va m'aider. L'avantage est énorme en termes d'adhésion. L'inconvénient, c'est que ça vous demande un vrai travail d'enquête en amont pour comprendre les problèmes réels de vos équipes. Prenons un exemple pro très concret. Si vous installez un nouveau logiciel de comptabilité, ne parlez pas de modernisation du SI. Dites plutôt, on change d'outil, parce qu'on sait que vous détestez finir à 19h le vendredi pour vos notes de frais. Ce nouvel outil divise le temps de saisie par deux. On le fait pour votre confort de vie. Là, vous avez gagné leur attention. La deuxième pratique, c'est identifier et activer des ambassadeurs. Oubliez ça tout de suite, vous ne pourrez pas convaincre tout le monde tout seul. Vous avez besoin de relais. Alors, identifiez les champions dans vos équipes, ceux qui sont curieux, un peu geeks sur les bords, et surtout, qui sont écoutés par les autres. Le gros avantage, c'est que la formation par des pairs, de collègues à collègues, est jugée beaucoup plus crédible et moins stressante. que la parole descendante du manager. Juste une petite attention, être ambassadeur, ça prend du temps. Donc ne surchargez pas ces personnes-là, allégez leur planning pour qu'elles puissent, momentanément bien sûr, aider les autres. Si on mettait ça dans l'aspect perso, vous voulez par exemple que toute la famille utilise un album photo partagé en ligne, ne faites pas un cours magistral à tout le monde. Convainquez d'abord votre sœur ou votre cousin, qui sont vos ambassadeurs, et... laissez-les montrer à votre mère. Tiens, regarde maman, c'est super simple, l'effet de mimétisme fera le reste. Ma troisième pratique, je l'adore, parce que je l'utilise tous les jours, tous les jours, tous les jours avec mes clients, c'est la règle des petits pas, le fameux Kaizen. Le cerveau humain déteste les changements brutaux, ça active le centre de la peur. Donc, fuyez l'effet Big Bang, où tout change du jour au lendemain. Vous savez, quand vous dites, à partir du 1er janvier, on va... tout changer, ce sera un énorme changement extraordinaire. L'avantage de la méthode des petits pas, c'est qu'en morcelant le changement, vous allez rendre la marche beaucoup moins haute, la marche d'escalier. Ça réduit l'anxiété et ça vous permet vous de corriger le tir si la première étape se passe mal. Certes, le déploiement total sera peut-être un petit peu plus long, mais surtout, il sera pérenne. Concrètement, en entreprise, n'installez pas toute la suite Office 365 le même lundi matin. Commencez par ce mois-ci, on utilise juste Teams. Pour le chat par exemple, avec les échanges dans les équipes. Et une fois que c'est acquis, le mois suivant, maintenant on fait nos vidéos dessus, on va utiliser vraiment toute la technologie de Microsoft pour pouvoir utiliser au mieux Office 365. La quatrième pratique, c'est d'écouter les résistances avec une vraie empathie. Quand un collaborateur râle, ne le prenez pas personnellement. Une critique, c'est souvent une peur déguisée, la peur de devenir obsolète ou de perdre une parcelle de pouvoir. Si vous écoutez sans juger, la personne se sentira comprise et baissera sa garde émotionnelle. C'est la clé pour désamorcer les clonfis. Le seul inconvénient, c'est que ça demande du temps et une bonne dose de patience. Je vais vous donner un exemple type. Vous avez Jean, 20 ans de boîte, qui vous dit « C'était mieux avant, votre truc c'est une usine à gages, j'y comprends rien, bref. » Et au lieu de lui prouver qu'il a tort, demandez-lui « Jean, qu'est-ce qui était spécifiquement plus facile avant ? » Eh bien, peut-être que vous allez découvrir qu'il a juste peur de ne plus savoir faire son travail aussi vite ou de la même manière. Et peut-être qu'avec ces remarques, vous allez pouvoir améliorer l'outil avec des fonctionnalités auxquelles vous n'auriez même pas pensé. La cinquième pratique, c'est de vulgariser le vocabulaire. C'est de vraiment faire une chasse au jargon. C'est capital. Interdisez-vous les mots comme API, Cloud, SaaS, Workflow, enfin bref, tous des mots qui peuvent faire peur. Sauf si vous les traduisez immédiatement par une image de quotidien. C'est ce qu'on appelle combattre la malédiction de la connaissance. Comment faire ? Eh bien, ne dites pas, on va synchroniser toutes les données dans le cloud. Dites plutôt, imaginez que le cloud, c'est un immense garde-meuble sécurisé. Au lieu de stocker vos dossiers dans votre petit garage, ou votre ordinateur, où il risque de brûler, eh bien, on va les mettre dans ce garde-meuble. Et la magie, c'est que vous avez la clé pour y accéder depuis n'importe où. Ben voilà, tout le monde comprend le garde-meuble, pour le coup. La sixième pratique, c'est d'accepter et d'annoncer la courbe d'apprentissage. Soyez honnête. Tout changement entraîne une baisse temporaire de productivité. C'est la fameuse vallée du désespoir. Bon, après, il y a une remontée, il faut quand même le dire. Alors, pourquoi est-ce qu'on va en parler de tout ça ? Tout simplement parce que ça crée un climat de confiance et de transparence. Si vous promettez que tout sera rose dès le premier jour, vous allez mentir. Donc, l'inconvénient, c'est que ça peut effrayer des managers trop pressés. Il va falloir faire une petite... de pédagogie auprès d'eux aussi. Le discours à tenir, c'est prévenez les équipes. Attention, la semaine prochaine, avec le nouvel outil, vous allez mettre 10 minutes à faire ce qui vous en prenait 5. Mais c'est normal. C'est le temps que le cerveau s'habitue. Ne paniquez pas. On a prévu le coup. Et après, vous allez gagner. Au lieu de mettre 10 minutes, vous ne mettrez plus que 2 minutes. La septième pratique, je l'adore celle-là. Et pour ceux qui m'écoutent depuis le début, vous allez avoir un petit clin d'œil par rapport à... Bon, vous allez voir. Elle s'appelle Célébrer les petites victoires. On a... trop tendance à ne voir que les trains qui arrivent en retard. En me l'entendant dire, je me rends compte quand même que, franchement, les trains, ils arrivent quand même toujours en retard, ou du moins très très souvent. Bon, bref, pour en créer un changement, il faut du renforcement positif. Ça donne envie de continuer. Mais attention, restez sincère, ne soyez pas infantilisant. Par exemple, si votre grand-mère essaye d'envoyer un SMS et qu'elle réussit, mais que, franchement, la photo, elle est hyper floue, vous voyez rien du tout, et bien ne critiquez pas la photo, dites. Génial mamie, tu as réussi l'envoi ! Validez toujours la réussite du processus avant de corriger le résultat. La huitième pratique, c'est l'exemplarité absolue du leader. C'est souvent là que le bas blesse. Vous ne pouvez pas demander à vos équipes de faire un effort que vous ne faites pas vous-même. C'est l'effet miroir, c'est radical. Si vous jouez le jeu, vous avez une crédibilité totale. Si vous trichez, vous tuez le projet, vous n'avez aucun passe-droit. La neuvième pratique, c'est d'adapter le format pédagogique à tous les profils. On n'apprend pas tous pareil, certains sont visuels, d'autres... auditif, l'autre kinesthésique. Ils ont besoin de toucher en fait. L'avantage, c'est que de varier les supports, vous ne laisserez personne sur le bord de la route. Pour vous donner un exemple concret, si vous lancez un nouvel ERP, vous allez pouvoir par exemple faire une présentation orale pour les auditifs, vous allez distribuer une fiche mémo antisèche à poser sur le bureau, ça sera plutôt pour les visuels, et puis vous allez ouvrir un environnement de test pour que les kinesthésiques puissent cliquer partout sans risque. Dixième et dernière pratique, instaurer le droit à l'erreur. Pour apprendre, il faut oser. Pour oser, il faut se sentir en sécurité. Donc, créer une sécurité psychologique ou poser une question bête ou faire une fausse manip n'est pas sanctionné. L'enjeu, c'est la condition sine qua non pour l'innovation et l'adoption. Bien sûr, techniquement, assurez vos arrières avec des sauvegardes pour que les erreurs ne soient pas fatales. La posture à adopter pour vous, c'est, pendant le premier mois de lancement, on est en mode bac à sable. Vous avez le droit de vous tromper, d'effacer un truc par erreur. On est là pour apprendre, on réparera ensemble. Et vous verrez les épaules se détendre instantanément. Comme dans une voiture, on a le moteur, ce sont nos outils. On a le volant, c'est notre management que je viens de vous donner. Et maintenant, pour doubler tout le monde, il nous manque un petit coup de nitro. Je veux parler de mes petites astuces de terrain qu'on n'apprend pas dans les écoles de commerce, mais qui débloquent vraiment une situation en quelques secondes. Ce ne sont ni des logiciels, ni de la grande théorie, c'est de la tactique pure. Voici mes 10 astuces digitales préférées pour le quotidien. Ma première astuce, c'est la métaphore du restaurant pour expliquer les API. Vous savez, les API, c'est une interface logicielle qui permet de connecter un logiciel ou un service à un autre logiciel ou un autre service dans le but d'échanger des données et des fonctionnalités. Et API, c'est souvent un terme qui fait peur. Pour le démystifier, utilisez systématiquement cette image. Dites à vos équipes, imaginez un restaurant. Le client, c'est l'utilisateur, il est assis à la table. Il ne peut pas aller en cuisine se servir lui-même. Ah non, ça se fait pas. Il a donc besoin d'un intermédiaire, qui est le serveur. Et le serveur prend la commande, va en cuisine, c'est la base de données, il récupère le plat et le ramène. Le serveur, c'est l'API. Pourquoi c'est puissant ? Parce que c'est une image universelle. Tout le monde comprend instantanément le rôle du messager de l'API, sans jargon. Ma deuxième astuce, c'est le reverse mentoring. En français, le mentorat inversé. Casser les codes, inverser la pyramide hiérarchique, demandait aux plus jeunes de l'équipe les... digitales natives de devenir les tuteurs des plus âgés sur les outils numériques. Et en échange, les seniors mentorent les juniors sur le métier, l'histoire de la boîte ou le savoir-être. L'avantage est double. Vous valorisez les compétences des juniors qui se sentent importants et vous dédramatisez l'apprentissage pour les seniors qui apprennent dans un cadre bienveillant. Le seul frein à lever, c'est l'ego de certains managers qui peuvent avoir du mal à apprendre d'un stagiaire. Dans la sphère perso, proposez par exemple un deal à votre ado. Tu m'expliques comment monter une vidéo sur TikTok et moi je t'apprends à changer une roue ou à cuisiner des lasagnes. C'est du gagnant-gagnant. Ma troisième astuce, c'est la foire aux questions vivante et collaborative. Oubliez la foire aux questions statique. Vous savez, le PDF de 50 pages rédigé par le chef de projet avant le lancement et que personne ne lit jamais. Partez d'une page blanche, créez un document partagé, vide, au lancement du projet. A chaque fois qu'une question réelle est posée à la machine ou café ou par email, on l'ajoute dedans avec sa réponse. Pourquoi ça marche ? Parce que ce document va correspondre à 100% aux vraies douleurs des utilisateurs et pas à ce que vous avez imaginé. La quatrième astuce, c'est d'utiliser un bac à sable. En fait, la peur numéro un face à un nouvel outil, c'est « j'ai peur de tout casser » . Pour supprimer cette peur, créez un environnement de test totalement déconnecté de la réalité où les données sont fausses. L'enjeu psychologique de cette méthode, c'est que c'est un terrain de jeu. Si les gens savent qu'ils ne peuvent pas faire de bêtises comme virer de l'argent par erreur ou supprimer un client, ils vont oser cliquer un peu partout. Ça demande un petit effort à la DSI pour dupliquer l'environnement, mais c'est rentabilisé en une semaine. Vous pouvez par exemple créer un compte utilisateur fictif nommé JeanTest, par exemple, avec un mot de passe simple et dites à l'équipe « Connectez-vous tous sur JeanTest et essayez de faire les pires bêtises possibles » . C'est fait pour ça. La cinquième astuce, c'est l'antisèche physique. A l'heure du tout numérique, le papier rassure. Imprimez une petite carte cartonnée ou un sticker avec les 5 raccourcis clavier indispensable ou les 3 étapes clés d'une procédure. Pourquoi le papier ? Parce qu'il est permanent. Il ne disparaît pas quand on change de fenêtre. Il est là. posé sur le bureau comme une bouée de sauvetage. Ça fait un peu vieille école, mais c'est redoutable pour l'ancrage mémoriel. La sixième astuce, c'est la règle de la vidéo de deux minutes, ce qu'on appelle aussi le micro-learning. En fait, notre capacité d'attention a chuté. Personne ne regardera un tuto de 20 minutes. Franchement, c'est ennuyant au possible. Vous pouvez donc vous imposer une contrainte stricte. Aucune vidéo ne doit dépasser 120 secondes. La logique, c'est une vidéo égale un problème égale une solution. Et si vous avez trop de choses à dire, coupez en plusieurs épisodes. L'utilisateur doit pouvoir trouver sa réponse chirurgicale sans avoir à chercher. Ça demande un petit esprit de synthèse, mais vos utilisateurs vous remercieront. La septième astuce, c'est le café digital. Pourquoi cette astuce ? Eh bien, la formation formelle en salle, c'est souvent pénible. Instaurez donc un rituel informel de 15 minutes maximum, une fois par semaine, debout autour d'un café. L'avantage, on désacralise la technique. C'est un moment convivial, pas une convocation. Si l'animateur est dynamique, ça devient le rendez-vous à ne pas manquer. Par exemple, lancer la minute du geek. tous les vendredis à 9h du matin. Vous montrez une astuce Excel géniale en 3 minutes chrono et ensuite, on discute. C'est léger et c'est digeste. Ma huitième astuce, c'est utiliser des GIFs animés. Vous savez, les petites vidéos très courtes, hyper courtes. Parce qu'une vidéo, c'est toujours trop lourd. Il faut mettre le son, faire une pause, revenir en arrière. Bref, pour monter une vidéo, ça peut prendre un petit peu de temps. Donc, si vous voulez montrer une action simple, comme un clic dans un menu, eh bien, le GIF, franchement, c'est la solution. Sa force, c'est qu'il est muet, il se lance tout seul et surtout, il boucle à l'infini. L'utilisateur peut regarder le geste de la souris dix fois de suite, sans toucher à rien, jusqu'à ce qu'on cerveau l'imprime. En pratique, dans vos emails de réponse, ne décrivez pas le chemin. Insérez un gif qui montre le curseur allant sur Menu, Fichier, Exporter, PDF. C'est visuel et immédiat. Ma neuvième astuce, c'est le branding du projet. Le branding, c'est quoi ? C'est la marque, le travail sur la marque. Les noms techniques sont froids et souvent anxiogènes. Ne dites pas « migration SAP » ou « projet V4 » . Donnez une dame à votre projet avec un nom de code interne ou une mascotte. Les faire chercher, c'est de créer un sentiment d'appartenance. On passe d'un projet subi à un projet commun. Ça facilite alors la communication orale au quotidien. Par exemple, au lieu de dire « le nouvel intranet SharePoint » , appelez-le « l'Agora » ou « la boussole » . Et là, vous pourrez parler de cette manière. Tu as mis le document sur l'Agora ? c'est tout de suite plus engageant et moins barbare. Et enfin, ma dixième et dernière astuce, la digital detox paradoxale. Ouh, yaï, yaï, c'est mon astuce préférée pour la fin. Pour être crédible en tant qu'expert digital, vous devez aussi prôner la déconnexion. Le message caché ? En imposant des limites, vous prouvez que l'humain reste le maître de la machine. Vous crédibilisez votre discours sur l'efficacité. Le digital sert à gagner du temps de vie, pas à nous le voler. Pour mettre en place cette astuce, soyez le premier à instaurer la règle du 0 téléphone, 0 PC durant les réunions d'équipe pour favoriser les échanges, yeux dans les yeux. Ou à la maison, le panier à smartphone où tout le monde dépose son appareil avant de passer à table. Essayez, vous allez voir, c'est topissime. Voilà, on arrive au bout de cet épisode un peu dense, je vous l'accorde, mais avec beaucoup, beaucoup d'astuces, beaucoup d'outils qui vont vous permettre vraiment d'amener vos équipes à faire du changement sans vraiment les traumatiser. Donc, si on résume, pour réussir à embarquer vos équipes ou vos proches, vous avez maintenant une boîte à outils avec Loom, Scribe, Notion, etc. Vous avez une boussole managériale basée sur l'écoute et le sens. Et quelques codes de triche, que j'aime bien appeler ça aussi, les astuces quoi, comme la métaphore du restaurant ou les gifs animés. Mais si aujourd'hui on ne devait retenir qu'une seule chose, ce serait celle-ci. La transformation digitale, ce n'est pas une histoire de technique, c'est une histoire d'humain. Le meilleur logiciel du monde ne servira à rien si personne n'a envie de l'ouvrir. Votre rôle, ce n'est pas d'être l'expert qui sait tout, c'est d'être le guide qui rassure et qui donne envie de traverser la route. Et d'ailleurs, si vous voulez continuer à vous simplifier la vie numérique, ne vous arrêtez pas là. Je vous invite à aller fouiller dans les autres épisodes de Cido Podcast, que vous cherchiez des astuces précises sur la cybersécurité, la productivité ou d'autres outils concrets, il y a forcément une autre émission qui va vous aider à progresser. Alors, allez jeter une oreille au catalogue et abonnez-vous pour ne rien rater. Je vous remercie sincèrement de m'avoir écouté jusqu'ici, prenez soin de vous et de vos équipes, et à très vite pour un nouvel épisode. Merci d'avoir écouté Shido Podcast. On se retrouve dans un prochain épisode pour des tips, des astuces et des outils digitaux qui vous permettront de gagner du temps et de l'efficacité dans votre vie pro et perso. D'ici là, n'oubliez pas de vous simplifier la vie avec le digital. A très vite !